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manière uniforme. Il ignore les lois de la perspective, tout est jeté sur le môme plan.
Dans certains arts manuels les artistes ninivites ciselèrent l'ai Mire, et sculptèrent le basalte avec une habileté singulière ; les incisions de leur burin sont d'une netteté, d'une finesse admirable. Ils fabriquaient le verre, rouvraient leurs poteries d'un brillant émail. Ils connaissaient l'art de fondre l'airain et le fer, et de laminer l'or et l'argent.
Aujourd'hui les pionniers ne sont plus à Ninive, mais à Londres et à Paris, où ils sont orcupés à classer les milliers d'inscriptions qu'ils ont apportées. Déjà un grand nombre ont été publiées, et dans un avenir rapproché, nous verrons une littérature assyrienne venir prendre place à côté des littératures égyptienne et chinoise. Une page précieuse de l'histoire de l'humanité aura été retrouvée. — Nous allons connaître enfin ce peuple assyrien dont la grandeur et les conquêtes ne nous apparaissaient qu'à travers les brouillards de la légende. Eu même temps on verra se réaliser la parole de M. Flandin : « Quoi qu'il en soit, ces découvertes justifieront Hérodote et la Bible aux yeux de ceux qui les accusaient d'exagération. » Les lumières de la science achèveront de démontrer que les récits de la Bible ne sont pas des contes enfantés par l'ignorance d'un petit peuple qui, grossier et inculte, aurait admiré les moindres choses comme des prodiges, et si l'on doit admirer aujourd'hui la civilisation, le luxe, la grandeur de Ninive et de l'Assyrie, on comprendra de quel respect doivent être entourés les faits qui nous paraissent les plus étranges, quand ils sont attestés par la Parole de Dieu qui «'avait pas besoin de cette nouvelle démonstration pour demeurer au milieu de nous la Parole de vérité, v. A. H. La yard, Discov. in the Ruins of Ninive and Babyl., Ninive and ils Remains, the Monuments of Ninive ; Botta, Monument de Khorsabad ; Feer, les Ruines de Ninive, Paris, 1864, etc. [A. Matlhey.l
NISAN. v. Abib.
NISROC, idole des Ninivites, 2 R. 19, 37. Es. 37, 38. Elle est complètement inconnue, et les fables des rabbins ne méritent aucune confiance : les uns veulent qu'elle ail été laite avec une planche de l'arche, d'autres lui donnent la forme de la colombe, en souvenir de celle que Noé envoya pour examiner la terre ; d'autres prétendent qu'elle représentait Assur, le fondateur du royaume des Assyriens; d'autres l'entendent d'un aigle, symbole d'Ormuzd dans la religion des Perses; d'autres enfin de la planète de Saturne, divisée en deux moitiés par l'anneau qui l'entoure. Toutes ces opinions s'appuient, d'une part, sur l'étyinologie du mot qui, suivant les lettres qu'on en prend, peut signifier a peu près
tout ce qu'on veut (aigle, bannière, resplendissant, héros, etc.); d'autre part, sur quelques usages connus de l'idolâtrie des anciens Perses. D'après M. F. de Rougemont, Peuple prim., I, 223, ce serait le dieu à tête d'aigle des basreliefs assyriens, figuré à Khorsabad par un homme à tôle de percnoptère; c'était probablement un des plus grands dieux des Assyriens. C'est en présence de celte idole que fut commis un affreux parricide : le père ne fut point sauvé de la mort par le culte qu'il lui rendait, ni les fils, du crime. L'idolâtrie ne donne ni le bonheur, ni la moralité; elle ne garantit ni du péché, ni du malheur.
NITRE, sel qu'on ne trouve dans la nature qu'à l'état de nitrate. On en distingue deux espèces différentes, l'une minérale, l'autre végétale : la première, connue des Hébreux sous le nom de nétber, est un sel lixiviel qu'on tire, en grande quantité, de l'eau salée de deux lacs de la vallée du Nil, et qu'on mêle avec de l'huile pour en faire du savon, de nos jours encore. Les Egyptiens s'en servaient pour l'embaumement des corps et pour le lavage des vêtements, Hérod. 2, 87., cf. Jér. 2, 22. Prov. 25, 20. La seconde, le borith, que nos versions ont traduit par savon, Mal. 3, 2. Jér. 2, 22., et par pureté, Job 9, 30., est un sel alcalin qu'on lire de la cendre de certaines plantes salées, et qui, mêlé avec de l'huile, est employé à fouler et à netloyer les babils : saint Jérôme fait remarquer, dans son commentaire sur le passage de Jérémie, qu'une espèce de ces plantes salées portait encore, de son temps, le nom de borith. Le nitre végétal est l'objet d'un commerce considérable dans les marchés de l'Orient; mais la botanique n'a pas encore distingué ei classé, d'une manière exacte et sûre, les différentes plantes salées des contrées méridionales. Les émanations animales sont indispensables à la formation de la plupart des nitrates.
NO, bz. 30, 14-16. Jér. 46, 25. Nah. 3, 8. Les Septante l'ont presque partout traduit parDiospolis. C'était, comme on le voit par ces passages, une ville considérable de l'Egypte ; mais il y avait deux villes de ce nom : l'une, la célèbre Thèbes, située dans la partie supérieure du pays ; l'autre dans la Basse-Egypte. Sirabon dit de celle dernière qu'elle est eniourée de lacs ; c'est d'elle aussi que quelques auteurs, et notamment Champollion (l'Egypte, II, 131 ), ont cru qu'il était question Nah. 3, 8., parce qu'il est dit d'elle qu'elle est située entre les fleuves, el qu'elle a la mer pour rempart. Cependant cette détermination peut s'appliquer à l'une comme à l'autre de ces villes, comme à presque toutes eelles de l'Egypte, à cause des canaux nombreux qui, coupant le sol dans toutes les directions, isolaient, pour ainsi dire, chaque ville,
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et lui donnaient des eaux pour murailles. D'ailleurs, le sort do cette ville est cité à Ninive comme exemple; Niuive et No sont comparées l'une à l'autre, et Npdo/u, par o la même, avoir été en mesure de supposer, la comparaison. Ou est donc assez généralement d'accord, ou, pour mieux dire, il est reconnu presque sans con-
testation, qu'il s'agit, dans tous ces pa>sages, de la grande Thèbes des anciens. Dans Nahum, No est accompagné du surnom de Amon ou Anim on (mal traduit la nourricière), qui lui avait été donné sans doute à cause du magnifique temple de Jupiler-Ammon qu'elle possédait, et c'est peut-être aussi comme allusion à ce culte que, dans Ezéchiel, elle est précédée d'un mot d'une ass nance à peu près semblable, haraon, qui signifie multitude, et qui pouvait rappeler l'idolâtrie de ses habitants. Le passage deJércmie doit donc être traduit ; « Je vais punir Ammon, dieu de No, » et non * !e peuple de No » comme le portent nos versions. Amon était la personnification du soleil quand il se trouve dans le signe du bélier, et 4/noun, dans la langue de l'ancienne Egypte, désignait celui qui produit, celui qui fait sortir ja lumière des ténèbres. No signifie la possession ou la propriété, la portion, la résidence. î\o Amon était ainsi la possession d'Àmon, la ville du dieu des sables, de Jupiter, dont le symbole ptail le bélier. — Thèbes était l'une des plus pennes,, et peutêtre la plus ancienne des villes de l'Egypte. Fameuse dans la plus haute antiquité, elle avait reçu le nom de ville aux cent portes; son circuit était de 9 lieues. Elle était la résidenc e des anciens rois d'Egypte avant qu'ils eussenttransporté leur cour à Memphis. Elle couvrait les deux rives du Nil; ses maisons avaient de quatre à six étages; elle était ornée de temples nombreux, parmi lesquels on remarquait surtout celui de Jupiter, dont ou admire encore les ruines colossales. On a dit que son étonnante population et ses richesses la mettaient en éiat de faire sortir ensemble 200 chariots et 10,000 combattants par chacune de si s cent portes. Les tombeaux des rois étaient magnifiques, et se ressentaient souvent de la culture Scientifique et des corn aissances astronomiques d'une caste sacenloU.le éclairée. Lorsque Catubysc, à son retour d'Ethiopie, pilla la ville de Thèbes, il enleva le fameux cercle d'or qui entourait le tombeau du roi Osymandias; ce cercle avait 3Go coudées de circuit, et représentait tous les mouvements des différentes constellations. Thèbes eumii.ença à déchoir lorsque les rois la quittèrent : Cambyse lui porta un coup ratai et décisif, et, du temps de Slrabon, elle n'était plus qu'un grand souvenir. Cornélius Gallus, premie. prélet d'Egypte, l'ayai}! entièrement renversée, il se forma, sur sou emplace-
ment, plusieurs villages habités, commeaujourd'bui, par des pâtres. Les restes de quelques édifices qui donnent encore une idée de sa splendeur, sont répandus en divers lieux, dont les plus connus sont Axor et Luxor. L'obélisque admiré à Paris a|iparlienl à celte grandeur dont les prophètes ont annoncé la tin. — On ne sait pas au juste à quelle destruction de celte v ille Nahum fait allusion ; la plupart des auteurs pensent que c'est Sahnanéser qui l'aurait détruite, mais il n'est pas. établi qu'il se soit avancé jusqu'au cœur de l'Egypte : Rosewnuller pense au général assyrien Tartan, sous Sargon, el, dans celle supposition qui n'a rien d'invraisemblable, l'allusion de Nahum se rattacherait à la prédiction d'Esaîe 20, contre i'Egyple el l'Etbiopie.
INOACHiDES, ». Noé.
NOB, ville de la tribu de Benjamin, située sur une colline rocailleuse du haut de laquelle on embrasse d'un coup d'oeil toute la contrée de Jérusalem, Es. 10, 32. Le sanctuaire s'y trouvait du temps de Saul, ainsi que le souverain sacrificateur Abimélec, l Sam. 24, 4. 22,9. Josèpbe l'appelle Noba.
NOBAH. Nomb, 32, 42. v. Kénatb.
NOCES, v. Mariage.
NOD, Gen. 4, 46, pays situé à l'orient d'Eden. C'est là que Caîp s'enfuit après son fratricide. D'après l'analogie de tous les an< iens noms, il faut combiner ce nom avec son élymologie; il signifie exil ; Gain s'enfuil dans la terre de l'exil. Mais en même temps, comme le texte hébreu ne porte point d'article, nous devons y voir un nom propre, el à cet égard on en est* réduit à des conjectures. Miebaélisk Boblen el d'autres veulent trouver dans Nod le nom des Indes, mais c'est forcé; el si nous supposons que Moise parle ici d'un pays encore connu de ses lecteurs, et qui pouvait avoir pour eux quelque signification, nous regarderions comme assez probable j'hypptbèse de Buttraann que le nom île Nod désigne les vastes landes de la grande Tartarie. ,
NODAB, i Cbr. 5, 19. v. Jélur.
NOÉJils de Lé mec, Gen. 5, 29., homme juste el intègre parmi ses contemporains, marcliaut avec Dieu, 0, 9., fut au milieu de la condamnation générale du monde de son temps l'objet de la grà( e divine. Il fut épargné, lui et sa famille, lorsque Dieu envoya les eaux «lu déluge pour couvrir ia terre,: seul ju.-le, il fui seul sauvé. Sa juslice était un témoignage vivait, au mi Jeu des hommes, son salut dut l'être de même. M construisit l'arche, et Dieu la peupla des animaux qui devaient être conservés pour,la trrre future, 6, 14. 7, k. \}uand les eaux se furent retirées, que l';.i;qhe seJut arrêtée sur l Ararat et quy la terre amollie par le long séjour des eaux eut
repris sa fermeté. 8, 4. sq., Noé sortit avec les siens, bâtit un autel, offrit de> holocaustes, et reçut avec l'arc-en-çiel l'assurance qu'un pareil événement ne se reproduirait plus sur la terre avec les mêmes circonstances, 8, 18. sq. Dieu renouvela avec cé nouveau chef de la création l'alliance qu'il avait faite avec Adam, il lui remit les clefs du monde, et lui annonça que dés ce moment la viande des animaux qui lui était auparavant interdite lui était accordée pour son usage. Noé s'adonna aux travaux de la terre, planta la vigne, apprit à connaître par une triste expérience les etfels dégradants du jus de ce fruit, maudit Cam, et mourut à l'Age de neuf cent cinquante ans (A. M. 4G4S-2;>92), après eu avoir passé six cents dans l'ancien momie, un dans l'ai tente, et trois cent quarante-neuf sur la terre renouvelée, 9, 1 -29.
La plupart des observations que nous aurions à présenter sur son histoire ont été faites à l'article Déluge, q. v., car ce mol aussi résume sa vie, son caractère et son activité. Disons ce pendant encore quelques mots sur sa personne.
1° Son nom lui fut donné, parce que, dit son père, « celui-ci nous soulagera de notre œuvre et du travail de nos mains sur la terre que l'Eternef a maudite. » Lémec exprime ici une espérance qui se rapporte aux promesses faites par Dieu après la chute de l'homme. C'est une des premières traces de l'espérance messianique. Lémec voyait que le péché était arrivé a son comble, et que le jugement ne pouvait guère .se faire attendre : il prévoyait que son lils serait un instrument remarquable dans la main de Dieu, et il p trait que lui aussi, comme tant d'autres, a rapproché dans la perspective prophétique des faits qui sont séparés par des siècles, le jugement prochain et le dernier jugement, 5, 29.
2° On a remarqué l'emploi alternatif du nom de Dieu, et de celui d'Eternel, et l'on a cru pouvoir en conclure que l'histoire de Noé était un composé de deux documents distincts, dont l'un (celui d'Eternel), serait exclusivement israelitique; on ajoute que c'est dans celui-là seulement que su trouve la distinction établie plus tard par le moï-aïsme, des bètes nettes e! des bêtes impures ; mais v. Genèse. Quant ù la distinction des animaux, nous croyons avec plu sieurs auteurs qu'elle n'est point ici légale, niais naturelle, et que Noé a pris sept paires des animaux qui sont utiles à l'homme, tels que le bœuf, la brebis, le chameau, tandis qu'il n'en a pris qu'une des animaux sauvages ou féroces, le tigre, le lion, le serpent, etc.; toutefois, en réservant ce qui a été dit sur la possibilité que la faune, comme la flore, du monde renouvelé, ait été profondément modifiée par un acte créateur. On comprend qu'avec (e droit nouveau
donné à l'homme de se nourrir de chair, il était nécessaire qu'il eût à sa disposition des animaux purs en nombre suffisant, car leur propagation eût été trop lente pour les besoins du nouveau monde. F.t quant aux carnivores, il suffisait qu'ils pussent , se reproduire, et le genre même de leur nourriture exigeait qu'ils ne fussent pas trop nombreux dès l'abord.
3° Tout esl gigantesque dans la vie de Noé, mais aussi tout aboutit à celle foi qui transporte les montagnes, C'est par la foi que. Noé doit, tantôt attendre, tantôt agir. II a les promesses de l'avenir, et cependant il arrive à l'âge de 500 aiis sans avoir d'enfants. Dieu lui annonce le déluge, et il restera 120 ans sans le voir. Le déluge lui-même est une crise non-seulement pour une famille ou pour un peuple, mais pour le monde entier. Noé doit construire une arche, immense ; tous les animaux de la terre et de l'air y sont merveilleusement amenés ; tous ceux qui seront dans l'arche y seront conservés, malgré les conditions les plus défavorables à I existence. Pendant les travaux de construction Noé ne cesse d'être, au milieu de ses contemporains incrédules et moqueurs, le prédicateur des jugements de Dieu. La catastrophe arrive, et quand, au bout d'une année, le pied de l'homme foule de nouveau le sol, la terre n'est plus qu'un immense cimetière ou sont enterrés les hommes 1 1 les races, les richesses, les souvenirs, les villes et les peuples; Noé esl le roi de toutes choses, mais il n'a point de sujets qui lui obéissent et le reconnaissent comme leur maître. Tout est à recommencer, l'histoire, la géographie et ta civilisation. La terre a beau reverdir, elle est flétrie, et c'est des cieux quedoit venir le gage des promesses de Dieu, en réponse au sacrifice d'actions de grâces et d'adoration par lequel Noé a célébré sa délivrance. Dieu donne au monde des lois nouvelles, les commandements noachiques , plus complets , plus détaillés, que n'était la loi donnée à Adam, moins complets qu'ils ne seront plus tard, quand Dieu fera de la famille d'Abraham un peuple à part ; et Noé, béni de Dieu, prononce à son tour, par l'esprit prophétique, les sentences de l'avenir sur les races qui descendront de ses fils. Le pèche est demeuré au monde; il n'a pas péri dans les (lots du déluge : et ses manifestations les plus grossières se produisent sur le seuil même, au frontispice de cette terre qui n'a reçu que le baptême d'eau. — Que d'émotions diverses durent agiter l'âme du patriarche pendant sa longue carrière, alors que l'arche se. construisait, lorsque Dieu même en referma la porte, lorsque les flots la soulevèrent, lorsque la pluie et la tempête fondirent sur elle, quand elle s'arrêta sur la montagne, lorsque le nouveau monde surgit à ses regards, et lorsque,