NOÉ 620 NOÉ
après tant d'épreuves, il vit lepéché,1oujours le même, reparaître et frapper l'humanité dans son inexpérience, ses faiblesses, ou ses mauvais instincts.
4° L'histoire de Noé s'est conservée dans les traditions de tous les pays et même chez les sauvages des Antilles et de l'Amérique du Nord. On a retrouvé quelques médailles frappées à Ai'amée en Pbrygie, où l'on croyait que l'arche s'était arrêtée; elles portent sur une des faces lYffigie soit de l'empereur Philippe, soit de Septime Sévère Pertinax, et sur l'autre face une arche flottante, un vaisseau carré long, dans lequel sont un homme et une femme; sur l'arche est un oiseau ; un autre oiseau s'avance en volant, tenant entre ses pattes une branche d'olivier, sur l'arche on Ht distinctement le nom de No ou Noé; près de là ce même couple apparaît debout sur la terre ferme, élevant la main droite vers les cieux. Le seul exposé des traditions du déluge chez les Mahométans, les Indous, les Chinois, etc., formerait un volume; qu'il suffise de répéter que partout ce fait est conservé, et qu'il est rare que ce soit avec des détails beaucoup différents de ceux que la Parole de Dieu nous a transmis. On peut lire l'intéressant ouvrage de Grotius, De Verilate Rel. Christ.; F. de Rougemont, Le Peuple primitif; Trottet, le Génie des civilisations; et les rapports des missionnaires chez les peuples païens, Kranz au Groenland, Oldendorp aux Antilles, Gutzlaf en Chine, etc.
5° L'ivresse de Noé fut une faute évidemment involontaire, soit que le fruit de la vigne avant le déluge n'eût pas encore sa force enivrante, soit plutôt que la vigne n'eût pas encore été cultivée et que son usage fût alors Inconnu. Il est probable qu'avec l'usage d'une nourriture plus solide et certainement moins saine que Dieu accorda à l'homme, le besoin d'une boisson plus forte se fit également sentir; l'un et l'autre de ces aliments auront contribué a l'exécution de la menace divine quant à la durée de la vie humaine ; ils auront influé lentement sur les générations, et c'est lentement aussi, décroissant de génération en génération, que la vie des hommes s'est resserrée dans les limites que nous lui connaissons aujourd'hui. Noé est mort à l'âge de 950 ans, Sem, à l'âge de 600 ans, Arpacsad, a l'âge de 438, Sélab, à celui de 433, Héber, à 464, Péleg. à 239, Réhu, à 239, Sérug, à 230, Nacor, â 4 48, Taré, à 205. Abraham, à 475, Isaac, à 4 80, Jacob, à U7. L'ivresse était un spectacle entièrement nouveau pour le monde, et it est à croire que l'irrévérence de Cam se rapportait à l'étal de son père en général et non pas seulement à ce que son corps était découvert, v. Cam.
6° Si la grandeur de Noé est dans son sort,
ce sort même a dû être le prix de sa grandeur . Il avait mérité d'être sauvé, il l'avait mérité par sa foi. Au milieu de la dépravation universelle, it était resté juste devant Dieu, Gen. 7, 4. Son nom est rappelé avec éloge à côté de ceux de Job et de Daniel, Ez. 14, 14. 20. Son époque, tranquille au milieu des vices, incrédule sous la menace du déluge, est donnée en exemple au monde nouveau, au monde chrétien, par celui qui doit revenir pour exercer ses jugements sur la terre, et le Sauveur avertit les hommes qu'on n'évitera pas la destruction par l'insouciance et l'incrédulité. Matlh. 24, 37. 38. Luc 17, 26. 27. L'Apôtre loue la foi de Noé, Hébr. 41, 7., et saint Pierre, en le nommant, l'appelle le prédicateur de la justice, 1 Pierre 3, 20. 2 Pierre 2, 5. Esaïe a appelé les eaux du déluge, du nom de celui qui seul a échappé à celte catastrophe, les eaux de Noé, 54, 9.
7° Considéré comme type, ce second chef de l'humanité annonce le Sauveur du monde : a) par son nom, cf. Matlh. 14, 29.; 6) comme héraut de la justice; c) parce que l'arche dans laquelle il a sauvé sa famille, est une image de l'église dans laquelle Christ sauve ses élus, sa parenté spirituelle, sa chair et ses os, Hébr. 2, 14. Eph. 5, 30 ; d) par le sacrifice qu'il oflrit à Dieu et dans lequel celui-ci flaira une odeur d'apaisement, disant qu'il ne maudirait plus la terre, Gen. 8, 21., cf. Eph. 5, 2.
Les Noachides. — Le chap. 4 0 de la Genèse, qui contient leur généalogie, est le fondement de l'ethnographie et la clef de l'histoire. La haute antiquité de ce document résulte du silence qu'il garde sur Tyr, mentionnée cependant déjà dans le livre de Josué ; de celle grande ville de Résen, qui nous est totalement inconnue; du fait que les Philistins n'habitaient point encore la contrée de Gaza, et de l'ènumérafion des treize dis de Joktan , dont une moitié seulement se retrouve dans les noms des peuples arabes cités par les géographes anciens.
Dans l'interprétation de ce tableau, on peut partir de trois hypothèses, dont aucune n'est en contradiction absolue avec la foi aux Ecritures. Ou, le déluge n'ayant pas été universel, les peuples des extrémités de la terre, Nègres, Mongols, Malais, Américains, descendent bien d'Adam, mais non de Noé, et le tableau ne se rapporte donc qu'aux Noachides. Ou, tous les peuples ayant péri dans le déluge, Moïse entend nous donner les premiers ancêtres de toutes les nations qui, en se multipliant et se divisant de plus en plus, ont fini par couvrir la terre entière. Ou, le déluge ayant été d'ailleurs universel, l'auteur sacré ne porte point ses regards au delà du monde qui lui était connu, et les Chinois, ou les Cafres, ou les Aztèques descendraient de Noé par des fils et des petits-fils
NOE
NOÉ
tout autres que ceux dont les noms se lisent dans ce chap. 40.
La linguistique démontrera probablement un jour, que de ces trois hypothèses, la première est impossible, et la deuxième la plus probable. Science toute nouvelle comme la géologie, elle prend dans leur isolement les 860 langues actuelles, en cherche les affinités réciproques, les groupe en familles, distribue les familles en quelques classes , et de la comparaison des classes conclut pour ou contre l'existence d'un idiome unique, souche de tous les autres. Aujourd'hui on divise assez communément toutes les langues en quatre classes : les langues monosyllabiques de la Chine et de l'Indo-Chine (race jaune); les langues indo -Celtiques à flexions (race blanche) ; les langues sémitiques à racines trilittérales et à affixes (race blanche, à type spécial, à teint brun); les langues par agglutination, qui sont toutes les autres langues de l'ancien et du nouveau monde (race jaune, race nègre, race américaine). Dans cette dernière classe, qui est encore fort peu connue, on a tout récemment entrevu ou constaté l'existence de quelques grandes familles : en Asie, la grande famille altaïque, comprenant le mandchou, le mongol, le turc, le samoyède et le finnois; la famille dravidienne, qu'on suppose sœur de la précédente, et qui réunit en un faisceau les langues indigènes de l'Inde; puis la famille malaise, de Madagascar, par l'archipel indien, aux îles Sandwich ; en Afrique, la famille libyenne ou nilantique des Berbers de l'Atlas et des Tuariks du désert; la famille congo-cafre , dont la découverte a causé une vive sensation dans le monde savant, et qui est certainement apparentée aux idiomes sémitiques ; la famille éthiopienne, embrassant les Berbers du Nil, les Ababdeh du désert de l'Egypte, les Bedjas de la Nubie, les Danakil, les Agau des plateaux abyssins, les puissants Fellas, les Soaiaulis, et vers l'ouest le Kordofan, le Darfour, etc.; enfin la famille soudanienne, qui, s'étendanl du Darfour au Joliba, comprendrait entre autres le bornouan et le tibbou, et qui offre de nombreuses affinités avec le galla. (V. Vivien de Saint-Martin. Année géographique, 4863, p. 44, 74, 93.)
Chaque famille que découvre la linguistique jette un jour nouveau sur la généalogie des Noachides et en constate mieux la merveilleuse vérité.
1. Jai'hct, le Japelos des Grecs compte dans la table généalogique sept uls et autant de petils-lils. Nous retrouvons parmi eux les ancêtres des pt uples dont la linguistique a formé la belle et grande classe des langues indo-celtiques à racines monosyllabiques et à flexions.
4) Madaï est le père des Aryas (héros), qui
se sont divisés en deux branches principales : a) Les Aryas orientaux, parlant le sanscrit, qui sont descendus des hauts plateaux du Caboul dans les basses plaines de l'Indus, où ils ont adoré Indra, et d'où ils ont passé dans le bassin du Gange. Là, devrnus adorateurs de Brahma, de Vichnou et de Shiwa, et divisés en castes, ils ont étendu jusqu'à Ceylan et à Java leurs conquêtes ou leurs colonies. Du milieu d'eux est sorti le boudbisme, qu'ils ont extirpé de l'Inde, mais qui est devenu la religion universelle de l'Asie Ultérieure ou de la race mongole. 6) Les Aryas occidentaux se sont subdivisés en Baclricns, parlant le zend et donnant à l'Asie le culte d'Ormudz et d'Ahriman par Zoroastre, et en Mèdes qui ont arianisé les Sémites de la Perse propre et fondé avec eux la seconde des monarchies universelles. Les descendants actuels de Madaï parlent ici le persan, le kourde, le boukhare, l'afghan, là l'bindoustani, etc.
2) Thogarma représente les Arméniens, dont la langue diffère considérablement des autres idiomes indo-celtiques, mais qui leur est décidément apparentée.
3) Tiras a pour descendants les Thraces, les Gèfcs, les Dates, les Agathyrses, qui tous avaient la bizarre coutume de se peindre le corps. On suppose que les Agathyrses et les Gèles, qui ont été refoulés vers le Nord, ont formé les peuples lettes (les Lithuaniens, les Borusses), dont les langues offrent, de toutes celles de i'Europe, le plus de rapports avec le sanscrit.
4) Javan ou Jon est dans tout l'Orient le nom des Grecs. Les Ioniens sont la race primitive qui s'est partout mêlée et confondue avec les Pélasges ou Péliscblbim (émigrés), Sémites qui des côtes de l'Egypte et de la Terre-Sainte ont couvert de leurs colonies toutes les côtes de la mer Egée.
Javan a quatre fils : Eiisa et Tarsis, Kiltitn et Dodanim.
Elisa (ou Ulysse) comprend les Javanides qui ont peuplé l'Elide, les îles Ioniennes et le sud de l'Italie. — Tarsis est le père des Javanides de l'Elrurie et de l'Espagne. Ici on le reconnaît aux noms propres de Tarko, de Tarquinies; là, à ceux de Tarakone, de Dertose (Tartas sur une médaille), et du Tarlesse (primitivement l'Ebre).
Chittim désigne la Macédoine, vraie terre grecque aux limites de la Thrace. — Dodanim ligure l'Epire et toute l'illyrie, où de nos jours les Albanais parlent une langue apparentée au grec. — Ces deux fils de Javan ont certainement fourni leur contingent à la population primitive de l'Italie. La langue latine en particulier offre de frappantes analogies avec le dialecte macédonien de Chittim et avec le dialecte éolicu d'Elisa.
NOÉ
5) De Gomer soni issus : les Cimmériens de la Crimée les Cimbres du Jutland et 1rs Belges; — les Bretons de l'Angleterre dont les descendants sont les Kimrl du pays de Galles. Les Kiniri ne se peuvent isoler lies autres peuples celtiques: les Irlandais,' les Gaulois, les Helvétiens, les Boïens, les Taurisqués ou Noriques. etc., et au sud ouest les Cellibères.
6) Askenaz, flls du (Vite Gomer et frère de l'Arménien Thogariha, est le père" des Phrygiens et des Germains. La Phrygie est pleine du nom d'Asranius, et sa langue, d'après le témoignage des anciens, ressemblait beaucoup à l'arménien. Le n un d'AskenaZ signifie la race (gens, genus) des .4ses, et ci- nom d'Ases nous conduit par le Cauease, par ses Ossète? où Oss et ses antiques Aspoui'giens, vers la Scanzie ou Scandinavie dont ()din s'est emparé à la tète des Ases. D'adiré part, les Germains, VjUi n'avaient point ôobHé leur origine phrygienne et troyenne, ont donné le nom d'Àscibtirgiensaux monts des Géants, celui d'Ascibiirgium à une ville du Rhin inférieur (Asbourg,près de Meurs), qu'on disait fondée par Ulysse, et celui (TAskanius au premier roi Saxon.
7) Magog est dansEzécbiel le prince deRosch, Mésech et Tub;il, c'est a-dire des Russes iet des Scythes qui habitaient la Russie' méridionale. Nous ferons donc, avec Knobel, de Magog, l'aïeul de la puissante race des Slave?.
8) Tuba! et Mésech, d'après Ezéehicl 32, 26, doivent nécessairement' représenter lesSèythcs de la Russie, qui avaient, sous Cyaxare, fait la conquête de la Médie, et ces Scythes font bien certainement partie des peuples de race blanche par leur constitution physique, et dés peuples indo-celtiques d'après le«> faibles débris 'de leur langue. .Mais ils étaient arrivés dans leurs demeures de pays situes au sud du Caucase ; car Mésech est le peuple des Mosches qui avait donné son nom aux monts Mos< niques entre l'Arménie et le Caucase, et si Tubal nVst peutêtre pas le père des Ttbarénieus, au moins l'cst-il des Chalybes, les inventeurs de l'acier; car Tubal est 1 homme des Scories métalliques. Peuples éteints.
9) Nous avons épuisé, à un nom près, la liste des quatorze descendants de Japliet et celle des peuples indo-celtiques. Il ne nous reste plus que Ri pliai h et les Géorgiens. Le nom de Riphath ou Hipées cou vient fort bien au Caucase et à la Géorgie. Mais Ici la linguistique n'a point achevé ses recherches. Le géorgien se relie-t-Il bien solidement aux langues imlo-celiiquesP Forinct-il réellement une même famille avec les idiomes barbares et étranges du Cane, se? Ces idiomes seraient-ils les frères ou les peres des langue.*» ouialieuiics, comme l'a allirmc notre célèbre compatriote, du Bols de Montpéreux ? Faudrait-il
faire entrer dans la classe des langues indo-celli jue, es idiomes finnois que Caslren dit intimement apparentés au samoyède, au turc, nu mongol, au mandchou? Est-il bien certain, comme tout semble au reste le prouver, que le mande hou comprend un nombre surprenant de mots indo-celtiques et surtout grecs? Et à l'autre extrémité de l'ancien monde le basque esl-i! une branche détachée de l'arbre finnois, ou ses racines ^ont-elles en Afrique? Nous croyons qu'à ces questions-là toute réponse positive serait prématurée.
II. Sem est le père des peuples au teint brun ou rouge (comme les F.domttes ou ïdumëens, les Cananéens ou Phéniciens et les///«>/'«r/7f>s;,qui ont occupé les contrées centrales de l'ancien monde. Ils ont par|é ou parlent encore les langues dites sémitiques, qui diffèrent fort peu les unes des autres.
\) Hélam comprend : a) les Elyméens du bas pays â l'est du Tigre inférieur, où des Cuschites avaient fondé Suze; ils se sont étendus au nord à ti avers le plateau dé l'Iran, vers les rives sud de la mer Ca pienne; 6) les Perses, les Caramanlens, lés Sagarticns nomades du désert central de l'Iran et les Dranges : ils sont représentés dans les traditions persanes par Salem (HélàmJ, le meurtrier d'Irets (ou MadaïJi en adoptant la langue des Médes, ils ont donné naissance au peblwi, mi-semitique, mi japhétique. t>. Peuple primitif, t. III, p. 382 sq.
îj Au nord des Hélamiles sont les Assyriens, sémites par leur langue d'après la Grammaire assyrienne de M. Oppert, et malgré les assertions contraires de M. Renan, mais de tics bonne heure mêlés aux Mèdes ou Aryas.
V. Ariot; Gen. U, 1; P. Prim., III, p. 101. Leur" vaste empire a frayé la voie, à la première monarchie universelle, celle des Caldéens et de !Nébucadnetsar. Les Assyriens reparaissent dans l'histo.re de l'Eglise, fournissant des milliers de martyrs, cl formant l'Eglise nestorienne, qui s'est à jamais illustrée par son évangélisation de l'Asie centrale et orientale au moyen âge. line branche des anciens Assyriens avait passé en Asie Mineure et formé le peuple des Syriens blancs dans la Cappadoce, la petite Arménie et le Puni. — Leur langue a disparu.
3) Arpbaesud nous ramène vers la teire de Scinhar : il est le père des Caldéens, dont la Rabylonic était ;e berceau, E/.. 23, 15. Médecin spirituel [Arpha, Orphée) des Sages (ci«rf), restaurateur de la science détruite par le déluge, il fut l'ancêtre des grands patriarches de la nouvelle humanité, dont le dernier fut Abraham, et qui curent pour successeurs la race sacerdotale et dominatrice des prèiies-asironoines connus sous le nom de Caldéens. P. prim., 111, 50. Ces prêtres vivaient au milieu de la po-
NOÉ
NOÉ
pulation cuschite de l;i Babylonie. Le peuple proprement dit des t.aldéeris Mbitaft'an sn<î, vers le* embouchures de l'Euphrate et du Tigre, et faisait un grand commerce par terre et surtout par mer, Es. 43, U. Leur langue était un des idiomes écrits de la fantille sémitique. C'es't dans leur pays qu'était la ville d'Ur, auj. sans doute Warka avec des ruines Importantes.
D'autres Caldéens vivaient, en nomades, dans le désert d* Arabie, poussant leurs déprédations jusque dans l'Idumée, Job 1, 17. — Dans la Mésopotamie le Kébar oti Chaboras traversait un pays des (Taldéens, Ezl 1, 3— D'autres Caldéens s'étaient avancés par delà le Taurus jusque dans lé Pont.— " D'antres enfin s'étaient fixés dans les monts du Kourdistan, aux frontières sild de l'Arménie. — Les plus célèbres des Caldéens, ceux de Nébueadnetsar, avaient été transportés on ne sait d'où par les rois assyriens en Babyioni", où ils avalent retrouvé leurs frères!
4) Lud, d'après les traditions arabes, serait le père de la tribode Tasm qui avait occupé les côtes ouest du golfe Persique, et le père de tous les peuples de la Terre-Sainte qui n'étaient pas Cananéens, et qué les textes hiéroglyphiques de l'Egypte désignent par lè nom de Lut, Lot ou Ret-ennon. Les fils de Lud dans cette contrée sonr, au dire des Arabes : Djordjan, les habitants du Jourdain, tels que ceux de Sodome; Pharèa, les Phérésiens; Amlik, les Amalécitcs, « le plus ancien des peuples, »> Nomb. 24, 20., qui auraient conquis l'Egypte sous le nom de Hycsos. Mous rattachons a Lud les Réphaïm, les Zuzim, les Emîrrt, les Horiens, les Kénites, etc., etc. Les Phérésiens, sous le nom de Persée, ont colonisé Argos et traversé les déserts de l'Atlas; sous celui de Perses, Ez. 27, tu., peuplé la Numidie d'après Sàlluste, l'Espagne d'après Varron ; soiis celui dé Pharuses ou Pliaurusiens, qu'Hercule avait conduits dans 1 Atlas, occupé vers l'ère chrétienne au sud du Maroc le Sahara occidental. Continuant leur marche vers le sud, ces Thaurusieus seraient-ifs devenus le puissant peuple des Foulah au type caucasique P— Les historiens arabes font dériver des Amalécites plusieurs des principales tribus berbères ou kabyles.
Les LydienS dé Sardes, dont l'histoire se relie à celle d'Ascalon et à celle de Ninive, forment la branche septentrionale des Ludites, et la plus célèbre en histoire. Venus de l'Euphrate avec les Tyrrhéniens, ils se sont mêlés au sud avec les Carieus, de race sémitique comme eux, et au nord avec les Mysierts, de race phrygienne et japhélique. Peuple éteint.
5) Au nord des Ludieus de la Terre-Sainte sont les Araméens ou Syriens, aveë leurs grandes et riches cités dont la plus ancienne est Damas. Ils
sont sortis ou nord-ouest de leurs limites naturelles, et ont habité la Cilicie et formé en Lycie le peuple des Snlymes.
Les quatre fils d'Aram sont sans importance en ethnographie : Mas a occupé le mont Masius sur les confins de la Mésopotamie et de l'Arménie; Hul, la Syrie creuse entre le Liban et l'Anti-Liban, et Huz, un district de l'Idumée. Gncther, d'après les Arabes, serait le père des deux tribus arabes de Thomud et de Djadis.
Le syriaque a sa littérature chrétienne. 11 est prèsqùe éteint. Mais les Araméens habitent encore leurs antiques demeures.
6) Deux générations séparent Arpbacsad, Aram et Lud de Joktan dutit les treize (ils ont peuplé l'Yémen. L'histoire iirofanc de l'Arabie confirme admirablement bien la Genèse. On distingue aujourd'hui encore dans ce pays quelques faibles restes des tribus cuschites qui en furent les plus anciens habitants, et fa population sémitique se divise en trois couches superposées : I) les Arabes éteints, Baïdas, issus d'Aram et de Lud; Thémuditcs et Djadis, Thasmiens, Adites, Airialecites ; 2) les purs, les vrais Arabes, Afofnraba, dans l'Yémen ; tous i?sus de Joktan qui est le Kahlan des traditions indigènes; 3) les Arabes mélangés ou entes, Moslaraba, de la famille d'ismaél; c'est le *Ereb {mélanges) ôe la Bible ; dans l'Hedjaz.
Des treize fijs de Joktan il en est plusieurs dont les noms avaient disparu au temps des Grecs et des Romains.
Almodad, les Djoromites dont plusieurs princes s'appelaient Modadh; ont passé de l'Yémen dans l'Hedjaz;
Sceleph, les Salapénes à l'ouest de l'Hadhramaut où est Halahona ;
Halsarmaveth , les Chatramolites, PHadhramaut ;
Adoram, les Adramites, près des Chatramolites avec lesquels ils se confondent;
Jerali, la tribu de la lune sur la côte de la Lune (Edrisi), dans l'Hadhràmaul oriental ;
Uzal, Azal dé la tradition arabe, qui a fondé Szanna;
Dikla, la trihu du palmier, dans le Wadi Nedjran dont h's habitants adoraient cet arbre;
Hohal, ou Ebal, ou Gebal, les Gêb.tnilcs, vers le détroit de Bab-cl-ManUeb ;
Abimaël, le père des MaCt : la contrée de l'encens, comprenait un district de Mali, qu'on suppose être Mahia à l'est de l'Hadhiamaut ;
Scéba, 1rs Sahéens, le peuple de l'Arabie jadis le plus puissant, le plus riche et le plus commerçant ;
Ophir, la contrée aurifère et maritime de l'Yémen, ou Uphaz, la cô'e de for, dans les terres soumises aux Sabécns;
Havila, les Evalènes, la puissante tribu des
NOÉ
Kholan, dans la contrée de Chaulan au sud de la Mecque.
Jobab, inconnu.
Mahomet et l'islam ont fait de l'arabe une des langues universelles de la terre, et une de celles dont la littérature est la plus riche.
Des tribus sémitiques, arabes sans doute, ont franchi la mer Rouge et peuplé les plateaux de l'Abyssinie, où leurs descendants, de religion chrétienne, parlent le gheez.
7) La plus jeune famille des peuples sémitiques est celle des descendants de Tbaré qui était le septième descendant d'Arpliacsad.
D'après le célèbre voyageur Hamilton, Tbaré serait le père des Tyrrhéniens, qui passaient pour frères des Lydiens de Sardes, et qui ont apporté en Etrurie une langue à demi sémitique, des croyances et des mœurs orientales et des traditions conformes à celles des Hébreux.
Du petit-fils de. Tharé, Lot, sont nés les Ammonites et les Moabites.
Les descendants de Nacor se sont mêlés, la plupart, avec les Araméens-Hazo. Cbazo a fondé Chazo dans la contrée assyrienne delà Chazène. Mais aucune de ces tribus n'a acquis quelque importance en histoire.
D'Abraham sont sortis : 1) par Agar, les puissants Ismaélites, auxquels Mahomet prétendait rattacher son origine; les INabathéens, les Kédaréniens, les lturéens(?); 2) par Kélhura, les Madianites; 3) par Sara, lsaac et Esaù les Iduméens; 4) par Sara, Isaac et Jacob les douze tribus d'Israël.
Tous les peuples que la Bible fait sortir de Sem, ont parlé ou parlent encore des langues qui forment une des quatre grandes classes linguistiques, et hors de ces peuples-là nulle nation n'a parlé une langue de cette classe, sauf les Phéniciens.