‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 279 sur 398 · Cam a quatre (ils : Cusch, Mitsraîro, Put et Canaan · texte numérisé non relu

Cam a quatre (ils : Cusch, Mitsraîro, Put et Canaan

1 ) Canaan ou le Rovga (Qona), l'Erythros des Grecs, s'est dirigé de Scinbar vers le sud et le golfe Persique, où l'on montrait son tombeau. Chassés par des tremblements de terre, ses (ils se sont portés de là vers la Terre-Sainte , où Sidon a fondé la métropole des villes phéniciennes, et où Heth est devenu à Hébron le père d'une nation longtemps puissante et célèbre, comme le prouvent les inscriptions de 1 Egypte et celles de l'Assyrie. Quatre autres peuplade s, issues de Canaan habitaient avec les Hélhieus le plateau a l'ouest du Jourdain, et les cinq dernières formaient un groupe particulier vers le nord du Liban. Tous les Cananéens s'étaient établis au milieu de Sémites tels que les l'hérésiens nés de Lud, ou que les Araméens de Berytlius et de Byblos, et ils prirent la langue des indigènes; car le phénicien ne tient en rien

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aux idiomes oamitiques. Josué chassa de leur pays une partie des Cananéens, qui émigra vers l'Atlas. Ceux de la cote maritime au pied du Liban, les Phéniciens, les Rouges, ont semé, de Sidon et de Tyr, plus lard de Carlbage, leurs colonies sur toutes les côtes et les îles de la Méditerranée et sur les rives mauritaniennes et européennes (Cadix, 1 Irlande) de l'Atlantique. On peut même supposer avec M. Brasseur de Bourbourg que les Héviens sont les fondateurs de Palenque au Mexique.

2) Milsraïm, ou les Fils du Soleil, sont les vieux Egyptiens dont Héliopolis était le berceau, et qui adoraient l'astre du jour. Bientôt après, ceux d'entre eux qui avaient peuplé la Haute- Egypte et fondé Tuèbes dans le pays du Midi (petrxsen égyptien, Palhros de la Bible), intentèrent le culte d'Ammon et d'Osiris, et, sortant de. leur berceau, Ez. 29, 14, soumirent a leurs lois toute la vallée égyptienne du Nil. La langue égyptienne a en commun avec les idiomes sémitiques une partie considérable et essentielle de son vocabulaire.

Dans le DeKa vinrent s'établir, les armes à la main, des Sémites issus de Lud, qui prirent les mœurs et la langue des vaincus. Les Ludims de la généalogie sont les Hycsos de Manélhon. Chassés d'Egypte, ils émigrèrent vers l'ouest, où les ancieus connaissaient un fleuve du nom de Laud, les Arabes, les Ludais, et où ils se sont perdus dans la race berbère. Us reparaîtront dans les derniers temps, puissants et redoutables, associés à Pharas et a l'ut, Ez. 27, 10; Es. 66, 19.

Les Naphtuhim sont inconnus.

Les Hanamim sont les nomades, et les Léhabim les agriculteurs de la Libye orientale ou du plateau de Barca et du Fezzaii. Ils sont, comme les Ludim, un des éléments constitutifs de la famille berbère.

A l'est du Delta, vers le mont Casius, sont les Caslubim. Us ont probablement formé vers le sud les peuplades troglodytes des contrées comprises entre le Nil et la mer Rouge, colonisé, sinon la Cilicie,au niûinslaColcbide,el (d'après les Arabes) peuplé certaines contrées de l'Atlas. ' De la Casiolide sont sortis les Pélisctiihim (Philistins), qui d'après le texte ne sont point nécessairement des Camites , et que nota croyons issus de Sein.

Le dernier des peuples nés de Milsraïm, « sont les Caphlorim ou Cretois.

CesCrétois et les Philistins se sont confondus et ont formé avec les Ludiensle peuple des Allophyles, P. Prim., 111, 148. Ils ont éniigrede Caphtor vers les rôtes sud de la Terre isaiult, où ils possédaient Ascalon, Gaza, etc., et ils* sont illustrés dans l'antiquité gréco-latine sous le nom de Pélasges.

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3 l/es descendants de Put se sont, croyonsnous, divisés en doux peuples, dont l'un s'est dirigé vers l'ouest et l'Afrique, et l'autre vers l'est et l'Inde.

a) Put est sur les monuments des Pharaons le peuole de l'arc. Ce peuple est vraisemblablement le noyau de la race berbère, dans la composiîion de laquelle sont d'ailleurs entrés dis Casluhim. des Ilanamim, des Lehabim, nés de ('.ara par Misra, et des Sémites de la famille de laid. Le nom de Put ou Phout était celui d'un fleuve de la Mauritanie, et vers le Sénégal est le pays de Foula. Les Foulahs, célèbres par leurs conquêtes, sont, d'après leur langue et leur tradilions, une branche éloignée de la famille berbère, détachés de son tronc et transplantés de l'Atlas dans le Soudan. Si l'on en croit M. d'Eichlhal, le foulah serait un idiome frère du caraïbe à l'ouest, et du malais a l'est.

6) Nous supposons issus de Put les peuples indigènes de l'Inde qui adoraient un antique Boudba au teint noirâtre, aux lèvres épaisses, aux cheveux frises, P. Prim., III, 405; en particulier ceux qui habitent le Boutan et le Bot-Ba ou Tlribet , et auxquels se relient les Miaotse et les Karren.

4) Cus ou Cusch, l'Evéchous de Bérose, père de Nemrod ou Cbomasbelus, P. Prim., III, 77, a laissé son nom, dans le bas pays de l'Euphrate et du Tigre : à la ville de Cutha; aux Cissiens de Suze, peuple du roi des Ethiopiens, Memnon ; aux Cossiens qui de la Suziaue avaient pénétré à l'est dans les montagnes de la Perse, et à la province actuelle de Chuzistan.

Les Cuscbites ou Ethiopiens se sont de la Babylonie répandus à l'est jusque dans les Indes, à l'ouest jusqu'en Afrique.

Cusch en égyptien, et en copte Kos, Rose h, est le nom des peuples de la Nubie qui ont conquis sous Sabacon le royaume des Pharaons, et dont la langue est peut-être celle des Barabras du Ml.

L'Arabie, l'Yémen, les terres basses du Yémen (Tehama), l'Hadramaut ont des peuples, Cuscbites sans aucun doute, au teint noir, à la langue étrangère, aux moeurs toutes différentes de celles des Sémites. Dans l'Yémen vivent aujourd'hui encore des Beni-Chusi.

a) Le premier des Dis de Cusch est Seba ou Saba. Les Sabéens de très haute taille, Es. 45, 1 4, sont les Macrobiens d'Hérodote. La longue vie des Macrobiens est aujourd'hui le trait caractéristique des Shoho et de leurs voisins.

6)Chavilaa donné son nomaugolfeAvalilique ou d'Adcn, au district du Chaulan en Arabie et à la grande nation des G 'lias, qui s'est étendue depuis la côte des Somaulis et le détroit de Bab-el-Mandeb jusqu'au Soudan, et peut-être même jusqu'au golfe de Bénin. — On dirait,

d'après Gen. 2, 11. que les Chaviléens s'étaient divisés des l'origine eu deux bandes, dont l'une se serait dirigée vers le nord, vers l'Arménie, vers la mer Caspienne. Si la famille altaïque n'est pas japhélique, elle serait camilique ou chaviléenne.

r) Sabtha est le premier habitant du Sahalh ou Saboth, un des grands affluents du Mil Blanc, et nous ferions de lui le père des Diukas et des Borr, etc.

Chavila, Seba, le Cusch nubien correspondent à la famille éthiopienne de la linguistique actuelle, laquelle offre plus d'une affinité avec la famille berbère. Sabtha par le dinka et le borr attirera peut-être k lui la famille soudanienne. Nous ne trouvons dans notre chapitre X aucun anneau où rattacher la famille congo-cafre; mais elle a trop d'éléments sémitiques et camiliques pour ne pas descendre des Noachides. Les Hottentots ou Saab sont apparentés par leur parler d'oiseau aux Tibbou du désert Libyen, par leur monarchisme aux Bedjas de Nubie, par leur vocabulaire à nombre do peuples de l'Afrique nord et même aux Casques.

d) Bahma ou Bcgma ont peuplé avant les Arabes l'Oman où l'on retrouve leurs noms et où vivent encore des tribus au teint noir. Mais ils ont été. les ancêtres de grands peuples : car ils représentent, Ez. 38, 13., les extrémités orientales de la terre. On suit leur traces par le sud de l'Iran où les côtes sont occupées par de noirs icthyopbages, jusqu'à l'Indus où commençaient les Ethiopiens de l'Inde. Ces Ethiopiens, après avoir recouvert d'une couche peu épaisse l'Inde immense, auront passé en Indo-Chioe, en Australie et jusqu'à O-Tahiti.

5) Sabthéca, le dernier des fils de Cusch est inconnu. Nul fleuve, nulle ville, nulle peuplade des temps anciens ni des temps modernes ne porte son nom. A ce père sans enfants appartient peut-être la famille sans père des peuples monosyllabiques, les Chinois et les Indo-Chinois, la seule de l'Asie qui, autrement, ne trouverait pas son aïeul dans la généalogie des Noachides.

Au reste, il ne serait point impossible que les ancêtres des Chinois se fussent séparés des autrès Noachides longtemps avant la tour de Babel, la perturbation jetée dans le langage, et la division de la nouvelle humanité en familles distinctes. D'après leur vocabulaire, nous les tiendrions pour les plus anciens des Japhétites. Nous croyons en outre que les tribus sauvages parlant une multitude innombrable de langues différentes sont issues de pionniers aveutureux et téméraires qui, devançant le gros de leurs familles, se sont égarés à d'immenses distances de leurs frères, et ont été abrutis par la misère, où les avait précipités leur isolement. D'autres

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aussi de ces tribus sauvages sont les débris de peuples vaincus qui se snnl réfugiés dans d'inaccessibles montagnes, ou dans des forêts impraticables, ou dans d'arides déserts. Ainsi en Afrique la seule contrée où 1rs idiomes, fort oombivux, ne se peuvent, semb!e-t-il, grouper eu familles, c'est la Guinée ou Haut -Soudan. Biais ce pays est précisément celui où les peup'es sauvages de l'Afrique entière ont dû être repousses et acculés par la marche des grandes nations; car les unes avançaient de l'Egypte par l'Atlas et les côtes du Sahara vers le Sénégal: les autres avançaient de l'Abyssinie par le lac Tchad vers le Joliba, et les troisièmes, descendant par les côtes orientales vers le Cap de Bonne Espérance, exerçaient sur les peuples des côtes occidentales une pression qui les rejetait vers ce même Joliba. Le Haut -Soudan est ainsi le bassin sans issue où venaient se réfugier, se jeter, tourbillonner, se heurter, se briser tous les peuples grands et peiils du continent africain. — Nous n'aborderons pas ici la question des langues américaines : tout indique qu'il n'en est aucune d'aborigène et qu'elles dérivent ou du foulah ou des idiomes tartares. ou du chinois, etc. [F. de Rougemont.]

NOHADIA (témoin de l'Eternel}, prophétesse inconnue qui avait cherché à épouvanter Néliémie, et à laquelle celui-ci avait résisté, ISéh. 6, I I. Elle s'était sans doute laissé gagner par les ennemis du gouverneur, et la mention ne permet pas de décider si elle était une fausse prophétesse ou une prophétesse tombée dans 1 inlidélilé et abandonnée de Dieu pour un temps.

NOM. Chez les Orientaux et, en particulier, chez les Hébreux, tous les noms avaient, en règle générale, une signification appcljalivc puis ou moins claire et simple comme cela se voit encore assez souvent chez les peuples modernes, et, en français, dans des noms tels que Diifour, Dumoulin, Descliamps, Leroy, Hardy, Agricol, Legendre, etc. C'étaient ordinairement les mères qui donnaient le nom aux enfants, et ce nom rappeail, soit les circonstances qui avaient précède nu accompagné leur naissance, soit des préoccupations, des craintes ou des désirs, des souvenirs ou dfs vœux; ils faisaient ainsi connaître, tantôt un détail de l'histoire de l'enfant, tantôt les pressentiments de la nere; on peut voir ce que dit l'Ecriture au sujet des noms d'Eve, de Caïn. d'Abel, de Noé, etc., Gen. 3, 20. i, 4. 5, 2!). 20, 32., etc. Tous les noms hébreux commençant on finissant par El, Eli. Jo, Jéh, Jab, tels qu'EIkana, Samuel, Eliakim, Josias Jéhonchaz. Matfalhia, etc., ont une signification dont Dieu, ou Jéhovah, est le sujet ou l'objet, cf. Gen. iî), X\. I Sam. 1, 20. 4, 21. Es. 7, M. Matlh. 4, 2 t. De même les noms araméens, assyriens ou phéniciens, dans lesquels

se rencontrent les syllabes Bel, Bahal, Nébo et Nébu, ont Irait aux faux dieux de ces nations. En français, nous avons les noms de Louis de Dieu, de Dieudonné, d'Espérandieu, qui rappcl ent l'antique usage des Hébreux ; en allemand aussi Gottlieb, Ehregott, etc. D'autres noms, tels que Kachel, thamar, Ketsiha, donnes plus généralement a des femmes, rappellent des idées aimables et gracieuses ; ce sont parfois des noms de fleurs ou de jolis animaux, rose, biche, «Me. Plus tard, lorsqu'on eut suffisamment usé du droit d'invenler, on se mit à donner aux enfants des noms déjà existants, que l'on choisit tantôt par goût, tantôt parmi ceux îles parents les plus rapprochés ou les plus considères. Le nom du père passait ordinairement a son lils aîné, Tohiel, 40. Luc \t 61.; parfois aussi le prèlixe bar, qui signifie fils, s'ajoutait simplement au nom d'un homme pour désigner son fils, ainsi Rarthélemi, Ranimée, Rarjona, peut être Rarrabas: les exemples de ce dernier mode appartiennent surtout aux derniers temps de la nation juive et à l'époijue de la domination romaine. Les Juifs postérieurs abrégèrent souvent les anciens noms : ainsi Jèsuah pour Jéhosuah, Lazare pour Eléazar; ils admirent des noms araméens, tels que Marthe, Caiphe, Tabitlia. Sous les Sélcucides, les Juifs relâchés prirent des noms grecs, ou traduisirent en grec leurs noms hébreux : Lysimaquc, Antipalros, Bérénice, Hérode, se trouvent, soit dans les Maccabées, soit dans Josèphe; Dosithée est la traduction de Sabdîel ; Nicolas, de Balaam ; Ménéias, de Jonia ou Onias; d'autres noms hébreux, enfin, furent grédsés dans leur forme, et Alkimos n'est autre qu'Eliakim. Ce qui n'était peut-être d'abord qu'une manie ou une obligation passa bientôt dans les mœurs : on prit des noms grecs par goût, on y joignit même des noms latins, tels que Jusius. Avec, le temps, cl par suite de ce mélange des deux langues, il se trouva des hommes qui portaient deux noms : Jean Marc, Jésus Juste, Col. 4. 4 4. : si ces cas n'étaient pas très rares, on les a cependant trop généralisés en voulant y trouver la solution d'un grand nombre île difficultés histoi iques ou généalogiques des livres saints. Un homme pouvait porter, a côté de son nom, celui de son père avec l'afllxe Bar, comme Joseph Rarrabas, ou bien tel nom ou surnom de circonstance. Simon Céphas ou Pierre, Joses Barnabas, Simon Canatiite, Simon de Cyrène, ou bien encore pour distinguer plusieurs personnes de même nom, un nom du lieu d'origine, Marie Magdclaine, Judas Iscariote, etc. C'était, comme nous l'avons dit, la mère ou, en général, les plus proches parents qui donnaient le nom à l'enfant, Gen. 20, 32. 35, 4 8. 4 Sam. 4,20. 4, 21., cf. Odyss., 18, C; des voisins amis, es-

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pèces de parrains, y contribuaient quelquefois comme chez nous, Rufh 4, 17. Luc 1, 59.

Il arrivait aussi que le nom d'une personne était changé dans le cours de sa vie, par suite d'une destination divine nouvelle, d'une promesse, ou d'un changement de dispositions, soit que le nouveau nom remplaçât entièrement l'ancien, soit qu'il en prît la place petit à petit, et que le surnom finit par éclipser |e nom véritable, Abraham pour Abram, Israël pour Jacob, Josué pour Osée, Pierre pour Simon, Barnabas pour Joses, etc. Le nom des rois changeait souvent à leur avènement, 2 R. 23, 34. 24, 17., exemple que les princes-papes ont imité : il en était de même des personnes subalternes dans des moments importants de leur vie, Nomb. 13, 17., cf. Jean 1, 43. Act. 4, 36., comme les moines, à leur entrée dinsle cloître, prennent, pour ensevelir leur passé, un nom nouveau, qui représente leur nouveau caractère. Nathan donne à son royal élève le nom de Jédidja,2 Sam. 12, 25. Eliakim fut nommé Jéhojakim par Pharaon-Néco qui, par ce changement, voulut rendre, sensible la dépendance du roi de Juda, 2 R. 23, 34. — Le surnom de Boanergès, que Jésus donna à Jean et à Jacques, Marc. 3, 17., ne parait pas leur être resté ; il n'avait trajl peut-être qu'à une circonstance bientôt effacée, et ne portait qu'un jugement momentané sur un caractère parfois trop fougueux : cependant v. cet art. Les exemples cités Cep. 41 , 45. Dan. 1,7. 5, 12., sont des changements de noms nécessités non-seulement par un changement de carrière, mais encore et surtout parce que ces hommes, Joseph et Daniel, appelés à remplir de hautes fonctions dans upc cour étrangère, ne pouvaient pas continuer d'y porter leurs noms hébreux, v. encore l'art. Paul, et d'autres.

fsOMBRES. On ne sait pour ainsi dire rien de tout ce qui concerne les connaissances arithmétiques des Hébreux, mais il ressort des chiffres et des sommes considérables mentionnés en plusieurs endroits, et pour lesquels l'addition et la soustraction n'eussent pas sufli, qu'ils devaient connaître au moins les quatre règles principales et les fractions. Ils se servaient, comme on le voit entre autres par les médailles samaritaines, de lettres au lieu de chiffres, de même que presque tous les anciens peuples jusqu'aux Grecs et aux Romains. Quelques auteurs (Des Vignoles, 1, 29), ont cru cependant que les Hébreux avaient aussi des chiffres particuliers, mais dans tous les cas ces chiffres ne remonteraient pas au delà de l'exil. La numération en lettres, et en lettres dont plusieurs ne différaient que. par des caractères presque insensibles, pouvait amener dans la transcription beaucoup d'erreurs. On s'est attaché à ce point de vue pour faire ressortir l'apparente exagéra-

tion qui se trouve dans plusieurs fjes chiffres cités dans l'A. T. Ainsi les chiffres, de 600,000 hommes de pied, sans compter les petits enfants, de 603.550 hommes au-dessus de vingt ans. £x. 42, 37. 38, 26., qui porteraient à 2 ou 3 millions la population totale des Israélites au sortir d'Egypte, issue de 70 personnes après un laps de 430 années au plus, ont paru exagérés, soit quant au fait même de la reproduction, soit quant au terrain qu'ils occupaient en Egypte, soit quant à la difficulté que ce peuple aurait eue à se procurer des vivres dans le désert. Mais si l'on se rappelle l'étonnante fécondité du peuple juif, l'incertitude qui règne sur la plus ou moins grande durée du séjour d'Egypte, la longévité des patriarches, et l'absence de guerres ou d'autres sources de destruction extraordinaire, on arrivera facilement par des calculs très simples à un chiffre de population plus élevé qu'on ne s'y attendait d'abord; ces impossibilités matérielles se résoudront comme se sont résolues celles qu'on avait essayé de faire sur la petitesse de l'arche de Noé, desquelles on ne parle plus maintenant. — Plus tard, aux jours de David, nous voyons, 2 Sam. 24, 9., qu'on pouvait trouver dans toqte l'étendue du royaume 1,300,000 combattants; Abija en oppose 400,000 aux 800,000 de Jéroboam, 2 Chr. 13, 3.; et l'armée du seul Josaphat, roi (Je Juda, se compose de 1,160,000 hommes, 2 Chr. 17, 14-18; chiffres énormes si l'on pense à la conscription française, ou aux services à court temps des Etats de l'Allemagne, mais qui ne soûl plus aussi étonnants quand, on se rappelle les milices des pays libres, tels que la Suisse et les Etats-Unis, et les levées en masse de l'antiquité et du moyen âge, v. Armées. Ces, chiffres ne sont pas pour nous des articles de foi; nous admettons volontiers que, d/après la notation hébraïque, des erreurs de chiffres fussent assez faciles, et que les livres des Chroniques spécialement puissent en renfermer quelques-unes, mais il faut remarquer que presque tous les manuscrits sont d'accord sur les mêmes chiffres, et que la traduction des Septante les maintient pour la plupart également, p'aillcurs ces 12 ou 1,300,000 hommes supposent une population de 4,800,000 âmes, en admettant quatre personnes par famille, ou de 6 millions en calculant sur cinq personnes par familles, et ces nombres ne sent pas exagérés quand on les compare à la densité de population si prodigieuse qu'on rencontre dans les pays de I prient, et notamment dans quelques provinces de la Chine. Il paraît même que plus lard, sous Titus, la Palestine était beaucoup plus peuplée encore que sous David, et l'historien Josèphc assure que la Galilée seule comptait deux-cent quatre villes et bourgs, dont le

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moins considérable avait 15,000 habitants; ce serait donc plus de 3 millions d'âmes pour une seule des quatre provinces de la Palestine. On ne risque donc point de se tromper en admettant les données bibliques, et l'examen de la science vient encore une fois appuyer et non contredire le récit biblique sur des points en apparence bien secondaires.

On a remarqué dans l'Ecriture la reproduction fréquente de certains nombres, destinés, soit à exprimer des sommes rondes, soit à rappeler certaines idées sacramentelles ; ainsi les chiffres sept, soixante-dix, deux, quatre, dix, quarante, trois, douze, etc. Disons un mot de chacun.

Le chiffre sept, et son multiple soixante-dix, sont ceux qui se retrouvent le plus souvent : les nations païennes les regardaient comme des nombres sacrés, et si l'Ecriture ne sanctionne pas ce qu'il y a de superstitieux dans le culte des chiffres, elle en a cependant consacré quelques-uns en leur rattachant des doctrines ou des lois. Le septième jour de la semaine, l'année sabbatique, la septième nouvelle lune, les sept semaines de moissons qui séparaient Pâques de Pentecôte, les sept jours de la Pâque, les sept agneaux qu'on sacrifiait à chaque jour de celte sainte semaine, en sont quelques exemples; on peut citer aussi la fête des tabernacles, qui durait sept jours et tombait sur le septième mois, de même que celle des expiations. Sept jours étaient la durée légale des purifications cérémonielles ; la consécration des prêtres durait sept jours ; dans les sacrifices pour de graves péchés, l'aspersion du sang se faisait par sept fois, etc. La doctrine postérieure des anges comptait sept archanges ou anges principaux. On peut voir ces différents articles. Rappelons encore parmi les exemples de l'A. T. les sept nations cananéennes, les soixante-dix semaines de Daniel, les soixanle-dix .innées de la captivité, les soixante-dix anciens d'Israël (les soixante-dix disciples de Jésus, la lettre aux sept Eglises), etc. Cf. Gen. 2, 2. 7, 2. 8, 10. 42. 29,27. 30. 41,2-7. 46,27. Nomb. 23,1. Jos. 6, 4. 6. 8. 13. 15. Jug. 46, 8. 43. 19. 4 Sam. 40. 8. 4 1, 3. 43, 8. 4 R. 8, 65. 2 R. 5, 40. 44. Eecl. 44,2., puis dans le langage des prophètes, Es. 4, 4. Ez. 39, 12. 14. 40, 22. 26. 43, 25. 44, 26. 45, 24 . 23. 25. Zach. 3, 9. 4, 2. 40. Dan. 4, 46. 23. 9, 24. Mich. 5, 5., et dans le N. T., Matlh. 45, 34. 36. Act. 6, 3. 24, 8. Apoc. 1, 4. 12. 8, 2. 6. 40, 3. 41, 43. 42, 3. 43, 1. 15, 4. 6. 46, 4. 47, 4. 21, 9. Les écrits de Philon montrent combien les Juifs philosophes de son temps attachaient une importance mystérieuse à ces chiffres; les pythagoriciens grecs y voyaient de même bien des choses, et rappelaient les sept couleurs, les sept notes

principales de la musique, et les sept planètes. On sait enfin le rôle que ce chiffre sept joue dans la nature et dans le développement de l'homme. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans des détails; avec l'observation el un peu de bonne volonté, on pourrait multiplier a l'infini des faits et des exemples analogues. On a abusé du droit d'imagination, mats à l'origine de (ouïes les recherches discrètes ou indiscrètes qu'on a faites sur ce nombre, se trouve évidemment l'œuvre de Dieu aux jours de la création; le septième jour a été un point d'arrêt, un n<rod: il était impossible qu'un début pareil n'nerçit pas sur l'esprit de tous les hommes une grand? influence. Sept a été considéré comme le chiffre de l'alliance, Dieu s'unissant avec l'homme; les Hébreux l'ont si bien compris que cbei eux le même mot shéba (sieben), signifie également sept et alliance (u. Béersébab, puits du serment), et l'on sail que les peuples de l'Orient ont l'habitude de faire intervenir le nombre de sept dans leurs contrats, el de jurer sur sept pierres. S'il y a là quelque chose de plus, nous le saurons un jour ; le livre de la nature m nous est pas encore tout ouvert, et s'il renferme des mystères que nous reconnaissons sans les comprendre, il en renferme d'autres peut-être que nous pressentons sans les reconnaître. Il faut se rappeler seulement que les chiffres ne sont pas le saint des saints; ils en sont tout au plus le parvis et le frontispice.

Le chiffre deux, la dualité, marque habituellement l'opposition, et par conséquent une imperfection, un état anormal, Dieu et le diable, le jour et la nuit, une famille sans enfants; cW aussi l'amitié, l'association, mais limitée, incapable de se reproduire ou de se continuer.

Trois exprime la plus simple des pluralités complètes, le plus petit groupe possédant son milieu et ses extrémités ; c'est la forme fondamentale du développement ; il est en quelque sorte naturel et se manifeste en psychologie dans les triples facultés, physiques, morales et intellectuelles, de l'homme; il se retrouve dans la notion du passé, du présent et de l'avenir; le chrétien le voit dans l'unité mystérieuse du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et dans le* trois jours de la sépulture. Ou le retrouve dans la constante et significative reproduction df certaines formules : la foi, l'espérance et u charité; Abraham, Isaac et Jacob; Pierre, Jaques et Jean (aujourd'hui on dît Liberté, Egalité, Fraternité). Pour les Juifs, il se trouvait dans l'obligation de célébrer trois fois l'an une fêle solennelle, et de se rendre trois fois à Jérusalem, Ex. 23, 44. Deut. 46, 16.; dans la triple bénédiction de l'Eternel qui rappt^le l'invocation prononcée sur le baptême «l'eau, Niomb 6, cf. Matlh. 28,49.; dans la triple sainteU

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rappelée par les Chérubins, Es. 6, 3., et expliquée Jean 12, 41 . On peut voir encore Jér. 7, 4. 22, 29. Jon. 2, 1. Jean 2, 19. 2 Cor. 12, 8. et un grand nombre d'autres passages, soit de l'A., soit du N. T. — Les trois heures de prière de Daniel et des Juifs postérieurs, Dan. 6, 10., se rattachent à la division du jour en trois parties plus qu'à la signification du chiffre trois lui-même.

Quatre est le chiffre du monde ; il se trouve dans les quatre points cardinaux et dans les quatre bras du fleuve d'Edcn, de même que dans le télragrammaton, les quatre lettres hébraïques du nom de Jéhovah le Créateur.

Dix est l'addition des chiffres sacramentels trois et sept; il représente la perfection; c'est le Décalogue, les dix paroles de l'alliance : il apparaît souvent comme multiple dans la construction du tabernacle, Ex. 26, 1 . 1 6. 27, 9. 1 1 ., dans les vaisseaux du temple, 1 R. 6, 3. 23. 7, 24. 27. 38. 49. 2 Chr. 4, 8., dans les fêles religieuses, Ex. 12, 3. Lév. 16, 29. 23,27., cf. encore les dix plaies de l'Egypte, la persécu- 1 lion de dix jours, Apoc. 2, 10, etc.

Cinq et neuf, dans leurs rapports avec dix, semblent indiquer une imperfection relative, la portion d'un tout, les cinq vierges sages, Watth. 25, 2. 16., un lépreux reconnaissant, contre neuf ingrats, Luc 17, 12.

Douze, trois par quatre, c'est le développement du monde, le monde travaillant à revenir à son état naturel de paix et d'ordre, Dieu travaillant dans le monde déchu pour le relever en le régénérant : les douze fils de Jacob, les douze tribus, les douze apôtres, les douze portes et les douze fondements de la nouvelle Jérusalem. Pressentiment ou science positive, l'année a toujours été divisée en quatre saisons de trois mois chacune, ou douze mois, après lesquels la nature se retrouve dans le même état qu'a son point de départ; ce sont les douze signes du zodiaque qui partagent le ciel.

Vingt-quatre (deux fois douze) se retrouve dans les ordres des lévites, 1 Chr. 24, 3., et dans la vision céleste de saint Jean, Apoc. 4, 4. 1, 6. 5, 10.

Le chiffre quarante, qui se reproduit assez souvent dans l'A. T., ne se rattache à aucune loi ni institution ; il est en quelque sorte accidentel, et sert peut-être quelquefois à désigner un nombre rond. Cependant, comme multiple de quatre (le monde) et de dix (la perfection, le tout parfait), on a cru qu'il était d'une manière spéciale l'emblème des actes ou choses qui travaillent a perfectionner le monde, qui servent à le parachever, bien ou mal, presque toujours l'épreuve dans son sens le plus large. Aux jours du déluge il plut pendant quarante jours et autant de nuits; Isaac était âgé de qua-

I rante ans quand il se maria ; Esaû de même ; la vie de Moïse est partagée en trois époques de quarante années chacune ; Moïse resta quarante jours sur le Sinai, l'exploration de Canaan dura quarante jours, le voyage du désert quarante ans; Hothniel procura aux Israélites un repos de quarante ans, Débora de même; c'est d'un servage de quarante ans que Gédéon délivra son peuple ; les trois premiers rois de Juda régnèrent chacun quarante ans ; Elie marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'en Horeb; notre Sauveur passa quarante jours au désert de la tentation, il monta au ciel quarante jours après sa résurrection, v. encore Gen. 8, 6. 32, 15. Jos. 14, 7. Ez. 29, 11. Jon. 3, 4., etc.

D'autres nombres reparaissent encore cl et là dans l'A. T. avec une certaine régularité qui, toutefois, n'était absolument qu'une affaire d'habitude; ainsi huit précédé de sept désigne une quantité indéterminée, Mich. 5, 5. Eccl. 11,2. (v. sur tout ce sujet les ouvrages allemands de Bsehr, Symb. du culte mos., I, 155; Schrœder, sur la Genèse; Neuman, Symboliq.; Rougemont, Quelques mots sur les Nombres rhylhmiques (1862), etc.)

— Nous empruntons au commentaire de M. J.-B. Rossier sur l'Apocalypse, l'étude suivante sur les nombres considérés dans leur sens symbolique. 11 peut être intéressant de comparer ce travail avec celui que nous avons fait nous-même; on y trouvera quelques indications qui ne sont pas dans le nôtre, mais peut-être aussi remarquera-t-on un peu plus d'arbitraire dans la manière de fixer les rapports, et comme un parti pris de faire de chaque nombre un emblème.

Un est le signe de la Divinité, en tant que Dieu est seul. Rom. 3, 29. Gai. 3, 20. Epb. 4, 3-8. Hébr. 2, 11.

Deux est, suivant quelques-uns, le signe naturel de l'opposition et du combat. « Considère les œuvres du Très-Haut. Deux, deux. Un contre l'un. Toutes choses sont par couples, un contre un. » Sirach 33, 16. 42, 25. Dans la magie, le nombre deux était celui des êtres déchus de l'unité, du téméraire et du méchant. Mais dans l'Ecriture il n'en est point ainsi, le mariage est une véritable communauté, et une parfaite réunion qui complète chacun des époux par l'autre.

Jésus envoya les douze deux à deux. — Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre. — Deux labiés de la loi. — Deux témoins. — Deux prophètes. — Deux oliviers. — Deux chandeliers. — Deux ailes. — Deux cornes. — - « Deux valent mieux qu'un.» Eccl. 4, 9-12.

Trois est le vrai chiffre de la Divinité, le nombre de l'union opérée entre l'unité et la diversité, Apoc. 1, 4. 8. 1 Jean 5, 7., cf. Eccl. 4, 12.

Quatre. Le nombre du monde entier en tant

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que créé. C'est plus particulièrement un nombre des choses qui concernent la terre, mais surtout celui de l'humanité réconciliée sur la terre. — Quatre monarchies. — Quatre vents de la terre. — Quatre coins de la terre. — Quatre anges. Zach. 2, 6. Dan. 7, 8. Apoc. 7.

Ce nombre et le nombre trois offrent deux divisions du nombre sept, ordinairement assez distinctes dans l'Apocalypse.

Cinq est un nombre relalivement petit. Lév. 26, 8, cf. Jos. 23, 40. Es. 30, 47. Comme suivant le nombre quatre et précédant le nombre six, il tend à un accomplissement.

Six est un nombre qui, dans deux cas remarquables, complète le mal extérieur et intérieur avant que la purification ait lieu. Lév. 42, 5. Apoc. 43, 48. Ce nombre est comme un signal qui annonce ce qui suit définitivement.

Sept. Ce nombre se rapporte, dans l'A. T., à des relations morales : sanctification, salut, paix, joie. Le septième mois avait trois fêtes ; le sabbat était le septième jour; la septième année était l'année de relâche; le jubilé revenait au bout de sept fois sept ans; les aspersions par sept fois. Ce nombre se compose de trois et de quatre par addition, par superposition, et forme ainsi un tout indivisible, composé de deux chiffres, dont l'un est celui de la Divinité, l'autre celui de la création. Expression de l'alliance de Dieu avec son peuple. Nombre de la perfection, de la plénitude intérieure. Dieu et l'humanité réunis en un.

Sept indique, dans le N. T., la plénitude, la perfection, l'harmonie.

Il y a, dans l'Apocalypse, sept épîtres à sept Eglises, sept chandeliers, sept étoiles, sept anges, sept esprits, sept yeux, sept cornes, sept lampes, sept années, sept attributs dans la louange, sept tonuerres, sept sceaux, sept trompettes et sept coupes.

Chaque nombre sept, lorsqu'il est détaillé, se divise en trois et quatre, ou en quatre et trois; le point de division étant toujours indiqué d'une manière ou de l'autre, sans altérer l'ensemble.

Chaque nombre sept des sceaux et des trompettes offre ceci de remarquable, qu'il renferme en lui-même un nouveau développement de sept autres choses. Et c'est par les sept coupes « que s'accomplit la fureur de Dieu. » Cela donne vingt et une espèce de jugements, ou sept multiplié par trois. C'est la bénédiction, résultat de l'intervention de Dieu.

Satan emploie ce nombre dans ses contrefaçons. (42, 3.)

Il y a une très grande différence entre sept et douze. Sept se compose de trois plus quatre ; c'est une addition, une fusion intime. Douze se compose de quatre multiplié par trois; c'est

une multiplication, une bénédiction de l'inférieur par le supérieur.

Si l'on examine le nombre sept tracé par des lignes qui forment un triangle superposé à un carré, on verra que l'ensemble ne forme que six lignes, décrivant un édifice solide, dans lequel les nombres trois et quatre se confondent.

Huit. Quatre plus quatre. La réunion du nombre extérieur et intérieur, du monde actuel et corporel; mais en action et en réaction, b circoncision se faisait le huitième jour. Luc 2, 21. Les fêtes prolongées étaient généralement de huit jours. Le huitième jour, lendemain du sabbat, est toujours celui de la résurrection. Le lépreux était réintégré le huilier jour, Lév. 44, 23. C'est le premier jour de la nouvelle semaine. Millenium.

Meuf. Ce nombre me parait n'être jamais employé symboliquement. Etant un multiple de trois, il signifierait la divinité bénie par ellemême, ou par quelque chose de supérieur, ce qui ne peut avoir lieu. (La neuvième heure était celle de la prière, Act. 3, 4. 40, 30.)

Dix est le nombre de la plénitude manifestée dans le nombre extérieur, de même que sep! est le nombre de la plénitude intérieure, 4 Clir. 28, 45. 2 Chr. 4,7.20. 21. 4 fc. 7, 49., cf. 43. — Nombre de la communauté extérieure universelle. En tant que nombre de ! 'accomplissement extérieur, Satan l'emploie aussi dans ses contrefaçons. Apoc. 42, 3. 43, 4., cf. 2, 10.

Onze n'a pas d'emploi dans la prophétie. Comme formé de sept et de quatre, ce dernier chiffre, ajouté à celui de la perfection, donne un résultat incomplet, car ce n'est pas la bénédiction du nombre douze, ni la plénitude extérieure du nombre dix. Au point de vue moral. Malth. 26, 6. donne un serts précis et bien solennel à ce nombre, qui était aussi celui des apôtres après la lin de Judas, Act. 4, 26.

Douze. Quatre multiplié par trois. Nombrt annonçant la plénitude terrestre. Bénédicte de l'humanité et du monde matériel. Il y J douze heures au jour, Jean 4 4,9. Douze tribus Douze apôtres. La multiplication est une bénédiction du supérieur à l'inférieur, qui lai»»* subsister ces différences, mais qui n'offre p la fusion intime de l'addition que j'ai signalée au nombre sept. Les nombres quatre, douze, et

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ses multiples vingt-quatre et eent quarantequatre mille, expriment, pour les choses groupées sous ces chiffres, un caractère de bénédiction en rapport avec la rédemption du monde.

Le nombre mystérieux de la Bêle, Apoc. 4 3, 47. 18., a naturellement donné naissance aux suppositions les plus variées, et aux recherches les plus curieuses. De même que l'Apocalypse est tout ensemble une révélation et une énigme, de même ce chiffre étrange est destiné à cacher et à révéler à la fois un nom que l'ai ôtre hésite à prononcer trop clairement, et qu'il veut cependant faire connaître aux chrétiens. Ici est la sagesse, dit-il, pour tixer l'attention de ses lecteurs, et pour leur insinuer qu'il y a là quelque chose à deviq'er, un exercice d'intelligence à faire. Dès les temps les plus anciens, on a compris que le nom caché par l'apôtre devait, par la valeur des lettres qui le composent (les lettres en grec et en hébreu ont toutes une valeur numérique), former le total de GGG, ou de Cl 0, d'après une version moins autorisée. Celte opération, bien connue des Juifs, et spécialement des rabbins, sous le nom de Guemalria, était assez souvent employée pour que Jean fût sûr d'être compris des Juils palestiniens auxquels il s'adressait plus directement, et ceux-ci à leur tour devaient chercher dans les habitudes de leur langue et de leur alphabet le nom redoutable que Jean leur présentait comme le mystère d'iniquité, l'image de l'Aniichrist. Les Pères ont compris, ainsi que l'Eglise de tous les temps, que le nom mystérieux devait, par l'addition de ses lettres, fournir le nom de la Bête, mais ils ont oublié que ce devait être en même temps un nom d homme, et que c'était dans l'alphabet hébreu que les Hébreux devaient le chercher. De là tant d'essais infructueux faits jusqu'à ce jour, à tel point qu'il est bien peu de noms, considérés comme ennemis du christianisme ou de l'Eglise, dans lesquels, avec un peu de bonne volonté, on n'ait pas réussi à trouver le chiffre cabalistique, en grec, en latin, eu hébreu, en arabe, en fiançais, en allemand, etc. jrênée, le premier, a proposé pour solution le mol latin, en grec AûccîÎvs;, dont les lettres, considérées comme chiffres, donnent en effet, par l'addition, GGG. Plus tard, on a proposé Genséric, Tcv^sp-xo;. Innocent III y a vu Mahomet, changeant le nombre d'homme en nombre d'années, et fixant à 666 ans le règne du faux prophète. On a trouve ce chiffre dans la fameuse inscription PAVLO V. VlCEDEO, qui se lisait en tête des iheses dédiées au pape Paul V, et dont les lettres, celles qui ont une valeur en chiffres (VLVV1CD) représentent le même nombre, Bossue l y vil le nombre de Diocletien bioCLes aVglstls (Diodes Àugustus). On y a trouvé encore le uom

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de Romain (hébr. Roumilb), celui de Luther, en écrivant Loullhr, celui de Napoléon, elc. Un vieillard plus qu'octogénaire, et qui a fait de sérieuses recherches sur la Parole de Dieu, a cru reconnaître ce chiffre dans celui de nos rois de France qui, depuis Louis XI, ont porté le nom blasphématoire de rois très chrétiens : il estime qu'il en doit être li ni de ce nom comme uom de rois, et que la France contribuera puissamment à la chute du papisme officiel, comme pour collier celui qui, eu dotant ses chefs de ce nom de blasphème, les a poussés à commettre tous les crimes, el à persécuter les saints de Dieu. Le nom de Louis, en latin LVDoVICVs, donne en effel par la somme de ses lettres considérées comme nombres, le total G66. Les huit rois, Apoc. 47, 10. sq., qui devaient donner leur puissance au papisme, seraient : Louis XI, Louis XII, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis XVII, qui u'a pas régné, mais qui n'en est pas moins compte dans l'ordre de succession (c'est le sept ième, celui dont il est dit : il faut qu'il demeure peu}, el enfin LouisXVHI. — Mcnlionnons encore ceux qui ont voulu, comme Innocent 111, voir dans GGti des années; Luther comptant à dater de Grégoire. YJI (4 073) , et prédisant la chute prochaine du papisme ; Bengel fixant au 18 juin 4836 le commencement du millènium ; Zuilig cherchant dans le chiffre 066 une allusion à « Balaam, fils de Béhor, le devin,» Jos. 13, 22., où nous retrouvons le même total, mais en négligeant trois lettres de l'hébreu, deux Vau et un He^ Hengsteuberg enfin, rappelanl que, Esd. 2, 4 3., les enfanls d'Adonikani (le Seigneur s'élève, cf. 2 îhessf 2, 4.) sont au nombre de G66, ce qui s'applique à la fois au mystère d'iniquité et à ta bêle de l'Apocalypse ; il ajoute encore que 6G6 c'est le G dans son plus entier développement, et que le 6 est inférieur à 7, ia perfection divine, et qu'il n'est que la moitié de 4 2, symbole de l'Eglise.

Toutefois, à mesure que les explications prenaient un caractère plus étrange el dégénéraient en joules d'esprit, une réaction s'opérait au nom du bon sens, et l'on en revenait aux circonstances dans lesquelles fut écrite l'Apocalypse, aux dangers immédiats que courait l'Eglise, aux ennemis qui la menaçaient directement à l'époque de Jean, au fait que son livre était une révélation, mais adressée aux intéressés seulement, aux descriptions claires ef précises qu'il renferme el qui doivent jeler du jour sur les détails obscurs et difficiles; ou se rappela la ville aux sept montagnes, la dominatrice du monde, la iradilion constante de l'Eglise qui fait de Home le cent te charnel el visible de la lutte entre le Christ el l'Aulicbiist, et I on comprit que c'était sur ce point uu.iquç qu'il importait de concentrer ses efforts et ses

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recherches. Déjà en 4781, Corrodi, de Zurich, pensait à Néron. Eichhorn («791 ) acceptait la racine hypothèse; Ewald (1828), pariant de la variante 61 6, trouvait César de Rome en hébreu. Enfin presque au même moment MM. Fritsehe, de Roslock, Hilzig, de Zurich, Bénary, de Berlin, et Reuss, de Strasbourg, trouvaient dans le nom de César Néron la solution qui semble aujourd'hui généralement acquise à la scienc e : le nom de cet empereur IDp donne, en effet, par le calcul guématique le résultat suivant :

Et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est ■que cette solution donne en même temps la clef de la variante 616 qu'on trouve surtout dans les manuscrits occidentaux ; les latins, au lieu de dire Néron, disaient Néro, et comme ils connaissaient par la tradition le nom terrible caché sous le chiffre mystérieux, ils avaient à retrancher la valeur 50 représentée par la lettre N, et 666 était par eux réduit à 616. — On lira avec fruit sur ce sujet doux articles de M. Réville, intitulés Néron l'Antichrist (Rev. de Thëol., t. XI, 1855), ainsi que le travail de M. Reuss, dans sa Theol. Apost. Cette solution, nous paraîtrait irréfutable et complète si ces deux théologiens ne la considéraient pas comme épuisant la question; mais d'après l'analogie des prophéties, d'après ce que toute l'Ecriture nous dit de l'Antichrist et de l'homme de péché, d'après le coup d'œil jeté sur l'avenir et sur les derniers temps de l'Eglise, il reste évident que la Béte ne s'est pas encore pleinement manifestée, et que ses efforts pour abrutir l'humanité et lui ôier sa foi ne sont pas encore arrives au point extrême où elle justifiera de toute manière le nom que l'Ecriture lui donne et le chiffre sous lequel elle le désigne.

2° Livre des Nombres, ainsi nommé parce que ses trois premiers chapitres contiennent les dénombrements des Hébreux, qui se firent après la consécration du tabernacle. Les Hébreux l'appellent Vayedabber (et il parla), d'après les mots par lesquels il commence, ou Bammidbar (dans le désert), parce qu'il renferme l'histoire des trente-neuf années que les Hébreux passèrent au désert après la promulgation de la loi, entre le Sinaï et les plaines de Moab. Ce dernier titre est significatif. « Dans le désert! » H dit quelque chose aux protestants français. Il explique aussi je caractère mélancolique du livre, soit que l'auteur ait écrit sous l'impression des plaines arides dans lesquelles il vivait avec le peu-

ple, soit qu'il ait eu davantage sous les yeux la sentence portée contre la nation, condamnée à périr tout entière dans ces solitudes. A l'exception de 16 et 17 (la révolte de Coré, et la verge d'Aaron), tous les faits racontés dans tes Nombres se rapportent à la seconde ou à la dernière année du voyage, et le silence de plomb qui |ièse sur les 37 années intermédiaires, est aussi triste que les détails fournis par l'historien sur les années plus abondantes en événements divers. Pendant les 3T années, il semble que la vie nationale, thèoeratique soit suspendue : le peuple n'a plus qu'une chose à faire, mourir, et céder la place à une autre génération. — Il \» peu de chose à dire sur la composition du Iftrt des Nombres; on a cherché naturellement à le morceler, on y a vu tout ce qu'on a voulu, des intercalations, des mythes, des fables, des exagérations. L'évêque anglais Colenso vient de se faire une facile réputation, en reproduisant les objections puériles que le siècle dernier avait élevées contre plusieurs des faits consignés dans ce livre : il a eu le fAcheux honneur d'être applaudi par les incrédules de France et d'Allemagne, qui ont regardé comme une bonne fortune la complicité d'un dignitaire ecclésiastique, niais il a eu beau rajeunir de vieilles objections, il ne les a pas rendues plus solides pour cela. S'il n'admet ni les quarante années, ni les miracles du désert, Jésus et les apôtres les ont admis, et cela suffit au chrétien. Quant aux détails, ils ont été réfutés à l'avance par Haevernick (Einl. in dus A. T.), et M. A. de Mestral annonce un prochain commentaire qui devra nécessairement en tenir compte, v. Pentaleuque.

Le livre des Nombres se divise en trois parties principales. 1° Ch. 1-11, préparatifs pour le départ, dénombrement, diverses lois et prescriptions. On y remarque surtout la bénédiction sacerdotale, 6, 22. sq. — 2° Ch. 11-21, voyage dans le désert depuis Kadès; murmures et incrédulité du peuple, châtiments, exploration du pays, rébellion de Coré, mort de Marie, les serpents brûlants, Hog et Sihon, l'arrivée dans les plaines de Moab sur les confins de Canaan.— 3° Ch. 22-36, dispositions du peuple, histoire de Balaam, recensement, récapitulation, ordonnances, guerre avec les Madianites, lois sur les héritages.

NOPH (rayon de miel), Es. 19, 13., r. Memphis : ville d'Egypte, avec des temples de faui dieux; elle comptait des Juifs parmi ses habitants, Jér. 2, 16. 44, 1. 46, 1 1. Ez. 30, 13.16-

NOPHAH, ville moabite située au delà du Jourdain, Noml>. 21, 30.

NOURRITURE. On peut voir aux différents articles quels étaient les aliments dont, parnu les Hébreux, les riches et les pauvres se servaient le plus habituellement. La loi avait jus-

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