‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 284 sur 398 · ONC · texte numérisé non relu

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d'hui, fort connue dans les climats chauds de l'Orient, et chez les peuples du midi de l'Europe, cl;ez les Grecs et chez les Romains; elle est, en quelque sorte, une nécessité de ces pays on la chaleur produit sur les corps animaux une transpiration souvent ac compagnée d'une odeur désagréable et malsajne. Si les pauvres sont obligés de supporter toujours cette incommodité, les personnes aisées ne pouvaient se dispenser, surtout lorsqu'elles donnaient des repas, ou qu'elles recevaient des personnes de distinction, ou enfin lorsqu'elles accordaient l'hospitalité à quelqu'un, de fournir des huiles excellentes à leurs hôtes, et de s'en servir ellesmêmes, Prov. 27, 9. Ez. 16, 9. Ruth 3, 3. Cant. 1, 2. Judith 40, 3. Les huiles, les graisses parfumées, les pommades, appartenaient donc aux objets de luxe, mais de luxe nécessaire, des Israélites, Eccl. 7, <|. Sapience 2, 7. fie n'était que dans les temps de deuil, dans les fêtes solennelles, et notamment au grand jour des expiations, qu'on s'abstenait de toute espèce d'onction. Dan. 10, 3., 2 San). 44, 2., cf. 12, 20. Matth. 6, 47., etc. On oignait les cheveux et la barbe (le ps. 1 33, 2. montre que cela se faisait quelquefois si richement, que 1 huile répandue ruisselait jusque sur les vêtements); les mains, le visage, quelquefois les habits et les lits, étaient oints de la même manière, et, lorsqu'on voulait donner à quelqu'un une grande marque de respect ou d'affection, l'on allait jusqu'à oindre ses pieds, Ps. 45, 8. Prov. 7, 47. Jean 42, 3. Luc 7, 38. 46. v. ailleurs ce qui regarde l'onction des malades, Marc 6, 13. Jacq. 5, 4 4., et celle des boucliers, 2 Sam. 4, 2t. Les prêires, quelquefois les prophètes, 4 R. 49, 46., et les rois, même des rois païens, étaient ordinairement consacrés par l'huile aux fonctions qui leur étaient conférées. Les ustensiles du lieu sajnt des Hébreux avaient été inaugurés de la même manière, avant d'être mis en usage, Ex. 30, 26.

Les parfums dont on se servait étaient quelquefois, mais rarement, simples, tels que l'huile de nard ; le plus souvent ilsse composaient d'un mélange d'huile d'olive fine, et de quelque autre produit odoriférant, indigène ou étranger, huile ou résine, tel que du nard, de la mvrrbe, etc., Mich. 6, 45. Deut. 28, 40. Ez. 27, 22. 1 U. 40, 10. En général, de pareils parfums étaient fort chers, Arn. 6, 6., et prouvaient un graud luxe et une grande richesse chez leurs possesseurs; les rois avaient des cabinets de parfumeries, comme ils avaient des garde-robes et des arsenaux, Es. 39,2. C'étaieut surtout les Phéniciens qui faisaient ce genre de commerce; ijs expédiaient presque toujours leurs parfums et leurs huiles dans des flacons d'albâtre, estimés ceux qui conservent le mieux, le pins purement et le

ration de ces huiles exigeait qne certaine habjr letè, et l'on trouve do bonne heure des hommes qui faisaient de ce travailleur métier, Ex. 30, 25. 35. Eccl. 4 0, 1. Cant. 3, 6.; les lïcjies avaient des esclaves habiles dans l'art de faire des parfums, 4 Sam. 8, 13.

De toutes les bujles, la plus précieuse était celle du sanctuaire, l'huile pour Ponction sainte, dont on oignait les prêtres et les vases sacrés,. Il était interdit de s'en servir pour des usages particuliers; sa composition est indiquée Ex. 30, 22. sq. (cf. 35, 15. 37, 29. Nomb. 4, 16.). Ez. 23, 41., reproche aux Juifs l'emploi qu'ils ont l'ait sur leurs tables des parfums de l'Eternel, et de l'huile sainte du tabernacle.

ONÉSI31E (probable), esclave de Pbilémon. S'étanl enfui d'auprès de sou maître, la curiosité peut-être, ou le repentir, le conduisit vers saint Paul, qui était alors prisonnier, probablement à Cêsarée, et il fut converti par la prédication de la Parole. Dès lors, honoré par l'apôtre d'une tendre affection, Onesime reconnut, par des soins et des services, le bien que saint Paul lui avait fait; mais ces soins ne pouvaient pas durer longtemps : Onesime, devenu chrétien, devait retourner auprès de sou maître, et reprendre les chajues qu'il portail avant sa conversion. C'était s'exposer à de mauvais traitements, surtout si, comme on peut le conclure de quelques versets, Pliiléin. 48. 4 9., l'enclave,, en s'enfqyanl, avait volé son maître (peut-être aussi ces paroles ne se rapportent-elles qu'au tort que l'absence prolongée d'un esclave devait causer à son propriétaire). Toutefois, le chrér tien n'examine pas les conséquences que peut avoir la réparation d'un tort ; Paul est sans ménagement pour son ami; Onesime lui-même ne regarde pas au danger, mais au devoir. Il part, accompagné de Tychique, porteur d'une lettre à Philciuon, dans laquelle Paul recommande l'esclave à l'indulgence du maître. Les deux voyageurs sont en outre chargés de lettres pour les Eglises d'Ephèse et de Colosses. On peut croire qu'Onésime obtint facilement son pardon demandé par saint Paul, et que le fer rouge dont les anciens marquaient les esclaves fugitifs ne passa pas sur sou front. — Onésime était de Colosses, comme on le voit par la comparaison des textes Philém. 4. 2. Col. 4, 9. 47. (Serin, de Rochalj. — La tradition ajoute qu'il fut affranchi, que saint Paul le consacra lui-même évéque de Rerée en Macédoine, et qu'Oiiésiue finit par souffrir le martyre à Rome. Dans lechap. 4 de la lettre d'Ignace aux Ephesiens, il est fait mention d'un Onésime, évéque d'Ephèse et successeur de Timothée, mais rien n'oblige à croire qu'il s'agi>se là de l'enclave de Pbilémon. ONÊSIPHOUE (qui porte du profit), Adèle

plus longtemps, les odeurs délicates,. La prépa- 1 d'Ephèse , ami de saint Paul ; étant venu à

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Rome, soit pour des affaires de commerce, soit pour d'autres affaires particulières , il chercha I apôtre avec grand soin jusqu'à ce qu'il l'eût trouvé. Ii ne faut pas conclure de la peine qu'eut le disciple à trouver l'Apôtre, que celuici eût été jeté dans une misérable prison, dans un cachot secret ; on peut, sans cette hypothèse, comprendre qu'en arrivant de l'étranger dans la vaste ville de Rome, Onésiphore n'ait pu trouver facilement le prisonnier qu'il cherchait, et dont le délit n'élait pas de nature à le faire classer dans une prison d'un ordre particulier. On a voulu conclure aussi de 2 Tim. 4, 46., cf. v. 48. et 4, 49., qif Onésiphore était déjà mort au moment où Paul écrivait sa lettre : mais il est fort possible qu'Onésiphore ne fût pas encore de retour à Ephèse, et cela expliquerait pourquoi Paul ne salue que sa famille, en même temps qu'il lui adresse indirectement des remerciments pour l'affection que son chef lui a témoignée. A supposer même qu'Onésiphore fût mort, le passage 4 , 48. ne justifierait ni le droit, ni le devoir de prier pour les morts, tel que l'enseigne l'Eglise romaine; car prier pour les morts, c'est demander qu'une personne morte dans la foi, mais dont les œuvres n'ont pas été suffisantes pour la laver entièrement, puisse passer du purgatoire au ciel, tandis que l'Apôtre parle ici d'un homme qui a eu la foi, et qui par ses œuvres en montre la réalité : ces paroles n'expriment donc que la reconnaissance de Paul qui, ne pouvant récompenser Onésiphore, prie Dieu de le faire selon sa promesse, ce qui est tout à fait conforme à la doctrine de Christ et des apôtres, cf. Matth. 5, 7. 25, 36. 39. 40. Jacq. 2, 43.

ONO (sa force), ville bâtie par les Benjamites, 4 Chr. 8, 42., et habitée par eux après l'exil, Néh. 44, 35. Dans ces deux passages elle est immédiatement précédée du nom de Lod(Lydde), cf. aussi Esd. 2, 33. Nèh. 7, 37., ce qui fait penser qu'elle était située dans son voisinage, et que la vallée d'Ono était une continuation de la plaine de Saron.

ONYX. C'est ainsi que saint Jérôme, nos versions et beaucoup d'autres, de même que Michaëlis, Eichhorn, etc., traduisent l'hébreu shoham, Gen. 2, 42. Ex. 28, 9. Job 28, 46. Ez. 28, 43. Onkélos et les autres targummim le rendent par béril, de même que les Septante; Reland et Calmet le traduisent par émeraude. Tout ce qu'on peut dire sur celte pierre n'est qu'incertitude et hypothèse. L'onyx est une espèce d'agathe ravée de blanc et de noir, par bandes ou par zones, et comme ce blanc tire sur la couleur de l'ongle, on lui a donné le nom d'onyx ou ongle. L'onyx était la onzième pierre du pectoral du grand-prêt re : sur deux pierres d'onyx étaient gravés aussi les noms des douze

tribus. Par extension , le nom d'onyx a pu signifier un vase ou flacon de cette matière, comme dans ces paroles d'Horace, nardi parvus onyx.

i° Le même mot est employé dans un autre sens, et comme traduction de l'hébreu shehheleih,Ex. 30, 34. Saint Jérôme d'après les Septante le rend par ongle aromatique; d'autres par laudanum; d'autres, comme Bocharl, par bdellion. L'onyx marinus, blalta Byzantia, est un coquillage univalve semblable au poisson à coquille nommé purpura : le nom d'onyx lui a été donné à cause de la couleur de sa coquille, qui ressemble à la teinte rosàtre de l'ongle. On le pèche dans les marais de l'Inde où croit \e spica nardi dont cet animal se nourrit, et c'est ce qui rend son écaille si odorante : on va recueillir ce coquillage, lorsque la chaleur a desséché les marais : les Indiens, les Perses et les Arabes en font l'un des ingrédients principaux d'un parfum extrêmement estimé. Le meilleur onyx se trouve dans la mer Rouge; il est blanc et gros : le babylonien, au dire de Dioscoride, est moins estimé; il est noir et plus petit.

3° Yahalom, Ex. 39, 40. Ez. 28, 43. v. Sardonyx.

OPHIR, Gen. 40, 29., pays peuplé par des Joktanides (qui habitaient pour la plupart des districts de l'Arabie), et à destination duquel Salomon faisait partir, des ports édomiies, des vaisseaux qui ne revenaient qu'au bout de trois ans, chargés d'or, de poudre d'or, de pierres précieuses, d'argent, de singes, de paons, et de bois précieux, 4 R. 9, 28. 40, 41.; cf. 22. 49. 2 Chr. 9, 40-24. L'or d'Ophir était regardé comme le plus pur et le plus tin qui existât, Job 28, 46. Ps. 45, 40. Es. 43, 42.

Les interprètes sont loin d'être d'accord sur la contrée désignée sous le nom d'Ophir, et il est difficile de se prononcer au milieu des différentes opinions qui s'appuient toutes sur des arguments plausibles, mais dont aucune ne peut offrir de preuve décisive. Le nom d'Ophir se trouve treize fois dans la Bible, mais seulement six fois avec une vague désignation de lieu, ou plutôt trois fois, puisque les autres sont des passages parallèles.

Quelques-uns ont cherché Ophir en Amérique, et notamment dans l'île nommée Espagnole (Haïti) par Colomb; on sait qu'en parlant de l'or de celte île il avait coutume de dire qu'il avait trouvé l'or d'Ophir. D'autres prenneat Ophir pour le Pérou, à cause de l'or de Parvaîm, 2 Chr. 3, 6. dont les consonnes semblent en hébreu rappeler l'or du Pérou. Cette manière de voir, quelque peu anticipée, n'a guère pour partisans que les Jésuites ses auleurs, Postel, Génébrard, Vatabre. Elle s'appuie sur l'abondance de certaines mines d'or de l'Amérique.

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