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voyage de Suez à Jidda. — Il résulte de ces observations, que si les produits retirés d'Ophir ne peuvent servir à faire reconnaître ce pays, sa dislance elle-même reste problématique; il faut donc s'en tenir à son nom et à ce que la tradition nous donne comme le plus probable. Sous ce rapport, nous nous rapprocherons volontiers de l'opinion de Bocliart, modifiée par Heeren et quelques autres modernes. Bochart croit que le nom d'Ophir a été donné à deux pays dont l'un serait l'Arabie, l'autre les Indes. Heeren prend Ojthir comme un nom général désignant les riches contrées des côies méridionales de l'Arabie, de l'Afrique et des Indes; Volney compare l'île d'Ofor à l'entrée du golfe Persique ; Lassen pense à l'embouchure de l'Indus où vivait, d'après les auteurs indiens, le peuple des Abshira. Il est possible qu'Ophir, lils de Joktan, se soit établi en Arabie, et que parmi ses descendants il y ait eu des émigrations et des colonies fondées par eux dans les Indes, à Oeylan, peut-être plus loin encore. Si l'on pouvait établir l'authenticité de plusieurs fragments de Sanchonialhon, découverts il n'y a pas longtemps, la question ferait un grand pas; on y lit, en effet, le récit d'une expédition faite par Joram (Hiram), roi de Tyr, et Irenius (Salomon, roi de paix), roi des Juifs, vers une île fort éloignée qui, d'après les caractères indiqués et la comparaison de Pline 6, 24., ne peut être autre que Taprobane ou Ceylan; et Heeren, dans un article spécial sur celte l e, a montré quelle a été son importance dans l'histoire du commerce de l'ancien monde. .Malheureusement ces fragments de Wagenscil sont tout simplement l'œuvre d'un faussaire.
Indiquons encore, avant de terminer, l'opinion qui cherche Ophir en Espagne, celle qui le place à Cartbage (qui n'a été fondée que longtemps après Salomon ) , et la peine que Calmet se donne pour établir (avec Eustache d'Antioche), qu'Ophir était dans l'Arménie, dont l'une des quatre parties s'appelait Sophara sous Jusiinieu; quoi qu'on pense de son point de vue, on peut lire avec fruit sa dissertai ion sur ce sujet.
OR. v. Métaux et Monnaie.
ORACLE. 4 R. 6. 5. ». Temple.
ORCUIS. v. Mandragore.
ORGE (hordeum)de la famille des graminées; hébr. sehorah. Les Egyptiens et les Hébreux cultivaient en assez grande abondance ce genre de céréales et notamment l'orge à six rangées, Ex. 9, 3t. Lév. 27, 16. Deut. 8, 8. Rulh. 2, 17. 2 Sam. U, 30. 2 Chr. 2, 10. 45. Es. 28, 25. Jér. 41, 8. Joël 1, 41. Les orges se semaient en automne et se moissonnaient au printemps, au mois d'abib (mars, avril), presque aussitôt après la féle de Pâques; déjà le lendemain de
Pâques on en offrait au temple les prémices qu'on allait cueillir exprès dans les champs, Lév. 23, 10-12. 2 Sam. 21,9. Ruth 1, 22. L'orge est de lous les grains le premier mûr, et l'on voit que lorsque la grêle tomba sur l'Egypte à la voix de Moïse, l'orge fut perdue parce qu'elle commençait à former son épi, tandis que le blé et les grains plus tardifs ne furent pas endommagés parce qu'ils étaient encore en herbe, Ex. 9, 34. Les rabbins appelaient l'orge la nourriture des animaux, parce qu'on en nourrissait en effet les chevaux et les ânes, 1 R. 4, 28., comme on peut le voir aussi dans Homère. C'était, en tout cas, la nourriture des pauvres, une nourriture commune et peu estimée, citée Ez. 13, 49., comme exemple d'une denrée vile et de petite valeur; v. enrore Rulh 3, 15. 4 R.4, 22. 2 Sam. 17, 28. Jean 6, 9., où l'orge apparaît comme l'un des produits les plus abondants de la Palestine, l'un de ceux qui se pouvaient exporter le plus facilement sans danger pour les consommateurs. Chez les Romains, do pain d'orge était donné aux soldats comme punition, Tile-LIve, 27, 43.; les gladiateurs s'appelaient hordiarii parce qu'ils se nourrissaient d'orge; les Arabes du Maroc ne mangent encore que du pain d'orge, et s'il est inférieur au blé, on ne doit pas non plus exagérer sa grossièreté comparative.
ORGUES, Gen. 4, 21. v. Musique 2°.
ORIENT. Les Hébreux appelaient ainsi d'une manière spéciale les districts de l'Arabie qui les avoisinaient à l'est et au sud-est, Gen 25, 6., et d'une manière générale les différents peuples ou peuplades situés plus à l'esl, ainsi les Ha malécries et les Madiauiles, Jug. 7, 42. ; ce nom pouvait même comprendre l'Arabie entière et les districts araméens de la Mésopotamie, 4 R. 4, 30. Gen. 29, 4. Matth. 2, 4. 9. (Job 23, 8., il fiul traduire à l'Orient et à l'Occident au lieu de en avant et en arrière). Quelquefois il se prend comme chez nous, si;i plement pour exprimer la direction, Gen. 2, 8. 4 2, 8. 3, 24. Job 23, 8. Les lils de l'Orient, ou Orientaux, désignent assez ordinairement les bédouins du désert, Job 4, 3. Es. 11 , 14. Jér. 49, 28. Ez. 25, 4. 1 Chr. 5, 9. Jug. 6, 3., etc.; de là, les montagnes d'Orient, Gen. 10, 30. Nomb. 23, 7., peuvent signifier tantôt les montagnes de l'Arabie, tantôt celles de la Mésopotamie on d'autres encore. — Le sens de ce mot est phs diflicile à expliquer, Es. 2, 6. : «Ils se sont remplis d'Orient. » Le prophète se plaint des superstitions idolâtres auxquelles se sont adonnés les Juifs, et l'Orient se rapporte, soit aux superstitions orientales on gênerai, soit plus particulièrement au culte des astres venu de la Caldée, des Syriens et des Babyloniens.
OR10N. t>. Astres. Les Orientaux se le
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présentaient comme un géant enchaîné, comme un fou qui aurait voulu attaquer Dieu, et se serait fait mellre les reps aux pieds, cf. Prov. 7, 22. Les Perses ajoutent que ce géant était Nimrod. Quelques rabbins traduisent par Canopée l'hébreu K'sil, Job 38, 31., que nous rendons p.ir Orion.
ORME, Es. 41, 19. 60, 13. C'est par ce mot que nos versions traduisent l'hébreu theashur ; on peut voir à l'article Buis, le sens que nous avons eru devoir lui donner avec Winer, Haevernick, etc. Le passage d'Ez. 27, 6., dans lequel nos versions, trompées par les mots balhasburim, font intervenir la troupe des Assyriens, doit, en conséquence de ce que nous avons dit à l'art. Buis, se traduire : « Ils ont fait les rames de chêne de Basan; ils ont fait tes bancs (ou tes vergues, ta mature) d'ivoire incrusté dans le buis des lies de Killim. » — L'ashurim rappelle le theasbur , avec unt nuance qui se trouve, non-seulement dans le mot lui-même, mais surtout dans la circonstance relevée par Daevernick, que l'ashurim était un arbre étranger à la Palestine, indigène et abondant dans l'île de Chypre. La traduction de ce mot par pin de Chypre, est appuyée parce que dit Théophrasle dans son histoire des Plantes (5, 8.), que les Syriens et les Phéniciens se servaient de cèdre pour l'équipement de leurs vaisseaux, parce qu'ils n'avaient pas de pins, tandis que les habitants de Chypre se servaient des pins qui croissent dans leur lie, plus nombreux et meilleurs qu'en terre ferme. — 11 n'est, du reste, pas question d'orme dans la Bible.
OUNAN, le même qu'Arauna, q. v.
ORTIE, Prov. 4, 31. Sopb. î, 9. L'ortie commune, urtica dioïea, est fort répandue en Asie, ainsi que deux autres espèces, urtica merobranacea, et uriica pilulifera, qui possèdent les mêmes propriétés. Celte plante est l'image na turelle de la désolation. La cuisson qu'elle pro voque est beaucoup plus douloureuse dans les pays chauds que dans nos climats tempérés
OSÉE (délivrance). 1° c. Josué. 2° Dernier roi d'Israël, v. Hosée. 3° Le premier en rang des douze petits prophètes, et aussi l'un des trois plus anciens dans l'ordre chronologique. Quant à sa personne, tout ce que l'on en sait, c'est qu'il était fils d'un certain Bééri qui est lui-même complètement inconnu. L'ingénieux rapprochement de ce nom avec celui de Béera, Rubénite, 1 Chr. 5, 6., ne peut rien démontrer. On ignore même si Osée appartenait au royaume de Juda ou à celui des Dix tribus; les arguments pour ou contie ces deux hypothèses se conlre-balancent à peu i>rès, comme le font remarquer Winer et De Wette; cependant, l'opi
se justifierait plutôt par les considérations suivantes, développées par Hœvernick (Eml., iï,
de
§ 334). D'abord il est rare qu'un prophète de
nion qui fait d'Osée un sujet du roi d'Israël,
Juda ait été envoyé auprès des Dix tribus; les seuls exemples connus sont ceux de 1 R. 13, Am. 7, et, dans ces deux ras, il y a, en quelque sorte une justification, une explication de ce fait, ce qui n'a pas lieu pour Osée. Puis le langage de ses oracles, un peu rude et semé d'araméismes, semble indiquer que l'auteur appartenait aux districts septentrionaux de la Palestine. Enfin, la connaissance détaillée qu i) possède des diverses localités du royaume schismatique, 5, 1. 6, 8. 9. 12, 12. 14, 6., etc., et surtout certaines expressions, comme Je pays, 1, 2., notre roi, 7, 5., ne s'expliquent guère que dans la bouche d'un natif du pays, d'un sujet de Jéroboam II.
Le temps auquel vécut Osée est indiqué dans le premier verset de son livre , qui sert de titre a tout le recueil. Il a prophétisé sous le règne des rois de Juda, Hozias, Joiham, Achaz et Ezéchias, et du roi d'Israël Jéroboam Jl. Les époques extrêmes de son ministère ont donc été Jéroboam qui mourut 769 av. C., et Ezéchias qui monta sur le trône en 725, ce qui constitue une activité prophétique d'au moins soixante années; si l'on prend, au contraire, pour extrêmes l'avènement de Jéroboam et la mort d'Ezéchias, on atteint le chiffre de cent quatorze ans; mais il est clair que la vérité est entre ces deux nombres. Sous ce rapport, Osée rappelle Jérémie et Daniel, qui commencèrent dès leur jeune âge, ej poursuivirent, pendant leur longue carrière, leur laborieuse mission. Osée et Jérémie apparaissent comme les anges gardiens de leur patrie, se voilant la face parce que leurs paroles ne peuvent réveiller leurs compatriotes, ni les sauver de la destruction qui les menace.
Osée vivait pendant l'époque la plus sombre de la politique d'Israël. Avec Jéroboam, la maison de Jébu se précipitait vers sa ruine. Des troubles intérieurs, des attaques du dehors sous Phul et Tiglath-Piléser, menaçaient I indépendance et l'existence même du pays. Après la chute de la maison de Jéhu, sous Zacharie, quelques aventuriers heureux, Sallum, Manahem, Pëkach, réussirent à s'emparer, les uns après les autres, du trône, mais sans pouvoir tenir les rênes de l'Etat, qui cuit réellement livré à l'anarchie, sous l'apparente de la royauté. Au point de vue religieux, les Ephraïmitcs faisaient au prophète la position la plus difficile; s'ds < ussr-nt été complètement idolâtres, Osée eût pu directement s'élever en témoignage contre leur abandon du vrai Dieu ; si, tout en se livrant aux désordres de la vie, de la chair et du péché, ils eussent conservé, pur et sans mé-
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lange, le culte de l'Eternel, le prophète eût pu en appeler de leurs œuvres à leur foi, et les convaincre de péché par leur propre profession ; mais ils avaient adopté un mélange philosophique de judaïsme et de p-iganisme, un amalgame du culte de Bahal avec la religion de leurs pères, qui les relevait à leurs propres yeux, les endurcissait dans leur demi-erreur, et semblait leur permettre de croire que, pourvu qu'ils restassent attachés a l'Eternel, il n'était point nécessaire qu'ils renonçassent au culte de Bahal el des veaux de Dan et de Bélhel. Dans la supposition la plus favorable, Osée ne pouvait leur apparaître que comme un enthousiaste, un fanatique bien Intentionné. — Les mœurs devaient naturellement se ressentir et de l'anarchie politique, et de l'apostasie religieuse. La puissance que le royaume avait un instant recouvrée sous Jéhu, n'avait servi qu'a frayer la voie à tous les vices : en s'enrichissanl, le peuple s'était corrompu; avec le relâchement des liens civils, les autres liens s'étaient également relâchés; la religion n'avait plus d'influence sur les cœurs, parce que ceux qui l'avaient faite l'avaient, comme toujours, modelée sur les passions de la multitude, el façonnée au gré du grand nombre. La mesure était comble. De là le caractère particulier des oracles du prophète. S'il rappelle Amos en plusieurs passages (cf. Os. 4, 15. Am. 5, 5. Os. 5, 5. 7, 10. Am. 6, 8. Os. 10, 4. Am. b, 12. 5,7. Os. 8, 14. Am. 2, 5.), c'est comme Esaïe 2, rappelle Mit héc i ; comme 2 Pierre rappelle Jude; son individualité, son caractère ne disparaît pas sous ces rapprochements. Il ne vient pas tant pour consoler son peuple et lui ouvrir des perspectives de bonheur, que pour l'instruire, l'avertir et le censurer; car l'homme enflé de sa propre sagesse n'aspire pas vers des temps meilleurs; il faut surtout cherc her à le convaincre de l'immoralité de ses actions, afin d'en déduire clairement son appauvrissement spirituel sur lequel il se fait illusion. C'est probablement avec Osée que commence la transition de la prophétie parlée, à la prophétie écrite, et l'on a tout lieu de croire qu'il est le premier qui ail rédigé et recueilli ses oracles. Tout ch<z lui semble indiquer non le commencement d'une ère nouvelle, mais la fin de l'ancienne. Il re.-te éminemment Juif; sa mission se borne au royaume d'Ephraïm; ce n'est qu'en passant qu'il parle de celui deJuda, et, quant aux nations étrangères, il n'a rien pour elles, pas même des menât es. Des menaces seraient, en effet, déjà un avertissement, par conséquent une marque d'inlcrêl, et les prophètes postérieurs s'occupent des païens sous ce rapport; puis, après les menâtes, viennent aussi peu à peu les promesses. La transi-
tion est à la fois naturelle, intelligible, el bien appropriée aux besoins el aux préjugés des Juifs. Mais les oracles relatifs aux Gentils ne pouvaient leur être adressés de vive voix; ils devaient être écrits. Osée, en écrivant ses prophéties pour les Juifs, prépare ainsi la voie à ceux qui écriront pour Tyr, l'Arabie, el les nations les plus éloignées.
Il embrasse moins l'avenir que le présent, dont il fait un tableau varié, vivant, et remarquablement coloré. Son style lyrique est obscur el difficile, composé de phrases sentencieuses, courtes et saccadées, qui indiquent vlulût qu elles n'expliquent la pensée du prophète. H semble parler parfois en hiéroglyphes, et Von se surprend souvent à désirer qu'il développe el coordonne les idées qu'il ne présente que détachées et comme voilées.
Le recueil de ses prophéties se divise en deux parties principales : la première, chap. 1-3, esl en prose : elle date du commencement de son ministère, 1, 2., et contient l'histoire de ses rapports avec deux femmes, dont l'une, Gomer, fille de Diblajim, lut son épouse légitime, et lui donna plusieurs fils; l'autre, femme d'une conduite irrégulière, conclut avec lui un marché par lequel elle consentait à habiter dans sa maison, mais sans aucun autre rapport que celui de la protection qu'Osée lui promettait. La signification symbolique de celle double relation devait rappeler aux Juifs, d'une manière frappante, les rapports de Dieu avec eux, et leur défection représentée souvent comme un adultère dans les oracles des prophètes. Saint Augustin, Grotius, Horslcy, puis Burnier el Kougemont, acceptent comme un fait historique le récit de ce mariage, mais eu prenant Gomer plutôt comme une idolâtre que comme une courtisane, et les idolâlr. s étaient malheureusement nombreuses, même en Israël. D'autres, et dans le nombre Ca vin, scandalisés de l'interprétation littérale de ces premiers chapitres, ont voulu n'y voir qu'une simple parabole. Saint Jérôme enfin, puis Hoscnmuller, Lowih, liengslt nberg, Haïvtrniek, vont un peu plus loin, el pensent que ces laits ont dù se passer réellement, mais pas extérieurement, dans IVsprit et non dans la vie du prophète, qui raconte ici des expériences intimes, el les développe à l'usage du peuple. Nous nous bornerons à faire remarquer que si le fail lui-même était de loi/l'autre nature, on n'aurait pas eu l'idée dti» nier la réalité; qu'il s'agit pour Osée d'un mariage réel; que Gomer peut aussi bien avoir été une femme idolâtre, païenne ou juive, qu'une femme débauchée; que, dans les rapports d Osée avec la >eioude femme, rien ii'in-J dique qu'il y ait eu commerce intime el illégitime, au contraire ; que les détails donné* par
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le prophète sur le nom de la première femme et de son père, le prix de la seconde, le sexe des enfants, seraient tout à fait oiseux si l'histoire n'était qu'une allégorie; qu'enfin un ordre de Dieu enlevé à une action quelconque tout caractère d'immoralité. Ajoutons encore que la femme du chap. 3 peut très bien, suivant la traduction que l'on préfère, être la même que celle du chap. 4, l'épouse légitime du prophète, vers laquelle celui-ci retourne malgré ses désordres, pour la ramener à la rcpcntance. — Quant au sens de cette première partie, l'auteur a pour but de faire considérer les maux d'Israël comme un châtiment de son schisme et de son idolâtrie; il annonce la ruine de la maison de Jéhu et la chute des dix tribus, les compassions de Dieu pour le royaume de Juda, et les jours heureux qui recommenceront à luire sur Israël dès qu'il sera revenu pour toujours à ses rois légitimes et à son Dieu. Les noms que le prophète donne à ses trois enfants sont caractéristiques; le premier est Jizréhel (Dieu disperse), qui rappelle pour le son celui d'Israël, mais qui pour le sens lui est diamétralement opposé; le second, Lo- Ruhama (point de grâce), une tille; et le troisième, Lo-Hammi (non mon peuple) : les trois annoncent la condamnation, mais si le peuple se convertit, il rentrera en grâce, et les noms symboliques resteront un souvenir, un avertissement, sans devenir une réalité, 2, 23. Israël demeurera le peuple de Dieu.
La 2* partie du livre comprend les chap. 4-4 4 : le style en est poétique et lyrique et semble préparer le langage prophélique. On peut dire d'une manière générale que ces onze chapitres appartiennent à la dernière moitié du ministère d'Osée, mais on n'en fixe pas l'époque; on ignore même s'ils appartiennent à divers temps, ou s'ils ont été rédigés par le prophète au même moment : dans ce dernier cas, ils seraient postérieurs à la prise d'Arbèlah par Salmanéser, 40, 44., qui eut lieu sous Hosée, roi d'Israël, et en la sixième année d'Ezèchias, roi de Juda, c'est-à-dire en 719 (ce qui porte à soixantecinq ans au moins la vie prophétique d'Osée). Le prophète développe ici ce qu'il a dit dans ses trois premiers chapitres; sa parole sévère ne s'adresse qu'au présent, et n'empiète qu'à peine sur les temps futurs : ce n'est qu'au dernier chapitre qu'il jette comme un regard furtif sur les jours du salut; alors il ne sera plus question de recourir aux puissances temporelles de l'Egypte et de l'Assyrie, 14, 3; l idolâtrie aura pris tin, v. 8., Israël converti de cœur se réjouira en l'Eternel seul, 4. 2. 4. Osée n'en dit pas davantage sur ce sujet : il annonce des malheurs prochains, mais le moment n'est pas venu d'annoncer clairement les promesses;
d'ailleurs qui les comprendrait? qui est celui qui est sage? C'est avec cette pnrole plaintive qu'il se retire de la scène prophélique, laissant à ses successeurs le bonheur de faire connaître à un peuple châtié et mieux préparé, les moyens de grâce que l'Eternel a en réserve pour ceux qui le craignent, v. sur ce prophète, le beau travail de M. de Rougemont, dans les Douze petits prophètes, publiés de 4841 à 1845, par la Soc. des livres religieux de Neuchàtel.
Plusieurs passages d'Osée sont rappelés dans leN. T.; ainsi Matlh. 2, 45. 9, 13. Luc 23, 30. 4 Cor. 15, 55., etc.; le prophète est nommé Rom. 9, 25. 26.
OSNAPAR, appelé le grand et glorieux Osnapar. Esd. 4, 10., dans un rapport de la chancellerie perse. Il transporta des colons étrangers en Samarie, et dans les contrées voisines de l'Asie antérieure; toutefois on ne sait pas qui il était. Quelques-uns, dont Grotius, en comparant 2 R. 17, 24. ont cru qu'Osnapar était un nom ou surnom de Salmanéser; d'autres, comme Kosenmuller, l'ont pris pour Ksarnaddon, Esd. 4, 2. Mais il n'est pas appelé roi, et il est probable que ce n'était qu'un satrape assyrien, qui avait mérité par sa pacifique expédition le titre de grand et de glorieux; peut-être aussi (Gesenius) ces épithètes étaientelles un des litres ordinaires des satrapes.
OURS, animal assez commun en un grand nombre de pays. On en distingue trois genres ou espèces, suivant que la fourrure est noire, brune ou blamhe. Les ours noirs sont doux de caractère, et ne mangent pas de chair; les bruns et les blancs sont sauvages, carnivores, et souvent dangereux. Les bruns habitent seuls les contrées méridionales (sauf peut-être quelques ours blancs qu'on dit avoir été vus en Perse, mais qui ne seraient alors que des individus maladifs et exceptionnels, des albinos) : dans tous les temps ils ont été communs en Arabie et en Palestine. Lorsqu'ils sont irrités ou affamés, ils attaquent des taureaux, des troupeaux entiers, et même des hommes, 4 Sam. 17, 31. 2 R. 2. 24. : ils deviennent furieux, les femelles surtout, quand on leur enlève leurs petits, 2 Sam. 47, 8. Prov. 47. 42. Os. 13, 8. : un ours à jeun, quêtant sa proie, est pris pour emblème de ce qu'il y a de plus terrible, Prov. 28, 15. La voix de l'ours, dit Buffon, est un grondement, un gros murmure, souvent mêlé d'un frémissement de dents qu'il fait surtout entendre lorsqu'on l'irrite. Il faut qu'il y ait quelque chose de plus que ce gros murmure, pour expliquer le rugissement plaintif dont il est parlé Es. 59, 44.; Horace nous dit aussi, Epod., 46 (44), 54. :
Sec
gemil wttii orile.