‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 288 sur 398 · PAI · texte numérisé non relu

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Matth. U, 49. 26, 26. Luc 9, 16. Act. 20, 41. 4 Cor. 4 0, 46. Les fours à cuire le pain, dont on trouve plusieurs qui sont publics dans les villes orientales, ne différaient pas essentiellement des nôtres. Il faut mentionner cependant des fours portatifs, des cruches de pierre de 4 m. de hauteur, ouvertes par en haut, dans lesquelles on faisait le feu avec du bois ou de la fiente séehée, Es. 44, 45. Ez. 4, 42., et dans lesquelles ou sur lesquelles on faisait ensuite cuire le pain ou les gâteaux, après les avoir fermées pour empêcher la chaleur de se perdre trop rapidement. D'autres fois on faisait simplement rougir des cailloux dans une petite fosse d'un demi-pied de profondeur, puis lorsque la fosse avait été suffisamment chauffée, on en retirait les cailloux, on y déposait la pâle, et l'on recouvrait le trou : on se servait aussi du même procédé à l'égard des cruches que l'on chauffait avec des cailloux mugis au feu; c'est peut-être de ce procédé qu'il est parlé I R. 49, 6. Enfin l'on cuisait encore le pain sous les cendres chaudes, Gen. 48, 6. 4 R. 17, 4.1., etc.

Dans le langage de l'Ecriture le pain désigne toute sorte de nourriture, la nourriture en général, Gen. 3, 19. 48,5. 28,20. Ex. 2, 20. Deut. 9, 9. 48.; cf. Ps. 42, 3. 80, 5.427, 2. Prov. 4, 47. 20, 17. îi, 9., etc., Matth. 6, 41. La manne est appelée le pain du ciel, Ex. 4 6, 4., de même que Jésus-Christ, Jean 6, 34. sq. — On peut voir à l'art. Levain ce que nous avons dit des pains sans levain.

Pains de proposition^ proprement : pains de la face (de l'Eternel), appelés aussi pains d'exposition, ou encore pain continuel, Nomb. 4,7. C'étaient douze pains, selon le nombre des tribus d'Israël, ou douze gâteaux faits de line farine et sans levain, qui étaient placés dans le lieu saint du temple, en deux rangées, sur une table d'or mobile, comme symbole de la nourriture ordinaire et quotidienne de l'Eternel. La forme et l'usage de ces pains sont indiqués Lév. 24,5-9.; ils étaient probablement salés, et peutêtre poudrés d'encens pur, v. 7, à moins qu'on n'entende ce verset comme Josèpbe, qui dit que l'encens était placé dans des vases au-dessus des deux rangées,». Ex. 25, 30. 35, 43. 39,36. Hébr. 9, 2. On les changeait tous les sabbats. Du moment où ils avaient été enlevés, ils appartenaient aux sacrificateurs qui seuls avaient le droit de les manger, mais dans le lieu saint seulement, Ex. 29, 32. Lév. 24, 8. 9. David nous fournit une exception à celte règle, justifiée par des circonstances exceptionnelles, 4 Sam. 21, 6., cf. Malth. 42. 4. Luc 6. 4. sq. L'encens était allumé au feu sacré de l'autel des holocaustes, Lév. 24, 7. Quelques prêtres de la famille des Kéhalhiles étaicnlspécialement chargés du soin d'apprêter ces pains, 4 Cbr. 9, 32.,

et un Targum ajoute que Part de les préparer était devenu un secret de famille chez ceux qui en avaient la charge. Dans le second temple, la grandeur de ces pains fut fixée, la longueur à

10 largeurs de mains, la largeur à 5, et l'épaisseur à 7 pouces : ces mesures sont prises dans la Mishna Menach. 44, 4. — On peut remarquer que c'était chez plusieurs des anciens peuples un usage d'offrir à leurs dieux de la nourriture (leciislernia), Es. 65, 41. l'apocryphe de Dan. 44, 5. 6. Baruch 6, 26. Diod. de Sic, 2, 9., etc. Ce pouvait être le symbole de la reconnaissance, comme aussi un acte d'anthropomorphisme; dans le premier cas, l'idée était bonne, mais combien elle était rare ! combien aussi les prêtres en ont abusé souvent pour s'engraisser aux dépens du pauvre!

La table des pains de proposition était de bols de Sittim, couverte et ornée d'or pur, Ex. 37, 4 0. : sa longueur était de deux coudées (4 m.), sa largeur d'une (0 m 50), et sa hauteur d'une et demie (0 m75); elle reposait sur quatre pieds et avait une bordure d'or tout à l'enlour : audessous des quatre coins, étaient les anneaux au moyen desquels on la portait. Josèphe en donne une description détaillée, Ant., 3, 6. 6.

Salomon en lit faire dix d'or massif, comme

11 parait résulter de 2 Chr. 4, 8., cf. 4 Chr. z8, 46. 4 R. 7, 48. Cependant VViuer croit qu'il continua de n'y en avoir qu'une, cf. 2 Chr. 29, 48., et il est vrai que dans le passage le plus important de ceux qui précèdent, 2 Chr. 4, 8., il n'est parlé que de dix tables sans indication de l'usage auquel elles pouvaient élie destinées.

Antiochus Epiphanes enleva avec les autres ustensiles sacrés, la table des pains du second temple, 4 Mate. 4, 23., et lors de la restauralion du temple on dut en faire une nouvelle, 4, 49.; une tradition, mais quelque peu apocryphe, porte que la table enlevée par Antiochus avait été donnée au temple de Jérusalem par Piolémée Phitadelpbe, et Josèphe la dépeint comme ayant été très riche et magnifiquement travaillée.

Enlin la table qui fut enlevée par Titus au temple des Hérodes était d'or et du poids de plusieurs talents, dit Josèphe, mais il n'ajoute pas d'autres détails. Elle est représentée sur l'arc de Titus dont l'exécution appartient siux jours de Domilien; elle est haute de 0 » 35 à 0 m 40; ses quatre pieds se terminent en pieds d'animaux; elle est entourée d'une borduiu ciselée, mais qui ne s'élève pas au-dessus du tablier.

Pbilon, Clément d'Alexandrie, la plupart des Pères, et la plupart des théologiens modernes ont examiné la signification symbolique dis I prescriptions relatives à cette table, et des par-

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lies dont elle était composée : on peut voir le Moïse sans voile, de G. des Bergeries ; Neumann, Symb.; De Meslral, sur l'Exode; et surtout Ifcelir, Symb. des Mos. Cuit.

Ajoutons qu'il est difficile de déterminer la nature des vases d'or destinés au service de cette table, Ex. 25, 29. Quatre mots sont employés pour les désigner; on croit que les deux premiers se rapportaient à des vases, coupes, ou plats dans lesquels on mettait des objets solides, tandis que les deux derniers désignaient des vases plus profonds destinés à contenir des liquides, du vin ou de l'buile odoriférante; l'arc de Titus les représente par deux urnes. En spécifiant davantage, on croit que sur les premiers de ces ustensiles on plaçait les pains, dans les seconds, l'encens, dans les troisièmes, le vin qui accompagne tout festin, et que le quatrième terme désigne les coupes ou gobelets destinés à recevoir le vin versé des urnes plus grandes.

PALESTINE. Ce nom, qui ne se trouve pas dans l'Ecriture, a été donné à la terre promise par les Grecs et les Humains : il ne désignait primitivement que la côte habitée par les Philistins (nos versions, Ex. 45, 14. Ps. 60, 8. Joël 3, 4., traduisent à tort par Palestine l'hébreu Pelèshet qui désigne le territoire des Philistins q. v.). Les païens ne connaissaient que le littoral ou les abords de la terre sainte; l'intérieur, avec tout ce qu'il contenait d'excellent, leur était inconnu.

La Palestine est un massif de montagnes complètement indépendant par sa direction, sa formation et la position qu'il occupe, des grands i ifs de l'Asie centrale. Elle fait partie du système qui s'étend du Taurus à la péninsule de l'Arabie. Au nord, les deux grandes chaînes parallèles du Liban et de l'Anti Liban q. v. sont séparées par l'étroite et longue vallée de la Célésyrie , ou Syrie creuse, dans laquelle se trouvait la ville de Baal-Beck, l'Hélinpolis des Grecs, autrefois le centre d'une brillante « ivj- UsUlon, et dont on admire encore aujourd'hui les magniliques ruines. Un renflement au milieu de la vallée partage entre le nord et le sud le cours des eaux qui descendent des montagnes voisines, et qui après de nombreux détours, n'en finissent pas moins les unes et les autres, par aller se jeter dans la même mer Méditerranée.

Du pied de ces montagnes s'élèvent des rangées de terrasses qui s'avançant vers le Sud, forment la Palestine proprement dite, ou Canaan q. v. (les pays bas), par opposition à la Syrie, Aram (le pavs d'en haut). In vaste désert de sables s'étend à l'orient de l'Anti-Liban ; les eaux de la montagne s'y perdent avant d'avoir pu atteindre les rivages de l'Euphrale.

Le plateau compte une largeur d'environ 50 à 60 kilom.. et une hauteur moyenne de r> à 700 m. au-dessus du niveau de la mer : il n'est pas complètement plat , il présente quelques ondulations plus ou moins considérables qui sont appelées des montagnes dans l'A. T., le Tabor, l'Hébal. le Guérizim, m:iis qui ne s'élèvent guère a plus de 300 ou 350 m. au-dessus de la plaine environnante. Ce plateau s'étend a l'est et descend dans une profonde vallée; a l'occident il s'abaisse par degrés vers le littoral, et s'épanouit en une plaine qui va s'élargissanf loujoursplus vers le sud. Cette plaine elle-même, en sa plus grande largeur, est formée des détritus du Nil que le vent pousse vers la côte, et ces empiétements du rivage sur la mer sont si rapides que l'on connaissait à l'époque romaine, et même au temps des croisades, des ports qui sont aujourd'hui entièrement comblés et envahis par les sables. — A l'orient du plateau, et au delà de la vallée, se trouve le désert dont il vient d'être parlé; il n'a guère encore été exploré jusqu'à ce jour, à cause des brigands dont il est infesté, et parce que la police turque n'est qu'une protection insuffisante; cependant ou y a déjà découvert des ruines considérables qui témoignent d'une civilisation anciennement très florissante.

La vallée qui sépare la Palestine et le désert est une véritable crevasse, si profonde que l'on n'a pas dans le monde actuellement connu, un second exemple d'un pareil phénomène. C'est la que se rassemblent les eaux du Liban, qui, recueillies en divers bassins du pied de la montagne, finissent par se réunir en un seul courant d'eau, le Jourdain q. v., dont le nom déjà rappelle l'idée d'un cours rapide et impétueux. Simple rivière d'abord, il rencontre dans la première partie de son parcours, une petite plaine, marécageuse pendant la saison chaude, qui dans la saison des pluies, forme un véritable lac, le >lérom , ou lac supérieur. Plus loin, après un nouvel encaissement, il rencontre la mer de Génézareth qu'il traverse; il entre dans la vallée du Ghor, et finit par se jeter et se perdre dans la mer Morte, après une course accid< niée qui, à vol d'oiseau, n'a guère plus de 100 ou 120 kilom. de longueur.

Le (rail le plus caractéristique de cette vallée, et c'est une particularité qui n'a guère été remarquée que depuis vingt à vingt-cinq ans. i que depuis le lac de Génézareth jusqu'à la mtr Morte, la vallée est au-dessous du niveau de la Méditerranée, et à une profondeur qui dépasse de beaucoup le phénomène analogue qu'on remarque dans la mer Caspienne. Ce fait, déjà mentionné par Schubert, a été reconnu avec le plus grand soin lors de l'expédition du capitaine Lynch, et dès lors encore par les divers sa-

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vanls qui ont exploré le pays, jusqu'à Van de Velde.

Le Jourdain ne ressort pas de la mer Morte : il a même été prouvé que la vallée qui s'étend au delà de celle mer, el que l'on croyait être une continuation du lit du Jourdain, déverse au coniraire ses eaux dans la nier Morte ellemême.

La Palestine est située entre le :i\v et le 3P degré de lalit. n., en comptant de la ramification la plus septentrionale du Liban jusqu'il l'extrémité sud de la mer Morte. Cette latitude l'ait déjà pressentir un climat non seulement chaud, niais même ardent, et ce n'est que sur le plateau et dans h s par ties les p us élevées du pays que la température s'adoucit. Quant aux limites en largeur, il est impossible de les lixer exactement, car elles ont toujours varié, du moins a l'orient, soit par défaut d'habitations régulières, soit surtout par suite des complètes, des perles et des revers des Israélites pendant leurs guer res. Au nord, où la population était agglomérée dans les fertiles vallées du Liban, l'élément juif tendait à se confondre avec l'élément syrien. La longueur du pays peut donc être évaluée à environ 350 ou 400 kilom., et la largeur, quoique variable. à 130 environ, ce qui fait une superficie totale de 52,000 kilom. carrés, on à peu près 3,200 lieues de France (Zeller. 270 Quadratmeilen; Kilto, 11,000 milles carrés : ces différences d'appréciations, assez considérables, tiennent à ce que les uns resserrent le pays dans ses plus étroites limites, de Dan à Héersebah, p. ex., et de la Méditerranée au Jourdain -, les autres comptent du Liban nord à la pointe sud do la mer Morte, et y ajoutent les districts situés au delà du Jourdain). En tout cas il ne faut pas oublier que celte superficie du sol est en partie occupée par des lacs, en partie par des déserts complètement ou presque complètement inhabités.

Le Jourdain et quelques petites chaînes de montagnes sont, pour le pays, des frontières e! des divisions naturelles qui ne sont pas sans importance dans l'histoire des douze tribus et des deux royaumes.

Le nom de Canaan s'applique exclusivement à la portion comprise entre la Méditerranée el le Jourdain, mais la conquête n'a jamais nu assujettir ce pays dans son intégrilé : les Phéniciens, au nord, n'ont jamais été soumis, et les Philistins, au sud, ont résisté longtemps. Les Hébreux, sous Josué, n'ont occupé le littoral que d ans les environs de Carmel, et n'ont possédé qu'un seul port passable, celui de Joppe, ou Japlio. Jos. 19, 46.

Nous trouvons dans l'A. T. un grand nombre de délimitations du pavs, mais différentes les unes des autres. D'après ce qui vieni d'être dit,

la raison en est facile à comprendre ; les unes parlent des frontières naturelles , les autres disent l'étal des conquêtes des Israélites à telle ou telle époque de leur histoire. On sait que sous David le royaume avait pris une extension considérable, comprenant la plus grande partie de la province du Liban, et s'étendant de la mer Rouge jusqu'à l'Euphrate. La frontière idéale du pays de la théocratie, celle que mentionnent les prophètes, cf. Ez. 47, 13. sq., était d'un côté le Jourdain, de l'autre ta mer, mais nous avons vu que cette frontière, dépassée de bonne heure à l'orient, n'avait jamais été complètement atteinte à l'occident. Elle n'en fut pas moins toujours présente à l'esprit des Israélites comme configuration normale de leur pays; elle se reflète dans leur langage, et plusieurs expressions qui nous ont èlé conservées ne peuvent se comprendre qu'à ce point de vue.

Le piateau occidental s'étendait du pied du Liban aux frontières de l'Arabie Pétrée. On y distinguait différents plans, des groupes de hauteurs, désignés sous le nom de montagnes, et séparés les uns des autres par des vallées, en gênerai peu profondes. La parlie nord était la montagne de Nephthali, au milieu la montagne d'Ephraïm, au sud enfin celle de Juda. Celle dernière n'était séparée de la précédente par aucune vallée très caractérisée, mais entre Ephraïm et ÎNephthali il y avait vis-à-vis du Carmel, la célèbre plaine de Jizréel, qui régnait sur presque toute la largeur du plateau, et n'était séparée du Ghor et du Jourdain que par les monts de Guilboah. Au nord-ouest s'élevait dans une majestueuse solitude le mont Tabor. Les rivières qui descendent de ces bailleurs, vont se jeter dans le golfe d'Acco, seule rade un peu considérable qui interrompe la parfaite uniformité du rivage, à peu près à la hauteur du lac de Génézareth et de la plaine de JizréheL A celte même hauteur encore le Jourdain peut être traversé à gué. Tout contribuait donc à faire de cet endroit la grande route des caravanes, du commerce et des invasions -, on comprend qu'il ait été ainsi prédestiné à être le champ de bataille de tous les guerriers qui ont traversé ce pays, depuis tiarac et Débora jusqu'à Bonaparte.

La partie méridionale du plateau, celle qui comprend Ephraïm et Juda, porte dans l'A. T. le nom de Har, ou montagne. A l'ouest se trouve la plaine de Séphélah que les Israélites ont disputée aux Philistins. A l'ouest le désert, qui mériterait plutôt le nom de steppe, s'étendait sur la rive droite du Jourdain, du sud du lac de Génézareth au sud de la mer Morte. Plus au sud enfin vient le pays du Midi, qui descendait jusqu'à l'Arabie Pétree, et qui, s'élevanl en gradins jusqu'à 6 ou 700 m. de hauteur, aboutit

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au massif granitique du Sinaï, qui mesure environ 2,500 m. au-dessus du niveau de la mer.

Quant au plateau situé à l'est du Jourdain , il se divise en plusieurs groupes naturels; au nord, sur le pencliant méridional du Liban, est le pays de Basan, dont les pâturages alpestres ont toujours servi à l'élève des bestiaux; au sud, un peu plus bas, le plateau de Galaad qui s'étend jusque vers le milieu de la mer Morte; plus bas, enfin, le pays de Moab.

11 n'y a dans toute la Palestine qu'une seule plaine proprement dite, c'est celle de Jizréel. Au bord de la mer, dans la partie du pays qui appartint longtemps aux Phéniciens, on trouve encore les plaines «le Séphélab et de Saron (les Hébreux donnaient volontiers le nom de plaine, Hemek, au fond d une vallée, et réservaient le nom de vallée, Nahal , pour ce que nous appellerions plutôt un ravin.

Quant à leur formation géologique, ces plateaux, et le Liban lui-même, sont de structure calcaire jurassique, et l'on sait que dans nulle formation, les cavernes ne sont plus fréquentes et plus spacieuses. On eu cite un grand nombre en Isiaël, celle d'Elie, celle de Saul, celle où la tradition porte que naquit Jésus; on sait aussi que la plus grande partie des vastes constructions retrouvées à Petra, et qui datent de l'époque romaine, ont été établies dans des cavernes déjà existantes.

Le pays de Mauran cependant , auquel les Grecs avaient donné le nom pittoresque de Traclionitis, appartient à une formation plus ancienne; il est essentiellement granitique, et de nombreuses aiguilles de basalte y atteignent une hauteur de 30 a 60 m. C'est la qu'étaient construite- ces citadelles qui servaient d'asile ou de repaires à des populations nomades de bergers, d'agriculteurs, ou de brigands. Celte portion du pays était sujette a de fréquents • t violents tremblements de terre, et la catastrophe de Sodome et Gomorrbe qui est le plus mémorable exemple de ces bouleversements géologiques, est loin d'être le seul.

On ne saurait douter qu'il n'existai en Palestine de nombreuses sources thermales, quoiqu'il n'en soit parlé dans l'A. T. que Gen. 36, 2i. ( mal trad. mulets dans nos versions) : cf. peut-être aussi Jean 5, 4-4.

La formation de rivière* un peu considéra bles rencontre un double obstacle dans le peu d'inclinaison des couches des rochers, et dans le peu d'étendue des forêts. Quand on a nommé le Jourdain, l'Oromès cl le Léontès, on a nommé les (rois artères principales du système hydrographique de la Palestine; le reste vaut à peine l'honneur d'être nommé. Le pays va se déboisant de plus en plus, par Mille de la déplorable administration qui le régit : la sécurité

n'existant nulle part , on peut avoir quelque intérêt à couper des arbres, on n'en a aucun a en planter de nouveaux. Déjà ce que l'A. T. désigne sous le nom de forêt, n'était souvent qu'une grande étendue de broussailles, et peutêtre quelques bouquets de chênes, de palmiers, etc., plutôt qu'une forêt proprement dite. Aussi plusieurs des petites rivières mentionnées soit dans l'Ancien, soit dans le N. T., et notamment aux enviions de Jèrusa'em, le torrent de Cédron, ont entièrement cessé de couler, et ne rappellent leur ancienne existence que lorsque les pluies du ciel viennent les alimenter. Ce ne sont plus que des torrents qui viennent à manquer au moment même où l'on en aurait surtout besoin. De là les fréquentes allusions des écrivains sacrés, soit au Déau de la sécheresse, soit au bonheur d'habiter le long des cm x courantes. Dans la plupart des cas les llebieux en étaient réduits a se servir de citernes murées intérieurement.

Le climat de la Palestine est naturellement très varié. Sur les hauteurs du Liban règne une certaine frai» heur, tandis que la chaleur est suffocante et presque insupportable dans les contrées resserrées entre les montagnes, et tout particulièrement dan- la vallée du Jourdain dont le sol est si déprimé. Un grand nombre de petits ruisseaux, dont le parcours ne dépasse guère M à 20 kilom. de longueur, ont entraîné avec eux beaucoup de terres labourables, et creuse (les excavations qui ont jusqu'à MiO et 130 m. de profondeur. Le Jourdain lui-même, profondément encaissé dans le lit qu'il s'est creusé, ne déborde jamais, si ce n'est quelquefois dans les plaines de Jérico, aux environs de la mer Morte. Entre ces excavations profondes sont des déserts inhabités, dans lesquels ou rencontre de distance en dislance quelques oasis. •

Les Hébreux ne connaissaient pas les saisons, dans le sens que nous donnons ordinairement a ce mol. Ils distinguaient surtout deux époques de l'année par leurs produits; l'été s'appelait la moisson, haïtz; et l 'automne , la récolte, horeph. Puis venait la saison pluvieuse, l'époque des grandes pluies qui continuaient presque sans interruption jusqu'au priment c'est ce moment dont le laboureur protilail pour ensemencer la terre.

Malgré le charme de certaines vues, le caractère accidenté de la contrée, la variété M aspects, et la majestueuse, magnificence 4e certaines parties du pays, il ne parait pi*, q :.<la contemplation de la nature ait occupe! une grande place dan- la vie des Uébreux. u n que dans leur littérature : du moins c'est à peine si l'on eu trouve de légères triées. In», et dans quelques fragment* de Job..

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