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d'après U Croze, elles auraient été fabriquées au Xe ou au XIe siècle. |l en est de même de la correspondance latine de Paul avec Sénèque, qui n'est citée par aucun Père plus ancien que Jérôme. La lettre aux Laodicéens est encore plus moderne.

Quant aux treize épitres canoniques qui portent le nom de Paul, elles oui formé une collection, et elles ont été attribuées sans aucune contestation à Paul par l'Eglise universelle. L'Epltre aux Hébreux est douteuse, et nous en avons parlé en son lieu. Les treize épitres doivent avoir été recueillies assez tôt, et promplement, car nous voyons par les divers témoignages, qu'elles furent connues et reconnues pari out des I époque des Pères apostoliques. Cetle collection fut jointe a celle des épitres catholiques, mais celte dernière ne fut pendant longtemps pas aussi complète que la première. Les ebioniles, les encralites, les manichéens n'en révoquaient pa* en doute l'authenticité; Marcion, critique arbitraire et dogmatique, en retrancha les épitres pastorales, el garda tes dis autres après les avoir mutilées. Les notices historiques qui se trouvent a la fin de chaque épltre. ne, l'ont pas partie de I épltre el ne s'appuient pas toujours sur des autorités fort respectables; les anciens manuscrits ne les contiennent pas, les autres différent pour le texte ; souvent l'épttre elle-même accuse l'inexactitude de ces adjonctions, et les contredit, v. Gaussen, et Rcuss (Hisl. du Canon).

Le caractère littéraire des écrits de Paul dépend en grande partie de son caractère personnel. Peclut est quod facit oratotem; or Paul etail un homme entier, el il se montre lel dans toutes ses épitres. On peut sans doute en dire autant de tous les apôtres, mais ce trait est plus saillant dnz lui ; il apporte à tout la même ardeur de l'âme et réalise en lui-même celle parole célèbre : * le style, c'est l'homme. » De tous les sujets qu'il traite, aucun ne lui parait trop pelil, aucun ne le laisse froid; Il les mène tous d'une manière très variée. Jacques l'égale quant à l'unité ou à la continuité de l'ardeur des sentiments, ou de la véhémence oratoire; Pierre a du rapport avec lui pour la variété du langage; mais aucun des auteurs sacrés ne semble réunir au même degré les deux qualités indiquées. Paul est plus orateur que Pierre, moins sentencieux, moins poétique, moins lyrique que Jacques, dont le style est plus égal et plus soutenu; il n'a pas le calme sublime et même sévère de Jean, mais par cela même il remue l ame plus puissamment ; il fait vibrer toutes les cor îles du cœur. Il parait vouloir produire par ses épitres les mêmes résultats qu'il produisait de vive voix par ses exhortation», appropriées chaque fois au besoin du

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moment, Gai. 4, 20. Paul était profond et doué d'un esprit aussi zélé que pénétrant, aussi systématique que délié et agile; il aperçoit les rapports qui unissent deux objets en apparence très éloignés, et il les rapproche promplement ; en cela il a quelque chose de commun avec les meilleurs rabbins; mais tandis que ceux-ci sont brefs et ne donnent que des indications souvent énigmatiques, Paul donne des expositions, des argumentations souvent prolongées; et tandis que les rabbins, là où ils veulent exposer ou prouver, se perdent dans les minuties des sophistes, dans de vieux et ennuyeux développements, dans des raisonnements peu serrés, Paul ne perd pas de vue l'idée capitale dont il est dominé, tout en semant son discours de celte foule d'idées secondaires dont il est toujours rempli lui-même. Ce caractère du style de Paul est une des causes des difficultés qu'il offre a l'interprétation ; une autre cause de ces difficultés provient de certaines circonstances extérieures, de ce que tous les écrits de Paul sont des lettres relatives à des événements ou a des opinions que nous ne pouvons apprendre à connaître que par ces lettres mêmes, de ce que l'Apôtre aussi négligeait son style, peutêtre parce qu'il dictait. Outre que le style n'est ni poli, ni cadencé, les phrases ne sont ni formées avec précaution, ni revues avec soin, mais faites ou jetées suivant lïnspiralion du moment.

A ces sources d'obscurités on de difficultés exêgéliques, il faut en ajouter quelques-unes qui sont intérieures, et tiennent à la pensée même de l'Apôtre: 4° Sa vivacité le portait à des transitions non préparées, à des combinaisons inattendues, et souvent peu indiquées, de pensées différentes, et lui faisait saisir et présenter avec une égale promptitude certains arguments de son thème dont la vérité et la convenance ne sautent point aux yeux, et qu'il faudrait avoir le temps d'expliquer et d'examiner; enfin cette vivacité lui faisait souvent abandonner un sujet d'importance secondaire, ou une argumentation avant d'être arrivé à l'expression de la conclusion, de sorte que pour comprendre toute la dissertation , il faut en suppléer la fin. — 2° L'esprit de Paul n'était pas moins fertile que prompt. La vivacité de l'esprit ne fixe pas l'attention si elle n'est accompagnée d'un fonds de pensées ; mais chez Paul, celte richesse du sentiment contribue ù l'obscurité du langage de ses écrits en le rendant profond ; il y a des parenthèses, des phrases incidentes trop prolongées et qui se mêlent insensiblement avec les suivantes, trop chargées; des constructions diverses, loudues en une seule, parce que les pensées de Paul se )t l'une l'autre comme les ondes d'un

fleuve. Mais ce qui décèle encore plus la profondeur de son esprit, et ce qui requiert le plut» d'attention, c'est la coordination de plusieurs pensées, ou de plusieurs séries de pensées que Paul entrelace, et qu'il poursuit alternativement jusqu'en un point où il laisse tomber l'une ou l'autre, ou bien, où les deux fils du discours se réunissent par un nœud ; il arrive aussi qu'une argumentation ou une exposition disparait pour reparaître ensuite comme une rivière qui j passé par-dessous terre. Une autre propririé de son style, moins étendue que la précédée/?, consiste, d'une part, dans l'emploi varié des mots et dans l'accumulation des synonyme, afin de faire connaître tout le contenu de b notion sous ses diverses formes, et d'autre part, dans des antithèses tranchantes dont Paul aiguise encore quelquefois la pointe par l'emploi antithétique du même mot, afin de bien exprimer la différence et les contrastes , et de marquer ainsi avec exactitude les limites des notions. Sous ce rapport, il arrive que la mtot quali'ê par laquelle le style de Paul est obscur et difficile, le rend clair et précis. C'est le «fc de bien des écrits émanés d'une intuition profonde et d'une intelligence systématique; étudié à fond, ce qui semblait être dur, obscur, subtil, apparaît lucide et ferme. ~ 3° Agissaot sur If sentiment comme sur l'intelligence, Paul sait être populaire, même lorsqu'il fait des expositions dogmatiques; or c'est là ce qui fait l'orateur. Mais cette énergie elle-même exige une attention redoublée. Nous trouvons dans le tis>u de la phrase de Paul des questions, des exclamations, des argumentations ex coneetvs, des raisonnements justes, mais qui parlent d on seul point de vue, et d une dialectique vigoureuse qui ne finit que par la confusion complète de l'adversaire dont Paul a fixé et poursuivi les fausses idées et les mauvais sentiments.

Le langage de Paul exige une étude scrupuleuse, parce qu'en partie c'est un langage nouveau qu'il a dù créér lui-même, ou qw ,f christianisme a créé. Dans l'exhortation, et langage est approprié au sujet, étant tantôt sévère, tantôt touchant. Le grand talent oraiOJf* de l'Apôtre, malgré le peu de soin et d'art quj a mis dans ses écrits, est incontestable; il dit lui-même qu'il ne voulait pas faire l'oraie*toutefoisil produisait de tels effets qu'on kp« un jour pour Mercure, le dieu de l'éloquetf- Personne, sous ce rapport, n'a mieux ta l'éloge de Paul que Bossuet; mais avant* déjà, Longin, littérateur païen, avait roBP* la puissance de ce génie chrétien, et après a»^ énuméré les grands orateurs delà Grèce il dit o On peut y ajouler Paul de Tarse, le preoW qui se soit servi du dogme sans les preuves, » jugement bien juste dans la bouche d'un pa**

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on a contesté l'authenticité de ce passage, mais Hug l'a démontrée dans son Introd. au N. T.

On peut voir en tèle des commentaires de Tholuek et d'Oltramare sur l'Ep. aux Romains, un catalogue raisonné assez complet des travaux qui ont été faits sur les Epitres de saint Paul; dans le nombre, et pour n'indiquer que les plus saillants dans chaque époque, nous citerons Chrysoslome, l'Ambrosiaslcr (Hilaire de Rome?), Bède le Vénérable, Pierre Lombard, Thomas d'Aquin, Nicolas de Lyre, Laurentius Valla, Lefévre d'Etaples, Erasme, Luther, qui mérite particulièrement d'être nommé, parce que, semblable à Paul, il a pénétré profondément dans l'esprit de Paul,Mélanchthon, Bueer, Bullinger, Calvin, Béze, et entio parmi les modernes Jean-Frédéric Flatt qui, de 1825-1 830, a publié des Commentaires sur toutes les Epftres de Paul, Tholuek et Ohhausen. r. aussi les Sermons de E. de Pressensé, Ad. Monod, etc.

Tholuek dans son Comm. sur les Romains, Steiger dans celui sur les Colossiens, Hug dans son introduction, Néander dans son Hisl. du siècle apost., Reuss, dans sa Théologie chrétienne, renferment d'excellentes observations sur le style, le langage et le caractère de l'Apôtre, v. aussi Revue de Théol. 1850. 1. p. 24.

Ajoutons encore ici quelques réflexions détachées sur la vie de l'Apôtre :

1° Quant à sa famille, tout ce que nous savons c'est qu'il avait une sœur et un neveu, et que ce dernier demeurait à Jérusalem, Act. 23, 16. Il n'était lui-même pas marié, 1 Cor. 7, 7., cf. 9, 5.; mais il maintient à cet égard la liberté dont il aurait pu user comme les autres apôtres : la tradition ajoute, mais d'une ma nière incertaine, qu'il fut accompagné dans quelques-uns de ses voyages par Thécla, jeune fille qu'il avait convertie au christianisme. Il exerçait le métier de faiseur de tentes qu'il avait appris sans doute dans sa jeunesse, peut être comme la plupart des rabbins avaient et ont encore l'habitude de joindre à leurs occupations intellectuelles l'exercice d'un travail manuel les tentes étant d'un besoin constant dans les pays chauds, pour les bergers et les voyageurs, comme pour toutes les personnes exposées à souffrir du soleil ou de la pluie, la profession de Paul lui assurait de l'ouvrage aussi souvent qu'il pouvait le désirer ou en avoir besoin; en outre elle n'était pas extrêmement pénible, et l'Apôtre aimait mieux eu général travaider pour se procurer sa subsistance, que de recourir aux dons des lidèles, Act. 18, 3. 1 Cor. 4, 1z. 1 Thess. 2, 9. 2 Thess. 3, 8.

2° Sa conversion, dans laquelle on a cherché à faire intervenir, comme toujours, a la place du mirai le, les phénomènes de la nature, le tonnerre, la foudre; sa conversion, dont une

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explication naturelle ne diminuerait pas l'importance, quoiqu'elle en changeât le caractère, nous est racontée comme l'effet direct de l'intervention divine. On peut supposer que la douceur et la persévérance de ses victimes avaient déjà produit, sur l'âme ardente et sensible de l'Apôtre, l'impression tout au moins d'une pitié passagère; en les voyant opposer à l'âpreté du fanatisme la confiance de la foi, il avait dû être frappé, et la férocité barbare qui est toujours la conséquence d'une forte conviction lorsqu'elle est erronée, pouvait seule soutenir son cœur et son bras pendant qu'il allait ajouter de nouvelles victimes à celles qu'il avait déjà faites. Un zèle sans connaissance est toujours odieusement persécuteur, et, sur la route de Damas, il ne fallait rien moins en effet que l'action de Dieu pour dessiller les yeux aveuglés du Juif, ennemi de l'Eglise. Mais une fois que Christ se fut fait connaître à Paul d'une manière aussi extraordinaire, il est hors de doute que toutes ces idées qui étaient restées chez lui comme étouffées à l'arrière-plan, se réveillèrent et se présentèrent de nouveau à son esprit pour n'être plus repoussées. Les soins et les pieuses directions du sage Ananias achevèrent d'éclairer Paul, et de changer pour lui la vérité pressentie en une vérité sentie, comprise et crue. De ce moment, l'ardeur de Paul, toujours impétueuse, mais puritlée, s'appliqua de toutes les forces de son Ame à propager le royaume de Celui contre les aiguillons duquel il avait d'abord regimbé. Pour une mission extraordinaire comme la sienne, un appel extraordinaire, une vocation miraculeuse, une consécration comme celle qu'il reçut, n'étaient point de trop; des baptêmes solennels ont presque toujours inauguré la carrière de ceux qui ont dù être des lumières dans l'Eglise, depuis le buisson ardent de Moïse jusqu'à la vision d'Esaîe, depuis le chemin de Damas jusqu'à Valdo et Luther. — Pour un homme comme saint Paul, dit Planck, il ne pouvait être changé que subitement, ou pas du tout ; et, si ce jugement est trop absolu au point de vue chrétien, il est vrai psychologiquement. Des caractères comme celui de l'Apôtre doivent être puissamment secoués pour être changés, et ces secousses sont nécessairement subites et inattendues, mais elles n'excluent pas quelques luttes intérieures, quelques incertitudes, même au plus fort de la décision, quelques doutes non raisoonés, fugitifs, bien vile repoussés, mais qu'on se rappelle quand on en vient à reconnaître que ces doutes étaient justifiés. — C'est, soit a la vision du chemin, soit au séjour de trois jours à Damas, soit plutôt à l'extase de Jérusalem, Act. 22, 17., qu'il faut rapporter ce que l'Apôtre raconte avec tant de mystère et I d'humilité, 2 Cor. 12, 1.. sur le ravissement

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qui l'a transporté au troisième ciel, où il a appris des choses qu'il n'est pas permis de révéler.

3n Son séjour de trois :111s en Arabie n'a pas été une vie d'oisiveté, mais on ignore comment il l'a employé. L idée la plus naturelle est sans doute que ces années ont été un noviciat, et que l'Apôtre a pu, dans la solitude, repasser et méditer en son esprit les révélations divines dont il avait été bonorè, mûrir peut-être aussi les connaissances païennes qu'il avait acquises dans sa jeunesse, les compléter, et comparer entre elles les deux alliances, dont la dernière était à la fois l'accomplissement et la destruetion de la première, la Ûn d'un régime caduc, établi de Dieu comme préparation- Aussi, dans la révolution religieuse dont il devait être l'un des chefs les plus ardents et les plus dévoués, on le voit plus hardi novateur que tous les autres apôtres, porter une main radicale sur tout ce que d'autres voulaient encore ménager, et faire table rase de toute la piété traditionnelle, pour substituer aux cérémonies la vie, et à la lettre l'esprit. Le zèle avec, lequel il poursuit l'esprit juif jusque dans ses recoins les plus reculés, n'a plus rien de cet esprit persécuteur avec lequel il attaquait le christianisme; Paul fait la guerre à l'erreur, mais il ne lapide plus ceux qui se trompent ; ce n'est plus le prosélytisme de l'Inquisition, c'est celui de la vérité, de la raison et de la liberté. Quelques-uns pensent que l'ange de Satan et l'ècharde en la chair, 2 Cor. 4 2, 7., doivent s'entendre de ce séjour en Arabie, qui était, de la part de Dieu, une épreuve pour l'Apôtre, destinée a réprimer l'impatience qu'il pouvait avoir d'entrer dans l'èvangélisation, et de communiquer aux hommes le changement qui s'était opéré en lui, et les dons qu'il avait reçus; mais celte interprétation est peu naturelle.

i° Parmi les nombreux événements de sa vie qui ne sont pas ra< ontés dans les Actes, et dont il rappelle, en quelques mots, le souvenir parfois d'une mauière obscure, il faut compter l'allusion faite 4 Cor. 45, 32.: « Si j'ai combattu contre les bétes a Epbèse... » Faut- il entendre ce passage à la lettre, ou l'entendre, au sens figuré, d'une vive contestation dans laquelle Paul aurait couru le danger de perdre la vie ? Faut- il entin n'y voir qu'un raisonnement hypothétique ? C'est ce que l'on ne peut décider, et les trois opinions offrent presque d'égales difficultés. Le sens ljgi<ré ne se justifie pas par la langue, et, dans tous les cas, l'image serait |rop forte pour toute autre espèce de danger; le sens littéral ne se ju>.litie pas par l'histoire, les Actes ne racontent rien de semblable, les Pères ecclésiastiques n'en parlent pas davantage, et Paul, dans rcnumeralion qu'il lait,

2 Cor. 44, *3.,de tous les dangers qu'il a

rus, n'en dit mot; d'ailleurs, comment aurait il échappé à la mort dans ce terrible combat ? Ajoutons que ce supplice destiné aux esclave* et aux prisonniers de guerre ne pouvait être prononcé contre un homme libre et romain, el que Paul n'aurait pas manqué de faire connaître ses titres el de revendiquer ses droits eo cette occasion, comme il l a fait en d'autres circonstances moins critiques : il est vrai qu'il ne J'a pas toujours fait, el que, même alors, son titre n'a pas toujours été respecté. La désignation du lieu, le nom d'Epnèse, ne permettent pas 4e supposer qu'il y ait ici un simple raisoiinenwtl sans allusion a un fait; quand on raisonne sur des hypothèses, on ne leur donne pas les caractères du récit historique. - La plupart ries faits que Paul énumère encore, 2 Cor. 41, 24., ne peuvent être datés avec certitude ; plusieurs appartiennent sans doute à son séjour k Corinthe; quant aux autres, ils ont eu lieu dans la première partie de sa carrière, avant qu'il écrivît cette lettre aux Corinthiens; mais ils ne sont connus que par cette mention rapide et abrégée. — On peut remarquer que Paul, maigri l'excommunication générale prononcée contre ceux qui confesseraient le nom de Christ. Jean 9, 22., n'a jamais été excommunié, et qu'il est toujours entré librement dans les synagogues pour enseigner el discuter, liberté qui s'explique peut-être par la circonstance que Paul avait élé docteur de la loi, et que, pour ces hommes privilégiés, l'excommunication était toujours une mesure à laquelle on ne se décidait que difficilement.

5° Son activité consistait principalement dans la prédication de l'Evangile : il baptisait quelquefois, 4 Cor. 4, 44., mais, en général, il abandonnait cette fonction a ses compagnons d'œuvre, dont il avait toujours un certain nombre avec lui, qu'il employait comme aides et émissaires apostoliques, Act.49, 22. 47, 4 6., etc. Après qu'il se fut séparé de Barnabas el de Jean Marc, Acl. 45, 37., il fut surtout accompagné jusqu'à la fin de sa vie, et tour à tour, par Silas, Timothée, Luc le médecin, TUe, Demis, Eraste, et d'autres encore qui travaillèrent avec lui. Ce fui par Barnabas qu'il fut d'abord mis en contact avec les apôtres immédiats de Jésus, et avec les anciens de l'Eglise-mère de Jérusalem, 46, 25., et il eut souvent, dès lors, l'occasion de cultiver leur connaissance dans srs voyages qui le ramenèrent fréquemment « miiieu d'eux. Act. t5, 4.24, 48. Gai. 2. Ses principes sur les rapports de la loi juive avec le christianisme n'harmonisaieut pas toujours avec ceux des apôtres judéo -chrétiens, et il eut même une contestation assez vive avec Pierre sur ce sujet, Cal. 2, 44. Celte divergence de vues qui

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ne dura pas longtemps entre les apôtres, mais | on a voulu tirer de singulières qui dura longtemps entre leurs disciples, et qui dogmatiques; il suffît de remarquer, 1° que saint

créa, sinon deux églises, au moins deux tendances irès distinctes, fut tmjours, dans I I; glise de Jérusalem, uue source de méfiance contre Paul, Ael.24, St., et maintint sans doute de la froideur dans leurs rapports, ce qui n'empêcha pas l'Apôtre, toutes les fois qu'il le crut nécessaire, de faire où il se trouvait des collectes pour les pauvres de Jérusalem et de la Judée, Rom. 15, 25. 1 Cor. 10, 2 Cor. 8, Gai. 2, 4 0. Son champ de travail s'étendait depuis la Syrie indéfiniment vers le nord et le nord-ouest; car il choisissait de préférence l'évangélisation dans les lieux où d'autres n'avaient pas encore travaillé, Rom. 45,20. 2 Cor. 40, 45.; cependant là même il ne put pas rester a l'abri des intrigues des Juifs de la Palestine, t Cor. 4,12. 3, 32. Gai. 2, et 3. En général, on peut dire que sa vie fut une lutte continuelle contre des ennemis aussi malveillants qu'infatigables, nonseulement contre les Juifs, ses anciens coreligionnaires, qui le poursuivaient, pour sa conversion au christianisme, avec toute la violence d'une haine religieuse et nationale, mais encore contre 1rs judeo -chrétiens, dont les uns, daus le sein même de l'Eglise, tantôt ouvertement, tantôt d'une manière indirecte et cachée, cherchaient a faire dominer leurs tendances judéochrétiennes: dont les autres essayaient de mêler au christianisme pur des spéculations gnostiques orientales ; et , pendant qu'il devait, contre les premiers, empêcher que la liberté de la loi morale du christianisme ne fût transformée de nouveau en un code légal de prescriptions morales, il devait, contre les seconds, maintenir l'importance du christianbme historique, et le sens littéral chrétien des teritures. — Au reste, si Paul était décidé et ferme sur la question des principes à l'égard de la Un du judaïsme, il ne se montrait pas rigoriste dans ses rapports avec les faibles, 1 Cor. 9, 20., cf. Boni. 4 4; non-seulement il provoqua la circoncision de Timothee, mais il consentit a lairc un vœu pour ne pas scandaliser les Juifs de Jérusalem, Act. 46, 3. 21,24. Ce n'est que lorsque le parti juif se montrait audacieux, insolent et provocateur, que Paul lui résistait en face pour l'humilier. Gai. 2, 4.; malgré cela, ses adversaires ne laissaient pas de déprécier son ministère, même par des calomnies, et en l'accusant d hésitation, de faiblesse et de versatilité, 2 Cor. 4 , 47. 40, 40., ei ils allèrent jusqu'à attribuer à l'Apôtre de fausses lettres qu'il n'avait point écrites, 2 Thess. 2, 2., et qu'ils répandirent sous son nom.

6° En dehors du livre des Actes et de ses Epitres, le nom de Paul ne se retrouve qu'une seule fois, 2 Pierre 3, 45., dans un passage dout

Pierre ne mentionne dans les épilres de Paul que quelques points difficiles à entendre-, 2°que la difficulté porte non sur la manière dont Paul présente ces points, mais sur la profondeur même des sujets qu'il traite; 3° que malgré ces points difficiles les épitres avaient été écrites à de simples ûdèles, et que saint Pierre ne cherche pas à les détourner de les lire : il n'y a que les ignorants et les mal assurés qui puissent en faire un mauvais usage, mais ceux-là même s'en trouveraient-ils mieux s'ils venaient à ne faire des lettres de Paul et des autres Ecritures aucune espèce d'usage? C'est là la question : l'Eglise romaine, qui aspire à faire autrement et mieux que les apôtres, la décide autrement qu'eux; l'Eglise protestante, qui ne reconnaît d'autre autorité que Christ et les apôtres, suit leur exemple, et recommande aux lidèles de lire des épilres écrites pour les Udèles, et non pour une caste privilégiée seulement.

2° Paul. v. Serge.

PAUVRES. La loi mosaïque avait sagement et libéralement pourvu, soit à restreindre autant que possible le nombre des pauvres, soit à entretenir et secourir ceux qui avaient eu le malheur de tomber dans l'indigence. Elle leur assurait en effet : 4° A l'époque de la récolte, un glanage suffisant dans les champs, et d'abondants grappil lages dans les vignes , dans les plantations d'oliviers, et probablement aussi dans les vergers à fruits, Lév. 49, 9. Deut. 24, 49., cf. Rutb 2, 2. Jos., Anl., 4. 8, 24. — 2« Dans l'année sabbatique, une libre participation à tous les produits de la terre, croissant sans culture dans les vignes, dans les champs, et dans les jardins en repos, Lév. 25, 5. —3° Tous les trois an* ils venaient s'asseoir à la table des riches, et célébraient le repas des dîmes, q. v. Deut. 12, 42. 44, 22. 46, 10, 26, 42., cf. Luc 4 4, 13. — 4° En l'année jubilaire, tous ceux qui avaient été lorcés de vendre leurs possessions, redevenaient de droit, eux ou leurs tils, propriétaires des biens qu'ils avaient aliénés, de sorte que les terres restaient non-seulement dans les mêmes tribus, mais encore dans les mêmes familles, v. Année.

En outre, la loi qui recommandait d'une nière générale la bienveillance et la sance envers les pauvres, Deut. 24, 42. Prov. 44.34. 22, 46. 31, 9., etc., renfermait aussi des prescriptions positives, telles que l'ordre de leur prêter sur mage sans intérêt, même a l'approche de l'année sabbatique, la défense de retenir après le soleil couché des objets indispensables, et que le pauvre aurait été cependant obligé de mettre en gage, tels que couverture pour la nuit, meule à moudre le graiu, etc.,

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Dent. 24, 42. 43. 45, 7-44. Lév. 25, 35. sq. L'impartialité la plus entière était recommandée aux juges dans les causes des indigents, Ex. 23. 3. 6. Lé?. 49, 4 5. etc.

Toutefois, il ne paraît pas que ces sages ordonnances aient été longtemps respectées, et nous voyons les prophètes faire entendre des plaintes fréquentes sur la dureté des riches à l'égard des pauvres, et sur la vénalité des juges, Es. 40, 2. Am. 2, 6. Jér. 5, 28. Ez. 22, 29., etc.

La bienfaisance était considérée par les Juifs comme une des principales vertus, Tobie 2, 46., etc. Luc 49, 8., et la sainteté pharisaîque faisait un grand étalage des misères qu'elle soulageait, Malth. 6, 2. (on a voulu rattacher a ce passage l'usage de certains mendiants orientaux qui soufflent dans une corne pour exprimer leurs besoins, mais c'est trop recherché). — La constitution mosaïque ne reconnaît pas de mendiants proprement dits; seule elle avait pu décréter en principe, qu'il n'y avait point de pauvres dans le pays, parce qu'elle avait pourvu à ce qu'il n'y en eût point, et que c'était Dieu, et non les hommes, qui avait fait la loi.

PAVÉ (le), Jean 49, 43. v. Gabbaiha.

PÉAGE, Péagers. Depuis que les Romains se furent emparés de la Palestine, ils y établirent, comme dans les provinces voisines de l'Asie, leurs impôts ou droits d'octroi, qui pesaient es sentiellement sur les importations, parfois aussi sur les exportations. Sous la république déjà c'était l'usage, et il fut conservé sous les empereurs, d'affermer à bail, ordinairement pour cinq ans, à des chevaliers, ou â des associations de chevaliers romains, l'exploitation entière des impôts d'une province. Ces riches et grands publieains traitaient ensuite en détail avec des particuliers, romains ou provinciaux, de l'exploitation spéciale de certaines villes frontières, ou ports de mer, et ils cherchaient naturellement a retirer le plus grand profit possible de ces espèces de marchés. Ces subordonnés, que les auteurs profanes connaissent sous les noms d'exac.teurs, de visiteurs, percepteurs ou autres, sont appelés dans le N. T. des péagers (à Jérico il y avait un chef des péagers, sans doute a cause du transit considérable de baume, Luc 49, 2.). Leur nom est souvent associé à celui des gens de mauvaise vie, des femmes de mauvaise vie, des méchants, et des païens, Matth. 9, 40. 4 4, 49. 48, 47. 24, 34. Luc 5, 30. 7, 34. Les rabbins même les assimilent aux voleurs de grands chemins et aux meurtriers, et ceux des Juifs qui embrassaient cette profession étaient déclares incapables de témoigner en public, et exclus de la synagogue. Cette haine profonde qui a toujours poursuivi et qui poursuit encore

les péagers, les douaniers et tous les hommes attachés à ce genre d'occupation, s'explique soit par l'impatience naturelle avec laquelle on supporte généralement les systèmes de douanes et toutes les gênes prohibitives de la liberté de circulation, soit et surtout à cause de la brutalité avec laquelle ces employés bouleversent et maltraitent les effets des voyageurs ou les marchandises qui passent par leurs mains, à cause du zèle souvent plus qu'indiscret qu'ils témoignent pour les intérêts de l'Etat, à cause de leurs estimations souvent arbitraires, et par conséquent plus difficiles â supporter et plus équivoques, à cause de leur rapacité intéressée , enfin, à cause de leurs extorsions, de leurs concussions et des fraudes dont ils se rendaient fréquemment coupables, et contre lesquelles il n'y avait d'appel qu'auprès d'un pouvoir qui profitait lui-même de ces vexations et qui se croyait intéressé à épuiser la fortune particulière au profit de la fortune publique. D'après Stobœus (Serm. 2, 34), Théocrite répondit un jour a une personne qui lui demandait quels étaient les animaux les plus rapaces et les plus redoutables : Dans les montagnes, les ours et les lions; dans les villes, les péagers et les traîtres (sycophantes). Chez les Juifs cette haine du peuple pour les péagers était encore accrue par le fait que le système d'impôts prélevés de cette manière, représentait surtout la domination de l'étranger, humiliation et spoliation tout ensemble; et les quelques juifs, bien rares, qui entraient dans cette administration, étaient considérés comme complices des Romains , et traîtres à leur patrie.

Matthieu et Zachée étaient péagers avant leur conversion ; ils paraissent s'être enrichis l'un et l'autre, mais si leur condition antérieure nous est inconnue, on peut dire d une manière générale que ce n'étaient jamais que des gens du commun peuple qui s'engageaient dans une occupation aussi méprisée que haie, et celte circonstance ne pouvait qu'empirer avec le temps la haine et le mépris, en y ajoutant le préjugé et l'habitude.

PÊCHE, v. Poissons.

PECTORAL (de jugement), v. Prêtres.

PÉDAJA. v. Zorobabel.

PÉHOR (ouvrant), v. Bosor.

PEINES, v. quelques idées générales sur ce sujet à l'art. Châtiments. Nous détaillerons ici les différentes sortes de peines qui pouvaient être prononcées d'après la législation hébraïque.

4° Peines corporelles, a) De tous temps les coups ont été chez les Hébreux la peine corporelle la plus ordinaire; d'après Deut. 25, 2., le magistrat assistait a la flagellation, notamment lorsqu'elle était ordonnée pour des délits civils.

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Les coups devaient être donnés avec un bâton, sur le corps et non sur la planle des pieds, comme c'était et c'est encore la coutume en Orient, et ils ne pouvaient dépasser le nombre de quarante. Les fouets ou écourgées (hak'rabbim) de 4 H. 42, 41. 44. 2 Cor. 10, 41. 44. étaient garnis de pointes ou de nœuds ; les Latins les appelaient scorpions, à cause du mai qu'ils faisaient ; mais la loi juive ne les reconnaissait pas, et la justice ne pouvait pas en ordonner l'application. Plus tard l'usage prévalut de se servir de lanières de cuir tressées, dont le valet de justice frappait le condammé; le corps de celui-ci était penché en avant, et recevait, dans les cas les plus graves, le maximum de trente-neuf coups, c'est-à-dire, un de moins que quarante, afin qu'il fût bien constant que le chiffre déterminé par la loi n'avait pas été dépassé, 2 Cor. 41, 24.; cf. Jos., Anl.,4, 8, 24. Les cas dans lesquels celte peine était appliquée étaient ordinairement ceux pour lesquels, selon la rigueur de la loi, il y aurait eu condamnation à mort; c'était donc ainsi une commutation. Il résulte de Malth. 40, 47. 23, 34., que la ûagellation était quelquefois appliquée dans les synagogues, v. Sanhédrin, et de Acl. 5, 40., que le grand sanhédrin était compétent pour ordonner cette peine dans certains cas. Notre Sauveur, avant sa crucilixion, et les apôtres à Philippe*, furent fouettés à la romaine, avec des lanières de cuir, Jean 49, 4. Matin. 27, 26. Act. 16, 22. Saint Paul prolesta contre celte discipline et sut, dans une autre circonstance, s'y soustraire en revendiquant ses droits de citoyen romain, parce qu'en cette qualité, il ne pouvait être frappé qu'avec des verges, Act. 46, 37. 22, 25.; cf. Cic, Verr., 6, 56.

6) Les blessures faites à un Israélite libre étaient punies par la loi du talion, q. v. Ex. 21, 23. sq. Lév. 24, 49. sq.

c) Enfin, notons ici encore deux peines étrangères, la mutilation du nez ou des oreilles, d'une main ou des deux, mutilations reconnues en Egypte par les lois, et appliquées surtout aux organes ou aux membres qui avaient servi à commettre le délit ; les Hébreux acceptèrent assez tard celle barbare innovation, mais n'en ménagèrent pas beaucoup l'usage, Jos. Vita, 34, 35. 11 y a peut-être, Ez. 23, 25. une allusion à la coutume égyptienne et babylonienne, de couper le nez et les oreilles à la femme adultère. Cf. aussi Deut. 25, 44. La privation de la vue était chez les Perses la peine spéciale réservée aux princes et à tous les prétendants dont le gouvernement voulait se débarrasser; on leur faisait passer devant les yeux, aussi près que possible de la prunelle, un stylet d'acier ou une plaque de cuivre rougie au feu : la cécité produite de celte manière n'est pas com-

pléterais elle suffit pour paralyser la vue d'un homme; il peut encore distinguer entre la lumière et les ténèbres, mais c'est tout. Jèr. 52, 4 4. 39, 7. 2 R. 25, 7. Cette coulume existe encore de nos jours à la cour de Perse. ». Chardin. Voyages, t. 5, p. 243.; cf. Ilérodot., 7, 48.

2° Peine capitale. — Les Hébreux ne connaissaient légalement et officiellement que deux modes d'exécution, la mort par l'épée, et la lapidation : nous avons parlé de ce dernier mode en son lieu. Quant au premier, on passait les condamnés au til de l'épée, ou on les taillait en pièces: plus tard cependant, et notamment dans la période romaine, les rois des Juifs ordonnèrent la décapitation, Maitb. 44, 4 0., probablement aussi Act. 42, 2. Si l'on croit trouver le même supplice dans le passage 2 H. 40, 6., il faut remarquer que le cas était extraordinaire et qu'un usurpateur est en général disposé à innover, surtout en matière de peines, de sorte qu'on ne saurait tirer de là aucune conclusion sur la législation des Hébreux; d'ailleurs il semble ressortir du récit même, que la décollation n'eut lieu qu'après la mort de ceux qui furent exécutés. D'après quelques interprètes le grand panelier de Pharaon aurait eu la tête tranchée, Gen. 40, 49., mais il parait plutôt d'après les termes employés qu il fut pendu vivant au gibet. On ne saurait douter du reste que la décapitation ne fût connue des Egyptiens, commeel le l'était des anciens Perses (Xénoph., Anab., 2, 6. 4. 46).- Les flèches n'étaient substituées aux pierres que lorsque ceux qui devaient être lapidés se trouvaient hors de portée, et sur un terrain qu'il n'était pas permis de toucher, Ex. 49, 43. — On pouvait encore aggraver la peine en ordonnant que les cadavres fussent brûlés ou pendus : le premier cas est mentionné Lév. 20, 4 4. 24, 9. Gen. 38, 24. Jos. 7, 45. 25.; c'est de ce dernier passage qu'on conclut que ce supplice n'était pas appliqué aux personnes vivantes. La Mishoa (>anh.7, 2.) indique qu'on aurait serré le cou du coupable avec un linge, de manière à lui faire tenir la bouche ouverte, dans laquelle on aurait versé du plomb fondu ! C'est peu probable, et nous n'en voyons de traces nulle part. Le second cas, celui de c adavres pendus a un arbre ou à un gibet, est mentionné Deut. 24, 22. Nomb. 25, 4., cf. Jos. 40, 26. 2 Sam. 4, 4 2. 4 Sam. 34, 8. 40.; c'était la plus grave injure qu'on pût faire à la mémoire du supplicié; celui qui était pendu était considéré comme maudit, Deul. 24 , 23., cf. Gai. 3, 43. Son corps ne pouvait resler exposé la nuit, de peur que venant à se décomposer, il tf empestai l'air et ne nuisit aux vivants, Deul. ibid., cf. Jos. 8, 29. 40, 26; une exception à celte règle est meutionnée comme un acte d'une dureté particulière, 2 Sam. 21, 6. 9. - Quel

quefois aussi, comme outrage fall aux corps, on se bornait à tes couvrir d'un grand monceau de pierres au lieu de les enierrer, Jos. 7, 26. 8, î9. 2 Sam. 48, 47., coutume que l'on retrouve encore dans l'Orient moderne. La peine mentionnée Ex. 34, 44. Lév. 47, 4. 20, 47., a être retranché du milieu de ses peuples, » et qui s'employait ordinairement pour des péchés contre la loi religieuse, est simplement une désignation générale de la peine de mort, sans spécification d'un supplice particulier, mais il est évident qu'il s'agit là en effet de la mort et non d'un exil ou d'une excommunication. — Il faut observer aussi que les exécutions se Taisaient très expédiiivement, Jos. 7, î 1. 4 Sam. 39, 46., par le peuple dans les premiers temps, puis sous les rois par leurs gardes du corps.

L'Ecriture mentionne encore comme empruntés à des nations étrangères, et non reconnus par la loi, les modes suivants d'exécution : <r) La mon par la scie, q. v., t Sam. 42, 34. b) La dichotomie ou mise en pièces, 4 Sam. 45, 33. Elle était habituelle chez les Babyloniens, Dan. 2, 5. 3, 29., de même qu'en Egypte, en Perse, et plus ou moin» peut-être chez les Romains, cf. Hérod., 2, 439. 3, 43. 7, 39, Horace, Sal. 4. 4, 99 sq. Malin. 24, 54. Luc 42, 46. Coran 20, 74. 26, 49. c) On précipitait le condamné du haut d'un rocher. 2 Chr. 25, 42., cf. Ps. 441, 6. Luc 4, 29. 2 Macc. 6, 10. : on connaît la roche larpéieune des Romains, et les Athéniens avaient quelque chose de semblable. H) D'autres ont été étendus dans le tourment, dit saint Paul, Héb. 44, 35. L'original porte proprement « ont été tympanises ; » on ne sait pas au juste de quel supplice il s'agit : le tympan, 2 Maec. 6, 49. «8., était-il le bois avec lequel on les frappait Jusqu'à la mort, ou le billot auquel on les assujettissait pour les écarteler, ou une espèce de roue sur laquelle on les étendait comme on étend la peau sur le cadre d'un tambour ? c'est ce que l'on ne saurait décider, et les diverses conjectures de la Vulgate, d'Hésycbius et d'autres, ne jettent pas de lumières sur ce sujet.

Mous voyons enfin rappelés dans l'Ecriture quelques supplices exerces par les nations païennes, et que les Israélites n'ont jamais connus: 4° Des hommes jetés vivants dan* une fournaise. Dan. 3, peut-être aussi 2 Sam. 42. 34 ., coutume qni, d'après Chardin et Rosenmuller, existe encore en Perse de nos jours : quelquefois les condamnés étaient brûlés à petit feu, Jér. 29, 22. 2 Macc. 7, 5. — 2° La fosse aux lions. Dan. 6. — 4° On étouffait les victimes an moyen de cendres brûlantes, 2 Maec. 43, 5. — 4° Ou broyait les enfants contre des rochers, et l'on éventrait des fenmes enceintes, surtout

au sac. d'nne ville, 2 R. 8, 42. 45, 46. Es. 43, 46. 48. Os. 40, 44. 43, 46. Nah. 3, 40., cf. Ps. 137, 9. Am. 4, 43. — 5° La crucifixion, v. Croix. — 6» Enfin les combats contre les bêles féroces, et la meule d'âne pendue au con de cent que l'on précipitait dans la mer, 4 Cor. 45, 3î. Matlh. 48, 6., sont deux supplices qui ne sont mentionnés qu'en passant : les noyades étaient cependant connues déjà fort anciennement en Egypte, Ex. 4 , 22 ., et les Romains avaient dans l'origine réservé ce genre de mort aux parricides; plus tard, sous les empereurs, on en généralisa l'emploi davantage, en rappliquant à tous ceux qui, par leurs crimes, avaient mérité une peine sévère, une mort cruelle; on leur pendait alors an col une pierre ou tel autre objet pesant qui assurât leur destruction et empêchât leur corps de revenir flotter à la surface de l'eau, cf. Jér. 51, 63.— Quant aux combats contre des bêtes léroces, ». l'art. Jeux.

Nous n'avons pas à examiner Ici la question dogmatique de la peine que Dieu a prononcée contre le pécheur; ni la question plus difficile encore des peines éternelles. Bien des doutes ont été soulevés, bien des solutions ont été proposées : la raison, le sentiment ont tour à |nur élevé la voix pour adoucir ou changer la révélation, o. Enfer : des efforts consciencieux ont été faits pour conserver le respect dù â l'Ecriture, tout en rejetant le sens ordinaire et littéral de quelques passages souvent invoqués, tels que Dan, 12, 2. Matth, 48, 8. 25, 41-46. Apoc. 20, 40. 2 Thess. 4, 9 , etc.; mais dans l'examen de cette question, sans doute bien sérieuse, on a souvent oublié qu'il est des vérités que nous ne pouvons ni ne devons approfondir, notamment toutes celles qui touchent à ce qui est éternel ou infini.

l'ÉKACH (ouvrant), fil» de Rémalla; il était capitaine aux gardes de Pékacbia, et devint par le meurtre de son maître le dix-huitième et avant-dernier roi d'Israël. Vingt années de règne n'ont pu donner a cet usurpateur une gloire ou une réputation quelconque, et son caractère, par le fait même qu'il est peu connu, ne parait pas avoir mérité de l'être. On peut le caractériser un ambitieux d'un génie médiocre, un homme de guerre dont les vues ne vont pas plus loin que le poignard qui le mène au trône. Sa vie, dont les fragments sont épars en trois livres différents, 2 R. 45 et 16, î Chr. 28. Es. 7, 4. 8,4.a9,6., cf. 17. 4-44., ne présente pas un tout bien Hé. Idolâtre comme ses prédécesseurs, il fit alliance avec Rcisin, roi de Syrie, contre Acliaz, roi de Juda, oblinl d'abord de grands succès, fit un grand nombre de prisonniers qui ne durent leur liberté qu'à l'intervention d'Hoded et d'Hazaria, mais dut renoncer

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au siège de Jérusalem qu'il avait entrepris , pour retourner dans ses Etats menacés pur Tiglath Piléser, qui ne tar-la pas à lui enlever les provinces situées à Test du Jourdain et nu nord de la Palestine. Il mourut bientôt, assassiné par Hosée, après avoir régné de 756 à 737 av. C.

PÊKACHIA (ouverture de l'Eternel), fils et snccrsseur de Ménahem, fut le dix-septième roi d'Israël ; il monta sur le trône 758 ans av. C. fut assassiné par Pékach après deux ans d'un règne obscur et idolâtre, S R. 45, 22.

PÉLATJA, fils de Bénaja , un des principaux du peuple sous Sédrcias, et complice de ( idolâtre incrédulité de Jaazanja, Ez. 44, 4. 43., peut-être en partie adorateur du soleil, cf. 8, 46. Pendant qu'Ezécbiel annonçait a la faction contraire à Jérémie, dont cet nomme était l'un des conducteurs, les vengeances de l'Eternel, Pélatja tomba mort subitement; celte mort était déjà un échec pour son parti, elle le devenait davantage encore en ce qu'elle représentait le commencement des jugements de Dieu, et comme le nom de Pélatja signifie le secours de l'Eternel, chacun put dire « le secours de l'Eternel a pris tin, » il n'y a plus de délivrance à attendre dans les maux dont nous sommes accablés. — Les ennemis de Jérémie se moquaient de l image d'une chaudière employée par Jérémie, 4, 43., cf. Ez. 44, 3., Ezéchiel la reprend pour son compte et la développe de nouveau, 44, 7. 24, 3., comme pour sauctionner par non témoignage les paroles d'un prophète persécuté et méprisé.

PÉLEG, Gen. 40, U. 4 4, 46. 4 Chr. 4, 49 Sa., appelé Phaleg Luc 3, 35. Descendant de Sem, liis d'Uéber, et frère de Joktan. Son nom, qui signifie partage, lui fut douné par son père, parce qu'en son temps la terre fut partagée. Il mourut âgé de deux cent trente-neuf ans. Le nom de Péleg se rapporte peut-être a la confusion des langues qui divisa les hommes, et les partagea non plus en familles seulement, mais en nations; v. Babel; peut être aussi a des convulsions terrestres, a des déchirements géographiques, dont l'histoire est aujourd hui perdue.

PÉLÉTUIfclSS, * Sam. 8, 48. Î0, Î3. 4 K. 4, 38. I t.hr. 4 8, 47., soldats célèbres sous le règne de David, de même que les Kéréthiens : comme ces derniers rappelaient par leur nom les Cretois ou Caphtorim, q. v., de même les Pélélhiens rappelaient les Philistins, et il pouvait y avoir entre ces peuplades quelques liens de parenté. Les Pélêthiens étaient originairement de la ville de Gath. Suivant différentes étymologies possibles de leur nom. quelques auteurs ont voulu voir eu eux, soit les membres du grand sanhédrin, soit des destructeurs, des hommes qui brisent, soit des hommes extraordinaires par leur force et leur courage. Le plus

probable c'est qu'ils étaient une garde spéciale des rois, formée primitivement de soldats étrangers, Kéréthiens et Pélélhiens, et que ce nom resta attaché aux fonctions, alors même que plus tard celles-ci furent remplies par des hommes du pay-, comme le nom de Suisses a continué de nos Jours a designer certains services, indépendamment de toute question d'origine. v. Buis.

PÉLICAN. C'est ainsi que doit être traduit l'hébreu kaalh, ainsi qu'on l'a vu à l'art. Cormoran. Quant au mot racliam, rendu par pélican, il désigne plutôt le vautour perenoptére qui porte encore le même nom chez les naturalistes arabes, et que l'on trouve en Arabie, en Syrie, et surtout en Egypte ; sa taille varie entre « elle d'une grosse corneille et celle d'un fort aigle commun. D'une vilaine figure et mal proportionné, cet oiseau est lourd, paresseux, lâche, se laissant ballre par les corbeaux, toujours ( riant, lamentant, dit Buffon, toujours affamé, et cherchant des cadavres ; il est en outre dégoûtant par l'écoulement continuel d'une humeur qui sort de ses narines. On comprend que Moïse l ait rangé au nombre des oiseaux impurs, l.év. 4 4 , 48 Deut. 4 4, 4 7.; Hasselquist dit de son aspect qu'il est ftorrldus quantum guis videre potent.

PELUSItni.v. Sin.

PÉNIKL. v. Jabbok.

PÉN1\NA (perle, corail?), 4 Sam. 4, 2.; Tune des épouses d'Kikana, mère de plusieurs enfants, et jalouse, malgré ce bonheur, des soins et de l'affection que son mari témoignait à Anne sa stérile rivale. Aigre, dure et méchante, cette femme devait être pour Elkana une épine continuelle, comme elle était pour Anne une tracassière persécutrice; elle était dans son temps une condamnation vivante de la polygamie.

PENTATEUQUE. Les cinq livres de Mofse forment un ouvrage unique, que nous nommons le Peutaleuque (d'après le nom que les Grecs lui donnèrent: Uvkxziv/o^, se. B(5Xeç). Les Juif > le nommaient ordinaiiement le livre de la loi (Thorah, ou Sépher haUharah)t parce que la loi mosaïque en forme pour ainsi dire le centre. Les Juifs de Palestine désignaient chacun des cinq livres qui le composent par le mot qui les commence; ainsi Beréschitk (la Genèse, littéralement : au commencement), etc. ; mais ceux d'Alexandrie leur donnèrent des nom* en rapport avec leur contenu, Tévsstç ou Genèse (origine de toutes choses ), 'Efs^o; ou Exode (sortie d'Egypte), Asuîtixo; (luis du culte lé\ilique> 'kpi^z: ou N »mbres(par«e que ce livre commence par un dénombrement), et, Aîu-rcpsv^tsv (répétition de la loi); ce sont ces derniers noms qui ont passé dans notre langue.

Le Peolateuque est la justitiealion historique

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