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de la théocratie, ou du gouvernement de Dieu ; il se résume lui-même Deut. 4, 39. 34, 9-43. 26. 27., et saint Etienne l'a rappelé tout entier en quelques paroles, Act. 7.
Pour se convaincre que ces cinq livres forment un tout bien lié, un ouvrage sorti de la plume d'un même auteur, composé d'après un plan régulier, et non pas, comme on l'a prétendu, un recueil de fragments, il suffit de jeter un coup d'oeil sommaire sur son contenu. On peut y distinguer un certain nombre de sections principales.
vine (4-7,), on devait attendre celles sur les personnes sacrées chargées de les offrir (8,). La consécration solennelle du tabernacle accompagnée d'une manifestation sensible de la divinité, racontée au ebap. 9. justllie en quelque sorte le sévère châtiment infligé aux deux iils d'Aaron qui manquèrent au respect dû à l'Eternel (10,). Viennent ensuite les lois sur la pureté, d'après lesquelles devait se régler l'admission dans l'édifice sacré (4 4-45,); et à ce morceau se rattachent très directement le c/iap. 46, contenant la description de la grande fête
Sect.I. — Relation primitive de l'homme avec annuelle, par laquelle devaient être expiées
Dieu ; rupture de cette relation par le premier péché; développement et châtiment du péché; premières promesses d'un Rédempteur (Gen. 1-14,).
Sect. II. — Préparation du salut annoncé dans la 4ro section, par le choix d'une famille qui doit être le dépositaire de la révélation, et donner naissance au Rédempteur. Cette section laisse pressentir une suite, car, à la fin , nous trouvons le peuple d'Israël en Egypte, hors du pays qui lui a été assigné par ia promesse (Gen. 42-50,).
Sect. III. — Dans cette section nous voyons le commencement de l'accomplissement de 1» promesse relative au pays de Canaan. L'auteur, après avoir montré comment Moïse, qui devait être l'instrument de la délivrance, fut préparé pour cette mission , raconte les miracles qui précédèrent et déterminèrent la sortie d'Egypte, l'institution d'un mémorial de ce bienfait (la pâque), et enfin le voyage jusqu'au mont Sinaï, ou le peuple, maintenant préparé par l'épreuve et la reconnaissance, doit recevoir la loi qui fixe ses rapports avec son Dieu (Ex. 4-48,).
Sect. IV. — Cette section, qui a pour sujet la législation, forme proprement le noyau du Penlateuque. Elle embrasse à peu près les événements d'une année. L'auteur , après avoir donné la loi fondamentale (Ex. 19 24, 4 4.), raconte comment Moïse reçut sur la montagne des directions très détaillées sur la construction de l'édifice qui devait être le centre du culte, et l'habitation visible du Dieu avec lequel Israël venait de contracter alliance (Ex. 24, 42.-34,). Le récit de la révolte du peuple, qui viul retarder l'exécution de cet ordre (Ex. 32-34,), devait naturellement précéder le morceau qui traite de la construction du tabernacle, (Ex. 35, jusqu'à la fin du livre). — Après la construction du tabernacle, c'était le lieu de placer les ordonnances relatives au culte qui devait s'y célébrer, et c'est ce qui forme le sujet du Lévitique, dans lequel, avec un peu d'attention, il ne sera pas non plus difficile de reconnaître un ordre bien suivi. Après les lois sur les sacrifices, signes et gages de la grâce di-
toutes les souillures du peuple, et le chap. 47, qui attribue au tabernacle le privilège exclusif de servir au culte, et défend l'usage alimentaire du sang, à cause de son emploi dans les expiations. Suit une énumération des péchés dont la souillure rendrait les Israélites indignes de porter le nom de peuple saint à l'Eternel, et de posséder au milieu d'eux la demeure do Très-Haut (48-20,); dans les deux chapitres suivants, les lois sur la pureté, tant morale qu'extérieure, sont appliquées particulièrement aux personnes chargées du culte (24, 22,). Le chap. 23 contient le catalogue des fêles solennelles, qui toutes devaient se célébrer auprès du tabernacle. Le chap. 24, après quelques détails sur les objets sacrés qui devaient se trouver dans le tabernacle, raconte un fait qui se passa dans ce temps-là, la punition d'un blasphémateur; enfin, les trois derniers chapitres renferment les lois sur le jubilé , l'année sabbatique, etc., qui devaient rappeler aux Israélite» les droits de Dieu sur le pays de Canaan dans lequel ils allaient entrer. — Après avoir parlé du tabernacle et du culte qui s'y rattachait, Moïse était conduit à indiquer sa place dans le camp et la manière de le transporter pendant le voyage (Nomb. 4-4,); il raconte comment, en conséquence des lois sur la pureté mentionnées dans le Uvitique, un certain nombre de personnes furent en effet exclues du camp (3, 4-4.) ; il cnumère diverses ordonnances qui lurent données occasionnellement à celte époque (5, 5-34., 6,); puis, comme les dons faiis par les douze chefs de tribus pour le service do tabernacle, furent alors seulement remis aux lévites pour cet usage, ils sont inscrits et énumérés (7,); la consécration solennelle des lévites et leur entrée en charge trouve naturel/*ment ici sa place (8,). Le chap. 9 conuVot quelques détails sur la célébration de lapttiu* et sur la nuée merveilleuse, et quelques prescriptions amenées par les circonstances ; enfin, comme les Israélites allaient se remettre en route, les dix premiers versets du chap. 40 devaient parler des trompettes sacrées. (Celle seclion va ainsi d'Exode 49, à Nombres 40, 40.).
Sect. V. — Les événements qui s'écoulèrent depuis le départ de Sinaï jusqu'au commencement de la quarantième année du voyage sont assez brièvement racontés; le plus saillant est la révolte, du peuple, lors du retour des espions, pour laquelle, après être arrivé à la frontière du pays de Canaan, il fut condamné à errer encore 38 ans dans le désert, et tous les Israélites âgés de plus de vingt ans exclus du pays promis. (Nomb. 40, 4 4.-19,).
Sect. VI. — Le récit du voyage de la nouvelle génération , depuis Kadès - Barné jusqu'aux plaines de Moab, occupe le reste du livre. Les deux premiers chapitres nous montrent que la nouvelle génération était, non moins que celle qui avait été condamnée a périr peu à peu dans le désert, l'objet des manifestations de la justice aussi bien que de la grâce de Dieu ; eaux miraculeuses, victoires sur les ennemis, serpent d'airain, etc. (20 et 24,); l'histoire de Balaam est racontée avec beaucoup de détails pour montrer comment toutes choses doivent concourir au bien des enfants de Dieu (22-24,), mais immédiatement après, Moïse doit raconter comment Dieu châtie aussi d'une manière terrible les péchés de son peuple (25,). LTn dénombrement de la nouvelle génération qui allait entrer en possession du pays de Canaan devait naturellement avoir Heu, et se trouve ici a sa place (26,). 11 fallait raconter encore comment, dans la prévision de la prochaine mort de .Moïse, Josué fui désigné et consacré comme son successeur (27,). Les trois chapitres qui suivent (28-30,) sont consacrés à l'exposé général de tout ce qui concernait les sacrilices elles vœux, parce que le moment approchait où, étant entrés eu possession de la terre promise, les Israélites pourraient s'acquitter de ces obligations, la beaucoup plus complètement qu'ils n'avaient pu le faire dans le désert. Le chap. 34 rapporte comment le châtiment que les Madianites méritaient a cause de leurs tentatives de séduction, fut exécuté ; le ch. 32, comment le pays déjà conquis en deçà du Jourdain fut partagé entre les tribus de Gad, Ruben, et la moitié de Manassé. Le livre des Nombres se termine par une énumération sommaire des principales stations du voyage, et quelques ordres relatifs aux frontières et au partage du pays de Canaan dans lequel on allait entrer (33-36.).
Sect. VII. — L'ouvrage de Moïse aurait été évidemment incomplet, s'il ne nous avait pas conservé le souvenir des derniers efforts qu'il Ut pour le bien spirituel des Israélites, dans ce moment solennel où ils allaient, après leur long pèlerinage, voir se réaliser enlin les promesses faites à leurs pères. C'est aussi là le but et l'objet du Deuléronome.
Les quatre premiers chapitres sont une sorte
d'introduction, et renferment un discours dans lequel Moïse récapitule l'histoire des quarante dernières années, en en déduisant des enseignements et des applications pour la conduite lulurcdu peuple. Mous voyons ensuite, c'est là le noyau du livre, comment Moïse rappelle les lois déjà données précédemment au pied du Sinaï, insistant sur leur observation, avec de nouveaux motifs empruntés à l'histoire et aux circonstances, les appliquant toutes directement au séjour en Canaan, quelquefois les développant, et ajoutant de nouvelles directions, ainsi celles des chap. 13 et 48 sur la prophétie qui devait continuer l'œuvre de la révélation, et celles du ch. 47 sur le gouvernement monarchique dont il fallait prévoir la possibilité (5-27,). Les trois chapitres suivants contiennent les dernières et touchantes exhortations du législateur, dans lesquelles, pénétré de l'esprit prophétique, il découvre au peuple, d'un côté les bénédictions, de l'autre les terribles jugements qui lui sont réservés dans l'avenir (28-30,). Ou sent que la tin de Moïse approche toujours plus; au ch. 34, il raconte comment il transmit solennellement sou ofllce à son successeur Josué, et remit le livre de la loi entre les mains des prêtres. Le ch. 32 reuferme le magnifique cantique dans lequel il prophétise la chute et le rétablissement tinal de son peuple, et dans le ch. 33, nous lisons les bénédictions qu'il prononça sur les douze tribus.
Sect. VIII. — Le chap. 34 est un appendice écrit par une main étrangère, peut-être par Josué, et complète les longs mémoires de la vie de Moïse par le récit succinct de sa mort.
Les adversaires de la révélation, reconnaissant bien que le Pentaieuque était la pierre angulaire de la Bible, ont mis (oui en œuvre pour l'ébranler. liobbes et Spinosa avaient déjà dirigé contre lui quelques attaques partielles; ces attaques devinrent toujours plus hardies vers la tin du siècle dernier. On trouva que le moyen le plus simple était d'en contester l'authenticité; c'est ce que firent Bauer, Paulus, Berchtold, encore avec une certaine modération, et en laissant subsister, comme authentiques, quelques fragments assez considérables, jusqu'à ce qu'enfin Vatke, De Welte et Bohlen prirent le parti de tout contester à Moïse, et d'attribuer la composition du Pentateuque. à un auteur d'une époque beaucoup postérieure. L'authenticité du Pentateuque a été, en revanche, défendue par Jahn, Hancke, lleugstenberg (Beitiœge zur Einl. in das. A. T.) et rLcvernhk (Einleil. in das. A. T.).
L'aut/ienticité s'établit parles considérations suivantes :
4° Moïse se donne lui-même clairement comme l'auteur de ces livres. Cela est évident d'abord
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quant â certaines parties de l'ouvrage, Ex. 34, 57. Nomb. 33, 2. Deul. 31, 22.; mais il y a, comme nous Pavons montré, une liaison si étroite, si intime, entre toutes ses parties, que de ces passages on peut conclure a l'ensemble. Le passage, Ex. 17, 14., où il est question </u livre, est aussi a remarquer.
2° Le contenu du Pentateuque ne peut s'expliquer qu'en admettant que c'est Moïse qui l'a rédigé. En effet, l'auteur montre une connaissance si exacte de l'Egypte, de son sol, de ses mœurs, qu'il faut supposer qu'il y a fait un séjour plus ou moins long, comme c'était le cas pour Moïse. La vérité du Pentateuque, sous ce rapport, a été mise dans tout son jour par les découvertes de Chimpollion. — On voit que l'auteur connaissait à fond l'histoire des douze tribus Israélites, et qui était mieux placé pour cela que Moïse? — Il y a enlln tant d'allusions au voyage dans le désert, tout est tellement basé sur les circonstances de ce temps-là, qu'il est impossible d'attribuer la composition de ce livre a une époque postérieure.
3» Le Pentateuque est attribué & Moïse par tous les autres livres de l'A. T. Ici, nous pouvons alléguer d'abord un grand nombre de passages directs, ainsi Jos. 1 , 7. 8, 31. 23, 6. 2R. 14, 6. 2 Chr. 23, 18., etc. Quant aux citations d'Esdras et Nébémie, nous pouvons nous dispenser de les énumérer, parce que les adversaires accordent que le Pentateuque existait de leur temps. Mais il sera facile de remarquer que tout, dans les livres postérieurs, lois, usages, jugements moraux, etc., est basé sur le Pentateuque; sans le Pentateuque, l'histoire d'Israël est inexplicable.
4° Notre Seigneur et les apôtres attribuent le Pentateuque a Moïse d'une manière si claire, que l'on ne peut plus attaquer l'authenticité de ce livre, sans porter atteinte à leur autorité. ». par exemple, Malth. 1 9, 8. Jean 5, 45. 46., etc.
Contre l'authenticité, l'on allègue :
1° Que du temps de Moïse les Hébreux ne connaissaient pas I écriture. Mais ne pouvaientils pas l'avoir empruntée, comme d'autres connaissances, aux Egyptiens ou à quelque peuplade sémitique P Certains passages prouvent que cet art (v. Ecriture) était non-seulement connu du temps de Moïse, mais qu'il avait passé dans la vie ordinaire; ainsi Deut. 6, 9. 11, 20.; ainsi encore Deut. 24, 1., où il est question des lettres de divorce, l'existence d'une classe d'employés appelés scribes, etc.
2° On trouve que la langue du Pentateuque a trop de rapports avec celle des livres postérieurs. Mais cette immutabilité de la langue s'explique d'abord par la structure des langues sémitiques, si différente de celles df l'Occident ; puis, par celle circonstance que les licbieux
restèrent, beaucoup plus que d'autres peuples, à l'abri des influences étrangères. D'ailleurs, l'assertion même n'a pas toute la force qu'on lui suppose, témoin le nombre assez grand d'archaïsmes que l'on peut observer; ainsi le mot késeb (pour agneau), ainsi l'expression : -« être recueilli vers ses pères, » et beaucoup d'autres encore, de même que certaines formes de langage, ne se trouvent que dans le Pentateuque (r. la Grammaire d'Ewald).
3° On a prétendu trouver, dans beaucoup de passages, des traces d'une époque postérieure; mais quand on y regarde de près, cet argument perd de son importance. Nous en citerons quelques exemples : on a dit qu'en nommant la ville de Dan, Gen. 14, 14., l'auteur postérieur se trahit, puisque cet endroit ne reçut le nom de Dan que lors de la circonstance mentionnée Jug. 18, 29.; mais on n'a pas fait attention qu'il existait une seconde ville de Dan à peu prés dans la même contrée, comme on peut le conclure de 2 Sam. 24, 6., où l'une des deux villes est appelée Daii-Jahau, pour la distinguer de l'autre. — On s'est étonné de trouver, Ex. 23, 19., l'expression: « maison de l'Eternel,» qui semble faire allusion au temple de Jérusalem-, mais ne peut-el e pas s'appliquer tout aussi bien au tabernacle qui allait se construire? — On a encore allégué que le ch. 17 du Deutéronorae ne peut pas avoir existé du temps du prophète Samuel, puisqu'il déclare la royauté inconciliable avec la théocratie; mais il faut remarquer que la polémique de Samuel ne se dirige point contre le gouvernement monarchique en général, mais contre son introduction dans les circonstances d'alors, et les dispositions qui le faisaient désirer, etc.
4° On dit encore que i'élat moral du peuple, tel qu'il nous est représenté dans les livres postérieurs, ne peut se concilier avec la supposition que le Pentateuque fût connu. Mais la loi s'accorde-t-elle donc tant avec les inclinations de l'homme naturel, que l'on ne puisse pas comprendre que, tout en étant connue, elle ne fût pas mise en pratique? Avec cet argument-là ne pourrait-on pas renverser aussi l'authenticité du N. T., et prouver que la chrétienté contemporaine n'en a pas eu connaissance ?
5° Enfin, l'on a fait grand bruit de cet exraplaire du livre de ia loi irouvédans le temple sais Josias, 2 Chr. 34, 4 4., et l'on en a conclu (De Welte) que ce livre pouvait bien avoir été fabriqué par les prêtres. Mais que le Pentateuque (car c'est de ce livre tout entier qu'il s'agit dans ce passage) existât du temps de josias et avant, c'est ce que prouvent les nombreuses allusions «les prophètes, et en particulier de Jérémie. Quelques-uns pensent que c'était l'exemplaire
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sacré, écrit de la main même de Moïse, qui avait été égaré sous des rois impies, et l'on comprend que sa découverte, surtout dans les circonstances où se trouvait le royaume, ait dù faire une profonde impression; toutefois il y a de graves objections contre cette hypothèse.
De tout ce qui précède on doit conclure deux choses : l'une, c'est que Moïse est bien l'auteur des cinq livres qui portent son nom; l'autre, que son travail a été, avec le temps, revu, complété et annoté par les hommes de Dieu, chargés de conserver au monde et à l'Eglise les annales d'Israël. Si les lois ont été données dans le désert, leur codification et leur coordination a été, non simultanée, mais successive. Il y a, non-seulement d'un livre à l'autre, niais souvent dans le même livre, des répétitions, des variantes, des ètymologles différentes données a un même nom, qui ne s'expliquent ni par la différence du style, ni par l'ancienne hypothèse de fragments, ou de deux documents, dès longtemps condamnée, et qui supposent des annotations postérieures. Parmi les répétitions et les doubles emplois, il y a le double récit de la création, l'histoire d'Abraham et d'Agar, celle de Sara et du roi d'Egypte; puis, des Indications chronologiques qui semblent avoir été ajoutées plus tard, la mention du temple, Ex. 15, des allusions à la royauté; des passages tels que Gen. 12, 6. 36, 31. 40, 15. Nomb. 15, 32. 32, 34. Deut. 2, 12. 3, 11., etc.; enfin, et surtout, la formule «jusqu'à ce jour* qui revient jusqu'à 67 fois dans le Pentateuque, et toujours en parlant d'une période de longue durée : tous ces faits, sans ébranler l'autorité des écrits de Moïse, sans rien ôter à leur antiquité, non plus qu'à leur divine inspiration, semblent établir d'une manière péremptoire qu'ils ont été l'objet de l'attention constante des prophètes qui s'attachaient à les compléter au fur et à mesure, et l'on est d'accord à penser que l'époque dfe Jérémie est celle où le Pentateuque prit sa forme complète et définitive ; le style de Jérémie, en particulier, rappelle beaucoup celui du Deutéronome.
Sous le rapport littéraire enfin, nous nous bornerons à citer ici les paroles d'un écrivain qui, sans négliger peut-être le fond, s'attache davantage à la forme, et dont le témoignage, en pareille matière, est intéressant, quoiqu'il ne soit pas neuf: « Il n'est pas nécessaire, dit-il dans sa Bibliothèque sacrée, d'insister sur l'excellence du Pentateuque, à le considérer seulement sous le rapport littéraire. On sait que tous les peuples se sont accordés à y chercher les modèles du sublime, et que l'histoire de Joseph, qui termine la Genèse, est un c.hef- «Pieuvre de naïveté, d'éloquonee et de sentiment, auquel rien ne peut être comparé dans
l'ancienne littérature. » (Nodier.) — v. Grand- Pierre, Essais sur le Pentateuque.
PENTECOTE. C'était la seconde des trois grandes l'êtes solennelles que les Juifs célébraient à Jérusalem. Son nom vient du grec, et signifie cinquantième. Elle fut dans l'origine instituée en mémoire de la promulgation de la loi sur le mont Sinaî, qui eut lieu cinquante jours après la sortie d'Egypte. Elle portait aussi les noms de fête de la moisson. Èx. 23, 16.; fête des semaines ou des sept semaines, Ex. 34, 22. Deut. 16, 16.; fête des prémices ou des premiers fruits, Nomb. 28, 26.. pan e que, célébrée cinquante jours après le commencement de la moisson, ou sept semaines après le lendemain du sabbat de Pâque, elle était un service public d'actions de grâces pour la moisson heureusement terminée, Lév. 23, 15. Ex. 23, 16. Outre les sacrilices et les ohlatious ordinaires, les Israélites devaient présenter en ce jour un gâteau nouveau, deux pains levés, et un bouc pour le péché, Lév. 23, Nomb. 28, Deut. 16, 10. De joyeux repas égayaient cette fête du bonheur que les Juifs fréquentèrent toujours avec empressement, même après que les jours de l'exil eurent détruit plusieurs de leurs habitudes religieuses, Act. 2, 5-20, 16. Jos., Ant., 14, 13. i., et ailleurs. Un nouveau cinquantième jour, une nouvelle Pentecôte eut lieu après que les disciples du Sauveur eurent célébré avec la dernière Pâque juive la première Pâque chrétienne; cette Pentecôte a fait oublier l'ancienne, comme le Saint-Esprit a remplacé la loi dans le cœur de ceux qui sont devenus de nouvelles créatures. — Quelques remarques de détail achèveront de déterminer le caractère de la Pentecôte juive, ainsi que ses rapports avec celle des chrétiens.
1« D'après Lév. 23, 15. 16., cf. v. M., les sept semaines étaient comptées du Jour qui suivait le sabbat de Pâque, c'est-à-dire du 16 nisan, de sorte que la fête était célébrée un lendemain de sabbat, cinquante jours après la Pàque, le 5, 6, ou 7 sivan, suivant que nfsan et jiar étaient caves ou pleins; c'est ainsi que les rabbanites l'entendent; les caraîtes comptent au contraire les sept semaines à d.iter du jour de Pâque, et célèbrent ainsi la Pentecôte le jour du sabbat : il est bien probable en effet que l'oblation des premiers pains devait correspondre à celle des premiers épis, qui avait lieu le jour du sabbat; les sept semaines intermédiaires étaient consacrées à la moisson, Deut. 16, 9. La loi n'avait déterminé qu'un seul jour pour la fête, mais les Juifs depuis l'exil, et de nos jours encore, célèbrent le lendemain, et donnent deux jours à la Pentecôte.
2» Les pains offerts à l'Eternel étaient faits avec du levain, comme les palus dont on se ser-
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