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gaire fait Joseph contemporain de la 18* dynastie; la chronologie de Champollion le fait vivre au commencement de la 17% de celle des Hyi sos ou rois pasteurs; v. Chronologie. Indépendamment des considérations chronologiques, la première opinion s'appuie sur ce que dit Joseph à ses frères, que les Egyptiens ont en horreur les hergers, et elle attribue cet avertissement à la haine profonde que le .souvenir de la domination étrangère avait laissée dans le cœur des Egyptiens. Mais les paroles de Joseph doivent s'entendre des nomadt s, et non des hergers, ce qui serait ridicule, puisque, les Egyptiens eux-mêmes étaient bergers, possesseurs de troupeaux. Joseph veut dire à ses frères : ««Ne vivez pas en nomades, mai» fixez-vous quelque part, » et il choisit pour lieu de leur résidence la terre de Goscen, remplissant ainsi le double but de les soustraire à la haine des Egyptiens, et de les éloigner du théâtre probable de guerres intestines. La chronologie nouvelle s'appuie sur des raisons Intérieures qui ne sont pas sans force : il est évident que l'administration de l'Egypte pendant la famine, n'avait rien de national, et qu'elle ressemblait plutôt à une exploitation qu'à un gouvernement. Il n'y avait qu'un étranger qui pût, en échange du blé nécessaire, demander à ses sujets leur or, leurargent, leur bétail, puis leurs terres, et enfin leur liberté. Une vente aussi impitoyable ne pouvait être le fait que d'un avide conquérant, sans rapports d'origine avec ses administrés; d'ailleurs il faut ajouter qtf un roi légitime, et véritablement Egyptien, n'eût pu acheter la liberté de ses sujets, puisque ceux-ci, en leur qualité de sujets, eussent été déjà ses esclaves. Quelques détails encore trahissent un monarque étranger: cette ombrageuse concentration des Egyptiens dans les villes, mesure peut-être moins générale que le iexle ne parait l'indiquer, et restreinte à certaines familles, à certains individus suspects, espèces d'arrêts domestiques destinés à prévenir des complots, isolement forcé sous la surveillance de la haute police, déplacement des intelligences et des influences, Gen. 47, 21 .; ces complaisances affectées et intéressées pour la caste sacerdotale (41, 45. 47, 22. 26.); <«s relations suivies et fréquente*, malgré le malheur des temps, des Pharaons avec Canaan, leur première patrie, celle des Hycsos et des rois pasteurs, Gen. 47, 14. 15. La 18e dynastie, Pharaons égyptiens rétablis sur les ruines des étrangers, n'eût pas mis a la tête de l'Etal un Joseph étranger, et, jalouse à l'excès de sa natiunalité, elle l'eût conservée en acceptant les conseil», peut-être aussi les services, mais non la personne d'un prisonnier venu de Canaan. — C'est ce Pharaon dout le nom se retrouve Acl. 7, 10. 13.
3° Pharaon, 1 Chr. 4, 18., n'est connu que
pour avoir donné sa fille en mariage à Méred, descendant de Juda; mais la date même en est inconnue. Toutefois cette alliance prouve que les Hébreux n'étaient pas encore, esclaves sur la terre égyptienne, et ce Pharaon a dû être l'un ries premiers successeurs du précédent, par conséquent un roi pasteur; c'est probablement lui aussi qui protégea les travaux de Hel et de Jokim, 1 Chr. 4,21-23.
4° Pharaon, l'un des trois ou quatre rois contemporains de Moïse. On ne peut dire si le «« nouveau roi, » Ex. 1, 8., qui se signala par une oppression si impolitique des Ilcbreux, et qui en donna l'exemple, est le piême que celui qui donna l'ordre plus barbare encore de faire périr leurs enfants mâles, Ex. 1, 16-22., et qui, sans le savoir, servit de père adoptif à l'un d entre eux, à Moïse, qu'il élevait à sa cour, et qui devait un jour affranchir ses frères captifs. Si ce sont deux personnages distincts, le premier est inconnu; le second serait, d'après la chronologie nouvelle, Thoutmosis II, b" roi de la 18" dynastie, qui est monté sur le trône vers l'an 1136 av. C. Son nom se retrouve Acl. 7, 18. Hebr. 11, 23.
5° Pharaon, deuxième contemporain de Moïse, celui sons le règne duquel le futur législateur du peuple juif essaya, pour la première fois, de se faire reconnaître comme tel à ses frères, en tuant un Egyptien, Ex. 2, 23. 4, 19. Act. 7, 23. On pense que c'est Aménophis II, 8e roi de la 18e dynastie. Les paroles, Ex. 4, 19: «Tous ceux qui cherchaient ta vie sont morts » se rapportent aux parents de l'Egyptien tué par Moïse, et non à Aménophis, car celui-ci devait être mort depuis quelques années, et s'il ne se fût agi que de lui, Dieu eût pu, longtemps auparavant déjà, faire savoir à Moïsequ'il pouvait quitter Madian pour l'Eg> pie.
6° Pharaon, troisième contemporain de Moïse, Ex. 3, 10. 4, 21. 5, I. régnait depuis plusieurs années, quand le cri de la liberté vint rèteniir au sein du peuple juif, dont il avait rendu plus dure encore la captivité. Somme par les deux frères hébreux, mais appuyé de Jaunes et de Jambrès, il voit successivement dix lleaux ravager son pay s, et ne cède enfin que lorsqu'il se voit frappé lui-même dans la personne de son fils aîné; mais il ne cède qu'à la force, et, quand sa douleur commence à se calmer, sa po.itique reprend le dessus, il se lève avec son armée, et vient périr avec elle dans les flots de la mer Rouge, en essayant de poursuivre les esclaves que Dieu affranchissait, Ex. 14, 3. Ce Pharaon serait, d'après les calculs modernes, Hor ou Uorus, 9* roi de la 18" dynastie; il a commencé à régner vers 1657 av. C. Son nom se retrouve fréquemment Ex. 15, 4. 18, 10.
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Deul. 6, 21 . 7, 8. 4 4 , 3. 29, 2. 34, 4 1 . Ps. 1 35, 9. 136, 15. 2 R. 17, 7. Néh. 9, 10. Hébr. 11, 27. Sa vie a été, en quelque sorte, une lutte continuelle contre Dieu; mais lui-môme n'y a voulu voir qu'une lutte entre ses magiciens et ceux des Hébreux. Il s'est endurci, et Dieu a ùlé les roues de ses chariots dans la mer. Quelques auteurs doutent qu'il soit mort avec son peuple, et ils s'appuient sur ce que ce n'est pas dil expressément dans le texte, et sur le silence postérieur des historiens sacrés sur un si grand événement.
7° Pharaon, contemporain de David, 1 R. 11, 18. sq. Il accorda sa protection, et donna sa belle-sœur en mariage à Hadad, roi d'Idumée. dépossédé par les Hébreux. Celte protection était un acte d'hostilité contre David; elle dura pendant toute la vie de ce prince, et prouve combien les Pharaons étaient puissants, puisqu'ils ne craignaient pas de braver le monarque Israélite aux jours de sa plus grande prospérité. — Ce Pharaon a été l'un des rois de la 2I« dyuastie, celle des Tanites, qui a duré de 1101 à 971 av. C. On présume qu'il doit être distingué du suivant, et que plusieurs rois tanites se succédèrent avant celui qui fit alliance avec Salomon. Hadad était fort jeune quand il s'enfuit en Egypte, et il avait un fils élevé parmi les fils du roi, lors de la mort de David.
8° Pharaon, contemporain de Salomon, 1 R. 3, 1. 7, 8. 11, 1. Cant. 1,9.2Cbr. 8, 11. (1001 ou 1013 av. C). Il fit alliance avec Salomon, lui donna sa fille en mariage, et donna à celle-ci, pour dot, la ville de Guézer, que ses troupes avaient prise sur les Philistins, et qu'elles avaient incendiée peut-être par vengeance. Dernier roi de la dynastie des Tanites, H fut détrôné, et peut-être tué par Sisac ; c'est à lui qu'on pense que Salomon fait allusion, Eccl. 4, 14.
9° Pharaon, v. Tirhaca. — 10° v. Néco. — 11°». Hophra. — 42° et 13° v. Sisak et Zérah. — 14° Le Pharaon de Jér. 47, 1 . qui assiégea et prit Gaza, ne saurait être autre que Psammétieus ; il régna 54 ans d'après Hérodote, 44 ou 45 suivant Eusèbe, et fut contemporain de | la fin de Manassé, d'Amon, et de la plus grande partie du règne de Josias.
PHAREZ (rupture), Gen. 38, 29. 46, 12., un des jumeaux, (Ils de Juda et de Tamar, et l'un des ancêtres de notre Sauveur, Matth. 1, 3. Luc 3, 33. Il n'est connu que par un singulier détail de sa naissance, qui lui assura le droit d'aînesse quand tout pouvait faire croire que Zara son frère viendrait au inonde avant lui. Partout ailleurs il n'est mentionné de lui que son nom, Nomb. 26, 20. Ruth 4, 18. 1 Chr. 2, 4. 4, 1.
PHARISIENS. Trois classes, sectes, ou tendances, qui se retrouvent continuellement dans
l'histoire de l'Eglise sous différents noms, parce qu'elles correspondent à trois dispositions, à trois principes de corruption du cœur de l'homme, la superstition, l'incrédulité, et le mysticisme, trois sectes, disons-nous, se remarquaient parmi les Juifs au moment de l'apparition du christianisme ; c'étaient les pharisiens, les sadducèens, et les esséens ou esséniens : les premiers représentaient la superstition et la piété cérémonielle, tendance qui se retrouve dans la communion romaine ; les seconds représentaient l'incrédulité rationaliste, et le néologisme est de tous les temps; les dernlers'n'étaient sous un autre nom qu'une espèce de mystiques. Les deux premières classes sont seules nommées dans l'Ecriture; la troisième ne nous est connue que par Phiton, Josèphe, et l'ouvrage rabbinique Sepber Jouchasin (liber genealogise); nous en dirons cependant quelques mots.
Le nom d'esséens s'explique de diverses manières, soit que d'origine syriaque il signifie bon et pieux (Puilon, De Wette), soit que d'origine caldéenne il rappelle les occupations médicales des esséens. Leur origine est tout à fait inconnue; on pense que dans les guerres des Syriens (Séleucldes) contre les Juifs, des hommes pieux, pour se soustraire à la tyrannie des ennemis, se retirèrent dans les déserts, et qu'ils y menèrent une vie austère et religieuse, à laquelle ils prirent goût, et qu ils ne voulurent plus abandonner, même après que leurs ennemis se furent retirés. D'autres, éprouvant le besoin de se retirer du monde, se rendirent auprès d'eux pour servir Dieu dans la retraite. Il est probable qu'Us ne furent pas sans rapports avec les mystiques juifs des siècles précédents, et qu'ils aspirèrent a imiter, sinon a les remplacer, les nazariens, les fils des prophètes, les Récabites,et les Assidéens de 1 Macc.7, 1 3. sq. 2 Macc. 14, 6. Nous les trouvons, d'après le témoignage de Pline l'Ancien (Hist. Natur., V, 17), formant une espèce de colonie religieuse sur les rives occidentales de la mer Morte; cependant ils ne restèrent pas longtemps dans ces limites, et s'étendirent de cette partie du pays dans différents lieux voisins. Ils s'occupaient surtout d'agriculture et de«)édecine. Josèpbe et Philon en parlent avec détail, et Josèphe «t d'autant plus digne de foi qu'il avait lui-même vécu parmi eux : on l'accuse cependant d'avoir embelli parfois son sujet, ou tout au moins de lui avoir donné quelques couleurs philosophiques, destinées à le faire mieux goûter de ses lecteurs. Ils attachaient un prix excessif à certains usages tout à fait extérieurs : on ne pouvait être reçu dans leur ordre qu'après un noviciat de trois années, et alors on devait prêter un serment solennel de ne révéler à personne
le nom des anges ; c'était dans ce seul cas qu'ils autorisaient le serment. Ils mettaient aussi une grande importance à une certaine classification qu'ils avaient établie entre eux. D'autres détails encore de leur vie paniculière, leurs vêlements blancs, leur haine du mariage, leur mépris des richesses, leur obéissance aveugle aux supérieurs de leur choix, etc., montrent qu'ils n'étaient pas libres de la véritable liberté, et qu'ils avaient recherché a plusieurs égards une sagesse faussement ainsi nommée.
Avant d'en venir â la secte qui fait le sujet de cet article, disons encore qu'il y avait à côté de ces trois classes d'hommes, une autre classe, le résidu selon l'élection de grâce, les enfants d'Israël qui avaient reçu la parole de Dieu, pour qui cette parole était vivante, et qui marchaient suivant ses préceptes : ils ne formaient cependant pas une secte particulière, mais se trouvaient mêlés soit au milieu du peuple, soit quelquefois parmi les pharisiens et les esséeus : ils attendaient la consolation d'Israël; la parole de Dieu nous en offre quelques exemples, Siméon, Nicodème, Gamaliel, Paul, etc. Il semble qu'on en retrouve plus tard la tendance et l'esprit dans les Caraïtes qui, surtout depuis le VIIIe siècle, et sous la direction d'Anan-ben-David, se rattachèrent à la lettre des Ecritures, en opposition aux traditions et interprétations des Talmudistes, et créèrent une Réforme au sein du judaïsme.
Quant aux pharisiens, ils étaient les plus considérés des théologiens juifs, et représentaient la superstition et la tradition. Leur nom dérivé de parasft, distinguer, séparer, expliquer, signifie selon quelques-uns, interprètes, explicateurs (de la loi;, docteurs; mais la forme du nom ne favorise pas celle si^nitication, d'autant moins que l'interprétation de la loi n'occupait pas les pharisiens plus qu'autre chose, et que c'était plutôt l'affaire des scribes. Il vaut donc mieux entendre par pharisiens, des hommes qui se séparent, qui se distinguent des autres. Leur origine n'est pas bien connue ; il est probable que bientôt après la captivité babylonienne, des hommes pieux commencèrent à se mettre en avant pour la défense et le maintien de la religion, mission d'autant plus méritoire et nécessaire que la grande synagogue n'existait plus. Le commandement de la grande synagogue d'entourer la loi d'une haie (Pirke Abolh. 4.), et l'influence de la civilisation grecque, qui avait gagné du terrain dans l'Asie Antérieure depuis Alexandre le Grand, ne pouvaient pas manquer de provoquer parmi les Juifs, le zèle de plusieurs individus qui, sans s'organiser en corporation proprement dile, mais unis par un même esprit, se crurent appelés à la défense de la vérité révélée à leurs pères. 11 est encore
probable que c'étaient au commencement de
vrais hdèles, et les hommes pieux qui dans la guerre des Maccabées surent combattre et mourir pour leur religion, appartenaient peut-être a cette secte. Mais quand l'œuvre de Dieu a grandi, l'orgueil humain et l'hypocrisie l'exploitent trop souvent, la déshonorent ou la remplacent, et ceux qui étaient dans l'origine des hommes pieux, apparaissent plus tard dans l'histoire comme pharisiens, mettant tous leurs etforts à être distingués des hommes.
Le caractère principal de leur doctrine était un attachement presque exclusif aux traditions de leurs maîtres, à la Kabbala ; ils en faisaient presque plus de cas que de l'Ecriture elle-même. Leur système théologique se composait ainsi de doctrines d'origine juive, el de doctrines d'origine étrangère, qu'ils savaient, au moyen d'une méthode allégorique, trouver, ou, pour mieux dire, mettre dans l'A. T. Ils prétendaient que plusieurs des faits de l'ancienne alliance n'étaient que des allégories grossières, qui révélaient a l'homme spirituel une doctrine d'un ordre plus élevé. Ils enseignaient l'unité de Dieu, et, contrairement à l'erreur sadducéenne, l'immortalité de l ame, des rétributions el un jugement après la mort, et la résurrection des corps. En religion, comme en politique, ils étaient conservateurs; ils ne pactisèrent jamais avec l'étranger, et restèrent toujours bons juifs et bons patriotes.
Leur culte élait surtout extérieur; c'était une observation exacte, mais formaliste, de la loi, des exercices ascétiques minutieux, des espèces de petits martyres qu'ils s'imposaient. La plupart ne cherchaient dans la pratique de ces minuties qu'une réputation de sainteté ; quelquesuns cependant étaient sans doute sérieux, et pensaient mériter de cette manière la faveur divine; mais c'était une erreur, dans un sens, tout aussi dangereuse que l'hypocrisie des autres, puisqu'elle introduisait cette idée de mérite, de justification propre, si fatale au salut comme à la saocliUcalion de l'Ame.
Il faut reconnaître que les pharisiens ont formé dans l'Eglise juive une opposition absolument nécessaire, d'un côté, contre le bras séculier, de l'autre, contre l'esprit mondain el la civilisation incrédule des Grecs, trop souvent palroiiée par quelques princes asmonéens et par la famille d'Hérode; ils ont été les gardiens tidèles de la révélation écrite, et c'est a leur fermeté, à leur opiniâtreté, que nous devons peut-être en grande partie la conservation du recueil des auteurs sacrés de l'ancienne alliance. Aigris par de douloureuses expériences, ils accueillent avec métianec l'enfant de Bethléem, et le poursuivent de leur inquiète jalousie, reprochant a Jésus les malades qu'il guérit, et a
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ses disciples les épis qu'ils cueillent le jour du sabbat, etc., cf. Matlli. 12, 4. sq. 16, 1. 22, 15. Marc 2, 23. 3, 1. Lue 12, 1. Jean 8.
Leur autorité était grande auprès du peuple, et les princes eux-mêmes étaient obligés de les ménager et de compter avec eux.
Celte secte occupait ainsi au milieu de l'Rglise juive la même place que l'Eglise romaine au sein de l'Eglise chrétienne; l'une et l'autre ont eu les mêmes qualités, les mêmes vices, le même genre d'influence, comme jusqu'à un certain point une origine semblable, et une même mission.
Le Talmud, à sa manière, donne le tableau suivant des diverses nuances ou subdivisions du pharisaïsme : 1° celui qui a les épaules inclinées vers la terre ; 2° celui qui traîne les pieds à force de piété ; 3° celui qui se fait saigner : il ferme toujours les yeux pour ne rien voir qui l'induise en tentation, et souvent il se heurte et se blesse ; i° le pilon • celui qui est tout retiré, recoquillé sur lui-même ; 5° le pharisien sincère, qui ne veut faire autre chose que son devoir; 6° celui qui fait tout pour être récompensé de Dieu; 7° e ux qui craignent l'Eternel : c'est la meilleure classe, v. sur tout cet article Wettstein, N.T., 1 , 26Î. 474.-, Schœtlgen, Ilora; hebr., 1, 176.; Prideaux, llist. des Juifs; Bost, Epoque des Maceabées; Reuss, Hist. de la Théol. aposf.; Staiidlin, Sittenlehre Jesu; De Wette, Sittenlehre, et Archéologie.
Les pharisiens disparaissent de l'histoire depuis l'époque de la destruction de Jérusalem par les Romains; leur système et leurs doctrines, cependant, paraissent avoir été conservés par les talmudistes. Dans tous les cas, leur influence a marqué d'une empreinte ineffaçable le judaïsme, tel qu'il existe encore aujourd'hui. Avec un zèle, tantôt amer, tantôt sans connaissance, ils ont obtenu ce qu'ils demandaient, dans tes limites du possible ; ils ont sauvé la religion de Moïse, que les esséens compromettaient par leur quiélisme, que les saddueéens auraient perdue par leur Indifférence philosophique et leur lâche désertion.
PHÉBÉ (brillante), diaconesse de l'église de Ccnehrée près de Corinthe. Paul, a qui elle avait donné l'hospitalité, la recommande aux chrétiens de Rome, Nom. 16, 1.; on croit que ce fut elle qui fut chargée, ainsi que l'indique la souscription de celte lettre, de porter aux Romains l'épîtro que l'apôtre leur adressait.
PHENICIE. Ce nom dérive, suivant les uns, du mot grec ^z\r$ qui signifie palmier ; suivant d'autres, de Phénix, frère de Cadmus, lequel, après avoir en vain cherché sa sœur Europe, que Jupiter avait enlevée, déguisé en taureau, se fixa sur cette côte à laquelle il donna son nom. D'autres disent que des Phéuldens, qui
habitaient d'abord sur les bords de la mer Rouge, vinrent former plus tard des établissements sur un point des côtes de la Méditerranée, auquel ils donnèrent leur nom.
La Phénicie n'est qu'une langue de terre resserrée entre la mer et les montagnes; quelques auteurs en prolongent l'étendue jusqu'aux limites de l'Egypte ; mais, depuis la conquête de la Palestine par les Hébreux, la Phénicie était assez bornée, et ne possédait rien dans le pays des Philistins : elle avait aussi très peu d étendue du côté des terres. Avant que Josué eût fait la conquête de la terre promise, tout ce pavs était habité par les fils de Cam, partagés en onze familles; celle de Canaan, la plus puissante, reçut des Grecs le nom de Phénicie, à cause des nombreux palmiers qu'ils trouvèrent chez eux. Ce furent les seuls peuples dont quelques débris conservèrent leur indépendance sous Josué, les juges et les rois. Plus tard, sous les Macrabées, la Phénicie devint une province de Syrie unie à la Célésyrie, et gouvernée avec celte dernière province par un seul et même chef ou sous-gouverneur, 2 Mace. 3, 5., etc. Dans le livre des Act. 11, 19. 15, 3. 21, 2. 3., elle est unie tantôt à Chypre et a la Syrie, tantôt à la Samarie, et désignée comme un pays de côtes; elle était alors romaine, et appartenait à la province de Syrie.
Les limites de la Phénicie étaient peu déterminées; elle comprenait les fies situées près des côtes, telles que celle d'Aradus. Ses frontières septentrionales étaient marquées par le flruve Eleutherus; à l'orient s'élevait la chaîne du Liban ; à l'occident la mer; au sud peut-être la ville de Dora elles hauteurs du Carmel. Le nom de Phénl.-le était ainsi pris dans un sens tantôt plus large, et tantôt plus restreint. Toute la contrée formait une plaine fertile, bien arrosée, semée de collines, de villes et de campagnes magnifiques; c'est maintenant encore une des plus belles parties de l'Asie Mineure. Tyr et Sidon sont les villes les plus connues de la Phénicie ; d'autres sont encore nommées, soit dans l'Ecriture sainte, soit dans les apocrvpbes, Orthosla (Aradus), Tripolis, Ryblos, probablement aussi Berytus {v. Bèrothaï).
Les Phéniciens surent mettre à profit toutes les ressources que leur offrait leur étroit territoire : le Liban leur fournissait en abondance du bois de construction; près de Sarepla, ils trouvaient des mines de fer et de cuivre; la côtes abondaient en coquillages à pourpre; l'argile et le sable servaient à la fabrication du verre. Tout se réunissait pour faire des Phéniciens le peuple le plus industrieux et le plus commerçant de l'ancien inonde; ils eurent, en conséquence, des colonies et des stations de commerce dans tout l'Orient, dans les Iles de
la Grèce, en Italie, en Sicile, en Espagne, sur les rôles d'Afrique, pour l'écoulement, solide leurs propres produits en verre, en Un lin, en teintures, soil des produits des nations qu'ils visitaient, et avee. lesquelles ils faisaient des échanges, Ez. 27, 42. sq. Es. 23, 4. Ils tiraient l'ambre du nord de l'Europe, l'étain de l'Angleterre, et faisaient, du temps de Salomon, le voyage d'Ophir, 4 R. 9, 27. 40, 22. D'après quelques indications de Diodore de Sicile (4, 23. 5, 49.), il paraîtrait même qu'ils poussèrent jusqu'en Amérique. La plus célèbre de leurs colonies fut celle de Cartbage. D'après l'historien Procope, on trouva à Tingis, en Afrique, deux colonnes de marbre blanc dressées près de la grande fontaine, où on lisait, en caractères phéniciens : a Nous sommes des peuples qui avons pris la fuite devant Jésus (Josué), fils de Navé (Nun). » Ils se distinguaient comme architectes et sculpteurs; on les regarde comme les inventeurs de la navigation et des voiles de vaisseaux. Ce fut entln, dit-on, un Phénicien. Cadmus, qui porta en Grèce la connaissance des lettres de l'alphabet.
Plia-nios primi, faina si creditur, ausi Mansuram rudibu» vocem si g lia re figuris.
C'est de lui que nous Tient cet art iagênieui De peindre la parole el de parler aux yeui, Et par des traits divers de figure* tracées. Donner de la couleur et du corps aux peutées.
Les villes phéniciennes issues de Sidon, la ville-mère, se rendirent promptemenl indépendantes les unes des antres, et adoptèrent pour gouvernement une monarchie modérée; cependant Tyr ne tarda pas à faire sentir sa prépondérance, à grouper les autres villes autour d'elle el à les dominer. La Pliénicie, perdue au milieu des immenses monarchies de l'ancien monde, fut soumise par les Assyriens, resta sujette des Babyloniens et des Perses, passa des Sélcucides aux Romains, el fait aujourd'hui partie de l'empire Ottoman.
Sanchonlalhon est le principal auteur connu qui ait illustré l'ancienne Phénicie, mais ses ouvrages sont perdus; Philon Byblius les traduisit dans le second siècle de notre ère, et celte traduction est également perdue; nous n'en connaissons qu'un fragment qui a été conservé par Eusébe, Prép. év., 4, 40.; encore n'est-il peut-être que de troisième ou quatrième main. — On possède encore quelques inscriptions phéniciennes en Chypre, à Malle, à Athènes, en Sicile, el ailleurs, soil sur des monuments., soit sur des médailles ; les caractères ne diffèrent pas essentiellement de ceux que l'on retrouve sur les monnaies samaritaines, el paraissent leur avoir servi de types.
PIIEMX, Act. 27, 42., port de uier situé sur >acôle méridionale de l'île de Crète; un peu
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plus loin, vers le sud-est, était la ville du mémo nom dont parlent Strabon et Ptolémée.
PHÊRESIENS (£cns de village), peuplade cananéenne dont il est déjà parlé aux jours d'Abraham, Gen. 43,7. Ils occupaient, a cette époque et encore do temps de Jacob, le centre de la Palestine, 43, 7. 34, 30.; plus lard ils s'avancèrent vers le nord et se fixèrent sur les montagnes d'Ephraïm, Jos. 44, 3. 47, 45. Il en restait encore quelques traces au temps de Salomon, 4 R. 9, 20. — v. Noachides.
PHILADELPHIE (amour fraternel), Apoc. 4, 44.3, 7., ville de l'Asie Mineure située dans la Lydie à 42 lieues sud-est deSardes. On y trouva de bonne heure une Eglise chrétienne dont le conducteur est hautement loué et approuvé par l'apôtre « comme avant gardé la parole. » Celte ville fut bâtie par Al talu s Philadelphe, roi de Pergame ; elle avait peu d'habitants a cause des fréquents tremblements de terre auxquels elle était sujette; les Philadclphiens, livrés eniièrement à l'agriculture, se reliraient dans la campagne dont le sol est très fertile; elle tomba avec le reste du pays au pouvoir des Romains, 433 ans av. C. — On a fait beaucoup de suppositions sur la personne du pasteur de celle Eglise, on a cru que c'était saint Qoadrat, mais rien ne l'établit. Dans le système d'interprétation qui voit l'histoire complète de l'Eglise chrétienne dans les sept épitres de l'Apocalypse, l'Eglise de Philadelphie représente l'époque de la Réformation.
Philadelphie est aussi le nom que recul, mais assez tard, la ville de Rabbalh-Hammon, q. v.
PHI LE MON, fidèle de Colosses en Phrygie, converti peut-être à la foi chrétienne par un des disciples de Paul ou par Pau! lui-même dans un de ses voyiiges, mais non à Colosses. Sa femme était chrétienne comme lui, el c'est dans leur maison que les frères se réunissaient pour rendre leur culte au Seigneur, v. 2. On a voulu conclure de ce que Paul l'appelle son compagnon d'œuvre, qu'il était ancien ou diacre dans l'Eglise de Colosses; la tradition le fait même évèquc de cette ville, et rapporte qu'il a souffert le martyre sous Néron. D'après le faux Dorothée, il aurait été évéque de Gaza. On montrait encore sa maison à Colosses au Ve siècle. Piiilémon serait probablement toulà fait inconnu sans la lettre que lui écrivit l'Apôtre au sujet d'Onésime son esclave. Cette épitre dont l'authenticité n'est pas contestée, modèle d'onction el d'éloquence persuasive, fut écrite de Cé. aree pendant la captivité de l'Apôtre, v. 23., et portée par l esclave repeniai t qui, s;»ds celle recommandation, eût pu craindre les transports phrygiens d'un maille justement irrité, soit que le christianisme n'eût pas encore entièrement adouci le caractère de Pbilémoo, soil qu Oné-
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sime ne fût pas lui-même assez avancé pour comprendre les effels de la grâce sur le cœur (Médit, de Rochat, t. I).
Celle épitre qui semble maintenir les droits d'un maître sur son esclave, et que les esclavagistes de tous les temps ont toujours invoquée en faveur de leur système, est cependant, à la bien considérer, le premier pas vers l'abolition de l'esclavage. Onésime avait eu tort de s'enfuir, et 11 en est blâmé; Philémon avait acquis des droits matériels sur cet esclave, et il ne pouvait en être dépouillé sans être en même temps indemnisé ; c'est ce que l'Apôtre parait indiquer aussi ; mais en réalité quels droits un homme peut-il avoir sur un autre homme P Onésime devenu chrétien n'est plus un esclave, il est audessus d'un esclave, c'est un frère, un frère bien-aimé; l'Apôtre le recommande comme ses entrailles, il demande qu'il soit reçu comme il le serait lui-même. C'est le langage d'un abolitionniste, et il ne saurait en être autrement ; le christianisme émancipe; aussi partout où la religion chrétienne a été reçue et comprise, l'esclavage a été flétri comme il devait l'être ; c'est une des gloires du protestantisme d'avoir le premier levé le drapeau de l'affranchissement, les frères Moraves aux Antilles, le quaker Bénézet (de Saint-Quentin) en Amérique, Wilberforce, Buxton, Clarkson, partout : la déplorable guerre des Etats-Unis, honte pour les partisans de l'esclavage, et châtiment pour ceux qui l'ont trop longtemps si patiemment subi, sera sans doute le dernier mot de celle institution ; nourrie de sang, elle a voulu mourir dans le sang ; sa parole suprême est un dernier attentat contre la société, le christianisme et la civilisation.
PHILETE (aimable). On ne sait rien de positif sur sa personne, v. Hyménée.
PHILIPPE (amateur de chevaux). Les livres apocryphes connaissent trois hommes de ce nom, que nous ne rappelons ici que pour mémoire, le père d'Alexandre le Grand, 4 Macc. 4 , 4 . 6, î., le roi de Macédoine (ils de Demélrius II, vaincu par le proconsul Quinctius Flaminius ; il y est fait allusion 1 Macc. 8, 5.; enfin le favori d'Antioebus Epiphanesqui fut nommé gouverneur de la Judée, î Macc. 5, 2ï.
On trouve dans le N. T. quatre hommes et une ville de ce nom.
4° Philippe, flls d'Hérode le Grand et de Cléopâtre, qui devint à la mort de son père létrarque dans la Batanëe, la Gaulonite, la Trachonite, la Panéade, l'Auranite et l'Iturée, Luc 3, 4. D'un caractère doux et facile, de beaucoup le meilleur des fils d'Hérode, il s'occupa avec zèle des affaires publiques, agrandit la ville de Bethsaîda qu'il nomma Juliade en l'honneur de la tille d'Auguste, embellit et fortifia la ville de
Panéade au pied du Panium, non loin des sources du Jourdain, la nomma Cèsarée en l'honneur de Tibère, et vit son nom réuni a celui de son maître dans la désignation de cette ville qu'il était nécessaire de distinguer de l'autre Cèsarée, Malth. 40, 43. Marc 8, Î7. Il mourul a Juliade, la 20° année de Tibère, l'an 33 ou 34 de l'ère chrétienne, après un règne d'environ trente-cinq ans. Comme il n'avait point d'enfants, ses possessions retournèrent à la province romaine de Syrie.
2« Philippe, Luc 3, 49., connu dans l'histoire sous le nom d'Hérode, parait avoir, en effet, porté ces deux noms. Il était frère de pire du précédent, ûls d'Hérode le Grand et de la seconde Mariamne, fille du grand-prêtre Simon. Déshérité par son père, il eut une vie obscure, et n'est guère connu que par sa femme et sa lille. Hérodiade, aigrie peul-êlre de l'obscurité de son mari, se laissa séduire par Hërode Anlipas, frère de celui-ci, Malth. 4 4, 3. Marc 6, 47. Salomé sa fille épousa, dit-on, son oncle, Philippe, celui dont il est parlé ci dessus, v. Dérode.
3» Philippe, apôtre, de Bethsaïda, disciple d'abord de Jcan-Baptisle, puis de Jésus, Malth. 40,3. Marc 3, 48. Luc 6, 44. Act. 4, 43. Il fut l'un des premiers à qui le maître dit : Suis-moi. C'est l'Evangile de saint Jean qui nous donne le plus de détails sur sa vie, sans qu'il y en ait assez cependant pour qu'on puisse déterminer bien exactement son caractère. Ainsi sa vocation est racontée 4 , 43. sq., et d'après les détails qui en accompagnent le récit, d'après la conversation de Philippe avec Nathanaël, on voit que Jésus avait eu déjà un entretien particulier avec son nouveau disciple, et qu'il s'était fait connaître à lui. Les paroles de Philippe a Nathanaël : « Viens et vois » montrent déjà que l'esprit du christianisme est le prosélytisme, et en outre que c'esl un prosélytisme chrétien qui repose sur la preuve et la persuasion. — 6, 5. Le Seigneur veut éprouver la foi de Philippe, c'est pour cela qu'il lui dit lors du miracle de la multiplication des pains : « Où achèteronsnous des pains afin que cette multitude ait à manger?» II est inutile de rechercher si Philippe était chargé de quelques fondions spéciales dans le collège des apôtres ; c'est peu probable, el d'ailleurs ce n'est pas là qu'on doit chercher pourquoi notre Seigneur s'adresse a Philippe plutôt qu'aux autres; l'évangélisle nous explique la demande du Seigneur. L'apôtre k comprenant pas même que Jésus voulût l'éprouver, lui répond comme ayant oublié les miracles précédents de son maître : Deux cents deniers de pain ne suffi raicnl pas, quand chacun n'eu prendrait qu'un petit morceau. Sa loi, comme celle de ses collègues, avait encore besoin d'être raffermie. -4 2, 24. Quelques Grecs
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prosélytes, ou des Juifs demeurant parmi les gentils, désirant voir Jésus, s'adressent a Philippe qui n'ose les présenter seul, consulte André, et se rend avec lui auprès du Seigneur : la réponse qu'il leur donna permet de croire que ces Grecs nourrissaient ù son sujet quelquesunes des idées alors assez répandues d'une royauté terrestre, cf. Mattti. 20, 20. Marc 10, 35.; ils avaient peut-être été témoins de son entrée triomphale à Jérusalem, ils avaient entendu les cris et les vœux de la multitude, ils désiraient voir pour se le concilier le futur roi du pays. L'historien sacré ne dit pas si la réponse du Seigneur les attira ou si elle les repoussa, s'ils se joignirent à lui ou s'ils s'en éloignèrent. Enfin, 14, 8., comme Jésus enseignait ses disciples et qu'il les préparait â une prochaine séparation en leur disant que quiconque le connaissait connaissait aussi son Père, Philippe, dont la foi n'était pas encore, assez simple pour comprendre le sens naturel des paroles de son maître, ni assez éclairée pour se rappeler qu'il y a dans les révélations de Dieu des mystères insondables, lui dit: «Montre-nous le Père, et cela nous suffit; » il reçut pour réponse ces paroles pleines à la fois de douceur et de reproche : Philippe, je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m'as point connu! celui qui m'a vu a vu mon Père. Paroles qui résument toute la doctrine chrétienne sur les rapports du Père et du Fils, en établissant leur inséparable unité sans confusion des deux personnes, et qui devaient en même temps rappeler au chrétien, encore juif par ses habitudes et ses souvenirs, que le Dieu d'Abraham, dlsaac et de Jacob ne se manifeste aux yeux de la chair que dans la personne de son fils.
Le caractère de cet apôtre apparaît donc comme un mélange de prompliiudc cl de timidité, de droiture et de simplicité, de respect et de confiance.
Depuis le moment où le récit sacré le nomme pour la dernière fois, Act. 1 , 1 3., sa vie est peu connue. La tradition lui donne une femme et des enfants. Il prêcha l'Evangile en Pbrygie, et mourut à Hiérapolis; on ignore s'il souffrit le martyre. Un évangile apocryphe a été écrit sous son nom; les gnostiques l'ont reçu comme authentique. On lui a attribué la demande faite a Jésus qu'il lui fût permis d'ensevelir son père avant de le suivre, Matth. 8, 21. Luc 9, 59.; mais rien ne rétablit, et le silence de saint Jean est une forte présomption contre l'exactitude de celte tradition.
4° Philippe, Act. 6, ii. 21, 8., un des sept premiers diacres de Jérusalem, appelé aussi évangêliste, cf. Eph. 4, M. 2 Tiui. 4, !i. Il prêcha l'Evangile avec succès dans lu Samario; ses paroles, confirmées par ses miracles, trouvè-
rent le chemin de bien des cœurs, et le magicien Simon lui-même vint lui demander l'entrée de l'Eglise. Si ce dernier triomphe dura peu, les fruits du ministère de Philippe furent plus sûrs et plus durables chez un grand nombre de Samaritains, cl le bruit de cette belle mission vint jusqu'à Jérusalem. Au milieu de ses travaux, l'cvangéliste reçoit, pour un instant, l'ordre de les abandonner; il doit se rendre au midi de la Judée, sur la route (la moins fréquentée) qui conduit à Gaza, et là il fait la rencontre de cet eunuque éthiopien dont la conversion est un des récits les plus touchants ou livre des Actes. Il le baptise près d'une source que la tradition nous montre encore à Bethsur, dans les montagnes de Juda ; puis il retourne en arrière, s'arrête à Azote, ou le Saint-Esprit lui a dit de se rendre (Act. 8), et se fixe enfin à Césarée, où, plus tard, il eut la joie de donner l'hospitalité au grand apôtre des gentils. Une tradition le fait évêque de Tralles, une autre le fait mourir en paix à Césarée. Il eut quatre filles douées du don de prophétie, Act. 24 , 8. 9., circonstance qui est relevée peut-être parce qu'elles rendirent des oracles à saint Paul, oracles dont il n'est rien dit, du reste, dans le livre des Actes, mais qui ne seraient point un fait isolé ni extraordinaire, cf. 20, 23.
Quelques détails de l'histoire de Philippe ont besoin d cire éclaircis. Trois fois dans le ch. s, v. 26. 29. 39., le Saint-Esprit agit directement sur sa conduite, et, dans le troisième de ces passages, il est dil que « l'esprit l'emporta, et l'eunuque ne le vit plus; » paroles qui semblent avoir quelque chose d'étrange, et que l'on comprend ordinairement en ce sens que le Saint- Esprit transporta Philippe mystérieusement dans les airs, et que l'eunuque, qui le cherchait des yeux, fut étonné de sa disparition. On peut les comprendre d'une manière plus simple, sans faire la moindre violence au texte : cette œuvre achevée, l'Esprit conduisit Philippe vers un autre champ de travail, et l'eunuque ne le revit plus. Le Saint-Esprit a agi sur l'esprit de l'évangélisle, et non sur son corps; l'action, pour être spirituelle, n'en a pas moins été réelle, et c'est ainsi que le même Esprit agit encore sur les chrétiens.
Quoique le texte ne dise pas positivement qu'il s'agisse de l'évangéliste, et non de l'apôtre Philippe, cela ressort de ce est dit 8, 4, que tons les membres de l'Eglise furent dispersés par les persécutions, excepté les apôtres, qui restèrent à Jérusalem. Le même fait résulte encore de la comparaison des v. 14 et 40, où nous voyons Philippe baptiser, mais les apôtres seuls imposer les mains, et prier pour l'effusion du Saint-Esprit. Il importe de remarquer aussi que, s'il y avait alors un apostolat, il n'y avail
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déjà plus de clergé : Philippe te diacre n'était pas ce qu'on appellerait volontiers un ecclésiastique, el cependant il baptise. Il baptise, mais le baptême lui-même n'est qu'un signe extérieur, il n'entraîne pas nécessairement les dons du Saint-Esprit. Le baptême n'est donné qu'A ceux qui confessent leur foi ; il n'est donc donné qu'aux adultes. La profession exigée est brève; elle se résume en ces mots : « Croire que le Christ est le Fils de Dieu. » Entin cette profession n'est éprouvée que d'une manière générale, et le premier simoniaque est au nombre des professants, exception peut-êlre, mais cependant baptisé.
A notre point de vue, il peut sembler étonnant que Philippe soit appeléùquitter une œuvre pleine d'intérêt, un immense champ de travail, une mission bénie, pour se rendre auprès d'une seule âme travaillée, lui adresser quelques paroles, l'éclairer, et abandonner de nouveau cette contrée, témoin d'une conversion isolée. Mais ce récit doit nous être précieux à plus d'un titre : il nous montre d'abord que Dieu dirige les pas de ses serviteurs (s'ils l'écoutent) là où leur ministère peut être utile. Ce n'est donc qn'après de sérieuses prières que chaque pasteur doit chercher une direction nouvelle à ses travaux, ou plutôt il doit être vigilant à consulter sans cesse, non la chair, mais l'Esprit de Dieu ; à épier les signes qu'il lui donne de sa volonté, de manière à pouvoir dire : L'Esprit m'a enlevé. Les sociétés religieuses ont des devoirs semblables, et il ne suffit pas toujours qu'une œuvre soit plus bénie qu'une autre pour qu'on doive y faire affluer les ouvriers ; Philippe devra souvent quitter la Samarie en fleurs pour la roule déserte de Gaza. La communion avec Dieu peut seule nous faire connaître la volonté de Dieu. D'ailleurs, si la conversion de I officier éthiopien nous apparaît comme un fait isolé, elle ne le fut peut être pas, et nous ne saurons que dans la vie éternelle les conséquences qu'elle a eues sur la conversion de cette Ethiopie si anciennement chrétienne, el qui, sur les contins de l'empire du mahométisme et du paganisme, est encore, à l'heure qu il est, comme une oasis de lumière au milieu des ténèbres, lumière bien pâle sans doute, lumignon Initiant, mais non éteint.
5° Philippe* , la première ville d'Europe où sainl Paul prêcha l'Evangile, Act. 16, 42. Venant de Troas, il aborda à ISéapolis, dans le golfe formé par le Strymon, lequel servait de port a Philippe». L'ancien nom de cette ville était Crénidès (y.s-fivai, sources), à cause des nombreuses sources d'eau vive qui jaillissaient de la colline sur laquelle elie eiail Htuée. Elle
avait été fondée en Thrace par des habitants de I Tiniotuée restèreut à Philippes, l ile de Thasos. Philippe de Macédoine ayant ressort de la forme du récit, le dernier
réuni à son territoire une partie de la Thrace, fortilia Crénidès, l'agrandit en l'étendant sur toute la hauteur de la colline, et lui donna son nom, 358 av. C. Son territoire renfermait des mines d'or qui contribuaient a la rendre importante et riche en toutes choses. Réduite en province romaine, 148 av. C, illustrée par fa triste défaite des chefs du parti républicain, 42 av. C, elle déchut peu à peu de son ancienne grandeur. Auguste, malt re de Romeet du monde, 31 av. C, transporta dans celte ville un certain nombre de colons d'entre ses ennemis, les punissant par l'exil de leur attachement à la liberté, et donna à Philippes le droit de bonrgeoisie italique, el le nom de colonie romaine, Act. 16, 42. La même chose est attestée par des monuments historiques et par diverses monnaies qui portent : ÇoUmia Julia Philippensis. Luc l'appelle la première ville dn quartier de Macédoine, non qu'elle fût la capitale de la Macédoine ou de l'un de ses quatre districts, mais comme un nom d'honneur qui loi avait été accordé par Auguste (Hug), ou peut-être parce que ce fut la première ville que Paul loucha dans son voyage, Néapolis n'étant, en quelque sorte, que le faubourg maritime de Philippes (Riiliet). L'arrivée des colons italiens fut, pour cette ville, le commencement d'une ère nouvelle : les circonstances lui élant redevenues favorables, elle se releva de la décadence que la domination romaine lui avait originairement fait subir, et certains indices de commerce el de prospérité semblent annoncer qu'elle avait déjà repris un rang honorable quand saint Paul la visita pour la première fois. Quoique Felibah ne soit plus maintenant qu'un pauvre village, on y retrouve encore en ruines les monuments de sa deur. Au XVIe siècle, elle était encore la pôle de cent cinquante Eglises grecques.
Paul vint à Philippes, mû par une apparition: il y trouva un champ qui promettait beaucoup. Quelques Juifs peu nombreux, et privés d'une synagogue, s'y réunissaient en dehors de la ville, près d'une rivière, dans un lieu entoure d'un mur, mais découvert, et destine au culte. Lydie, marchande de pourpre, fut couvertie et baptisée avec toute sa famille ; il en fut de même d'une servante pythonisse. Les apôtres, mis en prison, furent délivrés par l'intervention de hi Providence. Paul et .Silas quittèrent la ville après avoir reçu dans l'Eglise leur geôlier el sa ta* nulle, Act. 16, cf. 1 Thess. 2, 2. 11 y eut donc simultanément à Philippes les cultes les yUis divers, un culte romain, un grec, un macédonien, un asiatique, les mystères de Samothrace, une assemblée juive, une Eglise de judéo-chrétiens et de chrétiens d'entre les gentils. Luc el
longtemps que le premier. Celle Eglise resta en rapports avec l'Apôtre et lui envoya «les dons pour subvenir à ses besoins à Thessalonique, Phil. 4, 16., et à Corinthe, 2 Cor. 41. Saint Paul fait l'éloge de ses membres, 2 Cor. S, 1.4. Dans son troisième vo>age missionnaire, allant d'Ephèse a Corinthe, il passe pour la seconde fois par la Macédoine; il visite les Pbttippiens a son retour et célèbre avec eux la Pâque, Act. 20, 3-6.; c'est alors seulement que saint Luc parait s'être réuni de nouveau a l'Apôtre, et avoir quitté Philippe».
Le livre des Actes ne dit rien de plus sur celte Eglise, mais YEjMre aux Phiflppiens nous montre qu'elle s'était agrandie et qu'elle avait derechef envoyé des dons à Paul var Kp:iphrodlte, un de ses membres, 4, 18. Paul avait donc revu directement de ses nouvelles ; il lui donne des siennes dans sa lettre, et annonce a l'Eglise le prochain retour jTEpaphrorfite et l'arrivée de Timothée,2, 19. 25. Les circonstances de cette Eglise, le but dans lequel l'épltre a été composée, le temps où elle a été écrite, ne peuvent être compris que par la lettre même-, v. P;iul. C'est de Rome ou de Césarée, mais plus probablement de Rome, et dans les tout derniers temps de sa captivité, que l'Apôtre écrivit cette lettre. Son authenticité est presque incontestée, et dans tous les cas Incontestable; les plus anciens témoignages parlent en sa faveur: Ignace, Polyearpe,1rénée, Tertullien, Clément d'Alexandrie, Origène et Cyprien la citent directement ou indirectement; les plus anciens canons la contiennent, même le recueil de Marcion; enfln elle porte en elle-même l'empreinte de la spontanéité, le cachet de l'authenticité au plus haut ' point, repoussant toute apparence même de falsification motivée par l'Intérêt d'une secte. L'esprit qu'elle respire, c'est surtout celui de l'humilité, de l'amour, et de l'abnégation chrétienne; l'Apôtre y parle à plusieurs reprises de la joie que lui donne l'état spirituel de ce troupeau ; la largeur chrétienne , la confiance la plus entière, ta sérénité s'y lisent à chaque ligne. — Comment, Rheinwald (4827), Plaît (1829), Malthies (1835), Usteri (Zurich), Slorr (1783), et en français A. Rilliet (Genève, 1841); à la fois savant, clair, et sobre, ce dernier travail est précêdéd'une introduction qui sera lue avec intérêt par des lecteurs de cultures fort diverses.
PHILISTINS, peuplade des bords de la Méditerranée, Soph. 2, 5. (mer qui est aussi appelée à cause de cela la mer des Philistins, Ex. 23, 31 .). lis habitaient au sud-ouest de la Judée, Es. 11, 14., le ruban compris entre Hékron et le torrent d'Egypte, le penchant occidental des montagnes de Juda, touchant aux tribus de Dah, «le Shnéon et de iuda, Jos. 13, 3. Le nom hébreu de ce pays était Pelèsheth, que nos ver-
sions ont malheureusement rendu par Palestine, Ex. 15, 14. Ps. 60, 9. Joël 3, 4.; en l'absence d'un autre nom, nous le rendrions plutôt par Phitistée (De Mestral : Philislie); on l'appelait aussi tout simplement le pays des Philistins, 1 Sam. 27, 1.29, 11., elc. Les Septante traduisent souvent le nom hébreu par étrangers, non-seulement à cause des données historiques de Gen. 10, 14. Am. 9, 7., mais encore et surtout à cause de sa signification étymologique, palash signifiant émigrer, comme en éthiopien falasa. D'après Gen. 10, 14., les Philistins seraient sortis du pays des Chasluhim ; d'après Jér. 47, 4. Am. 9, 7., ils descendraient d'un peuple quelconque, non désigné, venant de l'île deCaphtor. Grèce à une traduction défectueuse, on a vu une contradiction là où il n'y en avait pas, et l'on a cherché à la résoudre en supposant une transposition d'un mot dans le premier de ces passades, supposition rendue vraisemblable par le fait que Moïse lui-même fait ailleurs aussi descendre les Philistins de Caphlhor, Dent.
2, 23.; mais s'il y a eu transposition, l'erreur est fort ancienne, puisqu'elle se trouve, non-seulemeni dans la version samaritaine, mais encore 1 Chr. 1,12. où le passage de la Genèse est répété. Une faute de copiste ancienne se comprend, du reste, aussi bien qu'une faute plus moderne; si l'on veut maintenir la double descendance, on peut voir, à l'art. Caphthor, la solution la plus probable de celte difticullé. Quoi qu'il en soit, on ne met pas en doute que les Philistins ne soient aussi descendants de Caphlhor, et toute la question est de savoir quel est le pays ou le peuple ainsi désigné; nous l'avons examinée a l'art. Caphlhor.
Les Pbilistfns qu'Abraham trouva déjà dans ces contrées, constitués en royaume à Guérar, Gen. 21, 34. 26, 1., etc., sont célèbres dans l'histoire des Israélites comme leurs ennemis implacables. Affranchi de la captivité d'Egypte et marchant vers Canaan, le peuple de Dieu n'osa peint aborder le territoire des Philistins, quoique ce fût le chemin le plus court, celui que suivent encore de nos jours les caravanes qui se rendent d'Egypte en Judée, et Dieu les conduisit par une roule plus longue, afin que leurs troupes nombreuses, mais embarrassées, ne fussent pas exposées aux attaques de cette peuplade forte et courageuse, Ex. 13, 17. Sous Josué, les Philistins apparaissent comme une espèce de confédération d'Etats réunis sous cinq chefs dont les résidences sont Gaza, Asdod, Askélon, Gath et Hékron, Jos. 13, 3., cf. Jug.
3, 3. ; leur territoire comprend d'ailleurs d'autres villes non murées, 1 Sam. 6, 18. On ne voit pas que Josué ail eu des conflits avec eux, et la division du pays telle que ce général l'or-
, n'était sans doute qu'ao projet dont la
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réalisation devait s'effectuer à la longue, au fur et à mesure que quelques tribus seraient solidement établies, Jos. 45, 45. 49, 43. La lutte commença presque avec le gouvernement des juges, et parcourut bien des phases diverses ; les tribus méridionales eurent surtout à souffrir de leur belliqueux voisinage, Jug. 3, 3t.; les Philistins s'avancèrent assez avant dans le pays, ». Timna, et asservirent parfois pour longtemps les tribus devenues inlidéles au vrai Dieu, Jug. 40, 7. 41. 43, 4 . 44, 4. 45. 44. Sous Héli ils s'emparèrent même de l'arche sainte, mais une défaite sanglante qu'ils éprouvèrent à Mitspa mit fin à leur domination de quarante ans, que les travaux de Samson n'avaient pu suffire à repousser complètement, 4 Sam. 4, et 7. Le règne de Saûl n'en eut pas moins à compter avec eux, et il les vil aussi souvent vainqueurs que vaincus, 1 Sam. 43, 47. 23, 28. 24, 2.; le courage intelligent de Jonathan son ûls, et la vaillance de David portèrent de rudes coups aux agresseurs, 4 4, 4. sq. 47, 4. 48, 27. 49, 8. Ce dernier, même après s'être séparé de Saûl, continua de tenir les Philistins en échec, 23, 4., jusqu'au moment où, contraint de chercher à Gath un refuge, il fut presque amené à faire cause commune avec les Philistins contre son roi légitime, mais abandonné de Dieu, 27, 1. Vainqueurs dans un dernier combat, les Philistins mirent à mort les tils du roi vaincu, qui luimême se tua pour ne point survivre à son honneur et à sa famille, 34, 4. Leurs attaques ne se ralentirent point sous le règne de David, mais elles furent infructueuses; ils furent battus à plusieurs reprises et perdirent même leur ville de Gatb, 2 Sam. 5, 48. et 21.; cf. 1 Chr. 48, 4. et 2 Sam. 45. 48.; des guerriers Israélites se signalèrent dans ces luttes par des faits d'armes isolés, rapportés 2 Sam. 23, 44. Ils furent tranquilles sous Salomon et sous le règne des premiers rois d'Ephraîm, quoique nous les voyions pendant cette époque résider assez avant sur le territoire d'Israël, 4 R. 15, 27. 46, 45. Tributaires du vaillant Josaphal, 2 (ihr. 47, 4 4., ils se relèvent sous Joram, se joignent aux Arabes, marchent contre Jérusalem, pillent les trésors royaux et enlèvent le sérail et les entants de la famille royale, 2 Chr. 21, 46., cf. Joël 3, 4-6.; mais Gath est menacée sous Joas par la Syrie, qui menace aussi Jérusalem, 2 R. 42, 47.; les Philistins sont de nouveau vaincus sous Hozias, 2 Chr. 26, 6. , puis vainqueurs sous Achab, a qui ils enlèvent quelques villes de la Judée occilentale,28, 48., cf. peut-être Es. 4 4, 29. Ezéchias, dans les premières années de son règne, regagne le terrain perdu, et reprend ses avantages, 2 R. 48, 8. Asdod tombe entre les mains de l'Assyrie qui, préparant une expédition contre l'Egypte, s'empare de celte place forte, Es.
20, 4., et Psamméticus, roi d'Egypte, l'arrache à ses nouveaux possesseurs après un siège de vingl-neuf ans. La Philistée est en souffrance pendant tout le temps que durèrent les luîtes de l'Egypte avec les conquérants asiatiques, qui trouvent sur son territoire un chemin commode et sûr; Pharaon Néco, d'abord, puis Alexandre le Grand s'emparent successivement de Gaza, Jér. 47, 1. Au retour de l'exil enlin, les haine* s'étanl apaisées chez les uns, les autres ayant oublié les défenses de leur Dieu, les Philistins et les Juifs contractèrent des alliances qui sont vivement reprochées à ces derniers, Néh. 43,z3.
Les livres des Maccabées nous montrent encore les Philistins comme sujets de la Syrie; quelques-unes de leurs villes sont conquises par des rois juifs. Pompée les incorpore à la proviuce romaine de la Syrie, Auguste les donne a Hérode, et le nom du pays lui-même se perd, ou plutôt il change de forme et de signification; la Palestine désigne dès lors toute la contrée située entre le Liban et l'Egypte, la mer et le Jourdain. Ainsi s'éteignit ce petit peuple de guerriers qui, tanlôl vainqueurs orgueilleux, tantôt vaincus et soumis, mais jamais domptes ei abattus, s'occupèrent toujours de réparer leurs pertes ou d'agrandir leurs conquêtes, cl revinrent a la charge contre Israël aussi longtemps qu'ils existèrent l'un et l'autre comme nation, et qu'une occasion favorable leur parut offrir une chance de succès. — Nous ne savons que peu de chose de leur vie intérieure et nationale; ils paraisseni avoir été un peuple cultivé et industrieux, surtout pour ce qui tient à la guerre; une tradition douteuse leur attribue l'invention de l'arc et des flèches; ils s'occupaient d'agriculture et notamment des vignobles, Jug. 45, 5., cf. Gen. 26, 4.; peut-être aussi faisaient-ils un commerce de transit avec l'Egypte. Aux jours de Saûl leurs fabriques fournirent aux Israélites des armes et des instruments d'agriculture, t Sam. 43, 20., par où l'on voit qu'ils connaissaient l'art de travailler le fer. Quant à leur culte, il ne devait pas être très différent de celui des Phéniciens; Astarté, et les dieux-poissons Dagon et Atergalis(Derceto) paraisseni avoir reçu leurs hommages ; ». ces articles. BahaUZébub résidait à Hekron. Ils possédaient en assez grand nombre des prêtres et des devins, 4 Sain. 6, 2. ; leurs enchanteurs étaient célèbres, Es. 2, 6., el quelques-uns Je leurs oracles étaient visités par des geos du dehors, 2 R. 4, 2. On voit par 2 Sam. 5, 24., qu'ils avaient l'habitude de porter à la guerre les images de leurs dieux. La circoncision leur était étrangère, 1 Sam. 18, 25. 2 Saut. 1, 20. Leur langue appartenait à la même famille que le phénicien et l'hébreu, car tous leur» noms propres s'expliquent par la connaissance de cette
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dernière langue, mais elle constituait, ou elle constitua peut-être avec, le temps, un dialecte qui en différait d'une manière assez notable, Néb. 13, 24.
Les prophètes ont dû s'occuper des Philistins dans leurs oracles ; outre les passades déjà cités, nous voyons qu'ils leur reprochent leur baine, leur cruauté, et leurs superstitions, Es. 2,6. Am. 1,8. Ez. 25, 45., et Michée1,40. 14., qui nomme pour la dernière fois Galh démolie par Hozias. Dans un chant guerrier, Jérèmie (47, 1 .) menace les Philistins de la désolation de leur pays, cf. Soph. 2, 4-7. F.zéchiel annonce que ces maux leur arriveront à cause des dispositions hostiles qu'ils ont manifestes lors de la calamité qui renversa Juda, et Sophonie promet à sa nation la possession du pays des Philistins après leur retour de l'exil ; cf. Abd. 19. Mais Zacharie 9, 6. et Ps. 87, 4. donnent l'espérance qne les Philistins se convertiront au vrai Dieu : l'accomplissement de cette prophétie appartient aux derniers temps.
La maladie qui affligea les Philistins pendant que l'arche séjournait au milieu d'eux, 1 Sam. 5, 6., est difficile à déterminer : nos versions traduisent l'hébreu par hémorrhoîdes, ulcères à l'anus, et il est assez probable en effet que c'est de cette affreuse maladie qu'il est question; la plupart des anciens auteurs l'entendent ainsi. D'autres cependant traduisent dyssenterie, lénesme, varices, flstules, etc. On a voulu expliquer d'une manière naturelle comment celte maladie, quelle qu'elle soit, a pu atteindre a la fois toute une population, ou du moins une fort grande partie d'entre elle. Licbtenslein y voit une espèce de plaie d'Egypie, la multiplication prodigieuse d'une sorte d'araignée, la solpuga fataîis, de la grandeur d'une musaraigne, dont la morsure est extrêmement douloureuse; il regarde en même temps cette plaie comme identique avec celle des souris qui ravageaient le pays, 6, 4.; mais outre que dans ce dernier passage, il ne peut être question que de souris proprement dites, la solpuge fatale n'a été observée qu'au Bengale; l'espèce perse et asiatique n'est point aussi dangereuse que la première, qui s'en prend surtout aux parties secrètes, et cause des blessures enflammées, qui occasionnent souvent la mort. Cette opinion est donc abandonnée, et l'on ne saurait trouver aucune autre explication naturelle du châtiment divin . Que les Philistins aient fait et suspendu dans leur temple des représentations des souris et de leurs hideux ulcères, il n'y a rien là d'étrange : les païens n'en font pas d'autres, et Diodore de Sicile, 4, 22., nous dit que toutes les nations de l'antiquité offraient dans leurs temples, en ex voto, des images des parties de leur corps qui avaient été guéries de maladies; on peut
voir encore Aristoph., Acharn., 242 (dans le Scholiaste), et Hérodote, 1, 405., des faits qui rappellent d'une manière frappante l'histoire de la maladie et de la guérison des Philistins.
PHILOLOGUE, disciple de Rome, inconnu, Rom. 16, 15. Son nom (ami de la science} a fait croire que c'était un esclave affranchi et versé dans les lettres. Une tradition le compte au nombre des soixante-dix disciples, et le fait consacrer plus tard par André comme cvèquede Sinope dans le Pont.
PHINÉES (visage assuré). 1° (ils d'Eléazar et petil-flls d'Aaron, Ex. 6, 25. 1 Chr. 6, 4. 50. Esd. 7, b. 8, 2. Nomb. 25, 7. Du vivant de son père, il fut nommé chef supérieur des lévites, Nomb. 3, 32. 1 Chr. 9, 20., et à sa mort, il lui succéda comme souverain pontife, Jos. 24, 33. Jug. 20, 28. Sa famille perdit depuis Héli jusqu'à Abiathar, probablement par l'indignité de l'un de ses membres, l'bonneur de fournir des souverains sacrificateurs ; elle ne recouvra ce droit que sous Tsadoc. Deux faits nous font seuls connaître la vie et le caractère de Phinées : le premier est rapporté Nomb. 31, 6. sq. Les Madianites avaient apporté l'impureté dans le camp d'Israël ; un ordre divin avait condamné à être pendus tous ceux qui s'abandonneraient à ces désordres (25, 4.) ; seuls, Zimri et Cosbi, qui peut-être s'étaient absentés, avaient évité l'exécution de la sentence : ils reviennent dans le camp, ils affrontent à la fois la pudeur et la religion; Phinées, indigné, pénètre dans leur tente, et frappe de sa lance les deux coupables; il dut à son zèle l'honneur d'être choisi par Moïse pour être témoin contre Madian, en accompagnant comme souverain sacriticateur les guerriers qui vont se partager le butin ; il lui dut aussi la sacrificalure et la promesse qu'elle serait héréditaire dans sa famille. Cette action ne peut être jugée ni par nos mœurs, ni même par nos idées religieuses, elle était orientale et juive. En frappant les fomicateurs, Phinées exécutait une sentence de mort déjà prononcée; il n'était point meurtrier, mais bourreau, et cette charge était souvent un honneur en Orient. Il agissait ensuite conformément à l'esprit de la théocratie, en exterminant deux ennemis de Dieu, et son zèle pouvait n'avoir rien de charnel. Pour le comprendre, il faut se mettre à la place de Phinées, voir le peuple en deuil, les anciens en prières, Dieu irrité, la conquête de Canaan compromise, et deux coupables impunis, braver ce spectacle et rester indifférents à tant de souffrances et de sérieux appels; l'indignation devait parler, se faire jour, un sang jeune et fidèle ne pouvait rester froid ; la vengeance ne fut point calculée, elle fut inspirée. — Plus tard, après la conquête, Phinées reparaît Jos. 22, 13. Les tribus occidentales craignent que celles qui sont