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de l'autre côté du Jourdain n'abandonnent le culte de Moïse ; un autel qui s'élève justifie leurs craintes, mais avant de prononcer, elles envoient vers ces frères qui paraissent s'égarer, une ambaj>sade à la lèle de laquelle on place Phinées. Dans un discours louchant, qui respire le zèle de la maison de Dieu , et l'amour le plus vrai pour ses frères, Phinées (il est du moins probable que c'est lui) expose les craintes d'Israël, et appelle les tribus soupçonnées à se justifier. La réponse qu'il revoit, calme les inquiétudes qu'il avait conçues, et, plein de joie, il revient a Silo porter à l'assemblée celte heureuse nouvelle. Partout dans sa conduite on sent un caractère généreux, une âme ardente, un cœur aimant; la vivacité et la douceur s'unissent en lui; prompt à craindre le mal, il est prompt à excuser ses frères et à reconnaître une méprise.
2° Fils d'Héli. v. Hophni.
PHLÉGON, disciple de Rome, Rom. 16, 44., inconnu ; probablement Grec d'origine.
PHRYGIE (sec, aride), Act. 46, 6. 4.8, 23., petite province de l'Asie Mineure, bornée au nord et à l'est par la Galatie, qui lui appartenait avant l'établissement des Galales : la contrée entière, avant l'époque de ce démembrement, portait le nom de Grande-Phrygie. Au sud le Taurus la sépare de la Pisidie ; a l'ouest et au nord la Phrygie avoisine, sans frontières naturelles bien marquées, la Carie, la Lydie, la Mysie, et la Bilhynie ; à l'est est la Cappadoce ou Leuco-Syrie, et la Lycaonie. On appelait Epictetus ou Phrygie d'acquisition, une partie de ce pays qui avait d'abord appartenu à la Bilhynie et que les Romains en détachèrent pour la joindre au royaume de Pergame. C'est là que la mythologie a placé plusieurs de ses héros et de ses fables : Arachné changée eu araignée, Phitémon en chêne, Baucis en tilleul, et Tantale connu par son supplice, non moins que par son crime. La contrée éiait bien arrosée et fertile; le bétail, et surtout le menu bétail, y prospérait. Les villes phrygiennes nommées dans le M. T. sont Hiérapolis, Colosses, et Laodicée, q. v.
PHYGEELE (fugitif), v. Hermogène.
PHYLACTÈRE, Matth. 23, 5., nomd'étymologie grecque, et signifiant préservatif. Les Juifs postérieurs a l'exil nommaient ainsi des bandelettes de parchemin sur lesquelles étaient écrits des passages de l'A. T., et qu'à l'exemple des païens, ils portaient au front ou au bras en guise d'amulettes. Celle coutume se fondait sur une interprétation littérale et mal entendue de Ex. 43, 9. 16., et de Deul. 44, 48. 6, 8. Les Juifs écrivaient sur leurs phylactères les quatre passages suivants: 1° Deut. 44, 4 3-22. — 2° Ibid. 6, 4-10. - 3" Ex. 4 J, 44-17. 4° 1b. 43,4-10., s»elon l'ordre qu'ils croyaient en avoir reçu. C'étaient surtout les hommes, et au moment de
prendre leurs repas, qui s'en servaient. On les mettait au bras gauche, allant du coude jusqu à l'extrémité du doigt du milieu; c'était le bras du cœur : on les mettait aussi sur le front, les courroies qui les retenaient faisant un noeud derrière la tête, et venant se rejoindre sur le front. Après s'en être servi, on les roulait eu pointe, et on les enfermait dans une espèce d'étui de veau noir (Léon de Modène, Cér. des Juifs 4 , 2, 4.)p Les phylactères étaient destinés â rappeler solennellement à ceux qui les portaient, l'observation de la loi, et l'obligation de s'appliquer de téte et de cœur à la conuaissauce et à la pratique de la vérité : ils ont Uni par n'être plus que de vains joujoux, comme les chapelets, les rosaires, etc. ; l'esprit de l'institution s'est perdu, la matière est restée ; ce ne furent plus des souvenirs, des aides, mais des pénitences, des ornements, ou des symboles de l'orgueil spirituel. — On a voulu voir à tort dans Prov. 6, 24., une allusion aux phylactères, qui sont d'une invention plus moderne; nous en disons autant de l'ornement dont il est parlé, Ez. 24, 17., ornement de tète (peér) que dos versions traduisent par bonnet; quelques rabbins ont cru y trouver une trace de l'usage dont nous parlons (Jarchi, Chald., etc.), mais ce sentiment a été réfuté et rejeté. — Il parait que les phylactèresétaicnt regardés par quelques-uns comme des préservatifs contre l'influence des démons. — Les Pères varient du reste beaucoup dans ce qu'ils disent à ce sujet; les Juifs de leur temps continuaient de porter ces bandelettes de parchemin ; les chrétiens de certains lieux commençaient à imiter cet usage superstitieux ; Gélase, évèque de Rome, l a condamné pour ce qui le concernait; il serait à désirer que ses successeurs l'eussent imité en cela ; le XIXe siècle n'eût pas vu naître la miraculeuse médaille-phylactère, qui a rapporté 70,000 fr. aux jésuites de Frihourg, et n'a pas empêché leurs troupes d'être battues, leurs soldais d'être tués : la campagne de Crimée a vu paraître aussi des médailles préservatrices, qui ont pu relever le moral, mais non écarter les dangers.
P1BESE I H, ville nommée Ez. 30, 47-, à coté de plusieurs autres villes d'Egypte. D'après |es Septante et la Vulgatc il s'agit de Bu bas le, çbeflieu du district de ce nom, dans la partie orieutale de la Basse-Egypte, sur un canal dérive du bras pélusiaque du Nil, à sept lieues sud-est de Léoniopolis. On y voyait un temple célèbre de la déesse Bubastis, que les Grecs identifiaient avec leur Artémis (Hérodote, 2, 59. 437. 13».). Chaque année, de nombreux pèlerinages, environ 700.000 hommes, venaient visiter ce monument; pendant le voy age, des femmes jouaient des castagnettes, des hommes de la flûte; le reste battait des mains : quand on passait devant une
ville, les bateaux approchaient du rivage, et Ton criait mille injures aux habitants. Les chats étaient aJorés a Bubaste comme des divinités: on les embaumait et on leur donnait une sépulture honorable. Le prophète annonce la destruction de cette ville qui Tut en effet prise et démolie par les Perses. Elle existait encore comme souvenir pendant la période romaine, et l'on en trouve maintenant les ruines sous le nom de Teil-Basta.
PIERRE, apôtre, appelé d'abord Simon ou Siméon, et souvent de ces deux noms réunis Simon Pierre, était (ils d'un certain Jona de Belhsaïda, inconnu, et s'appelait en conséquence, suivant un usage des Hébreux, Barjona, c'est-à-dire (ils de Jona, Mall|i. 10, 1. Marc 3, 16. Luc 6, 4 4. Jean 11, 45. Domicilié à Capernaûm, il y vivait de son état de pécheur, Matth. 4, 49. 8, 44. Marc 4,46. Luc 4, 38. 5, 3. Sa vocation à l'apostolat semble racontée de trois manières différentes, mais une lecture attentive, et la comparaison des passages montre d'abord qu'il y a eu double vocation, puis, qu'entre les deux autres versions l'une est plus complète que l'autre, mais non contradictoire ou différente. On voit d'abord, Jean 4, 40. sq., que Pierre, disciple de Jean-Baptiste, fut instruit de bonne heure par André son frère, de la venue et de l'œuvre du Messie; Jésus pénétra le futur apôtre, et lui prédit les destinées auxquelles il était réservé; toutefois, il ne l'appela point encore à le suivre, comme il en avait appelé d'autres. Un second récit, celui delà vocation proprement dite de Pierre, se lit Matth. 4, 48. Marc 4, 16.; mais il est abrégé. S;iint Luc, 5, l.sq., le développe et l'élend ; c'est dans sa narration qu'on a voulu trouver une troisième version d'un même fait (Winer).
Après l'entrevue de l'apôtre avec le Sauveur, le premier était retourné en Galilée; il avait repris ses tilt ts. Un jour, sur les bords du lac, Jésus, pressé par la foule, demande à Simon le secours de sa nacelle, et se fait conduire à quelque distance du rivage; il parle aux troupes, il les enseigne, puis son instruction achevée, soit qu'il voulût rendre Simon témoin de ses œuvres, soit qu'il voulût l'indemniser du temps qu'il avait perdu, il l'engage à descendre ses lilets dans le lac. En répondant que la pèche de la nuit n'a rien rapporté, Simon fait acte de foi et d'obéissance, car il jette eu même temps ses filets ; il veut constater qu'il ne le fait que par respect pour la parole du maître dont il vient d'euieudre les enseignements, et qu'on lui a déjà fait connaître comme le 3Iessie. Les filets rompent sous le poids des poissons qu'ils ramènent et tous les doutes du pécheur Sont dissipés; il s'écrie a genoux : « Seigneur, relire-toj de moi, car je suis un homme pécheur. » lit Jé-
sus se l'attache pour toujours, en lui annonçant que la pèche qu'il vient de faire n'est que l'emblème de ses succès futurs; il sera pécheur d'hommes vivants.
Son nom se trouve dès lors mêlé, avec celui de quelques autres apôtres, à l'histoire presque entière de notre Sauveur : il est un de ses compagnons, un de ses disciples les plus assidus et les plus intelligents - il est témoin de ses miracles, et intervient fréquemment dans ses conversations, avec plus ou moins de bonheur. Sa belle-mère est guérie par Jésus, qui était devenu son hùte, Matth. 8, 44. Marc 4» 29. sq. Luc 4, 3.8. Le lendemain, il va comme les troupes à la recherche de Jésus qui s'était retiré pour prier; il a le bonheur d'être le premier à le rejoindre, Marc 4, 35. Luc 4, 42. Après le premier miracle de la multiplication des pains, la nuit, il voit le Seigneur marcher sur les eaux, et veut marcher à sa rencontre, mais sa foi n'est pas à la hauteur d'une épreuve aussi forte, il doute, et les eaux s'entr'ouvrent sous ses pieds, Matth. 44, 22. Marc 6, 45. Jean 6, 47. — A Belhsaïda, il fait une profession éclatante de sa foi en Celui qui a les promesses de |a vie éternelle, Jean 6, 68. : il la réitère dans une autre circonstance aux environs de Çésarée de Philippe, et reçoit en récompense de sa foi de mémorables oracles; mais pour qu'il ne s'élève point au-dessus de ses frèrft, le Seigneur lui fait voir qu'il ne comprend pas encore les choses qui sont de pieu, et le repousse en termes sévères comme un tentateur, Matth. 46, 43. sq. Marc 8, 27. Luc 9, 18. Témoin de la transfiguration, il ne la comprend pas et confond le repos des saints avec la douceur du repos et de la paix terrestres, Matth. 17, 4. Marc 9, 2. Luc 9, 28. i Pierre I, 16. — A Capernaûm, il consent à payer pour son maître l'impôt des didracbmes, Ex. 30, 43 ; Jésus, en lui faisant comprendre que, maître de toutes choses, il eût pu s'en dispenser, répond par un miracle, et le slalère se trouve dans la bouche du poisson, Matth. 47, 24. Judas possédait sans doute celle somme dans la bourse apostolique, mais le Fils de l'homme devait montrer a tous que l'or et l'argent lui appartiennent, Agg. 2, 8., et que, s'il conteste, c'est sans intérêt ; s'il cède, c'est pour accomplir toute justice et ne point scandalUer les laibles. — Dans les questions relatives au pardon des offenses, Matth. 48, 21 et à la recompense que les apôtres pouvaient espérer de leur fidélité, Matth. 49, 27. Marc 10, 28. Luc 48,28., Pierre montre que ses idées sont encore confuses sur la sainteté de la vie nouvelle et sur la spiritualité du royaume de Christ. — Il voit et remarque le miracle du figuier séché, Matth. 24, 20. Marc 41, 21.; il prend part aux entretiens qui suivent les oracles de Jésus sur
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la destruction de Jérusalem , Marc 4 3, 3. ; il est chargé de faire avec Jean les préparatifs de la dernière pàque, Matin. 26, 48. Marc 44, 43. Luc 22, 8. Et pendant que le maître veut donner à tous une leçon d'bumililé, peut-être pour répondre à leurs contestations sur la place qu'ils occuperaient dans la vie à venir (.Matin. 48, 4. Marc 9, 33. Luc 9, 46. 22, 24.), Pierre, toujours vif, refuse par deux fois de se laisser laver les pieds et ne cède à une affectueuse injonction, que pour se jeter alors dans un autre extrême, Jean 4 3, 6., etc. — Il est moins prompt à juper et à interroger quand Jésus annonce que l'un des douze le trahira : soit que Judas eût réussi à conserver jusqu'alors la confiance de ses frères, soit que Pierre repoussât des soupçons qu'il craignait de voir justifiés, soit qu'il désirât voir le traître démasqué, soit enfin que l'incertitude leur fût plus pénible que la réalité, et que devant un oracle aussi étrange, aussi solennel et aussi inattendu, ils en fussent tous venus à se redouter eux-mêmes, à se défier d'eux-mêmes, Pierre, voulant connaître le nom du traître, mais n'osant le demander à haute voix, fit signe à Jean, voisin du Seigneur, de l'interroger. Il ne se doutait guère que la peur lui ferait commettre un crime semblable à celui que la cupidité avait inspiré â Judas; mais dans la même soirée il reçut par deux foîs des avertissements tout ensemble sinistres et consolants. « Là où je vais, tu ne peux maintenant me suivre, mais tu me suivras ci-après.» — «Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous cribler tous comme le blé (Am. 9, 9.), et j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne faiblisse point; toi donc, quand tu seras un jour converti (relevé de ta chute), fortifie tes frères, » Luc 22, 3t. Et comme le fidèle, mais présomptueux apôtre, protestait de sa confiance en lui-même, son triple reniement lui fut prédit, Jean 4 3. Un peu plus tard, dans la même soirée, comme les apôtres se rendaient en Gelhsémané, Jésus les enveloppant tous dans nne même sentence prophétique, leur dit: Vous serez tous celte nuit scandalisés en moi, selon qu'il est écrit: je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées; cf. Zach. 43, 7.; et Pierre, que la sentence isolée prononcée contre lui, avait sans doute humilié et affligé, satisfait de se voir de nouveau réuni à ses frères, quoique dans la faiblesse, voulut protester encore de sa fidélité, mais en vain; il ne reçut pour réponse que la confirmation de son triple reniement, Mallh. 26, 34. Marc 14, 27., etc. — Témoin de l'agonie de son maître, il ne peut, non plus que Jacques et Jean, veiller avec lui ; malgré les recommandations de Jésus, ils s'endorment, et Luc, le médecin, nous dit que c'était de tristesse qu'ils dormaient, Luc 22, 45.
La faiblesse de la chair succombait aux émotions, et l'esprit n'était pas assez fort pour en triompher. 11 était plus facile de se battre que de prier, et Pierre se réveilla quand les soldats vinrent pour prendre Jésus, Matlh. 26, 54 . Marc 4 1, 47. Luc 22,49. Jean 48, 40. D'un coup d'épée il blessa Malchus à l'oreille, ayant pris à la lettre quelques expressions dont le Sauveur s'était servi quelques instants auparavant dans un sens figuré, Luc 22, 36. 38. Mais ce n'était pas là le courage que réclamait de ses disciples Celui qui donnait librement sa vie ; les soldats entraînèrent le maître; les disciples s'enfuirent. Pierre, engagé par ses paroles à faire mieux que les autres, revint cependant en arrière; il voulait tenir sa parole, il allait réaliser celles de son maître. Arrrivé devant la porte de Caïphe, il la voit s'ouvrir devant lui sur la recommandation de Jean, mais la cour est pleine de soldats, d'huissiers, de domestiques et de curieux. Pendant le premier interrogatoire du Seigneur, b portière qui avait ouvert à Pierre, croit reconnaître en lui un des disciples de l'accusé et l'interpelle. Saisi, surpris, étonné d'être reconnu, préoccupé d'autres pensées qui lui font à la fois oublier l'oracle du Christ et désirer de couper court à une conversation qu'il n'a pas envie de poursuivre, il ment et renie son maître sans trop songer peut-être à ce qu'il fait. Une question semblable lui est adressée un moment après, et déjà il a eu le loisir d'examiner sa position; la frayeur l'environne, et les témoins qui l'entourent de toutes parts, lui semblent autant d'ennemis; il ment encore et dit : Je ne le connais point. Mais il est inquiet; il voudrait sortir, il change de place, il entre au vestibule, Marc 4 4, 68., et là, une heure environ après le second reniement, un parent de Malchus le reeonnait et lui dit : Ne t'ai-je pas vu au jardin avec lui? Nier n'eût plus suffi devant une accusation aussi directe; Pierre accablé de frayeur, était en outre retenu par la honte d'avouer enfin son raaitre, en avouant qu'il l'avait renié deux fois ; il ne lui suffisait plus de reconnaître Jésus, il devait encore reconnaître sa lâcheté; l'épreuve était trop forte pour l'homme appuyé sur ses propres forces ; il renie encore, en jurant et en prononçant des imprécations. Mais la mesure était comblée, lu tentation était terminée; le disciple pouvait savoir à quoi s'en tenir sur son courage, s i force, sa fidélité ; c'était le point du jour, le coq chanta; un regari de Jésus tomba sur son disciple, l'accusant sans le trahir ni le compromettre, et Pierre revint à lui-même ; bouleversé de son crime, touché de l'amour de son maitre, il sortit et pleura amèrement; ces larmes étaient sans doute, quoique amères, les plus douces et les plus pures qu'il eût encore versées ; sa douleur elail
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selon Dieu, elle ne pouvait qu'être heureuse ; pour la première fois peut-être, il avait un pressentiment de la vie nouvelle, du christianisme.
Trois jours après, averti par Marie Madeleine, il court au sépulcre avec Jean, n'arrive qu'après lui, mais entre le premier dans la grotte, examine, admire, sans comprendre encore que son maître est ressuscité, et retourne à Jérusalem, Luc 24, 42. Jean 20, 2. On conclut presque avec certitude, de 4 Cor. 45, 5., cf. Luc 24, 34., que le même jour encore, avant son entrelien sur la roule d'Emniaus, le Christ ressuscité s'est montré à Pierre, et l'on conjecture qu'il lui a donné, ou réitéré spécialement, l'ordre de se rendre, avec le reste des apôtres, en Galilée, où il le verrait de nouveau : Pierre, qui s'était exclu lui-même de la société apostolique, ne pouvait savoir si le maître le reconnaîtrait encore, ou s'il le renierait à son tour ; il eût hésité peut-être à suivre les apôtres, s'il n'avait été en quelque sorte personnellement convoqué. Du reste, aucune parole, aucun détail de cet entretien n'est rapporté dans les Evangiles, et l'on conçoit qu'il ne concernât que le chef de l'Eglise et son disciple relaps ; Pierre sans doute versa de nouvelles larmes, mais il sentit qu'il était réintégré; il allait reprendre sa place, mais la remplir plus humblement.
Il se rend à Capernaum où 11 possédait une maison (Matth. 8, 44. Marc 4, 29. Luc 4, 38.), et après quelques jours d une attente inutile, il dit a ceux des apôtres qui étaient avec lui qu'il s'en allait pécher, Jean 24, 2. Ils le suivirent, mais la pêche de la nuit fut inutile. Au matin, Jésus, qu'ils ne reconnaissaient point, leur demanda du rivage s'ils avaient du poisson, et sur leur réponse négative, il leur dit de jeter leurs filets du côté droit de la nacelle; une pêche abondante vint miraculeusement récompenser leur obéissance et leur foi. C'étaient les mêmes questions, les mêmes réponses, les mêmes merveilles que les mêmes hommes, les mêmes rivages, les mêmes nacelles, avaient entendues et vues quelques années auparavant; il n'en fallait pas davantage pour parler au cœur de Jean, qui reconnut aussitôt le Sauveur.et Pierre se jetant à la nage vint bientôt aborder aux pieds de son maître ; ils prirent tous ensemble un modeste et silencieux repas, pendant lequel tous reconnaissaient Jésus sans oser l'interroger. Après le repas, Jésus («'adressant à Pierre, mais sans lui donner ce nom qui était comme le signe de son apostolat, lui dit : Simon, fils de Jona, m'aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? L'apôtre n'en était plus aux jours où il ne craignait pas de s'élever au-dessus de ses frères; il répondit humblement : Oui, Seigneur, tu sais
que je t'aime. Pais mes agneaux, dit le Seigneur. Une seconde fois, puis une troisième, mais sans insister sur la comparaison avec les autres apôtres, le Seigneur lui demande: Simon, flls de Jona, m'aimes-tu P Chaque fois la réponse est la même, et le Seigneur en lui disant : Pais mes brebis, lui annonce le martyre, et se l'attache de nouveau, après que par sa triple confession, l'apôtre eut expié aux yeux de son maître son triple reniement. Simon le pêcheur est redevenu Pierre l'apôtre. Quelle solennité dans cette réintégration, et pourtant quelle douceur dans le châtiment, si même on peut donner ce nom aux interpellations du Sauveur. Saint Pierre pardonné reprend bientôt ses anciennes habitudes, et lorsqu'il eut appris de la bouche du Sauveur le sort qui lui était réservé, il lui demanda quel serait celui de l'apôtre Jean qui les suivait; mais Jésus refusa de répondre à cette question d'une vaine curiosité, et il ne permit pas que Pierre oubliât aussi promptement les avertissements qu'il venait de recevoir.
Nous retrouvons Pierre dans le livre des Actes; il attend avec les apôtres l'effusion du Saint-Esprit, et il propose de remplir la place que Judas a laissée vacante ; Matthias est élu par le sort (4 ,23.). La Pentecôte et l'effusion du Saint-Esprit viennent étonner les habitants de Jérusalem, et remplir de joie les apôtres : l'inimitié honteuse et jalouse qui poursuit tout réveil, toute œuvre de l'esprit, s'attache à ternir ce mouvement, en attribuant a l'ivresse les merveilles dont tous sont témoins, mais Pierre prend la parole, la puissance d'en haut agit en lui; Christ est glorifié, les âmes sont touchées, et 3,000 personnes se convertissant à sa prédication viennent grossir les rangs de l'Eglise chrétienne, qui ne comptait encore alors que les apôtres et quelques femmes. En voyant les doctrines du Crucifié se propager avec tant de succès, le sanhédrin résolut de prendre des mesures répressives; un miracle, un bienfait, lui fournit l'occasion qu'il désirait : un homme âgé de plus de quarante ans, et boiteux dès sa naissance, avait été guéri par le ministère des apôtres. Pierre lui avait dit comme le maître, et au nom de celui-ci : Lève-toi et marche, et l'impotent avait recouvré l'usage de ses membres. Comme l'apôtre parlait a la fouie pour repousser les hommages qu'on lui adressait, et pour la persuader de rendre à Jésus l'honneur, l'obéissance, et l'amour qui lui sont dus, des officiers chargés de maintenir i'ordre dans le temple, survinrent et mirent en prison Pierre et Jean. Traduits devant le sanhédrin, les apôtres, au lieu de se défendre, accusèrent ce pouvoir prétendu religieux, d'avoir mis a mort Jésus le Naiarien, s'appuyèrent de l'autorité de Celui
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que Dieu avait ressuscité des morts, e 1 dirent à la défense qui leur lut faite tl'annontvr le nom de Chris! : Jugez s'il est juste de vous obéir plutôt qu'à Dieu. Le miracle était évident, le témoin marchait, les apôtres furent renvoyés absous. Act. 3 et i.
C'est encore Pierre dont la parole foudroie Ananias et Saphira, Act. 5, 4. Son ombre guérit les malades, sa prédication touche les cœurs; ses succès irritent derechel lessadducéensqui, dirigés par Caïphe, le livrent une seconde fois au sanhédrin ; mais une seconde fois l'apôtre répond : Il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes. Caïphe ne le fait plus trembler.
Les persécutions ayant dispersé les chrétiens, la Samarie est évangélisée : Philippe baptise, et Pierre vient avec Jean imposer les mains aux fidèles et leur communiquer les dons du Saint-Esprit, Acl. 8. Il refuse de vendre au magicien Simon le pouvoir de transmettre ces dons surnaturels, et stigmatise ce premier exemple de vénalité religieuse. Après avoir évangélisé les bourgades qu'il trouve sur sa roule, ii revient a Jérusalem; c'est alors qu'il fait la connaissance de Paul, à qui il donne une hospitalité de quinze jours, Gai. 4, 18. Il visite les Eglises naissantes de la Judée, de la Samarie et de la Galilée, Act. 9.; à Lydde, il guérit un paralytique; à Joppe, il rend Don as aux pauvres qui l'avaient perdue; elle revient à la vie au milieu de ceux qui la pleuraient. L'apôtre reste quelque temps dans cette ville : une vision étrange qui se réitère a trois reprises, Acl. 40, lui apprend que te mosaïsme a pris fin, que la paroi mitoyenne est tombée, Eph. 2, 44., que la distinction des animaux en purs et impurs n'existe plus, que le monde n'est plus divisé extérieurement en bénis et en maudits, et qu'en tout;' nation ceux qui craignent Dieu et qui s'adonnent à la justice, lui sont agréables. La démarche et la demande des messagers de Corneille, centenler romain, achèvent de lui expliquer ce qu'il y a de mystérieux dans la vision, et il part pour annoncer Christ aux païens. A ses amis de Jérusaltm qui le blâment, il expose la vision céleste, ei loua glorifient Dieu en di>ant : Dieu a donc donné aux geutils la repentante pour avoir la vie !
De ce moment l'historien sacré qui s'attache à nous donner la suite de' l'histoire de Paul, ne pous donne celle de Pierre qu'en passant. Il paraît que l'apôtre visita diverses provinces de l'Asie .Mineure, annonçant, Christ aux Juifs et aux païens. On le retrouve à Jérusalem a l'époque du martyre de Jacques, et lui même, réserve au supplice par ordre d'Hérode, est miraculeusement rendu aux prières de ses frères qui n'osaient espérer sa délivrance, Act. 41. On croit qu'il s'éloigna alors de Jérusalem pour un
temps, mais nous Py retrouvons lors du concile des apôtres, 45, 7.: il y revoit saint Paul. Il y prend la parole, mais sans autre autorité que celle des choses mêmes qu'il dit : il plaide la cause des gentils, et rappelle les instructions qu'il a reçues du Seigneur a cet égard. Mais bientôt, inQdèle a ses principes, troublé peutêtre par les exigences de chrétiens judaîsants exaltés, fatigué de cette lutte, sous l'impression de reproches qui lui avaient été adressés, craignant de scandaliser les faibles, enclin d'ailipurs au formalisme juif par sa naissance et son éducation, il en vint à dissimuler, il s'éloigna des gentils, il en entraîna quelques-uns dans sa chute, et Paul dut le censurer ouvertement, Gai. 2, 44.; ii est probable qu'il reconnut la justesse des reproches que sa dissimulation lui attira, et qu'il se releva de cette faute avec la gétiéreuse vivacité de son caractère.
On ne sait plus rien de lut dès lors ; l'histoire sainte se tait, et les Pères ou se taisent aussi, ou se contredisent à tel point qu'on ne peut rien établir de positif sur leur témoignage : on ne sait ni où il se rendit, ni ce qu'il Ut, ni où, ni comment, ni quand il mourut.
Quelques remarques termineront cette notice, et achèveront de laire comprendre cette vie et ce caractère.
a) Les noms de Pierre et de Céphas ont la même signification ; Céphas est s\ riaque ou araméen, et n'entraînait aucune idée particulière; c'était le nom dont on l'appelait quand on s'exprimait dans celle langue, et souvent on employait l'un ou l'autre indistinctement, Gai. i, 9. 44. 4 Cor. 4, 48. 9, 5. Jusqu'au moment de l'ascension il est presque toujours désigné sous le nom de Simon (ou Symèon); c'est ainsi que l'appellent Jésus et les autres apôtres; Malin. 47, 25- Marc 4 4, 37. Luc 7,40. *->, 31. 24, 34. Jean X4, 45. : le même nom se retrouve Act. 45, 44., sans doute par un etfet de l'habitude prise, cf. 2 Pierre 4, 4.; le nom de Pierre emporte l'idée de sa vocation, c'est en quelque sorte son nom d'honneur : il le porte Acl. 40. 5. 48., et si quelquefois les deux noms de Simon Pierre sont reupis, celui de Pierre finit par prévaloir, ce qui explique pourquoi les évangélisies, en parlant de lui, l'appellent le plus souvent simplement Pierre.
6) Sa famille est peu connue. Son père, pêcheur comme lui. s'appelait Jona ; la iraditioa donne a sa mère le nom de Jeanne ; l'apôtre André élait sou frère, probablement plus jeune que lui. Il était marié, comme il ressort de Luc 4, 38. 4 Cor. 9, 5.: la tradition est unanime à cet égard, et don» Catmet n'a pas l'air de chercher à s'en cacher. Il avait un lils pomme Marc, 4 Pierre 5, 43., et les Pères lui donnent en outre une fille uommèe PétroniUe; ils varient
sur le nom de sa femme, que les uns appellent
Concorde, les autres Perpétue. Plusieurs le regardent comme le plus âge des douze apôtres; les détails qu'ils donnent sur sa figure et sur son apparence ont peu d'autorité.
c) Nous avons vu comment il est facile de concilier les apparentes divergences des évangiles qui racontent l'élévation de Pierre à l'apostolat. Mais la grande divergence, («Ile qui frappe le moins, parce que l'on y est habitué, c'est celle qui se trouve entre la condition de l'appelé, et la charge à. laquelle il est appelé. Un pécheur de poissons devient pêcheur d'hommes; un batelier devient apôtre ; l'ignorance doit instruire le monde, et passer du banc de sa nacelle aux ebaires de la vérilé. Personne n'eût confié à Simon la charge la moins importante, s'il eût fallu pour la remplir posséder quelques connaissances, et le maître du monde l'appelle, avec onze autres, à la plus sublime des vocations, a faire connaître aux nommes la vraie philosophie et la vraie théologie, le cœur de l'homme et le cœur de Dieu. C'est qu'en effet.
Pour en tToir U connaissance n faut être des plus petits, Uiater U toute astre aeieoee,
C'est qu'en effet il a été vrai de lout temps,
Que lei gag ea, lea entendus
C'est que ce sont des choses qu'on ne peut enseigner que lorsqu'on a été soi-même enseigné de Dieu, et pour en venir là les simples et les savauls ont le même chemin a faire, et ces dentiers y répugnent davantage, embarrassés qu'ils sont du bagage d'une science faussement ainsi nommée. Ce qui a été vrai aux jours du Seigneur est vrai toujours, c'est que ses vrais serviteurs sont ceux qu'il a choisis lui-même, quelle que soit du reste l'estime dont ils jouissent aux yeux de la chair; et l'on est étonné, si l'on veut y faire attention, de trouver souvent des disciples zélés, fidèles, et bénis, bien ailleurs que là où l'on penserait à les chercher.
d) Pierre appareil dans le collège apostolique revêtu d'une espèce de primauté que les écrivains protestants ont parfois trop méconnue, et que les auteurs catholiques-romains ont en revanche exagérée jusqu'à eu faire une principauté. Non-seulement il était l'un des ami* les plus intimes du Seigneur (non le plu3 intime), comme on le voit par >Iatth. 17, \. Mare 9, 2. 44, 33. et ailleurs, mais encore on le voit tantôt parler au nom des douze, tantôt répondre en leur nom quaud ils sont interrogés; Jésus lui-même le pomme quand il s'adresse aux apôtres, Mattb. 46, 16. 19, 27. 26, 40. Marc 8,29. Luc 42, 41.
Le passée Matin. 47, 24. ne prouve du reste pas, comme on a voulu le croire, qu'en dehors du cercle des douze, Pierre fût considéré comme le chef et le représentant naturel de ses collègues : ce peut n'avoir été qu'un tas fortuit, une circonstance accidentelle, et si l'on voulait donner trop de poids à celte preuve, plusieurs des apôtres, Philippe, André, etc., auraient des titres semblables à faire valoir, Jean 42 , 24. sq. Le caractère personnel de l'apôtre a pu contribuer pour beaucoup à le faire considérer comme un représentant de tous, non qu'il fut meilleur, mats parce qu'il était plus voyant : il avait été d'ailleurs l'un des premiers appelés, et il était peut-être l'atué de tous, ce qui explique aussi pourquoi dans toutes les listes il est nommé le premier, sauf Gai. 2, 9. Après l'ascension, il continue pendant quelque temps de se produire, d'agir, de parler, avec celte promptitude et cette supériorité d'intelligence qui \u\ avaient donné sur ses collègues une espèce d'autorité morale, que ceux-ci n'avaient jamais contestée parce qu'elle n'avait jamais été formulée, ni affichée: cf. Acl. 4, 45. 2, 44. 4, 8. 5, 29. Mais bientôt il cesse lentement de briller dans l'histoire apostolique, soit que l'âge ait brisé ou ralenti l'activité de son caractère et l'autorité qui s'y rat tachait, soit qu'un homme plus jeune, plus fort, également bien doué, l'ayant remplacé dans la vie active, Pierre ait vu passer naturellement dans les mains de saint Paul une influence qu'ils ne devaient l'un et l'autre qu'aux dons qu'ils avaient reçus et à l'usage qu'Us en avaient fait.
e) Ce n'est pas ici le lieu de, discuter les questions controversées entre l'Eglise de Rome et i Eglise réformée; indiquons-les seulement, et posons quelques principes. Les théologiens romains estiment que Pierre a été mis au-dessus des apôtres, ayant autorité sur eux, autorité sur l'Eglise, en vertu du passage Matth. 16, 16-48.; que le droit de pardonner ou de condamner lui a été également donné, et à lui seul; que la surveillance et la direction de l'Eglise, des évéques et des troupeaux, du clergé et des laïques, lui a é|è confiée en vertu des paroles de sa réintégration : « Pais mes agneaux, pais mes brebis, » Jean 21, 15.; que pierre a été à Rome, qu'il > a été évéque, évéque pendant vingt-cinq ans ; qu'il a enfin légué sa puissance api évéque» qui sont venus après lui, quels qu'ils lussent, indépendamment même de leur foi et de la réalité de leur christianisme.
A quoi il a été répondu : que chapun e.sl le fils de si s œuvres ; qu'il n'y a plus sous le christianisme d'autorité de droit divin que celle qui prouve sa divinité par sa puissance et par sa sainteté; que, relativement à saint Pirre, les paroles qui lui furent adressées en suite de sa
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sion du nom de Christ, n'impliquent aucune supériorité de droits ; que la pierre sur laquelle l'Eglise chrétienne devait être bâtie, c'était la confession de foi elle-même, et non celui qui l avait faite; que le droit de lier et de délier, celui de pardonner et de retenir les péchés, a été donné à tous les chrétiens dans la même mesure qu'à saint Pierre, Jean 20, 23., c'est-à-dire qu'il ne constitue pas un pouvoir, mais qu'il n'emporte que le simple droit de déclarer, de constater un fait ; que les paroles : pasce oves meos, ou mcas, ne sont que la simple réintégration de l'apôtre dans des fonctions dont il s'était lui-même, en quelque sorte, démis, et que notre Sauveur n'a pas été appelé à rendre aux autres apôtres des droits que ceux-ci avaient conservés; que la différence de sexe, meos et metw,ne signifie rien, attendu que ces mots sont, dans le langage biblique, pris fréquemment l'un pour l'autre comme signifiant tous les deux le troupeau, observation qui est renforcée par cette autre, péremptoire, que sous la nouvelle alliance il n'y a plus la vieille distinction des hommes en ecclésiastiques et laïques, en clergé et troupeau, vu que tous les chrétiens sont à ta fois hommes du peuple et hommes de l'Eglise, laïques et ecclésiastiques ; que le N. T. ne nous montre nulle part saint Pierre revêtu d'une autorité absolue, que s'il est le premier souvent, il n'est jamais primat; il cherche à convaincre par des arguments solides, mais il n'ordonne pas; qu'il ne part jamais de son autorité comme d'un principe, et qu'au concile de Jérusalem il ne préside pas, il ne commence pas, il ne clôt pas la discussion ; que les frères ne le reconnaissent nulle part comme ayant une autorité de chef de l'Eglise, qu'ils se reconnaissent le droit de l'interroger, de le
contrôler, de le blâmer; que saint Paul en particulier le censure pour sa conduite peu franche à l'égard des gentils, tellement il est éloigné, et Pierre aussi, d'admettre on ne sait quelle infaillible autorité; — relativement au voyage de Rome, qu'il est plus que contestable, que rien ne le prouve, que tout établit que Pierre n'y a jamais été; que s'il y a été, ce n'a pas été pendant vingt-cinq ans, mais un moment seulement ; qu'il n'y a jamais été évêque et que l'eût-il été, il n'eût jamais transmis a des successeurs des promesses (quelconques) qui n'avaient été faites qu'à sa personne; que s'il a transmis des droits à l'Eglise de Rome, cette Eglise n'en a rien su dans les commencements; que lorsqu'elle a essayé au IIIe siècle de les faire valoir, la chrétienté tout entière a protesté ; qu'au VI» siècle l'évêque de Rome les ignorait encore, ou les repoussait avec indignation, et que ce n'est qu'au XI' siècle qu'un pape ambitieux les a solidement conquis; que si Pierre eût légué des dons à
l'Eglise de Rome, cette Eglise n'eût pas tardé à les perdre, ayant évidemment prouvé qu'elle était indigne d'être l'héritière de ce saint apôtre ; enfin, que si jamais elle a eu des droits à celte succession, elle en a toujours fait un mauvais usage, etc. On ne répond à une erreur raisonnable que par une seule raison ; à des échafaudages d'absurdité, il y a des milliers de réponses à faire, et la source n'en tarit point ; la primauté de saint Pierre, sa papauté, appartient à cette masse de faits dont l'Eglise romaine a eu besoin pour établir un pouvoir spirituel immense; et non contente de cette usurpation, elle y a joint, en manière de petits profils ignorés des premiers siècles, le droit de disposer des couronnes, des royaumes et des peuples, droit qu'elle a exercé de la manière la plus barbare, la plus criminelle et la plus inepte, et qu'elle exercerait encore si, peu à peu, la lumière n'était venue en bien des lieux protester contre ces ténèbres abrutissantes et rendre i chaque individu les droits qui lui appartiennent par la grâce de Dieu. Que M. de Chateaubriand nous montre donc « ce prince d'une espèce nouvelle dont les successeurs étaient appelés à monter sur le trône des Césars, entrant dans Rome le bâton pastoral à la main, » on comprendra son langage comme celui d'un loyal sujet du saint-siége, comme une fleur de plus jetée au milieu de ses magnifiques Eludes Historiques, mais l'on n'y trouvera ni l'exactitude de l'historien, ni l'esprit d'un théologien, ni le langage et la foi d'un chrétien. M. le comte Joseph de Maistre, avec un sérieux parfois héroïcomique, a traité dans son livre du Pape plusieurs des questions relatives à saint Pierre dans ses rapports avec le saint-siége ; il était difficile de faire avec autant d'esprit uo livre aussi peu intelligent, aussi bizarre, aussi faux; et le XIX0 siècle a été surpris de cette apparition ; c'était comme un revenant du XI' siècle. — Pour l'examen des prétentions historiques, théoriques et théologiques de l'Eglise romaine, v. parmi les ouvrages modernes les deux Dissertations de A. Bost sur le Droit des Papes, l'Appel à la conscience des catholiques romanis du même auteur, divers écrits de Malan, Louis Durand, Pancliaud, Poinsot, Anet , Roussel, Schéler, Taillefer; l'Anatomie du papisme, par N. Puaux; Aug. Bost, Abrégé de l'Hist. «'es Papes; et un sermon de Vinet, intitulé Siœon Pierre. — Ajoutons seulement, et c'est une observation dans tous les cas intéressante, que les protestants ont pour saint Pierre un respect plus réel, plus sincère que les papistes; nous croyons, en effet, avec le grand apôtre « qu'il n'y a de salut en aucun autre qu'en Christ, et qu'il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui soit donné aux hommes par lequel il nous faille être
sauvés, » Act. 4, 42.; l'Eglise de Rome pense autrement. Nous disons encore avec saint Pierre: « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as estimé que le don de Dieu s'acquiert avec de l'arg. ni, » Act. 8, 20.; l'Eglise de Rome, au contraire, favorise et pratique la simonie. Nous croyons que ce n'est point le baptême qui sauve, mais la recherche que fait de Dieu une conscience pure, I Pierre 3, 24.; l'Eglise de Rome refuse l'inhumation aux enfants morts sans baptême. Pierre refusa l'adoration de Corneille, Act. 40, 26.; ses prétendus successeurs la réclament, y compris des baisers pour leurs pantoufles. Nous croyons enfin avec saint Pierre, que dans le temple de Dieu sur la terre, dans son Eglise, il n'y a qu'une pierre fondamentale qui est Christ, et que tous les chrétiens entrent dans la construction de l'édifice comme autant de pierres vives, i Pierre 2, 4. 5.; Rome, au contraire, estime qu'il n'y a qu'une pierre, et que cette pierre c'est Pierre. — Mais assez.
f) D'après ce qui a été dit plus haut, comme aussi d'après la simple lecture de l'Evangile, on peut se faire une idée assez exacte du caractère de l'apôtre. Vif, bouillant, entreprenant, résolu, dévoué, mais se confiant trop en lui-même, il a trouvé danssesdispositions naturelles les causes de sa grandeur et de ses chutes. Ces caractères agissent plus qu'ils ne vivent; ils sout plus capables de grandes actions que de persévérance, et la vigilance n'est pas leur coté fort ; moins homogène que saint Jean, Pierre a paru davantage, il a peut-être fait davantage, mais il n'a pas été aimé de son malire comme l'apôtre de la charité. Dans une circonstance solennelle, dans un interrogatoire en forme, Pierre n'eût peut-être pas renié son maître; il eût veillé. Devant un simple interrogatoire, devant une servante dont les questions importunes ne lui paraissent pas dignes de réponse, il le renie; ii le renie, parce qu'il ne veut pas se laisser troubler dans ses tristes pensées par d'indifférents interlocuteurs; il reste pour ne pas aban donner son maître, cl il le renie encore : il est sans vigilance. Le chant du coq le réveille, et c'est alors seulement qu'il se rappelle qu'un reniement devant cette foule indifférente, indiscrète, sans droits à le questionner, est cependant aussi un reniement; il pleure alors, parce qu'il comprend la grandeur du péché qu'il a commis, parce qu'il veille. Chrysostome, Luther, Mélanclnhon et Calvin, renferment de belles et touchantes pages sur ce reniement de l'apôtre, et si l'on doit éviter d'être à cet égard plus indulgent que saint Pierre ne l'a été pour luimême, il ne faut pas non plus se montrer plus sévère que Jésus. — La conduite de Pierre à Anliocbe, Gai. 2, H., s'explique plus ou moins de la même manière, quoique la position fût loin
d'être la même : Pierre avait alors déjà reçu le dons du Saint-Esprit, ii était plus éclairé, sa faute était plus grande, et en outre elle était réfléchie. Sans doute bien des excuses pouvaient se présenter à son espril, pour motiver une conduite si peu conforme à ses antécédents et aux ordres qu'il avait revus du Seigneur; mais des excuses ne justifient point, et Pierre a passé condamnation. Plusieurs docteurs catholiquesromains ont cherché à sauver l'infaillibilité du saint-siége et la réputation de Pierre, en attribuant cette conduite à un autre Cépbas, l'un des soixante -dix disciples, qui doit avoir été plus tard évêque d'Iconium ; mais le sentiment général, c'est qu'il s'agit bien ici de saint Pierre lui-même. « Saint Pierre, dit dom Calmet, reçut celle répréhension avec silence et humilité, et ne se prévalut point de sa primauté pour soutenir ce qu'il avait fait. » Je crois bien ; et dans tous les cas il n'eut garde de parler d'infaillibilité. El si l'on objecte que ce n'est là que l'opinion de Calmet, celle d'un particulier. « toute l'Eglise, dit le pape Pélage, révère l'humilité avec laquelle il a cédé aux raisons de saint Paul, et changé de seniimenls. » Oui, mais ainsi Pélage bat l'infaillibilité dans la personne du premier pape, et il faut avouer en effet qu'alors on n'avait pas encore connaissance de celte absurde prétention dont on a fait depuis une véritable incorrigibiJité.
g) Le corps de Pierre est à Rome, moitié dans l'église de Saiiil-Pierre, moitié en celle de Saint- Paul ; sa tête est encore à Rome, dans l'église de Saint-Jean de Lalran, où l'on montre également une dent à part; puis il y a de ses os partout; à Poitiers, la mâchoire avec la barbe; à Trêves, quelques os ; ailleurs, plusieurs encore ; à Genève, lors delà Réformation, l'on montrait, sur le grand autel de la cathédrale, sa cervelle précieusement enchâssée : à l'examen, on vit que c'était une pierre ponce. Sa chaire épiscopale et sa chasuble sont à Rome; l'autel devant lequel il chantait la messe se trouve à la fois à Rome et à Pise; on conserve également le couteau avec lequel il coupa l'oreille de Malchus; sa crosse se voyait à Saint-Etienne des Grès, à Paris; son bourdon est à la fois à Cologne et à Trêves ; on montre enfin à Saint-Anastase(Rome) le pilier sur lequel il fut martyrisé. Sa fille Pétronille a son corps entier à home, en l'église de son père; plus, des reliques à part à Sainle- Barbe, plus, derechef le corps entier au Mans, dans le couvent des Jacobins : il guérit des fièvres. Le jour où l'on en finira ave»; ces pitoyables a bsurii .:<. s n'esl pas loin; le mouvement des Ronge el di s Cz^rsky ne tait que commencer; et peudaiu qu'ils attaquent les reliques, les baïonnettes étrangères attaquent, en croyant la protéger, l'autorité même dont elles sont l'éma-
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nation el la raison suprême ; c'est le propre des armes de tuer ce qu'elles touchent.
k) 1" Epttre de Pierre. On voit par 5, 43., qu'elle a été écrite de Babylnnt* ou des environs; mais les auteurs ne sont pas d'accord sur la signification de ce nom; plusieurs Pères ont pris cette expression comme allégorique . et pensent qu'elle désigne Rome; c'est, en effet, un moyen de faire aller aint Pierre à Rome, mais ces exégètes sont précisément ceux qui repoussent le plus absolument le sens de Rome que l'on veut donner à la Babylone de l'Apocalypse, et cependant, dans le langage mystique et nécessairement obscur de ce dernier livre, on comprend beaucoup mieux qu'une ville soit désignée symboliquement, qu'on ne peut le comprendre dans une épttre où toutes les expressions sont prises dans leur sens ordinaire ei nalurel ; rien ne pouvait engager Pierre à cacher à ses lecteurs le nom de 1m ville où il se trouvait. — Les chrétiens d'Egyple, jaloux de posséder une trace du passage de l'apôtre au milieu d'eux, ont a leur tour, et déjà avec plus de raison, prétendu qu'il s'agissait ici de la pelite forteresse de Babylone qui se trouvait en Egypte; c'était un poste fortifié pour loger une légion romaine ; il avait été construit par Cambyse, roi de Perse, lors de la conquête de l'Egypte; mais on ne comprend pas pourquoi l'on irait chercher cette pelite station militaire au lieu de la grande Babylone. Celle-ci avait été ruinée en effet, mais sa destruction n'avait pas été si complète qu'il n'y fut resté un certain nombre d'habitants. D'après Joséphe, les chrétiens y avaient été persécutés, et vingt ans après l'époque tixée pour la composition de celle lettre, la peste y avait fait encore des ravages terribles, surtout parmi les Juifs. Suivant plusieurs auteurs (r>. Àssemani). Babylone était encore habitée aux temps de Théodose le Grand, 379-395, et selon Abulféda. il y avait encore au XIV" siècle un bourg appelé Babel sur la place même de l'ancienne Babylone. Tout concourt donc à prouver que Pierre.'qui avait visité les Eglises nommées au commencement de sou épttre, elqui avait porté son activité jusque chez les Pannes, n'a pu désigner sous le nom de Babylone que la ville généralement connue sous ce nom. « Celle qui . si â Babyl«<nef élue avec vous, • désigne, seion quelques-uns, l'Eglise de celte ville, selon d'autres, el c'est le plus probable, la femme de l'apôtre, comme « Marc mon dis» se prend aussi dans son sens simple et littéral : non-seulement la tradition nous montre la femme de Pierre voyageant avec lui I Cor. 9, 3., mais elle rapporte que Pierre lui-même a conduit sa femme au martyre « n lui parlant de la gloire à venir, Clem. Alex., Slrom., 7, 11. S M. Néander rc-
iliflicile de rien fixer sur la date de cette lettre ; elle ne renferme aucun indice suffisant; la seule hypothèse possible repose sur l'état général des Eglises auxquelles la lettre est adressée; ces I Eglises sont r< présentées comme existant déjà depuis un certain temps, et l'apôtre cherche a les préparera de grandes persécutions; on a cru pouvoir en conclure que la composition de cette lettre doit être placée entre 6î et 65. — Les lecteurs de l'épître étaient, d'après Mfchaé/fs, des prosélytes juifs passés au christianisme ; d'après Steiger, des pagano-chrétiens; d'après Hensel et d'autres, des judéo chrétiens , chacune de ces hypothèses semble s'appuyer sur quelques versets, d'où il résulte que nous serons plus prés, et de la vérité et de la vraisemblance, si nous admettons que l'épître était adressée aux Eglises telles qu'elles existaient , composées des uns el des autres; il ressort cependant de 1, 1., que c'étaient les judéo-chrétiens que l'apôtre avait plus particulièrement en vue, comme le tronc sur lequel les autres chrétiens avaient été entés; ni Pierre, ni Jacques ne regardaient l'alliance de Dieu avec Israël comme dissoute; ils estimaient que c'était l'alliance fondamentale, et que les païens y entraient par le l'ait de leur conversion au christianisme. — Quant au bui el au contenu de l'épître, on voit qu'elle s'adresse aux chrétiens dans nne époque on de graves persécutions allaient éclater, où l'Eglise se trouvait a la veille d'événements sérieux, a la veille des persécutions de Néron, de la destruction de Jérusalem, de la mort d«-s apôtres. Saint Pierre rappelle aux Eglises que leur foi est bien fondée, que c'est dans la vraie foi qu'ils oui élé Instruits, 1, 25. 5. 1*., puis, il Ips exhorte à persévérer dans la sanctification, à rester fidèles mémo dans les persécutions, et a ne pas perdre de vue la félicité à venir. Dans le premier chapitre, après la salutation et des exhortations qui se rapportent à la vie intérieure, l'apôtre montre dans la foi en Christ le motif et le mobile de la sanctification. Chap. 2e: exhortations relatives à la vie civile; les motifs en sont pris dans notre vocation céleste et dans l'exemple de Christ . Les huit premiers versets du chap. 3 renferment divers préceptes sur la vie domestique. Jusqu'à la lin du chap. 4 viennent des exhortations générales qui se rapportent a la position des chrétiens vis-à-vis d'i» monde persécuteur. Chap. 5 : la vie dans l'EghV, et conclusion. — Cest une des épllres les plus complètes et les plus riches du N. T. L'espérance chrétienne, l'attente du jour du Seigneur, l'amour fraternel, la foi sanctifiante, l'humilité, la ferveur, l'expérience du cœur s'y reconnaissent à chaque ligne ; l'apôtre n'a rien perdu de sa vivacité, mais il a gagné en maturité et en profon-
garde celle question comme décidée. — 11 est | deur : c'est un vrai manuel de la vie chrétienne
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On a remarqué et exagéré plusieurs rapports qui se trouvent entre les épîtres do Pierre et celles île Paul et de Jacques, mais il n'y a rien là qui ne applique très naturellement, suit parce que dans leurs citations les apôtres se servaient souvent des Septante, soit parce qu'ils ont eu connaissance des lettres les uns des autres, soit parte que ces hommes de Dieu, intimement liés par une même foi, avaient eu fréquemment l'occasion de s'entretenir des mêmes vérités.
li'authencilè de cette épître n'a guère été contestée; la plupart des Pères la citent, la plupart des canons la renferment. Les arguments intérieurs et extérieurs de De W elle, ont ici encore moins de poids qu'ailleurs. Un passage obscur du canon de Muratori, l'appui de Théodore de Mopsueste qui rejette toutes les épilres catholiques, celui des Paulhiens, sont les seuls témoignages que l'on puisse invoquer ; ils ne sont pas considérables.
Deux commentaires à citer entre plusieurs autres, sur celle épitre, sont celui de l'archevêque Leightou de Glasgow, traduit et relouché en français par L. Bounet, et celui de Sleiger, en allemand.
i) iv Epilre de Pierre. Adressée aux mêmes églises que la précédente, et dan» les derniers temps de la vie de l'.ipôire, en 66 ou 67, celte lettre a pour bul de fortifier les chrétiens contre la tiédeur et le relâchement, contre les attaques des faux docteurs et contre les doutes qui naissaient chez plu>ieurs, de ce que le retour du Seigneur sur la terre n'avait pas encore eu lieu. Au 4" chapitre l'apôtre exhorte, et confirme la vérité de l'Evangile. Dans le 2e, il combat directement les faux docteurs, ou puur mieux dire, les faux chrétiens. Daus le 3°, il parle de la venue de Christ, et exhorte les lidêles à ne pas se laisser ébranler par des doutes à cause du retard de l'avènement de Christ. Il y a comme une gradation dans celle épitre ; ce sont d'abord les doutes en général que l'apôtre combal, puis il attaque les faux docteurs qui, en flattant la chair, usent d'un redoutable moyen de réduction en disposant l'àme à douter; enfin il combat les doutes sur un point particulier. — Cette lettre avait une \aleur de circonstance; l'apôtre parlait à ses contemporains d'une manière conforme à leurs besoins et à leur position. Mais les maux et les périls contre lesquels il cherchait a prémunir la foi des lidêles, sont ceux aussi qui ont ravagé l'Eglise de Christ dans les siècles suivants, et ses exhortations ont quelque chose de prophétique. Celle epilre est donc pour 1 Eglise un héritage précieux de l'apôtre mourant; ce sont les dernières paroles d'uu
que des doutes se soient élevés sur la valeur de ce document, il faut se rappeler que l'Apocalypse, qui renferme les paroles du Sauveur glorifié, n'a pas eu un meilleur sort.
Si celle épitre n'a pas été écrite par Pierre, donl le nom esl inscrit au premier verseï, elle est l'ouvrage d'un imposteur; il ne s'agit donc plusde savoir si elle a été écrite par l'un ou l'autre des apôtres, mais si elle l'a été par Simon Pierre, ou par un faussaire. La question est ainsi tout autre que celle que nous avons examinée au sujet de l'Epître aux Hébreux ; elle est de la dernière importance, et sans la traiter en détail, nous devons au moins rappeler quelques observations et constater les faits principaux.
11 n'y a pas contre celle épître de témoignages historiques directs, tels que serait celui d'un homme distingué, ou celui de toute une Eglise. Personne n'a montré, ni dans les anciens temps,' ni de nos jours, qu'elle renfermai une doctrine ou même une expression contraire à la vérité, tandis que les Pères de l'Eglise, en réfutant les écrits apocryphes de leur temps, ne manquent jamais de relever ce qu'il y a de faux dans ces compositions supposées. On remarque au contraire, dans toute f épitre, une parole vraiment apostolique. Et cet argument, déjà fort en luimême, le devient davantage encore lorsqu'on "réOechil que si ce n'est pas un apôtre, c'est un imposteur qui a du parler ainsi, avec cette onction, celle pureté d'une âme inspirée de Dieu. Lit imposteur n'y auraii-il pas mêlé des erreurs, des hérésies plus ou moins cachées, mais toujours apparentes? L'auteur de Pepitre se donne a connaître en plusieurs passages, t, t. 46. 3, I. 2. 45., de la manière la plus claire, et l'analogie du langage entre la première et la deuxième épitre de Pierre, a toujours été remarquée, v. les Prolég. de Poli sur celle épitre, I Introduction de Hug (irad. par Cellérier), et l'opuscule d'Olsbausen, Preuves de l'autb. des écrits du canon du N. T.
A ces arguments on oppose : 4° que celte épitre n a ete connue que lard, Eusèbe étant le plus ancien témoignage direct, la Peschito ne comprenant pas celte épître, Origène el saint Jérôme exprimant des doulessurson authenticité. Mais des circonstances inconnues ont pu en empêcher la circulation; une publicité retardée, voilà tout ce que l'on peul conclure de ce demi-silence : l'argument tiré de la Peschito ne prouve pas plus contre t Pierre qu'il ne prouve contre Jude, ni contre t el 3 Jean, épilres qui ont peu circule et que la version syriaque n'a pas connues. Ecrites peu avant la mort de Pierre, au milieu des troubles de la persécu-
homme qui a été l'une des colonnes de l'Eglise, lion de Néron, a des Eglises de l'Orient, cette de Pierre qui marche au martyre. S'il est triste | épitre a pu être pendant un temps cacbee et
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oubliée : à sa réapparition elle a pu rencontrer quelques doutes, parce qu'au milieu des nombreux écrits apocryphes qui se publiaient sous le nom de Pierre, les Eglises se tenaient sur leurs gardes pour n'être pas trompées. On peut voir d'ailleurs, par 1 Tbess. 5, 27., que la publicité donnée aux lettres des apôtres n'était pas une chose qui allât sans dire, puisque saint Paul doit conjurer les anciens, au nom du Seigneur, de faire lire sa lettre à tous les frères.
2°. On insiste sur la différence de style qu'on trouve entre les deux épltres du même apôtre. A cette différence on peut opposer au contraire beaucoup de ressemblances, et l'objection se trouve contre-balancée, Mais, en outre, il faut observer que le langage et le style ne peuvent pas porter un caractère très prononcé dans une lettre qui n'est pas composée avec un soin rhétorique, qui a été écrite quelques années plus tard, dans un autre endroit, en des circonstances fort différentes, au milieu de la persécution, avec l'empressement et la bâte que provoque toujours un danger imminent, dans une langue qui n'était pas la langue maternelle de l'auteur. La différence de sujet doit surtout être prise en considération ; dans la première lettre on voit des exhortations douces et paternelles pour engager les chrétiens à supporter patiemment les épreuves; dans la deuxième, c'est un langage ferme contre les hommes qui corrompent le christianisme. Olshausen ajoute que l'apôtre a peut-être dicté seulement les idées de sa lettre, sans en dicter les expressions.
3° On invoque contre l'authenticité les rapports intimes et l'affinité remarquable qui se trouvent entre le 2° cbap. de notre épîlre, et l'épllre de Jude. Cette dernière portant des caractères assez évidents de priorité, on se demande s'il est possible et probable que Pierre ail fait un emprunt aussi considérable aux écrits d'un autre apôtre. Il y a plusieurs réponses à faire a cette objection. Olshausen d'abord ne craint pas de supposer, et cela se rapporte aux deux épltres de Pierre, que l'apôtre, âgé, et n'ayant pas beaucoup de facilité pour s'exprimer en grec, aimait a se servir des phrases et des expressions allant à son but qui pouvaient se trouver dans d'autres écrits, et cela d'autant plus que le style chrétien grec était une chose toute nouvelle, qui n'avait pris naissance qu'à une époque où l'apôtre était déjà avancé en âge, et où le chemin frayé par saint Paul lui paraissait plus naturel à suivre. Ces considérations peuvent avoir delà valeur, niais elles ne suffisent cependant pas pour rendre compte de la connexion de forme et d'idées qu'il y a entre les deux épitres qui nous occupent. Il faut supposer qu'avant qu'elles fussent composées, il y avait eu des rapports intimes soit entre les deux apô-
tres, soit entre les lecteurs des deux épitres, ou peut-être les deux choses ensemble. Dans le premier cas, Pierre avait parlé à Jude et lui avait communiqué ses idées avant que ce dernier eût composé son épître ; Jude, en écrivant, a développé les idées qui avaient fait le sujet de leurs entreliens, et Pierre, en écrivant plus tard sa 2« épître, se sera servi pour rendre ses idées, des expressions dont Jude les avait revêtues. Dans le second cas, Jude aurait écrit une lettre qui aurait été mal reçue, et Pierre, écrivant aux mômes lecteurs, aurait indirectement soutenu l'autorité de Jude, en faisant passer dans sa lettre le contenu de celle de son collègue. Et si l'affinité des deux épitres est le résultat d'une sympathie et d'une coopération apostolique et fraternelle, on ne peut voir dans l'emprunt fait de l'un à l'autre, rien qui soit indigne ni de l'activité, ni de l'humilité d'un apôtre : or cette coopération non-seulement est possible, mais elle est probable, entre des apôtres qui avaient visité les mêmes Eglises.
4° Enlin l'on tourne contre Pierre lui-même les efforts qu'il fait pour se faire reconnaître; mais celle preuve n'en est pas une. Vis-à-vis des faux docteurs et des faux frères, il était nécessaire de faire valoir l'autorité apostolique, et saint Paul dans des circonstances semblables n'agissait pas différemment, comme on peut le voir par les Etires aux Corinthiens et aux Gala les.
Telles sont les objections les plus importantes. Que prouvent-elles ? Que la composition de celle lettre et les circonstances qui l'accompagnèrent ne sont pas bien connues, toute l'antiquité apostolique étant voilée pour nous. Elles ne prouvent pas, comme rien ne prouvera, que l'écrit d'un imposteur ail pris place dans le canon du N. T.
k) Un Evangile, un livre des Actes, et une Apocalypse apocryphes, ont été attribués à saint Pierre ; nous n'avons pas à nous en occuper.
PIERRES. Elles abondaient en Palestine, et les Israélites les employaient suivant leur grosseur, aux différents usages auxquels elles peuvent servir : on en faisait des murailles, des bâtiments de luxe, des autels, des meules à moudre le grain, des couteaux pour la circoncision, des portes pour fermer l'ouverture des tombeaux, des puits, ou des cavernes ; ele$ servaient aussi, comme chez nous, pour marquer des limites (lapides terminales), et Jj loi de Moïse détendait sévèrement de changer Va place de ces frontières artificielles (Deut. 49, 14. 27, 17., cf. Prov. 22, 28. Os. 5, 10. Job 24, 2.J, cf. Ex. 4, 25 Jos. ii, 2. 10, 18. 27. 1 Sam. 17, 40. Gen. 29, 2. 1 R. 5, 47. 6, 7. 15, 22. 2 R. 42,42. 22,6. 4 Macc. 13,27.Mallh. 27,60.
PIE
PIE
Celait aussi un usage particulier des anciens, dVIi'vf r des pierres monumentales, destinées à conserverie souvenir d'événements importants, sur la place même qui en avait élé témoin, Gen. 28, 18. 35, 14. Dent. 27. 2. Jos. 4. 3.20. 24. 26. 1 Sam. 7, 42., cf. Hérodote, 4, 92. ; ce n'étaient le plus souvent que des pierres brutes, ordinairement placées à l'ombre d'un chêne ou d'un lérëbintlie, et rarement chargées d'une inscription, Ueut. 27, 2. Elles portaient différents noms qui leur étaient donnés, soit au moment de leur érection, soit plus tard, Jos. 15, 6. 1 Sam. 7, 12. 20, 49. 4 R. 1, 9. Lorsqu'elles étaient consacrées à la divinité, on les oignait d'huile, Gen. 28, 18. 35, 14.; l'antiquité païenne présente des exemples analogues, Théophr. Caract., 47 (ou 25). On appelait btthulies (de Beth- El, maison de Dieu, Gen. 28, 19.), une espèce de pierres-fétiches que l'on croyait tombées du ciel, et qu'on regardait comme des images de la divinité, Pline 37, 54 .; à cette classe appartenaient des pierres consacrées et conservées dans les temples syriens et phéniciens du soleil et d'Astarté, comme au»*.i les pierres noires que les Mahométans adorent dans la Kaaba de la Mecque. Des pierres étaient entassées aussi comme monument de honte, sur les cadavres de grands criminels, Jos. 7, 26. 8, 29. 2 Sam. 18, 17., et les Arabes ont conservé l'usage de jeier des pierres en passant, sur les tombeaux des personnes qu'ils ont haïes ou méprisées. Certains jeux gymnasli<|ues consistaient chez les H< breux, comme de nos jours encore chez un grand nombre de peuples, dans le jet de pierres d'une plus ou moins grande pesanteur. Quelquesuns voient dans le cailou blanc d'Apoc. 2, 47., une allusion à l'emploi de lierres blanches dans les tribunaux païens comme vote d'acquittement; d'autres comme Eichhorn, pensent à l'usage d'offrir aux vaiuqueurs olympiques à leur entrée dans leur ville natale, une carte d'honneur sur laquelle étaient écrits les avantages que la ville garantissait h sou enfant triomphateur; d'autres font un rapprochement entre ce caillou, et l'Urim et Thuramim. -Quant aux pierres milliaires, v. Villes.
Pierres précieuses. Les Hébreux, comme tous les peuples de l'Asie, en taisaient un grand usage ; elles étaient l'un des ornements les plus importants et les plus recherchés de leurs rois, lie leurs sacrilicateurs, cl des principaux de la nation, Ex. 28, 17. 2 Sam. 12, 30. Ez. 28, 13. Judith 10, 4. 12, 45. Ou les enchâssait aussi dans les bagues, Caut. 5, 14. Les Hébreux les liraient principalement de l'Arabie et de l'Inde, par l'intermédiaire des IMienieieus qui avaient accapare le commerce de terre et de mer. Ez. 27, 22. 1 R. 40, 2. : sous Salomon, Us les liraient
10, M. L'art de les tailler et d'y graver des lettres ou autres inscriptions, était fort estimé, et les Juifs ont eu de bonne heure des hommes habiles daus ce genre de travail. Ex. 35, 33. On trouve dix-sept ou dix-huit espèces de pierres précieuses mentionnées dans la B.b'e, et un certain nombre d'entre elles réunies collectivement en plusieurs passages, notamment, Ex. 28, 17. 39, 10. Ez. 28, 13. Apoc. 21, 19. sq. Nous avons parlé de chacune en son lieu et pîace ; nous avons examiné la signification probable que l'on doit donner aux termes hébreux par lesquels elles sont désignées; il ne reste qu'à les rappeler ici : 1° la sardoine; 2° la topaze; 3° l'ëmeraude; 4° l'escarboucle; 5° le saphir; 6° l'onyx; 7° l'hyacinthe (ou ligure) ; 8° l'agate ; 9° l'améthyste; 10° la chrysolithe; 11° le béryl; 1 2° le jaspe ; 1 3° et 1 4° le rubis, q. v., dont deux espèces différentes sont mentionnées Es. 54, 12., cf. Ez. 27. 16.; 15° la ebrysoprase ; 16° la calcédoine; 17° le sardonyx ; 18° le diamant. Douze de ces pierres figuraient, enchâssées dans de l'or, sur le pectoral du grand prêtre, douze dans les fondements de la nouvelle Jérusalem. Dans le passage dEzéchiel. 28, 13., le prophète rappelle la grandeur et la splendeur première du roi de Tyr, une splendeur qui rappelait la gloire du paradis : - Tu as élé scellé (parfaii) en proportions, plein de sagesse et parfaii en beauté ; lu as été (comme) en Eden, le jardin de Dieu ; ta couverture était de (toutes sortes de) pierres précieuses et d'or ;... tu as été un chérubin, » etc. Plusieurs auteurs, tels qu'Ewald, Zuliig, Bellermann, ont voulu voir dans ces pierres précieuses une allusion au pectoral du grand prêtre, comme si le roi de T>r eu avait eu. ou avait prétendu en avoir la dignité; mais outre que cette interprétation n'aurait pas de sens dans le contexte, il faut remarquer d'abord que l'ordre dans lequel ces pierres sonl nommées est tout différent de celui du pectoral, qu'au lieu de douze pierres il n'y eu a que neuf, et que l'or y est joint comme un ornement spécial, taudis que daus le pectoral il ne servait qu'a encbà>ser les pierres précieuses : d'ail eurs rénumération des pierres n'eût pas élé nécessaire, et l'idée que l'on veut y voir eût mieux ressorti d'une indication plus générale. Il vaut donc mieux avec Haeverniek el Kœster, voir dans celle énumération la continuation de l'idée qui précède, de la gloire d Eden dont jouissait le roi de Tyr; l'or el les pierreries appartenaient en effet aux magnificences du paradis, car si l'on voit, G< n. 2, 10-12., une description géographique, il faut cependant y ajouter plus que cela ; ces versets nous panent du paradis comme d'une terre modèle qui renfermait primitivement daus bon enceinte tous ces trésors qu'où ne trouve plus
directement eux-mêmes du pays d Ophir, 1 E. maintenant qu'épars dans les diverses contrées
de la terre. On explique mieux ainsi la gloire du roi de Tyr, le nombre des pierreries, la présence de l'or, et l'ensemble de ente phrase qui nous peint l'orgueil suivi de l'écrasement. — On sait qui 1 était et quel est etxore le luxe en pierreries îles rois de 1 Orient, et ce n'est pas une chose r;ire ou inouïe de voir ers monarques donnant audience, tellement surchargés de joy;iux de lotîtes espèces, qu'on peut a peine distinguer les différentes parties des vêtements ainsi déguisés.
PI-HAHIROTH (passage de la liberté), campement des Israélites à leur départ de l'Egypte ; Il était situé entre Migdol et la mer Rouge, Ex. 14, 2. y. Nomb. 33, 7.; mais en ne peut déterminer davantage sa position. D'après Shaw, I' aurait été dans l'étroite vallée de Kédèah, à 5 milles de Suez; d'après Pococke, il serait identique avec la ville d'Arsinoé ou Cléopatris. Si El liant est le Bir-Suez actuel, comme le présume Bois-Aymé dans sa Description de l'Egypte, VIII. 113, Pi-Hahlroth pourrait être le village de Hadj. rolh, situé â 3 milles de la ; en le faisant précéder de l'article pi, ce serait en effet presque le même nom.
PILATE (armé d'un javelot), que Théophylacte croit avoir été originaire du Pont, à cause de son nom de Ponce, ou Ponlius, que d'autres font natif du Dauphiné, d'autres enfin de Rome, ou au moins de l'Italie, fut, selon les uns, le cinquième, selon d'autres, le sixième procurateur de la Judée; Il succéda à Valérius Gratus vers l'an 25 ou 26 de l'ère chrétienne, gouverna pendant dix ans sous le règne de Tibère, donna, par des mesures arbitraires et violentes, nais sance à plusieurs émeutes des Juifs, qui crurent voir leur religion menacée (Jos., Ant., 18, 3, 4. 4, 1. G. des Juifs, 2, 9. 2.), et lit massa crer un grand nombre de Samaritains dans le village de Tirabaia, a l'occasion d'un rassem blement du peuple qui, sous la conduite d'un imposteur, se disposait a monter sur le Guérizim pour y chercher des trésors enfouis. Accusé devant Vitelllus, gouvetneur de la Syrie, Il fut suspendu de ses fonctions et envoyé à Rome pour y rendre compte de sa conduite à l'empereur ; il n'y ai riva qu'après la mort de Tibèie, qui eut lieu le 16 mars de l'an 37. Dès lois on n'a rien de certain sur la On de sa vie; qu» Iques traditions douteuses portent qu'il fut envoyé en exil à Vienne, dans les Gaules, et qu'il s'y donna la mort en se précipitant; d'autres plus incertaines encore, disent qu'il lut décapite sous ÏVéron; d'autres enfin portent qu'il se jeta dans un petit lac de la Suisse, situé sur la montagne à laquelle il a donné son nom.
Parmi les cruautés qui lui furent reprochées, l'Evangile u en rapporte qu'une seule, Luc 13,1., la mort de quelques Galiléens dont il mêla le
sang avec leurs sacrifices. Fut-ce un massacre ou un supplice P Les termes dont se sert l'historien sacré favorisent plutôt la première supposition; mais ils sont m p vagues pour pouvoir suppléer au silence de 1 histoire contemporaine, et ils ne peuvent se rapporter ni à l'émeute suscitée par Judas Ganloniie, qui enseignait que les Juifs ne devaient pas payer le tribut I des princes étrangers, ni a relie que lit naître Pilate par son projet de construire un aqueduc aux dépens du trésor du temple, ni au rassemblement de Guèrizim, qui n'eut lieu qu'après la mort de Jésus. Pilate fit tuer des Galiléens dans le temple pendant qu'ils sacrifiaient, c'est tout ce que nous apprend l'énergique et belle expression de saint Luc; mais cet acte de violence s'est perdu au milieu de tontes les autres iniquités de Pilate, dont l'administration, souvent brutale et Iracassière, a continuellement troublé le repos de la Judée, mais a pu se justifier parfois en présence des préjugés et de l'esprit opiniâtre et irritable de la nation qu'il gouvernait. Du reste, il n'a rien fait de grand, et son nom serait resté obscur comme celui de tant d'autres personnages, sans le rôle qu'il a joué dans l'histoire de la passion de notre Seigneur. Il habitait Césarée, mais selon l'habitude des magistrats romains résidant en Palestine, de se rendre à Jérusalem aux époques des fêles solennelles, soit pour surveiller les mouvements populaires, soit pour se procurer le spcclac'e de ces solennités, soit simplement pour faire acte de présente, Il s'était rendu à Jérusalem pour la fête de Pâque. Il se trouvait au prétoire au moment où les sacrificateurs et les anciens, craignant d'entrer dans sa demeure, lui amenaient Jésus : il sortit au-devant d'eux, leur demanda quel élait le crime de l'accusé, et ne reçut qu'une réponse évaslve : il ne s'en contenta pas, et les anciens, obliges de formuler une accusation, l'accusèrent d'avoir affecté la royauté, Luc 23, Jean 18, Malth. 27, .Marc 15 ; les questions de Pilate à Jésus sur la nature de celte royauté convainquirent le juge de l'innocence du prévenu, et comme celui-ci ajoutait : Quicon jur est de la vérité entend ma voix, Pilate fui adressa encore celte question pleine d'indifférence et de mépris : Qu'est-ce que la vérité? et sans attendre la réponse il revint auprès des Juifs et leur dit : Je ne trouve aucun crime en lui. Us Juifs insistèrent de nouveau sur l'accusation de sédition et de crime de lèse-majesté ; mats Jésus refusa par deux fois de répondre à Pilate sur ce point. Un mot échappé à l'impatience des Juifs apprit à Pilate que Jésus était Galiléen, et quoique rien ne l'empêchât de poursuit rr cette affaire, il résolut de la renvoyer à Mérode, soit pour s'en débarrasser, ou pour traîner eu longueur, soit pour renouer avec le tétrarqae de