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la Galilée des relations qui avaient été interrompues, en suite peut être du massacre des Galiléens; les deux ennemis se réconcilièrent ; mais Hérode renvoya Jésus devant !e It ibunaî de P.late. Fort de l'opinion d'Hérode qui confirmait la sienne, il le déclare derechef innocent, et propose aux Juifs de le faire fouetter; Il l'absout et il le condamne tout ensemble, et par celle concession faite aux Juif*, il leur prouve que sa conscience de juge a ployé devant les cris de leur multitude, et les autorise à pousser leurs prétentions jusqu'au bout. Sa faiblesse fait la force des ennemis du Seigneur.
Cette offre est rejetée, et les historiens sacrés passent sans transition au choix que Pilate propose à la multitude, de leur relâcher Jésus ou Darrabas, Matlb. 27, 45, Marc 45, 6. Luc 23, 47. Jean 48, 39. Il est évident que dans l'intervalle, effrayé des cris et des menaces d'un peuple qui l'appelle ennemi de César s'il fait grâce à Jésus, Pilate a cédé, ou paru céder ; mais il tente un nouvel expédient, illusoire à la vérité, pour procurer la libération de l'innocent; il propose au peuple d'exercer son droit île grâce annuel en faveur de cet homme dont tant de voix réclament le supplice; il espère peut-être donner une direction nouvelle aux pensées do quelques-uns, du courage aux amis de l'accusé qui, n'osant le défendre ouvertement, appuieront sans crainte une mesure d'indulgence, du temps à d'autres de venir, car évidemment il a du y avoir un intervalle entre la proposition de grâce et l'espèce de votalion qui devait suivre, attendu que les personnes qui étaient appelées à se prononcer sur ce point n'étaient pas nécessairement toutes présentes. Mais les cris : Ole, ôle, crucifie ! redoublent avec plus de foret; enivre. En ce moment, l'épouse de Pilate, Procla, ou Claudia Procula, lui fait dire de ne point prendre de part à la condamnation de ce juste, car, dit-elle, j'ai beaucoup souffert aujourd'hui à son sujet dans mes songes, Jlatth. 27, 49. Cet avis était trop d'accord avec les sentiments de Pilate pour qu'il le rejetât; it lutte encore contre la foule; par deux fois il réitère sa conviction qu'aucune charge ne s'élève contre le prévenu, il demande des preuves de son crime. On n'y répond que par de nouveaux cris. Las de celte lutte, il lait fouetter Jésus, espérant satisfaire ainsi à la soif de sang .le c« lté multitude sauvage; il reparaît après l'exécution, il voit Jésus couvert de sang et des insignes de la royauté, il le montre à la multitude, et répète qu'il n'a trouvé aucun crime en lui. Ce spectacle sauvant porte ses fruits; le peuple se (ail : les sacrilualeurs seuls et leurs employés recommencent leurs vociféi allons, et comme Pilate indigné s'écrie : Prenez le vous-mêmes et le crucifiez, ils persistent à vouloir couvrir leur
responsabilité de celle de la juridiction romaine, et ils articulent un nouveau sujet de plainte : d'après notre loi il doit mourir, car 11 s'est fait fils de Dieu, cf. Deui. 43, 5 48, iO. C'était en effel h leur grief, le grief du sanhédrin, mats ce ne pouvait en être un devant une cour romaine : s'ils le formulent, ce n'est pl.is pour demander ù Pilate un jugement politique, c'est pour vaincre sa résistance, et réduire son rôle à la confirmation d'un jugement ecclésiastique déjà rendu par l'autorité compétente. A ce nom de lils de Dieu, qui rappelle au préteur païen les enseignements de sa mythologie, des pensées se présentent, des souvenirs se réveillent peut-être dans l'esprit de Pilate: il avait remarqué la tenue calme et extraordinaire du prévenu, et le songe de sa femme se joignant a la déclaration des Juifs, il put croire qu'il y avait en effet quelque chose de surnaturel en Jé>us, un demi-dieu peut être; on sait combien la superstition s'allie facilement à l'irréligion, et 0I102 les plus grands des Romains, les deux choses souvent n en faisaient qu'une. Pilate croit que Jésus hésite à s'expliquer en public; il va l'interroger en particulier dans le prétoire: D'où es-tu :J lui dit-il. PII te savait qu'il était de Galilée, cette question ne pouvait donc se rapporter ni a sa v i 1 1 « * , ni à sa patrie; elle se rapportait a sa naissance, à sa famille, et nous ne pouvons mieux la comprendre qu'en nous rappelant ces paroles de Jésus : Vous savez d'où Je suis, Jean 7, 28. Es tu vraiment un homme du ciel, comme tant «le choses semblent l'indiquer ? Tel est le sens de ces paroles de Pi aie, et il faut que l'impression que l'accusé avait faite sur son juge ait été bien vive et bien profonde pour amener celui-ci a croire à la possibilité d une origine divine. Toutefois cet te impression n otait ni sérieuse, ni religieuse, et la preuve s'en trouve, ce nous semlde, dans le silence du Seigneur; il eùl répondu à une âme angoissée et consciencieuse; il ne répondii pas a Pilate, et comme celui-ci voulut essayer de la menace, car il ne venait déjà plus un demi dieu dans cet homme qui se cachait, Jésus lui répondit, à la fois pour rabattre son orgueil, et pour l'absoudre d'une por.iou «lu crime qu'il allait commettre : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'était donné d'en haut; c'est pourquoi celui qui m'a livré entre tes mains a commis un plus giaud péché que toi ; » paroles qui évidemment ne se rapportent ni a la puissance impériale de Tibère, ni à « «fil* de Vilellius, gouverneur de la Sjrie, mais d'un coté a Dieu qui a établi Pilate dans sa charge, de l'autre aux Juifs qui lui ont livré le Sauveur. Il semble que Pilate ait conservé de cet entretien particulier une impression toujours plus favorable à Jésus, <ar il lit de nouveaux efforts pour le délivrer, Jean
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