‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 302 sur 398 · PIL · texte numérisé non relu

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49, 42. Mais les ennemis du jusle redoublent leurs cris : Si lu délivres cet homme, lu n'es point ami de César! triste et perfiie refrain qui devait ébranler un homme dans un temps où l'on était coupable dès qu'on était suspect (cf. Tar.il., Annal., 3, 38.). Il essaye de montrer encore aux Juifs l'absurdité de leur accusation : par un mouvement d'humeur personnelle, par une ironie dirigée eonlre les Juifs, et non contre la victime, il fait monter Jésus près de son siège judieial, sur un endroit élevé, et s'écrie : Voila votre roi! Voilà cel homme que vous accusez de conspirer! Crut ifierai-je voire roi? Mais le sort eu est jeté. Pilate va livrer l'innocent au boitireau pour plaire à une foule fanatisée, pour sauver une réputation qu'une acculion pourrait compromettre, peui-êire pour en finir. Mais auparavant il se fait apporter un bassin, se lave les mains so cnnehemenl devant tous, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste, vous y aviserez. La foule accepte la responsabilité de son crime; mais IMale n'a pu se décharger de la sienne, et ses mains lavées d'eau n'en sont pas moins restées tachées de sang, Mattli. 27, Si. Se condamnant lui-même en condamnant les sacrificateurs, il pousse ses protestations jusqu'au bout, et tait placer sur le haut de la croix un écriteau qui, devant porter, selon l'usage, le nom et le crime du condamné, ne renfermai! que ces mots écrits en trois langues: Jésus Nazaréen, roi des Juifs. C'était dire assez qu'il était condamné s.ms cau>e, que rien de sérieux n'avait pu lui être reproché, qu'au milieu de tant de cris et de murmures il n avait pas été possible de produire une charge positive contre lui, et qu'au point de vue romain, c'était la seu'e accusation un peu plau>ible qui put justifier celle exécution. Cétil aussi une ironie contre les sacrificateurs, et, lorsqie ceuxci réclamèrent contre la rédaction de l'écriteau, Pilate qui, d'ailleurs, n'aurait rien pu y changer, leur fit répondre, sans doute avec humeur : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. Il permit ensuite, afin que les corps ne restassent pas exposés le jour du sabbat, Jean 4 9. 31., cf. Deut. 21, 23., que les soldats abrégeassent le supp ice de* condamnés en leur brisant les membres; mais Jésus avait déjà fini de souffrir, l'eu de moment* après, comme Jos ph d'Arimathée v<nail demander le corps de Jésus pour I ensevelir, Pilate fil venir ie centenh r pour s'assurer si Jésus était, en effet, déjà mort; sur sa réuonse, il accéda à la demande de Joseph. Le lendemain, .Mail h. 27, 62., quelques membres du sanhédrin di mandèrent encore a l'ilale de f.iire garder le sépulcre jusqu'au troisième jour, de peur, dirent-ils, que ses disciples ne viennent de nuit enlever le corps, et ne disent au peuple : Il est ressuscité des morts; car celle dernière impos-

ture serait pire que la première. Peu importait à Pilate ; qu'était-ce que la vérité pour lui ! Vous avez la garde du temple, dit-il, allez, et assura le sépulcre comme vous l'entendrez.

Ici s'arrête son histoire; son nom est rappelé Act. 3, 4 3. A, 27. 43, 28. 4 Ton. 6, 4 3. Le caractère de Pilate ressort de tous ces faits assez netiemen t. dessiné, et cependant il a élé l'objet des jugements les plus contradictoires. Les Juifs qu'il avait opprimés, les chrétiens dont il avait livré le chef, l'exécrèrent, et dans la passion manquèrent de justice à son égard : en revanche, quelques modernes ont voulu le réhabiliter plus qu'il n'est possible el juste de le faire. Il est évident qu'il a regardé Jésus comme innocent, qu'il a vu en lui une déplorable victime du fanatisme Juif, et qu'il a désiré de le sauver; il est impossible d'ailleurs qu'il n'ait rien si, avant cette époque, de la douce et cbarilab'e a< livité du ministère de Jésus, et si dans son poiut de vue il n'a pas lait grand cas de ses miracles, il aura pu avoir une conviction pleine et entière du peu de danger politique que présentait l'existence de cel homme. Mais il manquait en général de fermeté dans son caractère, car l'opiniâtreté qu'il montrait quelquefois n'est qu«* la force de la faiblesse : les Constitutions apostoliques, 5. 4 4., lui reprochent même la lâtbeJé. Il manquait de fermeté pour le bien, el les menaces des Juifs frappaient peut-être d'autant pins fort que sa conscience n'était pas entièrement à l'aise. Un grand combat l'a agité pendant la courte durée de cette inique procédure, el la cruauté a chez lui triomphe de la justice. Son mol fameux : Qu'est-ce que la vérité ? si éloquemmenl commenté par le prof. Vinel, peint son caractère tout entier: il a eu la vérité entre ses mains, et il l a sacrifiée. Jésus avait d'ailleurs répondu à celle question dans sa prière sacerdotale : Ta parole est la vérité. — Il est probable que Pilaie a adressé à Tibère un rapport déiailé sur la vie et la mort de Jésus; Justin Martyr, Tertullien, Eusèbe, el Orose en parlent, et pendant longtemps des Actes de Pilate. peutèire authentiques, circulèrent parmi les premiers chrétiens : les écrits et lellre» que l'on montre maintenant sous ce nom, sont de fabrique postérieure. Les commentaires d Olsbauseo et de Tholmk, renferment sur le caractère et la conduite de Pilate de riches et bonnes observations, ainsi que des explications sur les difficultés q<ie présentent plusieurs des questions qu il lit aux Juifs ou à Jésus.

PILLAGE. Comme les Bédouins du désert qui trouvent de nos jours encore dans le dépouillement des voyageurs el des caravanes leur princij aie subsistance, et qui ne se croient pas plus desbouorés par leurs brigandages que ne lelaieitl les chevaliers du moyen âge par leurs

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