POE
POÉ
miers sont opposés au deux derniers, ou plusieurs a un seul; cf. Ps. 31, 11. 40, 16. Mich. I, 4. Job 10, 1., elo. Pour faire mieux coin prendre l'idée du parallélisme, nous en filerons un txemp' il est tiré de Jérémie 2, 26. 57.
De mène que le voleur est confus loi-squ'il est lYlle devrait être la confusion d'Israël,
De ses rots et de ses princes, De ses sacrificateurs et de ses prophètes,
De tous c. oi qui disent au bois : Tu es mou père I
Et à la pierre : Tu m at doiiné la vie !
Les deux premières lignes, dit Dahler, comparent deux objets l'un A l'autre : l'idée générale, la maison d'Israël est ensuite décomposée en cinq espèces, distribuées dans les quatre lignes suivantes; mais la cinquième espèce est distribuée en deux lignes parallèles, et tout cela forme un ensemble harmonieux et sans affèVtation. Ce passage du parallélisme simple au parallélisme composé, était de nature a prévenir l'uniformité, et peut-éire la monotonie qui accompagne souvent la poésie lyrique.
On découvre sans peine des strophes distinctes dans plusieurs psaumes, tels que les 42, 43, 107, etc. Les psaumes matialoth. q. v., ont un rhylhme plus rapide et plus vif que les autres. Kœster a publié plusieurs travaux dans lesquels il s'attache à démontrer que le genre strophique esl beaucoup plus ordinaire dans les psaumes, qu'on ne le pense d'ordinaire, et que si l'on ne découvre pas toujours facilement la division des strophes, c'est que celte division repose sur le même principe que le parallélisme des phrases, sur une espèce d'irrégularité calculée qui souvent déjoue les recherches, et qui introduit plus de variété dans 1 ensemble. On trouve assez tle strophes variées dans les poésies lyriques françaises, pour qu'il soit aisé de comprendre qu'il en ait existé de semblables dans la poésie hébraïque. La version des Hagio graphes de Perret -Gentil , et la Paragraph- Bible de Londres, fout ressortir le parallélisme, et la distinction des strophes, autant du moins qu'il est possible de le faire. V. aussi les Ps. de De Mestral, et la Chrestomalhie de Segond.
Remarquons encore parmi les artifices poétiques des poètes hébreux, la disposition acrostiche d'un certain nombre de psaumes; dans qu> Iques-uns le changement des lettres a lieu d'un verset à l'autre; ailleurs trois versets, ailleurs encore huit, forment des espèces de strophes dont chacune commence par une des lettres de lalpbabel, depuis la première jusqu'à la dernière; n. Ps. Î5, 3i, 119, 145. Lam. 1, î, 4; Prov. 31, 10. sq. Cet artifice élail-il destiné à faciliter la mémorisation de ces vers? était ce un jeu de l'esprit, une entrave que le poêle s'imposait à lui-même? y avait-il là une signification maintenant perdue ? nous l'ignorons, mais cette
dernière supposition est la moins probable.
En plaçant dans le parallélisme des membres la principale différence qui distingue la poésie de la prose, nous ne contestons pas qu'il ait pu y avoir encore d'autres différences, un rhyi lime particulier, des pieds et des rimes; Josèphe, Origène, Eusèbe et saint Jérôme, paraissent avoir connu encore toutes les beautés de la poésie hébraïque, et avoir possédé le secret de ses règles : ils parlent, et leur grande science les mettait à même de parler en connaissance de cause, de vers héroïques, de trimèires, et de pentamètres; saint Jérôme va jusqu'aux vers alcaïques, îambiques, et saphiques pour les Psaumps; et il voit des hexamètres et des pentamètres dans les cantiques du D» utéronome et d'Esaïe, dans le livre de Job et dans ceux de Salomon. Quant à Leclerc (Hist. abrégée de la poésie chez les Ilébreux), il essaye de prouver dans sa dissertation que la poésie des Hébreux était rimée à peu près comme la poésie française, opinion qui n'a pas manqué de partisans. D'un autre côté, Scaliger et d'autres, estiment et soutiennent qu'il n'y a ni mesures, ni pieds, dans les vers hébreux, et que cette langue, non plus que la plupart des langues sémitiques, n'est pas susceptible de cette espèce de gène poétique.
Quoi qu'il en soit de celte question, il faut avouer que le vrai caractère de la poésie esl dans la diction même, et que celle-ci se distingue par un choix de mots et de locutions qui ne se rencontrent jamais, ou du moins fort rarement, dans les ouvrages en prose, ou qui, lorsqu'ils s'y trouvent, ont dans la prose une signification et une portée différente que dans la poésie; la forme grammaticale même des noms, des pronoms suffixes, des verbes, et les règles de la syntaxe, s'éloignent également de la forme ordinaire, et des règles qui sont constamment observées dans les ouvrages en prose. La préférence de certaines expressions est fondée sur la préoccupation du poète d'éviter les termes et les formes de langage journalières, ordinaires et communes ; souvent celui-ci était conduit à se servir de certaines formes anciennes comme plus simples, plus grandes, et plus énergiques; peut-être aussi que son choix était déterminé dans certains cas, par des considérations de rhylhme et de mesure. Sous ce rapport on peut considérer les poètes hébreux comme les poètes classiques de l'antiquité profane, parce que la pnésie est la même partout, ses exigences partout semblables; il a dû y avoir des licences poétiques chez les uns comme chez les autres.
Le cercle d'idées des poêles hébreux se meut principalement dans la sphère de l'Orient, ii touche à la nature et à l'histoire de la Palestine,