‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 310 sur 398 · POU · texte numérisé non relu

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ques-uns de nos hospices d'aliénés, donneraient à plusieurs d'entre eux. Rappelons «*niin les effets merveilleux que la prière seule obtient quelquefois dans la guérison de certaines maladies morales ou nerveuses (chet !e pasteur Hlumhardl à Boll, chez M"« Dorothée Trudel a Maennedorf, etc.) — Mais, acceptant la question comme on la pose, pourquoi n'y a-t-il plus de possédés? l'acceptant avec nos réserves, c'està-dire, pourquoi en voit-on moins maintenant qu'au temps de Jésus, nous répoudrons : 4° Il est sûr que, sous ce rapport, comme sous tant d'autres, l'esprit de l'Evangile a exercé une influence bénie sur l'humanité, et que les manifestations du mal, sous sa forme la plus repoussante, paraissent avoir été adoucies et modifiées : par une interprétation à la fois fausse et exagérée de 4 Jean 3, 8., on a été jusqu'à prétendre que le diable ne pouvait plus exercer aucune influence sur l'Eglise de Christ, ce qui ne pourrait être vrai tout au phis que des vrais membres de cette Eglise, et encore! Mais si l'on repousse l'exagération, la vérité reste vérité, et, dans la lutte entre le bien et le mal, qui se livre sur la terre, le mal a perdu du terrain. î° La croyance aux mauvais esprits est moins répandue, moins vivante qu'elle ne l'était aux jours de Jésus, et tel malheureux, épileptique ou fou, sera sous l'influence d'un démon sans que la pensée loi en vienne, non plus qu'au médecin qui le soigne. Ce qu'il dira ou fera sera mis sur le compte d'un cerveau dérangé. Lorsqu'on est sous l'influence de certaines préoccupations, on rapporte tout à nn seul centre, à une même idée, comme au contraire, on attend une évidence palpable pour arriver a d'autres idées étrangères a l'esprit, inconnues ou inattendues. Pendant le règne du choléra, la plus légère indisposition pouvait être envisagée comme un symptôme de la maladie ; en dehors de son règne, et lorsqu'on n'y pense plus, on oltend qu'il soit entièrement déclaré pour commencer à y croire. Il en est de même des causes de la possession: dans l'ancienne alliance, on ne voit guère de cas de démoniaques, non qu'ils fussent plus rares peut-être, mais parce que l'idée des esprits infernaux n'avait pas été mise en aussi grande évidence qu'elle le fut plus lard ; lés Juifs y pensaient moins, et ne donnaient pas à la maladie dont ils ne supposaient pas la cause un nom tiré de cette cause même. Dans la chrétienté moderne, l'incrédulité a jeté de si profondes racines, l'erreur a prévalu en tant de lieux, que la croyance aux esprits de ténèbres a été comme voilée, et ceux mêiiie qui en sont possédés n'en ont qu'imparfaitement la conscience ; or, ce n'est pas le méchant esprit lui-même qoi se révélera, son triomphe est de rester ignoré. Nous recou-

naissons donc que le nombre des possessions a diminué, qu'il est peut-être rare, et nous voyons dans ce fait la salutaire influence de ce Rédempteur qui doit un jour rétablir entièrement l'harmonie dans le monde moral et dans le monde physique ; mais nous ne pensons pas que le mal ait cessé : il ne cessera que lorsqu." sa cause même, le péché aura disparu, v. 01shauseu, Comment, sur Malth. 8, 28. Meyer. Blsetter ftir hœhere Wahrheit, VII, 409. POSTE, v. Courriers.

POTIPHAR (veau gras), Gen. 37, 36. 39, 4. 40, 3., oftïcier des gardes de Pharaon, acheta Joseph aux marchands madianites, et, satisfait de ses talents et de sa fidélité, il lui confia l'administration de ses biens. Avec Joseph, la bénédiction divine entra dans sa maison ; avec elle la prospérité, et la confiance de Potiphar en son serviteur s'accrut au point, dit l'Ecriture, qu'il n'entrait plus en connaissance d'aucune chose, sinon du pain qu'il mangeait. Mais, cédant aux suggestions calomnieuses de son infâme épouse, i! crut Joseph coupable, le fit charger de fers, et renferma dans la prison d'Etat dont il avait la surveillance. Il ne tarda pas cependant a reconnaître que celui qui avait laissé sou manteau entre les mains de son épouse ne pouvait être un séducteur; il rendit A Joseph sa confiance, mais au lieu de sa première place que la prudence ne lui permettait pas de lui rendre, il lui confia le gouvernement inférieur delà prison. Quelques auteurs croient que Potiphar doit être distingué du gouverneur de la prison, attendu que ce dernier n'est pas nommé, et que la double charge d'officier de Pharaon et de geôlier n'aurait pu être remplie par la même personne. Le fait ne peut être établi dune manière positive, et nous avons suivi l'opinion la [ lus simple, et le plus généralement admise.

POTIPHÉRAH, gouverneur sacrificateur d'On, et beau-perc de Joseph, Gen. 44 , 45. 46, 20. O nom, qui signifie « appartenant au soleil,» a été retrouvé et déchiffré sur un manuscrit funéraire hiéroglyphique. Sa signification convient parfaitement aux fonctions d'un homme qui était sacrificateur dans On, ou Héliopolis, la ville du soleil. C'est une preuve intérieure en faveur de l'antiquité et de l'authenticité des livres de Moïse.

POULES. Il n'est parlé nulle part, dans l'A. T., de poules, ni de coqs , bien qu'il semble évident que les Israélites, qui avaient longtemps hab lé l'Egypte où elles se trouvent en si grande abondance, dussent les connaître, et même en posséder. On ne comprend pas surtout que la loi si détaillée sur les animaux purs et impurs, ne fasse aucune mention du plu> connu de nos animaux domestiques; ce silence, au reste, ne

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peut être interprété qu'en faveur de la chair de cet animal. Un grand nombre d'interprètes ont cependant cru trouver la poule, les uns dans un nom, les ;iutres dans un autre. Ainsi l'hébreu zarar, Prov. 30, 31., que nos versions ont traduit par cheval, et qu'on est d'accord a entendre du cheval de bataille [Rocnart, Gcseuius, Winer, Umbreit), a été entendu du coq par les anciens commentateurs; d'autres le traduisent encore par léopard, abeille, lévrier, zèbre; il signifle proprement celui qui est ceint, retroussé, préparé. — Ainsi le mol sekevi, Job 38, 36., que nos versions rendent par cœur, avec la plupart des Interprètes, a été également entendu du coq', et de son intelligence à marquer, par son chant, les heures de la nuit; les Septante semblent l'entendre d'une femme habile dans l'art de broder. — De même, Jér. 17, M., « une perdrix coure et n'a point pondu, » le mot hébreu da gàr, que Jahn, entre autres, paraît prendre pour le nom d'une espèce de poule, est simplement un verbe. — Le mot gaber, qui signifie vaillant homme, a été traduit, Es. 22, 47., par coq : Voici, l'Eternel te transportera comme on transporte un coq (au marche). La traduction de nos versions l'A bonne ; seulement le mot : 0 homme! doit être entendu d'un vaillant homme, d'un guerrier. — Enfin, les barburim de I R. 4, 23., qui apparaissent partout où il y a des difficultés zoologiques, ont été entendues des poules, après l'avoir été des canards, des oies, des faisans, etc.; nos versions, en le traduisant par le terme général de volailles, conservent jusqu'à un certain point l'incertitude du mot, quoique cette traduction paraisse imlif|tier plutôt des poules que d'autres oiseaux; mais, dans le doute, on ne saurait indiquer aucune expression préférable. Les anciens interprètes ne connaissaient déjà plus le sens de ce mot, et ils l'entendaient d'oiseaux en général, d'après l'analogie du syriaque et du samaritain. Mais à côté de ce silence de l'Ecriture qui étonne, sans rien prouver, le Talmud présuppose, en plusieurs passages, que l'habitude d'élever des poules était fort commune parmi les Juifs, et le N. T. parle, en divers endroits, de coqs, .Mat th. 26, 34. (Marc 14, 30. Luc 22, 34. Jean 18, 27.), et de poules, Matth. 23,37. Luc 13, 34. Cependant la Mishna Baba Kama, 7, 7., parle d'une exception à cet égard, et dit que les habitants de Jérusalem, non plus que les prêtres, n'avaient pas le droit de nourrir des poules, et les interprètes qui ont cru â celte exception, ou qui admettent qu'elle existait déjà du temps de Jésus, ont appliqué ce qui est dit du ebant du coq lors du reniement de saint Pierre, soit au jpuel, soil au cri du héraut charge de convoquer le peuple pour le jugement, soit à l'appel des gardiens du temple qui devaient, chaque matin,

réveiller les prêtres en frappant à la porte de Beth-Moked ; d'autres encore ont pensé que la maison de Caïphe était près des murs de la ville, et que de là, pendant le silence de la nuit, on pouvait facilement entendre le cri du coq dans la campagne. Mais «es supportions, d'ailleurs si peu vraisemblables, ne sont même pas nécessaires; Reland avait émis déjà l'opinion que cette exception lalmudique était postérieure 4 1ère chrétienne, et Sehulz a prouvé qu'elle n'avait même probablement jamais existé. En tout cas les œufs étaient, chez les Juifs, une nourritore connue, et peut-être même commune, Luc tt, 12.

POURCEAU, v. Porc.

POURPRE, belle cou'eur de teinture que la plus haute antiquité parait avoir déjà connue, et dont la légende raconte qu'elle fut découverte par Hercule Tyrien, dont le chien, ayant mangé d'un poisson à écailles, revint auprès de son maître les lèvres teintes de pourpre. Mais ici l'bi>toire remonte plus haut encore que la légende, car la pourpre fut rmployée par les Israélites avant d'avoir été connue des Ty riens. On distingue principalement deux espèces de pourpre, la rouge el la violette, l'une et l'autre se subdivisant en plusieurs nuances el qualités différentes. La première, hébr. argaman, se lire du coquill âge à pourpre propre- Dent dit, \e r.ipi'jpzç on rj.tp^r, des Grecs, le purpura des Latins, qui si' prend dans la mer au moyen d'amorces. La seconde, bebr. thekèleth, est le produit d'une espèce d'escargot qui s'atlache aux rochers, cl qui portail chez les Romains le nom de buccinum, murex, ou conchylium. L'un et l'autre coquillage est tordu <yi spirale, mais le premier se termine en pointe; le second est arrondi en trompette ou eu forme de cor. Les naturalistes modernes, et notamment Lamarck dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, ont obs. rve et décrit plusieurs coquillages à pourpre, chez lesquels la sécrétion colorante, située dans une espèce de sac. ou de réservoir, près de l'estomac, est d'abord jaune, puis verte, et ne devient ronge que lorsqu'elle a été exposée à l'air et au soleil, circonstance qui ne s'accorderait pas tout à fait avec les observations des anciens. Mais les classifications des différentes espèces de coquillages dans les systèmes modernes, chez Lamarck et « liez Cuvier, varient tellement, qu'on ne peut encore déterminer exactement quel était le coquillage dont les anciens tiraient leurs belles couleurs. C'est principalement sur les côles de la Phénicie, du Péloponèse et de l'Afrique septentrionale, qu'on faisait la pèche d. la pourpre, et, comme chaque coquillage ne fournissait que quelques gouttes de couleur, la pêche ne pou- I vait jamais être fort abondante; aussi la pour-

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pre se vendait-elle fort cher, à l'égal des métaux les plus précieux, el ce n'étaient, en thèse générale, que les princes et les statues des dieux qui pouvaient porter des vêlements de celte couleur, Jër. 40, 9. Ez. 23, 6. Tant. 7, 5. Jon. 3. 6., comme aussi, chez les Hébreux, il entrait beaucoup de pourpre dans les tapisseries du tabernacle et dans les ornements du grand-prê tre, Ex 25, sq. Les rois donnaient des vêtements de pourpre comme la récompense de services signalés, Dan. 5, 7. 16. 29., ou comme preuve d'une bienveillance particulière, 4 Macc. 40, 20. 62. 64., cf. 44, 58. A Rome, une loi impériale restreignait à certaines classes le droit de porter de semblables vêtements, Suéton., Cés., 43. Néron, 32.— On teignait de pourpre les étoffes de laine, quelquefois aussi du lin et du colon, et c'étaient les Phéniciens qui faisaient ce travail avec le plus de perfection, E2. 27, 46., et qui possédaient les établissements de teinture les plu« importants. Les Lydiens, Art. 46, 4 4., avaient aussi acquis dans ce genre de travail une réputation méritée. Ou a vu, à l'art. CramoM, les différentes espèces de rouge connues des Hébreux; mais, dans le langage ordinaire, on nommait souvent l'un pour l'autre, lorsqu'il n'importait pas de préciser la nuance; les anciens confondaient surtout fréquemment le pourpre et le cramoisi, comme on peut le voir encore dans la comparaison de Marc 45, 47 Jean 49, 2. avecMallh. 27, 28.

POUSSINIÈRE. ». Astres.

POUX. ». Mouches 2°.

POUZZOI.ES, ville maritime de l'Italie Inférieure, a 4 lieues sud-ouest de Naples : saint Paul y descendit en venant de Reggio, et y séjourna sept jours, Act. 28, 43. Elle tirait son nom de Puteoli, soit du grand nombre de puits qui étaient dans ses environs, soit de la puanteur de ses eaux sulfureuses. Pouzzoles avait été fondée et peuplée par une colonie de Samiens, et appartenait a la Campauie; les Romains s'en emparèrent de bonne heure et y envoyèrent à diverses reprises des colons. Sun port était un des plus animés de l'Italie, et un entrepôt de première classe. C'était là en particulier que débarquaient et que décharg aient ordinairement les vaisseaux venant d'Alexandrie ; c'était là aussi que descendaient le plus v< lontiers les Syriens qui faisaient le voyage de Rome, car c'était le dernier port parfaitement sûr où il* pussent aborder jusqu'à l'embouchure du Tibre.

PRÉMICES. De même que la nation d'Israël tout eniièi e offrait une gerbe et des gâteaux de Une farine en prémices à l'Eternel, comme symbole de la reconnaissance nationale, Lév. 23, 40., la gerbe à Pâque et les pains à la Pentecôte, chaque Israélite individuellement était

tenu d oflrir à l'Eternel pour sa part des prémices de tous les produits de la terre, soit bruts, comme du blé, des fruits, des raisins, soit travaillés, comme du moût, de l'huile, de la farine, même du levain, avant de pouvoir user du reste de la récolte, Ex. 2 5, 49. Nomb. 45, 20. 48, 42. Deut. 26, 2. Néh. 40, 38., cf. Prov. 3, 9. Tobic 4, 6. Ces prémices n'étaient cependant pas déposées sur l'autel, mais remises aux prêtres pour leur usage, Nomb. 4 8, 42. Deut. 48, 4., cf. Ez. 44, 30. La quantité de l'offrande n'est déterminée nulle part, elle était abandonnée à la bonne volonté de chacun ; le Talmud fixe pour les prémices des produits déjà travaillés, la 60e partie comme minimum; donuer le 30» était se montrer libéral.

On distinguait deux espèces de prémices, les biccourim, et les therouphoth, qui étaient comprises l'une et l'autre sous le nom général de réshith (commencement). Les biccourim ne se prélevaient que sur les produits entièrement naturels, nommés Deut. 8, 8., savoir le blé, l'orge, les raisins, les figues, les grenades, et les olives, et seulement sur ceux qui avait nt crû dans la Terre-Sainte : les Israélites qui habitaient fort loin de Jérusalem pouvaient envoyer ces prémices sèches, mais elles devaient être choisies parmi ce qu'il y avait de meilleur (MishnaJ. On ne les offrait jamais avant Pentecôte, ni après la fête de la dédicace. Le cérémonial qui accompagnait leur perception et leur translation, est décrit Deut. 26, 2.; les Juifs postérieurs y ajoutèrent quelques formalités, quelques détails qu'on peut lire, si l'on veut, dans la Mishna Ùiccour. 3, 2. — Les tberoupho.h étaient les prémices des produits travaillés ; destinés aux prêtres, ils n'étaient pas portés au temple, mais remis aux préires eux-mêmes, peut être dans les villes qui leur étaient assignées pour demeures; iis se prélevaient sur toutes les proprièié> juives, qu'elles fussent situées en Egypte, en Syrie, en IHoab, en Hammou, ou en Babylouie. Les biccourim qui rappelaient les droits de Dieu sur la terre, ne pouvaient être perçus que sur celte terre elle-même ; les autres qui étaient destinées à l'entretien des ministres du culte, devaient se payer partout où il y avait un culte. Les laïques qui mangeaient les prémices avec intention, ou même par inadvertance, étaient soumis à des peines plus ou moins sévères. On donnait aussi les prémices du miel, et de la laine des moutons, 2 Chr. 34, 5. Deut. 48, 4., chacun selon ses facultés et sa bonne volonlé. La fête de Pentecôte était appelée fêle des prémices. Nomb. 28, 26., comme celle des tabernacles fêle de la récolle, Ex. 23, 46. — Le but politique de cette institution était l'entretien des sacrihcaleurs; son but moral était de rappeler aux Israélites que tous les biens viennent

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de Dieu seul; son but typique ou mystique, de tourner les regards des fidèles vers Jésus, les prémices de l'Eglise, Celui en qui seul nous pouvons être agréables a Dieu, les prémices de ceux qui dorment, 4 Cor. 15, 20., Celui qui nous demande aussi nos premières années, et les premiers moments de chacune de nos journées, Ps. 119, 147. 57, 8. Eccl. 12, 3.

L'usage de ces prémices explique des façons de parler assez communes d;ms l'Ecriture, et qui marquent comme les premiers fruits et les premières productions d'une chose (G. des Bergeries). Ainsi Paul appelle prémices de l'Esprit, Rom. 8, 2 t., le commencement de joie et de paix qui donne aux fid« les l'assurance que Dieu achèvera en eux la bonne œuvre qu'il a commencée; ainsi encore il appelle Epaïnèle et Slèplianas les prémices de l'Achaïe, parce qu'ils avaient été les premiers qui s'y étaient donnés A Dieu, 1 Cor. 16, 15. Rom. 16, 5.; ainsi encore saint Jean qualifie du titre de prémices à Dieu et a l'Agneau ceux qui sont déjà glorifiés dans le ciel. Apoc. 1 j, 4.

PRÉPARATION. On appelait ainsi le jour, ou tout au moins le soir qui précédait le sabbat, Matin. 27, 62. Marc 15, 42. Luc 23, 54., cf. Ex. 16, 23. On l'appelait préparation parce qu'il était naturel que la veille du sabbat chacun s'y préparât d'avance, soit en multipliant ses occupations pour eo décharger le jour suivant, soit au contraire, quand on le pouvait, en donnant déjà quelques moments de plus au recueillement. Dès trois heures de l'après-midi l'on cessait le travail ordinaire, et l'on se mettait en mesure pour le lendemain, par des ablutions, et autrement. Un décret de l'empereur Auguste, respectant cette coutume, dispensait les Juifs de paraître en justice dès l'heure de la préparation. Aucune exécution ne pouvait avoir lieu. Il en était de toutes les autres fêtes comme du sabbat, elles étaient précédées d'une soirée de préparation, cf. Jean 19, 14., alors même qu'elles tombaient sur l'un des jours ouvrables. — v. Pâques, et Lutterolb, le Jour de la préparation, etc.

PHÉSENTS. v. Dons.

PRÊT. v. Dettes. Le prêt à intérêt était défendu, et l'usure inspirait le plus profond mépris, quoique du reste aucune peine civile ne fût édictée contre ce délit, Prov. 28, 8. Ez. 18, 8. 13. «7. 22,12. Ps 45, 5. 109, 41., cf. Luc 7, 42.,— excepté sans doute la restitution lorsqu'une plainte était portée (Talmud). Des créances et obligations étaient écrites en pareil cas, et régu'ièrement signées par l'emprunteur, depuis les jours do l'exil, Luc 16, 6. Le préleur avait le droit d'exiger un gage, mais avec plusieurs restrictions, Ex. 22, 25. Deut. 24, 6. sq., cf. Ez. 48, 7. Job 24, 3. Toutes ces mesures

étaient à l'avantage du pauvre, mais malheureusement elles ne furent pas toujours pratiquées, et souvent le créancier traitait son débiteur d'autant plus durement que la loi ne statuait, rien directement à l'égard de ceux qui étaient insolvab'es, Job 22, 6. 24, 3.; elle semblait seulement impliquer l'esclavage momentané du débiteur trop pauvre, Lév. 25, 39., et c'est d.t ce passage où la loi recommande au riche l'humanité, qu'ils se servaient, ainsi que de quelques autres encore, pour dépouiller les malheureux de leurs biens, de leurs familles, de leur liberté, Prov. 22, 27. 27, 43. Job 24, 3. 2 R. 4, 1. Néh. 5, 5. Es. 50, 1. Matth. 48, 25. : ceux qui avaient cautionné le débiteur étaient poursuivis comme lui, Prov. 20, 16. 22, 26. 27. 13.

PRÉTOIRE. Ou nommait ainsi le palais où résidaient et jugeaient eu province les gouverneurs romains : ils y demeuraient avec, leurs familles, et tous les employés de leur administration. C'est au prétoire de Jérusalem que Jésus fut conduit pour y êt i e jugé par Pilate, Jean 18,28. 33. Matth. 47, 27. Marc 15, 16.; c'était l'ancien palais des Hérodes, un maguilique bâtiment, au dire de Josèphe, Ant., 1b, 9. 3., devant lequel était le siège judicial, orné d'un de ces pavés en mosaïque que l'on trouve presque partout où les Romains ont passé. Le prétoire avait une vaste cour dans laquelle se tenait une cohorte de soldats romains, Matth. 27, 27. Marc 15, 16. ; une espèce de loge ou de vestibule ouvrant sur la rue donnait l'entrée de la cour; c'est là que les Juifs refusèrent d'entrer, craignant de se souiller; ils aimaient mieux rester â la rue pour crier : Crucifie! crucifie! — Le même nom de prétoire est employé dans le sens de palais, Act. 23, 35., où il n'est pas parlé de la demeure officielle du procurateur romain. Et saint Paul dit, Phil. 1, 13., que ses liens en Christ ont été rendus célèbres dans tout le prétoire, et partout ailleurs. On a entendu ce mol diversement dans ce pas>age. 1° Les uns, comme Périzonius, Reausobre elLenfant, pensent qu'il se rapporte au camp des soldats prétoriens établi par Séjan sous Tibère, en dehors des murs de Rome, et sous les ordres du préfet du prétoire de celte ville. Paul, pendant sa captivité, avait un logement particulier dans lequel il était gardé par un prétorien, Act. 28, 16.; les soldats alternaient dans cette surveillance, et il est fort possible que l'Evangile ait ainsi pénétré peu à peu loule la garnison. — 2° OEder l'explique du palais de Gallion à Corinlbe. mais on ne saurait plus ce que signifie la salutation de 4. 22. — 3° Paulus el Rilliel, entendent le prétoire du palais d'Hérode à Césarée, où Paul fut écrouè sur l'ordre de Félix, Act. 23. 36. — 4° Enfin l'on peut entendre par là le palais impérial de Néron ; le prétoire signifierait la même

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chosr que la maison de César, 4, 22. C'est l'opinion de Chry<ostome, Huber, Groiius,Wolff, Steiger. On objecte que cette signification n'est pas prouvée, que la maison de César s'appelait palais, et non prétoire. Mais les provinciaux habitués à donner le nom de prétoire au palais des commissaires impériaux, pouvaient bien, par ignorance ou par habitude, conserver ce nom au palais de l'empereur lui-même. D'ailleurs il est bien prouvé que le nom de prétoire commençait dans ce temps à être employé dans le sens plus général de palais, y.Juvén.. 10, 161. Suél.. OU..7J. Calig., 37. Paul entendrait alors les habitants de la maison impériale, et non les soldats qui y faisaient le service; on peut le conclure des derniers mots du verset, car le prétoire était plus important comme palais que s'il ne se fat agi que des soldats.

PRÊTRES. Ce fut, pendant la période patriarcale et jusqu'à Jéthro, le père de famille qui fut prêtre et sacrificateur dans sa maison; Cain et Abel les premiers, puis Noé, Abraham, Melcbisédec, Abimélec, Laban, Isaac, Jacob, Job, Jéthro, Moïse même, nous apparaissent les uns après les autres dans l'histoire, tour à tour princes et pontifes. Mais après que les descendants d'Abraham eurent pris la consistance d'un peuple, une tribu d'entre les douze fut choisie de Dieu et mise à part pour le .service du sanc tuaire, et dans cette tribu, qui se composait de trois familles principales, une caste sacerdotale fut choisie d'entre les Kéhathiies; tous les autres enfants de la tribu furent destines d'une manière générale au service du tabernacle comme aides, serviteurs, frères laïques (r. Lévi) ; les Kehathites, et parmi eux la famille d'Aaron seulement, Momb. 4, 2. Ex. 28, t., furent appelés a fournir des pontifes a la nation, et la peine de mort fut prononcée contre tous ceux qui, appartenant à une autre famille, tenteraient de remplir les tondions sacerdotales, Nomb. 3, 6. 38. 46, 40. Hozias, roi de Juda, qui voulut offrir l'encens à l'Eternel, fut frappé de la lèpre, mis hors de son palais et eiclu des affaires publiques jusqu'à sa mort, 2 Cbr. 26, 49. On voit cependant que dans certaines occasions, mais seulement en rase campagne et toujours hors du temple, des hommes non prêtres, des juges el des rois d'Israël, sut tout avant que le tabernacle eût été fixé dans Jérusalem, ont offert des sacrilices à l'Eternel, ! Sam. 7, 9. 9, 13. 16, o. 2 Sam. 6, 43. 24, 24. 4 R. 18, 33. 2 Chr. 4, 5., ou porté l'ephod, consulte ie Seigneur et béni le peuple, 2 Sam. 6, 14. 48. I Sam.

4 R. 8, 55. 50. Les interprétations données pour expliquer ces laits autrement que d'une part active, mais partit lie et momentanée, prise par ces personnages au sacerdoce public, sont forcées et presque toutes inadmissibles, tandis qu'il

est assez naturel de croire qu'en faveur de quelques élus, tels qu'Elie et David, Dieu ait autorisé des cérémonies qui étaient peut-être calculées pour préparer les Juifs à l'idée du sacerdoce universel.

L'Ecriture ne Ûxe pas l'année en laquelle les prêtres pouvaient entrer en fonctions; d'après les Guéaarisles, ce n'était qu'après l'âge de vingt ans, mais comme plus tard on voit l'exemple d'un jeune homme déjà souverain sacrificateur (Jos , Anl., 4 2, 3, 3.}, il est évident qu'avec les simples prêtres on avait Oni p<ir devenir moins sévère encore. Ils étaient tenus de prouver leur filiation directe de la famille sacerdotale, et ils attachaient à cause de cela une grande importance à leurs registres généalogiques, Es>d. 2, 62. Néh. 7,64. La première consécration des prêtres fut faite par Moïse en la personne d'Aaron et de ses 61s, Ex. 29, Lèv. 8; on ignore si une cérémonie semblable se renouvelait à l'entrée en fondions de chaque prêtre, ou si plie fut faite une fois pour toutes, les prêtres n'apnl plus qu'à faire constater leurs droits el leur aptitude, ou si eutin ils étaient tenus à l'offrande du gâteau, Lév. 6, 12. 14., mais à cela seulement. Quant au souverain sacrificateur dont la consécration était plus solennelle que celle des simples prêtres, on doute qu'elle se renouvelât à chaque élection nouvelle, telle qu'elle avait eu lieu en la personne d'Aaron, et l'on croit que l'on se contentait de revêtir le nouveau pontife des habits de son prédécesseur, comme cela se fit à la mort d'Aaron, Nomb. 20, 23. 26., cf. 1 Macc. 40, 21.

Les prêtres portaient pendant quïlsoffkiaient, el peut-être toutes les fois qu'ils étaient dans le temple, des vêtements de tin lin, décrits d'une manière générale Ex. 28, cf. Lév. 6, 40. Jo« sèphe donne quelques détails sur les diverses pièces de cet habillement, Anl., 3, 7, 4. 2. 3. : sur les caleçons, espèce de large pantalon comme en portent généralement les Orientaux ; sur la tunique, qui élail sans coulure ; sur la ceinture, de diverses couleurs, (issue fort lâche, large de trois doigts, creuse comme la peau d'un serpent; sur le bonnet ou turban, composé de plusieurs iGurs d'une bande de Un repliée el cousue, avec une toile qui enveloppe le. tout et descend jusque sur le front pour cacher la difformité des coulures. Les rabbins et saint Je* rùrae varient sur quelques détails peu importants.

Le souverain sacrificateur se distinguait des autres prêtres par plus de richesse dans ses vêlements, et par quelques pièces accessoires. Le rochet était une robe qui tenait depuis le cou jusqu'aux genoux tout autour du corps; elle était composée de filets. lrç>s;.délîés, de couleur hyacinthe ; au bas étaient des figures de gre-

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de lin retors et de pourpre, entre lesquelles pendaient de petites elochelles d'or afin qu'on en entendit le son lorsque le sacrificateur entrait dans le sanctuaire ou en sortait; ce qui signifie que le chrétien, en marchant dans ce monde, doit porter des fruits et faire entendre le bruit de l'Evangile, joindre la pratique à l'enseignement. Les fruits marquaient aussi tout ce qu'il y a de doux et de rafrai. bissant dans les paroles de la vie éternelle ; les clochettes d'or, le son de la prédication de l'Evangile qui doit se faire entendre eu temps et hors de. temps. — Nous avons parlé de i'éphod en sa place» — Le pectoral de jugement était uu drap doublé, de même matière et de même travail que I'éphod. Il était carré, de la grandeur d'une palme {9 centimètres) de chaque côté* ayant à ses coins quatre anneaux d'or, attachés en haut par deux chaînes d'or et en bas par deux bandes de pourpre qui tenaient le pectoral lié de tous les côtés. Sur ce pectoral étaient quatre rangs de pierres précieuses, et à chaque rang trois . sortes de pierres sur chacune desquelles était gravé le nom d'une des tribus d'Israël ; il renfermait l'Urim et le Tbummim. q. v. — La tiare ou mitre du souverain sacrificateur était non-seulement plus riche et plus façonnée que le bonnet des simples prêtres, mais elle portait encore une forme de couronne à l'enlour, et sur une bande d'byaciiitbe une lame d'or qui ceignait le front, avec ces mots gravés ; La sainteté à. l'Eternel ! symbole de la sainteté que nous devons toujours poursuivre, et que nous ne pouvons trouver que dans la justice de Jésus Christ. — Il ne. parait pas que les prêtres portassent de souliers ; il n'eu est fait mention nulle part, et l'on croyait en général qu'on ne pouvait fouler que pieds nus une terre sacrée, et. Ex. 3, 5. Jos. 5, 45.; les rabbins, d'ailleurs, affirment positivement que les prêtres ofliqiaient sans chaussures et ils trouvent dans ce fait une des causes principales des maladies d'entrailles auxquelles les prêtres étaient sujets. On sait que chex les Egyptieus, les prêtres ne pouvaient non plus célébrer leurs mystères que nupieds. , .

Quant à leurs fonctions, les prêtres étaient appelés à instruire le peuple dans la loi de Dieu, Lév. 40, 14. Deul. 33, 10. Ex. 3, 17.; à le bénir selon l'ordre du Seigneur, Nomb. 6, 23. Deut. 24, 5.; à distinguer suivant l'ordounance Ijévilique ce qui est pur et ce qui est impur, Lév. 40. 40. Deul. 47, 4 8., les différentes, sortes de lèpres, les causes de divorce, les souillures lé gaies et cérémonielles ; ils administraient les eaux de jalousie à la demanda d'un mari soupçonneux, Lév. 43 et 14, Nomb. 5, 14. sq. — Dans les parvis du temple ils égorgeaient cl préparaient les victimes pour les offrir en sacri-

fice selon l'ordre et les cérémonies que Dieu lui-même avait prescrites, et c'est de cette fonction, qui était la plus commune et la plus apparente de leur charge, qu'ils avaient reçu le nom de sacrificateurs. — Dans le lieu saint ils devaient allumer tous les jours les lampes, y conserver l'huile, et les faire luire depuis le soir jusqu'au matin, Lév. 24, 2.; faire tous les jours le parfum devant l'Eternel, Ex. 30,7., cf. Luc 4, 40.; poser les pains de proposition sur la table qoi y était dressée, et les changer à chaque sabbat, Lév. 24, 5. 2, 9. — Le souverain sacrificateur qui était appelé à faire toutes ces choses dans le lieu saint lorsqu'il le pouvait, avait en outre des fonctions particulières; il devait, une fois l'an, faire une solennelle expiation pour le sanctuaire, pour lui-même, et pour toute l'assemblée ; il entrait dans le lieu très saint; il priait, il intercédait pour le peuple, enfin il bénissait solennellement rassemblée. — Il est parlé encore de quelques autres occupations moins spécialement en rapport avec ja charge des prêtres; ils devaient en certains moments déterminés sonner de. leurs trompettes d'argent, Nomb. 10,8. 2Chr. 5, 12- 7,6. 29,26. Néh. 42, 41.; faire Intimation des vœux, Lév. rendre la justice dans les causes difUciles,

Deut. 17, 8. 49, 47. 21, 5. 2 Cbr. 47, 8.; le roi Josaphat établit lui-même à Jérusalem un tribunal supérieur de prêtres et de lévites, 2 Chr. 19, 8. Quant à leur rôle dans les armées, ». Guerre. Ils avaient aussi quelques occupations particulières à remplir pour lesquelles ils alternaient, se distribuant par le sort leurs jours de fonction, la garde du temple pendant la nuit (on en trouve probablement une.trace, Act, 4, 4. o,2i. Lue 22, î>2.? peut-être aussi Jér« 20, 4.), la surveillance des trésors du temple, des vases sacrés, du vestiaire, etc.

Pour l'accomplissement de leurs fonctions, les prêtres devaient être dans les conditions de la pureté légale et céréuionieilq, et il leur était interdit de prendre du vin. ou tout autre breuvage enivrant, quand Us entraient dans le tabernacle, et pendant qu'ils y officiaient, Uv. 40, 9. Ez, 44, 24, Jos., Aqt., 3, 1£, 3. Ils devaient s'abstenir de mener deuil pour un mort s'il n'était leur proche parent) et même le souverain sacrificateur ne pouvait le faire pour qui que ce fût, Lév. 21, 4 4. 40, 6. Il ne devait y avoir en eux aucun défaut corporel, ni mutilation de membres, comme aussi leur réputation devait être sans tache, Lév. 24, 47. Jos., Aui., 3, 42, 2. Leurs femmes même devaient répondre a celle idée de sainteté dont, toutes, les prescriptions précédentes étaient des conditions; ils ne pouvaient épouser aucune personne de mauvaise viv,. ou répudiée, ou de réputation équivoque, Lév. il, 7. Les veuves

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n'étaient point exclues de leur choix, sinon pour Je souverain sacrificateur, qui devait épouser une vierge, Lév. 21, 4 3.; du reste, ils avaient le droit de choisir dans toute la nation, sans être limités par des considérai ions de famille ou de tribu; les étrangères seules leur étaient défendues, Esd. 4 0, 4 8.; mais, en général, ils se mariaient plus volontiers entre eux, et ils épousaient des filles de race sacerdotale, cf. Luc 4, 5. Les préceptes d'une purelé parfaite s'étendaient jusqu'aux tilles des prêtres, qui étaient punies de mort lorsqu'elles manquaient aux lois de la chasteté, Lév. 24, 9. L'institution du sacerdoce était ainsi recommandée au respect et à la vénération publique, non seulement par la grandeur même de ses fonctions, mais encore par l'auréole de sainteté et de pureté qui en entourait l'exercice et les ministres, cf. Jer. 4 8, 48.; ces derniers, malheureusement, voulurent allier le sanctuaire et l'esprit du monde : on les vit souvent manquer à tous leurs devoirs, et opprimer le peuple qu'ils devaient paître ; ils recherchèrent les biens terrestres et la satisfaction de la chair, et compromirent, avec leur ministère, leur religion, Jér. 5, 31. 6, J3. 23, 44. Lam. 4, 13. Est. 22, 26. Os. 6, 9. Mich. 4 4. Soph. 3, 4. Mal. 2.

Treize villes, d'entre les quarante-huit qui avaient été données aux Lévites, étaient spécialement destinées à être la résidence des prêtres; elles étaient réunies dans le voisinage de Jérusalem, dans les tribus de Juda, de Benjamin et de Siméon, Jos. 21, 4. 40.; c'étaient Hébron, Libna.Jatbir, Estemoab, Holon, Debir, Hajin, Jutla Beth-Sémès, Gabaon, Guébah, Hanalhoth' et lialmon ; plusieurs d'entre elles furent encore après l'exil la demeure de quelques prêtres, Néh. 7, 25., et le sacrificateur de Luc *0, 31., faisait sans doute pour affaires d'office le voyage de sa ville à Jérusalem, ou le retour ; cependant le plus grand nombre des prêires paraissent, Néh. 44 , 40., s'être flxés définitivement à Jérusalem, le centre de leurs travaux.

Il était pourvu de diverses manières à l'entre lien des prêtres; les restes des sacrifices et c'étaient souvent des restes fort considérables étaient pour eux, Lév. 2, 3. 10. 5, 43. 6 4ô' 7, 6., etc., 40, 42. Nomb. 6, 20. Deut. 18, 3 les prémices, les offrandes tournovées, une portion des dîmes, les pains de proposition leur appartenaient encore, Nomb. 31, 29. Lév! 24, 9. Mattb. 12, 4., ainsi que l'argent provenant d'amendes pour cause de souillure, du prix de rachat des vœux ou des preiniers-nès, Lév. 27, Nomb. 18, 14. 15. En outre, ils étaient exempts des impôts et du service militaire, immunités dont ils continuèrent de jouir après l'exil et sous la domination étrangère, Esd. 7. 24. Jos., Ant., 12, 3, 3.

Ils étaient partagés déjà du temps de David en vingt-quatre classes on éphéméries, qui avaient chacune leur chef, et vaquaient alternativement au service public pendant sept jours, d'un sabbat à l'autre, 1 Clir. 9, 25. 24, 3. 2 Chr.

8, 14. 23, 4. 35, 4. Néh. 12, 7. Esd. 10, 5. 2 R. 41, 9. Luc 1,5. — Après le schisme des dix tribus, ils ne continuèrent à fonctionner que dans le royaume de Juda, 1 R. 13,33.2 Cbr. 11, 13.

C'est ainsi que jusqu'à la destruction de Jérusalem et de son temple par les Romains, cette caste subsista comme un corps respecté et généralement respectable, exerçant sur le peuple une influence utile, et dirigeant ses pensées vers la vérité par des rites symboliques, lai rappelant toujours l'unité de Dieu, la condamnation du péché, et la réconciliation avec Dieu par l'expiation. S'ils exercèrent parfois une espèce d'influence politique, si même ils prirent quelque part au gouvernement général du pays, ce fut comme une conséquence de leur caractère et de leur position, et non un oubli de leurs fonctions, Nomb. 27; 31, 12. 32, 2. Deut. 27.

9. Jos. 17, 4. Sous les rois ils apparaissent comme médiateurs entre le peuple et son chef, 2 Sam. 19, 11.; mais plus tard, et lorsque la corruption fut devenue toujours plus manifeste et plus générale, ils se joignirent aux rois et aux princes pour essayer de mettre un frein à la liberté de langage du ministère prophétique, Jér. 20, 1. 26, 7., ce qu'ils étaient d'autant plus portés à faire que leur amour pour la forme et les cérémonies du culte ne pouvait que leur faire redouter tout ce qui tendait à donner de l'esprit et de la vie à la foi.

La construction du temple avait puissamment contribué à rendre solide et ferme la constitution et l'organisation sacerdotale. Jusqu'alors, et malgré les prescriptions positives de la loi, il semble qu'il y ait eu plus d'arbitraire et d'indécision dans les rapports du peuple avec le sanctuaire; sous les juges, des maisons particulières louaient des prêtres pour leur service; après eux, des rois et des prophètes paraissent remplir quelques fonctions exclusivement réservées aux prêtres; des hommes sans caractère public offrent des sacrifices; à côté du tabernacle de Silo on se rend sur les hauteurs et dans les bois pour adorer; David, et même Salomon, empiètent sur les fonctions des prêtres, sans en être repris ni punis, cf. Jug. 6, 4 8. 17, 5. 18, 27. 4 Sam. 30, 7. 2 Sam. 6,18. 1. K. 9, 25.

Comme les familles lévitiques formaient environ la treizième partie de la population totale, leur entretien par le peuple pourrait être considéré comme ayant dû être pour celui-ci une charge extrêmement lourde, en admettant

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que le sort des Lévites n'ait jamais rien eu que de bien modeste. Cependant il faut remarquer : a) d'abord, que dans une contrée agricole ei fertile, la remise des prémices et des dîmes ne pouvait être onéreuse, là surtout où la propriété du sol était garantie aux familles propriétaires; b) que la plupart des offrandes, vœux, sacri lices de prospérité, etc., n'étaient point imposées, mais laissées a la libre volonté, a la piété des donateurs; c) qu'à l'exception des prêtres et des rois, tous les Israélites étaient producteurs, et qu'ainsi le nombre des consommateurs non producteurs était extrêmement restreint; il n'y avait ni milices régulières, ni corporations savantes à entretenir; d) que les redevances en nature ne dépendaient point de l'augmentation de la famille lévilique, mais qu'elles étaient fixées pour toujours au dixième de la moisson; e) que la tribu de Lévi avait les mêmes droits que les autres au partage du sol, et que si elle en avait été dépouillée, il n'était que juste de l'en dédommager en lui assurant une partie des produits recueillis; les dimes étaient donc plus qu'un salaire, elles étaient un intérêt, une rente.

Il n'est pas facile de donner une suite claire et complète des souverains sacrificateurs qui se sont succédé en Juda dans l'exercice de ces hautes fonctions. La facilité avec laquelle on néglige des noms peu connus, le fréquent usage de deux noms pour un seul personnage, peutêtre des idées différentes sur la nature du sacerdoce, la distinction entre le droit et le fait, ont pu inOuer sur les divergeuces qu'on remarque entre les différentes listes de ces pontifes. Nous donnons ci-dessous la succession pontificale, telle qu'elle ressort de différents endroits des livres sacrés, comparée a celle qui se trouve 4 Chr. 6, 3. sq.

FAMILLE D'A AROH

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moi le» jog.

d'aprè* Jo- •éptie, ÀDl., 5. ti.

Sueemion poatiûcale.

t. Aaron.

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