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les anciens temps, comme dans l'Orient moderne on n'en rencontre pas partout non plus. Il faut remarquer ensuite que Rahab était établie, qu'elle avait sa maison à elle, et que, dans renumération de ses parents, elle ne fait cependant mention ni de mari, ni d'enfants; or, soit qu'elle ait été hôtelière, ou qu'elle ne l'ait pas été, rétablissement d'une fille indépendante de ses parents est significatif, surtout si l'on tient compte de la sévérité des mœurs orientales à l'égard des femmes honnêtes et de la facilité avec laquelle la liberté des mœurs était Interprétée en mauvaise part. L'usage de la langue est positif, et l'on ne voit nulle part, quoi qu'il en soit de l'élymologie, les mots qui désignent Rabab désigner autre chose qu'une femme perdue, mais il faut se rappeler aussi que les malheureuses qui avaient une fois mérité ce nom, le conservaient alors même qu'elles ne vivaient plus dans la pratique du mal, cf. Matth. 21, 34. 32. Rabab doit donc être considérée comme une femme qui a exercé le métier de prostituée, mais qui, touchée par la grâce de Dieu, frappée à l'ouïe des miracles que le Dieu d'Israël avait faits en faveur de son peuple, a renoncé à sa mauvaise conduite et à son idolâtre incrédulité. En recevant les espions, en les favorisant contre son propre peuple, en demandant miséricorde pour elle et pour sa famille, au lieu d'arrêter les projets d'Israël dès leur premier essai d'accomplissement, et de trahir ceux qui cherchaient la ruine de Jèrico, elle a montré sa foi par ses œuvres ; elle a reconnu que l'on ne pouvait rien contre Dieu, mais tout pour Dieu- Le langage des apôtres nous montre dans la conduite de Rahab une conversion du mal au bien, et en joignant son nom à celui d'Abraham, celui de la courtisane à côté de celui du père des croyants, ils ont voulu faire ressortir que devant Dieu, ni la circoncision, ni l'incirconcision n'ont aucune efficace, mais la foi agissant par la charité.
RACHEL (brebis), fille cadette de Laban, Gen. 29, 6. 46, 49. Elle fut la première personne que rencontra Jacob lorsque, fuyant la colère d'un frère, il se rendit en Mésopotamie. La beauté de la jeune fille frappa Jacob , alors âgé de soixante-dix-sept ans; cousin de Rachel, il songea a une alliance plus intime avec elle, et sept années de service furent le prix auquel Laban la céda a son neveu. Elle n'épousa cependant Jacob qu'après que celui-ci eut épousé d'abord sa sœur Léa, moins belle, et moins aimée; comme elle ne donnait point d'enfants à son mari, elle essaya de faire à sa s-œur, plus heureuse, une étrange concurrence ; Biiha, sa servante, devint la concubine de Jacob, et Rachel adopta les enfants issus de ce commerce
illégitime. Les deux sœurs, souvent aigries l'une contre l'autre, finirent cependant par se rapprocher; des mandragores cimentèrent la paix, et la naissance de Joseph, fils de Racbel, finit par ôter à l'épouse préférée tout sujet de jalousie et d'irritation. Lors du départ de Caldée, voyant son mari en butte à de sourdes inimitiés de la part de sa famille, elle n'bésita pas à le suivre, déroba les marmousets ou tbéraphims de Laban, et les cacha sous le bat de son chameau, quand Laban, pour les retrouver, vint fouiller les tentes de Jacob. Fort avancée dans sadernière grossesse, elle marchai t la dernière avec Joseph, lorsque Jacob attendait avec crainte la rencontre d'Esau, et bientôt aprè5, non loin de Bethléem, elle mourut en donnant le jour à Benjamin, 35, 46. 48, 7. Jacob éleva sur son sépulcre un monument qui prit son nom, et que l'on connaissait encore aux jours de Saûl, 4 Sam. 40, 2. Le lérébinlbe dit de Tabor, qui se trouvait non loin de ce tombeau, porte maintenant, d'après Troîlo, le nom de téréblnthe de la sainte Vierge. Le caractère de Rachel n'est pas assez connu pour pouvoir être apprécié bien exactement : Niemeyer la met audessous de Léa quant à la bonté du cœur, et il faut avouer qu'elle se montre jalouse, et vive dans la manifestation de sa jalousie; mais, d'un autre côté, l'offense première était venue de l'intrigante ou trop obéissante Léa, et Rachel pouvait à bon droit n'être pas contente. Quant au reste,' elle se montre sous un jour aimable, fille et femme docile, peu ricbe en ruses, et maladroite quand elle essaye de l'intrigue. On ne comprend pas, en particulier, à quelle intention elle a dérobé les idoles de son père; ce ne pouvait être pour empêcher Laban de les consulter snr la route de Jacob, car une fois découverte, elle refuse encore de les rendre : il est difficile de supposer que ce soit par cupidité, car, ces marmousets eussent-Us été d'or ou d'argent, ce qui n'est pas prouvé, ces métaux n'avaient pas alors le prix qu'ils ont de nos jours, et n'eussent ajouté que bien peu de chose â l'immense fortune des fugitifs. Pour se venger de l'artifice qui lui avait substitué sa sœur? mais la faute était vieille de treize ou quatorze ans, et Rachel avait eu bien du temps pour se venger ou pour oublier son offense. Pour détacher son père d'une pratique superstitieuse, en lui enlevant les objets de son culte intérieur? mais le vol serait un singulier moyen de prosélytisme. Nous croyons plutôt que Rachel ne s'est pas rendu compte de son action, et qu'elle a dérobé les tbéraphims, cédant à un attachement instinctif et non réfléchi pour les dieux de sa jeunesse, aussi bien qu'à une de ces envies si fréquentes chez les femmes dans sa position. Quant an prétexte qu'elle