REC
fectiop naturelle d'une mère pour celui de ses enfants qui lui ressemble le plus, soit sympathie pour celui qui se présentait le plus jeune, le plus faible, le plus féminin, soit caprice, soit désir de se concilier d'avance les bonnes grâces de, celui dont elle savait bien qu'il finirait par triompher, soit esprit de foi, et coufiance en bieu qui lui avait fait les promesses (et, dans tous les cas, il y a eu de la foi dans sa conduite, sans qu'il soit facile de dire en quelle proportion sa fpi se combina avec ces autres .éléments terrestres), elle témoigna, dès l'abord, pour Jaçob, une préférence coupable et imprudente qui, a elle seule, eût suffi pour diviser la famille, et qui fut pour tous la source de longues épreuves. Forte des promesses divines qui semblaient annoncer que le droit d'aînesse serait transmis à Jacob, la faible créature voulut seconder les desseins du Souverain, et,
Etar une suite ^'intrigues dont le plat de lenliles fut peut-être le premier anneau, et le faux gibier le dernier, de tromperie en tromperie, elle unit par soutirer à Isaac la bénédiction de son cher Jacob. Elle n'avait rien obtenu qu'elle ne dût obtenir; mais elle avait péché pour l'obtenir, et elle fut punie par où elle avait péché. M juste colère d'Esau menaçait la vie de Jacob; Rébecca dut se séparer du fils qu'elle aimait tant ; elle cache son véritable motif derrière une nouvelle accusation qu'elle dirige contre Esaû ; Isaac éloigne Jacob, et Rébecca ne revoit plus ce fils pour lequel elle s'était rendue si coupable. Lorsqu'au bout de vingt ans, Jacob revint de Mésopotamie, Rébecca n'existait plus; elle reposait dans la caverne de Macpélab, 48, 34 .
Aimable et complaisante dans ses premiers jours, comme le sont d'ordinaire les jeunes ambitieux, Rébecca, en séchant avec l'âge, avait perdu cette grâce qui tache ou lait pardonner l'esprit d'intrigue ; on n'aime en elle ni l'épouse , ni la mère, ni la femme, car on u'aime pas les fourberies méditées pendant des années, et, si la ruse qui fit donner à Jacob la bénédiction paternelle fut ourdie en un instant, elle se rattachait cependaut à jout un ensemble de projets et d'espérances qu'elle croyait ne pouvoir réaliser que par de mauvais moyens, oubliant que l'Eternel règne. Saint Paul, en paraissant légitimer sa conduite, Rom, 9, 40., ne parle que du résultat qui était conforme à la volonté de Dieu mais non de ces stratagèmes que la humaine réprouve, que les lois divines lient, et que Dieu n'a pas tardé à punir de la manière la plus cruelle pour le cœur d'une mère. Dieu qui dicta à Jacob les bénédictions qu'il avait à prononcer sur la téte de ses petits-Ols, aurait su dicter aussi à Isaac ses volontés; Rébecca a voulu prendre sa place, mais elle a eu
le temps de s'en repentir. Meyer (dans ses | s'agit ici des Récabiles. Grotius et d'autres sup-
Bketter fur hœb. Wahrheit) a exagéré ce qu'il y a eu de foi chez Rébecca; d'aul resont essayé de lui ôter tout caractère de foi, et ils ti'ont pas moins exapéré ; Rébecca savait ce que c'est que consulter l'Eternel. — Elle devait être Agée de cent vingt ans au moins au départ de Jacob, qui en avait alors soixante-dix-sept (Isaac en avait alors cent trente-sept). ,
RECA, un des chefs de la tribu de Juda parmi les descendants de Pharez. 4 Ghr. 4, 4 2. Son nom est mentionné sans doute à cause de quelque illustration particulière, peut-être comme chef d'une expédition qui, pendant le séjour d'Egypte, sera venue se fixer en Canaan . D'autres pensent que Réca est le nom d'une ville dont il ne serait parlé qu'ici, et qui aurait été l'un des premiers établissements des Hébreux, mais l'expression « hommes de Réca » indique plutôt la descendance que l'établissement. , RÉCAB. 4» v. Babana. — 2° Récab, ou Réebab; Récabites. Cette grande famille dont il est parlé Jér. 35, descendait de Jéhonadab, ou Jonadab, q. v. Elle avait pris le nom du père de son fondateur, Récab, qui ne nous est connu que comme fils de Hamath, Kénicn, et descendant de Hobab beau-frère de Moïse, 4 Chr. 2, 55. 2 P.. 40, 45., qui avait suivi les Israélites dans leur voyage par le désert de l'Arabie, et s'était établi ensuite dans la tribu de Juda, apparemment dans le désert, puisqu'il était nomade. Les préceptes que Jonadab dohnà à sa famille furent observés avec plus de piété que la loi de Dieu ne le fut par les Juifs, Jér. 35, 44., et les Récabites en furent bénis, 35, 48. 49. La promesse que Dieu leur fil alors : « Il n'arrivera jamais qu'il n'y ait quelqu'un de cette famille qui assiste devant moi tous les jours. » phrase qui se prend soit pour marquer le service du roi, soit pour indiquer le service du temple, semblerait confirmer l'explication que les interprètes hébreux donnent de ce passage , savoir que les Récabites étaient admis aux fonctions de lévites dans le temple. Mais d'un autre côté, la loi est trop positive, qui fait de ces fonctions le partage exclusif des enfants de Lévi,pour que l'on puisse admettre celle explication. Celle de Vatable, adoptée parDahler, qui compare Ps. 402, 28., nous parait donc devoir être préférée, u Us jouiront constamment de ma bonite grâce; je ne cesserai jamais de m'en souvenir; ils seront sous mes yeux et je les protégerai toujours. » Jérémie, du reste, ne dit pas comment celte promesse fut accomplie. On cite l'inscription qui est en téte du Ps. 71 , dans la version d'Alexandrie : « Des fils de Jonadab et des premiers qui ont été emmenés en captivité ; » mais outre que ces additions étrangères n'ont aucune autorité, cette inscription ne prouverait pas qu'il