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posent, d'après 4 Chr. 2, 55., que les Récabites sont revenus de l'exil de Babylone avec ceux de Juria ; mais le texte ne l'indique pas, et l'auteur se borne à recueillir les restes des généalogies de la tribu de Juda avant l'exil sans jamais descendre au delà. Une tradition rapportée par Hègésippe, relativement à un prêtre de la race des Récabites qui aurait assisté au supplice de saint Jacques, paraît ne reposer que sur un malentendu qu'Epiphane relève et corrige. Le témoignage de Benjamin de Tudéla (douzième siècle), qui prétend avoir trouvé des Juifs qui se disaient fils de Réchap, dans le pays de Théima, n'a pas convaincu D. Calmet, parce que Tudéla n'est pas toujours exact , et que le pays qu'il décrit est inconnu à tous les géographes postérieurs. Les découvertes du missionnaire Wolff, les informations qu'il a prises à Jérusalem sur les Bené Kaïbr, fils de Héber, dont parle Niebubr, la rencontre qu'il a faite de quelques individus qui se réclament du nom de Récab, et qui vivent de la vie des Récabites, permettent de croire que cette famille existe encore ; cela n'aurait rien d'improbable, mais il faut attendre des documents plus précis et plus détaillés.

Dlodore de Sicile raconte des Nabalhéens, peuplade de l'Arabie, des faits semblables a ceux qui concernent la constitution des Récabites, 4 9, 94. Afin de maintenir leur liberté, ils se sont imposé la loi de ne pas semer de blé, de ne planter aucune espèce d'arbres à fruit, de ne point boire de vin, de ne point bâtir de maisons, et de punir de mort celui d'entre eux qui ferait l'une ou l'autre de ces choses.

On pourrait terminer cet article sans parler de l'opinion du père Boulduc ; cependant elle se recommande par un côté si original, qu'on ne regrettera pas d'en avoir pris connaissance. C'est, selon lui, une espèce de secte, ou d'ordre religieux, qui date d'Enos avant le déluge; depuis cette époque, ils ont été connus successivement sous les noms de Kéniens, Kéniziens, nazariens, enfants des prophètes, Récabites, et pharisiens. Jusque-là c'est un système comme un autre, faux et sans preuve. Mais ce qui en fait un système hors ligne, c'est l'étymologie qu'il donne à ces deux derniers mots ; il la dé- 2 R. 2, 42., cf. 43, 4 4. : « Mon père,

mon père, chariot d'Israël et sa cavalerie 1 » srecriait Elisée en voyant Elie monter au ciel dans un char de feu ; et c'est dans ce chariot (rekcb) qu'il voit l'institution des Récabites, dans cette cavalerie (pbarasbim) celle des pharisiens.

RECEVEUR, Dan. 3, 3. v. Bailli.

REFUGE. De même que l'antiquité grecque et romaine, le mosaïsme reconnaissait en général des lieux ayant droit d'asile, mais ces lieux n'étaient pas aussi nombreux, leur protection n'était pas aussi efficace, aussi absolue, qu'elle

l'était chez les païens, qu'elle le fut dans l'Eglise au moyen âge. L'autel, dont le coupable empoignait les cornes, dans le tabernacle d'abord, puis dans le temple, fut le premier asile que les Hébreux reconnurent comme tel, Ex. 24, 4 4.. sans doute parce que le regardant comme siège de la divinité, ils ne pensaient pas que la justire humaine pût intervenir là où celle de Dieu se taisait. Mais celle protection se bornait au seul cas d'homicide involontaire. Dans la suite, lorsque les Israélites furent établis en Canaan, la loi, pour concilier les droits du sang répandu avec l'équité qui ne permet pas d'assimiler un crime à un malheur ou à une imprudence, permit au parent du mort de poursuivre le meurtrier, mais accorda à celui-ci le droit de fuir, et lui assura un asile pour le cas où il saurait atteindre une ville de refuge avant d'avoir été frappé. Six villes jouissaient du droit d'asile, trois à l'occident du Jourdain, Kadès, Sichem, et Hèbron, trois à l'orient, Betser, Ramoth o> Galaad, et Golan, Jos.20,7. 8., cf. Nomb. 35,6 Deut. 49, 3. Ex. 24, 43. C'étaient des villes sacerdotales ouléviliques. Elles devaient être d'un accès facile, avec des routes partout bien entretenues, et des ponts là où il eo était besoin: là où le chemin se bifurquait, on avait soin d'y mettre un écriteau indiquant la direction de la ville de refuge. Chaque année les magistrats faisaient la visite des chemins pour s'assurer que leur entretien était bien ce qu'il devait être. Le meurtrier, si l'enquête démontrait que son crime avait été involontaire, devait, pour échapper aux vengeurs du sang, rester dans la ville où il avait trouvé un refuge, jusqu'à la mort du souverain sacrificateur sous le règne duquel le crime avait été commis. Ces arrêts forcés étaient réellement une peine, comme l'exil dont les Athéniens frappaient celui qui s'était rendu coupable du même crime ; et il est remarquable que toutes les législations, même les plus douces, aient senti la nécessité de condamner l'homicide involontaire comme un délit contre la société. Si le meurtrier sortait de la ville de refuge avant la mort du grand prêtre, il pouvait être tué impunément par la famille du défunt, Nomb. 35, 28. Lorsque c'était un assassin qui se réfugiait dans la ville, et que l'enquête établissait que le roenrtre avait été volontaire, il était remis entre les mains des juges ordinaires, qui le condamnaient à mort, Nomb. 35, 24 .

L'antiquité païenne qui avait accordé le droit d'asile aux autels, aux temples, à leurs parvis, à certaines villes et à leur banlieue, y protégeait non-seulement les meurtriers involontaires, mais encore les débiteurs insolvables et les pauvres esclaves fuyant la barbare cruauté de leurs maîtres. Daphné près d'Anliocbe, 2 Macc. 4, 33., et le temple de Diane à Ephèse, étaient les lieux

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de refuge les plus renommés de l'antiquité, et leurs droits d'asile s'étaient considérablement accrus avec la suite des siècles.

RÉGUEMMÉLEC elSaretser. Deux Juifs qui pendant la captivité de Babylone, ou peu de temps après le retour, furent envoyés, probablement de Bélbel a Jérusalem, pour s'informer auprès des sacrificateurs de la maison de l'Eternel, et savoir si certains jours de jeûne solennel établis et célébrés en mémoire de leurs désastres, de la destruction du temple, de la mort de Guédalia, de la prise de Jérusalem, etc., devaient continuer d'être célébrés, Zacb. 7, 2. sq. Le prophète, en répondant que ces jours étaient d'institution humaine, ajouta qu'ils seraient changés en des jours de joie, d'allégresse et de réjouissances, 8, 49.

RÉHAB1A, petit-flls de Moïse, par Elihézer son Ûls, qui du reste n'eut point d'autres enfants ; mais, ajoute l'auteur sacré, 4 Chr. 23, 17., cf. 24, 24. 26, 23., les enfants de Rébabia multiplièrent merveilleusement : remarque dont la portée échappe si Ton oublie qu'une descendance nombreuse était considérée comme une bénédiction divine. Un fils de Moïse n'ayant eu qu'un enfant, c'était presque une tache pour la mémoire du législateur : celte tache est effacée par la postérité nombreuse de cet unique enfant.

RÉHI (mon compagnon), un des principaux officiers de David, lequel ne prit aucune part à la conspiration d'Adonija, 4 R. 1, 8. On a remarqué que son nom ne se trouve dans aucune liste des guerriers de ce temps, non plus que d'autres, tels que Jonatban, que l'on se fût attendu à y rencontrer, 2 Sam. 23, 24. 4 Chr. 4 1, 26. Sa jeunesse peut-être, lorsque ces listes furent dressées, peut-être aussi un changement de nom expliquent cette lacune ou cette omission.

REHOR (rue, place). Deux villes de la tribu d'Aser, dont l'une était échue en partage aux Lévites, portaient ce nom, Jos. 40,28. 30., cf. 21 , 34 . L'une des deux cependant ne fut pas conquise, et continua de rester au pouvoir des Cananéens, Jos. 19, 28. Jug. 4, 31. C'est probablement la même qui est mentionnée, Nomb. 4 3, 22., comme étant à l'entrée de Hamath, et formant la frontière extrême de la Palestine vers le nord, par opposition au désert de Tsin qui était au midi. C'est probablement aussi la même que Belh-Réhob, Jug. 48, 28.; elle était située à quelque distance de Kidon, dans une vallée de l'Anti-Liban, près de Lais ou Dan, et non loin des sources du Jourdain (Rosenmuller). On la comptait comme faisant partie de la Syrie ou Aram, et l'Etal d'Aram-Belh-Rchob (la Syrie dans la contrée du passage), 2 Sam. 10, 6., avait encore ses rois indépendants aux jours de David.

RÉHOBOTH, nom qui indique proprement des rues ou une grande place. — 4° Isaac appela ainsi un puits qu'il avait creusé, et pour lequel il n'y eut pas de contestation,Gen.26,22.

— 2° Réhobolh-Hir, que nos versions traduisent littéralement par « les rues de la ville, » Gen. 10, 11., comme Platée en Béotie pourrait se traduire d'une manière analogue. C'était une ville d'Assyrie au sujet de laquelle les anciens interprètes varient ; selon les uns ce serait Sittacé au sud de l'Assyrie, différente d'une autre Sitlacé près du Tigre, sur l'emplacement de l'ancienne Bagdad ; selon Epbrem ce serait la province d'Adiabène ; Schulthess pense à Rahaba, ville de Mésopotamie à Test de l'Ruphrate, Bochart cherche autre chose encore, de sorte qu'en définitive cette ville est complètement inconnue. — 3° Réhoboth-Hannahar, ou du fleuve, Gen. 36, 37. 1 Chr. 1, 48., lieu de naissance du roi édomite Saûl ; du reste inconnu. Cette ville était sur TEupbrate, peut-être là où s'élève maintenant le bourg de Rachabath-Malik-Ibn-Tauk.

RÉHU (son ami), v. Ragau.

RÉHUEL (ami de Dieu), v. Jéthro.

RÉHUM (miséricordieux), Esd. 4, 8., officier du roi de Perse, et l'un des plus violents ennemis des Juifs à l'époque de la reconstruction du temple. Il obtint d'Artaxercès, par une lettre insidieuse, un édit qui interdisait la continuation des travaux commencés, et de concert avec quelques amis de son espèce, il pourvut luimême à ce que cet ordre fût exécuté. D'après le titre de la lettre on peut croire que c'étaient des Babyloniens, mais la haine jalouse qu'ils témoignaient contre la ville sainte, et la connaissance qu'ils paraissent avoir de son histoire indiqueraient plutôt une origine samaritaine.

— Réhum est appelé président du conseil, et l'on croit que ses amis et lui formaient une administration spéciale, une espèce de conseil des colonies, ou des affaires étrangères.

RÉ M AU A (exaltation de l'Eternel), père de Pékacli, q. v. Es. 7 et 8.

REMPHAN (géants), Act. 7, 43. v. Caldée.

RENARD (bébr. Shou'halj. Cet animal était autrefois plus connu en Palestine qu'il ne l'est de nos jours, cf. Matth. 8, 20. Ez. 13. 4. Luc 9, 58. 11 dévastait les vignobles, Cant. 2, 15, cf. Aristoph. Chev., 1076. Thèocr.,5, 112. Notre Seigneur en fait le symbole de la ruse cruelle, et de la perfidie, Luc 13, 32. Le passage Néh. 4, 3. désigne d'une manière ironique la faiblesse des murailles de Jérusalem, qui sont telles qu'un renard peut les renverser en essayant de les franchir. Le terme hébreu peut aussi designer le chacal dans les passages Jug. 45, i. Ps. 63, 10., mais cotte signification n'est pas nécessairement prouvée, Uindis que

Lam. 5, 48., M s'agit évidemment de renards. Il y a d'ailleurs en hébreu un terme spécial pour marquer le chacal, q. v.

REPAS. Les festins proprement dits avaient lieu dans la soirée, comme de nos jours encore le repas principal, chez les Perses et chez les Orientaux, se fait habituellement vers les six ou sept heures du soir, souvent même plus tard. Mais celte coutume n'eût pu convenir* un peuple agriculteur, tel qne les Hébreux, et il résulte de divers passages, 4 R. 20, 46. Gen.

43, 25. Act. 40, 9. 40., cf. Susan. 7. 43., que midi était l'heure ordinaire de leur diner. Dans la matinée ils prenaient un repas plus léger, un déjeuner, qui ne se faisait généralement qu'après la première prière de la journée, Luc 4 4, 4 ï. Jean 24, 4 2. Act. 2, 45., et l'on croit que les jours de sabbat, à cause de l'heure de la synagogue, les Juifs postérieurs ne mangeaient rien avant midi (Josèphe, Vita, 54.). On se lavait soigneusement avant le repas, surtout lorsque, après l'exil, les Pharisiens eurent mis en vogue leurs traditions, Matth. 45,2. Marc 7, 2. Luc

44, 38., puis le père de famille, ou la personne la plus respectée de celles qui étaient a table, prononçait la bénédiction sur les aliments, audeSsus desquels il étendait les mains, Luc 9, 46. Jean 6, 14. Matth. 4 4, 49. 45, 36. 26, 26., cf. 4 Tim. 4, 3. Dans quelques maisons juives, c'est encore un usage de réciter le psanme 23 en se mettant à table. La prière terminée, on apportait la viande coupée en morceaux, et queiques légumes, servis dans un plat large et profond où chacun se servait a sa fantaisie, prenant avec les doigts pour le mettre sur son pain, le morceau qu'il avait choisi, et le mangeant sans couteau ni fourchette, cf. Prov. 49, 24., comme les paysans de beaucoup de pays. S'il y avait du jus ou de la sauce, on" y trempait son pain, Matth. 26, 23. Quelquefois aussi le père de famille mettait devant chacun la portion qui lui revenait, et donnait aux uns plus qu'aux autres suivant l'honneur qu'il croyait devoir leur faire, mais toujours de façon à ce que ceux qui en avaient le moins eussent encore du superflu, 4 Sam. 4. 4. Jean 43, 26. Gen. 43, 34. En plusieurs endroits, et dans les campagnes surtout, on trouve encore des gens qui croient être polis envers leurs hôtes en les pressant de manger. — Il parait que primitivement les Hébreux étaient assis à labte comme on l'est chez nous, Gen. 27, 49. Jug. 49, 6. 4 Sam. 20, 24., cf. Iliad.40, 578.; plus tard seulement ils suivirent i'usage oriental et mangèrent couchés sur des lits de table, ou espèces de divans; on en trouve diverses traces dans les écrits postérieurs, Prov. 23, 4. Am. 6, 4. 6. Ez. 23, i4. Est. I, 6. 7, 8., et dans le N. T., Matth. 26, 7. 9, 40. Marc 4 4, 3. Luc 5, 29. 7, 36.4 4,40. Jean

43, 23.25. Trois personnes prenaient place

d'ordinaire sur chaque divan ; appuyées sur le bras gauche, elles retiraient en arriére leurs pieds déchaussés. Le convive de droile avait la tête sur le sein de son voisin de gauche ; de la les paroles de Jean 43, 23. 21, 20.; c'était par conséquent la place de l'épouse préférée, ou de l'intime ami. La place d'honneur était au milieu. Les tables étaient basses. — La plupart de ces usages existent encore en Perse et a la table des rois orientaux. On buvait du vin pendant et après le repas, mais surtout après. Cne prière (Partions de grâces et des ablutions d'eau sur les mains terminaient non-seulement les festins, mais les repas ordinaires.

Les anciens Hébreux étaient aussi réservés dans le choix de leurs compagnies, que peu délicats sur le choix des aliments. Du temps de Joseph, ils ne mangeaient pas avec les Egyptiens, Gen. 43, 32.; du temps de Jésus, ils ne mangeaient pas avec les Samaritains, Jean 4.9., et, non contents de cette séparation religieuse et nationale, on les voit, parmi leurs propres concitoyens, dédaigner la table de leurs Inférieurs, "et blâmer le Seigneur qui mange avec des péagers et des gens de mauvaise vie, Matth. 9, 44! A l'égard des vivres, la quantité importait plus que la qualité, comme on le voit par le veau et l'énorme pain qu'Abraham sert aux trois anges, Gen. 48, 6. 7., et, en général, partout où une civilisation avancée né vient pas encore au secours de la sensualité ou de l'appétit. Les héros d'Homère rôtissent des bœufs et des porcs tout entiers; les soldats dans leurs bivouacs en foiil presque autant de nos jours, et, dans plusieurs contrées, les riches habitants des campagnes, agrestes dans leurs habitudes, font consister la splendeur de leurs repas dans l'ènormité des quartiers de viande.

Comme assaisonnement, les Hébreux employaient le sel, le beurre, l'huile, le miel, Vanis, le safran, le gingembre, el quelques autres herbes souvent nommées dans l'Ecriture, et qui servaient à des sauces; la plupart de nos épiées leur étaient inconnues. — La musique et les parfums accompagnaient ordinairement leurs repas de réjouissances, v. Festins.

Le sang, certaines graisses, et le muscle de la cuisse, étaient prohibés par la loi. Lév. 3, ainsi que la viande de certains animaux, LéT. 4 4, r. Animaux; et les Hébreux furent fidèles à observer cette] défense. Quelques rabbins avaient même défendu l'usage de la chair et du poisson dans le même repas; mais cette tradttjon a eu le sort que doivent avoir toutes les traditions humaines, et les Juifs de nos jours se sont mis au-dessus de ce règlement pharisaïque.

Des repas de deuil sont mentionnés Os. 9,4.

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