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repoussant comme indigne en elle-même l'idée de dieux imparfaits, mais justifiant celle d'esprits supérieurs à nous, et qui animent ce monde immense encore caché à nos regards; elle place leur création au-dessus de l'origine de notre présent monde, et en distingue de bons et de mauvais. Job 38, 7. Jean 8, 44. Gen. 3, 4. 1 Jean 5, 18. 2 Pierre 2,4. Jud. 6.
Les bons sont représentés comme plus élevés en intelligence, en force, en bonté, et par cela même en bonheur. Ils sont classés parmi les choses invisibles qui font aussi partie de la création. Col. 4, 46. Hébr. 4, 4 4. Luc 24, 39 (4 Cor. 45, 42-50). Matth. Î8, 3. Marc 4 6, 5. Luc 4. 11. 2, 9. 24, 23. Act. 1, 10. 6, 15. 42, 7. 2 Cor. 11, 14. Apoc. 1, 20. Es. 6, 4, etc. Leur désignation commune de messagers ne renferme ni attribution de divinité, ni droit à aucun culte ; ils sont comme les hommes, serviteurs dans le royaume et pour la loi, mais occupant un rang plus élevé. Ils sont appelés l'armée des cieux, Luc 2, 43.; gardiens, Dan. 4, 43. 14.; fils de Dieu, Job 1, 6.; élus, 4 Tim. 5, 21.; saints, Luc 9, 26. Dan. 4, 13. — Ils paraissent classés en catégories variées : les séraphins, Es. 6,2.6; les chérubins, Ez. 10,1. Leurs rôles sont assignés, Exod.32,34. Entln ils sont représentés comme ayant un corps, Jug. 13, 3., cf. v. 6. Leur armée est immense, et les divers noms qui leur sont donnés font supposer qu'il y a diversité de rangs parmi eux. Ps. 68, 17. Dan. 7, 10. Matth. 26, 53. Col. 1, 16. Apoc. 5, 2. (Car, même en admettant que ces noms soient le fruit d'une tradition babylonienne, ils sont consacrés dés qu'ils sont reçus par les écrivains inspirés, et par les anges eux-mêmes.) — L'Ecriture établit une grande liaison entre le monde invisible et le nôtre, liaison qui a été plus fréquente dans ses manifestations jusqu'à rétablissement complet de l'Eglise, et qui subsiste, quoique cachée, jusqu'à la fin, Héb. 1,14. Le passage Héb. 4 , 7. montre que toute* les forces de la nature peuvent être considérées comme des anges et des serviteurs; cf. Ex. 7, 17. (les plaies d'Egypte); 14, 21. 2 R. 2, 24. Matth. 8, 9. Jean 5, 4. Nous ne comprenons pas bien le mode d'action de ces puissances mystérieuses que la sc ience appelle des forces, ou des lois naturelles, mais plus tard sans doute , quand tout ce qui est caché sera mis en évidence, et que le règne de Dieu aura triomphé, bien des choses obscures s'expliqueront, les mystères de la nature et de Dieu seront dévoilés, et l'apparition des anges redeviendra un signe de communication libre entre les cieux et la terre, Matth, 13,41. 49. 16, 27. 24, 31. 2S, 31.1 Thess. 4, 16. 2 Thess. 1, 7.
Quant aux anges déchus, leur histoire est et sera toujours une énigme pour nous jusqu'au
jour où nous connaîtrons parfaitement. La possibilité de la chute finale d'êtres aussi excellents et aussi élevés, devait entrer dans le dessein primitif du Créateur, et nous lisons, Job 4,18: « Il met, ou il a mis de V imperfection dans ses anges. » C'est la vraie traduction du passage. La question de celte chute se lie, du reste, à celle de l'origine du mal dans le monde, et nous ne pouvons l'examiner ici. Il reste seulement que l'œuvre de Dieu étant harmonique, il n'a pu créer deux principes contraires et hostiles : les anges déchus, comme tels, n'appartienneul pas à la création ; leur existence tient à leur péché qui fut peut-être l'orgueil, et notre raison ne peut rien alléguer contre la possibilité d'une condition telle que ces anges en soient sortis par un usage plein, outré, poussé jusqu'à l'abus, de leur propre gloire ; comme parmi les hommes on voit celui qui est tombé chercher à entraîner les autres et, devenu séducteur, devenir ensuite persécuteur des bons qui résistent à son action funeste, on peut concevoir qu'une réaction semblable ait eu lieu chez ces grandeurs déchues et qu'elles cherchent maintenant à nous entraîner avec elles. Leur caractère est tracé dans ces paroles : « séduisant et étant séduits. »
Des apparitions d'anges dans le Nouveau Testament se lisent, Matth. 4 , 20. 21. 2, 4 3. 49. 4, 11. Luc 1, passim. 2, passira. 22, 43. 24. Act. 4, 40. 44. 5, 49, etc.
Dans une foule d'endroits de l'Ancien Testament, nous retrouvons l'action des anges; mais il est un de ces messagers célestes qui est appelé par excellence l'ange de l'Eternel, et même Jéhovah, l'Eternel, dans lequel il est impossible, malgré son refus de se nommer lorsque Jacob ou Manoah lui demande son nom, de ne pas voir le grand médiateur entre Dieu et les hommes, le Fils unique issu du Père, Dieu manifesté en chair. Gen. 16, 7-13. 22, 11.45-18- 31, 11-13. 32, 24-30. 48, 15. 16. Ex. 3,2-6. Jug. 2,1. 6, 11. 16. 21-24. 13, 16-22. r.Gaussen, Gédéon devant l'ange de l'Eternel.
ANIMAUX. La Bible appelle en général les animaux êtres vivants, et leur principe vital âme ou souffle de vie. Dans la description que Moïse nous donne de la création, Gen. 1 , 20-29., les animaux sont nommés dans l'ordre suivant : 1° petits animaux aquatiques, 2° oiseaux. 3° grands animaux aquatiques (poissons et amphibies), 4° quadrupèdes, 5° reptiles. Dans le 28e verset du même chapitre ils sont éoumérés et classés sommairement comme suit : 1° Posons de la mer, 2° oiseaux des cieux, 3° toute bêle qui se meut sur la terre. La même classification, dans un ordre peu différent, se retrouve 9, 2.; et, dans le récit du déluge, tous les animaux, à l'exception des aquatiques, sont
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compris dans les classes des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles, 6, 20. Les quadrupèdes eux-mêmes sont divisés en bèlail et hèles des champs, division naturelle qui sanctionne celle qui est généralement établie entre animaux domestiques et bêles sauvages. Lév. 41, 3. 26. 27., la distinction est faite entre quadrupèdes, 4° qui marchent sur des pattes, 2° qui ont l'ongle divisé, et 3° qui ont le pied fourchu; dans ces deux dernières classes, Moïse distingue encore les animaux qui ruminent et ceux qui ne ruminent pas. Les animaux qui vivent dans l'eau sont divisés en deux classes, ceux qui oui des nageoires et des écailles, comme les poissons, et ceux qui n'en ont pas. Parmi les reptiles, ce législateur distingue ceux qui ont à la fois des ailes el quatre pieds, de ceux qui n'ont point d'ailes et qui rampent ou marchent sur quatre pieds ou davantage encore. C'est sur ces divisions que se fonde la distinction en animaux purs et animaux impurs, c'est-à-dire et animaux que l'usage transmis par les patriarches, en la loi de Moïse, permettaient ou interdisaient de manger. Lév. 44.
Presque tous les animaux désignés comme purs, et quelques-uns de ceux qui sont déclarés impurs, nous sont connus ; mais jusqu'à nos jours les savants ne sont pas encore parvenus à déterminer exactement el avec certitude quels sont les autres animaux impurs nommés dans la loi de Moïse. 11 est évident, du reste, que cette distinction n'est pas arbitraire; elle existait déjà du temps de Noé, Gen. 7, 2. 8, 20., et date peut-être de la création même, ou plutôt de la chute. Cependant il ne faut pas croire que les animaux déclarés impurs fussent, pour cette seule raison, détestés, craints ou bannis du pays : leur chair seule était défendue, mais les Israélites s'en servaient pour d'autres usages. Ils possédaient des ânes, des chameaux, ainsi que plusieurs autres animaux de celte classe, et les estimaient pour leur utilité de tous les jours. Nous remarquons même que le lion et 1 aigle, qui étaient des animaux impurs, entraient dans la composition des chérubins. Ez. t* 40. Àpoc. 4, 7. Les Israélites éprouvaient cependant, à l'égard du plus grand nombre de ces animaux, la même aversion naturelle à lhomme, que nous ressemons également à leur vue, quoique ce ne soient plus des motifs religieux qui nous l'inspirent.
Le Lévitique, au chapitre cité, indique les marques auxquelles on pouvait reconnaître et distinguer les animaux purs des animaux impurs, el ces caractères extérieurs sont si simples et si appropriés au bul que se proposait le législateur, que les hommes les moins instruits du peuple pouvaient les reconnaître et les retenir;
nos savants même ont été forcés d'admirer la simplicité, l'exactitude et la justesse de ce système mosaïque. Mais le législateur se tait sur les raisons qui l'ont guidé dans la distinction qu'il a faite entre ces animaux: le Seigneur l'avait prescrite, et cela devait suffire. Cependant, comme Dieu a eu certainement, pour le faire, des raisons fondées sur la nature des objets en question, et sur les circonstances dans lesquelles les Juifs se trouvaient, on s'est donné beaucoup de peine pour découvrir ces motifs, el l'on croit les reconnaître dans les considérations suivantes :
4° Il est écrit, Lév. 20, 25. 26 : « Séparez la bêle nelle de la souillée, et ne rendez point abominables vos personnes, en mangeant des bêtes et des oiseaux immondes... ni rien de ce que je vous ai défendu comme une chose immonde; vous me serez donc saints, car je suis saint, moi l'Eternel, et je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi;» cf. Deut. 4, 2. 3. 20. La pureté spirituelle et morale à laquelle les Juifs étaient appelés, devait être exprimée et représentée par toutes leurs actions jusque dans celles de la vie ordinaire : l'extérieur devenait ainsi comme l'emblème et le signe de la vie intérieure, Lév. 44, 43. 44. En habituant les Juifs à distinguer entre ce qui est pur et ce qui ne l'est pas, et à ne servir leur Dieu qu'avec des objets purs, ils se pénétraient d'amour pour la purelé el d'horreur pour l'impureté, aussi bien pour les choses spirituelles que pour les objels matériels. Aucun des dieux innombrables des païens n'exigeait la purelé et la sainteté : bien souvent, au contraire, leur service consistait dans des rites et des sacrifices moralement et physiquement impurs, qui ne répondaient que trop bien aux attributs de ces divinités, tandis que chez les Juifs le service du Dieu saint était une éducation continuelle qui devait élever l'âme cl la remplir de senliments nobles, saints et purs; cf. Es. 65, 3. 4. 66, 47.
2° La distinction dont nous parlons était en outre le moyen le plus efficace de séparer le peuple de Dieu des nations environnâmes; elle empêchait toute communion religieuse, et par là tout rapport familier avec les païens ; car rien ne contribue tant à rendre les hommes intimes les uns avec les autres qu'une même religion, les mêmes cérémonies, et des festins en commun ; et la table des païens eût été un filet continuel tendu sous les pas des Hébreux; v. Ps. 69, 22. Cette distinction servait même à créer une certaine aversion mutuelle entre les Juifs et les païens, puisqu'elle faisait abhorrer aux uns ce qui, pour les autres, était un objet de vénération ou de jouissance, et obligeait les premiers à s'unir plus étroitement entre eux. Lorsque, par exemple, les lils de Jacob furent