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oublier l'amour diviq H le plongea dans l'idolâtrie
« Aimer Dieu, c'est le connaître, et la science religieuse est sœur de l'amour divin; dans l'histoire des religions, les mystiques donnent la main aux gnosti<|ues. Ainsi, Salomon pénètre plus avant que ne l'a fait aucun autre Israélite, dans les mystères divins, et Dieu lui accorde de nouvelles révélations qu'il nous a laissées par écrit. Ses regards d'aigle ont entrevu, comme à travers un voile épais, le Dieu un et triple, qui a laissé pénétrer dans son âme un rayon de sa gloire, Prov. 8. Les scènes énigmatiquesd'Eden ont occupé longtemps sa haute intelligence; il a reconnu que le péché ne vient pas de Dieu et qu'il ne régnera pas toujours dans le monde, Eccl. 3, 44. 7, 29., et l'expression figurée de l'arbre de vie lui est familière, Prov. 3, 48. 44, 30. 43, 42. 15, 4., tandis qu'elle ne se retrouve nulle part ailleurs dans l'A. T. et qu'elle ne reparaît que dans un écrit de saint Jean, l'Apocalypse. Salomon a saisi la vie spirituelle du fidèle comme un progrès lent et régulier, et il la compare tantôt a un chemin qu'on parcourt avec plus oq moins de rapidité, tantôt a la lumière du jour qui, pâle et faible d'abord, grandit et brille d'un éclat toujours plus vif et plus pur jusqu'à sa perfection, Prov. 4, 18. La nature même a été l'objet de ses méditations religieuses.
« Cependant la science des choses divines n'exclut point chez le fidèle celle de l'homme; saint Jean le prouve aussi bien que Salomou. Dans les écrits du premier, la communion habituelle de l'âme avec Dieu est inséparable d'une vie sainte et d'une charité active, et les bornons se divisent en deux classes uniques : les enfants de Dieu et les enfants du diable. Le second ne s'élève sans doute pas à une telle hauteur, mais il sait, poursuivre la sagesse dans se* applications les plus diverses, et ce qui nous a été conservé de ses trois mille sentences ou proverbes, atteste une profonde étude du cœur humain
u Poète de premier ordre, théologien mystique, moraliste ingénieux, savant naturaliste, habile homme d'Etat, même heureux guerrier, tel était Salomon, l'un de ces rares génies qui excellent dans les choses les plus diverses et embrassent toutes les sphères de l'activité humaine. »
SALUT, salutation o. politesse.
SAM vhik (garde, prison), en hébreu §chomrôn, en caldéen àchomraym. 1° Ville du centre de la Palestine, située sur le plateau d'une colline et entourée de montagnes plus élevées, 1 R. 16, 14., noble situation pour une ville royale : isolée, la colline de Samarie, haute, de 135 mètres environ, ressemble à ope citadelle
qu'entoure un large fossé ; escarpée, elle est
cepeodant pourvue d'eau , et dut sans doute, aux avantages de sa situation, l'honneur d'être choisie pour capitale d'Israël et de le rester malgré plusieurs changements de dynastie. Samarie, conservant le nom de Sémer son premier possesseur, fut bâtie par Homri roi d'Israël (vers 94 4 av. C.) qui, après avoir encore habité six ans dans la ville de Tirtsa, après que le palais en eut été brûlé, changea de résidence, et passa les six dernières années de sou règne a Samaiie, cf. 1 R. 16, 29. 10, 1. 43. Il, 4- M. 10. 37. Cette ville fut à diverses reprise* le siège principal du culte de Babal en Ephraïra, 4 R. 16, 31., cf. 2R. 10, 18. Jer. 23, 13. Comme capitale du royaume des dix tribus, elle est souvent opposée à Jérusalem dans les oracles des prophètes, Ex. 46, 46. Am. 6, 4. Micb. 4,4. Elle fut assiégée par les Syriens sous Acltab et sous Joram, et par les Assyriens sous la conduite de Salmanéser, dont le successeur Sargon la prit après un siège de trois ans, 4 R. fô, 2 R. 6, 7, 47 el 4 8 (724 on 722 av. C); eik fut dévastée, transportée en exil, puis peuplée comme les autres villes d'Israël par des colons étrangers, 2 R. 47, 24. Esd. 4, 40. Dans les temps qui suivirent l'exil, Samarie était encore une ville forte; Jean Hyrcan la prit après un blocus d un an, et la détruisit, 429 av. C. Son territoire, au temps d'Alexandre, appartenait encore aux Juifs : le général romain Gabinius releva la ville, Pompée la donna à la Syrie, el Gabinius acheva de la fortitier; l'empereur Auguste la donna à Hérode le Grand, qui l'embellit, y mit une garnison de vétérans, la fortifia encore, et lui donna en l'honneur de son maître le nom deSébasle (Augusta), qu'elle a conservé dans ses ruines sous la forme altérée deSubuste (fyaundrell, Buckingham, Keith). La prospérité naissante de Sichera (Néaiwlis) porta le dernier coup à l'existence de Sébasle qui ne lit que dépérir; on ne trouve plus sur remplacement de l'ancienne capitale des dix tribu* qu'un petit village tout a fait insignifiant, auquel Clarke et d'au(res voyageurs refusent même l'honneur d'occuper la place de l'ancienne Samarie, qu'ils croient être à quelques lieues de là, à Santorri ou Sanhùr, où l'on voit encore les vieux château. — Les prophéties plies, et lorsque tant d'autres villes conservent encore quelque chose d'imposant dans leurs ruines, Samarie n'est plus qu'un monceau de pierres dans les champ». Mien. 1 , 6. ; ses ruine? mêmes ont été démolies daus l'intérêt de l'agriculture, ses pierres ont été précipitées dans la vallée el entourent le tronc des oliviers; ses fondements ont été découverts, el les débris d'une église grecque s'élèvent sur les fondement* ruinés et découverts d'un des monuments
de l'ancienne Samarie. — Une vieille tradition fort incertaine, portant que Jean-Baptiste a été décapité (!) ou du moins enterré à Samarie, il va sans dire qu'on lui a fait un tombeau et une église ; vingt et une marches conduisent le voyageur dans le caveau qui contient cinq niches funéraires.
2° Comme capitale du pays, Samarie donna bientôt son nom ù la contrée qui l'environnait ; on dit : les montagnes et les villes de Samarie, avant de penser à faire de Saniaric le nom de la contrée, et les prophètes, considérant la capitale comme le représentant de l'idolâtrie qui avait envahi Israël, contribuèrent pour leur part a étendre le nom de Samarie au pays tout entier, I B. 43, 33. 3 R. 47, 26. 33, 19. Jér. 34, 5. Ez. 46, 54. 23, 4. Os. 7, 4. 8, 5. Ain. 3, 9. Mîcb. 4 , 5. L'expression : champs de Samarie, ou territoire de Samarie, se présente pour la première fois A lui. 49., comme désignant d'une manière positive et claire, le pays sous le nom de sa capitale; plus tard cet usage gagna naturellement du terrain, d'autant plus qu'il n'y avait pas d'autre nom convenable pour désigner cette contrée, les anciens noms ayant perdu leur valeur, ou ne rappelant plus que de tristes souvenirs. C'est dans les apocryphes, 4 Macc. 40, 30. 41, 38., que le nom de Samarie commence à être employé pour désigner le pays habité par les Samaritains, en opposition à la Judée et a la Galilée; ce pays intermédiaire qui s'étendait de la mer au Jourdain et qui était l'un des plus riches de la Palestine, fut constitué en province par les rois de Syrie, et comprenait le territoire d'Ephraïm, celui de Manassé occidental et la partie sud-est d'issacar; ses villes principales étaient Samarie, Siçbem, Sunera, Ephraïm, Timnatli-Sérah, Silo, etc. Césarée, qui appartenait au territoire de Samarie, était cependant une résidence des gouverneurs de la Judée, v. Josepbe, G. des Juifs 3, 3. 4. Le nom de cette province apparaît fréquemment dans le N. T. Jésus la visita, et l'Evangile y fut annoncé par Philippe, Luc 47, 44. Jean 4, 4. Act. 4, 8. 8, 4. 9, 34. 45, 3.
SAMARITAINS. Nom sous lequel furent généralement désignés, après l'exil, les habitants du centre de la Palestine, de la Samarie, soit qu'ils fussent entièrement d'origine païenne, comme le pense Hengstenberg, soit qu'ils descendissent, par des mariages mixtes, des colons assyriens transplantés de Cuth, de Hava, de Hamath, etc., sur le sol d'Israël, et des misérables Juifs que Salmanèser avait lassés dans le pays, ne jugeant pas qu'il valût la peine de les transporter, 2R. 47, 34-29. Cette dernière manière de voir est de beaucoup la plus probable : en tout cas ceoendant. et uuels aue fussent leurs rapports de consanguinité avec les Juifs, les
Samaritains furent païens dès le principe, et le
restèrent longtemps ; l'historien sacré pense si peu à en faire des Juifs, ou même des demi-Juifs au point de vue religieux, qu'il insiste sur la nature et h spécialité des dieux qu'ils adoraient, distinguant leurs dieux les uns des autres : Jébovah, qu'ils adorèrent aussi, ne fut pour eux qu'un dieu de plus, le dieu du pays, qui pouvait les protéger contre les lions, et ils n'eurent garde de lui manquer, mais voila tout; on leur avait envoyé d'Assyrie un prêtre d'Israël pour leur enseigner la religion ; ils en acceptèrent le sabbat, la circoueision, les cérémonies de la loi, les cinq livres de Moïse avec une variante, et l'attente du Messie; ils rejetèrent les livres des prophètes, et refusèrent de reconnaître Jérusalem comme centre obligé du culte. Lorsque les Juifs revinrent de la captivité, les Samaritains leur offrirent de rebâtir le temple, la ville et les murs de Jérusalem, de concert avec eux; mais Zorobabcl et Jésuah, se souvenant que Dieu n'aime pas les cœurs partagés, rejetèrent leur demande; irrités et blessés de ce refus, ils s'opposèrent dès lors, de toutes leurs forces, à la construction du nouveau temple, et réussirent, par leurs intrigues et leurs calomnies, à faire interrompre les travaux jusqu'en la deuxième année de Darius llystape, 520 av. C, Esd. 4, Neh. 4. Néliéinie sut briser les obstacles qu'ils accumulèrent sur sa route. Mais ces luttes eurent pour résultat d'aigrir toujours plus l'une contre l'autre deux populations qui n'avaient déjà pas trop de raisons pour se voir d'un bon o'il, et l'irritation finit par une scission complète, politique et religieuse. Les Samaritains «-levèrent sur le mont Guérizim, près deSn hem. un temple rival de celui de Jérusalem, et y établirent leur culte. Manassé, frère du souverain sacrificateur Jaddxus,ayantépousé la tille de Samballat, le gouverneur persan q. v., se retira dans la Samarie avec un grand nombre de Juifs qui avaient comme lui, épousé des femmes païennes au mépris de la loi de Moïse, et qui refusaient de s'en séparer ; ils y bâtirent leur temple, et Manassé en devint le premier prêtre-, c'est peut-être de lui qu'il est question Néb. 43, 38., quoique, son nom ne soit pas indiqué. Ors lors la haine nationale s'accrut au point qu'il n'y eut plus, entre les Juifs et les Samaritains, aucune communication, Ecclésiastiq. 50, 26. 37. Une malédiction prononcée publiquement a Jérusalem contre ces derniers, interdit aux Juifs toute relation avec eux, déclara aussi impures que la chair du porc toutes les productions de leur pays (nam, quicumque comedil buccellam samaritanam, est ai: si eomedat carnem, poreinam), et four refusa même le droit dont jouissaient tous les autres peuples païens, d'embrasser, en qualité de prosélytes,
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la religion judaïque, v. Jean 4, 9. 27. Le nom de Samaritain devint, parmi les Juifs, une injure, 8, 48., et l'on voit des Samaritains refuser de recevoir Jésus, parce qu'il se rendait à Jérusalem pour y faire la pâque, Luc 9, 52-56. Notre Seigneur, par ses actes, a protesté contre ces haines nationales, quelque justiGées qu'elles pussent paraître, et, non-seulement il a accepté l'hospitalité que lui offrirent des Samaritains dont la foi le reconnaissait pour le Sauveur du monde, Jean 4, 40. 42., mais il avait auparavant envoyé chez eux ses disciples pour acheter des vivres, v. 8. — Sous Alexandre, les Sama ritains, avec Sichem, leur capitale, furent sujets macédoniens; à sa mort, ils partagèrent le sort du reste de la Palestine, mais esquivèrent, sous Anliochus Epiphancs, les mauvais traitements de la domination syrienne, en déclarant qu'ils n'avaient rien de commun avec le judaïsme, et en consacrant leur temple à Jupiter Hellénius. Plus tard, le roi juif Jean Hyrcan s'empara de la Samarie, prit Sichem, détruisit le temple qui subsistait depuis deux siècles, et finit par démolir la ville même de Samarie, qui n'était du reste plus habitée que par des Grecs et des Syriens. Sous le roi juif Alexandre, la Samarie fut de nouveau le théâtre de la guerre : elle retomba au pouvoir des Juifs jusqu'au moment où Pompée vint rétablir l'indépendance des Samaritains. Cette période romaine ne fut pas plus favorable à l'une qu'à l'autre des deux nationalités; la Samarie devint une province du royaume d'Hérode, qui en rétablit la capitale, et la peupla de soldats. Pendant les dix années suivantes, elle appartint a Archélaos, puis fut donnée à la Syrie. Sujets immédiats de Rome, les Samaritains eurent quelquefois l'occasion d'éprouver la dureté de leurs chefs provinciaux ; mais il faut avouer aussi qu'ils surent la mériter. Claude ne fit des Juifs et des Samaritains qu'un lot, qu'il adjugea à Hérode Agrippa, que Caligula avait déjà établi roi sur le nord de la Palestine. Ces rapports ne durèrent que peu d'années, et la Samarie, séparée de la Judée, fut associée dans son histoire aux autres provinces romaines de l'Asie antérieure.
Depuis la destruction du temple des Samaritains, la montagne de Guérizim, sur laquelle ils l'avaient bâti, continua d'être pour eux un lieu saint, le centre de leur culte, bien qu'ils possédassent, en d'autres endroits, des maisons de prières : ils avaient généralement abandonné le culte des faux dieux, ils adoraient l'Etemel, mais ils ne le connaissaient pas. Comme les Juifs, ils attendaient le Messie, et Jésus a trouvé parmi eux beaucoup de personnes bien disposées, Jean 4, Luc 17, 11-20. On pourrait presque conclure de quelques-uns de ces passages, v
moins forte chez eux que chez les Juifs, et que les intolérantes mesures de ces derniers continuaient seules à maintenir entre les deux peuples une barrière que les Samaritains auraient aimé à voir tomber. La principale erreur tbéologique que les Juifs leur reprochaient, c'était le rejet de tous les livres canoniques de l'A. T., à Pexception de la loi. Les Samaritains ne recevaient, en effet, que le Pentateuque; ils rejetaient tout le reste, et surtout, ce que les pharisiens ne pouvaient leur pardonner, ils rejetaient les traditions rabbiniques. En tout cas, ils s'attachaient avec conscience à l'observation de ce qu'ils connaissaient de la loi divine, et ce qu'ils y ajoutèrent quelquefois ne peut être considéré que comme une interprétation spirituelle des passages de leur livre. Ils furent les premiers, après les Juifs, à recevoir l'Evangile, et l'on reconnaît en eux, à l'époque de Jésus, un peuple qui, dans le sentiment de sa misère, éprouvant le besoin d'un réparateur, cherche le remède à ses maux auprès des magiciens et des faux prophètes, avant que de le trouver auprès de Celui qui est la vraie puissance de Dieu, Act. 8. et 9.
Les Samaritains prirent les armes avec les Juifs contre Vespasien. Sous Justinien, ils persécutèrent les chrétiens de la manière la plus cruelle. Plus tard, ils furent dispersés dans plusieurs villes de la Palestine. De nos jours, ils sont fort peu nombreux ; leur secte compte environ cent cinquante adhérents à Sichem, et quelques familles à Jaffa, qui se distinguent par une vie paisible et exemplaire. Ils observent la loi mosaïque plus fidèlement même que les Juifs, célèbrent annuellement le sacrifice de la pâque dans leur temple ou sur le mont Guérizim, et ont un souverain pontife qui descend, à ce qu'ils assurent, de Manassé. Leur physionomie n'est pas juive. Autour d'eux, des maiiométans sont établis comme maîtres du territoire; protèges par leurs montagnes escarpées et leurs étroits défilés, vivant dans des bourgs situés comme des forteresses sur le sommet des collines, ils sont plus à l'abri des incursions des Arabes que les habitants d'aucune autre partie de la Palestine, et ils jouissent, ainsi que les Druses et les Maronites dans les hautes vallées du Liban, d'une grande liberté politique. Ces peuplades se distinguent par leur amour de l'indépendance, sont toujours armées dans les campagnes, n'obéissent qu'à la force, et sont constamment prêtes à se révolter contre les pachas. Sichem, en particulier, forme, avec une centaine de villages voisins, un petit Etat qui est gouverné par ses propres chefs, et qui peut mettre sur pied une armée de 6,000 hommes. Leur riante et fertile contrée est trois fois plus peuplée que la Judée; elle possède 900 habitants par
surtout Luc 10, 33., que la naine nationale était | tant que le Liban. Enfin, les
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aussi intolérants que l'étaient leurs prédécesseurs au temps de Jésus- Christ, et ils ne souf frent pas aisément des Juifs et des chrétiens parmi eux (Braera, trad. Rougemont). On trouve dans presque toutes les relations de voyages en Palestine d'intéressants détails sur la Sa marie et ses habitants ; la visite de MM. Keith, Eonar, etc., à la synagogue de Sichera, et quelques détails sur le Pentateuque samaritain qui leur fut montré, et qu'on leur dit avoir été écrit, il y a 3,600 ans, par Abisuah, fils de Phinées, méritent particulièrement d'être lus. La langue dans laquelle est écrit ce vieux monument de leur foi est un dialecte qui tient le milieu entre l'hébreu et l'araméen, et qui trahit, par la présence de mois assyriens que les grammairiens désignent sous le nom de culhéens, une origine moins ancienne que celle qu'on se plaît à leur assigner. Ce Pentateuque, quelle que soit son antiquité, ne saurait être plus ancien que les Samaritains eux-mêmes, et remonte tout au plus au retour de l'exil.
SAMBALLAT (ronce cachée), Néh. 2, 4. 6, 43; païen moabite, natif d'Horonajim, un des chefs des colonies samaritaines. Il s'est fait conuailre des Juifs par tout le mal qu'il a cherché a leur faire sans y réussir, et par le courage qu'il a eu de contracter une alliance de famille avec ceux qu'il avait essayé de persécuter. Il a joué, sous Néhémie, le même rôle que fiéhum sous Zorobabel. Il a voulu s'opposer à la reconstruction des murailles de Jérusalem; menaces, ruses, diplomatie, tentative de meurtre sur la personne de Néhémie, rodomontades, conseils, levée de troupes, il a tout essayé, mais il a toujours échoué contre la sagesse, la fermeté, la prudence, et la vigilance du prophètegouverneur. Pour en finir, il donna sa lille en mariage à un petit-fils du grand prêtre Eliasib, ne doutant pas qu'une union aussi mal assortie ne causât de la peine à son triomphant ennemi. La ressemblance du nom, et quelques détails de son histoire, ont fait croire que ce Samballai était le même qui, d'après Josèphe, obtint d'Alexandre le droit de faire bâtir un temple pour les Samaritains ; il n'y a qu'une objection contre cette identité de personne, mais elle est sérieuse : c'est qu'il est peu probable que l'ennemi de Néhémie ait vécu jusqu'aux jours d'Alexandre le Grand. On peut croire cependant aussi que Josèphe, qui, dans toute cette histoire, confond Darius Noibus avec Darius Codoman, a fait un anachronisme de près de cent ans, et qu'il place un siècle trop bas un événement qui eut lieu en effet vers la lin de l'administration de Néhémie.
SAMGAR, Jug. 3, 34. 5, 6. (date incertaine), troisième juge d'Israël, n'exerça probablement son ministère que dans la partie occidentale et
méridionale du pays ; il n'est connu que par le seul fait qu'il tua ou défit 600 Philistins avec un aiguillon à bœufs. Débora rappelle 1 état déplorable du pays au temps où Samgar se leva.
SAMMA, un des trois plus illustres guerriers de David, partagea la gloire et les dangers de Jasobham et d'Eléazar, 2 Sam . 23, 4 4 . , cf. 4 Chr. 44, 44. sq.
SAMOS, Ile de la mer Egée qui porte, près de là, le nom de mer Icarienne; elle est séparée par un canal étroit de Pryène, de Mycale, et de Pan-Ionium, non loin des eûtes de l'ionie, à 40 stades du cap Trogyle. Elle est célèbre comme patrie de Junon, qui y avait un temple magnifique. Pylhagore y naquit 608 av. C, et y mourut à Tige de quatre-vingt-dix-huit ans. Elle avait porté anciennement le nom de Parlbénie, et s'appelle aujourd'hui Sussam -Adassi. L'air y est sain et le sol fertile ; les figuiers, les pommiers, et la vigne même, selon Athénée, y portent des fruits deux fois par an, mais le raisin n'y est pas aussi bon que celui des iles voisines, de Cbios, par exemple. La terre y est excellente pour la poterie, et l'on attribue aux Samiens l'invention de ces sortes d'ouvrages : la Vulgate a inséré le nom de Samos dans le passage Es. 45,9., à propos d'argile et de pots de terre, liberté de traduction qui s'explique par la réputation de celte île en cette matière, et peut-être aussi par le nom même de l'Ile, qui signifie sablonneuse. Il parait que la prédication de l'Evangile n'avait pas été vaine à Samos ; saint Paul y ayant passé dans un de ses voyages, s'arrêta à Trogyle, Act. 20, 45.
SAMOTHRACE, Act. 46, 4 4 ., île de la mer Egée, située au nord de Leronos, vis-à-vis de l'embouchure du fleuve Lissus, a porté d'abord le nom de Lcucosia, puis celui de Samos; la proximité de la Thracc a fait joindre le nom de ce pays à son nom d'Ile, et maintenant elle s'appelle encore Samotraki, ou selon d'autres Samandrachi. Elle avait une ville du même nom, avec un temple oU l'on célébrait en l'honneur des dieux Cabires des mystères aussi fameux que ceux d'Eleusis : le temple de ces divinités, probablement un reste de la religion des Pélasges, était un asile sacré et inviolable, et l'on avait pour elles un si grand respect que de les nommer passait pour un crime. — Cette Ile ne compte plus aujourd'hui qu'uu seul village, et fort peu d'habitants. C'est la patrie d'Arislarque.
SAMSON, Israélite, de la tribu de Dan, et juge d'Israël pendant vingt ans (4 482-4463), Jug. 43 à 4 6, apparaît dans l'histoire comme un homme à part. Sa naissance miraculeuse est presque la moindre des merveilles de sa vie. Nazarien, et béni de Dieu, il fut la providence des tribus méridionales, qu'il protégea par divers exploits
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contre les brigandages des Philistins ; mais elles lui surent si peu gré d'être l'ennemi de leurs ennemis, qu'elles essayèrent une fois de le livrer entre leurs mains. Vif et bouillant de caractère, emporté, mais gai, ironique, presque bouffon, il se fait un jeu des travaux les plus gigantesques, et dépense parfois ses forces en pure perte, pour étonner plutôt que pour nuire, avec ironie et malice. C'est presque toujours â l'fmproviste, d'une manière Inattendue qu'il apparat!, et ses vengeances particulières servent souvent la vengeance nationale. Sans armes il tue un lion, et n'en tire d'autre profit que de proposer une énigme a ses amis de noce, et de manger le miel que les abeilles ont déposé dans la carcasse. Trompé au jeu, Il tue trente Philistins pour avoir les trente robes de rechange qu'il doit payer. Trompé par son beau-|tère, qui donne sa femme à un autre, il prend trois cents chacals qu'il attache deux â deux avec un flambeau entre les deux queues, les lâche au milieu des blés et de* plantations des Philistins et détruit en un jour les récoltes de Tannée Livré aux Philistins par les hommes de Juda qui trouvent qu'il les défend trop bien (fidèle image de ces protestants relâchés qui marchent plutôt contre leurs conducteurs avec leurs ennemis, que contre leurs ennemis avec leurs conduc leurs), il se laisse conduire par 3,000 hommes jusqu'en présence de l'ennemi; les cordes neuves qui l'enchaînent tombent alors de ses bras, et d'une mâchoire d'âne il abat mille Philistins qui ne s'y attendaient pas; il célèbre sa victoire par ses chants, majs il oublie que sa force lui vient de Dieu : Dieu doit lui rappeler sa faiblesse; et lui rend la vie en faisant jaillir à ses pieds une source merveilleuse. Enfermé à Gaza, il n'essaye point de. fuir en cachette; il sort par la porte de la ville, qu'il enlève en passant et qu'il va placer, â quelque distance de là, sur une colline qui se trouve sur la roule d'Hébron. Il plaisante Délila sur sa curiosité, mais linil par céder â la persistance de ses intrigues féminines; il lui livre son secret, il est nazarien, et la marque de sou nazaréat, son énorme chevelure, tombe sous les ciseaux philistins : â son réveil, sentant sa léte dégarnie, il sent qu'il n'est plus nazarien, il comprend que Dieu s'est retiré de lui, et il va faire dans la prison de Gaza de sérieuses réflexions sur sa coupable et malheureuse légèreté. Mais pendant que ses ennemis s'affaiblissent par leur orgueil, 11 se forlllie par son humiliation : privé de la vue et tournant la meule, il senl flotter de nouveau sur ses épaules le sjmbole du nazaréat; la paix est rentrée dans son cœur et avec elle le sentiment de sa force. Les Philistins, en un jour de féle, le foui venir pour se réjouir de sa honte; ils dauscnl, mais ils ne savent pas que c'est sur un
volcan ; Samson aveugle les amuse, mais quel jeu ! Ses bras puissants saisissent les piliers sur lesquels la maison est appuyée, et trois mille Philistins périssent ensevelis avec lui sous les décombres de ce vaste bâtiment. Sa mort fut pour ses ennemis un coup fa:al qui les affaibli! considérablement, et permit a sa famille de venir sans crainte réclamer son corps; Il fut enseveli dans le sépulcre de son père, entre Estaol et Tsorab.
De nombreuses difficultés sont I résoudre dans cette vie ; de nombreuses réflexions se pressent dans l'esprit lorsqu'on la lit avec sérieux, et en se rappelant que Samson fut un juge choisi de Dieu ; on a vu ailleurs la solution de quelques difficultés, la réponse à quelques questions, p. Lèbi, Nazarien, Manoah, Lion, Abeille, etc. Nous résumerons ce qui reste adiré sur ce sujet.
1° Samson, dont le nom signifie petit soleil, était le type du soleil de justice : il n'a pas été le libérateur d'Israël, il n'a fait que préparer, commencer sa délivrance et sa restauration, que Samuel au point de vue juif, Jésus-Christ au point de vue chrétien, ont achevée » ntférement.
î° Comment a-t-il pu, malgré son vœu de nazaréat. s'approcher du cadavre du lion, et manger le miel qu'il y a trouvé? On peut répondre de deux manières. 11 est presque sùr, d'abord, que ce cadavre n'était plus un cadavre, mais un squelette désinfecté; autrement les abeilles n'y seraient pas venues; or un squelette ne pouvait pas le rendre impur. Puis, il faut le dire, et plusieurs délailsde la vie du héros nous y autorisent, Samson n'y regardait pas de très près, et après avoir avalé le chameau il avait du moins la droiture et le bon esprit de ne pas couler le moucheron.
3° Le mariage de Samson avec une Philistine, ses désordres à Gaza, ses relations illicites avec Déîlla, sont une preuve évidente des passious voluptueuses du juge d'Israël, et pèsent sur lui beaucoup plus que le contact du lion décharné. Il est impossible de l'absoudre, car Dieu luimême l'a condamné; des tromperies, la prison, le supplice, la mort ont élé la suite de son péché, et il a pu comprendre que les pieds de la femme débauchée conduisent à la mort, Proy. &, 5. 7, 27. Mais nous ne devons pas non plus nous montrer plus sévères que Dieu même; Samson, comme notre Seigneur, a été seul â fouler au .ressoir; seul pendant toute sa carrière, sans secours, sans sympathie chez ses compatriotes, isolé comme un prophète, combattant pour la vérité, mais abandonné de ceux qui l'auraient dû défendre, il a souffert en son âme de son isolement, et ses faiblesses s'expliquent sans l'excuser. Si Dieu ne lui a jamais fait défaut, c'est que le Juge d'Israël n'a Jamais manqué ;
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l'homme a péri, le Juge a triomphé. La foi de Samson brille en Quelque sorte d'un éclat d'autant plus vif que ses fautes comme individu ont été plus grandes, et si l'Apôtre le compte au nombre des héros de la foi, Hébr. M, 31., ce n'est bien sûrement pas a cause de ses fautes, mais parce que malgré ses fautes il n'a jamais désespéré des promesses et de la fidélité divines. La fol du chrétien, c'est de croire que Dieu est toujours fidèle, alors même que nous cessons de l'être.
4° La chute si prompte et si complète du temple dè Dagon, occasionnée par le seul ébranlement de deux piliers, peut à juste titre causer une surprise mêlée de doute, lorsqu'on se représente ce bâtiment construit dans les conditions ordinaires de l'architecture moderne. Mais Il est facile de se représenter une construction et une architecture différente : le voyageur Shaw raconte qu'il a vu, à Alger et ailleurs, des maisons et même de grands édifices construits de telle sorte que le tont croulait si les colonnes du centre étaient enlevées; l'architecte Christophe Wren a décrit la manière dont une pareille construction pouvait se faire, et Pline mentionne un théâtre immense construit à Rome par Curion, partisan de César, et dont toute la solidité dépendait de t elle d'une simple
5° Les cheveux de Samson ne faisaient pas sa force; ils en étaient l'emblème naturel, car la force de l'homme est presque toujours accompagnée d'un grand développement chevelu ; ils en étaient en outre le sceau divin, car ils étaient le signe de son nazaréat, le symbole de la mission dont il était revêtu, et de l'assistance que Dieu devait lui prêter : en perdant ses cheveux, Samson n'a perdu ses forces que parce qu'il sentait qu'il avait mérité d'être abandonné de Dieu; il n'avait plus de foi en Dieu, ni peutêtre de fol en lui-même, et l'on sait que la foi en soi-même double et triple les forces.
6° Il est dit, â plusieurs reprises, que l'Esprit de Dieu fui sur Samson quand il s'apprêtait a faire le mal, ou que ses inclinations vicieuses venaient de l'Eternel : la réponse à cette difficulté est du ressort de la dogmatique ; disons seulement que si l'Etemel dirige le cœur de l'homme comme des ruisseaux d'eau, il ne lui enlève point sa liberté. L'homme, esclave naturel du péché, suivait les désirs de la chair, et Dieu le laissait faire, sachant qu'il tirerait le bien du mal.
7» La force miraculeuse du fils de Manoah, a été regardée par plusieurs comme une force fabuleuse, et peu s'en faut qu'ils n'aient fait de Samson un être imaginaire, un héros fantastique, un mythe, comme on dit de nos jours. De ce que presque toutes les nations ont con-
servé le souvenir d'un homme aux exploits prddigieux, on a failli conclure qu'il n'y a jamais eu de Samson, ou tout au moins, et c'est alors une critique ei une exégèse a part (oh pourrait dire rétroactive), que le Samson des Juges a été emprunté â l'Ovide des Romains, aux traditions grecques Sur Hercule, ou au Râma des indiens. Lé lion de Némée, en effet, la biche de Diane, le taureau crétois , la défaite de l'armée d'Ergine par Hercule et sa massue, la naissance miraculeuse d'Hercule, Hercule aux pieds d'Ouiptiale, le trotohiâle Mllon, les exploits de Thésée qui charge sur ses épaules un taureau vivant et le porte â Athènes, l'histoire du roi NisUs de Mègare qui perd ses forces avec les boucles rouges de son éclatante chevelure, la source d'Aganippe qui jaillit soiis les pieds de Pégase, les énigmes que Rama propose â ses amis de noce, 14 source miraculeuse qui jaillit a ses côtés pour apaiser son ardente soif, les renards sauvages qti'bh avait l'habitude de tacher â Rome, au milieu du théâtre, avec des brandons attachés â la queue pour célébrer la fête d'Hercule, tous ces détails, et d'autres encore que nous racontant les anciens poètes, rappellent â divers titres l'histoire de Sarasoti, et quant àux usages dont Ovide dit qu'il n'en connaît pas l'origine, il aurait pu la trouver dails lés livres sacrés des Hébreux. SI I '00 veut nier absolument la possibilité des faits, â la bonne heure; c'est un système, et Vàtke a pu démontrer comme quoi Samson n'avait jamais existé, comme qudi Samson est une allégorie, un type du soleil, comme Napoléon. Mais si l'on admet la possibilité de la chose, qu'on en laisse au moins, avec l'histoire, l'initiative au peuple hébreu ; qu'on reconnaisse que ce oc sont pas les plus anciens qui ont emprunté leurs traditions aux plus modernes, les Juifs aux Romains, les Juges â Dlodore de Sicile.
SAMUEL, fils d'Anne et d'EIkana, 4 Sam. M 6, et Î5. Il était Lévite, 4 Chr. 6, Î8., et sa famille habitait Rama dans la montagne d'Ephrairh. Fils d'une mère pieuse, il fut nommé Samuel, c'est â-dire exaucé de Dieu, parce qu'il fut accordé aux prières de l'épouse stérile d'EIkana, et sa vie fut consacrée â l'Etemel dès ses plus Jeunes années. Nazarien par le vœu de sa mère, Il fut élevé â Silo par les soins du grand-prêtre Héli, qui l'initia â ses futures fonctions de prophète et de juge, mais Dieu veilla mieux encore que les hommes â son éducation prophétique, et le jeune homme apparut comme prophète et comme juge devant le pontife dont Dieu lui avait révélé les faiblesses et le châtiment. Bientôt il se mit publiquement â la tête du peuple, et conserva pendant toute sa vie des fonctions dont ii ne déposa entre les mains de ses indignes fils que la partie exté-