‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 333 sur 398 · SA · texte numérisé non relu

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rieure, formelle, et matérielle; le crédit, l'autorité, il la conserva jusqu'à la fin, même sous le régime de la royaulé. Son lieu de naissance, Rama, fut aussi le lieu dont il fil son domicile ordinaire; cependant d'autres villes, Guilgal, Mitspa, Bélbel, choisies peut-être moins à cause de leur posilion que parce qu'elles avaient été précédemment des lieux de culte et d'adoration, furent des centres réguliers d'activité pour Samuel, qui chaque année s'y rendait pour réunir le peuple, l'exhorter, ou exercer la justice.

Son influence sur les affaires publiques et sur l'état et la reconstitution d'Israël fut immense; il renversa l'idolâtrie, réveilla, par ses actes comme par ses paroles, la crainte de l'Eternel, ranima l'esprit national, apaisa les rivalilés de tribus, établit conformément au vœu populaire la royauté, qu'il renferma, par une charte réciproquement jurée, dans des limites destinées a garantir l'indépendance et la liberté de la nation contre les excès possibles du pouvoir; il appuya le roi par ses conseils fondés sur la sagesse, la modération, la justice et l'esprit théocralique, qui devait présider à tous les actes du peuple juif; il pourvut à ce que la nation fût heureuse après sa mort, et sacra roi David, qui, plus tard, devait mieux que Saûl justifier la confiance dont on l'avait jugé digne; il dirigea des écoles de prophètes et organisa cette institution, autant du moins qu'un ordre reposant sur l'inspiration divine peut être organisé par la main des hommes, et les prophètes furent dès lors un contre poids donné aux empiétements de la royaulé, comme au besoin une protestation vivante contre le relâchement et l'infidélité du sacerdoce régulier. Le sacre de David fut eu quelque sorte le dernier acte politique de Samuel, qui mourut en paix dans un âge fort avancé, et fui pleuré de tout Israël, 4 Sam. 25. 1 .

Le gouvernement de Samuel (1403-409*) apparaîldans l'histoire des Hébreux comme un moment de calme entre deux orages, entre la judicature du faible Héli et le règne de l'infidèle Saul ; il reçoit l'héritage vermoulu d'un pontife sans force, et il n'a pas eu le lemps d'en réparer les brèches qu'il doit déjà le transmettre à un roi sans obéissance, dont il ne peut prévenir les fautes; il accepte la conduite d'un peuple négligé par son prédécesseur et dévoué d'avance â son successeur, et pourtant il se charge avec joie de la lâche qui lui est confiée, et se consacre à une œuvre dont il sait qu'il ne recueillera pas les fruits.

Samuel doit être placé auprès de Moïse, Jèr. 4 5, 4. Ps. 99, 6., et de David; ces trois hommes sont les astres les plus brillants du ciel historique des Israélites ; les miracles et les exploits de Moïse, de même que les guerres de David et la majesté de son trône,

entourent peut-être ces deux derniers d'une plus belle auréole, mais l'influence de Samuel el son activité, pour n'avoir été que d'une nature religieuse, normale, civile, n'en a pas moins été puissante en Israël. Moïse avait donné les préceptes de la loi, Samuel les fit péuétrer dans la vie du peuple. Moïse avait donné les formes, Samuel donna l'esprit, sans lequel la forme conduit à la superstition ; David comprit l'un et l'autre, et fut â la fois législateur et prophète d'Israël, vrai roi théocratique et bien-aimé de Dieu. C'est â Samuel que les Hébreux doivent d'avoir été constitués en nation, d'avoir été élevés au rang de nation civilisée; car on ne saurait donner ce nom au tribus telles qu'elles existaieut avant lui sons les juges. Avec Samuel, le peuple commence i se reconnaître, â avoir la conscience de luimême, et les tribus s'unissent pour ne former qu'un seul corps ; l'isolement politique des diverses parties du pays disparaît. La loi divine, comme nous avons eu souvent l'occasion de le voir, n'avait pas encore pénétré les esprits; Samuel fait ce qu'il peut pour les nationaliser, si l'on peut s'exprimer ainsi, et ses efforts sont couronnés; des écoles de prophètes sont établies, el leurs élèves deviennent pour le corps social el ecclésiastique de la nation ce que sont pour le corps humain les nerfs qui conduisent les esprits vitaux. Pendant l'espace de sept siècles, il en sort une succession non interrompue de prophètes jusqu'à Malachie, el saint Pierre voit en Samuel le chef de ce divin ministère, Act. 3, il.

Il commença sa carrière dans le temps de U plus grande décadence, et Ton ne peut savoir ce que le peuple serait devenu sans lui. Les Philistins étaient les maîtres de ta plus grande partie du pays; les Hébreux, décourages, étaient dans un profond abaissement; le sort de Samson prouvait que la régénération d'Israël ne pouvait être opérée par un homme semblable aux autres juges, mais qu'on avait besoin d'un remède plus général, plus profond, plus intérieur, el que la restauration nationale devait être basée sur une réformation religieuse. C'est qu'aussi la religion même semblait ne plus se trouver nulle part en Israël. Le mal, comme une gangrène, avait envahi jusqu'au sanctuaire; la parole de l'Etemel était rare en ces jours-là, el il n'y avait point d'apparition, ni de vision ; Héli sans doute reconnaissait encore la voix de Dieu, mais ses fils faisaieul mépriser le culte du Seigneur, qui déjà ne consistait plus que dans le matériel de quelques cérémonies. La mort du pontife, la défaite des Israélites, la perle de l'arche, furent le comble du malheur, el c'est aussi de ce moment que date la renaissance; l'activité de Samuel com-

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menée dès lors à se déployer et à s'accroitre, tranquille niais profonde, lenle mais toujours égale. Une seule victoire lui suffit pour humilier les Philistins pendant toute sa vie.

Ses voyages, ses visitrs dans toutes les parlies du pays, les soins qu'il donnait avec tant de zèle au peuple qu'il voulait relever, amenèrent enfin Israël à un certain degré, de prospérité nationale et de développement intellectuel et religieux; mais Samuel était âgé, ses fils ne suivaient pas ses voies, et Ton s'en servit comme prétexte pour demander un roi. Il est vi ai que les craintes des Israélites n'étaient pas sans fondement ; on pouvait prévoir qu'après la mort de Samuel les Philistins reprendraient courage, et que les trihus réunies par sa puissante autorité, se dissoudraient ou se désuniraient de nouveau lorsque les unes ou les autres auraient été attaquées par l'ennemi. Il était nécessaire de prendre des mesures pour éviter que tous les avantages obtenus par Samuel ne fussent perdus en peu de temps. Mais il ne fallait pas pour cela un roi « comme en ont les autres nations; » on n'avait quà s'attacher sincèrement à la constitution tbéocralique donnée par Moïse, dans laquelle la sagesse de son auteur avait assez eu égard à l'union des forces nationales et à leur facile concentration sans l'intervention de la royauté. L'organisation nationale, qui jusqu'alors avait été patriarcale, devait être remplacée par une organisation plus civilisée; mais celui qui s'était manifesté d'abord comme Père suprême, pouvait également, pour une nation plus avancée dans son développement, se manifester comme seul et vrai roi. Les Hébreux montrèrent donc dans celte occasion combien peu ils étaient pénétrés de l'esprit de la révélation divine; ils voulaient un roi en dépit de la volonté et de la miséricorde célestes, qui leur avaient donné un esprit directeur et organisateur, se manifestant dans le sanctuaire de son tabernacle. Samuel dut céder à leur obstination : Dieu leur donnait un roi dans sa colère, Os. 43, H.

Maintenant que le vœu du peuple est exaucé; maintenant que, selon ses désirs, une royauté politique a remplacé la royauté Ihèocratique, nous verrons si des jours plus heureux se lèveront pour cette pauvre nation tourmentée depuis des siècles. Dieu continuera d'en être le vrai souverain, le pays sera toujours le royaume de l'Eternel, t Chr. 28, 5.; la révolution s est faite avec la permission divine, et c'est le grand Samuel qui a sacré lis deux premiers rois de la jeune monarchie. Celui qui se manifestait par les prophètes, les pontifes ou les juges, se manifestera toujours, mais par l'intermédiaire des • ; la théocratie subsistera toujours, mais > une autre forme dont le peuple s'est prorais

des avantages merveilleux; l'histoire montrera si celte nouvelle forme sera favorable à la nation, si la prospérité sera plus grande, la piété plus sincère. Dieu est toujours le même, il ne s'est pas opposé au changement voulu par les Israélites; il a même promis de les bénir s'ils sont lidèles, il ne leur demande pas autre chose ; de beaux jours peuvent commencer. Si l'histoire du royaume est moins glorieuse, moins heureuse que l'histoire ancienne d'Israël, ce n'est point parce que c'est un royaume, c'est parce que le cœur s'est corrompu, parce que Dieu a été oublié.

1° La vie de Samuel a été une crise perpétuelle depuis les malheurs de la maison d'Héli, jusqu'à la chute de la maison de Saûl. En politique, la royauté se substituait a la république aristocratique; en religion, l'arche était déposée chez Abinadab. le tabernacle était tour à tour à Silo, à Nob.à Gabaon; Ahimélec était souverain sacrificateur, et Samuel offrait le sacrifice, sacrait deux rois, jugeait le pays, opposait le propbétisme au sacerdoce, et méritait d'être nommé à côté de Moïse et d'Aaron , Ps. 99, 6. La splendeur du culte auquel il présidait, mais d'une manière extra-légale, est rappelée î Chr. 35, 18.

2° Accusé d'égoïsme par bien des commentateurs, Samuel se lave de ce reproche par ses actes. On a voulu voir dans les objections qu'il fait à l'établissement de la royauté, dans son opposition à Saûl, dans l'élection de David, autant de preuves d'égoïsme, d'amour-propre et de recherche de soi-même. Mais si l'on se rappelle le temps où il a vécu; si l'on tient compte, des circonstances extraordinaires qu'il a traversées et qui nécessitaient des mesures extraordinaires; si l'on réfléchit que les tribus, divisées entre elles, n'étaient unies par aucun lien commun, et que leurs dissensions maintenaient le pays dans un état de continuelle agitation; si l'on oppose le courage tranquille, l'esprit de sagesse et de courageuse persévérance, les grandes vues, et la fermeté d'exécution des plans de Samuel , à la fougue brutale et à l'orgueilleux arbitraire de la conduite de Saûl ; si l'on réfléchit combien la déchéance de Saûl et son remplacement par David ont été merveilleusement justifiés par leurs conséquences; si l'on reconnaît enfin que Samuel n'avait rien a gagner à l'élection de David qui ne devait monter sur le trône qu'après sa mort, et qu'il compromettait au contraire la paix de ses vieux jours par cet acte solennel d'opposition, on se fera une idée de ce que vaut le reproche fait à Samuel d'avoir été dur, barbare, arbitraire, égoïste, intéressé, on comprendra ce que valent les jugements du rationalisme extrême dont l'Allemagne n'a plus seule aujour-

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d'hui le monopole. Le peuple, et c'est beaucoup dire, rendit à Samuel un tout autre témoignage, 4 Sam. 1Î, 3., et ce peuple avait connu le joug de Samuel ; il jugeait on connaissance de cause.

3° Samuel est le même depuis sa naissance jusqu'à sa mort ; il semble qu'au milieu de tous les changements dont i! est témoin, seul il ne change pas; calme et tranquille, ferme, prudent, il se montre un homme de foi jusque dans les plus» petits détails de sa conduite; il annonce les oracles de Dieu, mais il ne fait rien pour en procurer l'accomplissement; il communique à Héli les menaces divines, mais il ne change rien a ses rapports avec son vieux maître; il rejette Saul devant les anciens du peuple, mais il évite de l'humilier; il oint David pour succéder a Saùl, mais il se relire en sa ville, laissant i Dieu le soin de faire triompher le jeune berger; actif pour ce qu'il doit faire, passif pour le reste, il se montre sans fraude et réalise le type du chrétien. Les luttes politiques ne l'intéressent pas; il défend la république pied à pied ; lorsqu'elle est renversée, il soutient la monarchie dont il sacre le premier roi ; il passe de Saul à David, se bornant à constater ce changement de dynastie, celte révolution, et ne reconnaît de légitime que le roi tbéocralique, obéissant et hdèle. La forme du gouvernement lui importe peu, il les sert tous, mais il les veut tous soumis au Roi des rois, le maître de tous. C'est le principe évangélique, Rom. 4 3, 4.

4»» Sur l'évocation de l'ombre de Samuel, v. Pythonisse.

5° On lui attribue la composition des livres de Rulb, Juges, et 4 Sam. 4-6 , ou 1-43, p. les différents articles.

6° Son nom est encore rappelé par Jérémie, saint Pierre et saint Paul qui le citent à l'égal de Moïse, le placent parmi les plus grands hommes d'Israël et caractérisent par son nom toute une époque, Jér. 45, 4 . Act. 3, 24. 43, 20. Hébr. 44, 3î.

Livre* de Samuel. Les deux livres connus sous le nom du juge-prophète n'en formaient qu'un dans le canon juif; ce sont les Septante qui les partagèrent en deux parties; la Vulgale suivit cet exemple, qui fut depuis, à cause de la division plus commode en chapitres et versels, adopté même pour nos versions hébraïques, mais seulement depuis fiomberg. Les Septante appelèrent ces livres premier et second livre des Rois; la Vulgate latine imita son original grec, mais le nom primitif, le nom par lequel les Hehreux désignaient ce livre, est celui de Samuel, non qu'il se rapporte à l'auteur, ou qu'il caractérise tout le contenu du livre et qu'il en épuise la matière, mais parce

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qu'il commençait par l'histoire de Samuel, M

que Samuel en était le principal personnage celui dont le rôle était le plus important; cf. 4 Chr. 29, 29. — Les livres de Samuel reprennent l'histoire là oh celui des Juges s'arrête, et la poursuivent jusqu'au point où ceux des Rois la continuent. Diverses sources ont eie consultées pour la composition de ces livres, des recueils de poésies, des ouvrages prophétiques, et les annales du royaume. Le changement du nom d'Isboseib , la double origine du proverbe : Saul aussi est-il entre les prophètes, 40, 4-12. et 19, 20-24; la note 48, 40. 41. qui ne se concilie pas avec ce qui suit, ei qui semble la répétition transposée de 4 9, 9. 40., certaines obscurités dans l'histoire de Goliath, d'autres encore, font penser que plusieurs auteurs ont travaillé à la rédaction du premier livre de Samuel. Selon Grégoire le Grand, Theodoret et Procope, Samuel aurait compote lui-même les vingt-cinq chapitres qui raconteut sa vie, mais les éloges nombreux qui lui sont donnés ne seraient guère bien placés dans ta bouche ou sous sa plume. Quant à ceux qui attribuent à pavid la composition des chapitres suivants, Isidore, etc., la formule fréquemment employée « jusqu'à ce jour, • 4 Sam. 6,5., etc., semble s'opposer a leur opinion, dans les passages surtout où certains actes de David sont racontés comme ayant laissé un long souvenir qui ne pouvait évidemment pas s'éteindre de son vivant, 4 Sam. 27, 6. 30, 14. 25. Il semble qu'en faisant allusion aux livres de Samuel, le passage 4 Chr. 29, 29. doive nous mettre sur la voie, et l'on ne risquera pas beaucoup de se tromper en admettant que Samuel a écrit les choses qui se sont passées sous Héli et sous son propre gouvernement, que Gad et Nathan ont écrit celles qui ont eu lieu dans les règnes de Saùl et de David, et qu'un homme pieux et inspiré, Jérémie ou Esdras, en travaillant « conserver les souvenirs de l'histoire d'Israël, a rédigé, mis en ordre, peut-être complété et annoté les ouvrages des prophètes, historiens des temps passés. Bien que trois biographies forment le fond des deux livres de Samuel , il e»l aisé de voir que ce n'est pas dans uo iatérèl biographique qu'ils ont clé composés : les noms de Samuel, de Saul et de David appartiennent à l'histoire tbéocratique; leur prospérité et leurs revers renferment des enseignements publics qui ne se comprennent qu au point de vue tbéocratique. Dieu est le roi- David commet de plus grandes fautes a nos yeux que Saùl, et il en est puni par de grands malheurs (concatenata infortunia, dit très bien Heidegger), mais ces malheurs sont individuels comme sa faute : Saùl perd son trône , que son péché est un acte de rébellion >

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son Roi, contre Dieu. Saul a péché comme roi, el c'est comme te) qu'il est puni ; David pècbe comme homme, et n'est puni qu'en cette qualité. Les livres de Samuel ne sont bien compris que si l'on se rappelle la royauté de Celui qui est le maître de toutes choses, el qui avait spécialement voulu être le maître d'Israël. Ils sont riches rn détails, et leur lecture offre à tous les esprits l'intérêt le plus grand ot le plus soutenu.

SANCHÉRIB (épine de destruction), 2 R. 48, 43.2 Clir. 32, 1. Es. 36,4., etc., roi d'Assyrie, Dis et successeur de Sargon. Voulant se venger d'Ezéchias qui refusait de payer le tribut annuel, il marcha contre le royaume de Juda dans la quatorzième année dq règne d'Ezéchias (744 ou 74 S av. C); une forte contribution de guerre qui lui est payée à condition qu'il retirera ses troupes, ne fait qu'encourager son humeur conquérante el faciliter ses succès; il met le siège devant Jérusalem, ne voulant pas sans doute laisser entre les mains d'un vassal peu sùr une place de guerre aussi importante sur le chemin de l'Egypte, car Tirbaca, roi d'Egypte, venait à sa rencontre. Les sommations qu'il fait adresser à Ezécbias restent sans effet, les prières du roi de Juda sont exaucées, les oracles d'Esaïe s'accomplissent, un pouvoir surnaturel détruit en une seule nuit l'armée des assiégeants; 485,000 hommes succombent, et le général, sans armée, se bâte de regagner Ninive sa capitale; deux de ses fils l'assassinent aux pieds des autels, et le troisième, Esar- Haddon, monte sur le trône a sa place. On trouve dans les prophètes diverses allusions et prédictions relatives aux luttes victorieuses de Sancbérib contre l'Egypte, mais ces guerres ne sont pas racontées, Es. 40, 24. tO, 4. 30, 34., etc. Nab. 3, 8. — La destruction de l'armée de Sancbérib est un fait miraculeux qu'une causa tout à fait naturelle a pu produire, le vent empoisonné du désert, la peste dont l'armée avait peut-être apporté le germe d'Egypte ou de son contact avec une armée égyptienne, une tempête peut-être elles coups de la foudre; aucun détail ne permet de décider cette question; l'ange de l'Eternel avait passé, il ne laissait plus derrière lui qu'une armée de corps morts; cette délivrance extraordiuatre venait sauver Juda après que le royaume d'Israël avait succombé, ne laissant que des débris a la place de ses villes; c'était un dernier avertissement que Dieu donnait à ce royaume endurci, lui rappelant par un même prodige son amour, sa puissance, et sa sévérité.

L'histoire profane contient différentes mentions de Sanchérib : au dire d'Hérodote, il aurait attaqué l'Egypte près de Pelusium, au temps du roi Séthos, prêtre de Vulcain; mais il aurait

été repoussé. Cet événement, qui aurait eu lieu vers l'an 748 av. C, et qui aurait été précédé déjà, ou suivi, par un autre échec, l'abandon du siège de Tyr, aurait engagé Sanchérib à laver sa honte dans une victoire remportée sur le faible royaume de Juda; selon d'autres, une partie de son armée aurait envahi l'Egypte pendant que le reste assiégeait Jérusalem. Il y a, du reste, d'autres difficultés chronologiques dans l'histoire de Sanchérib, comme dans toute celle des rois d'Assyrie; r. Ninive.

SANG. v. Chair, et Sacrifices. — Perle de sang, v. Hèmorroîsse.

SANGLIER, v. Porc.

SANGSUE. Le mot hébreu baloukah, qui ne se trouve que Prov. 30, 45., a été rendu par les Septante, la Vulgale et nos versions, par sangsue, d'après l'analogie de la racine arabe, qui signifie se pendre à, et dont les dérivés consacrent et rendent probable la traduction adoptée. Comme il ne s'agit dans le passage cité que d'un terme de comparaison, et que le mot ne se trouve qu'une seule fois dans l'Ecriture, l'imagination a pu se donner libre carrière pour la détermination de ce mot; les uns y ont vu le vampire avec tout le prestige que lui prête la fabuleuse poésie de l'Orienl ; d'autres y ont vu la goule si célèbre des coules arabes; d'autres y ont vu autre chose encore, mais toujours un être aussi insatiable que la cupidité dont il est l'emblème, un être dont les deux filles, l'avarice et l'ambition, ne se rassasient jamais, et disent toujours : apporte, apporte ; en hébreu, hab% hab, onomatopée bien digne de la chose. Bochart croit qu'il s'agit ici du Destin, dont les deux filles, la Mort et l'Enfer, ne disent jamais : c'est assez! Il suffit que l'on comprenne l'image employée par le philosophe-prophète, et ces différentes explications peuvent être choisies, ou même cumulées.

SANHÉDRIN. C'était, vers letemps de Jésus, le tribunal suprême des Juifs, celui qui jugeait en dernier ressort. Il siégeait à Jérusalem, et se composait de soixante et onze membres, sacrificateurs ou anciens, pharisiens, sadducéens, scribes, qui se réunissaient sur la convocation et sous la direction d'un président, lequel pouvait être, el était ordinairement, le souverain sacrificateur. Un vice-président et deux ou trois secrétaires complétaient le bureau du tribunal, Matth. Î6, 57. Marc 45, 4. Luc 22, 4. Acl. 5, 24. 27. 34. 23, 6. A la droite du président (hannasi, le prince), siégeait le vice-président ; à sa gauche, selon quelques auteurs, siégeait un membre du conseil qui portait le nom de sage par excellence, etVitringa pense que c'est à celle fonction que notre Seigneur fait allusion lorsqu'il appelle Nicodème un maitre en Israël, magister; mais rien ne confirme ou ne justifie cette

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tradition. On peut en dire autant des soixantedix langues que chaque membre du sanhédrin était, dit-on, obligé de comprendre (Gem. Sanhedr.); celte vaste science se réduisait évidemment a des proportions plus humaines, et doit s'entendre soit, en général, de connaissances solides et étendues, soit surtout de l'intelligence du texte sacré (Hartmann). Dans des cas pressants, le conseil s'assemblait dans la maison de son président, Malth. 26, 3.; mais, hors de là, il se réunissait journellement dans une salle des sessions, située aux alentours du temple, du côté du midi. Plus tard, dans les quarante années qui précédèrent la chute de Jérusalem, il se réunit à Hanolh, dans certaines demeures (labernse) situées, selon les rabbins, sur la montagne du temple en descendant ; de là, il descendit plus bas encore dans la ville de Jérusalem, et, s'éloignant toujours plus du temple, il se fixa à Jérico, puis à Usa, puis ailleurs, et enttn à Tibéri.ide, où il demeura jusqu'à son entière extinction.

Ce tribunal décidait seul des questious de droit qui pouvaient s'élever entre tribus; les rois, les grands-prêt res, les faux prophètes, les cas de guerre volontaire et de blasphème, appartenaient également à la connaissance de ce tribunal, et de lui seul. Les accusé* et les témoins étaient entendus, et, suivant les cas, le sanhédrin prononçait, soit l'une des quatre peines capitales, le feu, la corde, la décapitation et la lapidation, soit la peine du fouet, Matin. 26, 60. Act. 4, 7. 5, 40. 6, 4 3. Jésus comparut devant ce tribunal comme faux prophète et faux Messie; Pierre, comme thaumaturge, s'atlribuant des forces divines; Jean, comme faux prophète et séducteur du peuple ; Etie nne, comme blasphémateur ; Paul , comme enseignant de fausses doctrines, Jean 1 4 , 47. Act. 4, 8., etc. Le droit d'arrestation était naturellement dans les attributions de ce conseil, et l'on voit par Act. 9, 2- qu'il s'étendait au delà des limites de la Palestine. Relativement à l'exercice de la jus lice criminelle, on a trouvé dans Jean 18, 3t. le texte de nombreuses difficultés ; malgré la précision des termes, portant que les Juifs (le sanhédrin) n'avaient pas le droit d'appliquer la peine de mort, plusieurs interprètes ont contesté ce fait, et n'y ont voulu voir qu'une échappatoire des Juifs pour se soustraire à la responsabilité du crime qu'ils voulaient pouvoir rejeter sur Pilaie. Le passage Matth. tu, 47. ne prouve rien dans celle question , ni pour, ni contre, et, quant à la condamnation d'Etienne, elle porte les caractères d'une vengeance populaire plutôt que ceux d'un jugement régulier. La tradition rabbinique est unanime à dire que, quarante ans avant la destruction de Jérusalem, le sanhédrin avait été dépouillé par les procura

leurs du droit de vie et de mort, el Josèpht

(Ant., 20, 9, 4.) raconte que lors de Pexeculion de Jacques le Juste, quelques-uns drs meilleurs membres de ce corps accusèrent le souverain pontife Anne auprès do procurateur Alhiiins, comme ayant outrepassé ses pouvoirs el sa compétence, en prononçant la peioe de mort. Ajoutons que si les paroles Jean 4*. 34 . n'ont pas le sens qu'on leur donne ordinairement, elles n'en ont aucun; que si elles expriment une idée fausse, on ne comprend pas que ceux qui les ont prononcées aient osé k faire, el enlin que le silence de Pilate, en présence de cette réponse des Juifs, serait inexplicable si les Juifs avaient avancé un fait fam. lorsqu'il avait lui-même le plus grand intérêt » se débarrasser d'une affaire qui engageait sa responsabilité sans lui rapporter ni profit m honneur. Il faut donc admettre que, «lu leinj» de notre Seigneur, le sanhédrin était dépouiik du droit de prononcer une condamnation a mort, quoique les causes qui pouvaient la provoquer fussent encore de son ressort, et qu'il fût charge de l'instruction du procès pour les délits ou les crimes ecclésiastiques qui devaient être jogés d'après les principes de la loi mosaïque. Au reste, le. grand sanhédrin n'était pas seulement une cour de justice, mais encore le pouvoir suprême en matière de législation el d'administration ecclésiastique ; il fixait le commencement des nouvelles lunes, et veillait, d'une manièn générale, à tout ce qui concernait les besoins et l'exercice du culte.

Les Tatmudistes font remonter l'origine du grand sanhédrin à Moïse, qui, dans le voyage du désert, Nomb. 44, 46., nomma un courge de soixante-dix anciens chargés de le secondi-r dans l'administration de la justice, et dans l'application des règlements de la police juive ; il s prétendent qu'Esdras, après le retour de l'exil, pourvut à la réorganisation de celte assemblée. Mais il est probable que les fonctions de c<i collège cessèrent avec l'entrée des Israélites en Canaan ; il n'en est plus reparlé dans les saints livres, el l'on ne comprend pas, en effet, quel rôle il eût joué sous les juges et sous les rois, qui avaient un état civil bien organisé, des juges, des préfets, etc. La tradition rabbinique no vient sans doute, comme tant d'autres, que du désir de donner a une institution nationale k lustre d'une haute antiquité. C'est au temps d'Antipaler et d'Hérode que se rapporte la première mention qui est faite du sanhédrin, Josèphe, Ant., 44, 9, 4.; il était cependant plus ancien, et l'on doit convenir que le collège des anciens de Moïse a pu fréquemment être pris pour modèle d'une institution de ce genre ; car, avant l'exil déjà , le roi Josapbat avait établi à Jérusalem un tribunal supérieur de soixante-dix

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