‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 334 sur 398 · SAP · texte numérisé non relu

SAP

juges, composé de prêtres et de lévites, 2 Chr. 4 9, 8. Les livres desMaccabées (2 Macc. 1,40. 4, 44. 3 Macc. 4, 8.) l'appellent le sénat (la vieillesse), et le font remonter aux temps de la domination sélcucide, peut-être avec raison ; mais il n'est guère probable que les anciens mentionnés 1 Macc. 7, 33. 12, 35. 13, 36. aient

à la vie du roi. — Fils d'un père inconnu, Saphan est devenu le chef d'une famille illustre qui sous les derniers rois a su résister au torrent de la corruption, et seconder le ministère de Jérémie; son lils Ahikam, et son petit fils Guédalia sont souvent « ités avec le nom de leur père, Jér. 39, 14., etc. C'est peut-être le même

eu, comme le pensent quelques-uns, aucun rap- Saphan qui fut père d'Elhasa, Jér. 29, 3., et port avec le sanhédrin.

2° De plus petits collèges du même nom, de petits sanhédrins de vingt-trois membres, doivent, d'après Sanhedr. 1,6., avoir été établis dans toutes les villes de la Judée qui comptaient plus de cent vingt habitants (ou familles?), pour juger tous les cas de blessures, d'homicides, etc. ; il y en avait deux a Jérusalem même. Toutefois Josèphe n'en parle pas, non plus que du tribunal des trois, qui était chargé de s'occuper des petites causes, de régler les affaires d'argent, de statuer sur les dommages causés, etc. Il parle plutôt d'un tribunal de sept membres, dont deux au moins de la tribu de Lévi, établi dans les villes de province, et auquel il serait fait allusion Matlh. 5, 22. 10, 17. Marc 43, 9. 44, 55., elc. Ces petits sanhédrins ne pouvaient prononcer au delà de quarante coups de fouet.

SANOAH (oubli, abandon). Deux villes de la tribu de Juria, situées l'une dans la plaine, Jos. 4 5, 34. , l'autre dans les montagnes, 1 5, îiG. C'est de la première sans doute qu'il est parlé, Néb. 41, 30., cf. 3, 4 3. Eusèbe et Jérôme ne s'accordent pas sur son emplacement.

SANSANNA, ville de la partie méridionale de la tribu de Juda, Jos. 45, 31.

SAPI1, géant de la race de Rapha,tué à Guéser par Sibbécaï de Huza, 2 Sam. 21, 18. Il est nommé Sippaï 1 Chr. 20, 4. C'est peut-être par une erreur de copiste qu'on lit Gob au lieu de Guéser dans le premier passage; v. Gob.

SAPHAN. 4° Fils d'Alsalia, et secrétaire de Josias; occupé a recueillir les fonds offerts pour les réparations du temple , il reçut d'Hilkija l'exemplaire original de la loi de Moïse, retrouvé contre toute attente ; il le porta au roi et lui en lut ces fragments qui produisirent sur le monarque une si profonde, impression : il dut se rendre alors avec son fds et le souverain sacrificateur auprès de la prophétesse Hulda, qui conOrma les menaces de la loi à l'égard des transgresseurs, rendit à Josias un témoignage de droiture et de justice, et lui annonça une lin tranquille, v. Hilkija, elc. On ne peut déterminer quel est le morceau que Saphan lut au roi : quelques-uns ont pensé à Deut. 28, 15., etc., mais c'est un jeu d'esprit que de faire de pareilles recherches ; Saphan a lu peut-être a rouleau ouvert, et dans tous les cas, s'il a choisi, il a dù faire un autre choix que celui qu'on lui prête et qui ne convenait pas du tout au caractère et

de Guémaria, Jér. 30, 12.; ce dernier, dans ce cas, serait frète d'Abikam.

2° Le saphan, ou shaphan, est un animal nommé par Moïse à côté du lièvre et du chameau, Lév. 11, 5. Deut. 14, 7., et déclaré impur, quoiqu'il rumine, parce qu'il n'a pas l'ongle fendu : on y a vu tour à tour le lapin, la marmotte, et la gerboise; mais il parait plutôt que c'est un habitant spécial des déserts de l'Idumée, nommé oueber par les indigènes, retrouvé, décrit, et dessiné par L. de Laborde, une espèce de gros rat, moins gros que l'écureuil, de couleur grisâtre, avec les pieds de devant et la queue du rat ; il a les jambes de derrière plus longues que celles de devant; il rumine, il aime la demeure des rochers, et marche par troupes, caractères qui conviennent au saphan de l'Ecriture, cf. Prov. 30, 26. Ps. 40i, 48.

SAPHIR, pierre précieuse qui porte le même nom en hébreu, Ex. 24, 40. 28, 48. 39, 14. Ez. 28, 43. D'un bleu céleste et d'un bel azur, cf. Ez. 4, 26., le saphir est dans les prophètes la couleur du trône de Dieu ; il est transparent, et plus dur que le rubis. Les anciens paraissent avoir aussi appelé de ce nom la substance d« lapis-lazuli, également bleue, mais opaque, tour nanl sur le bleu foncé ou le violet, et semé de taches d'un jaune d'or, Pline 37, 39.; mais comme cette pierre n'est pas assez précieuse pour avoir mérité d'être nommée Job 28, 6. 16., et que d'ailleurs elle ne se travaille pas bien, ce qui ne concorderait pas avec Ex. 28., il est probable que c'est du véritable saphir qu'il est question dans ces passages, quoique la version perse l'ait traduit une fois par iazurad, lapis-lazuli.

SAPHIRA (belle), Act. 5, 4., femme d'Ananias, et sa complice dans le mensonge par lequel ils ont tenté le Saint-Esprit. Interrogée à part, elle répondit comme son mari, et fut frappée comme lui d'une mort subite; une même tombe recueillit à quelques heures de distance les deux coupables, bien dignes de mourir ensemble. Ce serait aller plus loin que l'Ecriture, si l'on affirmait qu'ils sont morts réprouvés de Dieu ; un grand exemple devait être donné à l'Eglise naissante, et ce malheureux couple l'a donné ; peut-êt re que rachetés de Dieu, ils n'ont été frappés de mort subite pour leur dernier péché qu'afin de servir d'enseignement à l'Eglise.

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Leur déplorable choie n'était peut-être qu'une chute, grave sans doute, mais qui n'eût pan exclu le repentir, et leur prompt châtiment ne prouve pas qu'ils soient morts dans l'impénitence finale; autrement il faudrait dire que tout chrétien qui est surpris par la mort dans l'accomplissement d'un acte coupable, perd par là même le bénéfice de la grâce divine. ». Ananias.

SAPIN. C'est par ce mot que nos versions françaises et allemandes, à l'exemple de la Vulgale, ont traduit l'hébreu b'rûsh, Es. 4 4, 8. 37, 24. 55, 43. 60, 43. Cant. 1, 46. Zaeh. 44, 2. Ez. 27, 5. Nah. 2, 3. 2 Sam. 6, 6. 4 R. 5. 8. 6, 45. 34. Os. 44, 8., etc. Celte traduction, possible en elle-même, puisqu'on connaît en Palestine plusieurs espèces de pins et de sapins, l'abies cilicica, te pinus pinea, est cependant contredite par le rôle même que cet arbre et son bois jouent dans les passages cités ; nous la remplaçons, avec la plupart des auteurs modernes (Gesenius, Rosenmuller, etc.), par cyprès, q. v. D'autres ont pensé au pin, mais les objections restent les mêmes.

SARA ou Sarai, femme d'Abraham, mère d'isaac. Gen. 4 4, 29. 12, 5. sq., était probablement fille de Taré t omme son mari, mais d'une autre mère, Gen. 20, 42., quoique un grand nombre de commentateurs, Josèphe, Jérôme, Augustin, Kitto, Zeller, Pidenliflent avec Jisca, fille de Haran, petite-fille de Taré, et nièce d'Abraham, 44, 29. Elle naquit en Caldée, suivit son mari d'abord à Caran, puis en Palestine et en Egypte, où Dieu la délivra une première fois des dangers auxquels sa beauté et la faiblesse d'Abraham l'avaient exposée. Privée d'enfants et sans espérance d'en avoir, elle donna sa servante Agar pour concubine à son mari, ne se doutant pas de tous les maux dont cette concession aux usages d'alors serait la source : elle fut mère en effet par Agar, mais celte maternité usurpée porta des fruits amers ; Agar méprisa sa maîtresse, qui se vengea d'autant mieux qu'Abraham consentit à sa vengeance. Dieu, cependant, se rappelait les promesses qu'il avait faites à son serviteur, et n'oubliait pas Sara, dont le premier nom Saraï signifiait noblesse, et dont le second signifie princesse, changement qui indiquait sans doute que, noble par l'alliance du grand Abraham, elle s'élèverait â un rang plus haut encore en donnant une postérité au Père des croyants. Ces promesses furent répétées avec plus de précision lors de la visite des anges au patriarche, et Sara qui les entendit fixer l'époque de la naissance de son fils ne put pas réprimer un sourire dans un premier moment d'incrédulité : ce sourire fut le nom de son fils et dut lui rappeler à la fois sa joie et ton manque de foi. Pour éviter un même dan-

ger, elle commit à Guérar le même péché de ruse et de mensonge qu'elle avait commis Egypte, et l'intervention divine put seule la préserver de ses lerribles conséquences. Enfin les promesses se réalisèrent à son égard ; elle donna le jour à un fils, et le nourrit elle-même, 24,7. Mais les épouses rivales furent aussi des mères jalouses, et comme les mères, les enfants shaïrent, Gai. 4, 29.; Sara demanda le renvoi «fc» sa servante et de son fils, et le patriarche, cédant à un ordre de Dieu, dut y consentir: îî fournit aux exilés les vivres nécessaires à lenr voyage, et adoucit sans doute par de riches présenis la dureté d'une séparation qui loi était imposée par une volonté qui n'était pas la sienne : confiant dans les promesses divine*. 46, 10. 17, 26. 21, 13., il abandonna son fils entre les mains de celui qui devait valoir mieux pourlui que sa marâtre. Sara ignora sans docte le projet du sacrifice d'isaac, qui peut-être même n'eut lieu qu'après sa mort; les précinlions et le silence du patriarche prouvent assez que dans cette circonstance le combat ne fat connu que de Dieu seul et de lui. Sara mourut à nébron, âgée de cent vingt-sept ans, de dix ans plus jeune que son mari, cf. 47, 17. et fut ensevelie dans la caverne de Macpéla, 23, 1. 49, 34 . — Relie jusque dans l'âge le plus avancé. Sara montre plutôt des instincts que du caractère : simple et soumise, elle aime son mari, et obéit à ses ordres les plus étranges, sans seulement paraître les avoir discutés; sa docilité est rappelée avec éloge 1 Pierre 3, 6.; saini Paul loue sa foi, Oébr. 4 1, 41. Son nom se retrouve encore Es. 51, 2. Rom. 4, 19. 9, 9.

Origène et Chrysostome blâment Abraham ei Sara de leur conduite envers Pharaon et Abimélec ; le patriarche a exposé sa femme à l'adultère, et celle-ci y a consenti. Augustin fait au contraire l'apologie d'Abraham, en disant: 1° Qu'il n'a pas menti en disant que Sara était sa sœur, et qu'il s'est borné â taire une vérité qu'il n'était pas obligé de découvrir. 2° Qu'il était exposé à la mort et au déshonneur de sa femme, s'il parlait, et qu'il ne pouvait éviter ni l'un ni l'antre; qu'en se taisant, Il avait aa moins la chance d'éviter la mort. 3° Qu'il laissait à Dieu le soin de conserver l'honneur <k Sara, et qu'il agissait en cela par la foi. t° Que dans la pire supposition, l'adultère ayant été involontaire, il aurait été sans crime et sans ifrfamie. Mais on a beau expliquer, et invoqner peut-être les mœurs brutales de cette époqne, ce double épisode forme une double tache dans l'histoire d'Abraham et de Sara, et c'est se tacher soi-même que de l'excuser. I.e Père des croyants a manqué de foi là même où l'honneur seul aurait pu lui en tenir lieu.

SARDES (prince de Joie, ou résidu), ancienne

SAR

SAR

capitale de la Lydie, splendide résidence de ses rois, située au pied septentrional du mont Tmolus, à 30 lieues sud-est de Pergame, dans une plaine délicieuse et fertile arrosée par le Pactole. Elle fut prise par Cyrus, sous Crésus, vers 545 av. C; plus tard, au temps d'Antiochus. elle passa sous la domination romaine, mais elle ne tarda pas à décliner. Vn tremblement de terre la détruisit sous Tibère, mais les empereurs la firent rebâtir, et elle conserva sa grandeur et sa dignité jusqu'à sa prise par Tamcrlan, vers 1402. Ce n'est plus maintenant qu'un pauvre petit village nommé Sart, où l'on distingue les ruines de deux anciennes églises, qui sont peutêtre les restes des édifices dans lesquels se réunissaient ces chrétiens qui avaient le bruit de vivre, mais qui étaient morts. — Les habitants de Sardes étaient fort méprisés à cause de leur mauvaise foi et de leur passion pour le libertinage et la bonne chère; ils représentent parfaitement, Apoc. 3, t., l'Eglise dans les temps qui précédèrent la Réformalion, cette Eglise corrompue où il ne se trouvait plus que peu de personnes qui n'eussent pas souillé leurs vêtements, et qui s'illustra par les Wlctcff, les Jean Huss et les Jérôme de Prague, v. Epllres.

SARDOINE, en hébreu odem, qui signifie rougeur, Ex. 58, 17. 39, 10. C'est une pierre précieuse couleur de chair, à moitié transparente, estimée pour la fraîcheur de sa couleur et pour sa dureté; elle se laisse cependant travailler. La plus belle vient de l'Arabie. Elle a quelques rapports avec l'agate calcédoine. Saint Jean la nomme, Apoc. 21, 20-, à côté du sardonyx.

SARDONYX, Apoc. 21, ÎO., espèce intermédiaire entre la sardoine et l'onyx, et désignée probablement par l'hébreu yahalom, Ex. 39, H. Ez. 28, 13. Si par onyx q. v. on entend la cornaline, le sardonyx sera une pierre semblable, mais plus claire, comme la couleur de l'ongle posé sur la chair vive : selon d'autres, ce serait une variété d'agate composée d'une couche rou-

?;eatre, et d une autre couche blanche, comme 'ongle est placé sur la chair ; on en faisait des cimées.

SARÉETSER. v. Adrammélec 2°.

SAREPTA, Luc 4, 26., ville phénicienne, située entre Tyr et Sidon, à 3 lieues de cette dernière ville, 1 S. 17, 9. Abd. 20. Elle produisait, au dire de quelques auteurs, un vin si fumeux que les plus hardis buveurs n'en auraient su boire une pinte eu un mois! On a cru que son nom venait des fonderies de verre et de métaux qui se trouvaient dans son voisinage ; tsaraph signifie fondre; et la mythologie dit que c'est à Sarepla que Jupiter, déguisé en taureau, ravit Europe à ses compagnes. Cette ville a de plus beaux souvenirs ; elle fut le séjour

d'Elie, le théâtre de quelques-uns de ses miracles, et la patrie de cette pieuse veuve qui crut avant que les païens eussent été appelés à la foi. La plaine fertile qui l'avolsîne est peut-être designée dans l'Evangile sous le nom de frontières de Tyr et de Sidon, et l'on suppose que le Seigneur se dirigeait de ces côtés lorsque la Syrophénlcienne vint lui demander la guérison de sa fille, Matth. 15, 21. Sarepla était encore au moyen âge une place forte ; maintenant elle s'appelle Sarfend ou Surafend. Jadis elle s'étendait vers le rivage, là peut-être où l'on voit le village de Aïn-Teen, mais aujourd'hui elle es sur une hauteur à environ vingt minutes de la mer, dominant une vallée étroite, où les oliviers ont remplacé les célèbres vignobles. Une mosquée est bâiie, dit-on, sur le lieu môme de la maison de la veuve qui logeait Elle, et la cave, toujours éclairée, de ce bâtiment, doit avoir produit des cures merveilleuses.

SVftETSÈR. Zach. 7, 2. v. Réguemmélec.

SARGON, roi d'Assyrie, qui envoya Tartan, l'un de ses généraux, pour faire le siège d'Asdod, ville des Philistins et la ciel de l'Egypte : il fut heureux dans une expédition contre ce dernier pays, et en ramena un grand nombre de prisonniers, Es. 20, 1., etc. Son nom n'appartient pas â l'histoire profane, et ne se trouve que dans le seul passage cité ; on a voulu y voir tour à tour Salmanéser, Sam hérib, el Esar- HlddOfl; mais les récentes découvertes, faites à Khorsabad, ont établi que Sargon, porté a trône par la révolution, a renversé Salmanéser, puis repris pour son compte le sic^e de Samarie, ce qui explique comment ( elle petite ville a pu résister trois ans aux armes assyriennes C'est Sargon qui raconte lui même ses exploits : il dit qu'il a établi sa domi nation depuis l'Ile de Chypre jusqu'aux frontières de l'Egypte. « J'a assiégé Samarie, je l'ai prise, et j'ai ehimen 27,480 Captifs. " Deux autres Inscriptions déchiffrées par >1. Oppert tiennent le même langage; elles nous patient de la conquête de l'île de Chypre, et les découvertes Taltes récemment dans cette île attestent que jadis en effet les armées assyriennes y sont descendues. Les succès de Sargon en F.gvpte eurent lieu sous le règne de So. Les inscriptions commencent toutes par cette formule : « Sargon, roi du monde, roi du pays d'Assur.» Ce fut Sanchérib qui lui succéda, r. Nintve.

SARON (prairie), belle et vaste plaine du bas pays de Canaan, longue d'environ 18 lieues, et d'une largeur irrégulière, qui va en diminuant du sud au nord; elle était jadis peuplée, fertile, et cultivée,»', saint Jérôme, ad Es., 65, 10. Les sables et les dunes, les espaces rocailleux, les champs, les pâturages, y alternent, t Chr. 27, 29. Es. 65, 10. La partie qui portait proprement

SAT

sus

SAT

le nom de Saron,el qui était la plus célèbre par sa beauté, Es. 35,2. Cant. 2, 1., est la contrée qui traverse la route de Jaffa à Jérusalem. Le chemin est aujourd'hui bordé de haies de cactus qui entourent des jardins d'orangers, et la multitude des roses blanches et rouges, des narcisses, des anémones, des lys blancs et jaunes, des tulipes, surprend et récrée le voyageur. Les villages nombreux qui vivifient cette plaine, et dont l'un portait autrefois aussi le nom de Saron, Ad. 9, 35., sont entourés d'oliviers et de sycomores ; ce terrain, fertile quoique sablonneux, serait couvert des plus belles récoltes si le despotisme des Turcs ne détruisait toute agriculture, mais les champs demeurent incultes, et les villages sont pleins de ruines : ainsi s'accomplissent tes justes jugements de Dieu, Es. 33, 9. (Chateaubriand, Raumer, Braem, etc.). La ville de Saron mentionnée Jos. 12, 18., comme résidence d'un roi cananéen, est peut-être la même dont il a été parlé ci-dessus , les faubourgs de Saron, 1 Cbr.5, 16. paraîtraient se rapporter à une ville située au delà du Jourdain, si l'on n'était autorisé à croire que les tribus transjourdaines, occupées de bestiaux, possédaient aussi des établissements et des pâturages en dehors des limites de leur territoire. Enfin, une ville de ce nom, Saronas, était située, d'après Eusèbe, au nord de la Palestine, entre le mont Tabor et le lacdeTibériade.

SAUUG (branche, jet), Luc 3, 35., ou Sérug, Gen. 11, 22. 23. fils de Réhu, père de Nacor, mourut à l'âge de 330 ans (Sept.). Il est nommé dans la généalogie de Marie. La tradition fait de lui un des apôtres de l'idolâtrie.

SAT. v. Mesures.

SATAN, mol hébreu qui signifie ennemi, accusateur, calomniateur, et qui est parfaitement traduit par le mot grec diable. Il est employé en parlant de David, 1 Sam. 29, 4. où l'original porte : « pour qu'il ne devienne pas pour nous un saian ; » en parlant de Hadad et de Rézon, 1 R. I l, 14. 23. 25., où nos versions l'ont rendu par ennemi; de saint Pierre, Matth. 16, 23. Marc. 8, 33. Son sens le plus ordinaire est cependant, celui de diable, de démon, de chef des démons, Job 1 , 6. 7, 1 . 7, 2. Ps. 1 09, 6. Zach. 3, 2. 1 R. 22, 21 . Jud. 9. Matlh. 1 2, 26. Marc. 3, 23. Apoc. 2, 9. 13. 12, 9. 20, 2. etc. On peut voir aux articles Anges, et Diable, ce qui a été dit sur ce sujet ; il n'y a que peu de choses à ajouter sur ce mot spécial.

Matlh. 12, 26. Satan est représenté comme un roi qui a sous ses ordres une armée dont la discipline fait la force, cf. Marc 3, 23. Luc 11, 18. Jésus accusé par les pharisiens (qui du reste ne croyaient pas ce qu'ils disaient) de chasser les démons par Béelzébul, prince des démons, Lut ressortir l'absurdité de cette arcusation, en

montrant que, de la part de Satan , ce serait *

faire la guerre à lui-même.

Act. 26, 18. Saint Paul montre qu'il n'y a p* milieu entre Dieu et Satan : on est de l'uo

ut

ou de l'autre, vérité qui ressort de toutes Jes déclarations de l'Evangile, et qui reste telle devant Dieu, quoique à nos yeux il puisse paraiirt qu'il y ait plusieurs états intermédiaires, parc qu'il y a des degrés infiniment divers dans la piété et dans l'impiété, cf. 2 Cor. 6, 4 4. 1 Jeae 3, 10. Jean 8, 44., etc.

Luc 10, 18. Jésus contemple Satan tombant du eiel comme un éclair; il le dit aux soixanudix disciples qui, après leur mission, viennent lui rendre compte de leurs travaux et de leur? succès. Les démons même leur sont assujettis, et le Sauveur, rappelant en son cœur les visions qu'il a eues, répond à la joie de ses envoyés par cette déclaration, que le chef même des démons a été vaincu; il l'a vu tomber, comme ailleurs il est dit d'Abraham qu'il a vu la journée de Christ ; c'est la vue de la foi, Jean 8, 56. Jésus, en prononçant ces paroles, a sans doute eu présentes i l'esprit celles d'Es. 14, 12., où le roi de Babylone, symbole de l'ennemi de Dieu, est comparé â l'étoile du matin qui tombe des cieux.

Luc 13, 16. Satan est considéré comme l'auteur, sinon de toutes les maladies, du moins d'un certain nombre des affections qui affligent l'humanité. Avec ce passage on n'a pas de peine à comprendre ce qui est dit d'Hyménée, d'Alexandre, et de lïncestueux de Corinthe, livres â Satan pour leur salut, 1 Tim. 1, 20. 4 Cor. 5, 5. Si quelques auteurs, et spécialement ceux de l'Eglise romaine, pensent qu'il ne s'agit ici que de l'excommunication, il est évident cependant que saint Paul a en vue quelque chose de plus grave qu'une pénitence ecclésiastique; il s'agit d'un châtiment réel qui devait détruire la chair, et tout en reconnaissant que ces pécheurs étaient excommuniés, nous sommes contraints d'admettre que la sentence de l'Apôtre cnlramaitavec elle une peine corporelle, une maladie grave, fruit du péché et infligée par Satan.

Apoc. 2, 9. La synagogue de Satan se rapporte dans ce passage aux Juifs incrédules, qui n'avaient de juif que le nom et les traditions, mais qui, en repoussant Jésus, prouvaient qu'ils repoussaient l'esprit de Moïse et de tout l'A. T. La même expression est employée 3, 9., où Q est question de l'Eglise chrétienne, et elle désigne les chrétiens de nom qui mentent en s'appelant chrétiens, parce qu'ils n'ont pas gardé la parole de Dieu ; ce nom désigne ici l'Eglise de Rome, déjà désignée peut-être 2, 13. comme le siège et l'habitation de Satan ; les mystères de cette Eglise, ses ruses pour séduire et corrompre les consciences, sont désignées, 2, 24., sous le nom de profondeurs de Satan.

SAT

SAU

Apoc. 20, 1. sq. Satan est Hé pour mille ans, puis délié pour un peu de temps après le millénium, q. v.; vaincu par l'armée céleste, il sera de nouveau saisi et jelé avec les siens dans l'élang ardent de feu cl de soufre, où ils seront tourmentés jour et nuit :sux siècles des siècles.

Luc 22, 31. Satan est représenté, de même que dans le prologue de Job, comme cherchant à séduire les élus de Dieu; la prière, l'intercession de Jésus est le seul moyen de sortir victorieux de cette lutte. Tous les apôtres étaient menacés par les manœuvres de S;iUn ; Pierre était par son caractère le plus exposé à succomber, Jésus prie pour lui ; Judas était dans ces dispositions intérieures pour lesquelles il n'y a plus de prières, cf. 4 Jean 5, 16.; il restait sans défense entre les mains de celui à qui il s'était livré.

La foi aux démons est aussi ancienne que la foi en Dieu, et ceux qui ont conçu l'idée du bien n'ont pu le faire qu'en admettant la notion contraire, l'idée du mal. Chez les Hébreux l'idée de Dieu prédominait cependant, et c'est l'idée capitale ; Dieu était admis comme thèse, la notion contraire appartenait plutôt à la controverse ; la loi de Moïse établissait le bien plutôt qu'elle ne combattait le mal. >Iais conclure de la que l'existence des dénions était inconnue aux Hébreux, c'est aller un peu loin (v. Diable); le bouc Hazazel serait déjà une antique protestation contre celte hypothèse, et depuis la Genèse, depuis Job, jusqu'à Zacharle, nous trouvons des traces positives de l'universalité de celle croyance. C'est le serpent tentateur de Gen. 3, 1.; c'est l'esprit qui s'avance devant l'Eternel pour séduire Arhab 1 R. 22, 21.; c'est Satan qui se tient à la droite de Jéhosuah pour le contrarier, Zacb. 3, 1. Les paroles de notre Sauveur prouvent surabondamment que les Juifs de son temps croyaient a la personnalité des mauvais esprits, et l'on aurait d'autant plus mauvaise grâce à dire qu'il s'accommodait aux superstitions et aux préjugés populaires, que dans la plupart des cas il aurait pu tout au moins s'abstenir, que ses déclarations n'étaient nullement provoquées, et que celui qui était venu apporter la vérité sur la terre, ne saurait être soupçonné d'y avoir au contraire entretenu le mensonge et l'erreur.

Satan sous ses divers noms de Diable, de Malin, de Béelzébul, Belsébub, ou Belsébuth, de Bélial, ou Béliar, 2 Cor. 6, 15., est représenté dans l'Ecriture comme la source de tous les maux, Luc 10,49. 13, 16. 22, 31., comme l'ennemi du règne de Dieu, Mallb. 13, 39. Luc 10, 18. Jean 12, 34. 14, 30. 46, 11., comme le tentateur et séducteur des croyants, 4 Cor. 7, 5. 1 Thess. 3, 5. 1 Pierre 5, 8.. lequel avait essayé même de tenter le Fils de Dieu, Mallh. 4, 1 .

La première manifestation de son influence malfaisante remonte aux jours de la création, au jardin d'Eden, r. Hébr. 2, 14.2 Cor. 41,3., cf. Apoc. 4 2, 9., et par le péché il est devenu le père de la mort, 1 Cor. 45, 26. Hébr. 2, 14. Il avait été créé droit, de même que les démons qui le servent, mais par leur propre faute, par leur orgueilleuse rébellion, ils sont tombés, ils ont été chassés du ciel, Jean 8, 44. 2 Pierre 2, 4. Jude 6., et maintenant ils régnent sur les ténèbres, ils sont dans l'air, ils pèsent sur l'humanité déchue, Eph. 2-, 2. 6, 12., cf. Col. 4,43. Jean 13, 2. sq. 2 Cor. 4, 4., et finiront par éprouver un terrible jugement, car Cbrist est apparu pour renverser et détruire l'empire de Satan, 4 Jean 3, 8.

Il est probable que Milton, dont le génie ne regardait pas de très près a l'exactitude historique (son sujet, d'ailleurs, ne le comportait pas), a puisé dans Apoc. 42, 4. sq. l'idée de Satan entraînant avec 4Jui dans sa révolte la troisième partie du ciel. Peut-être aussi n'y a-t-il eu que simple réminiscence, car celle idée était naturelle et simple; Satan ne pouvait être ni égal, ni trop inférieur à Dieu. Egal, c'eût été le placer trop haut; trop inférieur, c'eût été rendre la lutte illusoire et nuire à l'intérêt de l'action.

SVTH M'KS. v. Perse.

SATURNE, v. Kijun, Caldée, Caldéens.

SAUL. c. Paul.

SAUL (demandé). 4° Fils de Siméon et d'une Cananéenne, Nomb. 26, 4 3. 4 Chr. 4, 24. Gen. 46, 40. Ex. 6, 45. La mention spéciale qui est faite de sa mère est un blâme contre ces unions mixtes avec des femmes païennes.

2° Saûl, premier roi des Hébreux, était fils de Ris, de la tribu de Benjamin, et régna quarante ans (1090-1050), 4 Sam. 9, sq. 4 Chr. 8, 33. 9, 39. Distingué par sa beauté et par la grandeur de sa taille, il avait ce qu'il fallait pour plaire au peuple sur lequel il devait régner; il fut choisi par Samuel, oint d'huile, puis solennellement présenté aux Israélites à Mitspa, après que le sort, dirigé de Dieu, eut ratilié le choix que le .dernier des juges avait fait du premier des rois; Saûl dut octroyer préalablement une espèce de charte constitutionnelle à son peuple, qui le salua par des acclamations de joie que le mécontentement de quelques-uns ne réussit pas à troubler; Saûl fit le sourd aux murmures des mécontents, et resta modestement dans la vie privée, pour laisser aux animosités le temps de se calmer, et pour ne pas alimenter par sa présence et l'exercice de ses droits, l'aigreur qu'avait produite chez quelques-uns sa subite élévation. Sa première expédition fut dirigée contre les Hammoniles; elle réussit, et ce simès ramena

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