‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 335 sur 398 · AU · texte numérisé non relu

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les mécontents, 4 Sam. Dès lors Saûl dnt mettre tous ses soins à protéger le pays contre les attaques incessantes des Philistins, 43, 4.; mais le peu d'esprit militaire des Israélites, et le manque d'armes, 4 3, 6. 49., auraient suffi à paralyser ses efforts, si Jonathan son fils, par un acte héroïque, n'eût mis en fuite l'armée des Philistins qui ne tarda pas à être complètement défaite. 4 Sara. 4 4. Les Philistins revinrent cependant & la charge, ainsi que d'autres peuples du voisinage, les Moabites, les Edomites, les Syriens de Tsoba, etc. Saûl triomphait parce que Dieu était avec lui, mais il perdit ce secours par sa faute : dans une guerre d'extermination dirigée contre les Hamaléeites, il désobéit aux expresses injonctions de Samuel, il épargna le roi et les bêtes grasses (45), et le prophète irrité prononça sa déchéance, et nomma pour lui succéder un Jeune homme de la tribu de Juda, David, qui rut placé à la cour, jouit de la faveur particulière du roi pendant quelque temps, mais finit par devenir l'objet de sa Jalousie et de sa naine. Les exploits du jeune guerrier, que Saûl exposait aux plus grands dangers, et qui se tirait avec honneur des plus mauvais pas, méritèrent à David la faveur populaire, et cette faveur causa sa disgrâce (46). Accablé d'une noire mélancolie, Saûl essayait de se distraire en écoulant de la musique, ou en poursuivant ce David qu'il croyait son ennemi (47-20), mais rien ne pouvait rendre la paix â son cœur ulcéré; deux fols ses Jours furent épargnés par David, et II s'attendrit un moment â la vue de tant de générosité, mais ses remords sans repentance ne suffirent pas â retenir ses poursuites, et Saul fut malheureux jusqu'à la fin sous le poids de la colère divine. Il finit par perdre les traces du prétendant réfugié à Gai h (27), et les Philistins s'élant de nouveau levés contre Israël, Saûl marcha à leur rencontre, consulta une devineresse la veille delà bataille, reçut d'elle un déplorable oracle que le lendemain devait voir s'accomplir : la bataille fut perdue, ses fils furent tués, et luimême fatigué de la vie se jeta sur son épée, et termina parle suicide une vie commencée sous de meilleurs auspices, un règne que l'obéissance à Dieu eût rendu à la fois glorieux et tranquille (28-34).

t'est une étrange histoire que celle de Saûl; l'homme et le roi sont étranges, et l'on ne saurait dire lequel Test le plus. Le début de la royauté devait la compromettre dans l'esprit du peuple dont elle fil le malheur; Dieu donnait à Israël un roi dans sa colère, fet cependant Samuel avait pris toutes les précautions destinées à prévenir ou à diminuer les maux qu'Israël amassait sur sa tète; non-seulement il

avait cherché" à détourner le peuple du caprVr qui le portait à demander un roi, mais une fou la chose décidée, il avait posé des limites â Ij puissance et aux prétentions du monarque; i] l'avait choisi membre d une tribu qui, à eaude sa petitesse ne pouvait porter ombrage rn autres; il l'avait choisi beau de visage et Jr haute stature, afin que, sans éveiller les jalousies, il sût captiver l'attention et les repart bienveillants de ses futurs sujets; il Pavai; choisi vaillant et courageux afin que, bon ca pilaine, il offrît au peuple la seule qualité don: le besoin se fît sentir, la garantie nécessaire >t maintien de l'intégrité du territoire; il l'araii choisi après que Saûl, ayant prophétisé, eoî donné a tout Israël le spectacle d'un Jeutc homme qui se laisse diriger par les conseils de la sagesse divine; il lui avait imposé enfin une constitution qui devait mettre le peuple i l'abri des empiétements du pouvoir royal. T< u: cela ne servit de rien; Saûl ayant atteint à urhauteur qu'il ne rêvait peut-être pas lorsq i cherchait les ânesses de son père, fut saisj de ce vertige qui tourne les têtes trop faibltsi une certaine élévation ; il oublia qu'il était k serviteur de Dieu, pour se rappeler seulenvc: qu'il étail le roi du pays, et sans s'en rendre compte, mais entraîné par le manque de foi.il secoua le Joug de l'Eternel et voulut régner par lui-môme. Au sacrifice de Guilgal, sa déclièaixr fut annoncée, elle fut arrêtée et décidée a}ur> que, par ses ménagements envers Agag, il eut prouvé que la parole de l'Eternel ne lui éuit pas sacrée. Ce ne sont pas les détails, ce n'e>t pas même l'ensemble des faits que le propbett lui reproche ; c'est le manque de fol, le manque de respect pour un ordre divin, If manque de confiance en Celui qui peut d'un bu remplacer les troupes qui désertent, la désobéissance â Celui qui aime mieux obéissance que sacrifice. La dynastie de Saul est déshéritée du trône parce que Saûl a oublié qu Û n'était pour ainsi dire roi qu'en second. Et si l'on regrette que l'aimable et généreux Jonathan porte la peine des fautes de son père, il faut se rappeler que celle solidarité du pécbe était générale a celte époque et dans ces pays, qu'elle a été longtemps sanctionnée de Dieu d'une manière générale, et que dans respètt le péché de Saûl entraînait nécessairement cei ordre de châtiment; c'est moins l'homme que le roi qui a péché, et la peine que Dieu inflige, comme les peuples, aux rois coupables, c'est la déchéance de leur dynastie. Saûl aurait eu les qualités d'un bon capitaine, il a de la grandeur, il ne manque pas de générosité, il est

courag d'un rot, d'Israël.

eux, prompt, mais il n'a pas les qualités

bien moins encore celles d'un roi

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Quelques détails de sa rte nécessitent des I des hommes pieux d'Israël. L'étonnement public,

observations spéciales.

4° Les circonstances de son élection sont «l'une simplicité tout à fait antique et patriarcale, bien en rapport avec la vie presque idyllique de ces temps reculés. Le but de son voyage, sa visite à Samuel, les signes qu'il reçoit, sa rentrée dans la vie privée, tout porte le cachet de l'époque, et pour se moquer de ces détails, il faut, comme dit Winer, ne pas connaître l'antiquité et ne pas savoir s'y reporter en esprit. L'élection de Saûl est racontée de deux manières; Gramberg y a naturellement vu la preuve de deux documents compilés par l'auteur; il eût été facile cependant de se rendre compte de relie double élection sans recourir à une hypothèse aussi dénuée de vraisemblance. La première fois Samuel oint Saûl et lut déclare, mais en secret, les desseins de Dieu â son égard ; évidemment cela ne pouvait pas suffire; le choix devait être rendu public, et Samuel, pour écarter toute idée de préoccupation personnelle, en appelle publiquement à la voie du sort, persuadé que le résultat était entre les mains de l'Eternel, Prov. 46, 33; le sort se prononce en faveur de Saûl. Ce n'est pas une seconde relation, c'est un second fait.

2° L'âge de Saûl n'est indiqué nulle part, non plus que la durée de son règne. Josèphe le fait régner quarante ans, d'après une fausse traduction de 2 Sam. 2, 40.; cependant le chiffre en lui-même n'a rien d'invraisemblable. Quant à son Age, on peut remarquer seulement <|ue, dès les premières années de son règne, il avait déjà un fils en état de porter les armes et même de commander, 4 Sam. 4 3, î., de sorte qu'on ne pouvait pas lui donner, à l'époque de son avènement, moins de trente ou trente-cinq ans. Le passage 1 Sam. 13, I., omis dans les Septante, doit se traduire littéralement : » Saûl était fils de — an, quant à son règne; » les uns suppléent le chiffre et disent : Saûl avait régné un an (nos versions); d'autres traduisent par : — chargé d'ans, âgé; d'autres enfin (Heine) supposent que l'écrivain sacré a laissé en blanc le chiffre de l'âge de Saûl qu'il ignorait et qu'il Se proposait d'intercaler plus tard, et que cette lacune n'a jamais été comblée. Quoi qu'il en soit, si l'on admet la traduction de nos versions, il faut en changer la ponctuation, autrement le verset n'aurait aucun sens; la première partie du verset se rapporterait à ce qui précède, la seconde à ce qui suit immédiatement.

3° Saûl a prophétisé a plusieurs reprises, nonseulement à son avènement, biais encore après sa déchéance, 40, il. Il, 6. 19, 24. 11 a été nabi (p. Prophètes), et quoi que l'on veuille entendre parce genre de prophétie, on est contraint d'à vouer que c'était plus que le langage ordinaire

lorsqu'on apprend que Saûl est aussi au nombre des prophètes, prouve surabondamment que ce n'était pas une chose commune, et si l'on ne veut pas admettre celte inspiration accompagnée devisions qui caractérisait les prophètes d'un ordre supérieur (hhosé), on doit admettre au moins que Saûl était animé de l'esprit de Dieu, plongé dans une extase surnaturelle, ravi hors de lui-même, dans un état d'exaltation involontaire, dans laquelle 11 parlait et enseignait, louait et bénissait Dieu, avec une force et une effusion intérieure que l'Esprit d'en haut pouvait seul produire. Son esprit, son cœur, sa conscience étaient réveillés; Saûl n'était plus Saûl, il était un autre homme, l'intermédiaire de la pensée divine qui se révélait a lui, et qu'il ne pouvait méconnaître. Alors il s'oubliait lui-même, et son ravissement était tel qu'il fut une fois, une nuit et un jour entier, couché sur la terre et dépouillé de ses vêtements. Mais on se demande comment un homme, animé de pareilles dispositions, a pu être en même temps un homme sans foi et rejeté de Dieu. La réponse est aisée : sa piété s'évanouissait avec les circonstances extraordinaires qui en avaient provoqué les mystérieux élans, Os. 6, 4.; au Heu de relenir dans son cœur les enseignements qu'une faveur singulière de Dieu lui envoyait par intervalles, il laissait s'éteindre le lumignon qui fume, il coniristait, il repoussait le Saint-Esprit; et notre Seigneur, en parlant de ceux qui ont prophétisé en son nom, quoiqu'il ne les ail jamais connus, Matth. 7, 22. nous montre la possibilité de cette existence du caractère prophétique chez des hommes voués à la réprobation. C'est une grâce extérieure que Dieu leur accorde, Ils la repoussent en faisant usage de leur liberté morale; ils se montrent des exemples vivants cl terribles de ce mystérieux antagonisme entre la volonté de Dieu et celle de l'homme, dans lequel la volonté de l'homme peut encore triompher à force d'endurcissement. Saûl rejeté, et cependant prophétisant en la présence de Samuel, c'est le remords se réveillant dans le cœur a la vue d'un homme qui lui rappelle de beaux jours et de grandes grâces ; mais les passions, l'envie, la haine sont plus fortes, et elles étouffent les semences du bien.

i° La mélancolie de Saût est la suite naturelle de ses péchés et de sa réjection. Il y avait là en effet de quoi troubler le cœur et l'esprit d'un homme. C'est la tristesse du remords. 11 n'est pas nécessaire d'y voir autre chose. Abandonné de Dieu, abandonné de Samuel, contraint de s'avouer que c'est par sa faute, il sent trembler dans ses mains le sceptre qui déjà n'est plus à lui; 1 image de David le pour-

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suit partout comme une ombre ; il veut la frapper et la faire disparaître; l'amitié de Jonathan pour son rival lui parait une révolte dénaturée, l'enthousiasme du peuple pour le jeune guerrier lui parait une rébellion, les succès d'autrui lui semblent une injure, l'asile donné par un sa crilicatcur au capitaine qui se dit envoyé de sa part, lui apparaît comme une conjuration ; il voit un complot dans l'absence de David , une ruse de guerre dans sa fuite, peut-être même une insulte dans sa pitié. Son esprit est perdu, son jugement est égaré, sa vue se trouble, les faits les plus simples sont grossis et dénaturés, les objets ne lui apparaissent plus sous leur aspect ordinaire; alors on le voit lour a tour se faire le bourreau de son tils que le peuple lui arrache, l'assassin de son gendre que sa fille lui dérobe, le meurtrier des sacrificateurs de Nob que Doëg lui livre et met à mort , le meurtrier des Gabaonilcs que Dieu venge plus tard, l'insensé conjureur d'une pythonisse, cl enfin le suicidé de Guilboah. Rien dans sa conduite ne trahit une folie proprement dite, mais depuis sa désobéissance, tout en lui porte le caractère d une mélancolie noire; il est sombre comme Charles IX après la Sainl-Barihélemy ; c'est un phénomène physiologique fréquemment observé, et les moyens employés pour calmer le malheureux sont plutôt destinés à le distraire qu'a l'exorciser; l'emploi de la musique dans des cas de ce genre est général, et ses heureux succès ont été constatés toutes les fois qu'il en a été fait usage. Le terme de malin esprit envoyé par l'Eternel, 4 Sam. 49, 9., ne contredit en rien cette explication, car nous ne nions nullement que cette maladie noire ne fût l'œuvre d'un malin esprit, et qu'elle ne le soit en général, comme nous admeitons que les bonnes dispositions du cœur sont l'œuvre du bon esprit de Dieu.

5° v. à l'art. Samuel ce que nous avons dit sur les mobiles de la conduite du prophète à l'égard du roi déchu.

6° Quant a la consultation de la pythonisse d'Endor, v. Pythonisse.

7° La mort de Saùl est racontée de deux manières différentes, 4 Sam. 34, 8 Sam. 4. Dans le premier passage, Saûl se tue; dans le second, il est tué par un jeune Hamalécite; Gramberg y trouve une nouvelle preuve à l'appui de son hypothèse des deux documents. Le récit prouve que le jeune Hamalécile a fait un conte dont il espérait une autre récompense que celle qu'il a reçue, de sorte qu'un second document n'a rien a faire ici; dans le cas où cette explication ne suffirait pas entièrement, rien de plus simple que d'admettre avec Josèphe une fusion des deux récits ; SaOI a essayé de se tuer, et comme il n'avait plus la force d'achever, il a prié le

jeune Hamalécite qui passait de metfre un 1er»

à ses souffrances.

8° L'extermination des Gabaoniles n'es; connue que par l'allusion renfermée î Sam ït, 4. Les uns supposent que Saùl lit égorgff avec les prêtres de Nob les Gabaonites employés au service du temple; d'autres pensât que* les Gabaonites, n'ayant rien à perdre t. tout à gagner à une révolution, prirent le pan de David contre Saûl, ce dont celui-ci sesmft vengé par leur complète extermination. Lvt ne peut rien affirmer a cet égard si ce o'«: que Saûl a commis le crime, et que ses enflu* l'ont expié.

9° Le nom de Saûl est rappelé plusieurs fûè dans les livres historiques et dans les Psanna do David ; ». en particulier 2 Sam. 4, 47. t, i 5, 2. 7, 45. 42, 7. 46, 8. 22, 4 . i Chr. 26. **- Ps. 48, 52, 54, 57, 59, (suscr.). Sa rèsideoff est quelquefois désignée par son nom, 4 S» 45, 34. Es. 40, 29. Le seul passage du iV T. qui en fasse mention est Act. 4 3, 21 .

SACLES (Salices). C'est la traduction généralement admise de l'hébreu érèb , ou arab. 1 en est parlé Lév. 23, 40. Job 40, M., corn» d'un arbre touffu cl d'un ombrage agréable. Es. 44, 4. et ailleurs, comme d'un arbre croissant le long des eaux (amnicoUe salices. Ovid.. >lét., 40, 96., umbrosa3, Fast., 3, 47.). C'est du saule pleureur, aussi nommé parasol, qu'il <*i sans doute question Ps. 4 37, 2.; il vient naturellement en Perse cl en Orient , et a reçu \t nom de salix babylonica; mais comme on oel a p;is retrouvé dans la Babylonie, maintenant dt solée, quelques auteurs pensent qu'il n'y evistait pas non plus dans l'antiquité, et qu'il s'agii plutôt dans ce passage du populus eupliralka. dont le feuillage ressemble quelquefois a celui du saule. Le zaphzcpba de Ez. 47, 5., désigne aussi une espèce particulière de saule, différente de celle qui précède; mais les descriptions qu'ont données du safsaf les rabbin* et les voyageurs modernes ne s'accordent pas assez pour qu'on ait pu le classer d'une manière définitive; d'après Rauwolf cet arbre aarail même beaucoup de rapport avec le boule» par la longueur, par la finesse, et le jaune ni de ses feuilles; les descriptions des lalmudisi» se rapporteraient au salix caprea, qui croit dans lous les terrains, et dont le bois est très cassant.

— Le torrent des Saules que nos version» ont, d'après les Septante, traduit par torreat des Arabes, Es. 45, 7., est le Wady el Ansa, qui arrose la frontière méridionale du pays des Moabites : il prend sa source près du château d'El Ah6a sur le chemin de la Syrie, et coulant au nord-ouest, va se jeter à l'extrémité sud de la mer Morte. Hitzig a traduit le torrent de la

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plaine (ou du désert) en comparant le passage Am. (», 14. Dans ce dernier passage quelques commentateur;», notamment Rosenmuller, pensent qu'il s'agit du Cédron, parce que le nom <le plaine s'appliquait spécialement à la contrée des environs de Jérico ; mais comme il est opposé à Hamath, la frontière septentrionale, il doit nécessairement signifier la frontière méridionale, cl désigner le même torrent que celui dont il est parlé dans le passage d'Gsaîe.

SAUTERELLES. Leur incroyable fécondité fait de ces insecles un des fléaux les plus redoutés et les plus terribles des pays chauds, de TOrient en particulier, Ex. 40, 4. 4 R. 8, 37. 2 Chr. 6, 28. 7, 43. Elles sortent de terre au printemps, surtout dans les années dont la sécheresse a favorisé la maturité des innombrables œufs qu'elles déposent toujours dans la terre ; c'est de l'Arabie qu'elles sortent en plus grand nombre (surtout les criquets, ou sauterelles de passage), et portées sur les ailes des vents , elles viennent s'abattre en tourbillonnant et comme d'épais nuages sur les plaines de l'Egypte, de la Palestine ou de la Syrie. Ces nuages ont quelquefois de 4 à 6 lieues de longueur, de 2 à 3 lieues de largeur. Elles sont encore loin que déjà le bleu sec du ciel se nuance d'un Jaune fade et mat; lorsqu'elles approchent elles voilent le ciel, couvrent la terre de leur ombre, et font entendre le dur et assourdissant frôlement de leurs millions d'ailes et de pieds. Où elles s'arrêtent, et on chercherait vainement à les en empêcher, elles forment sur la terre qu'elles cachent, une couche épaisse qui parfois dépasse la hauteur d'un mètre; elles rongent alors en un clin d'œil, de leurs dents aigûes, et avec un bruit qui, au dire de Volney, rappelle la marche rapide de la cavalerie, l'herbe, les feuilles, les fruits, surtout les raisins, et jusqu'à l'écorce et à la racine des arbres; leurs goûts et leur nourriture varient; chez les unes le goût est plus fin, chez les autres il est plus grossier ; cf. Joël 1 , 4. Lorsqu'elles ont tout dévasté, elles se remettent en marche, ne laissant derrière elles que leurs œufs, leurs excréments, et quelques cadavres qui produisent une odeur d'une telle infection, que la peste se déclare souvent après leur passage; cf. Jug. 6, B. Joël 4, et 2; Jér. 46, 23. 54, 4 4. Nah. 3, 47. Ps. 409, 23. 78, 46. 405, 34. Es. 33, 4. Leur marche est très régulière, Prov. 30, 27. Joël 2, 8. 2b.; elles volent par colonnes, de jour seulement, et avec des intervalles de repos; le soir elles s'établissent sur la terre, repartent le matin si elles n'ont rien à manger, volent, ou marchent si la rosée de la nuit a mouillé leurs ailes, Nah. 3, 47.; elles vont droit devant elles, et presque toujours du sud au nord. Aucun mur, aucune haie, aucun fossé,

ne les arrête; c'est en vain qu'on met le feu aux herbes et broussailles, c'est en vain même qu'on envoie contre elles des troupes de soldats (Pline 44, 35.); elles évitent tous les dangers, et ne sauraient être évitées. Elles pénètrent jusque dans les habitations, et en rongent nonseulement les ustensiles de bois, mais encore les boiseries, les planches et les poutres, Pline, 44, 29. Ex. 40, 6. Joël 2. Quelques oiseaux leur font une guerre redoutable, qui en fait périr un grand nombre, mais c'est surtout la mer qui est chargée de leur donner la mort. Fatiguées de leur vol, elles s'abattent sur les eaux comme sur la terre, Ex. 40, 19. Joël 2, et leurs légers «adavres, entraînés vers les rivages, viennent bientôt y apporter la peste, et les désoler par leur mort, après les avoir désolés par leur vie.

On a remarqué que les sauterelles dépouillées de leurs accessoires, avaient en petit une forme assez semblable à celle des chevaux, Joël 2, 4. Apoc. 9, 7. Leurs ailes sont d'ordinaire vertes ou jaunâtres , quelquefois rouges ou brunes. Leur longueur varie entre 3 et 45 centimètres.

Il était permis aux Hébreux de s'en nourrir, Lév. 44, 22. (Oken prétend ;i tort que ce sont quatre espèces d'oiseaux qui sont désignées dans ce passage) ; cependant elles ne passaient guère pour un aliment délicat, Matin. 3, 4. Marc 4, 6. D'autres peuples de l'ancien Orient les mangeaient de même, au rapport de Strabon, de Diodore de Sicile, de Pline, etc., et de nos jours encore on les porle par voilures sur les marchés de l'Arabie (Tavernier, Niebubr, Jollffe, Burckbardt ; d'après Gobât, Voyage en Abyssinie, p. 392, on les entasse dans des tonneaux, en prévision des époques de disette). On les fait bouillir dans de l'eau, quelquefois on les rôtit, après leur avoir arraché les pieds et les ailes, on les saupoudre de sel, et on les mange. Elles doivent être meilleures que des pigeonneaux, et aussi bonnes que des écrivisses.

Il est parlé dans la Bible de plusieurs espèces de sauterelles ; les principales sont l'arbéh, le solham, le hargol, le kagab (ou bhagab), le Isaltsal, le yélék, le hbasil, et le gazara, Lév. 4 4 , 22. Joël 4 , 4. L'arbéh est l'espèce la plus connue et le plus souvent mentionnée: c'est le gryllus gregarius de Linnée : le poitrail vert et fortement bombé, une tête aplatie, des yeux rougebrun, des antennes de 3 centimètres de long, des ailes supérieures d'un jaune gris et tachetées de jaune a la partie inférieure, et des ailes de dessous vertes et très larges, caractérisent celle espèce. Ce sont les ailes supérieures, et les paltes de derrière, qui produisent le bruit qu'elles font en volant. Le bbargol est

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