SAIT
peut-être la jeune saulerelle qui ne vole pas encore : les Septante traduisent chenille. Quant aux autres espèces, il n'est pas possible de les déterminer exactement ; les termes hébreux sont diversement traduits par les anciens interprètes, qui seuls auraient pu fixer leur signification, et les indices étymologiques sont trop values pour qu'on essaye d'en tirer parti. La sauterelle à tête pelue (Dahler), le grylluscristatus ou Kamroheuschrecke, qui se rencontre souvent en Orient, et qui est mangeable, doit être Tune de ces espaces, ef. Apoc. 9, 8., et OËdmann la voit dans le yélèfc à cause de Jér. 64, 27., où lépithète desamar qui signitic chevelue lui est donnée : le tsaltsal, d'après Tych- 6en, serait le gryllus stridulus. Le nom de gob, Am.7, 4. Nah. 3, 47., semble être le nom générique de l'espèce entière.
Les passages Apoc. 9, 3-42. et Joël 2, 4., bien que désignant l'insecte proprement dit, doivent, et tous les commentateurs sont d'accord sur ce point, être entendus d'une manière figurée. « Je pense, dit Newton (Pensées), que comme les chérubins, les sauterelles qui sortent de l'abîme sont des représentations symboliques d'un caractère de pouvoir dont certains agents vivants vont être revêtus. Ceux-ci paraissent avoir le même rapport à l'abîme que les chérubins au ciel. Les chérubins représentent le pouvoir qui est sous le contrôle suprême de Christ, et dont les serviteurs de Dieu et de Christ seront revêtus pour tout ce qui appartient à la vie, à la gloire, et à la bénédiction. Les sauterelles, semblables à des scorpions, et dont la forme est plus compliquée que celle des chérubins mêmes, sont sous la direction d'Apollyon leur chef, et elles représentent, a mou avis, le pouvoir dont ses serviteurs seront revêtus pour l'œuvre qui leur est assignée, de tourmenter d'un tourment infernal. » — Vivien va plus loin (Essai): « Evidemment nous avons ici l'emblème d'une armée qui envahit la Palestine sous la conduite du Destructeur. Nous trouvons dans Joël une prophétie tout à fait parallèle, et par conséquent bien propre a conlirmer notre interprétation. Au ebap. 4, 2-7., le prophète prédit un jugement terrible qui doit tomber sur la nation juive ; il l'annonce sous l'emblème des sauterelle», et il dit que celte nation a des dents comme des dents de lion, 4 , 6., cf. Apoc. 9, 7. 8. Après avoir exhorté le peuple au jeûne et au deuil, il décrit ce jugement 2, 4-44. Qu'on lise attentivement cette description, et l'on ne pourra s'empêcher de remarquer l'analogie frappante qui existe entre la prophétie de Joël et la première trompette de malheur (la cinquième). Le texte même de cette prophétie suffit de plus pour prouver qu'elle n'a point
encore été accomplie. Il suit de cinquième trompette, comme les quatre premières ne concerne directement que la fut** juive, conclusion qui se déduit nalurellemen: de la transaction qui a précédé l'ouverture di septième sceau, et de ce qui est dit ici de l'on dre donné aux sauterelles de ne nuire qu'aux hommes qui n'ont pas le sceau de Dieu sur i< front. » v. Trompettes.
Ceux qui regardent la plus grande partie de» prophéties apocalyptiques comme accomplies, voient dans les sauterelles de la cinquièm trompette les Sarrasins du VU« siècle, et si, i d'autres égards, on peut avoir des doutes légitimes quant à la valeur de leur système d^sterpréialion, il faut avouer que sur ce poiat, du moins, leurs raisons ne manquent pas de vraisemblance. Les sauterelles sont originaire» de l'Arabie; sur leur tête, est-il dit, sont des couronnes semblables a de l'or (les turban* jaunes des Sarrasins) ; a les voir il semble qu'ot voie des chevaux (et ils courent comme det cavaliers), des visages comme des visa^.* d'hommes, des cheveux comme des cheveux de femmes, des dents comme des dents de lions, des cuirasses comme des cuirasses de fer, ei le bruit de leurs ailes est comme un bruit de chariots à plusieurs chevaux qui courent as combat ; leur puissance de nuire est dans leur queue, et Esaïe nous dit : La queue, c'est le prophète qui enseigne le mensonge, 9, 4 4. Ces sauterelles ne feront de mal ni à l'herbe, ni 4 la verdure, ni aux arbres, mais aux hommes, et ù ceux-là seulement qui n'ont point la marque de Dieu sur leurs fronts. Gibbon, et ce n'est pas une autorité suspecte, rapporte qu'Abu- Beker. successeur de Mahomet, donna 4 ses sectateurs cet ordre remarquable: • Ne aucun mal à l'herbe de la terre, ni aux au delà de ce qui est nécessaire ; et quand voss trouverez des hommes qui , comme simples chrétiens, adorent Dieu, laissez-les et ne leur faites aucune violence. Mais quant A ceux «si ont la tète rasée, qui se prosteruent devant les saints et les idoles, ayez soin de leur fendre la tête, et ne les laissez vivre qu'à condilioa qu'ils se soumettent et qu'ils payent le tribut. > — Celle nuée de sauterelles couvrit et ravagea pendant un siècle et demi la chrétienté tout entière, soit en Orient, soit en Occident ; mai* deux pays, ceux dans lesquels étaient cachées les vraies Eglises du moyen âge, les Albigeois et les Yaudois , furent presque exemptés de cette plaie, et si les Sarrasins, ayant franchi les Pyrénées, s'abattirent un moment sur le centre de la France, les pauvres de Lyon sauvèrent le royaume par leurs prières et leur fidélité. Charles-Martel, suscité de Dieu, remporta sur les "
SCS
murs de Poitiers. Digby fait observer encore | $ceau ; le cheval nqir, emblème de deuil et de « qu'il ne fut pas permis a ces sauterelles de calamité. La balance, signe de la rareté des
tuer les hommes, mais seulement de les tourmenter, » et qu'en effet, après avoir tourmenlé pendant longtemps les Etals de la chrétienté qui étaient tombés dans l'apostasie, ils finirent par se retirer sans avoir pu, ni renverser l'empire romain, ni établir (comme les Turcs le firent plus lard) un empire inahométan sur les ruines d'un empire chrétien. La durée du pouvoir de ces sauterelles symboliques devait être de cinq mois prophétiques, c'est-à-dire de cent cinquante ans, et l'histoire nous apprend que cent cinquante ans après le commencement de la carrière de Mahomet (6*2), les Sarrasins, fatigués de la guerre et las d'errer depuis si longtemps, se tournèrent vers l'agriculture, et bâtirent sur les bords du Tigre, en 762, la ville de Bagdadi a laquelle ils donnèrent le pom de Cité de la Paix, en témoignage de leur nouvelle résolution. Quant au roi de ces sauterelles, Digby le voit naturellement dans Mahomet lui-même. SAVON, v. Nitre.
SCEAU- v. Cachet. Les sceaux de l'Apocalypse 5, 9. sq., qui tiennent fermé le livre de l'avenir désignent le mystère dont les choses futures sont encore enveloppées, et que Jésus- Christ seul a acquis le droit de connaître et de pénétrer.
L'explication suivante de ces sceaux a de l'intérêt comme résumé des vues de l'école allégorique ou école des prophéties accomplies, quoique ce point de vue a bien des égards nous paraisse trop spirituel. M. Guers, dans ses derniers écrits, a cherché a justifier par quelques considérations sur l'éludo de la prophétie, un système qui a été bien des fois attaqué et qui n'avait pas encore été solidement défendu.
Les sceaux apocalyptiques, dit-il, paraissent se rapporter à de grands jugements que Dieu déploie, dès les premiers siècles de l'Eglise, contre Rome idolâtre et persécutrice, et les autres ennemis de sa parole et de son nom. Au milieu de ces jugements, l'Eglise a beaucoup a souffrir; mais les fléaux qui châtient le monde, servent à la purifier. — Le premier sceau ; Jésus, vainqueur miséricordieux, étend partout sa domination spirituelle. Rome païenne voit ainsi se miner le ténébreux empire de l'idolâtrie. Bientôt elle recevra des échecs d'un autre genre. — Le deuxième $ceau : le cheval rouge, emblème de l'effusion du sang. Jésus uoo plus dans sa grâce, mais dans sa providence, frappe Rome persécutrice. — Insurrections, batailles sanglantes, massacres affreux, dévastations inouïes entre l'an 400 et l'an 43s de notre ère. Cinq cent quatre-vingt mille Juif» sont exterminés par les gentils -t un plus grand nombre de gentils le sont par lea Juifs.— La troisième
vivres. On pèsera à chacun sa nourriture temenl, comme cela se fait dans une compagnie réduite à l'extrémité. Le denier était la journée de l'esclave, et le chèoix; ce qu'il lui fallait, â lui seul, de pain pour un jour; â présent, qu'aura sa famille? — Grande famine de 438 â 493. — Le quatrième sceau: le cheval fauve porte la mort, suivie de l'enfer ou sépulcre (badès).-De 4 93 â 170, l'empire a plus de vingt chefs qui pour la plupart , le gouvernent avec une tyrannie révoltante. En outre, plus de trente usurpateurs périssent dans le même intervalle avec des multitudes de leurs partisans. La guerre est suivie de la famine et la famine de la mortalité, qui règne pendant quinr.e ans avec une fureur presque sans exemple. Les bètes sauvages désolent les terres, les hommes se battent avec des lions, des loups et des tigres. — Le cinquième sceau ; grande persécution dioclélienue. Le sang des âmes sous l'autel crie vengeance : « Jusques â quand, Seigneur, supporteras-tu ces crimes P jusques à quand tarderas-lu de venger le sang de tes élus, coulant â flots dans tout l'empire P » — Encore un peu de temps, le sixième sceau sera brisé, Rome idolâtre tombera. — Entin, le septième sceau, renfermant les sept trompettes et les sept fioles , ou sept plaies, comprend tous les fléaux qui doivent châtier le monde et toutes les épreuves paternelles qui doivent épurer l'Eglise, depuis la chute de Rome idolâtre jusqu'à la graude délivrance des élus, c'est-à-dire jusqu'au millénium.
SCÉBA (captivité), ou Sbeba. 4° Descendant de Carnet de Cus par Rahma, nommé â coté de Dedan, Gen. 40, 7., cf. 4 Chr. 4, 9. — 8° Descendant de Sem et de fléber par Joklan, Gen. 40, 28., cf. 4 Chr. 4, 22. La tradition arabe a conservé cette origine pour une de ses peuplades. — 3° FHs de Joxsau, et pelil-lils d'Abraham et de Kélura, Gen. 25, 3. Il est également nommé â côté de Dedan. (Quant a Séba, (ils ainé de Cus, v . Séba.) Ces trois hommes du nom de Sbeba sont-ils différents? sontils des chefs d'autant de peuplades différentes ? Rosenmuller le pense, et il retrouve la troisième famille Job 4, 45., où cependant il est plus naturel de 1 entendre des Arabes en général, de troupes d'Arabes. L'identité de nom de leurs deux frères pourrait faire penser â une identité des individus, n°* 4° et 3°, si la descendance n'était pas différente, la première étant camile et la troisième sémite. Quant aux deux premiers chefs, Michaëlis essaye de les fondre eu une seule famille, ou plutôt eu une alliance de familles, tellement que le pays de Sbeba aurait été habité en partie par des Cusi-
SCK