XI
tes, en partie par des Joxlanides; Valer et Bohlen y voient au contraire deux traditions différentes sur l'origine d'une même peuplade; Schrœder lient le milieu entre ces deux opinions, mais inclinant davantage vers la première : les Sabéens, dit-il, ont dans cette table généalogique , un double élément d'origine, ils remontent par une fusion de races à Cam et à Sem, et peut-être les uns à Cam, les autres à Sem, mais habitant le même territoire et ne formant i lus qu'un seul peuple, sinon une même famille. On ne doute pas qu'il ne s'agisse sous le nom deSheba, des célèbres Sabéens de l'Arabie Heureuse, habitant le nord de l'Yémen actuel, selon d'autres une partie de l'Arabie méridionale, Joël 3, 8. Ps. 72,10. Jér.6,20. Leurs caravanes traversaient les déserts, et portaient jusqu'aux ports marchands de la Méditerranée, les trésors de leur riche végétation et de leurs précieuses mines, de l'or, des pu rreries, des épices, de l'encens, de la casse, etc. Ez. 27, 22. 38, 13. Job 6; 49. Es. 60, 6. Celle peuplade riebe et belle, la plus grande de l'Arabie, devait à ses richesses la considération générale dont elle était entourée, et les parfums aromatiques de ses rivages donnaient lieu aux récits les plus exagérés, aux légendes les plus fabuleuses. Ils faisaient le commerce de transit entre l'Asie et l'Europe, et leurs caravanes allaient jusqu'en Syrie et en Mésopotamie ; ils paraissent même avoir été en relations d'affaires avec les Indes. Leur capitale, bâtie sur une colline, portait le nom de Sabas, et resplendissait de palais et de temples aux colonnes plaquées d'or; des travaux d'art gigantesques, et de la plus haute antiquité, réunissaient au-dessus de la ville les eaux des montagnes voisines, el formaient un lac artificiel dont les eaux en s'écoulant par un nombre considérable de petits canaux, assuraient aux jardins, aux prairies, et aux plantations d'arbres une feriililè digne du paradis. Des< endants de Cus, les Sabéens, déjà grands, trouvèrent un nouvel élément de grandeur et de puissance dans leur fusion avec les Sabéens joktanides, auxquels se joignirent plus tard encore, comme troisième élément d'une nationalité qui grandissait en se mélangeant, les Sabéens issus d'Abraham et de Kélura. Ils paraissent avoir fait un commerce d'esclaves, Joël 3, 8.
La reine de Sheba qui visita Salomon, 4 R. 40, était selon toute apparence originaire de celte contrée, et c'est à tort que Josèpbe la fait venir d'Ethiopie; les détails qui accompagnent le récit de sa visite s'accordent mieux avec la première supposition qu'avec la seconde. Les Abyssins, du reste, ont accepté la tradition de Josèpbe comme donnant un certain lustre à leur histoire; ils ajoutent qu'elle se nommait Ma-
queda, el qu'elle eut de Salomon un 01s qu ressemblait tellement a son père que celui-ti. jaloux, le renvoya; le jeune Menibélec emporta l'arche de l'alliance, qui l'aida un jour de sabbai à traverser une rivière, et ce miracle le couverlit (Gobât, p. 322); la reine elle-même aurai! aussi embrassé le judaïsme.
Preiswerk (Morgenland) voit dans Sheba ri Dedan les deux familles principales de l'Indr. unies ou séparées par le Gange, et place Sbeha a l'orient ; celte opinion ne peut guère se soutenir, quoiqu'elle ait aussi pour elle l'appui de Bohlen.
SCEPTRE, bâton de bois de la hauteur d'ra homme, que déjà les rois de l'antiquité portaient comme les insignes de leur autorité, Am. 4. 5 Zach. 40, 44. Ez. 49, 4 1., cf. Geo. 49,4 0. Nomb 24.47. Es. 44, 5. et Mad., 4, 234. 2, 4 83. D'apr* Josèphe, ils emportaient même leur sceptre dans la tombe, vrai symbole de la vanité des gloires et des puissances de ce monde, qui sont enterrées avec ceux qui en ont joui sur la terre. I» boulette du berger a peut -êlre donné naissant à l'idée du sceptre royal, car les premiers rois ne furent que des princes nomades, cf. Ps.2.9., et le sceptre ne devait être en effet qu'une houlette, l'emblème du gouvernement, de la direction. Il n'a pas tardé à devenir une verge. Dipiès Diodore de Sicile, le sceptre des rots d'Egypte aurait rappelé par sa forme un instrument d'agriculture, le grand bras de la charrue. Le sceptre d'Assuérus était d'or, ou plaqué d'or. Est. 4, 41., ainsi que celui de plusieurs rois absolus de l'antiquité, lliad., 4,4 5. Cyrop., *, 7, 4 3. Si ra bon parle des autres ornements don le 3ceptre est susceptible, et qui étaient particulièrement recherchés des Orientaux. Abaisser son sceptre était de la part d'un roi un acte dt grâce, un signe de pardon ; en baiser l'extrémité était de la part d'un sujet un acte de soumission et de dévouement. Est. 5, 2. Saûl, roi militaire, parait avoir porté avec lui sa ballebarde en guise de sceptre, 4 Sam. 48, 40. 21 6., et Justin raconle qu'aux premiers temps it la fondation de Rome, les rois portaient dfs lances au lieu de diadème, comme signe caractéristique de leur dignité, el que les Grec» donnèrent à ces lances le nom de sce[<in (43, 3.).
SCEVA (vanité), principal sacrificateur, t* plutôt rabbin principal d'Ephèse, et père de sept jeunes gens qui faisaient de ville en ville le métier d'exorcistes, Act. t9, 44. Jaloux de saint Paul qui faisait plus de miracles qu'eux, et ne voyant en lui qu'un concurrent plus heureux, ils essayèrent de lui emprunter sa formule, et invoquèrent contre le malin esprit dont un homme était possédé, le nom « de ce Jésus que Paul prêche. » Mais cette invocation
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du nom de Jésus n'étant pour eux qu'une formule, elle ne servit qu'à provoquer encore plus ie malin esprit, qui ne leur reconnaissait aucune puissance; il se jeta sur eux, les maltraita et les chassa honteusement. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit ailleurs des possessions, et par conséquent des exoreismes : que toutes les maladies, ou qu'un certain nombre d'entre elles seulement soient produites par l'habitation d'un malin esprit, et deviennent susceptibles d'être guéries par des prières pleines de foi, par des secrets diaboliques, ou par des influences humaines d'un ordre surnaturel, peu importe; l'histoire des fils de Scéva nous montre un homme malade, dont la maladie a résisté aux paroles sans foi de quelques charlatans, et qui a reconnu la puissance de Paul par Jésus.
SCHIBBOLETH, mot hébreu qui signifie fleuve, ou épi de blé. Il a pris dans notre langue le sens de « signe de reconnaissance, » a cause du rôle qu'il a joué à la suite d'une bataille entre Jepbthé et les hommes d'Ephraïm, Jug. 41, 6. sq. Les Ephraïmites ayant été défaits, Jepbthé, qui s'était emparé des gués du Jourdain, coupa le passage a tous ceux qui furent reconnus comme membres de cette tribu. Les Ephraïmites avaient, à ce qu'il paratt, un défaut de prononciation ; ils ne pouvaient pas dire schibboleth, mais sibboletb, et comme ce mot, à cause de sa signification, se reproduisait naturellement dans la conversation de gens en fuite courant vers un fleuve qu'ils devaient traverser pour sauver leur vie, ils se trahissaient involontairement, sans qu'il soit nécessaire de supposer que leurs ennemis les obligeassent à le prononcer, comme un signe spécial de reconnaissance. — Dans un bon, comme dans un mauvais sens, l'homme peut avoir un langage de convention qui trahit ce qu'il est, et parfois ce qu'il veut paraître; le schibboleth dogmatique s'apprend facilement, et l'on en a abusé, au point qu'il ne peut plus servir a distinguer les vrais et les faux frères.
SCIE. Les Hébreux connaissaient l'usage des scies à marbre, 4 R. 7, 9. Malheureusement ils paraissent avoir fait de cet instrument un usage dont rien ne justifie la cruauté ; à l'instar des Egyptiens, des Perses, des Tbraces, et même des Romains, ils ont pratiqué à l'égard de leurs prisonniers de guerre, et notamment des chefs, le supplice de la scie, * Sam. tî, 34. 4 Chr. 20,3. On regrette que le nom du roi David soit taché du souvenir d'aussi atroces barbaries, et l'on ne peut comprendre de pareils actes qu'en se rappelant qu'ils furent contemporains de ses crimes et de ses remords, antérieurs a sa réconciliation avec Dieu. Il se vengea par des cruautés nouvelles, des cruautés que lui avait
fait commettre son coupable amour, et il s'en vengea sur ceux-là mêmes qui en avaient été la cause certes fort innocente, sur les habitants de la ville qu'assiégeait le généreux Urie, trop confiant pour prendre garde à sa femme, et se méfier de son roi. — L'allusion de Hébr. 44, 37. semble se rapporter au genre de mort que, d'après la tradition, Esaîe souffrit sous Manassé.,cf. Hérod., î, 337. Val. Maxim., 9, 2. Suéton., Calig., 27, etc.
SCILO, Gen. 49, 40. ». Silo.
SCORPION, mauvais petit insecte des climats chauds, particulier à l'Orient, mais bien connu partout pour le danger mortel que présentent ses piqûres. Il en est parlé dans la Bible, tantôt dans le sens matériel du mot, tantôt d'une manière figurée pour représenter les méchants, Deut. 8, 4 5.Ez. 2, 6. Luc 40,49. 4 4, 42. Apoc. 9, 3., etc. Le scorpion (genre des arachnides pulmonaires) a beaucoup de rapports avec l'écrevisse des rivières, et n'est guère plus petit; il se tient volontiers dans les lieux humides, sous les pierres, dans des caves, dans des trous de murailles ; dans les nuits d'été il se promène sur les escaliers et dans les rues. Sa téte et sa poitrine semblent ne faire qu'un ; son front est orné de deux grosses pinces, et de six ou huit yeux; de sa poitrine sortent huit jambes qui se divisent en six parties couvertes de poils, dont la dernière est munie d'un petit ongle. Son abdomen se termine brusquement en une queue longue et grêle, composée de six anneaux qui >ont liés comme des grains de chapelet (Calroel); du dernier, sortent un et quelquefois deux aiguillons creux qui laissent échapper, d'une glande sise à leur origine, un venin froid très acre qui pénètre dans la partie blessée; à moins d'un prompt secours, une fièvre ardente conduit rapidement le malade à la mort. On dit que le meilleur remède consiste à écraser immédiatement le scorpion sur la plaie; c'est qu'entre la piqûre et l'injection du venin il se passe toujours un instant, quelque court qu'il soit, et la mort immédiate de l'animal peut souvent l'empêcher de consommer ce dernier acte. On sait que les orties, froissées avec force, ne font aucun mal, parce que la glande ne peut s'ouvrir; c'est peut-être le même fait qui se produit, quoique sous une autre forme, dans ce qu'on appelle l'application du scorpion en emplâtre. Les scorpions d'Europe (Italie, midi de la France) sont du reste innocents en comparaison du scorpion oriental , qu'on a appelé scorpio afer à cause de sa couleur noir-suie. Il y avait beaucoup de scorpions en Palestine, notamment dans les montagnes de Juda et dans les plaines du Jourdain, et c'est à leur abondance sans doute que cette contrée (de Sichem à Sepbna) a reçu le nom d'Acrabalène (de 11
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breu bakkrab), Jos., Guerre des Juifs, 8, 1 2.; de même l'Acrabatène d'Idumée, 1 Macr. 5, 3., et enûn la montée des Scoi pions, ou des Hakkrabbim, q. v., a la frontière sud de la Palestine, Nomh. 34, 4. Jos. 45, 3. Jug. 1, 36. — Les scorpions que nos versions ont rendus par écourgées, 4 R. 43, 41 . 44. 2 Chr. 40, 41. 4 4. étaient une espèce de fouet ou de knout armé de pointes.—L'instrument désigné. 4 Mace. 6, 54. sous le nom de scorpion était une machine de guerre avec laquelle on lançait des flèches ; elle est décrite par Tertullien.
SCRIRË, en hébreu sopher, en grec ?pxp{iatsû;, littéralemeul écrivain. C'était, comme le doctorat de nos jours, une espèce de titre d'honneur qui impliquait certaines connaissances, celle de la loi en particulier, mais qui n'était pas incompatible arec d'autres fonctions d'une nature toute différente, et qui laissait les opinions religieuses et la position ecclésiastique presque entièrement libres. Esdras est appelé scribe, Esd. 7, 6. 41. Néh. 8, 4. 9. 13., Tsadoc de même, Néh. 13, 13. Ce mot se trouve deux fois Es. 33, 18.; la première fois, il désigne celui qui éci U (les impôts) ; la seconde, celui qui fait le compte des châteaux du pays, espèce de conimissaire des guerres. L'officier, chef de l'armée, qui tenait les rôles des soldats du pays, 4èr. 52, 25., est aussi un écrivain, un scribe, un sopher ; quelques-uns ont pris ce nom de Sopher pour le nom propre de cet officier (Luther). Le litre de scribe donné pour la première fois à Esdras signifie un homme versé dans la connaissance de la loi ; c'était la philosophie de cette époque ; depuis l'exil , tout le culte se réduisait a l'observation de la loi; la conscience, chez le peuple, se mesurait a la loi; l'esprit s'en allait, les prophètes s'en allaient, le canon se fermait, le culte perdait le prestige d'une splendeur terrestre, la nationalité ne se rattachait plus au territoire, et tout concourait à relever la loi, à lui rendre sa majesté, à en faire l'objet exclusif du respect des Juifs pieux ; son étude fixa l'attention des sages, et la science remplaça la sagesse, l'étude remplaça la philosophie. Celte science tourna, chez le grand nombre, a no puéril scolasticisme ; chez quelquesuns, elle resta une science selon Dieu. Quelque défaveur qui s'attache au nom de scribe, il y eut des scribes pieux et respectables ; Us se mirent à enseigner le peuple, et l'on trouve déjà, Eccl. 42, 41., une allusion a des écoles de ce genre. La sagesse se manifestait sous la forme de proverbes, d'énigmes, Prov. 4, 6., de poé mes sentencieux , tels que Job, les Proverbes, l'Ecclésiaslc, et un certain nombre de Psaumes; ce sont des considérations générales sur la vie, tes leçons de l'expérience reproduites par l'imagination, d'une manière courte, saillante et fa-
cile à retenir. La crainte de l'Eternel était le
principal de la sagesse; mais, peu à peu, le principal se déplaça, et les sages commencèrent à faire de l'esprit en épiloguant sur ta lettre. On les reconnaît toujours là.
Du temps de Jésus, les scribes portaient aussi le titre de docteurs de la loi : c'est même le nom que leur donnent le pins ordinairement Luc et Paul. Ils sont fréquemment nommés a coté des pharisiens, Matth. 5, 20. 42, 38. 45, 4 . 23, 2. Quelques-uns d'entre eux étaient réellement pharisiens, Act. 23, 9. ; d'autres étaient sadducéens, Marc 42, 28., et il ressort delà comparaison de ces deux passages que les scribes étaient les savants des partis, mais qu'ils n'en constituaient pas un à eux seuls. On le» voit en relation avec le souverain sacrificateur, Matth. 24, 15. 27, 44.. v. aussi Sanhédrin. Ce corps célèbre se composait du souverain sacrificateur et de pharisiens , au nombre desquels on comptait des scribe?. Ces trois puissances étaient liguées contre le Sauveur du monde; les scribes, pour leur part, l'observaient pour avoir l'occasion de l'accuser et de le faire condamner, Luc 6, 7. 44, 54., commentaient publiquement ses discours, blâmaient ses actes, décriaient ses mœurs, cherchaient a le surprendre par des questions artificieusement posées, et a le mettre dans l'embarras, Matth. 9, 3. 12, 38. 22. 35. Luc 5, 30. 40, 25. 4 4 , 53. 45, 2. 20, 24 ., mais le Seigneur leur fermait la bouche, et sa pure intelligence, la divinité de sa morale, lui dictaient des réponses qui les contraignaient â se retirer confus. Les scribes, plus aigris sans doute du ridicule qui rejaillissait sur eux dans ces luttes inutiles, que zélés pour la défense des dogmes juifs ou de leur propre incrédulité, jurèrent sa mort, Luc 20, 49.; ce fut le seul argument qoi leur réussit.
Quant à leur position officielle, on voit, par plusieurs passages , que Jésus même leur reconnaissait une sorte d'autorité légale, Matth. 23, 2.; ils veillaient de concert avec les pharisiens et les principaux sacrificateurs, aux observances de la loi, faisaient la police du temple et des synagogues, Matth. 45, 4. Luc 20, 4. Act. 6, 44., et réclamaient du peuple de grandes marques de respect, Luc 20, 46. On trouvait des scribes jusqu'en Galilée, Luc 5, 47.. d'où il ressort que leur activité ne se bornait pas a Jérusalem seulement, mais s'étendait à tout le pays; d'après Josèpbe, Ant., 4 8, 3, 5.. il y avait des docteurs de la loi même à Rome.
Les scribes étaient ainsi les savants du judaïsme, les docteurs, les professeurs de théologie, et en cette qualité ils formaient une espèce de caste avec des intérêts communs. La loi de Dieu étant le centre de toute science juive, le trésor de la vérité, le