‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 344 sur 398 · HUI · texte numérisé non relu

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, Sépultures. Les Hébreux, comme de nos jours les Orientaux, avaient l'habitude d'enterrer leurs morts hors des villes, et loin des habitations Gen. 23, 9. Jos. 24, 33. Luc 7, 42. Jean 44, 30. Les rois seuls, et les prophètes paraissent avoir eu quelquefois le privilège d'avoir leurs tombeaux dans des villes, 4 Sam. 25, 4. 28. 3. 4 R. 2, 40. 2 R. 40, 35. 42, 24. 2 Chr. 46, 44. 28, 27. D'ordinaire ces tombeaux étaient des grottes ou des cavernes, et Ton choisissait de préférence des endroits ombragés, des jardins entourés d'arbres, Gen. 23, 47. 35, 8. 4 Sam. 34, 43. 2 R. 24, 48. 26. Jean 49, 44.; la Palestine contient beaucoup de grottes naturelles, cependant on aimait mieux en général en construire d'artificielles, faire creuser dans un rocher une chambre, ou un caveau régulier parfois très étendu, comprenant plusieurs compartiments réunis par des galeries, et destiné soit à une famille entière, soit à des personnes privilégiées, Es. 22, 46. 2 Cbr. 46, 44. Matlb.27, 60. Jean 44, 38. Luc 23, 53. Quelquefois aussi ces tombeaux étaient placés sur des montagnes, 2 R. 23, 46., cf. Virg., An., 4 4, 849. Ou voit par Es. 44, 48. 4 R. 2, 34. 2 Chr. 33, 20., que des personnes pouvaient obtenir l'autorisation de se faire enterrer dans leurs maisons, c'està-dire sur leur propriété, dans le jardin attenant à leur maison. Les princes et les grands n'étaient pas seuls à posséder des tombeaux de famille, 2 R. 9, 28. 2 Cbr. 32, 33. 35, 24., mais on en trouvait dans presque toutes les familles aisées et respectables, Gen. 23, 20. Jug. 8, 32. 2 Sam. 2, 3?. 4 H. 43, 22.Tobie 44,43., et c'était un vœu naturel des mourants d'être ensevelis dans les sépulcres de leurs pères, Néb. 2, 3. Gen. 47, 29. 60, 5. 2 Sam. 49, 37. 4 R. 43, 22. 34.; il ressort de Jér. 26, 23. que c'était pour les grands une grave peine que d'être ensevelis dans le cimetière commun. Ceux qui n'avaient pas de tombeaux de f.tmille, désiraient au moins d'être ensevelis dans leur patrie, en terre sainte. On fermait les sépulcres avec de grosses portes, ou en roulant une pierre à leur ouverture, surtout pour les préserver du carnassier chacal, Matib. 27, 60. 28, 2. On les reblancbissait à neuf après la saison des pluies, au mois de mars, Mailh. 23, 27., et les rabbins ajoutent que c'était pour prévenir les nombreux voyageurs qui se rendaient à Jérusalem pour la pâque, de ne pas se souiller en s'arrêtant trop près de la demeure des morts. La Palestine, la Syrie, et le vieux Edom, renferment encore un grand nombre de ces monuments : les uns sont creusés perpendiculairement dans la terre, et l'on y descend par des degrés ; les autres sont placés horizontalement, et l'on y entre de plain-pied : à l'in-

térieur on trouve le plus souvent deux ou trois pièces ou divisions, dont la seconde est plus basse que la première : la plupart ont dans la muraille des niches ou enfoncements d'à peu près 2 m. de long, dans lesquels on déposait les cadavres.

Parmi les tombeaux qui entourent Jérusalem, les plus remarquables sont les sépulcres des rois, 2 Chr. 24, 20. 28, 27. Néb. 3, 46. Ils sont situés au nord de la ville, se composent d'un vestibule et de sept chambres, et paraissent réellement être des tombeaux de rois; mais H est peu probable que ce soient ceux des anciens rois de Juda. Les tombeaux des juges (des membres du sanhédrin), au nord-ouest de Jérusalem, sont moins remarquables et encore plus entourés de mystère quant à leur authenticité.

De bonne heure l'usage s'introduisit d'élever des monuments sur les tombeaux : ce ne furent d'abord que des pierres brutes ou grossièrement travaillées, cf. Job 24, 33. Tiad., 23,255. Virg., JEn., 6, 365.; plus lard, ce furent de magnifiques mausolées, souvent enrichis d'inscriptions, de sculptures ou de bas- reliefs symboliques, 2 Sam. 48, 48. 4 Macc. 43, 27. 28. La violation des sépulcres, le vol des ornements, des armes, Ez. 32, 27., et, en général, de ce qu'on pouvait avoir déposé avec les morts dans la tombe, la sacrilège exhumation des ossements, passait déjà, dans l'antiquité, pour une honteuse et barbare profanation. Jér. 8, 4 . Baruc 2, 24. Quelquefois on dérobait les cadavres pour les employer à des sortilèges, et l'on a cru voir Es. 65, 4. une allusion à cette coutume; mais il est plus probable qu'il s'agit, dans ce passage, ou de sacrifices superstitieux offerts sur It s tombeaux pour apaiser les mânes des morts, ou d'une espèce de nécromancie qu'on pratiquait la nuit sur les tombeaux. Après l'exil, on rechercha soigneusement les tombeaux des prophètes et des saints hommes de l'ancienne alliance, on rétablit ceux qui tombaient en ruines, et on les embellit de divers ornements, Matth. 23, 29., signe de respect que l'antiquité grecque connut aussi, mais qui ne sauva pas les Juifs des accusations méritées de notre Seigneur et du reproche de persécuter les prophètes vivants et de les honorer morts.

— Le Saint-Sépulcre. Un des plus beaux monuments de la Jérusalem moderne est incontestablement ce vaste et majestueux édifice qui, entouré de couvents de tous côtés, se com pose à lui seul de trois églises différentes, et porte dans son ensemble le nom d'église du Saint-Sépulcre. On ne peut y pénétrer que d'un seul côté, à travers une petite cour, et l'on n'en voit du dehors qu'une seule façade. Sa nef principale est l'Eglise du Saint -Sépulcre

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proprement dite, on l'on montre, dans one chapelle de marbre noir de 15 m. de hauteur, le tombeau vide de Jésus : c'est une rotonde dans le genre du Panthéon; elle est éclairée par une coupole reposant sur des colonnes. A l'orient, mais plus élevée de 18 marches, esl l'église du Calvaire, où Jésus doit avoir été crucifié; on y montre, sous l'autel, les trous où les croix ont été plantées, et la fente d'un des rochers qui s'ouvrirent à la mort de Jésus, ouverture qui doit aller jusqu'au centre de la terre, et où l'on a trouvé le crâne d'Adam. Plus loin enfln, vers le sud, et 21 marches plus bas que la premièr», est l'église de Sainte-Hélène, ou de l'Invention (ou découverte} de la croix, où l'on prétend que l'impératrice Hélène a retrouvé la vraie croix, encore munie de son inscription, avec celles des deux larrons. Chacune de ces églises a naturellement ses traditions, ses légendes, ses lieux privilégiés et ses reliques; on y montre les tombeaux de Godefroi de Bouillon et de Baudouin, à côté de la

Ïierre que l'ange roula de l'entrée du sépulcre, oui y est magniflque, marbre et or, mais, à l'exception des souvenirs que l'Ame chrétienne évoque en elle-même, on n'y trouve rien pour l'édification , la nuit de Pâques moins que jamais. Le vendredi saint on éteint tous les cierges; on les rallume le samedi soir, et la superstition veut que ce soit un feu miraculeux jaillissant du rocher, qui les rallume ; les pèlerins grecs et latins s'imaginent que ce sera pour eux une grande bénédiction d'avoir allumé leurs flambeaux à ce feu sacré, et ils se précipitent pêle-mêle, dans le plus grand désordre, au milieu de cris furieux et de rixes sans bornes, pour arriver à cette flamme merveilleuse : les soldats turcs ont beaucoup de peine a empêcher que ces luttes ne dégénèrent en de véritables combats sanglants et meurtriers; il y a la un scandale d'imprécations et de voies de fait qui ne se voit nulle part ailleurs, et qu'on ne s'attendait guère a trouver dans une église consacrée | ar les plus saintes traditions de l'humanité.

L'origine de ces bâtiments remonte aux jours de Constantin. Sa mère, l'impératrice Hélène, aurait, à l'âge de quatre-vingts ans, au dire de Theodoret, entrepris le voyage de Jérusalem, pour chercher à découvrir le sépulcre et la croix du Sauveur. Ses recherches auraient été bénies de Dieu; quelques indications fournies par les habitants de là ville, et surtout un instinct my sérieux et divin, l'auraient conduite à la place même où, depuis Adrien, s'élevait un temple de Vénus; elle y fit faire des fouilles, et pendant qu'elle était en prières, on trouva, enfouies dans une espèce de puits, les, trois croix parfaitement conservées; l'une d'elles',

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en guérissant une femme malade qui était présente, prouva qu'elle était la vraie croix. IMus loin on trouva les trous où ces croix avaient été plantées, et plus loin encore, sous le temple même de Vénus, le tombeau du Sauveur. C'est donc là que Constantin fit élever en 335 l'église de la Bèsurreçtion ou du Saint-Sépulcre, et à côté celle du Calvaire. Dès lors, exposées à toutes les vicissitudes qui ont frappé la sainte cité, ces églises ont été détruites parles Perses en 614, relevées en 1010 par le calife Hakem, achevées en 1048, et Godefroi de Bouillon les a réunies et groupées en un seul édifice qui, malgré l'incendie de 1807 et les additions continuelles de couvents grecs, arméniens et catholiques, a conservé sensiblement la forme qui lui fut donnée à l'époque des croisades.

Quant à l'authenticité de ces traditions, les savants et les voyageurs sont loin d'être d'accord; les raisons" pour et contre se balancent si exactement qu'il est difficile de prononcer, et la plupart de ceux qui ont examiné la question â fond et sérieusement, laissent la réponse indécise, penchant dans un sens ou dans l'autre suivant leurs habitudes et leur tempérament, mais reconnaissant qu'on ne saurait rien affirmer. Nous ne parlons pas, cela va sans dire, de ceux qui ont intérêt à la chose et qui acceptent toutes les reliques les yeux fermés, y compris les fragments de l'échelle de Jacob et les exclamations de Joseph le charpentier.

La tradition qui remonte jusqu'à Constantin, à peu près sans contestation, remonte plus haut encore, puisque, si elle est vraie, elle nous montre l'emplacement du Saint-Sépulcre consacré, ou plutôt profané, par les statues de Jupiter et de Vénus qu'Adrien y avait fait élever. Jérusalem avait vu ses parvis foulés par les gentils; son nom même avait été changé; la ville sainte était devenue la colonie ^Jia Capitolina; les conquérants, dans l'ivresse de leur triomphe, l'avaient placée sous le patronage de Jupiter, et Sozômène ajoute (XI, I) qu'ils avaient dressé les idoles à l'endroit même où le dieu des chrétiens avait été crucifié : N'était-ce qu'une bravade? n'était-ce pas peut-être le désir de rattacher le présent au passé. Peu importe; le fait lui-même parait constant; Ëusèbe, qui était né à Césarêe en 270 et qui devint évêque du pays en 315, accepte la tradition dans son Onomasticon (330J qui n'avait d autre objet que de rappeler et de fixer le souvenir des différents lieux mentionnés dans l'Ecriture sainte : Jérôme qui vécut en Palestine à la fin du IV" siècle, et qui traduisit du grec en latin l'œuvre d'Eusèbe, la confirme par son témoignage. Le Saint-Sépulcre actuel, qui occupe la même place depuis Constantin, occupe donc aussi la même place que le temple de

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Vénus, érigé par Adrien; et pour qu'Adrien

eût choisi cet emplacement, on a lieu de supposer qu'il y fut amené par des traditions déjà existantes parmi les chrétiens. Tout cela n'est pas rigoureusement logique, mais ce n'est pas dépourvu non plus d'une certaine vraisemblance, et nous ne discuterons pas la solidité des chaînons de ce raisonnement. La tradition nous amène donc, plus ou moins sûre, jusqu'à la On du premier siècle de l'Eglise. Mais ici nous avons tout un demi-siècle, au moins, d'interruption dans la tradition, et ce demi-siècle renferme les persécutions dirigées contre les chrétiens, plusieurs changements notables dans la topographie de Jérusalem, l'agrandissement de la sainte cité, le siège de quatre années qu'elle eut à subir, sa complète destruction, l'exil de ses habitants, et pendant les trente années qui suivirent, la mort probable de ions ceux qui avaient assisté à la crucifixion du Sauveur. Soixante-dix années s'étaient écoulées, deux générations avaient passé depuis que Jésus était mon sur la croix, de l'an 29 à l'an 400, et quoiqu'on ne doive pas exagérer l'indiffcrence que les Juifs, et les chrétiens surtout, devaient mettre à conserver le souvenir matériel des faits qui se rattachaient à l'histoire évangélique, on doit convenir qu'ils y attachaient moins d'importance que nous ne le faisons nous-mêmes, et qu'en particulier le nombre de ceux qui pouvaient s'y Intéresser était relativement très peu considérable, dans les commencements surtout. Pour nous la croix a été poétisée de mille manières, mais pour les premiers chrétiens elle avait quelque chose d'infâme; c'était un instrument de supplice dont la destruction devait leur paraître bien plus désirable que la conservation. Les fils ou les amis d'un homme injustement mis à mort se vengeront sur Péchafaud, ils le mettront en pièces, ils le détruiront, bien plutôt qu'ils ne songeront à en faire l'objet d'un culte pieux, et nous ne pouvons juger de ce qu'éprouvaient les disciples de l'Eglise primitive d après ce que nous éprouvons nous-mêmes. Aucun des apôtres ne fait la moindre allusion aux lieux saints, pas même Jean dans la grandiose description qu'il nous donne de la sainte cité. Ce n'est que lorsque tout est oublié depuis longtemps que, tout à coup, nous voyons surgir la (radiliori païenne, et si l'on dit qu'elle devait se rattacher du moins à des traditions chrétiennes, on ne le prouve pas. Cette grande lacune suffit à jeter du doute dans l'esprit et a rendre impossible une affirmation positive. L'expérience des faits contemporains est du r sic la pour le prouver. Dans des villes qui ont été bouleversées de fond en comble par la prospérité moderne, pur les progrès du luxe

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oo de rindostrie, comme Genève, Paris , d'autres encore, il est des souvenirs datant de cinquante ans à peine, dont on ne retrouve plus la place avec certitude; les témoins sont encore vivants, mais ils ne s'accordent pas dans les renseignements qu'ils donnent, et cela est naturel : l'événement les a plus frappés que la place même où il a eu lieu.

L'Ecriture est sobre de détails sur la crucifixion et la sépulture du Sauveur; elle nous dit seulement que ces deux endroits étaient près l'un de l'autre, et tous deux près de la ville, mais hors de la porte (Uébr. 13, «2. 13. MaMb. Î7; Marc 15-, Luc 23; Jean 19). Or l'église du Saint-Sépulcre est située dans l'enceinte même des murailles, dans le quartier chrétien, dans l'angle formé par la rue de Damas et la rue de David. Cette objection ne manque pas de gravité : toutefois elle n'est pas absolument sans réplique. Aux jours de Christ Jérusalem était ceinte de deux murailles, dont la plus extérieure, partant de la tour des Jardins, allait en décrivant une courbe, se réunir à la forteresse Antonia. Mais Josèphe nous apprend (G. des Juifs, fl, i, 2., cf. Tacit., Hist., 5, 12) qu'un troisième mur fut construit aux jours de Claude (au moins 41 ans ap. C), pour rattacher à la vieille ville les nouveaux quartiers : ce serait a peu près, suivant les uns, la muraille aujourd'hui existante; suivant d'autres (v. de Velde, ïobler), il aurait renfermé encore une grande étendue de terrain, maintenant hors de la ville; celte dernière opinion est assez probable (Bovet), mais elle laisse complètement intacte la question relative au Saint Sépulcre, car il s';igil de savoir, non où finissait le troisième mur, mais où il commençait, et où finissait le second, celui de la Jérusalem contemporaine de Jésus ; or cette question n'est pas résolue , et les nombreuses recherches qui ont été laites à ce sujet, les assertions péreroptoires et contradictoires des voyageurs les mieux qualifiés, nous permettent de ne pas entamer cette discussion; elles disent, mieux que toutes les dissertations , l'incertitude qui règne sur la matière. Le tracé de ce second mur n'est pas connu, et les recherches les plus minutieuses n'ont pas abouti : I on ignore s'il renfermait la place occupée aujourd'hui par le Saint-Sépulcre, et dans ce cas, la question est tranchée dans un sens négatif, ou s'il la laissait en dehors, et dans ce cas l'authenticité est possible, mais elle n'est que cela. Parmi les modernes, Robinson, Tobler et van de Velde se sontdécidément prononcés contre l'authenticité; Kitto, Schickler et Bovet penchent au contraire eu sa faveur, tout en admettant qu'elle ne peut être prouvée d'une manière absolue. Ajoutons que d'après Matth. 27, 60. Marc 15, 46., et

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d'après l'usage des anciens Juifs, le tombeau i pliquer leur nature, voici les trois principales :

du Seigneur semblerait avoir été une grolte creusée dans le flanc d'un rocher, tandis que, au Saint-Sépulcre, c'est un mausolée détaché et parfaitement isolé, qui ressemblerait plutôt aux tombeaux des Romains qu'à ceux des Juifs : on peut admettre cependant que sa forme actuelle est due aux soins de Conslantin , qui aura fait tailler et enlever la partie occidentale du rocher, de manière à dégager complètement le sépulcre lui-même, et à le signaler davantage à la dévotion des fidèles. Ce sépulcre , taillé dans le roc dont il faisait partie, aurait été revêtu de plaques de marbre noir, qui auraient eu le double avantage d'être un ornement pour la chapelle, et uue protection contre les indiscrétions des pèlerins amateurs de reliques. Pour plus de détails, v. F. Bovet, Judée, III et V, et la Monographie (allemande) de Falmereyer.

SÉR AH (parfumée), tille d'Aser, et pelite-fille de Jacob, nommée on ne sait pourquoi, et contre l'habitude des généalogistes juifs, dans le recensement de Nomb. 26, 46. Les rabbins n'ont pas manqué de raconter on tissu de fables plus ou moins merveilleuses sur son compte, mais on ne sait réellement pas à quel fait elle doit son illustration et la place qu'elle occupe dans le dénombrement.

SÉRAJA (prince de l'Eternel). 1° Le dernier grand-prêtre d'Israël avant la captivité, 4 Chr. 6, 44. 2 R. 25, 48. Jér. 52, 24. Esd. 7, 4. Le roi de Babylone le fit égorger à Ribla, c'est tout ce que nous savons de lui, mais la mort d'un martyr laisse comprendre sa vie, et la conduite qu'il a tenue au milieu des troubles de son pays. — 2° Fils de Nérija et frère de Baruc, Jér. 51, 59. La charge qu'il occupait a la cour de Sédécias est diversement expliquée par les interprètes : chef de la prophétie (Vulgate), maréchal des voyages (syriaque), chef des largesses ou présents (alexandrin et caldéen) , grand chambellan (Dahler) ; cette dernière explication est la plus probable. Envoyé à Babylone par Sédêcias, il reçut de Jérémie l'ordre de faire connaître aux Juifs les oracles écrits du prophète contre Babylone, et il remplit ainsi à la fois deux missions opposées, l'une de dépendance au nom de son roi, l'autre d'espérance et de liberté au nom de l'Etemel. — 3° Complice d'Ismaël, 2 R. 25, 23. Jér. 40, 8. - 4° Fils de Hazriel, chargé d'arrêter Baruc et Jérémie, Jér. 36, 26.

SERAPHINS. Etres mystérieux qui ne sont nommés que Es. 6, 2-6. Ils entourent l'Eternel et célèbrent ses louanges ; ils ont la forme humaine, et six ailes ; de deux ils couvrent leur face en témoignage de respect, de deux ils couvrent leurs pieds, de deux ils volent. Des nombreuses hypothèses qui ont été faites pour ex-

1° On déduit le mot de l'hébreu sarapb, qui signifie brûler; ce seraient des êtres brillants et comme de feu (Gesenius) ; il est bien possible qu'ils aient été nommés ainsi comme les serviteurs de celui qui est un feu consumant, Deut. 4, 24. Hébr. 42, 29. 2° On compare le titre arabe de shérif, qui désigne un noble, un chef de tribu, et comme tels les séraphins seraient les puissances des cieux. 3° Les serpents brûlants (et volants) du désert, Nomb. 24, 6., ont été aussi pris comme terme d'analogie et de comparaison (Vatke) ; on allègue encore le culte rendu aux serpents dans plusieurs religions orientales, et la divinité égyptienne Sérapis (Hitzig), et l'on en conclut que les séraphins étaient des figure* qui avaient quelque ressemblance avec les serpents par leur forme, avec l'homme par leur figure, avec les oiseaux par leurs ailes ; d'autres pensent que c'étaient des corps d'homme, avec des têtes de serpents. D'autres supposent que les séraphins ne sont qu'un autre nom des chérubins. D'après Micbaëlis enfin, ce seraient des prêtres célestes offrant l'encens sous la forme des chérubins.

SÉKÉBIA, Ois de Mahlt, lévite, homme intelligent, établi à Casiphia pendant la captivité, se décida, a l'instigation de Iddo, à retourner a Jérusalem avec Esdras et sa caravane ; les ustensiles sacrés et les présents qu'Esdras emportait furent, pendant le voyage, confiés a ses soins et à ceux de ses amis, Hasabia et Esaîe, Esd. 8, 48. 24. On le retrouve encore, sous Néhémie, parmi les prêtres qui font dans le temple l'explication de la loi et les prières solennelles, Néh. 8, 7. 9, 5.

SERGE-PAUL, Acl. 43, 7., sénateur romain, préteur de l'Ile de Cypre. Homme intelligent, dégoûté des erreurs du paganisme, désireux de connaître la vérité, il avait admis auprès de lui Bar-Jésu, l'enchanteur, espérant que peut-être sa doctrine satisferait les besoins de son âme. L'arrivée de Paul excita de nouveau sa religieuse curiosité; Serge assista a une entrevue qui eut lieu entre l'Apôtre et le magicien, et, plein d'admiration pour la doctrine chrétienne, qu'un éclatant miracle confirma en sa préseuce, il crut et embrassa l'Evangile.

SKIOIENT. Moyen assez ordinaire chez le» Hébreux d'établir, soit dans les affaires publiques, soit dans la vie privée, soit en présence

des tribunaux, la vérité de ses paroles ou présentes, Gen. 24, 37. 50, 5. Ex. 22, 4t. Lév. 6, 3. 5. Jug. 24, 5. 4 Sam. 49, 6. 20, 47. 2 Sam. 49, 23. 45, 24. 4 R. 48, 40. Esd, 40, 5. Matlh. 26, 74. Nous voyons confirmés par serment un traité d'alliance, Gen. 34 , 53. Jos. 9, 15. 2 R. 44, 4., et une promesse de secours et d'assistance à la vie et â la mort, 2 Sam. 45, 24.

Le serment reposait sur une idée éminemment religieuse ; son nom bébreu (une septaine) indique déjà qu'une pensée de perfection dans la vérité présidait a son usage; c'était dire sept fois la vérité. Quant à sa valeur juridique et a sa forme, la législation mosaïque ne nous a donné aucun détail, et ce fait semble en faire une œuvre de conscience et de bonne foi, échappant aux prescriptions légales. Le plus souvent, on jurait par l'Eternel, Jug. 21, 7. Deut. 6, 43. 1 Sam. 24, 7. 2 Sam. 49, 7. 4 R. 4, 29. 2, 23. Es. 49, 48. 65, 6. Jér. 38, 46., etc.; les Israélites idolâtres juraient par de faux dieux, Jér.

5, 7. 42, 46. Amos 8, 44. Sopb. 4, 5. On. jurait aussi par la vie de la personne à laquelle on s'adressait, 2 H. 2, 2. 4 Sam. 4, 26. 20, 3.; par la vie du roi, 4 Sam. 47, 65. 25, 26.2 Sam. 41, 4 4.; plus rarement par sa propre vie, Matlh. 5, 36.; quelquefois, chez les païens, par un des membres les plus précieux du corps, par ses yeux, Ovid., Amor., 3, 3, 13.; par la terre, Matlh. 5, 35.; par le ciel ou le soleil, Maltb. 5, 34. Virg., iBn., 4 2, 476; par les anges, par le temple, ou par quelqu'une de ses parties, Maltb. 23, 46.; par Jérusalem enfin, la sainte ville, Matlh. 5, 35., cf. encore l'adjuration de Cant. 2, 7. Quant aux cérémonies qui accompagnaient la prestation du serinent, elles étaient simples et peu nombreuses; dans l'époque patriarcale, il parait que i on plaçait sa main sous la cuisse de celui à qui l'on prêtait serment, Gen. 24, 2. 47, 29.; plus ordinairement, ou étendait sa main vers le ciel, Gen. 44,22. 23., cf. Deut. 32, 40. Ex. 6, 8. Ez. 20, 5. Plus tard, à ce que dit Maïmonides, mais on ne saurait préciser à quelle époque remonte cette coutume, les Juifs jurèrent en louchant les phylactères. Devant la justice, le serment consistait à répondre amen? à une formule d'adjuration qui était lue à celui qui devait jurer, 4 R. 22, 46., cf. Nomb. 5, 49. Matlb. 26, 63. Les femmes et les esclaves n'étaient pas admis à prêter serment. Les principes relâchés des pharisiens, à l'endroit du serment, sont relevés Matlh. 23, 46., et les Juifs paraissent avoir eu généralement une assez mauvaise réputation sous ce rapport, Martial, 4 4 , 95. 7. D'après Philon, quelques docteurs luttaient contre cette tendance a jurer toujours, pour peu de chose, cl, par conséquent aussi, sans respect pour le serment prêté. Philon lui même désirait la suppression du serment, cf. Matlb. 5, 34., et les esséens l'avaient réellement supprimé, comme les quakers l'ont fait de nos jours. — Le parjure était défendu au point de vue religieux, puisque c'est sur ce point de vue que reposait le serment, Ex. 20, 7. Lév. 49, 42 , cf. Matth.

6, 33. Zach. 8, 47. On ne voit, du reste, que deux espèces de faux serments mentionnés, l'un relatif au lémoignage, l'autre à la négation d'un

dépôt ou d'une trouvaille, Lév. 5, 4. Prov.6,2. 29,24. Pour les deux cas, un sacrifice expiatoire est ordonné, et de plus, pour le dernier cas, une restitution supérieure à la valeur reçue ou dérobée. La peine parait légère, parce que les traditions papales nous ont habitués ù tout autre chose; mais la législation juive, plus avancée que celle du moyen âge qu'on avait essayé, mais sans succès, de ressusciter sous Charles X, ne punissait que le délit humain, laissant â Dieu le soin de venger son nom faussement invoqué. L'ancienne Rome, la ville païenne, l'avait aussi compris, Cicer.,Leg., 2, 9.; aux dieux seuls appartenait la peine du faux serment, le censeur se bornait à noter les parjures. Plus tard, à mesure qu'elle perdait l'esprit et devenait charnelle, la synagogue introduisit des peines corporelles, le fouet et l'amende, pour punir ce péché contre Dieu. — Jésus-Christ parait avoir défendu le serment, Matlh. 5, 33-37.; du moins c'est la seule interprétation naturelle de ses paroles, et Ton doil avouer que pour le défendre, en effet, il n'eût pu se servir d'expressions plus claires et plus positives.

SERPENT. La Palestine et les contrées qui l'avoisinent, surtout les lieux déserts de l'Egypte et de l'Arabie, étaient, dans les temps anciens, fort riches en serpents, gros et venimeux. Forskal a distingué, en Egypte et en Arabie seulement, huit espèces de couleuvres. Les serpents de Syrie ont, d'après Russel, la réputation de n'être que peu ou point malfaisants. Toute cette espèce d'animaux fut naturellement classée parmi les viandes dont l'usage était interdit aux Israélites, Lév. 4 4 , 4 0. 44 . On compte au moins huit noms hébreux pour désigner différentes sortes de serpents. Calmet va jusqu'à onze ; mais il met dans celte catégorie le képhir, qui signilie jeune lion, Ez. 49, 2. 3., le tsabouab, c'est-à-dire l'hyène, ou des bêles sauvages en général, Jér. 42, 9., le tsimmaôn, un lieu déseri et aride, Es. 35, 7., et le shachal, qui est encore un lion. Il convient du reste, pour ces quatre roots, que la traduction de la Vulgate esl forl loin d'être îûre. Quant à une désignation bien exacte des sept ou huit espèces menlionnées dans la Bible, on ne saurait la donner, et l'on doit se borner à des présomptions, les noms de ces espèces n'étant généralement pas accompagnés de détails suffisants pour les faire reconnaître; cependant, lorsqu'à ces détails qui niellent sur la voie, se joint une analogie du nom dans les langues voisines, l'arabe surtout, la présomption devient vraisemblable, et la possibilité devient probabilité.

4° Le tsèphah ou tslphehoni, et 2° le xhephiphon, désignent le céraste ou couleuvre cornue, q. v.

3» Le péthen, v. Aspic.

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4e Le kippoz, que le prophète représente eomme pondant des œufs et les couvant, Es. 34, 15. On a cru d'abord que c'était une espèce d'hirondelles; nos versions même l'ont induit par martinet. On est d'accord maintenant à penser qu'il s'agit du serpent que les Grecs nommaient <xxovr(aç (le dard), et les Latins anguis jaculus : il est très commun en Arabie et en Afrique ; il se jette sur sa proie avec la rapidité de la flèche. Les Septante, le caldéen et saint Jérôme, traduisent par hérisson.

5° Le haksoub, I»s. 140, 3., serpent venimeux, dont l'espèce ne saurait être déterminée de plus près.

6° Le ephelèh, serpent venimeux, Job 20, 16. Es. 30, 6. 59, 5. On le trouve, entre autres, en Egypte. D'après Avicenne, le mot arabe correspondant désigne la vipère à téle plate, au col étroit, à la queue émoussée, qui fait du bruit en rampant, et fait entendre un léger sifflement ; c'est lecoluber vipera d'Egypte, de Hasselquist, et l'animal nommé dans le N. T., Matth. 3, 7. 1Ï, 34. 23, 33. Luc 3, 7. Ad. 28, 3.

7° Le nachash, Gen. 3, 1. Ex. 4, 3. 7, 15.; d'après l'étyraologie , ce serait un serpent qui siffle; d'après le contexte des divers passages où il est nommé, ce serait un serpent en général, sans désignation spéciale; il est probable que c'était en effet le nom de l'espèce et non celui d'un genre en particulier. Il rappelait cependant l'idée de grandeur, et a donné son nom à la constellation du serpent, v. Astres. Cf. aussi Es. 27, 1 . et ce qui en sera dit plus loin.

8° Le saraph y ou serpent brûlant, que les Israélites rencontrèrent dans les déserts de l'Arabie, Nomb. 21, 6. 8. Deut. 8,15. Le même sarapb est désigné comme un animal qui vole, Es. 14, 29. 30, 6., mais par le contexte même, on doit reconnaître dans ces mots une image poétique plutôt qu'une description zoologique; car bien que plusieurs auteurs, les anciens surtout, Hérodote, Elien et même quelques modernes, aient soutenu l'existence de serpents volants en Arabie et en Egypte, cet animal n'a pas été vu de ceux en l'assertion desquels on pourrait avoir le plus de confiance; et comme les plus dignes de foi de ces témoins ajoutent expressément que ces serpents ailes ont des pieds, il est fort à croire qu'ils auront confondu des serpents avec des lézards. Il parait, en effet, que duns certaines parties du sud de l'Asie, on trouve une espèce de lézar s volatils, dont les pattes parallèles sont unies par une fine membrane semblable à celle des ailes de la chauvesouris. Les théologiens ne sont pas d'accord sur l'espèce de serpents désignée sous le nom de serpents brûlants. Le voyageur Laborde pense que les Israélites furent mordus par des scorpions, fort abondants dans cette contrée,

où ils ont même donné leur nom à la vallée d'Hakrabbim, et que ces scorpions furent nommés brûlants (saraph), à cause de la douleur cuisante que causaient leurs morsures -, mais cette explication est inadmissible, et Ton doit se contenter de l'idée générale exprimée par saraph, de serpents très venimeux.

Le serpent d'airain, que sur l'ordre de Dieu, Moïse dressa à la vue de tout le camp, afin qof ceux qui le regarderaient fussent guéris, a naturellement fort préoccupé les interprètes. Les uns ont mis la force curative du remède dans la force d'imagination du malade, aidée de quelques herbes ou potions administrées conjointement avec la foi au serpent ; d'autres ont peu* que c'était un échantillon, un modèle destiné > faire connaître aux Israélites la forme de l'animal, de manière à ce qu'ils pussent le distinguer et l'éviter ; pour d'autres, le mouvement que se donnaient les Israélites mordus dans la campagne pour arriver au plus tôt en présence de l'image était le véritable remède ; la course faisait transpirer, et le venin sortait avec la sueur, comme on dit en Italie que le mouvement de la danse guérit de la tarentule celui que la piqûre de cette araignée a affligé de la rage de la danse. D'autres, beaucoup plus simplement encore, prétendent que le serpent d'airain était l'enseigne de l'hôpital général où ceux qui avaient été mordus, étaient sûrs de trouver tout ce dont ils avaient besoin, médecins, médecines, infirmiers, etc. On voit que ces explications tout à fait naturelles sont passablement ridicules. Quelques Juifs en ont donné de plus recherchées, et ils expliquent la vertu du serpent d'airain par l'influence des constellation; sous lesquelles il avait été fondu et travaille. Mais la vraie vertu du remède, le vrai seœ dans lequel doivent être prises les paroles Ai Moïse, nous est indiqué dans le chapitre même, le peuple s'était repenti, Moïse avait supplie l'Etemel, et Dieu , pour guérir des blessures inguérissables, devait intervenir miraculeusement ; il ne mettait à la guérisonde tous qu'une condition, la foi; il guérissait par sa tous ceux qui , en faisant acte de montraient qu'ils regrettaient leurs rébeiikœ et leurs murmures passés. Le serpent d'airah n'était qu'une image, un signe visible; nus comme il a plu a Dieu, même sous la nouvelle alliance, de rattacher à des signes visibles de* grâces réelles, de même la contemplation de ce signe, acte d'obéissance et de foi, procurait aui malades croyants la guérison de leurs corps. Le signe n'était rien en lui-même, et les Juif>. en s'en faisant une relique, v. Méhustan, se sont montrés infldèles à leur foi ; Ezécbîas » brisé la relique, Rome l'a raccommodée.

Saint Jean, 3, 14. 15. nous apprend, quau

à ce détail de l'histoire juive, ce que Paul nous dit de l'histoire Juive tout entière, 4 Cor. 10, 44. Hébr. 3, 4., que le serpent d'airain était un type de Jésus-Christ. Le venin est le symbole du péché qui donne la mort ; les serpents brûlants rappellent le serpent ancien qui est Satan, el Jésus, comme le serpent d'airain, de même forme et non de même nature, a dû être élevé, crucifié pour être vu de tous, et guérir tous ceux qui auraient confiance en lui.

Ajoutons encore ici quelques observations, ci) Satan est appelé le serpent ancien, le dragon, Apoc. 20, 2., parce qu'il prit la forme d'un serpent pour séduire nos premiers parents. La condamnation qui frappa ranimai est-elle juste? Quelle est-elle P Le serpent avait-il des pieds avant cette époque? Le serpent se nourrit-il réellement de terre, etc. ? Bien des questions curieuses ont été faites, et il n'est pas nécessaire d'y répondre. Quant a la justice de la condamnation, l'on ne discute pas avec Dieu; pourtant on peut dire que la complicité la plus indirecte établit déjà parmi les hommes une solidarité, et que Satan avait choisi le serpent, parce qu'il était le plus rusé des animaux ; être distingué par le diable, c'est une condamnation, comme être reconnu de Dieu c'est une grâce. Quant à la nature de la peine, il est probable que le serpent avait avant cette époque ses quatre pieds, dont on peut encore reconnaître les rudiments sous sa peau ; il ne parait pas, quoique ce fût une opinion répandue chez les Grecs el les Romains, qu'aucun serpent mange de la terre; dans sa condamnation, Gen. 3, 14. Mich. 7, 47., cf. Es. 65, 25., il n'est pas dit qu'il mangera volontiers de la terre ; on peut entendre, au contraire, que la privation de ses pieds, le forçant de ramper, l'obligera souvent à avaler de la poussière malgré lui ; il y a cependant aussi une terre grasse et argileuse que certaines espèces de serpents aiment, diton, a manger. — - On aurait tort, en tout cas, de donner au serpent de la tentation la forme repoussante qu'on lui connaît aujourd'hui ; ce devait être au contraire un magnifique saurien, capable d'enchanter, de séduire, et uou fait pour inspirer de l'effroi.

6) La ruse cl la prudence du serpent sont indiquées dans lEcriture comme des qualités qui le distinguent de tous les autres animaux, Gen. 3, 1. Matth. 40, 46., et l'ancien Orient a développé cette même idée sous toutes les formes; il n'est sorte de fables qu'on n'ait inventées : le serpent a l'art de se rajeunir; quand il boit, il jette sa première gorgée de peur de s'empoisonner ; il se bouche les oreilles pour ne pas entendre la voix de l'enchanteur, cf. Vs. 58, 4. 5. Dans ce dernier passage, le Psalraisle fait allusion aux préjugés reçus, sans entendre ni

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les partager, ni les confirmer. — La docilité incompréhensible, mais constatée, du serpent entre les mains des enchanteurs de l'Orient, aura aussi contribué à lui donner cette merveilleuse réputation de prudence et d'habileté.

c) Le serpent a été autrefois l'un des principaux objets du culte et des superslilions païen- ; les Egyptiens l'employaient dans tous leurs dans la coiffure d'Osiris, autour de son sceptre, dans leurs représentations de l'Etre suprême, etc. De même, chez les Grecs et les Romains, Ancbise, devenu dieu, envoie un serpent goûter aux oblations mortuaires que lui oflre son fils, le pieux Enée ; et deux serpents annoncent la ruine de Troie, puis se retirent sous le bouclier de Minerve après la mort de Laocoon. Esculape, le dieu de la médecine, était représenté sous la forme d'un serpent ; et le caducée, emblème de la paix, était un bâton, ou une croix, autour de laquelle deux serpents entrelaçaient leurs corps annelés. On a voulu faire intervenir la fable du dieu de la médecine dans l'explication des motifs qui dictèrent à Moïse le symbole destiné à guérir les Israélites mordus par les serpents du désert. Trop de gens sont encore tentés d'expliquer la Bible par la mythologie plutôt que par la Bible elle-même.

d) La secte des ophites, ou serpentiniens, qui parut vers l'an 450 après Christ, adorait Christ dans le serpent qui avait le premier affranchi l'humanité. Le Dzaldabaotb, suivant leur théologie , avait créé l'homme pour l'aider dans sa lutte contre les puissances supérieures ; mais il ne voulut pas que l'homme s'émancipât , il voulait le maintenir sous tutelle et lui avait interdit le fruit de l'arbre de la science; l'âme du monde, Christ, se servit du serpent pour pousser l'homme â secouer le joug d'un créateur indigne, elle Dzaldabaolh irrité renferma l'homme dans une écorce terrestre qui devait, en gênant ses mouvements, lui ravir les dons précieux de l'esprit. Le Christ céleste, ne voulant pas laisser incomplète son œuvre d'affranchissement, redescend sur la terre, el se sert pour son incarnation de ïborame Jésus. Cette secte avait donc entrepris l'œuvre immense d'unir Christ et Bèiial, et le démon, qui avait séduit nos premiers parents, a réussi à faire diviniser, comme un trophée de sa victoire, l'animal maudll sous la forme duquel il a triomphé des hommes et de Dieu pour un temps.

e) Le passage Es. 27, 4 . est traduit d'une manière peu claire el peu littérale dans nos versions, qui ont ajouté les mots dis je pour donner de la clarté au sens, et n'ont fait que l'obscurcir. L'Eternel, y est-il dit, punira de sa forte épée trois nations qui, selon l'usage prophétique, sont représentées par autant d'animaux, le lévialhan, serpent traversant <le cro-

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