SID
rainé, et qui variai! peu, ce poids ordinairement d'argent, ne (arda pas à acquérir une valeur courante, et il finit par devenir également une unité monétaire, avant même que la monnaie existât, et le même mot servit à désigner deux unités différentes, comme chez nous aussi la livre a longtemps servi d'unité de poids et de valeur tout à ta fois ; le mot pound en anglais, et quelquefois pfund en allemand, réunissent encore les deux significations. On ne pesa plus seulement, on compta en sicles. Les prestations des Israélites pour le sanctuaire, les amendes, les dédommagements, les estimations sacerdotales, les impôts civils, les marchandises, tout fut évalué en sicles, Ex. 30, 43. Lév. 5, 4 5. 27, 3. Nomh. 48, 46. Néh. 5, 45. 2 Sam. 24, 24. 2 R. 7, t., rte. Toutefois, même avec la valeur reconnue du sicle, on continua de peser, comme on pèse encore quelquefois certaines monnaies d'or, Gen. 23, 46. Jér. 32, 9., quoiqu'il paraisse que, pour le commerce de détail, de petites pièces d'argent de la valeur d'un sicle, et ses fractions, peut-être frappées, aient été mises en circulation. Outre le sicle vulgaire, on comptait encore le sicle du sanctuaire, d'après lequel étaient perçus les impôts ecclésiastiques, Ex. 30, 43. Lév. 5, 45., et, sous David, le sicle royal, 2 Sam. 44, 26. \ qui servait de mesure pour la perception des impôts civils. On suppose que ces deux derniers ne faisaient qu'un seul et même poids, et qu'ils ne se distinguaient du sicle ordinaire que par un peu plus de pesanteur, et par conséquent de valeur; ils étaient la mesure officielle, normale, qui est toujours un peu plus élevée que la valeur courante, v. Mesures, et Poids. Ce serait se donner une peine inutile que d'essayer de déterminer plus exactement la valeur relative des différents sicles, comme aussi de traduire en valeurs modernes la valeur exacte de l'ancien sicle. Calmet l'évalue à 32 sous et 4/2 de notre monnaie; Winer, Eisenmenger, à 7 gros; De Wette à 8 gros; dans le système philétérien (p. Concord. de Mackenzie), le poids du sicle serait de grammes 4 4 , 667. On ne peut décider non plus si le sicle d'or avait la même valeur ou le même poids que le sicle d'argent ; dans Je premier cas, il aurait été plus petit ; dans le second, il aurait valu davantage. La dernière supposition paraît plus vraisemblable, d autant plus que le sicle d'or n'est employé que comme mesure de pesanteur, et l'on peut parfaitement comprendre une cuillère d'or pesant 40 sicles, Nomb. 7, 44., et une couronne d'or en pesant 3,000, 2 Sam. 42, 30., sans admettre un sicle plus petit. — Le mol sicle est souvent omis, précisément parce qu'il était l'unité courante, comme on omet en français le mot francs quand on dit : Cet homme possède plusieurs millions.
Après l'exil, le prince Simon ayant obtenu de la Syrie le droit de battre monnaie, l'an 473 oo 474 de l'ère des Séleucldes, donna aux Juifs leur première monnaie proprement dite, 4 Macc. 45, 6., et fit frapper des sicles, des demi-sicles, et des quarts de sicles en argent, Matth. 26, 45. 27, 3.; on trouve encore plusieurs de ces pièces dans les cabinets de numismatique. Les légendes sont écrites en bébreu avec les vieux caractères samaritains, et portent la valeur de la pièce, l'année de l'émission, parfois le nom du prince, et pour empreinte tantôt une coupe, tantôt une palme, ou l'urne où la manne était renfermée. Les successeurs de Simon et les Hérodes firent faire toutes les inscriptions en grec.
Quant à Ez. 45, 42., v. Mine.
SIDDIM (guérels), charmante vallée du sudest de la Palestine, qui faisait autrefois la gloire et les délices de ses habitants, et que Dieu détruisit en la recouvrant des lourdes eaux de la mer Morte. Gen. 44 et 49. Elle recevait les eanx du Jourdain.
SIDON, ancienne et célèbre ville des Phéniciens, fondée par Sidon, le fils ainé de Canaan, Gen. 40, 45. Son nom, qui signifie la chasse, le chasseur, la pêche, ou la pêcheuse, se rattachait sans doute a l'abondance de poisson (sid, sidùn) que l'on trouve dans ses eaux jusqu'à nos jours. Située au bord de la Méditerranée, dans une plaine étroite, à 3 lieues nord de Tyr, à 42 de Béryte (B;iïruth), à 22 de Damas, avec uo bon port naturel, elle ne tarda pas à mériter le premier rang parmi les villes de la Phénicie, et fonda des colonies au près et au loin. Sa population était considérable, et ses maisons fort élevées. Elle avait un double port, l'un au sud, plus considérable, l'autre, au nord, plus sûr dans la mauvaise saison : les ruines de ce dernier se voient encore; ce sont des blocs de rochers, dont les dimensions sont vraiment colossales. Le nom de Sidon la Grande est déjà donné à cette cité, Jos. 4 4, 8. 49, 28. On croit même que Tyr, qui effaça bientôt la gloire de sa rivale, était primitivement une colonie sidonienne. Lors de la conquête de Canaan elle échut en partage à la tribu d'Aser, et dutservir de limite septentrionale à la terre promise, Jos. 49, 28., mais cette tribu rie sut ni la conquérir, ni la conserver, Jug. 4, 34. 3, 3., et Ton senit plutôt en droit de conclure de 40, 42., que les Sidoniens opprimèrent pendant un temps les habitants de cette tribu, ou du moins, qu'ils eurent le dessus dans une rencontre. Ce passage est d'ailleurs le seul qui nous montre cette paisible cité en lutte avec le royaume d'Israël. Les habitants de Sidon avaient un commerce fort étendu par terre et par mer, comme en;général les Phéniciens, q. v. Es. 23, 2. Ez.