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Seigneur fera mourir le méchant par le souffle de ses lèvres, par l'Esprit de sa bouche; la bêle sera prise et jelée toute vive dansl'élang ardent de feu et de soufre (Es. 4 4, 4. Dan. 8, 25. 2 Tbess. 2, 8. Apoc. 49, 45. 20). La plaioe de Jizréhel, q. v., sera probablement le cbamp de celte dernière bataille.
ANTILIBAN, chaîne orientale et intérieure du Liban, qui se prolonge plus au midi que la chaîne occidentale, et qui est aussi aride et stérile que le Liban lui-même est beau, arrosé et fertile, bien qu'on y rencontre cependant aussi quelques sources, des cascades et de charmantes forêts. Parallèle au Liban, cette chaîne se bifurque et se divise en plusieurs sections, comme les chaînes du Jura, surtout vers l'Hauran, du côté de Tadmor. Ce sont plutôt trois ou quatre rangées de montagnes différentes. Le calcaire en est différent de celui du Liban, plus mou, plus blanc, moins fertile, contenant beaucoup moins de fossiles, et trahissant une origine volcanique. Détaché de l'Anti-Liban, mais ne formant qu'un avec lui, son sommet principal (2,856 m.), situé près de son extrémité sud, appartient encore à la Palestine . Solitaire et couvert de neiges étemelles, il atteint presque la hauteur des plus hautes sommités du Liban, et domine majestueusement les rangs étages des montagnes inférieures. Cette partie méridionale est appelée, dans la Bible, Hermon, q, v. La partie septentrionale, qui est beaucoup plus basse, porte le nom d'Ainana,q. v. L'Anti-Liban est souvent compris sous la désignation générale de Liban, Canl. 7, 4. Jus, 4 3, 5. v. Liban.
ANTIMOINE. C'est par ce mot que nous croyons devoir traduire l'hébreu Puch ou Pouk, 2 fi. 9, 30. Jér. 4, 30., que nos traductions rendeut par fard. Les femmes se servaient, ep effet, d'une composilion d'antimoine et du zinc dont elles se noircissaient le bord des paupières pour donner plus de relief au blanc de l'œil et ajouter ainsi à la vivacité du regard. Les propriétés aslringwites de l'antimoine contractant aussi les paupières font paraître les yeux plus largi-s, plus tendres et plus languissants, et les rendent semblables à ceux de la gazelle, que l'on regarde en Orient comme, de la plus grande beauté. Pour appliquer ce fard, les temmesse servent d'une plume ou d'un poinçon d'argent ou d'ivoire, bien poli cl long de cinq ou six centim., dont elles mouillent la pointe, cl qu'elles plongent dans une boite remplie (1 uoe poudre d'antimoine, de parfums et d'autres ingrédients; puis elles le font glisser légèrement entre les paupières fermées : la poudre >e dépose ainsi sur toute la largeur de la paupière et sur les coins des yeux (v. Russel, Hisl. W. d'Aleppo ; Niebuhr, Descr. de l'Arabie ; Sa- *ry, 40* lettre sur l'Egypte). Anciennement les
femmes hébreues pratiquaient aussi cette coutume. C'est ainsi que Jézabel, pour se montrer â Jéhu, 2 ft. 9, 30., farda ses yeux, ou, plus littéralement, a mit ses yeux dans du fard. » Le prophète Ezéchiel, 23, 40., représente Israël sous l'image d'une femme coquette qui se farde les yeux. Et le nom d'une des tilles de Job (42, 14.), Keren-Uappucb, qui signifie cornet à fard, prouve que cette coutume était déjà fort ancienne. Les momies de femmes égyptiennes ont ordinairement près d'elles un flacon de fard d'antimoine, et Xénophon (Cyrop., 4, 45.) rapporte que le roi efféminé Astyage avait l'habitude de se farder les yeux. Clément d'Alexandrie (Pédag., 3, 2.) mentionne également celte coutume, et Terlullien (de Cultu fœm.) se récrie contre les femmes de son temps qui aimaient mieux se farder les yeux avec le fard du diable que de les oindre avec le collyre de Christ.
ANTIOCHE. Séleucus Nicator, le premier monarque syro-grec, fonda seize villes de ce nom, en mémoire de son père Antiochus; l'Ecriture ne parle que de deux d'entre elles.
4° La capitale de la Syrie. On pense qu'elle fut bâtie sur l'emplacement où se trouvait la ville de Ribla, au pays de Hamatb, 2 R. 23, 33. 25, (>. 20. 21., oU Nébucadnclsar demeura pendant une partie du siège de Jérusalem, où il fit mourir une partie des enfants de Sédécias, creva les yeux de ce prince lui-même, et priva de la vie quelques-uns des principaux de Juda. Cette ville était située sur les deux rives de l'Oronte, à environ 27 kilom. de la mer et d'Alep. Près de là se trouvait le fameux temple de Daphné, un des plus célèbres lieux de refuge qu'il y eût à cette époque. La ville d'Anlioche avait environ 15 kilom. de tour; elle servait de résidence aux successeurs d'Alexandre dans celte partie de son vaste empire, et fut une des plus riches et des plus florissantes villes du monde. On peut dire qu'elle était la capitale de l'Orient romain. Les Juifs, dès les temps de Séleucus INicator, y obtinrent égalité de droits avec les Grecs, et ils furent bientôt aussi nombreux à Antioche qu'ils l'étaient à Alexandrie. Vespasien, Titus et d'autres empereurs la comblèrent d'honneurs et de franchises. — Ce fut là que Paul et Barnabas annoncèrent les premiers l'Evangile, Act. 11, 19-27; qu'Agabus prédit une grande famine, v. 28; que Pierre essaya un instant de dissimuler ses vrais sentiments en refusant de manger avec les païens, Gai. 2, 1 4 . 4 2. , et que les disciples du Rédempteur reçurent pour la première fois le nom de chrétiens, Act. 41, 26. Antioche devait être le premier centre des missions païennes; la seule vue humaine pouvait déjà le faire présumer; ses rapports avec les Grecs et les habitants de l'Asie
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Mineure étaient plus fréquents el plus naturels que ceux d'une ville juive : des hommes considérés, tels qu'un Simon Niger, un Lucius de Cyréne, un Manahem élevé à la cour, 13, 1., y secondaient et pouvaient y remplacer plus ou moins pendant leur absence les apôtres missionnaires ; et l'Esprit de Dieu n'avait pas lardé à faire voir par des faits que telle était aussi sa volonté.
L'Eglise d'Antioche demeura longtemps célèbre : un des quatre patriarches de l'Orient y avait son siège, et l'illustre Chrysostome y prêchait à la fin du quatrième siècle, aux applaudissements de tous et avec d'éclatants succès.
Cette ville fut, dans le quatrième siècle, presque renversée à trois reprises par des tremblements de terre, et à peu près aussi souvent dans le cinquième. L'an 548 les Perses la brûlèrent et en passèrent les habitants au fil de l'épée. L'empereur Justinien la rebâtit plus belle qu'auparavant, mais bientôt les Perses la reprennent et en abattent les murailles. En 588, soixante mille de ses habitants périssent par un tremblement de terre; aussitôt rebâtie, elle est prise par les Sarrasins, l'an 637, et depuis ce moment le christianisme y est presque anéanti. L'an 966 l'empereur grec Nicépbore reprend Antiocbe, et peu de temps après elle tombe au pouvoir des Turcs. En 1098, elle est délivrée par les croisés, puis 90 ans plus tard elle redevient la proie des infidèles, qui la démolissent de fond en comble. Le sultan égyptien Bibar achève sa destruction en 4269. Ses ruines actuelles, connues sous le nomd'Antakieh, comptent encore 48,000 habitants, dont 3,000 professant le christianisme.
2° Antiocbe, capitale de la Pisidie, sur le mont Taurus, à l'est d'Apollonie, n'est plus maintenant qu'un bourg inconnu, nommé Akschehr, ou, selon d'autres, Versatgeli. Paul et Barnabas y prêchèrent l'Evangile avec de grands succès jusqu'au moment où les Juifs ayant excité le peuple contre eux, les contraignirent de s'éloigner, Act. 1 3, 44. sq., cf. 2 Tim. 3,14.
ANTIPAS, 1° fidèle martyr et témoin de Jésus-Christ, fut mis à mort à Pergame, ville de Mysie. On ne le connaît que par ce qui en est dit Apoc. 2, 13. Quelques-uns ont voulu voir dans son nom : Antipas, Antipater, ou Antipapas, une protestation anticipée contre le système que Rome devait inaugurer plus tard. C'est bien recherché. Il parait qu'il fut tué vers l'an 90, dans une émeute soulevée par les préires d'Esculape. Ses Actes portent qu'il fut évéque de Pergame et qu'il fut brûlé dans un taureau d'airain. Jean-Baptiste, Marc 6, 17., Etienne, Act. 7, et Jacques, Act. 12, sont, avec Antipas, les seuls martyrs dont les écrivains sacrés nous
aient conservé le récit. — 2° Antipas, fils d'Hérode le Grand ; v. Hérode.
ANTIPATER, v. Hérode.
ANTIPATRIS, ville de Canaan, située dans une vallée fertile et bien arrosée, sur le chemin de Jérusalem à Césarée, à environ 30 kilom. de Joppe, 74 de Jérusalem, et 45 de Césarée. Saint Paul y fut conduit de nuit, de Jérusalem, Act. 23, 31 . Elle se nommait primitivement Capharsalma ; ou Capharsaba ( Jos. , Ant . , 1 3 , 1 5, 1 ) : son identité actuelle n'est pas reconnue; les uns croient la retrouver dans Savarras, les autres (Robinson, Raumer) dansKefr Saba; d'autres enfin (Eli Smith, van de Velde) hésitent, mais penchent pour Medjel, à 17 ou 18 kilom. de Lydde.
APELLÈS, Rom. 16, 10., homme approuvé en Christ; complètement inconnu.
APHARSEKIENS, Esdr. 5, 6. et apharsatkiens, 4, 9., deux peuplades du royaume d'Assyrie, dont l'identité est incertaine ; le plus probable est de les prendre pour les Paraefaceni d'Hérodote (1, 101), entre la Perse et la Médie. Malgré la ressemblance du nom, il faut se garder de les confondre avec les apharsikks, Esdr. 4, 9., par lesquels il semble qu'on doive entendre les Perses en général ; c'est ainsi que Luther a traduit ce nom ; les lettres radicales des deux mots sont les mêmes p. r. s.
APHEK. 1° Ville de la tribu de Juda (auj. El-Fuleh), où campèrent les Philistins lorsque l'arche fut amenée deSiloh et faite prisonnière, 1 Sam. 4, 4. C'est probablement la même que Aphéka Jos. 45. 53. — 2» Ville de la tribu d'Issachar, dans la vallée de Jizrèhel, près des montagnes de Guilboah, ou Saûl et ses fils furent défaits et tués. 1 Sam. 29, 1 . Il paraît que c'est le roi de cette ville qui fut mis à mort par Josué. Jos. 12, 18. — 3° Ville delà tribu d'Aser, sur les frontières des Sidoniens, Jos. 49, 30. 43, 4. Peut-être la même que Aphik, Jug. 1,3t., qui fut laissée en possession des Cananéens. Peut-être encore la même que 4° Aphek, ville de Syrie, et l'une des principales du royaume de Benhadad : elle était située sur la route militaire de Damas en Palestine. C'est dans son voisinage que les Syriens, conduits par Benhadad, furent battus au nombre de 400,000 hommes, par Achab, roi d'Israël; ils se retirèrent précipitamment dans Aphek, dont les murailles s'écroulèrent sur eux et en écrasèrent 27,000. 1 Rois 20, 26-34.
APOCALYPSE, mot grec qui signifie révélation, et qui a été conservé en français pour désigner le livre de l'Ecriture dans lequel saint Jean a consigné les merveilles qu'il lui avait été donné de voir dans l'avenir touchant Christ et son Eglise. L'authenticité de cet ouvrage, accréditée généralement pendant tout le second
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siècle, n'a commencé à être mise en question que par un certain Caîus qui vivait au commencement du troisième, et qui l'attribuait à l'hérétique Cérinthe. Après lui, Denys d'Alexandrie rapporte le fait de l'opinion de Caïus ; pour son propre compte il ne peut l'admettre, il pense que l'Apocalypse a été écrite par un homme pieux, Jean, le presbytre d'Ephèse; mais il n'ose affirmer que ce soit le même que l'apôtre, frère de Jacques, fils de Zébédée. Eusèbc épouse la même hypothèse qui lui parait un bon juste milieu, quoique dans ses premiers ouvrages (Déroonstr. évangél.) il eût admis l'opinion générale que saint Jean le théologien était l'auteur de l'Apocalypse. Avant Caîus, quelques hérétiques, Marcion en tête, avaient nié l'authenticité de ce livre; mais ce témoignage a peu d'importance, à cause des préoccupations dogmatiques des opposants. Quant à la Pesbito, qui ne comprend plus l'Apocalypse, elle serait le seul témoin de quelque autorité qu'on pût invoquer dans ce sens, s'il était prouvé que cette lacune est aussi ancienne que la traduction elle-même : or c'est le contraire qui paraît établi. Ephrem, au quatrième siècle, s'est évidemment servi d'une traduction syriaque qui comprenait l'Apocalypse.
Les témoignages en faveur de l'Apocalypse sont a la fois plus anciens , plus nombreux et plus respectables; ce sont Irénée, qui rapporte les paroles de personnes qui avaient connu l'apôire Jean; Polycarpe, Papias d'Hiérapolis, Mélilon de Sardes, Apollonius d'Ephèse, Justin Martyr, Théophile d'Anlioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien, l'Eglise du deuxième siècle tout entière, les millénaires et les antimillénaires, même les montanistes, tous ont reconnu cette authenticité. — Au troisième siècle, nous trouvons d'abord le fragment de canon dit de Muratori, Cyprien, Hippolyte, Jacques d'Edesse etEbedJesu, Origène, Méthodius, l'évêque Népos d'Egypte. — Au quatrième, chez les Latins, Lactance, Victorinus a Petawio, Commodien, Jérôme, le concile d'Hippone de 393, celui de Cannage 397, etc. : dès lors il n'y a plus de doutes dans l'Eglise latine; chez les Grecs, Grégoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Cyrille de Jérusalem , Basile le Grand , Epiphane de Chypre, Athanase, Didyrae d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, etc. Ces témoignages sont si nombreux et si concluants que le doute est a peine possible; Baur et l'école de Tubingue, MM , Reuss et Colani , ainsi que la plupart de ceux qui rejettent la canonicité de l'évangile, admettent celle de l'Apocalypse.
A l'époque de la Réforme, où toutes les antennes traditions durent subir l'épreuve d'un «amen à compte nouveau pour laisser la vérité reprendre ses droits légitimes, l'authenticité de
l'Apocalypse passa par des crises difficiles; Luther la nia assez librement en 4522, avec plus de modération en 1 534 ; Zwingle partagea cette manière de voir; Théodore de Bèze, au contraire, traita d'une manière solide les anciens témoignages qui établissent que ce livre est de l'apôtre Jean, et Calvin paraît avoir partagé cette opinion, quoiqu'il n'ait pas essayé d'ouvrir un système d'interprétation sur le contenu même de ce livre.
Dans le dix- huitième siècle où chacun se borna presque exclusivement à douter et a nier, on douta naturellement aussi de la jobannicité de l'Apocalypse. D'Abauzit, de Genève, commença; l'école moderne peut le revendiquer comme son mattre. Après lui vinrent successivement Michaélis qui doutait, CEder, Semler, Merkel, qui ne doutaient plus, mais qui affirmaient hardiment que Cérinthe était l'auteur de l'Apocalypse. L'opinion contraire fut défendue par Tweîls, Wolff, Schmid, Hartwig, et surtout par Storr dont l'ouvrage est encore utile; v. aussi Bengel.
Nommons enfin dans notre siècle , parmi les adversaires, Heinrichs. De Wette, Bretschneider, Ewald, Schott et Lucke; parmi les défenseurs, Hug, Schulz, Hemsel, Winer, Guericke, Hœvernick, Steiger et Hengstenberg.
Il ressort, de ce qui prêt ède, que les témoignages historiques sont décidément en faveur de l'Apocalypse (v. Réville, Rev. de Théol. 1 854). Quant aux caractères intérieurs, il est clair que ce livre, seul en son genre, seul prophétique parmi ceux qui sont sortis du christianisme, ne saurait être jugé d'après l'analogie des autres écrits du N. T. Le style et le caractère rhétorique des ouvrages d'un même auteur peut toujours varier, et même considérablement, suivant le sujet et la matière traitée. Cependant même sous ce rapport on reconnaît , comme dans l'évangile, la prétention de l'apôtre de raconter ce qu'il a vu, 4, 4., cf. 4 Jean 4, 44,24, 24; il est le frère des prophètes et le compagnon de service des anges, 22, 9., et plus que partout ailleurs, on retrouve dans l'auteur de l'Apocalypse, le (ils du tonnerre, le Boanergès de Marc 3, 47., cf. Luc 9, 49. 50.52-56., celui qui demandait pour lui et pour son frère une place d'honneur dans le rêve qu'ils faisaient d'un royaume temporel de Christ.
L'opinion généralement admise est que Jean eut ces révélations pendant son exil à Patmos, dans les dernières années du règne de Domitien , et qu'il les mil par écrit lors de son retour a Ephèse, vers l'an 96 ou 97. Celte tradition repose sur le témoignage presque unique d'Irénée, et ne saurait être un article de foi, malgré le nombre de ceux qui l'ont acceptée. Le contenu littéral du livre semble supposer que
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Jérusalem existe encore, et si, comme il est possible, la tête blessée à mort de 43, 3. désigne Néron (cf. 17, 5., les cinq rois tombés), Jean aurait écrit ce livre sous Galba, le sixième roi à partir d'Auguste, et par conséquent vers l'an 68. La principale objeclion contre celte manière de voir se trouverait dans la mention de Patmos, 4, 9. qui semble confirmer la tradition. Mais Irénée, qui dit que l'Apocalypse fut écrite sous Domitien, ne parle pas de Patmos, et Origène qui parle de l'exil de Patmo6 dit vaguement qu'il eut lieu sous « un empereur romain, » sans le désigner autrement, ce qui ôte a l'objection toute sa force. Epipbane place même l'Apocalypse aux jours de Claude. Enfin Clément d'Alexandrie, qui cite de nombreux exils ordonnés par Domitien pour cause de religion, parle aussi de l'exil de Jean à Patmos, mais sans dire si ce fut sous Domitien ou sous un autre tyran, v. Muses Sluart, Lutke, Guericke, Reuss, Godet, etc.
11 n'entre pas dans notre plan d'examiner quel fut le but de l'apotre, quelle est la portée de ses révélations, le sens de ses prophéties, la clef de tous ses mystères. Toutefois, il n'est pas bors de propos de dire un mot de l'oubli dans lequel ce livre est tombé, et de l'indifférence avec laquelle une partie considérable de la chrétienté le lit ou le ferme. Beaucoup de personnes l'excluent de leur lecture habituelle; elles reculent et préférant donner plus de temps à la méditation des autres portions de la Bible qu'elles ont plus de chance de comprendre, et qu'elles peuvent plus facilement s'approprier. L'Apocalypse les désoriente, les déconcerte; leur sens chrétien ne trouve dans ce livre ni la nourriture, ni la clarté dont il a besoin, et parmi les vérités révélées, il choisit de préférence celles dont la révélation est claire et complète, intelligible et point mystérieuse. On peut comprendre sans peine celte manière de faire, et chacun peut-être l'a pratiquée pour ce qui le concerne, a une époque ou à une autre de sa vie religieuse; mais comprendre n'est pas excuser. Dès qu'on admet que l'inspiration divine a dicté à l'apùlre ses magnifiques révélations, il faut admettre que la lecture de ce livre doit être pour le chrétien une source de bénédictions qu'il ne lui est pas permis de dédaigner, ou de trouver trop difticiies à exploiter. On oublie trop d'ailleurs que l'Apocalypse est une révélation, dont le sens par conséquent peut être trouvé, et doit êlre cherché; et, tout en avouant l'obscurité qui enveloppe cette révélation des choses futures, encore pénélrera-t-on mieux celte obscurité par le travail que par l'absence de recherches. Si beaucoup d'opinions erronées ont été mises au jour, si des essais infructueux ont été faite, si plusieurs théologiens ont fini par
déclarer qu'ils n'entrevoyaient aucune solution satisfaisante aux énigmes de la prophétie, pour* tant un grand pas est fait; leur ignorance consciencieuse et savante est tout autre, moins pénible, plus honorable, plus éclairée que l'ignorance volontaire et complète sur cessujpls; ils ont gagné cela tout au moins de connaîtra les difficultés de l'interprétation, de savoir quelles sont les questions débattues, et de pouvoir facilement rapporter aux choses qu'ils savent ignorer, celles qu'ils découvrent à me* sure ; c'est déjà beaucoup que de connaître les questions auxquelles on ne peut pas répondre. A force de chercher, d'ailleurs, on finit par trouver, et, selon la remarque de Newton, il n'est pas un interprète qui n'ait fait faire un pas à celte science de la prophétie.
Ajoutons que, s'il y a dans l'Apocalypse des profondeurs insondables, il s'y trouve aussi des passages dont l'intelligence est facile : « Un lecteur ordinaire, dit le docteur Lowlh , peut trouver une grande édification dans les hymnes magnifiques chantées a Dieu et a Jésus-Cbrist; il peut découvrir dans ce livre plusieurs vérités importantes, telles que l'adoration d'un Dieu suprême en opposition au culte des créatures, la foi dans les mérites de Jésus Christ pour obtenir uniquement de lui le pardon, la sanctification et le salut; la patience et la vigilance avec laquelle nous devons attendre l'avènement de Jésus-Christ et de son règne, en professant avec fermeté la vraie foi, et en pratiquant la sainteté, quels que soient les obstacles qu'il faille surmonter, etc., etc. » Un autre théologien, qui ne saurait être accusé d'un grand enthousiasme pour l'Apocalypse, le docteur Lucke, dans sa préface a cet ouvrage, s'exprime ainsi : « Le théologien qui admet la canonicité de l'Apocalypse n'est plus libre de l'employer ou de ne pas l'employer pour la construction systématique d'une dogmatique chrétienne, ou pour l'édification populaire d'une paroisse. Si ce livre est reconnu canonique, il est tout aussi nécessaire de le méditer dans le culte public que de l'exposer dans des leçons ou dans des commentaires. »
La grande difficulté que l'on rencontre dans l'étude de ce livre provient de ce que, depuis longtemps déjà, l'on a pris l'habitude d'y chercher partout des prophéties relatives à l'histoire passée de l'Eglise , et par conséquent d'en regarder une bonne partie du moins comme étant déjà accomplie; on y a vu toutes les persécutions de l'Eglise : Néron, Julien , les maboroétans, les guerres des Sarrasins, la papauté, les Albigeois, le protestantisme, les missions, Napoléon, etc. Il n'est dès lors pas surprenant que chacun, se contentant de vagues allusions, y trouve, comme dans les nuages, des resse»*
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blances Avec l'objet qoi le préoccupe. Si ces oracles étaient tous accomplis, il n'y aurait sur leur signification ni doute, ni hésitation, ni divergence. Ce qui importe donc, lorsqu'on lit ce livre, c'est d'y chercher les destinées futures, Anales de l'Eglise, l'histoire de la grande lutte qui doit précéder immédiatement la seconde venue du Sauveur. Il importe également de s'en tenir, autant que faire se peut, au sens littéral (les emblèmes et les symboles ne sauraient être assujettis à cette règle). La méthode symbolique ne provient que du besoin de se donner plus d'aisance et de liberté dans l'interprétation des prophètes atin de pouvoir les rapporter aux temps passés, au gré de ses caprices et de son imagination; elle est fatale aux interprètes comme à la vérité elle-même.
Au milieu de la foule de livres et d'opuscules qui ont traité de l'Apocalypse, nous ne mentionnerons en français que Basset (3 vol.), diffus et peu sobre; Vivien, d'un usage facile, mais un peu trop absolu; les Pensées de W.-B. Newlon sur l'Apocalypse (lrad.de l'anglais, ainsi qu'une quantité de brochures sur des points spéciaux, appartenant presque toutes à l'école de Plynioulh; Digby, Burgh, Hartley, Cumroing, Elliolt, Barnes, en anglais. En Aile magne, Ewald, Lucke, DeWetle, et Hengsteu berg ; ce dernier travail est loin d'avoir ajouté à la réputation de sou auteur.
— L Apocalypse, dit Digby, se trouve en germe dans les prophéties de Daniel, lesquelles renferment une histoire anticipée de l'Eglise de Dieu dans son assujettissement aux puissances de ce monde, qui y sont représentées par quatre bètes. Celte histoire comprend tous les temps qui devaient s'écouler depuis la Ou de )a théocratie juive jusqu'au jour glorieux où le Fils de I Homme viendra pour rétablir le royaume d'Israël.
La période de la domination funeste de ces bètes forme une grande semaine d'années propuéiiqucs, dont les sept années (temps) de la démence de Nébucadnelsar sont peut-être un symbole, laquelle commence avec la chute de Samarie et la déportation des dix tribus par le roi d Assyrie, et s'étend jusqu'au commencement du son de la septième trompette de l'Apocalypse, époque à laquelle les royaumes de ce monde seront remis, et oU les saints seront mis en possession du royaume. Cette période forme donc un grand calendrier prophétique de 2,520 ans, ou sept fois 360 ans. Les 4,260 jouis prophétiques de Daniel et de saint Jean, désignés aussi par trois ans et demi (d'années), en forment la dernière moitié. Les trois premières bètes, celles qui désignaient les Babyloniens, 1* Perses et les Macédoniens, avaient déjà été englouties, du temps de saint Jean, par la qua-
trième bête, qui représentait la puissance romaine. Ainsi, les prophéties de l'Apocalypse ne concernent que cette dernière, qui existait alors seule sur la terre. Le théâtre de l'Apocalypse, c'est donc l'empire de Borne.
Les destinées de cet empire et de l'Eglise qu'il renferme, sont écrites dans le livre mystérieux scellé de sept sceaux, 5, 1. sq. C'était un grand volume formé de sept volumes distincts, roulés l'un sur l'autre à la manière des livres anciens. L'arrangement de toutes les prophéties apocalyptiques est admirable : elles suivent un ordre chronologique. Le septième volume, sept fois plus grand que les six premiers, renferme la vision des sept trompettes, laquelle nous conduit jusqu'à latin des temps, et pareillement, la septième trompette, qui est la dernière, cf. 1 Cor. 15, 82. I Thess. 4, 16., comprend les sept coupes par lesquelles la colère de Dieu est accomplie. Ainsi le septième volume, la septième trompette et la septième coupe, se terminent tous ensemble avec la chute du dernier royaume terrestre et l'établissement du règne visible de Jésus-Christ sur la terre.
A ce grand volume scellé, l'esprit de prophétie a ajouté un codicille, ou une récapitulation prophétique: c'est le petit livre ouvert qui commence par ces mots : « Il faut que tu prophétises derechef, » etc., 40, 11. Ce livre ouvert concerne principalement les événements des 1,260 Jours prophétiques de la révolte de l'Eglise de Rome, et nous en trouvons l'archétype dans les visions du prophète Ezéchiel, contenues dans le petit livre qui lui fut donné à manger. El. 2, 8.
Rappelons encore qu'il y a toute une école qui, sans refuser absolument à l'Apocalypse le caractère d'une prophétie, l'interprète comme une histoire poétique, contemporaine, ou à peu près, de la destruction de Jésusalera ; v. plusieurs art. de MM. RéviuV et Kayser, dans la Rev. de Théol., et Reuss, Hist. de la Théol. chrét.
APOCRYPUES. On appelle ainsi certains livres qui, sans aucune autorité absolue, et n'en revendiquantaucune, sont quelquefois rattachés aux livres saints de l'A. T. Le mot apocryphe signiûe en grec caché, ou secret \ il se trouve p. ex. Marc 4, 22. Luc 8, 17. Col. 4, 3. Il est employé pour la première fois par Clément d'Alexandrie (Strom. XIII, 4) pour désigner les livres dont nous parlons. D'après la Bibliothèque sacrée des pères dominicains Richard et Giraud (Paris 1822), ce mot désignerait : 1°des livres anonymes ou dont les indications d'auteurs sont reconnues fausses ; 2° des livres qui pouvaient se lire en particulier avec éditicalion, mais qui n'étaient pas propres à être lus publiquement; 3° ceux qui passent pour inauthentiques, ou dont l'autorité divine n'est pas
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reconnue, bien qu'ils aient pour auteur un homme de Dieu, ou un apôtre, comme dans le N. T. l'épitre de Barnabas; 4° enfin, des livres dangereux, composés par d'anciens hérétiques pour appuyer des doctrines erronées ; dans ce cas c'est surtout aux apocryphes du N. T. que la délinition s'appliquerait, ceux de l'A. T. portant davantage un caractère littéraire, historique ou philosophique.
Josèphe, qui les cite quelquefois, repousse formellement leur authenticité (c. App., 4,8); Philon ne les cite jamais comme il cite l'Ecriture, quoiqu'il leur emprunte quelquefois des pli rases ou de belles expressions. Le silence du IN. T. est caractéristique; on a voulu trouver çà et là quelques allusions aux apocryphes, mais les passages indiqués ont presque toujours leurs parallèles dans l'A. T. Au deuxième siècle de l'ère chrétienne, Méliton dressa le catalogue des livres sacrés, et les apocryphes n'y sont pas mentionnés; ni Origène au troisième siècle, ni au quatrième Epiphane, Athanase, Cyrille, ne reconnaissent leur authenticité. Jérôme et Ruffin nomment quelques livres apocryphes qu'ils déclarent positivement n'être pas canoniques. Saint Augustin cependant les admet, et avec lui le concile d'Bippone (393). Dès lors l'Eglise, se corrompant de jour en jour davantage, eji admit au fur et à mesure quelquesuns, jusqu'à ce qu'enfin le concile de Trente (Sess. des 8 et 45 avril 1 5 16) les déclara tous d'autorité divine;
Il suffit d'un peu d'attention pour s'assurer que ces livres ne procèdent pas du Saint-Esprit. Non-seulement ils n'ont pas la majestueuse simplicité des autres, mais encore ils renferment un grand nombre de choses mauvaises, mensongères et opposées aux oracles de Dieu. Cependant comme ces livres ont été connus des Juifs, et qu'à beaucoup d'égards ils sont la source la plus sûre, si ce n'est même la seule source, à laquelle on puise puisser des renseignements sur l'histoire, le caractère, et le développement des Juifs pendant les quatre siècles qui précédèrent l'avènement du christianisme, on n'a pas le droit d'en faire complète ment abstraction ; c'est à ce titre que nous en parlons ici, ne voulant pas plus les déprécier outre mesure que nous ne voulons surfaire leur valeur. On les divise ordinairement en livres historiques et didactiques; mais cette division est peu tranchée, parce qu'il y en a qui sont des contes moraux ou prétendus tels, à la fois historiques et sentenlieux.
Le Premier livre (CEsriras n'est guère qu'un extrait mal rédigé des deux derniers chapitres des Chroniques, et du livre authentique d'Esdras. La traduction en est libre et abrégée, les hébraïsmes sont évités; l'auteur ajoute quel-
ques faits, mais dont l'inexactitude évidente montre un homme peu au fait de l'histoire. Il fait par exemple de Zorobabel un jeune homme au temps de Darius Hystaspes, et il lui donne pour fils Joachim, 5, 2., tandis que celui-ci était fils du souverain sacrificateur Jésuah, Néh. 42, 40. 11 appelle Darius roi d'Assyrie, longtemps après que cet empire eut été complètement détruit; et il rapporte comme ayant eu lieu sous ce règne, des événements qui se sont passés sous Cyrus, cf. 4, 43. 57. 58 avec Esd. 4, 3, 4. — Il est difficile de reconnaître un plan dans cet ouvrage, d'autant plus qu'il n'est pas achevé, et que nous n'en possédons qu'un fragment. Cependant, un auteur allemand, Berchthold, a émis l'opinion, assez probable, que l'auteur a voulu donner une histoire du temple de Jérusalem depuis la dernière époque du culte légal, sous Josias, jusqu'au rétablissement de ce culte par la nouvelle colonie revenue de l'exil. Ce plan est exécuté aussi bien qu'on pouvait l'attendre d'un Juif alexandrin, mais il est extrêmement peu important pour l'histoire elle-même.
Le Second livre (TFsdras qui n'a même jamais été vu en grec, mais seulement en latin, est une collection de fables, de songes et de visions, si pitoyable que le concile de Trente luimême l'a rejeté, v. plus loin. Plusieurs passages de cet écrit laissent supposer qu'il a été fabriqué depuis la prédication de l'Evangile; cf. 7, 28. 29.
L'histoire de Tobie, sa piété, ses épreuves, et le secours qu'il trouve en Dieu, est une fiction poétique où l'auteur a voulu montrer que la piété, les bonnes œuvres, les aumônes et la prière, sont abondamment bénies, 4 2, 4 3 sq. Un Juif de la Palestine parait avoir pris son sujet dans la tradition, pour y rattacher ses idées et celles qui se répandaient parmi le peuple depuis l'exil. Il dit souvent: Les aumônes sauvent de la mort, 4. 7-44. 42, 8-44. La doctrine des anges a un caractère persan, el le Zend-Avesta nous parle, comme Tobie 3, 4 6. 42, 42., de ces anges qui exaucent les prières et qui les apportent devant Dieu. De même, le voluptueux démon Asmodée, et le moyen de chasser ces êtres malfaisants par la fumée ou autres cérémonies, se retrouvent dans les livres religieux du paganisme oriental.— L'auteur doit avoir vécu assez tard, car il commet des fautes dont plusieurs trahissent un moderne : on le place ordinairement un siècle av. J.-C. On ignore si Tobie fut d'abord écrit en hébreu. Saint Jérôme l'a traduit du caldèen, langue dans laquelle il semble le plus probable qu'il a été composé. Les héllénismes que l'on trouve dans l'exemplaire de Castellion, ou dans les exemplaires publiés par Munster et Fagius,
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démontrent manifestement que ce ne sont là que des traductions du grec, et non des productions originales. En tout cas, cette légende ou histoire, aussitôt qu'elle eut paru, reçut des modifications de tous genres: aussi n'y a-t-il pas une seule de ces versions qui ressemble à l'autre. L'imitation en vers, d'Andrieux, n'est ni la moins poétique, ni la moins édifiante de toutes ces éditions retouchées et augmentées.
Le Livre de Judith est un roman dont l'intrigue est connue de tout le monde. Une femme s'introduit auprès d'Holopherne comme courtisane, l'endort de vin et de propos caressants, lui coupe la téte, et vient annoncer au peuple juif qu'il est délivré du général assyrien. Ce livre parait avoir été écrit en caldécn comme le précédent, et c'est de celle langue que saint Jérôme Ta traduit en latin . Ou ne saurait à quelle époque de l'bisloire des Juifs placer l'action qui fait le sujet de ce livre. Ce devrait être après le retour de Babylone et la reconstruction du temple ; mais depuis la dix-buitième année de Nébucadnetsar, les Juifs ne furent en aucune manière inquiétés pendant plus de quatre-vingts ans (2, 1 . 4, 3. 5, 48. 49. 46, 20-25.). Comment concilier ces faits avec la vérité? Quelle improbabilité d'ailleurs que Béthulie, petite ville, ait pu tenir contre une si puissante armée, et que la mort d'un générai ait suffi pour faire prendre la fuite à toutes ses troupes! Quant à la géographie de l'ouvrage, elle dénote la plus incroyable ignorance et l'on croirait volontiers que l'auteur, après avoir fait sa petite histoire, l'a parsemée au hasard, de tous les noms de villes ou de pays qui lui passaient par la téte. On peut en dire autant de la chronologie. Grotius, pour sauver ce livre et lui ôter ce qu'il a de choquant en morale comme en histoire et en géographie, n'a rien trouvé de mieux que de le spirilualiser; pour lui Judith, c'est la Judée; Nabuchodonosor, c'est le diable, etc. (p. mon Epoq. des Maccabées, |». 454. sq.).
Les Additions au livre d'Ester n'ont jamais paru en hébreu; elles ont été ajoutées au texte des Septante, et intercalées en leur place par leur auteur, qui parait avoir été un juif alexandrin. Contrairement à ce que rapporte l'histoire inspirée, l'auteur de cet écrit prétend que ce fut dans la deuxième année de son règne qu'Assuérus faillit être assassiné par un de ses eunuques ; il dit que Mardochée fut récompensé sur- le -champ pour avoir révélé le complot; qu'Haman avait été élevé en dignité déjà avant cette circonstance, et que sa haine contre Mardochée provint de la révélation qu'il avait faite, que cet Haman était un macédonien qui voulait s'emparer du trône des Perses au prolit de son royaume. Les Juifs s'y donnent le nom d'enfants
du Dieu très haut, et prétendent que leur Dieu a ordonné aux païens mêmes d'observer la fête du Purim. Cela étant dit, nous pouvons ajouter que ces additions renferment aussi quelques belles et bonnes choses, dont Racine a su tirer parti dans sa tragédie de ce nom. Il n'est pas sûr que le concile de Trente ail déclaré cet ouvrage canonique : quelques docteurs romains (Bellarmin) prétendent que non.
Le Livre de la Sapience, dit de Salomon, n'a point été écrit par Salomon, et jamais on ne l'a vu en hébreu. Celui qui l'a composé avait lu Platon et les poêles grecs, ainsi qu'on le voit par plusieurs passages de son livre. En quel* ques endroits, il copie presque les prophètes et quelques écrits de l'Ancien Testament. Cet ouvrage se divise en trois parties générales : 1° 1-6, 8; 2° 6, 9-4 0; et 3° 4 4-19. Ces parties sont isolées et bien tranchées, mais non pas tellement qu'elles fassent penser à trois ouvrages ou à trois auteurs différents. L'auteur s'adresse d'abord aux rois en leur proposant la sagesse comme but de leurs études et de leurs efforts; puis il fait l'histoire de la sagesse, comment on peut l'obtenir et quels en sont les fruits : il montre les peuples idolâtres éprouvant les rigueurs de l'Eternel, et les compare au bonheur du peuple juif, qui reconnaît Jéhova pour son roi. Il est possible que l'auteur ait eu un but politique, mais son objet principal était bien religieux. La tendance platonicienne est assez prononcée (3, 4 4. 7, 4. 42. 3, 6. 49. 9, 4., etc.) pour que les Juifs palestiniens aient cru devoir protester. — L'idée de saint Augustin que Siracb est l'auteur de ce livre est assez heureuse; cependant on ne peut rien décidera cet égard, et il faut se contenter de l'idée générale d'un auteur alexandrin et antérieur à Phi- Ion, parce que la Sapience renferme une spéculation plus saine que celle de ce Juif.
V Ecclésiastique, ouvrage préférable au précédent. Un certain Jésus, tils de Siracb, en lisant les Ecritures et d'autres bons livres, avait acquis de grandes connaissances morales. Il se mit à recueillir çà et là diverses maximes, auxquelles il en ajouta de son propre fonds. C'est donc un recueil de sentences et de proverbes dans le genre de ceux de Salomon; il renferme des excursions plus ou moins étendues sur l'ordre moral du monde, dans lesquelles Tauleur passe en revue les classes et les âges de l'homme. On ne saurait y chercher de plan ni d'ensemble, et le livre ne se laisse pas diviser. Primitivement écrit en hébreu ou en caldéen, V Ecclésiastique fut traduit en grec par un petit-lils de l'auteur, sous Ptolémée Evergèle, roi d'Egypte, probablement environ 240 ans av. C. Du reste, la date se laisse difficilement déterminer, car tout repose sur les indications de
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l'auteur lui-même, qui nous dit avoir écrit sous le pontifical d'un Simon, pendant le règne d'un Evergète; or il y a eu deux ponlifes Simon qui ont vécu tous les deux sous le règne d'un Evergète. L'auteur se donne si pou pour inspiré, qu'il s'excuse lui-même des imperfections de son travail ; il fait du Fils de Dieu, de la Parole, une simple créature ; il représente l'aumône et l'obéissance à père et mère comme un moyen d'expier ses péchés; il prétend que Samuel prophétisa encore après sa mort; enfin, selon lui, ce serait à Elie le Thlsbite qu'il appartiendrait de faire cesser la colère de Dieu : à ce dernier égard, cf. Mal. 4, 5. Ce livre est, avec le premier des Maccabées, le meilleur et le plus important des Apocryphes. Les anciens le nommaient le Panarcton, le trésor de toutes les vertus.
Baruch est un insigne roman qu'on dit avoir été écrit par Baruch à babylone. Or, selon toute probabilité, jamais Baruch ne fut à Babylone. Il fut lu a Jéchonias, près d'une rivière qui n'a point existé; et d'ailleurs, comme on sait, Jéchonias vivait en prison pendant son séjour â Babylone, et n'allait pas se promener. On y parle d une collecte qui aurait été faite parmi les Juifs de la captivité, pour acheter des victimes, qu'on aurait envoyées au sacrificateur Joachim avec les vases sacrés de Sèdécias! Mais comment des esclaves, tout au commencement de leur captivité, peuvent-ils avoir de l'argent à déposer dans une collecte? Comment envoyat-on ces victimes à un souverain sacrificateur qui n'existait plus ? Comment put-on renvoyer de Babylone des vases sacrés faits par Sédécias, lorsqu'il est probable que Sédécias n'en a jamais fuit faire? Il faut remarquer, en outre, que l'auteur emprunte diverses expressions de Daniel, qui cependant vécut après la mort de Baruch. — Le chap. 6 se donne pour une lettre de Jérémie aux exilés de Babylone, et renferme des déclamations contre l'idolâtrie. Ce morceau est séparé de ce qui précède par une inscription, et il se distingue par un meilleur style : ce n'est que par accident qu'il se trouve lié à Baruch , mais il ne porte pas davantage le cachet de l'authenticité; les soixante et dix semaines de Daniel y sont converties en sept générations. Il est cité 2 >lacc. 2, 2., et appartient sans doute aux Alexandrins, qui traduisaient en général très librement les oracles de Jérémie, et parmi lesquels s'étaient conservées un bon nombre de légendes sur ce prophète.
Le. Cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise (après Dan. 3, 2S) est une mauvaise imitation du Ps. 448. Ces flammes de 49 coudées de hauteur, et ce vent de rosée que taisait souffler l'ange du Seigneur au milieu du
feu, sont des détails qui portent tous les caractères de la fiction.
L'Histoire de Susanne (formant le 43« chap. de Daniel), est probablement une fable d'un bout à l'autre. Qu'elle ait été primitivement écrite en grec, c'est ce que prouve l'espèce de jeu de mots que fait le prétendu Daniel v. 55 et 59., et qui n'a de sens que dans celte langue. Et puis, n'est-il pas invraisemblable que tout au commencement de la captivité, un Juif ait pu être aussi riche qu'on nous représente le mari de Suzanne? que le droit de vie et de mort ait été donné à des tribunaux juifs en Caldée? que Daniel élevé à la cour ait pu assister à ce procès? et enfin, que si jeune, on l'ait admis au nombre des juges, surtout après que la sentence avait été prononcée?
Le livre de Bel et celui du Dragon soni encore plus romanesques. En effet, quelle invraisemblance que Cyrus, roi de Perse, ait adoré une idole babylonienne, et une idole qui fut mise en pièces lors de la prise de la ville! In homme de sa trempe pouvait-il croire qu'une statue d'airain pût réellement boire et manger? Quel pitoyable moyen que celui qu'imagine Daniel pour découvrir la supercherie des prêtres de l'idole! Comment ceux-ci ne virent ils pas les cendres semées sur le parquet? ou comment Daniel put-il empêcher qu'ils ne fussent avertis par les serviteurs du roiP Puis, quelle idée que de faire trembler Cyrus devant les Babyloniens jusque-là qu'il leur sacrifie son cher Daniel! de faire vivre Habacuc jusqu'à celte époque, pour qu'il puisse, après un voyage aérien, porter de la nourriture au jeune prophète dans la fosse des lions! d'imaginer enlin que Cyrus ail pu rester six jours sans s'informer de ce qu'était devenu son ami! — Ces deux livres forment re que, sans leur donner de titre à part, les catholiques-romains appellent le \ 4e chapitre du pro phète Daniel.
La Prière de Mariasse (cf. 2 Chr. 33, 19.), qui ne se trouve pas dans le texte hébreu, semble être l'ouvrage de quelque Pharisien. Il y est parlé des justes, savoir d'Abraham, d lsaac et de Jacob, comme de gens sans péché, et qui n'ont pas eu besoin de repentance. Elle n'a été admise comme canonique que par l'Eglise grecque.
Enfin les Livres des Maccabées renferment l'histoire des Juifs sous Maltaihias et ses descendants. Us sont d'une très grande utilité, surtout le premier. Il doit avoir été compose en hébreu ou en caldéen : Origèncl'aludans celte langue, et il parait que c'est aussi de là que Jérôme l'a traduit en latin; on admet généralement que Jean Hyrcan en est l'auteur, ou tout au moins le principal rédacteur; le style a de l'énergie, de la clarté, et parfois affecte des al
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lares officielles. Toutefois ce livre n'a rien de canonique, et l'auteur lui-même fait l'observation qu'il n'y avait point de prophètes en res temps-là, 4, 46. 9, 27. 14, 41. Il renferme d'ailleurs diverses méprises qui constatent son origine humaine. On y lit qu'Alexandre le Grand partagea lui-même ses conquêtes entre ses généraux, tandis que ce partage ne se fit qu'après sa mort; qu'Antiocbus le Grand fut fait prisonnier par les Romains; que ces derniers donnèrent à Eumènes, roi de Pergame, l'Inde et la Medie, Etats qui faisaient partie de ceux d'Antioi-hos; que le sénat romain comptait 320 membres; qu'Alexandre Balas était flls d'Antiochus Epipbanes, etc., tout autant d'assertions qui sont contredites par l'histoire. — Le second livre des Maccabées, contenant l'histoire de quinte années, est de beaucoup inférieur au premier. C'est l'abrégé de l'ouvrage d'un certain Jason de Cyrène. L'auteur termine en faisant des excuses sur sa manière d'écrire l'histoire; et de fait il a bien des choses à se faire pardonner. A l'en croire, Judas Maccabée aurait vécu jusqu'à la 488* année des Sèleucides, tandis qu'il mourut l'an 152; Antiochus Epiphane aurait été tué dans le temple de Nanée, en Perse, et l'on sait qu'il finit ses jours sur les frontières de la Babylonie. Néhémie aurait bati le second temple et l'autel, constructions qui se tirent soixante ans avant que Néhémie revînt de Perse; Jérêmie aurait caché dans une grotte et le tabernacle, et l'arche, et l'autel des parfums-, Persépolis aurait encore été debout un siècle après qu'Alexandre l'eut réduite en cendres; Judas aurait bien fait d'offrir des prières et des sacrifices pour les morts, et Ragis serait louable de s'être suicidé pour échapper à la fureur des Syriens.
On peut juger, par ce qui précède, combien ces livres apocry phes sont peu dignes d'occuper une place quelconque dans le volume sacré, même en en faisant une catégorie tout à fait à part. Aussi les Sociétés bibliques si; refusr nielles maintenant presque toutes à les joindre aux versions qu'elles distribuent, ne voulant et ne devant répandre que la Bible.
On trouvera, dans un ouvrage spécial du pasteur Moulinié de Genève, une apologie assez complète des Apocryphes ; on verra en môme temps combien sont'faibles les meilleures raisons que l'on peut avancer en faveur de leur authenticité.
Ou ne comprend pas sous le nom d'apocry- Pbes certains livres plus décidément apocryphes encore et plus modernes que ceux dont il vient d'être parlé; ainsi les deux d'Esdras, le livre d'Enoch, l'Assomption de Moïse, le Testament des douze patriarches, etc. Ils datent presque tous du 2« siècle ap. C, et mériteraient
par leur âge d'être réunis aux Apocryphes du N. T. plutôt qu'à ceux de l'Ancien, (v. Fabricii Codex Pseudepigr. V. T. 1713-174», etc.; Du Pin, Prolegom. Amsterd., 1701, etc.)
Le Nouveau Testament a eu aussi ses Apocryphes ; mais les livres auxquels on a donné ce nom sont loin d'avoir acquis l'importance historique des Apocryphes de l'Ancien Testament. Il ne paraît pas que l'Eglise chrétienne ait jamais beaucoup hésité sur la formation de son Canon. A aucune époque, aucun écrit humain n'est venu s'adjoindre au recueil des écrits sacrés. A la vérité, certaines sectes, assez mal connues d'ailleurs, ont essayé de modifier la collection évangélique à leur point de vue, mais ces tentatives ont avorté devant l'opinion générale, et il en reste à peine quelques traces; encore sont-elles contestables et contestées.
On croit, par exemple, que les Evangiles des Egyptiens, des Hébreux, de Marcion, n'étaient que des reproductions altérées des Evangiles canoniques, et l'on suppose que chacun de nos quatre Evangiles a dû être plus ou moins corrompu au profit des tendances diverses qui se partageaient l'Eglise primitive, tendances dont les germes se trouvaient dans les écrits sacrés eux-mêmes. La disparition prompte et presque totale de ces altérations atteste à la fois la rectitude du sens chrétien, l'autorité de la tradition générale, et la pureté du Canon dans l'Eglise primitive.
A côté de ces écrits se placèrent d'autres livres en assez grand nombre : Luc, 1, 1. 2. fait allusion à celte littérature de sou époque. Les uns avaient uniquement en vue l'édification, comme le célèbre Pasteur (CHermas qui est cité avec respect et entouré d'une sorte d'autorité morale. Les autres, dictés par l'imagination, avaient pour but de suppléer aux lacunes du N. T. sur la vie de Jésus, et de fournir une pâture à la curiosité avide des ames pieuses; ils se distinguent par une naïveté puérile et par le caractère Souvent légendaire des faits et des miracles qu'ils rapportent. Tels sont {'Histoire de Joseph le charpentier, le Protévangite de Jacques, les Evangiles de Marie, de lfenjance, de Thomas, de flivomède, la Mort de PUate, etc. M. Ccllérier a fait entre ces derniers écrits et les Evangiles inspirés un parallèle intéressant. (Orig. du N.T.,p. 174-215.; Une de ses remarques est assez importante pour être rappelée ici. « Ces Apocryphes ne sont point l'ouvrage d'imposteurs individuels, mais le résultat de l'imagination, des opinions, des préjugés du temps, l'ouvrage successif et en quelque sorte national des compatriotes ou des contemporains do Sauveur. On y voit, en d'autres termes, de quoi nos Evangiles eussent été infailliblement remplis s'ils n'eussent été di-
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vins... Pour traduire la chose en langue scientifique, ces écrits sont des mythes, et nos Evangiles, s'ils se fussent formés de la même manière, ne leur seraient pas supérieurs. » M. Cellérier avait à l'avance et en deux mois réfuté le fameux système de Strauss.
APOLLONIE. Il y avait une ville de ce nom en Illyrie, et uue autre au nord du pays de Canaan ; mais celle dont il est fait mention Act. 47, 4. était une ville de Macédoine, fondée par les Corinthiens, à 36 milles romains (62kilom.), sud-ouest de Tbessalonique, et qui n'est guère connue que par la circonstance que César-Auguste y étudia la langue grecque (auj. Paleo- Chori).
APOLLOS (ou Apollonius, ou Apollodore, suivant les mss.), Juif d'Alexandrie, qui arriva à Ephèse dans le temps même oU Paul entreprenait son troisième voyage à Jérusalem. C'était un homme éloquent, et profondément versé dans les Ecritures. Quoiqu'il ne connût encore que le baptême de Jean, il enseignait avec chaleur les choses qui regardaient le Seigneur Jésus. Aquilas et Priscille l'ayant entendu prêcher avec hardiesse dans la synagogue, le prirent chez eux et l'instruisirent plus à fond de la doctrine chrétienne. Il partit d'Ephèse pour l'Achaïe, muni de lettres de recommandations, et il fut très utile aux nouveaux convertis en les affermissant dans la foi. De Corintbe il se rendit dans l'Ile de Crète avec Zénas ; puis retourna à Epbèse, où il était lorsque Paul écrivait sa première lettre aux Corinthiens, Act. 48, 24. 49, 4. 4 Cor. 46, 42. Tit. 3, 43. — Quelques personnes pensent que la prédication d'Apollos à Corintbe y avait occasionné le schisme dont saint Paul fait mention dans sa première épilre; d'autres, et cette opinion peut se justifier aussi, croient que Paul emploie les noms d'Apollos et de Céphas par ménagement pour les vrais auteurs du schisme, pour généraliser ses observations et pour rendre ses raisonnements d'autant plus concluants, 4 Cor. 4, 42. 3, 4. 6. 4, 6.
APOLLYON, v. Abaddon.
APOSTOLAT, mission, charge d'apôtre, 4 Cor. 9, 4. 2. 2 Cor. 42, 42. Il semblerait, d'après ces passages, que pour être capable d'exercer l'apostolat dans le sens spécial du mot, il fallait avoir vu notre Seigneur Jésus-Christ, être autorisé par lui à rassembler en tous lieux son Eglise, et se rendre recommandable par une grande patience, des signes, des prodiges et des miracles : quelques-uns y ajoutent même l'infaillibilité d'enseignement et le don de communiquer le Saint-Esprit par l'imposition des mains, Act. 8, 47. Nous laissons à la dogmatique ce qui lui appartient, le droit de discuter en détail et à fond les questions si graves qui se rapportent à l'apostolat, a la manière dont
il était transféré, aux caractères qui le constituaient, aux signes auxquels on le reconnaissait, à son exclusisme et à la possibilité ou l'impossibilité de voir celte charge se prolonger au delà du siècle dit apostolique. Nous nous bornerons à quelques observations. Le passage Gai. 2, 44. semble prouver que l'infaillibilité n'élait pas un des caractères immuables de h charge d'apôtre, et l'on ne peut douter que lorsque Simon Pierre « ne marchait pas de droit pied selon la vérité de l'Evangile, » son enseignement ne s'en ressentit d'une manière fâcheuse. En outre, il n'est point dit 4 Cor. 9, 4 . 2. qu'il fallût avoir vu le Seigneur pour être apôtre : c'est en passant que saint Paul dit: « N'ai-je pas vu notre Seigneur Jésus-Christ?* tout comme il dit au même verset : « Ne suis-je pas libre? » sans que cela entraine le moins du monde, pour l' Apôtre, l'obligation d'être libre ou de se démettre de sa charge s'il vient à perdre sa liberté. Le Nouveau Testament ne nous donne aucune règle bien précise sur les conditions d'admission dans le corps apostolique : nous y voyons entrer, outre les douze, Matthias, Act. 4, 26.; saint Paul, 4 Cor. 9, 4.; Barnabas, Act. 44, 44.; Androniqueet Junias.Rom. 46, 7.; Epaphrodite, Phil. 2, 23. (dans l'original), et d'autres. Notre Sauveur lui-même est appelé dans l'Epitre aux Hébreux 3, 1 . l'apôtre et le souverain sacrificateur de notre profession. Ce qui est *ûr, c'est que cette charge sacrée se manifestait d'une manière sensible, de telle sorte que les chrétiens ne pussent s'y tromper; et pour exprimer cette pensée encore plus clairement, il paraît qu'en général, 2 Cor. 4 3, 4 1, on reconnaissait un apôtre à ses œuvres plutôt qu'au mode de sa nomination. C'est du moins le principe duquel saint Paul semble partir toutes les fois qu'il aborde ce sujet et qu'il revendique pour lui-même les litres à l'apostolat, que plusieurs voulaient lui contester. — Il faut remarquer encore que les apôtres n'apparaissent nulle part dans le N. T. comme formant un collège proprement dit, composé de tous à la fois, et de tous à l'exclusion des autres ûdèles ; que les promesses qui leur sont faites sont faites égalemenlà tous les chrétiens, Mattb. 40, 49. Marc 4 3, 44., cf. Jean 44, 46. sq. 46, 42. 43., et que les dernières instructions du Sauveur s'adressent aux apôtres et aux disciples en leur qualité de témoins, sans qu'elles leur confèrent des droits proprement dits : « Christ n'a pas voulu relever ici les hommes, dit Calvin, mais la doctrine évangélique;... il relient lui seul tout le pouvoir, tandis qu'eux n'ont à réclamer que le ministère.» v. un art. de M. Schérer sur l'aposlolat, Rev. dethéol., t. III, 4854, p. 321.
APOTRE (v. l'art, précédent) mbsionnaire, messager, envoyé. On désigne spécialement
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ce nom les douze disciples que notre Seigneur chargea d'une façon particulière de fonder son Eglise. Après sa résurrection, il les envoya prêcher l'Evangile et baptiser; et nonseulement il leur donna le pouvoir de faire des miracles, mais encore il voulut qu'ils pussent conférer ce pouvoir à d'autres. Leurs noms se trouvent Matin. 40, 2. Marc 3. 16. Luc 6, 14. Act. 4,13. L'ordre dans lequel ils sont nommés paraît arbitraire. Quelques-uns ont cru qu'ils étaient rangés suivant l'ordre dans lequel ils furent appelés ; mais il parait d'après Jean 4 , 40, qu'André fut le premier qui reçut vocation, tandis qu'il n'est nommé que le second dans Matthieu, le cinquième dans Marc. D'autres ont cru y voir l'établissement d'une espèce de hiérarchie commençant par Pierre et finissant par Judas Iscariot; mais, s'il y a peut-être quelque chose de vTai dans les extrêmes, il n'en est pas de même pour les intermédiaires ; la preuve en est dans le fait que l'ordre n'est pas le même dans les quatre catalogues qui nous en sont donnés. Quant à Judas Iscariot, il va sans dire qu'on ne pouvait lui donner d'autre place que la dernière ; il n'y a pas besoin de supposer une hiérarchie pour cela. Jésus se les adjoignit successivement a mesure qu'il reconnut chez eux des dispositions convenables; ils furent ses premiers catéchumènes, ses premiers disciples. Leur nombre qui rappelait, non sans intention, celui des douze tribus, les a fait considérer comme les douze fondements de l'Eglise, mais l'Eglise n'a réellement qu'une seule pierre angulaire, qui est Christ, et si, après la mort de Judas, les apôtres crurent devoir procéder à nne élection complémentaire, rien ne dit qu'ils en eussent le droit; ils agissaient avant l'effusion du Saint-Esprit, et le silence que garde le N. T. sur le nouvel élu, a quelque chose de caractéristique. Us temps de la forme étaient passés, et la charge d'apôtre ne pouvait pas dégénérer eu formalité. — On se demande comment Jésus a pu choisir un homme dont il a dit lui-même plus tard : « L'un de vous est un démon, » Jean 6, 70. La réponse dépend de la manière dont on comprend l'humanité du Sauveur; si l'on admet qu'elle fut aussi réelle, aussi complète que sa divinité, on dira que Jésus s'est trompe sur Judas, comme les apôtres se trompèrent plus lard sur le compte d'Ananias et de Simon le Magicien ; si au contraire on n'admet qu'une humanité apparente, comme les docèles, on ne peut pas se l'expliquer, à moins d'admettre que Jésus a voulu induire Judas en tentation, et en faire le tilsde perdition. — Les trois apôtres les plus intimes du Sauveur furent Jean, qu'il aimait; Pierre, à qui il lit une promesse spéciale, et Jacques, le premier martyr. Parmi les autres on dislingue Nalhanael, l'Israé-
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lite sans fraude; Thomas, homme aussi dévoué que réfléchi; André et Matthieu, pleins de désintéressement. — Cinq d'entre eux nous ont laissé des écrits, Matthieu, Jean, Pierre, Jacques le Mineur et Jude. Nous les retrouverons à leur article, spécial.
APPEL. « J'en appelle à César, » dit saint Paul, Act. 25, 14. Tout citoyen romain avait le droit d'en appeler des gouverneurs de province a l'empereur lui-même. Pline, dans une de ses lettres à Trajan, dit qu'il avait pour habitude et pour système d'envoyer à Rome les citoyens romains qu'on lui déférait pour cause d'attachement au christianisme.
APPIE ou Appbie. Philém. 2. Probablement la femme de Philémon ; on croit qu'elle souffrit le martyre avec son mari.
APPIL'S. consul romain (303 av. C.) qui avait fait construire la ville connue sous le nom de Marché d'Appius, Act. 28, 45 (v. Forum). Il avait aussi fait tracer une route qui porte son nom, la Voie Appienne.
AQUILAS, Juif né dans le Pont et fabricant de tentes. Sa femme (Prisca ou Priscilla) et lui furent de très bonne heure convertis au christianisme ; peut-être le furent-ils par le discours de Pierre à la Pentecôte. Après avoir résidé quelque temps à Rome, occupés sans doute à faire des tentes pour l'armée d'Italie, ils durent quitter la capitale, comme tous les Juifs bannis par l'édit de Claude, et vinrent se fixer à Corinthe, Act. 18, 2. Ils continuèrent d'y exercer leur Industrie, et plus d'un Juif, plus d'un Grec, plus d'un soldat romain, logèrent sous des lentes qu'un des ouvriers d'Aquilas , un nommé Saul, apôtre des gentils, avait fabriquées de ses mains. Saint Paul cependant quitta bientôt la maison de son patron, et alla, peut-être pour complaire aux chrétiens d'entre les gentils, peutêtre pour être plus près du lieu des réunions et parce que ses devoirs pastoraux se multipliaient, habiter auprès de Juste, païen converti, dont la maison était voisine de la synagogue. Au bout de quelque temps, lorsque Paul s'embarqua pour la Syrie, Aquilas et Priscille partirent avec lui et l'accompagnèrenl à Ephèse : c'est probablement là, dans l'émeute de Démélrius, 19, 24., qu'ils exposèrent leur vie pour lui, Rom. 4 6, 4.; c'est encore là qu'ils instruisirent Apollos dans la voie du Sauveur et dans le baptême de Jésus, lui qui ne connaissait encore que le baptême de Jean. Plus tard, ils retournèrent à Rome, où il parait que l'édit de Claude était tombé en désuétude, et nous voyons leur maison servir d église à quelques fidèles de la ville. Ils sont en tête de ceux auxquels saint Paul adresse des salutations dans sa lettre aux Romains. Enfin ils revinrent en Asie et se fixèrent de nouveau à Ephèse ou dans les environs : c'est là que nous les trou-
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vous pour la dernière fois. L'amitié qui les unit au grand apôtre ne se démentit jamais, et Paul pressentant son prochain supplice, ies mentionne encore les premiers dans sa lettre testamentaire, lorsqu'il charge Timothée de saluer les frères qui l'entourent, 2 Tim. 4, 19.
Quelques auteurs, par des principes ou scrupules dogmatiques, attribuent à Aquilas, et non à saint Paul, le vœu dont il est question. Acl. 48, 18.; mais le contexte de la phrase ne per met pas cette interprétation. C'est de Paul, et non point d'Aqutlas, qu'il s'agit; c'est Paul qui fait le voyage, et ses amis ne sont nommés qu'en passant. D'ailleurs l'ensemble des principes et de la conduite de Paul nous prouve que cet apôtre, si large avec les païens, ne laissait pas d'être encore Juif pour les Juifs, et qu'il avait conservé de l'ancien culte quelques rites, quelques cérémonies pieuses auxquelles il était toujours attaché.
ARABIE, vaste contrée de l'Asie, à l'est et principalement au sud du pays de Canaan. Sa plus grande longueur d'orient en occident est d'environ 3,000 kilom., et du nord au midi de î,500. Dans sa partie septentrionale, à l'est de Canaan, l'Arabie n'a pas, a beaucoup près, la moitié de ces dimensions. On évalue sa surface à cinq ou six fois celle de la France; elle est bornée au sud par l'Océan indien, à l'ouest par la mer Rouge et l'isthme de Suez, au nordouest et au nord par le pays de Canaan et par la Syrie, à l'est par les montagnes de la Caldée et le golfe Persique. On la divise communément en trois parties :
i° l'Arabie Pétrie (ou rocheuse), au nordouest. Cette contrée se divisait autrefois en pays d'Edom, désert de Paran, pays de Cusan, etc., et il semble qu'on lui ait donné le nom d'Arabie soit parce qu'elle est à Voccident de. l'Asie, soit à cause du mélange, à cause de la variété des tribus qui l'habitaient, soit enfin à cause de la stérilité du pays, le mot Arabie pouvant signifier ces trois choses. — On y trouvait G uérar, Kadès-Barué, Lakis, Béersébah et le montSinaï.
2° V Arabie Déserte , en partie au suJ de l'Arabie rocheuse, en partie s'étendant à l'est de Canaan, comprenait les pays de Hammon, de Moab, de Ma<lian, la contrée des Ituréens, celle des Hagaréniens, et probablement aussi le pays de Huz : c'est là qu'on trouve surtout ces affreux déserts qui font avec leurs caravanes légères la réputation de l'Arabie-, des hordes sauvages, et quelques bétes féroces moins redoutables pour les voyageurs, en sont les seuls habitants; du sel et du sable, quelques roches, des épines, voilà tout ce qu'on y trouve : le simoun y souffle fréquemment et le phénomène du mirage s'y produit comme en Egypte.
3° L'Arabie Heureuse, au sud des deux premières ; contrée délicieuse et fertile, riche en parfums de toutes espèces. Selon quelques auteurs, la reine de Séba, aurait étendu sa domination jusque-là.
Toutefois, et malgré tout ce qu'il peut y avoir de tranché dans les différences qui séparent ces trois grandes provinces, elles ne forroeot effectivement qu'un seul tout, un même pays, avec de fortes nuances, mais avec une unité plus forte encore, et des caractères commuas qui ne permetta nt pas de les séparer. Ainsi li province d'Uedjaz, qui renferme La Mecque, lieu de naissance de Mahomet, et Médiue, lieu ■le sa mort, fait partie de l'Arabie Pélrèe, selon Niebuhr, tandis que d'autres (Burckhardl) U réunissent avec plus de vr.ti>emblancc, à i'Arabie Heureuse. Le climat en est sec et chaud, l'ardent simoun y souffle presque continuellement, les nuits y sont fraîches, les sources rares, les rivières peu abondantes, les montagnes nombreuses mais sans végétation ; quelques eaux souterraines, conduites avec art, ei conservées avec soin parles Arabes, donnent une grande fertilité aux oasis clair-semèes dans les déserts. On pêche les plus belles perles sur les côtes méridionales du golfe Perdue. Le climat, généralement salubre, rend cependant les ophth ilmies fréquentes et dangereuses. Des lions, des chacals, des byènes, des panthères, des léopards sont la plaie des troupeaux; les sauterelles sont la plaie des lieux herbeux et des oasis; l'autruche nourrit quelquefois de ses œufs les voyageurs ou les Bédouins. Le millet et les dattes sont la principale ressource contre la faim. Les caféiers, l'aloès, l'acacia-gommier, l'encens, la manne, la myrrhe et le séné se trouvent en abondance au midi du désert et sur les eûtes. Les moutons que l'Arabe nomade fait paître dans les plaines du Nedjed près de l'Yémen et jusqu'à i'buphrate, donnent leur lait et leur viande à ceux qui ne vivent pas de pillage. Les chevaux arabes sont célèbres par lenr beauté et la rapidité de leur course ; ils ont leurs généalogies, leurs titres de noblesse, leur histoire et leurs rivalités. Enfin le chameau, la merveilledu désert, l'idole de ses maîtres, et le chef-d'œuvre de la création pour ces peuples abandonnés, leur tient lieu de vaisseau pour traverser les sables; son poil les habille, son lait et sa chair les nourrissent; sa compagnie les charme, il aime la musique, il dresse la téle au son du fifre ou du tambour; chargé de masses pesantes, il fuit avec la rapidité de la flèche, et transporte, sans se fatiguer, des familles, des marchandises, ou des guerriers, ne demandant qu'une poignée de farine toutes les vingt-quatre heures, et une source tous les huit jours; sa fiente même sert à l'Arabe , et , desséchée,
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remplace le bois si rare et si coûteux. Enfin, pr^s de périr de soif au milieu des sables et des rochers, le raaîlre tue son serviteur et trouve encore, dans ses quatre estomacs, une source qui le rend à l'existence. C'est ainsi que, par sa sobriété, son courage et ses nombreux services, le chameau se fait pardonner sa laideur, et l'Arabe l'aime a l'égal de ses nobles coursiers.
L'Arabe est passionné de la liberté ; son gouvernement est patriarcal, jamais il n'en a voulu d'autre, on n'a pu l'asservir. Mais les querelles des trions sont quelquefois sanglantes. Brigands entre eux , et barbares pour les étrangers, ils sont hospitaliers pour celui qui vient réclamer leur tente et leur pain mal cuit : leur ennemi le plus cruel peut dormir en paix si quelque circonstance fortuite l'a amené sous le toit de celui qui le hait ; mais la vengeance relève la tête aussitôt que l'hôte est sorti de la maison.
L'Arabie Heureuse doit avoir été peuplée essentiellement par la nombreuse famille de Joktan, descendant de Sem ; les deux autres Arables furent d'abord habitées par les Réphaïms, les Emims, les Zamzummiras , les Hamalécites, les Ho rites, et autres descendants de Cus, l'aîné des fils de Cam. Les Cusites en furent insensiblement dépossédés par la postérité de Nacor, Lot et Abraham. Ismaël s'établit d'abord dans l'IIedjaz, et fonda les douze puissantes tribus des Nabalhéens, des Kédaréens, etc., Gen. 25, 43-15-, qui s'étendirent peu à peu de manière à occuper tout au moins les contrées septentrionales du pays : les restes des Uzites , des Buzites, des Hammooites, des Moabites, des Madianites, etc., s'incorporèrent à eux plus lard.
Les anciens Arabes étaient adonnés à une grossière idolâtrie : ils adoraient le soleil , la lune, les étoiles et un grand nombre d'anges et d'hommes qui, selon eux, s'étaient illustres; ils rendaient même un culte à de grandes pierres qui, dans l'origine ne marquaient autre chose que les emplacements où leurs ancêtres avaient servi le vrai Dieu, Gen. 28, 18. Les Perses introduisirent parmi eux la religion des mages, et les Juifs qui fuyaient la fureur des Romains, firent plus tard, chez les Arabes, grand nombre de prosélytes. Paul prêcha l'Evangile en Arabie, Gai. 1, 47., et l'on assure que dix tribus embrassèren t la foi chrétienne dans le siècle des apôtres ou dans le suivant. Mais depuis Mahomet, c'est-à-dire depuis 630 environ, les Arabes ont généralement adhéré à l'islamisme, v. Ismaël. — Torrent des Arabes, v. Saules.
ARAIGNÉE, La toile de cet animal sert à marquer. Job 8, 44., combien est vaine et fragile la confiance de celui qui oublie le Dieu fort.
Esaïe lui compare aussi les œuvres du méchant, 59, 5. — Quelques versions traduisent à tort le mot teigne. Job 27, 48.. par araignée; et dans le passage Prov. 30, 28. il ne s'agit pas de l'araignée non plus, ainsi que nos versions le portent, mais d'une espèce de lé/ards, peut-être venimeux, qui se trouvent en abondance dans les maisons, même dans les plus belles, et qui se nourrissent de mouches et d'autres insectes. v. Bochart, Hieroz., 11,491.
ARAM. 1° Gen. 40, 22. Un des enfants de Sem. C'est le nom que la Bible donne ordinairement à la Syrie, mais il prend quelquefois une signification plus étendue : les descendants d'Aram occupèrent non-seulement la Syrie, mais encore les contrées qui sont à l'orient jusqu'au delà de l'Euphrate, dans la Mésopotamie, que la Bible appelle Aram-Naharajim, Gen. 24, 40. (dans l'hébreu), ou Paddan-Aram, 25, 20., ou encore Paddan tout simplement, 48, 7. Parmi les différentes peuplades ou tribus du pays d'Aram, nous remarquons l'Ara m de Damas, 2 Sara. 8, 6., Mahaca, 1 Chr. 19, 6., la Syrie de Tsoba, 2 Sam. 40, 8., Guésur, 2 Sam. 15, 8., la Syrie de Beth-Réhob, 2 Sam. 10, 6. C'est probablement encore dans la même contrée qu'il faut chercher Hul, Gen. 10, 23. La Syrie de Tsoba fut, sous Saûl et David, le plus puissant des Etats araméens , v. Hadadéser : sous Salomon ce fut Damas, q. v. Quelques autres villes semblent avoir été situées en Syrie, sans cependant qu'elles soient nommées araméennes, telles que Hamath, Helbon, Ribla, Bethéden, Thadmor, etc., qu'on trouvera s. v. — On peut remarquer qu'Homère, Hésiode et Slrabon donnent aux Syriens le nom d' Araméens. — ». Langues.
2° Fils deKémuel, et petit-fils de Nacor, frère d'Abraham, Gen. 22, 21. C'est lui qui, d'après quelques auteurs, aurait été le père des Syriens; mais cela parait peu probable, car, du vivant d'Abraham déjà, le nom d'Aram est le nom d'un peuple nombreux, Gen. 24, 10. 25, 20., dont l'origine doit par conséquent remonter bien plus haut. Il est possible cependant que la postérité de cet Aram se soil confondue plus tard avec celle du lils de Sem, et qu'il ait donné son nom à l'une des nombreuses peuplades de la Syrie.
3° Aram ou Ram, Rulh 4, 19. 4 Chr. 2, 10., père d'Aminadab, et arrière-petit-lils de .luda; un des ancêtres de notre Sauveur. Matlb. 1, 3. Luc 3, 33. Du reste, inconnu.
ARA RAT, pays d'Asie, Es. 37, 38. 2 Rois, 19, 37. Jér. 51, 27., probablement une province de l'Arménie, extrêmement fertile, située entre le fleuve Araxès et les lacs Van et Ormias. C'est aussi le nom de la montagne sur laquelle l'arche s'arrêta, Gen. 8, 4. Elle se trouve à l'extrémité
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