‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 366 sur 398 · TOI · texte numérisé non relu

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passages de l'Ancien , se prend dans I un sens spirituel, pour désigner tantôt l'Eglise de Jésus-Christ, 2 Tbess. 2, 4. Apoc. 3, 42., tantôt le ciel, Ps. 44, 4. (mal trad. palais), Apoc. 7, 45., tantôt l'âme du croyant, 4 Cor. 3, 46. 6, 49., signifie généralement un lieu de culte consacré au service d'une divinité quelconque. On trouve mentionnés dans l'Ecriture les temples païens, de Dagon à Gaza, Jug.

46, 23., de Dagon à Asdod, 4 Sam.

cf. 4 Macc. 40, 84.; de Bahal à Samarie, 1 R. 46, 32. -, le temple de Hastarolh, 4 Sam. 34, 40.; celui de Rimmon, % R. 5, 48.; celui de Nisroc à Ninive, Es. 37, 38.; ceux de Kémos et de Holec, 4 R. 44,7.; le temple de Babylone, Dan. 4, 2.; ceux du veau d'or à Dan et à Bélhel, i R. 42, 28. sq. (d'après Josèphe, on aurait encore trouvé les restes du temple de Dan près du petit Jourdain); le temple de Diane à Eplièse, Act. 49, 27.; enfin le temple des Samaritains à Guériziin, 2 Macc. 6, 2., cf.

5, 23.; celui de Nanéa, 2 Macc. 4,43., et celui de Bel, Hist. de Bel et du dragon, 4, 9. Mais le plus célèbre de tous, sans contredit, celui dont le nom revient le plus souvent dans les Ecritures, celui dont nous avons aussi plus spécialement & nous occuper, e.'esl le temple de Jérusalem, ordinairement désigné sous le nom de temple de Salomon, son premier fondateur. Dans l'Ecriture, il est aussi appelé maison de Dieu, Esd. 5, 43. 46. Eccl. 6, 4.; maison de l'Eternel, sanctuaire, 4 Chr. 22, 49.; temple de l'Eternel, Esd. 3, 6. Jér. 7, 4.; tabernacle du Seigneur, Apoc. 24, 3., cf.Ps.76. 2.; palais de la sainteté de l'Etemel, Ps. 5, 7. 438, 2., cf. Jon. 2, 8. Hab. 2, 46. (Le mol de temple, ou maison de l'Eternel, est même employé par les auteurs sacrés pour désigner le tabernacle à une époque où les Hébreux n'avaient pas encore de temple a Jérusalem, Ex. 23, 49. Jos.

6, 24., 4 Sam. 4, 24.)

Avant d'en essayer la description, il convient de retracer rapidement les différentes phases de son histoire ; les faits étant à leur place, on pourra mieux se rendre compte de la valeur des témoignages qui se rapportent à l'architecture du temple, on ne confondra pas, comme l'ont fait quelques auteurs, le passé, le présent et le futur, et I on trouvera la clef des différences, et même des contradictions apparentes, qui se trouvent dans les récits des historiens sacrés, relativement aux ornements, a la disposition, et aux dimensions du temple.

David en eut la première idée, mais il ne lui fut pas donné de l'exécuter : Dieu lui permit seulement de tout préparer pour cette construction, matériaux et ouvriers, 2 Sam. 7; 4 Chr. 47; 48, 4-8.; quel que fût le rôle que Dieu avait assigné à la guerre dans les rap-

ports d'Israël avec les antres peuples, il la déclarait cependant lui -môme inconciliable avec l'édification de son Eglise. Un prince pacifique pouvait seul ériger un temple au Dieu de paix : ce fut l'œuvre de Salomon. Il jeta les fondements du temple 4006 ans avant C, au second mois (zif); l'ouvrage fut achevé l'an 40OO, et la dédicace* eut lieu l'année suivante, 999 avant C, après sept années de travail, 4 R. 6, 38., la onzième année du règne de Salomon. Des ouvriers étrangers, spécialement des Phéniciens fournis par le roi Hiram de Tyr, furent presque exclusivement chargés de celte construction ; ils apportèrent avec eux du bois du Liban, 4 R. 5, 48.

Depuis sa solennelle consécration, le temple eut à subir diverses révolutions : en 965 avant C, Sisak, roi d'Egypte, enlève les trésors qui y sont renfermés, 4 R. 44, 26. 2 Cbr. 4 2, 9.; — de 853 à 854 , Joas le répare et y fait de nouveau amasser de l'argent, 2 R. 42, 7. 2 Chr. 24, 8. (Hatalie et la famille d'Achab avaient achevé l'œuvre de Sisak, 2 Cbr. 24, 7.); — vers 740, Achaz dépouille le temple pour payer des alliés païens, le roi d'Assyrie, qui le trompe ; il y place un autel sur le modèle de | celui de Damas; il fait reculer l'autel d'airain, il ôte la mer d'airain de dessus les bœufs qoi la supportent, il enlève les cuviers d'airain, brise les vases sacrés, supprime la tribune du roi, et finit par faire fermer le temple, 726 avant C, 2 Chr. 28, 24. 2 R. 46, 40.; — en 725, Ezèchias rouvre le temple et le répare, 2 Chr. 29, 3; puis, en 74 4, pour payer Sanchérib, Il le dépouille de nouveau, 2 R. 48, 45.; on croit qu'il le rétablit plus tard ; — Manassé profane le temple et y met des idoles, 2 R. 24, sq. 2 Chr. 33, 5-45.; mai*, à son retour de la captivité (670), il répare le mal qu'il a fait, et retourne au culte du vrai Dieu; — en 614, Josias travaille à rétablir et à restaurer le temple, 2 R. 22, 2 Chr. 34 et 35 ; — Nébucadnelsar le pille, le dépouille, en fait enlever les vases et les trésors, d'abord sons Jéhojakim, puis sous Jéhojachin, et enfin le ruine complètement sous Sédécias, en 586, 2 Chr. 36, 6. 40. 48. 2 R. 25; — le temple reste abandonné et en ruines pendant cinquante ans, jusqu'à la première année de Cyrus, qui en autorise la reconstruction (536), 2 Chr. 36, 23. Esd. 4 , 2.; c'est dans cet intervalle, entre la ruine du premier temple et l'édification du second, que se place la description prophétique d'Ezéchiel, 40-48 ; — en 535, Jésuah et Zorobabel jettent les fondements du second temple, mais l'année suivante, 534, les travaux sont interrompus par ordre supérieur, Esd. 3 et 4. ; — en 549, sous Darius fils d'Hystaspe, les travaux de reconstruction sont repris; le

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temple de Zorobabel, est acbevé et consacré | vision ; pour te moment, nous nous bornerons en 515, Esd. 6, «5.; — il est profané par Antiochus Epiphanes qui le pille et le consacre aux idoles, 1 Macc. 1, 23. 49. 4, 38. î Macc. 6, 2-5. (175-164); Judas Maccabée. après l'expulsion des Syriens, Pan 465, le rétablit, le purifie, et y ajoute un grand nombre d'ornements nouveaux, 1 Macc. 4, 43. 2 Macc. 1,18. 40, 3.; le temple est même fortifié de divers côtés pour être mis à l'abri de nouvelles attaques et de profanations ultérieures, 1 Macc. 4, 60. 6, 7., cf. 13, 53.; — plus tard, Alexandre Jannée, 406 av. C, sépare le parvis des prêtres du parvis extérieur; — Pompée, 63, arrose de sang les parvis, profane le saint lieu, pénétre même dans le Heu très saint, mais laisse intact le trésor; -- en 37, lorsque Hérode le Grand s'empare de Jérusalem, le temple éprouve de nombreux dommages; quelques-unes de ses cours et de ses galeries sont dévastées; — Hérode, qui veut plaire aux Juifs et qui trouve le temple de Zorobabel trop mesquin pour sa royale résidence, le rebâtit à neuf, au moins dans quelques-unes de ses parties; les travaux sont commencés 43 ans avant Christ, selon d'autres 20 ou Î4 ans avant l'ère chrétienne, 46 ans avant la première pâque de Christ, Jean 2, 20. Le temple fut achevé en un an et demi, les parvis en huit ans; mais on continua d'y travailler pour l'embellir et en mieux terminer les détails. Le temple d' Hérode, ou troisième temple, subsista soixanle-dix-sept ans, jusqu'en l'an 73 de Jésus-Christ; Josèpbe en a laissé une description détaillée.

On connait les nombreux essais que l'on a faits pour reconstruire, au moyen des indications que nous ont données les historiens sacrés et Josèpbe, le plan du célèbre temple de Jérusalem; on connaît les travaux du doyen Prideaux, et les trois in-folio du savant jésuite Villalpande (mort le 22 mai 4608) sur ce sujet; il est peu d'auteurs qui n'aient essayé de jeter quelques lumières sur ce point enveloppé de tant d'obscurités, et avec les mêmes données on est arrivé aux résultats les plus différents : soit parce que l'imagination a dû suppléer à plusieurs lacunes, et que chacun s'est cru libre d'imaginer quelque chose de neuf (Villalpande surtout s'est distingué à cet égard comme inventeur et comme architecte); soit parce que Ton n'a pas suffisamment distingué, non-seulement les trois temples différents, mais encore les restauraiions successives de chacun d'eux ; soit enfin parce qu'on a voulu donner à la vision d'Ezéehiel une valeur matérielle et monumentale que la simple lecture de ces huit ou neuf chapitres condamne et réfute cependant de la manière la plus pérempUire ; nous reviendrons plus loin sur le caractère de cette

à rassembler les détails historiques qui peuvent servir de guide pour la construction du plan de ces trois temples.

TBMPLE DR SALOMON.

Il s'élevait sur le haut de la colline de Morija, 2 Chr. 3, 1. : cela n'est dit expressément que dans ce seul passage, tandis qu'en plusieurs autres il est parlé, mais d'une manière ou vague, ou poétique, du mont de Sion comme étant la montagne de l'Eternel ; le passage cité est, dans tous les cas, formel, et il a pour but spécial de désigner l'emplacement, c'est-àdire l'endroit même où David vil l'ange exterminateur s'arrêter lors de la grande peste, 2 Sam. 24, 16. Suffisant pour l'aire d'Arauna, le sommet de la colline était trop peu étendu pour les constructions projetées. Vu la grandeur du temple et de ses abords, il fallut commencer par déblayer et niveler le terrain; lorsqu'on eut ainsi créé sur le sommet de la montagne une plaine artificielle, on dut, pour la maintenir et la rendre capable de supporter le poids énorme dont elle devait être chargée, l eniourer d'épaisses murailles de revêtement, faites avec les pierres de taille que l'on trouvait en abondance dans la vallée; ces travaux furent surtout importants sur le côté oriental; Josèphe dit même que Salomon ne fit fortifier ainsi que le Qanc est de Morija, et que les autres côtés ne furent construits qu'au fur et à mesure que le besoin s'en fit sentir, G. des Juifs, 5, 5. 4.; mais dans un autre passage, il attribue tous ces travaux à Salomon, Ant. 45., 44, 3. L'Ecriture se tait entièrement sur ce point.

Les chapitres qui seuls renferment une description proprement dite du temple, quoiqu'on trouve ailleurs encore quelques détails épars, sont: 4 R. 6 et 7; î Chr. 3 et 4. Ces chapitres disent fort peu de chose sur le plan général ; ils s'attachent en revanche beaucoup à décrire certains détails, et varient ou se contredisent sur le chiffre de quelques dimensions, erreurs qui s'expliquent aisément par la méthode défectueuse de la numération écrite chez les Hébreux; les deux relations renferment beaucoup de termes obscurs, beaucoup de lacunes ; celte des Chroniques, en outre, en qualité de relation postérieure, et peut-être aussi de relation sacerdotale, contient des détails étrangers à la première, et fait mention d'ornements et de dorures qui n'appartenaient peut être pas aux premières années de l'existence du temple, mais qui y furent ajoutés plus lard par la piété des fidèles, ou par la libéralité des rois qui, appelés à restaurer un édifice pillé à diverses reprises, ne se bornèrent pas ù ramener les choses «laus leur ancien 4lat, mais profilèrent

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de l'occasion pour faire mieux. L'historien Josèphe, qui a ajouté à la description biblique des détails nouveaux, Antiq., 8, 3., est souvent en contradiction avec la Bible; et lorsqu'il en supplée les lacunes, il parait le Taire sur de simples conjectures archilectoniques, ou en puisant ses renseignements dans Ezécbiel, ce qui Ole à son travail descriptif une partie de sa valeur.

On distingue dans le temple de Salomon plusieurs parties principales, concentriques, indépendantes : le temple proprement dit, les bâtiments du temple, le parvis d'Israël. De grands murs ou des galeries couvertes séparaient ces divers compartiments.

a) Le temple proprement dit se divisait luimême en trois parties, le vestibule, le lieu saint, et le lieu très saint; il avait 60 coudées (32œ 40) de long, 20 (\0m 80) de large, et 30 (16» 20) de haut, 1 R. 6 ; 2 Chr. 3. — 1° Le pot tique, porebe, ou vestibule, était à l'orient; il avait 20 coudées de long; sa profondeur était de 40 coudées (5œ 40) ; d'après 2 Cbr. 3, 4., suivi par Josèphe, sa hauteur était de 120 coudées (64* 80), ce qui aurait formé une tour non-seulement fort considérable, mais encore hors de proportion avec les autres dimensions du bâtiment. Stieglitz y a vu deux tours de 60 coudées chacune (32m 40), mais celte manière de résoudre la difficulté n'a pas trouvé de partisans ; d'autres voient dans ce chiffre une exagération ou une erreur; Hirt supprime le chiffre 100, et ne laisse subsister que 20 coudées, mais comme les deux colonnes qui sont devant le portique, Jakin et Boaz, ont, avec leurs chapiteaux, 23 coudées de hauteur, on ne saurait raisonnablement supposer le portique moins élevé; Winer pense arbitrairement que le porebe avait 25 coudées de hauteur; Heyer, que le temple était bâti sur un terre- plein â 3 coudées au-dessus du sol, que le portique avait, comme le reste du temple, 20 coudées de hauteur, plus les 3 coudées du remblai, et que les colonnes situées sur le sol même, n'atteignaient avec leurs 23 coudées que le niveau même de la hauteur du temple. On ne saurait choisir entre ces diverses hypothèses; les anciens connaissaient, comme nous, l'usage des tours s élevant au-dessus des temples, comme on le voit par les médailles du temple de Paphos, mais le chiffre parait cependant trop considérable, et le livre des Chroniques renferme sous ce rapport plus d'une difficulté, l'on peut dire plus d'une erreur de chiffres. Le porebe était garni dans sa partie intérieure de nombreuses dorures (de pur or, 2 Cbr. 3, 4.). — î° Le lieu saint avait 40 coudées (21 m 60) de long, 20 (40m 80) de large, et probablement 30 (16» 20) de haut, (1 R.

6, 2.); les murailles et la voûte étaient lambrissées intérieurement d'ais de cèdre ; le sol était plancbéié de lattes de cyprès, v. Sapin: l'extérieur était tout bâti de pierres fines, semblables au marbre blanc : les lambris intérieurs étaient ornés de diverses figures en relief, couvertes de lames d'or jusqu'à la hauteur de 20 coudées. Dans le lieu saint se trouvaient l'autel du parfum, les tables des pains de proposition, les chandeliers d'or et quelques autres ustensiles, Hébr. 9, 2. — 3° Le lieu très saint, appelé aussi le Saint des saints, le sanctuaire, et l'oraclè, 1 R. 6, 5., renfermait l'arche de l'alliance, q. v.; il avait 20 coudées dans toutes ses dimensions, ainsi 10 coudées de moins en hauteur que le lieu saint, mais on ignore si celle différence se faisait apercevoir par l'abaissement de la toiture (comme dans les temples égyptiens), ou si, avec un toit d'égal niveau, il y avait au-dessus du lieu très saint un espace vide de 40 coudées formant une espèce de grenier; mais dans ce dernier cas, la hauteur de la muraille qui séparait le lieu saint du très saint n'étant que de 20 coudées, 4 Rois 6, 16., ce vide aurait été visible k l'intérieur et n'aurait été dissimulé que par les chaînettes d'or et le voile, ou réseau, dont il est parlé v. 21. Quelques auteurs pensent que la hauteur intérieure du lieu saint n'était que de 20 coudées (6, 46.) comme celle du très saint, et qu'au-dessus de l'un et de l'autre se trouvait un espace vide de 10 coudées; le toit, dans ce cas, serait supposé incliné, et il aurait recouvert également, et sans différence de niveau, les deux bâtiments intérieurs du temple. La hauteur de 30 coudées serait la hauteur du temple vu de dehors (Hirt pense que l'espace de 10 coudées compris entre le toii et le lieu très saint contenait une machine électrique, destinée aux opérations divines; Winer trouve cette idée malheureuse ; il y a lâ en effet de quoi compromettre tout l'ensemble d'un système). Le lieu saint et le Saint des saints étaient séparés par une porte à deux battants de bois d'olivier, chacun des battants se pliant luimême en deux, et étant orné de diverses figures en relief, 4 R. 6, 31 .; on ne sait pas au juste ce qu'était ce voile de l'oracle, ni quel était son usage, si c'était un simple ornement, ou un réseau â larges mailles étendu au-dessus de la porte pour laisser échapper la fumée du sacrifice. — Quant aux deux colonnes, il en a été parlé â l'article Boaz; on n'est pas d'accord sur leur position ; elles étaient devant le portique, mais s'élevaient-elles indépendantes P c'est ce qui semblerait le mieux justifier la solennelle importance que leur donne l'écrivain sacré ; ou supportaient-elles une espèce de toit plat, â l'ombre et â l'abri duquel on pouvait se

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réfugier (Meyer)? D'autres enflo les placent à l'entrée même du lemple, derrière la porte, et adossées aux murailles latérales.

Les murs du temple étaieut, selon toute apparence, de pierres massives, comme ceux du palais de Salomon, 1 R. 7, 40. C'est à tort, el par suite de fausses interprétations ou de vagues conjectures, que quelques auteurs ont pensé que les fondements seuls étaient de pierre , et que le corps de l'édifice était en bois. La toiture seule, comme les parois intérieures, était faite de bois de cèdre, 4 R. 6, 9. 45., la charpente de même; rien n'indique si le toit était plat ou incliné. La porte d'entrée, dont la largeur ni la hauteur ne sont marquées, était en cyprès plaqué d'or, avec diverses figures en relief, des fleurs, des palmes, des chérubins; d'après le passage correspondant, Ez. 44, 2. 3., la porte du lieu saint aurait eu tu coudées de large, celle du lieu très saint 6 coudées. Le Saint des saints ne contenait que l'arche de l'alliance.

6) Les bâtiments du temple étaient trois étages de chambres qui entouraient le temple au sud, a l'ouest et au nord, communiquant ensemble par des portes, et destinées aux provisions, aux vases sacrés et aux trésors du lieu saint, 4 R. 7, 54. 45, 45. 2 R. 41, 40. La hauteur de ces chambres, ou appentis, était uniformément de 5 coudées (2m 70), leur profondeur augmentait d'une coudée par étage, de 5 coudées au premier, de 6 au second, de 7 au troisième, l'épaisseur des murs diminuant à mesure qu'ils s'élevaient et qu'ils avaient une moindre charge à supporter, 4 R. 6, 6. Les rétrécissements dont il est parlé dans ce passage (mig'raoth) s'expliquent d'une manière à la fois claire et simple par le passage correspondant de Ez. 44, 6.; il en résulte que pour que le lieu saint ne servit pas en quelque sorte d'appui matériel aux bâtiments qui l'entouraient, un contre- fort était adossé ù la muraille du temple, et que les soliveaux des chambres entraient dans cette muraille extérieure sans toucher les murs mêmes du temple. D'autres, cependant, entendent que le mur du temple était, à l'extérieur, construit en forme d'escalier (trois différences d'épaisseur), et que les solives des chambres s'appuyaient sur ces espèces de degrés extérieurs, sans qu'il eût été nécessaire de faire des trous dans la muraille pour y faire entrer les solives. La longueur des chambres n'est pas déterminée; Ezéchiel parle de trente chambres, dix par étage, ce qui ferait quatre pour chaque côté de la longueur, et deux pour la largeur derrière le lieu très saint; avec les dimensions admises plus haut, ces chambres auraient eu ainsi, les plus grandes, 45 coudées (8» 40) de long, les

deux autres, 40 coudées. — L'entrée de ces chambres était au côté droit sud de la maison; l'on montait par une vis, ou escalier tournant, au deuxième étage, et de la au troisième. — La hauteur de ces bâtiments était de 45 coudées; il restait ainsi de la place pour les fenêtres du temple, même dans la supposition, peu admissible, que le temple n'eût que 20 coudées de hauteur au dedans. Les fenêtres étaient larges à l'intérieur, et rétrécies par dehors, comme les fenêtres de nos vieux châteaux, et les meurtrières de nos forteresses. On n'en connaît au reste ni la grandeur, ni le nombre, ni la forme (peut-être étaient -elles treillissées?); elles servaient plutôt à rafraîchir l'air qu'à donner du jour. Le lieu très saint n'en avait point.

c) Immédiatement autour du temple était le parvis intérieur, 4 R. 6, 36., qui est appelé parvis des prêtres 2 Chr. 4, 9. parce qu'il n'était accessible qu'à eux et aux lévites. C'est là qu'ils offraient les sacrifices et accomplissaient la plupart de leurs fonctions; c'est là qu'étaient l'autel des holocaustes, la mir d'airain, les cuves et les deux colonnes. Ce parvis intérieur semble avoir été l'ancienne aire d'Arauna. C'était un carré de 4 00 coudées (54m) de côté ; il avait trois portes, une à l'orient, une au sud, une au nord. On descendait de là par huit marches dans l'enceinte extérieure, appelée :

d) Le parvis d'Israël ou parvis du peuple; il avait 500 coudées de côté (27û«), et quatre portes d'airain aux quatre vents; il était sans toiture, et pavé de marbres de différentes couleurs.

Ces deux parvis étaieut séparés par une muraille de trois rangées de pierres polies, et d'une rangée de poutres de cèdre, 4 R. 6, 36. Josôpbe dit que sa hauteur n'était que de 3 coudées (4" 62), afin que le peuple, de son parvis, pût voir ce qui se faisait dans celui des sacrificateurs, Ant., 8, 2. (détail qui ne s'accorderait pas avec une différence de niveau marquée par les huit marches). De chaque côté de la muraille étaient des portiques et des loges pour les lévites et les sacrificateurs, des réduits pour divers ustensiles, pour le bois et pour les provisions nécessaires, 4 Chr. 28, 42. Le mur extérieur du parvis du peuple était en outre bordé de galeries magnifiques, soutenues par deux ou trois rangs de colonnes, sous lesquels on pouvait s'abriter et se promener. — On ne saurait nier que ces deux parvis ne fussent l'œuvre de Salomon, 2 R, 24, 5. 23, 42. Ez. 9, 7.; mais il est plus difficile de déterminer jusqu'à quel point leurs ornements et leurs dépendances, bâtiments, chambres, réduits, et autres, dont quelques-unes furent assez considérables pour avoir un nom spécial, appartiennent à son règne ;

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v. Jér. 35, 2. 4. 36,40. 20.21.2 R.23, H., cf. 44, 49. 6. 45, 35. 2 Chr. 24, 8. 35, 15. Jér. 20, t. 26, 40. 38, 4 4. (?) El. 8, 3. 5. 9, î. 40, 19. 44, 4. Il ressort même de plusieurs de ces passages que des changements et des modifications eurent lieu sous les rois suivants, et l'histoire du temple nous a montré en quelles circonstances ces adjonctions ont pu Aire nécessitées, et quelles causes les ont produites.

D'après ce qui précède, on peut se faire une idée assez juste, peut-être assez claire, de ce qu'était le temple de Salomon, plus riche que majestueux, plus magnifique que grandiose, fait pour Di»'u plutôt que pour les hommes, bien proportionné dans son ensemble, mais petit en comparaison de la multitude de peuple qui ne devait avoir que ce seul sanctuaire; sacerdotal et non populaire, puisque les simples Israélites ne pouvaient pas même pénétrer jusqu'au parvis qui l'entourait Immédiatement. Son espèce de clocher, ses appentis latéraux et la dépression de la partie occidentale du bâtiment, ont été sinon copiés, du moins imités dans la construction de plusieurs temples catholiques, et l'église de Dresde est citée par Winer comme répondant assez exactement à l'idée qu'on doit se faire du temple de Salomon par les récits bibliques.

A peine le temple fut-il achevé que Salomon y fit transporter l'arche de l'alliance, et qu'il le consacra lui-même d'une manière solennelle, comme le temple de tout le peuple. Mais peu d'années après la mort de son fondateur, les changements politiques qui survinrent détachèrent du temple de Jérusalem la plus grande partie des ressortissants des dix tribus schismatiques, et le temple de Salomon ne fut plus que le centre religieux du petit royaume de Juda; encore fut-il à plusieurs reprises profané et consacré aux idoles par des rois de la famille de David, S R. 21, 4. 23, 4., etc. Lorsque Ncbucadnctsar le détruisit et le brûla, il comptait environ quatre cent vingt années d'existence.

Calmet, dans son dictionnaire, entasse sur un seul temple tous les détails relatifs aux trois temples qui se succédèrent, et au temple d'Ezéchiel. De là des contradictions sans nombre. C'est la science du pêle-mêle.

VISION d'êzéchibl.

Avant de passer à la description du temple de Zorobabel, c'est Ici le lieu de dire quelques mots de la vision renfermée dans les neuf derniers chapitres d'Ezéchlel, et spécialement 40, 4 .-43, 1 2. Le prophète, qui, malgré les malheurs de sa patrie, attend la restauration d'Israël, et qui termine son livre par ce long cri d'espérance, de joie et de triomphe, voit en vi>ion le saint lieu rétabli, le sacerdoce réintégré dans ses fonctions, le culte renouvelé, Jérusalem

restaurée, une source de bénédictions nouvelles descendre sur un peuple longtemps coupable, mais puni et pardonné, et l'Eglise sortie de ces ruines, se partager de nouveau Canaan pour y servir à toujours l'Eternel. Si l'on oublie le sens de celle vision, l'on tombe aussitôt dans le non-sens; Villalpande, en voyant dans ce temple symbolique une réminiscence du temple de Salomon (ce qui est cependant contredit par la différence des détails), Grotius, en y voyant une réminiscence du temple tel qu'il était lorsqu'il fut détruit par Nébucadnelsar, méconnaissent le caractère spirituel de la prophétie. Dœderlein, au contraire, en ne voyant que le côté idéal de cette vision, en n'y voyant qu'une description poétique, une œuvre de fantaisie, un élan d'imagination, ou bien encore une œuvre d'art, un plan médité à loisir, méconnaît la mission religieuse du prophète et de la prophétie en général, mission positive, pratique, féconde, messianique. Herder, Eichborn et d'autres n'ont ni mieux compris, ni mieux réussi en cherchant à réunir ces deux points de vue différents, et en disant qu'Ezéchiel voulait laisser à la génération nouvelle le modèle d'un temple â reconstruire lorsqu'ils seraient rentrés dans leur patrie, et qu'il a fait ce plan moitié de souvenir, moitié d'imagination. Les commentateurs juifs se rapprochent de l'idée messianique, mais ils la présentent, comme toujours, sous un point de vue charnel; Ezéchiel a vu le temple tel qu'il existera matériellement lors de la venue du Messie. Ewald, qui partage en quelque mesure cette manière de voir, ajoute que si le prophète décrit si minutieusement certaines parties du temple et de l'autel, maintenant détruits et perdus, c'est pour que du moins le souvenir en reste, et qu'on puisse les reproduire et les reconstruire lorsquisraël sera délivré et rétabli. La conscience chrétienne a si formellement protesté contre cette interprétation judaïque, que par réaction sans doute, et par un excès de spiritualisme, on en est venu à appliquer généralement et exclusivement toute celte vision a l'Eglise du Nouveau Testament. Quelques théologiens ont essayé de tempérer cette vue exagérée, en admettant qu'Ezéchiel a bien voulu faire la description d'un temple matériel que les Juifs devraient bAtir un jour, mais que ce temple serait l'image et la représentation de l'Eglise. Il y a dans toutes ces interprétations quelque chose de trop arbitraire ou de trop dogmatique. La vision d'Ezéchiel ne peut être prise ni comme une description matérielle, ni comme un travail d'imagination, ni comme un composé de l'une et de l'autre, ni comme un simple type; elle est un symbole. !I importe en effet de remarquer : a) que le temple de Zorobabel n'a pas été construit d'après les données

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