TEMPLE DE ZOROBABEL
On n'a pas de détails sur la forme, la grandeur et l'architecture de ce temple; on suppose qu'il était construit à l'instar du premier, sur l'emplacement duquel il s'élevait ; mais il n'en égala ni la richesse, ni la splendeur, Esd. 3, 42. Agg. 2, 3. Il avait des parvis, des portiques, et quelques bâtiments ou cellules dans leur enceinte, 4 Macc. 4, 38. 48. Les vieillards qui avaient vu le premier temple pleurèrent en voyant combien le second lui était inférieur ; mais Aggée les consola en prophétisant que la seconde gloire de celle maison serait plus grande que la première, car le mahre devait un jour l'honorer de sa présence, Agg. 2, 9., cf. Mal. 3, 4 . (Les Juifs ne savent comment expliquer celle supériorité, puisqu'ils n'admettenl pas que la présence de Jésus en a été le plus bel ornement.) Les docteurs juifs disent qu'il manquait à ce temple cinq choses qui étaient dans celui de Salomon : l'arche de l'alliance, l'esprit de prophétie, l'oracle, le feu sacré qui devait brûler continuellement sur l'autel, l'IIrim et le Tbummim: quelques-uns y ajoutent l'huile sainte. Dieu voulait que, peu à peu, ces types fissent place à la réalité. Jér. 4,4.
TEMPLE DHÉBODK.
Il est quelquefois appelé second, quelquefois troisième temple ; ceux qui lui donnent ce dernier nom veulent faire meutir la prophétie d'Aggée relative à la gloire du temple de Zorobabel ; c'est donc plutôt une question dogmatique qu'une affaire de chiffres qui distingue tes deux titres, l'un et l'aulre, du reste, également justifiés. Hérode ht faire au temple de Zorobabel de tels changements, que l'on put l'appeler un nouveau temple ; mais ces changements qui ne détruisirent à peu près rien de ce qui existait déjà, ne furent, dans un autre sens, que la continuation des travaux commencés au retour de l'exil. Le nom importe peu, pourvu qu'on se rappelle que le temple d'Ilérode ne lut que celui de Zorobabel enrichi el augmenté. Josèpbe, dans la Guerre des Juifs, 5, 5., et dans ses Antiquités, 45, 44, 3., leTalmud, dans le traité de Middolb (Mishna 5, 40.), nous en ont conservé la description ; cette dfcr-
oière autorité est moins sûre, et quelquefois suspecte.
Le temple, avec ses abords, avait quatre stades de tour (864»), un stade (t\Gm) par côté. Il s'élevait par une suite de terrasses, chaque parvis intérieur étant plus élevé que celui qui l'entourait immédiatement, et le temple couronnant et dominant ses parvis et la ville tout entière. Le parvis extérieur avait plusieurs portes, quatre a l'ouest , une à chaque autre coté (selon d'autres, deux au sud); ce parvis était entouré, au moins de trois côtés, d'un double rang de galeries en bois de cèdre, larges de 30 coudées, et soutenues par des colonnes de marbre hautes de z5 coudées : là se trouvait, à ce qu'on pense, le portique de Salomon, Jean 40, 23. Act. 3, 41. La porte surnommée la Belle, Act. 3, S. 40., était probablement la porte orientale, dite porte de Susan, parce qu'un tableau de la ville de ce nom y était représenté. Une synagogue, Luc 2, 46., des chambres pour les lévites, une maison de change et un marché s'abritaient sous les colonnes de cette galerie ; là on vendait les objets nécessaires aux sacrifices sanglants et non sanglants, de la farine, de l'huile et des animaux. Le marché était naturellement plus fréquenté à certaines époques de l'année ; à Pâque, par exemple, une hausse artificielle pouvait se faire sentir dans le prix des marchandises, et les cris des acheteurs, des vendeurs et des animaux ne pouvaient que troubler la dévotion des Israélites pieux qui visitaient le temple, cf. Mattb. 34, 4t. Jean î, 44. C'est sur ce portique, bâti au bord d'un précipice, que quelques auteurs pensent que Jésus fut mené par le diable (De Wette); d'antres croient que ce fut sur le portique du roi, d'autres enfin, sur le temple même, construit en plate-forme et garni d'une balustrade. Le sol de ce parvis était pavé de pierres plates de différentes couleurs; une balustrade de fer, avec des colonnes de. distance en distance et des inscriptions grecques et latines, marquait le point au delà duquel il était défendu aux gentils , sous peine de mort, de pénétrer. Ce premier parvis est appelé, par les archéologues chrétiens, le parvis des gentils, d'après l'analogie de Apoc. 44,2.
On montait de là, par quatorze degrés, à une espèce de petite terrasse large de 40 coudées, que l'on traversait pour arriver au parvis proprement dit. La muraille qui l'entourait, avait 40 coudées de haut ; mais elle paraissait moins élevée à cause des degrés, qui en dissimulaient une partie. On entrait dans ce parvis par neuf portes (quatre au sud, quatre au nord et une à l'est), auxquelles conduisaient cinq degrés. A l'est était le parvis des femmes, séparé par une muraille du parvis des hommes,
et moins élevé. Quinze degrés dans le parvis des Israélites par la porte orientale, qui formait l'entrée principale. Cinq degrés seulement, mais plus élevés, aboutissaient du parvis des hommes à la même entrée. Des appartements étaient construits au-dessus des portes, jusqu'à la hauteur de 40 coudées; deux colonnes de 4 coudées de diamètre étaient placées comme ornement devant chacun de ces vastes bâtiments. Les portes proprement dites étaient à deux battants ; elles avaient 30 coudées de haut et 45 de large ; l'or et l'argent les recouvraient du haut en bas. Une simple galerie supportée par de hautes et belles colonnes, courait le long des murs intérieurs du parvis. C'était le parvis d'Israël.
Le mur qui le séparait du parvis des prêtres, n'avait qu'une coudée de hauteur. Ce dernier parvis entourait immédiatement le temple de tous les côtés. L'un et l'autre étaient pavés de dalles plates, et comme les prêtres devaient remplir leurs fonctions nu-pieds, ils étaient assez fréquemment exposés à des indispositions plus ou moins graves; un ou plusieurs médecins étaient, en conséquence, attachés au service du temple. Dans le parvis des prêtres était l'autel des holocaustes ; c'est là qu'on sacrifiait, qu'on priait, qu'on bénissait, et que les lévites chantaient les doux cantiques d'Israël.
Enfin, à 42 coudées au-dessus du parvis, s'élevait le temple lui-même, ayant 400 coudées de haut, autant de long, et autant de large pardevant, son immense portique faisant sailliedes deux côtés, et s'avancant de 4b à 20 coudées a droite et à gauche. Ce portique avait également 400 coudées de haut; le fronton en était couvert de dorures ; un cep de vigne colossal, d'or ou doré, s'élevait au côté de la porte, et laissait retomber à profusion des grappes d'or de hauteur d'homme, symboles du bonheur promis par les prophètes, Jér. 2, 24. Ez. 49, 40, cf. Joe) 4, 7.; occasion peut-être du discours de Jésus, Jean 45; (c'est à ce fait qu'il faut probablement rattacher la tradition qui porte que les Juifs adoraient Bacchus). Sous le portique on trouvait deux tables, l'une de marbre, l'autre d'or, sur lesquelles le sacrificateur déposait, en entrant dans le temple et en en sortant, les pains de proposition. Deux portes d'or à deux battants, bauiesde 55 coudées et larges de 4 6: devant lesquelles pendait, à l'intérieur, un riche rideau de broderie, ouvraient sur le lieu saint, haut de soixante coudées, large de 20, long de 40; il renfermait le chandelier d'or à sept branches, la table d'or des pains de proposition, et l'autel d'or des parfums. Un rideau magnifique, celui qui se déchira à la mort du Sauveur, Matlb. 27, 54 . (les rabbins disent deux rideaux éloignés d'une coudée l'un de l'autre)