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conduisait au lien très saint, qui était vide, l'arche ayant disparu lors de la captivité de Babylone; au dire des Juifs, une pierre massive en occupait la place. Le Saint des saints avait 20 coudées de long, 20 de large et 60 de haut. Le toit était probablement plat, quoique Josèphe n'en dise rien, et que De Welte pense le contraire. Il était garni de flèches d'or ou dorées (d'une coudéede haut), qui devaient empêcher les oiseaux de s'y établir, et qui purent aussi faire l'effet de paratonnerres a l'insu peut-être de ceux qui les avaient imaginées. L'espace compris entre le toit et la hauteur du temple était occupé par desapparlements et des chambres pour les prêtres, les provisions et les vaisseaux du temple. De même que l'intérieur, l'extérieur du bâtiment était couvert d'or, et brillait au soleil du plus vif éclat ; tout ce qui n'était pas dorure était marbre, et ces énormes blocs d'une blancheur éclatante donnaient de loin au temple l'apparence d'un monticule couvert de neige.
Ce temple, dans les parvis duquel notre Seigneur se promenait ordinairement pendant ses séjours à Jérusalem, et où il prononça quelquesuns de ses plus beaux discours aux nombreux rassemblements de peuple qui s'y formaient naturellement chaque Jour, était en contact immédiat avec la basse ville, et il se reliait a la haute ville bâtie sur Sion, au moyen d'un pont â plusieurs arches. Il était lui-même dominé par le fort Antonia, qu'Hérode fit construire au commencement de son règne, â l'extrémité nord-ouest de la montagne du temple, et qui communiquait avec ce bâtiment par le moyen de souterrains inconnus. De l'une des tours de la forteresse on pouvait voir tout ce qui se passait dans le temple, et une garnison romaine l'occupait habituellement, pour comprimer de là toute espèce de tentative que pourraient faire les Juifs pour procurer leur émancipation. Plusieurs mouvements eurent lieu en effet, mais ils restèrent infructueux et ne produisirent que des dévastations partielles. Le lieu saint resta intact sous Hérode et sous ses fils; on songeait môme, sous Hérode Agrippa II, à reprendre quelques réparations: mais le dernier soulèvement, et la manière dont les Romains l'écrasèrent, rendirent inutile ce projet ; la dernière heure avait sonné. Des troupes juives furent ca semées dans les parvis du temple, et leurs armes furent suspendues aux portes mêmes du saint lieu ; c'était là le dernier boulevard de l'Indépendance nationale. Les Romains (l'an 70), sous Titus, s'y précipitèrent du fort Antonia ; les Juifs, au désespoir, mirent le feu au parvis ; un soldat romain jeta un tison ardent contre lesbâtiments qui tenaient au temple vers le nord ; la flamme s'élança, Titus essaya en
vain d'arrêter les progrès de Tlncehdle, et tout fut dit. Les vainqueurs n'eurent plus qu'à réunir sur un char de triomphe, les débris qu'ils purent arracher à l'incendie, la table des pains de proposition, le chandelier d'or, le livre de la loi, et deux trompettes; ces insignes de la victoire furent plus tard représentés en relief sous la voûte de l'arc de Titus, et l'on en possède plusieurs copies.
Les fondements du temple avaient été épargnés ; quelques murailles sans doute restaient encore debout, et pouvaient servir de centre de ralliement aux Juifs fanatisés. Adrien (136), en élevant sur la place de l'ancienne Jérusalem la ville nouvelle d'Ella Capitolina, construisit un temple de Jupiter sur la place et avec les débris du temple del'Eternel, etinterdit aux Juifs l'entrée de la ville. Quelques tentatives malheureuses de ces derniers méritent â peine d'être mentionnées , et lorsque Julien , en 368 , voulut essayer lui-même cette œuvre d'hostilité contre Dieu, des flammes sorties des fondements découverts, le forcèrent d'abandonner cette entreprise. Aujourd'hui c'est une mosquée magnifique, l'une des trois plus belles des mahométans, qui s'élève au sommet de la ville sainte ; elle fut construite en 636 par le calife Omar, avec les débris d'une église chrétienne ; sous sa coupole, ceux qui sont admis à la rare faveur de la visiter, peuvent voir l'aride rocher qu'elle abrite, et qu'on leur montre, comme le rocher d'Arauna, sur lequel David offrit son sacrifice d'actions de grâces.
Quant au sicle du sanctuaire, t>. Impots, et Sicle. La perception de cet impôt était proclamée le 1" adar; les bureaux des changeurs s'ouvraient le 45 dans les provinces, et le 25 à Jérusalem. Il fallait en effet que les Juifs sujets à l'impôt, pussent se procurer, au lieu de la monnaie courante, la monnaie ancienne dans laquelle l'impôt était perçu, et le change se faisait contre un certain agio. 11 y avait uneamende pour celui qui ne s'était pas acquitté au 85. Les villes éloignées envoyaient leur recelte en or pour la facilité du transport. On évalue à près de 2 millions de francs le produit annuel de cet impôt, du temps de Christ. Les sommes reçues étaient déposées dans deux troncs du parvis des femmes; dans l'un on mettait le produit de l'année, dans l'autre les payements arriérés de l'année précédente. Ces richesses accumulées, et parfois exagérées, attirèrent souvent l'attention des généraux et des princes qui s'emparèrent de Jérusalem, 4 Macc. 4, 24., etc. Les chambres du trésor furent brûlées par l'armée romaine, mais Titus ne put se rendre maître des richesses qu'elles renfermaient.
On infère de plusieurs passages, Deul. 34 , 26. i R. 22, 8. 2 Macc. 2, 43., qu'il y avait
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dans le temple, ou plutôt dans un des bâtiments
voisins, des archives ecclésiastiques et nationales; mais ces passages ne suffisent pas à le prouver, quoique le fait n'ait on lui môme rien d'invraisemblable: 1 Macc. 44, 49., et Josèpbe, Anl.,5. 1. 47., G desJuifs,7, 5,5., ne sont pas davantage des témoignages péremptoires. — Les fidèles avaient aussi l'habitude de confier au temple, et de déposer dans le trésor public, telle portion de leur fortune particulière et de leurs richesses, qu'ils n'auraient pu sans danger, conserver dans leurs demeures ; riche de tant de dépôts précieux, le temple fut souvent l'objet des convoitises des rois conquérants, cl fut pillé a plus d'une reprise.
Ce fut toujours une coutume, dès la plus haute antiquité, chez les Juifs comme chez les païens, d'offrir au temple des présents, soit de prières, soit d'actions de grâces, lorsqu'on partait pour une expédition, ou qu'on en revenait. Les Philistins tirent une offrande de ce genre lorsqu'ils renvoyèrent l'arche de l'alliance, 4 Sam. 6. Les livres citent d'autres exemples de princes païens, ou de riches prosélytes qui prirent plaisir à orner le temple. Ces sortes à' ex-voto qui n'étaient pas en numéraire, étaient publiquement exposés, soit dans l'intérieur du temple, soit dans le portique ou dans les parvis, et leur nombre était si considérable qu'il ne pouvait manquer d'attirer l'attention des promeneurs, cf. Luc 2 1, 5. Ptolémée Philadelphe, en particulier, témoigna par la richesse de ses dons, sa reconnaissance pour la traduction grecque des Septante qui lui fut envoyée. Quelques trophées se trouvaient aussi mêlés aux ornements du temple, 2 R. 11,10., cf. 4 Sam. 21,9.
Un nombreux personnel était naturellement attaché au service de bâtiments aussi vastes et aussi nombreux. La police du temple avant l'exil était spécialement confiée aux lévites, q. v.; cf. aussi 2 Cbr. 23, 49.; cependant nous n'avons aucun détail sur l'organisation de ces services. Après l'exil, au dire de Josèphe, les gardiens du temple furent placés sous les ordres d'un chef spécial ; l'ouverture et la fermeture des portes exigeait le travail de vingt hommes, et se faisait par les soins des prêtres. Le chef des gardiens est quelquefois cité à coté du souverain sacrificateur ; il avait un secrétaire, et veillait à l'ordre, â la propreté, et à la tranquillité des parvis : on suppose qu'il était choisi parmi les prêtres du premier rang. Les prêtres avaient trois postes autour du temple, les lévites en avaient vingt et unaux portes des parvis ; ils devaieul veiller à ce qu'aucun homme impur, ou femme souillée, ne dépassât les limites qui lui étaient posées; on ne pouvait aborder le temple avec un bâton â la main, ni avec des souliers, ni avec des pieds non lavés ; on ne pou-
vait non plus, comme cela se pratique de nos jours encore en plusieurs lieux, traverser avec une charge, corbeille ou autre, les parvis du temple pour abréger son chemin.
Un temple juif avait été construit, 180-145 av. C, à Léontopolis, en Egypte, par le souverain sacrificateur Onias, sous le règne de Ptolémée Pbilomélor, sur le modèle de celui de Jérusalem, mais en petit, v. mon Epoq. des Macc. Il fut détruit sous Vespasien.
TENTATION de Jésus-Christ. L'Ecriture nous apprend qu'il y a pour l'humanité trois grandes tentations, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie. 1 Jean 2, 46. Le Sauveur du monde, avant de commencer la lutte, devait les avoir affrontées, éprouvées et vaincues toutes les trois ; il devait avoir connu la force du mal, et connu la force des armes par lesquelles il était appelé à triompher. La plénitude de l'Esprit ne donne jamais le droit de s'avancer à la bataille sans aucune préparation. Il devait être tenté partout, au désert, sur la montagne et dans la ville sainte; il devait être tenté de toutes manières, par la sensualité, par l'orgueil, et par l'ambition; il devait l'être, eu tout temps, car si l'Eglise a réservé le nom de tentation aux scènes du désert, elle n'oublie pas qu'alors le diable ne se relira de Jésus que pour un temps; il revint à la charge en Geth&émané, et sur la croix du Calvaire, par le doute, la crainte, ou l'angoisse.
Le récit de la tentation, tel qu'il se trouve rapporté Malth. 4, 4-10. Marc 1, 12. 13. Luc 4, 4-13, présente de nombreuses difficultés qa ne sont pas toutes susceptibles d'être résolues d'une manière pleinement satisfaisante. Quant au lieu même où la scène se passa, la tradition nomme en général le district montagneux et désolé de la Judée, connu encore aujourd'hui sous le nom de la Quarantaine, en souvenir de cet événement ; d'autres ont pensé au grand désert de l'Arabie, mentionné Deuu 32, 40. 8, 15. Os. 13, 5. Jér. 2» 6; c'est une question sans importance, que l'imagination seule peut essayer de résoudre, car tous les témoignage font défaut. Quant â l'ordre dans lequel se succédèrent les événements, les évangiles sont d'accord â mettre en premier lieu, la tentation des pains ; puis Matthieu nomme celle des créneaux du temple, et celle des royaumes de ce monde vus du haut de la montagne, tandis que pour ces deux derniers, Luc suit l'ordre inverse, les royaumes de la terre et les créneaux du temple. Marc ne donne aucun détail. Il est difficile de se prononcer à cet égard. L'ordre indiqué par Luc rappelle davantage celui de la tentation d'Eve au paradis ; il sut mieux aussi la gradation des convoitises de 4 Jean 2, 46-, mais celui de Matthieu a quelque chose de plus
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logique; le diable cherche à séduire le Sauveur par des moyens en apparence plus acceptables ; il se pose d'abord en ange de lumière ; il veut soutenir les forces du Sauveur, il veut ensuite favoriser son œuvre en lui fournissant l'occasion de faire un miracle éclatant ; ce n'est que lorsqu'il a échoué à deux reprises qu'il se montre tel qu'il est, et qu'il dit a Jésus : Adore-moi.
Il faut remarquer encore que la tentation du désert a duré quarante jours : les auteurs sacrés n'entrent à cet égard dans aucun détail, et se bornent à nous raconter les derniers assauts que Satan livra a Jésus. Matthieu ajoute qu'après la tentation les an^es s'approchèrent pour servir Jésus, tandis que Marc dit qu'ils le servaient pendant la tentation : Luc passe ce fait sous silence. Après la tentation de Gethsémané, un ange vint également du ciel pour le fortifier, Luc 22, 43.- Enfin, le jeûne a-t-il été complet, absolu, ou n'a-t il été qu'une abstinence plus grande de la nourriture à laquelle le Seigneur était accoutumé? L'analogie du langage biblique permet l'une et l'autre interpré talion ; toutefois l'opinion générale est en faveur d'un jeûne rigoureux, et quoique les passages parallèles que Ton cite, les jeûnes de Moïse etd'Elie, Ex. 34, 28. 4 R. 49, 8., ne tranchent pas la question, il est probable que c'est aussi dans ce sens qu'on doit l'entendre.
On voit que les détails présentent déjà certaines difficultés, mais la plus grande se trouve dans l'ensemble même du récit. Jusqu'à quel point doit-on le prendre à la lettre? Doit-on le comprendre dans un sens tout matériel P On a dit avec raison que c'est par la Bible que la Bible doit être expliquée, mais ici les termes de comparaison nous manquent , et le seul exemple analogue que l'on peut citer, la tentation du paradis, présente identiquement les mêmes difficultés exégèliques et morales. Dans l'un et dans l'autre cas on se demande si Ton esl en présem-e d'un récit symbolique, d un mythe, d'une vision, ou d'un fait extérieur. Toutes ces opinions ont leurs représentants parmi les hommes les moins suspects de vouloir rejeter aucune révélation venue de Dieu, et dans uoe scène aussi mystérieuse on peut comprendre que des manières de voir différentes puissent se justifier plus ou moins les unes et les autres, sans que personne ait le droit de condamner celles qu'il n'admet pas. Ici, comme ailleurs, il faut éviter toute exagération.
Le même serpent ancien qui avait séduit le premier Adam, devait naturellement essayer de séduire le second. 11 pouvait espérer de réussir, car il avait pour lui, d'abord le succès de sa première entreprise, puis l'élan mauvais, l'impulsion mauvaise imprimée à l'humanité dont
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Jésus avait revêtu la nature. Jésus a donc dû.
être tenté, et il l'a été. Voilà un fait que nul ne conteste. En outre, il est sorti victorieux de la tentation ; il en est sorti sans péché; voilà un second fait, sur lequel on est également d'accord Quant à la manière dont il a été tenté, il ressort du récit biblique, deux choses : i° C'est par l'esprit, dit Mathieu, que Jésus a été conduit au désert; c'est V esprit, dit Marc, qui le poussa à se rendre dans un désert ; et d'après Luc, il fut mené au désert par la vertu de l'e«prit. Les trois auteurs, en mentionnant cette action de l'esprit, semblent nous montrer Jésus sous l'influence de l'esprit prophétique, et dirigent la pensée vers ce monde spirituel qui est le véritable théâtre des luttes de l'âme et des révélations directes de la puissance divine. — 2° Les apôtres et les disciples n'ont pas été témoins du fait qu'ils rapportent, ils n'ont pu le connaître que par le récit que Jésus leur en a fait, et par l'intelligence qu'ils en ont eue ; or, Jésus, même en le racontant textuellement, tel que les disciples nous l'ont laissé, a-t-il voulu raconter un fait matériel, ou un fait spirituel? On a le droit de poser cette question, quand on se rappelle qu'ailleurs, Jésus dit encore : J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair. Etait-ce une chute physique , et n'est-on pas d'accord à y voir plutôt un phénomène moral ?
Enfin, si l'on presse les détails, on doit se demander: Le tentateur était-il visible pour Jésus, était-il incarné ? Jésus et le diable, sur les créneaux du temple, étaient-ils visibles pour les habitants de Jérusalem? Dans ces différents voyages, Jésus était-il en la puissance du démon? etc.
Le texte contredit positivement une explication toute spirituelle du fait ; elle nous amènerait d'ailleurs à supposer que l'âme même de Jésus pouvait être accessible à la tentation. Mais une explication toute matérielle est également inacceptable ; ce n'est pas ainsi que Satan agit, quand il veut séduire les hommes ; il ne se montra pas à Adam dans le paradis : Jésus n'aurait pas pu voir tous les royaumes du monde. Schleiermacber ne voit dans ce récit qu'une simple parabole, par laquelle Jésus a voulu faire comprendre à ses disciples la vérité, en l'opposant aux fausses idées messianiques, généralement alors si répandues sur la nature de son règne; mais dans ce cas il y aurait un simple enseignement du Sauveur, et l'idée de la tentation disparaîtrait complètement. Or, il a fallu que le Christ fût tente alio qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux, et qu'il pût avoir compassion de nos infirmités, Hébr., 2, 47. 48. 4, 45. Rejetant ainsi, les opinions extrêmes, on est forcément amené à une interprétation intermédiaire, dont le principal iocon-
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vénient est qu'elle ne se laisse pas formuler en des termes exacts et précis. Il y eut là quelque chose qui o'élait ni la veille, ni le sommeil, une lutte véritable, une tentation positive mais intérieure : Jésus a vu toutes ces choses, éprouvé toutes ces choses, raconté toutes ces choses, mais il les a vues comme Moïse a vu les scènes de la Création, comme Balaam a vu et entendu son ânesse, comme Pierre a vu le linceul venu du ciel, comme Jean a vu la sainte cité qui descendait de devers Dieu, comme Ezécbiel a été saisi par les cheveux et transporté à Jérusaem (8, 3., cf. H , 4 .), comme il a vu le nouveau temple , comme Paul a été ravi jusqu'au troisième ciel, etc. El si Paul ajoute qu'il ignore si ce fut en corps ou hors du corps, on comprend que le vague qui règne dans ses souvenirs ait dû exister dans le fait lui-même. Il y a des réalités intérieures, comme il y a des réalités extérieures ; et pour se passer dans le domaine de l'esprit, les expériences de l'âme, les luttes du cœur et de la conscience, les manifestations de Dieu aux hommes, les songes et les visions (cf. Job 33, 4 4-4 6.) n'en sont pas moins des faits positifs et pleins d'une vivante réalité. C'est dans ce sens que Nilisch a pu dire de la tentation : Ce n'est pas une histoire réelle, mats c'est une histoire vraie.
Après son baptême et sa consécration Jésus a été poussé par l'Esprit à se rendre dans les lieux solitaires, pour s'y recueillir et s'y préparer par le jeûne et la prière , a l'œuvre qu'il allait entreprendre; il allait rassembler ses forces. L'ennemi de son côté veillait, et le moment lui parut favorable. La première épreuve était peut-être grossière dans son objet ; cependant elle était fine et subtile, car qu'y a-t-il de plus naturel que la faim après un long jeûne, et qu'y a-t-il de plus légitime que de se procurer le pain nécessaire, quand les moyens n'ont en eux-mêmes rien de condamnable ? Il fallait l'œil vigilant de l'Esprit de Dieu pour reconnaître ce qu'il pouvait y avoir de coupable dans une chose en apparence toutà fait innocente. Adam avait succombé dans une circonstance analogue; c'est encore a propos de nourriture que les Israélites murmurèrent dans le désert. Jésus repousse la tentation en rappelant que son œuvre n'a rien de personnel ; c'est à Dieu de le nourrir, quand et comme il l'entendra. Le passage qu'il cite, Deut. 8, 3., n'a pas le sens tout spirituel qu'on lui donne d'ordinaire ; il s'appliquait d'abord à la manne dont Dieu nourrit les Israélites; il signifie dans l'idée de Jésus : J'ignore quelle est la nourriture que mon Père veut me donner, mais c'est a lui d'y pourvoir ; que ce soit du pain, ou toute autre chose, peu importe ; j'attendrai, car la nécessité datis laquelle je me trouve n'est pas
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assez impérieuse pour que je détourne en ma faveur des forces que je dois consacrer au salut du monde. Il agit de même dans la dernière tentation, Matlh. 16, 51.; il monte sur la croix, tandis qu'il lui aurait été facile de prier le Père, qui aurait envoyé douze légions d'anges pour le délivrer.
La seconde épreuve se rapportait déjà plus directement à son ministère : Jette-toi en bas. Il s'agissait d'étonner le monde par un miracle extraordinaire, et de prouver ain?i qu'il était réellement lePilsde Dieu. Un passage des Ecritures, Ps. 94 , 44 . 42., doit ajouter encore à la force de la tentation ; Satan a soin de n'en citer qu'une partie. Mais Jésus ne fera pas un miracle sans but et sans objet ; il n'emploiera pas des moyens surnaturels quand les moyens naturels suffisent ; on peut descendre du toit par les degrés du temple et la mission de Jésus n'est pas de tenter Dieu en le provoquant à plaisir ; il repousse la tentation en citant Deut. 6, 46.
Si elle n'est pas plus habile, la troisième épreuve est plus audacieuse que les précédentes; elle ne fait plus appel aux besoins matériels du Sauveur, ni au droit qu'il peut avoir de compter sur le secours de Dieu, mais à sa piété même. Satan se décide à frapper un grand coup, c'est un effort désespéré. Regarde ces royaumes, dit-il au Messie; tu as des prétentions légitimes à faire valoir, tu es un descendant de David, mais tu es pauvre, tu n'as point d'armée ; tes difficultés sont nombreuses, le succès est douteux; moi je te les donne, je te mets en possession , je ne te demande qu'une chose,
est que tu reconnaisses ma souveraineté, et que tu m'adores. Celte tentation devait se représenter souvent dans la vie du Sauveur, et les occasions ne lui manquèrent pas, jusqu'à sa dernière entrée dans Jérusalem, où le peuple voulut l'enlever pour le faire roi. Mais Jésus comprend que posséder toutes choses et adorer le diable, c'est une seule et même chose ; il comprend aussi que posséder un royaume de ce monde, c'est renoncer à la royauté des esprits ; s'il accepte, toute son œuvre croule. Celte fois, il ne discute plus, il repousse le tentateur, en lui rappelant DeuL 6, 43., et il lui dit : Retire-toi. Jusqu'à ce moment, il pouvait y avoir du doute sur les intentions du malin, ses suggestions sauvaient au moins les apparences, mais la grossièreté de la dernière attaque achève de dissiper toute incertitude ; ce n'est plus un faux zèle, ce n'est plus une conception inintelligente de la missiou de Jésus qui a dicté la tentation ; c'est l'ennemi même de Dieu, et le Sauveur, en l'appelant par son nom, le chasse de sa présence: une fois démasqué, reconnu, Satan comprend en effet qu'il n'a plus rien à faire et il se relire, au
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moins pour un temps. — On a fait remarquer avec beaucoup de raison que le séducteur du genre humain, variant ses attaques suivant les chances qu'il peut avoir, ne dit plus à l'homme de ce siècle : Adore-moi ; car pourquoi l'homme qui refuse son hommage au Créateur, l'accorderait-il à celui qui est la source de tous les maux? Mais il lui dit: Adore-loi, et il trouve pour cela un terrain mieux préparé.
Dans les trois phases de la tentation, l'on constate l'opposition entre la vraie et la fausse îessianique. Partout c'est le Messie, tel, qui est le centre même de l'épreuve.
D'une part, le Messie tout-puissant est appelé a sortir de sa position pauvre, humble et méconnue, en employant ses dons miraculeux pour se procurer du pain, des croyants et des royaumes. De l'autre, c'est le serviteur de l'Eternel, qui est venu pour obéir, pour servir et pour accomplir toute justice : il attendra le secours de Dieu, il ne le tentera pas, et il le servira lui seul. D'une part le Messie charnel, de l'autre, celui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités. D'un côté la chair, de l'autre l'esprit. C'est l'esprit qui l'emporte.
Malgré les autorités plus nombreuses qu'imposantes qui maintiennent le fait matériel dans tous les détails du récit (Chrysostome, Olearius, Spanbeim, Bocbart, Leclerc, Hess, Micbaëlis, Slorr, etc.), nous pensons donc qu'il faut y voir une série de faits intérieurs qui se passèrent dans l'âme même du Sauveur pendant ses quarante jours de jeûne et de solitude (Théod. de Mopsueste, Cyprien, Jérôme, Olshausen, Néander, Mallby, Farmer, Kitto, Nitzsch, etc.); et comme le mal ne pouvait venir de lui, H dut lui être suggéré de dehors, par le prince des puissances qui sont dans l'air. De quelque manière qu'on se représente le fait, on peut le comparer à l'ange de Satan qui fut envoyé à Paul pour le souffleter, 2 Cor. 42, 7.— Ceux qui n'admettent pas l'existence des mauvais esprits, voient naturellement dans toute cette histoire un mythe : d'autres entendent Satan d'une espèce d'agent provocateur envoyé par le Sanhédrin pour exciter Jésus et l'engager dans une conspiration contre la puissance romaine. — v. outre les commentaires, les Vies de Jésus, de Néander et de Higgcnbacb ; et Ad. Monod, Jésus tenté au désert (trois sermons).
TENTES, v. Tabernacle.
TÉRÉBINTHE, le pislacia terebintbus de Urinée, probablement désigné par les mots hébreux allah et élab, bel arbre au tronc vigoureux, aux branches nombreuses et fortes (Sirach 34, 22.), originaire du Levant, et que l'on trouve dans presque toute l'Asie Mineure, mais particulièrement dans les iles de Chypre et de Cbios : il parait être devenu rare en Palestine,
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quoiqu'on l'y rencontre encore, de même qu'en Syrie. De la même famille et de la même tribu que le pistachier, son écorce est grisâtre, gercée; ses feuilles pennées, roides, d'un vert lustré, longues de 5 à 6 centimètres, ressemblent à celles de l'olivier, et persistent en hiver. Ses fleurs se montrent à la (in d'avril, au bout des branches, et ressemblent à celles de l'olivier; les fruits, d'un pourpre rougeâtre, roupés en forme de grappes ou de bouquets, sont durs, résineux, gros comme les grains du genièvre, et renferment une petite amande blanche et charnue, mangeable, mais d'une digestion difficile. Le bois de l'arbre est blanc et dur. Le tronc donne une espèce de résine pure, transparente, à odeur de citron, que l'on rend plus abondante, en juillet surtout, au moyen d'incisions artificielles; mais l'on n'en relire jamais une bien grande quantité .- quatre térébinthes de soixante ans donnent environ 4 kilog. 4/2 à 2 ki!og., et l'île de Chios tout entière n'en rapporte guère annuellement que 600. La vraie térébenthine était en conséquence comptée au nombre des essences les plus précieuses de l'Orient; la médecine en tirait un grand parti. On dit que le térébinthe atteint un âge fort avancé, environ mille ans, cf. Es. 6, 43. Josèphe raconte que l'on en montrait de son temps à Hébron un aussi vieux que le monde! C'est le cas, ou jamais, de passer au moins au déluge.
Les voyageurs s'arrêtaient volontiers sous l'ombrage touffu et bienveillant de cet arbre, Jug. 6, 44. 49. 4 R. 4 3, 44.; on y adorait des idoles, Ez. 6, 43. Os. 4, 13. : on y élevait des monuments, Jos. 24, 26., on y enterrait ses morts, 4 Chr. 40, 42. — Nos versions, à l'imitation des anciennes, et sans doute à cause de la ressemblance de» noms hébreux, ont presque toujours confondu le térébinthe avec le chêne, q. v. — v. aussi Vallée.
TERÈS. v. Biglhan.
TERRE. Ce mot a dans l'Ecriture, comme dans le langage ordinaire, plusieurs signitications différentes : il désigne le sol sur lequel nous marchons, Gcn. 4, 10.; toute la matière grossière qui fut créée au commencement, Gen. 1, 4.; le globe terrestre avec tout ce qu'il contient, hommes, animaux, plantes, métaux, etc., Ps. 21, 1. 415, 15. 16. lien. 8, 47.; il désigne aussi les habitants de la terre, Gen. 6, 4 3. 44 , 4 . Quelquefois il se dit d'une contrée particulière, le plus souvent de la Palestine, à moins qu'un autre pays ne soit spécialement désigné, la terre d'Egypte, d'Assyrie, de Mnab; il s'applique à tout l'empire de Caldée et d'Assyrie, Esd. 4, 2. Dans les Psaumes, la terre signifie en premier lieu le pays d'Israël , et ensuite prophétiquement le monde entier, Ps. 33,
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8. 44. 45, 46. 48, 2. 57, 5. 41., etc. Là terre des vivants marquait dans l'esprit des Juifs, soit la Palestine , par opposition aux lieux de leur captivité, soit la vie à venir, par opposition à la vie présente, Ps. 27, 13. 52, 5. Es. 38, 41. 63, 8. La terre d'oubli, c'est le tombeau, Ps. 88, 42. Job 10, 5^. 22. Dans le sens moral, la terre est opposée à l'esprit , elle est l'emblème de la matière, le mot terrestre est opposé à céleste, Jean 3, 31. Col. 3, 5. 1 Cor. 45, 47. 48. 2 Cor. 5, *.; la terre représente la corruption, la décomposition, Ps. 103, 14. Dans le langage prophétique, dans Daniel, et dans l'Apocalypse en particulier, le mot terre désigne encore d'une manière spéciale le territoire des quatre monarchies, l'Asie Mineure et toute la portion de l'Europe comprise entre la Méditerranée au sud, le Rhin et le Danube au nord. W. B. Newton y ajoute encore l'Angleterre.
Quant à la terre proprement dite, il a été parlé aux articles Genèse et Création de ce qui concerne son origine et du récit que nous en font les historiens sacrés; de l'aveu même des théologiens les moins suspects d'enthousiasme, de Winer, par exemple, le récit biblique de Gen. 1, est si sage, si bien conçu, si naturel, et raconté dans un style si beau, si élevé, qu'il n'est aucune autre cosmogoniede l'ancien monde qui puisse lui être comparée sous ce rapport. v. aussi Cuvier, Discours, etc.; Cbaubard, Eléments de Géologie, etc.; Marcel de Serres, Cosmogonie mosaïque; Rougemont, la Terre et son histoire, et le Peuple primitif.
La terre, comme toute la nature, est souvent personnifiée ; elle ouvre sa bouebe pour recevoir le sang d'Abel ; elle s'émeut a la mort du Sauveur.
Il est difficile de se former une idée des opinions des Hébreux relativement à la structure de la terre; il est probable même qu'ils ne s'étaient pas posé la question. Les descriptions poétiques de Ps. 104, 5. Job 9, 6. 38, 6. Ps. 75, 3., qui nous parlent des bases et des piliers de la terre, ou de Ps. 24, 2. 136, 6., qui nous représentent la terre comme fondée sur l'Océan, ne doivent pas plus être prises à la lettre que celle de Es. 11, 42., qui semble indiquer une terre carrée (Gesenius); de Job 26, 7., qui la représente planant dans l'espace, soutenue par la puissante main de Dieu , ou de Prov. 8, 27. Job 26, 10. Es. 40, 22., qui la représentent comme uue spbere, ou comme une circonférence, dont Jérusalem serait le centre, Ez. 5, 5., cf. 38, 42. Les tentatives de Turretlin (Amsterdam, 4695) pour maintenir le sens littéral de ces passages, ont du céder devant les évidences astronomiques.
Avant l'exil, les Juifs ne
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que les pays qui les avoistnaient Immédiatement, et avec lesquels ils avaient des occasions de contact, l'Egypte, l'Arabie, la Syrie et la Pbénicie; mais leurs connaissances géographiques s'étendirent avec la captivité; ils apprirent à connaître l'Assyrie, la Médie, la Babylonie, et peut-être leurs rapports avec les Phéniciens leur firent-ils connaître aussi les tles, les pays de l'ouest, et même le nord de l'Asie, Gog et Magog, El. 27, Jér. 51, 27., cf. Es. 44, 43. Les premiers essais d'une géographie datent de cette époque, et Josépbe (Antiq., 4 , 6.) nous tait part des travaux de celui qui , le premier sans doute, essaya de résoudre les difficultés et les obscurités de Gen. 40, par les traditions des peuples sur leurs origines. Depuis les Maccabées, les Juifs entrèrent en rapport avec la Grèce et l'Italie; le commerce et la politique agrandirent de ce côté leur horizon. — On a cru trouver Jos. 48, 9. la première trace de cartes géographiques, mais on peut l'entendre aussi d'une description des lieux , d'une topographie; en Egypte, cependant, Sésosiris aurait eu, d'après la tradition, la première idée de plans et de cartes du pays.
TERTIUS n'est connu que parce qu'il servit de secrétaire à saint Paul, lorsque celui-ci écrivit son épltre aux Romains, Rom. 46, 22., soit qu'il ait recopié la lettre autographe de l'Apôtre, soit plutôt qu'il ait écrit sous sa dictée, l.ightfoot suppose que Tertius est le même que Silas, ce dernier nom pouvant signifier, en hébreu, le troisième. Quelques éditions grecques portent Térentius. On ne sait, du reste, rien de positif sur sa vie.
TERTULLE, orateur, rhéteur on avocat, dont le nom signifie imposteur. Il ne doit sa réputation qu'a son plaidoyer contre saint Paul à Césarée, devant Ananias et le gouverneur Félix, Act. 24, 4. Quoique son discours ne nous soit rapporté qu'en extrait, on y reconnaît, soit pour le fond, soft pour la forme, tout ce qui caractérise les époques de décadence, des précautions oratoires stéréotypées, de la violence et de l'exagération dans la plainte, et ce système d'intimidation qui provient de la peur que causent à ceux qui gouvernent les moindres innovations, et surtout les mouvements de la piété. C'est au nom de la tranquillité publique qu'il combat la liberté des cultes ; c'est au nom de l'ordre qu'il dei le châtiment d'un apôtre. Il n'y a rien de i veau sous le soleil.
TESTAMENT. ». Alliance, et Bible.
TÉTRARQUK, nom sous lequel régnèrent en Palestine, et dans son voisinage, plusieurs princes vassaux de Rome , notamment Hèrode Antipas, fils d'Hérode le Grand, tétrarque de l'érée et de Galilée, Luc 3, 4 qui fit trancher
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la téle de Jean-Baptiste; Philippe, également fils d'Hérode le Grand, et tétrarque de la Trachonite, Luc 3, 1 ., de la Balanée et de la Gauloniie; enfin Lysanias, prince d'Abilène. «.leurs articles. Le premier est nommé roi, Matin. 44, 9., cf. 2, 22., par suite de l'extension donnée à la signification primitive de tétrarque, ou, pour mieux dire, ce mot qui signifiait d'abord chef d'un quart du pays, avait complètement perdu sa signification pour ce qui concerne les princes de la famille d'Hérode, comme chez nous plusieurs titres subsistent encore, qui n'ont plus de réalité, duc de Dalmatie, prince de la Moskowa, duc d'Isly, comte de Monlebello, etc. C'est au démembrement de la Thessalie en quatre tétrarebies, par Philippe de Macédoine, qu'il faut remonter pour trouver l'origine de ce mot et son véritable sens. Puis trois tribus galliques ayant émigré de Tbrace en Galalie, partagèrent chacune leur territoire en quatre cercles ou districts, dont les chefs reçurent le nom de télrarques. Dès lors ce titre s'est conservé jusque dans la période romaine, quoiqu'il n'y eût plus à cette époque qu'un seul tétrarque, Déjotarus. En Palestine, ce furent d'abord les fils d'Antipater, Bérode et Pbasaél qui , après avoir été longtemps à la tête des provinces, reçurent d'Antoine moins les fonctions que le nom de télrarques. Plus tard Hérode, devenu chef de toute la Palestine et de l'Idumée, reçut le titre de roi. Mais, après sa mort, le royaume fut de nouveau partagé entre deux de ses fils, Antipas et Philippe , qui furent appelés télrarques, tandis que le troisième, Archélaûs, régna sous le nom d'elhnarque. Avec eux s'éteignit pour la famille d'Hérode la charge du tétrarchat ; mais elle reparut dans la personne de Lysanias. D'après Josèphe et Pline, il y avait encore des tétrarebies aux environs du Liban et dans la Cœlésyrie, comme, en général, pendant la fin de la république et sous les empereurs, le nom de tétrarque fut donné à de petits princes vassaux, auxquels on ne voulait pas laisser le titre de rois. v. Sallust., Catil.,20,7. Tacit., Ann., 45, 25.
THABOR. v. Tabor.
THADDÉE. v. Jude.
THADMOR, Thamar, v. Tadmor, Tamar, etc.
THAMMUS. Ce mot ne se trouve que Ez. 8, 4 4. Au milieu des visions qui lui montrent l' idolâtrie ravageant le pays et souillant l'autel du Seigneur, le prophète voit des femmes assises qui pleurent Thammus. C'était le dieu du deuil, une divinité qu'adoraient les femmes dans les larmes de leur douleur, l'Adonis des Phéniciens; tous les commentateurs sont d'accord à cet égard. Son culte principal se célébrait à Byblos ; il était aussi adoré en Syrie et
en Chypre, et de bonne heure, quoique avec des modifications, ce culte passa en Grèce. L'Adonis de nos mylhologies ne doit donc pas être confondu avec l'Adonis de l'Orient. Chez les Phéniciens, la féte d'Adonis se célébrait au mois de juin, qui fut peut-être, à cause de cela, nommé Tbammus par les Israélites après le retour de l'exil ; elle commençait par le deuil, et finissait par la joie. Les femmes poussaient des cris plaintifs, se rasaient la tête, et allaient jusqu'à offrir leur virginité dans le temple en l'honneur du dieu qu'elles avaient perdu ; l'on enterrait ensuite solennellement l'idole, avec toutes les cérémonies en usage. Alors venait la seconde partie de la fête : le dieu était retrouvé, ressuscité, et des réjouissances sans nombre succédaient aux lamentations et au désespoir. Le sens de cette féte était clair et simple. Adonis était le symbole du soleil, tour à tour perdu et retrouvé, et, sous ce rapport, il n'est autre chose que l'Osiris des Egyptiens. Il résulte de la vision d'Ezéchiel que cette idolâtrie avait aussi ses sectateurs à Jérusalem; mais on se demande d'où vient ce nom de Thammus qui, nulle part ailleurs, n'est employé dans ce sens. Haevernick est peut-être le seul commentateur qui ait convenablement résolu cette question : selon lui, le prophète évite de prononcer le nom d'Adonis, qui a trop de rapport avec le nom de l'Eternel, Adonaï, et il le remplace par un mot appellatif composé, qui rappelle l'idole d'une manière assez claire pour être comprise. Tbammus qui, selon saint Jérôme, signifie abstrus, caché, conviendrait assez au secret dont on enveloppait les mystères de ce dieu; mais une autre étymologie, développée par Haevernick, semble meilleure encore : Thammus serait une contraction de Tham'sut ou de Thon mus, qui signifie celui qui s'en va, qui s'évanouit, qui meurt.
THAU. La dernière lettre de l'alphabet hébreu, Ez. 9, 4. p. Fronleaux.
THÉÂTRE, v. Jeux. Il n'en est parlé qu'une seule fois dans l'Ecriture, à l'occasion du tumulte d'Epbèse, Act. 49, 99.
THÈBES, v. No.
TUÉMAN (parfait, sud). 4° Chef édomite, fils d'Ëlipbas et petil-flis d'Esaû, Gen. 36, 44. 45. 42. 2° Ville et district de l'Idumée, Jér. 49,
7. 20. Ez. 25, 43. (opposé à Dédan), Amos 4, 42. Hab. 3, 3. Abd. 9. Au temps d'Eusèbe et de Jérôme, Tbéman avait encore une garnison romaine. Les Thémanites, Gen. 36, 34. partageaient avec les autres Iduméens la réputation d'une grande sagesse, et passaient pour ne s'exprimer qu'en un langage sentencieux, Abd.
8. Jér. 49, 7.; v. encore Baruc 3, 22. 23. lis formaient une sorte d'école philosophique dont la Bible seule nous a conservé quelques traces;