TIB
commun pour qu'on puisse admettre, à quelques années d'intervalle, deux chefs de ce nom.
THOMAS, surnommé Didyme, deux noms qui, l'un en hébreu, l'autre en grec, signifient jumeau (d'après la tradition , sa sœur jumelle s'appelait Lysia); apôtre de Jésus, Matth. 40, 3. Marc 3, 4 8. Luc 6, 45. Act. 4, 4 3., que l'on suppose avoir été originaire de la Judée, cf. Jean 24, 2. L'Evangile de saint Jean est celui qui nous le fait le mieux connaître, quoiqu'il ne mentionne que des faits relatifs aux derniers temps de la vie de Jésus, et l'on peut dire qu'il est peu d'apôtres dont le caractère soit généralement plus mal connu et plus faussement apprécié. Thomas est presque toujours pris pour le symbole du doute, du manque de foi ; et si une circonstance de sa vie, Jean 80, 24., cf. 44, 5. semble indiquer en lui un homme positif, qui ne se paye pas de paroles, il faut ajouter que ses doutes furent partagés par tous les disciples, que ses doutes ne forment pas non plus l'unique trait, ni le trait distlnclif de son caractère. C'est lui qui, voyant Jésus partir pour la Judée où l'attendait la famille de Laxare, s'écrie en songeant aux dangers que son maître allait courir : Allons-y aussi, et mourons avec lui, Jean 4 4 , 4 6. : ce fait seul montre que Thomas était dévoué, chaleureux, mais d'une vivacité d'esprit semblable à celle de Pierre, souvent peu réfléchie; comme Pierre l'aurait fait, il interrompt Jésus qui préparait ses disciples a sa fin prochaine, parcelle i .-Seigneur, nous ne savonsoù tu vas, pourrions-nous en savoir le chemin?
Jean 44, 5. Et lorsque le berger eut été frappé lorsque les brebis se trouvèrent dispersées, Thomas éloigné des autres apôtres par un motif quelconque, ayant quitté peut-être, comme les disciples d'Emmaûs, un théâtre de deuil et d'amers souvenirs, ne put assister à la première apparition du Sauveur à ses disciples. Ceux-ci n'avaient pas cru à la parole des femmes qui étaient venues leur annoncer la résurrection du maître ; ils ne crurent que lorsqu'ils l'eurent vu. Thomas n'eut pas plus de foi qu'eux, mais il n'en eut pas moins, et lorsqu'il eut entendu leur récit, il s'écria comme eux, mais dans un langage plus expressif : a Si Je ne vois les marques de ses clous en ses mains, et si je ne mets mon doigt dans la plaie des clous, et si je ne mets la main dans son côté, je ne croirai point. » Le dimanche suivant il obtint la preuve qu'il demandait, et Jésus faisant allusion à ses paroles, l'engagea à vérifier par lui-même la réalité de sa résurrection. Thomas, confus et transporté, ne put que s'écrier dans l'élan de sa joie : Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus n'ajouta pas un mot de blâme, et les paroles : « Ne sois pas incrédule, mais fidèle, ■ sont plus une exhortation qu'une censure. De même les paroles qui suivent : « Bien
heureux ceux qui n'ont pas vu mais qui ont cru, » sont à l'adresse des disciples de tous les temps ; ce qu'elles avalent d'actualité se rapportait aux autres apôtres comme â Thomas, et ce qu'elles avaient de général n'est qu'une déclaration des promesses faites à tous ceux qui ont dû croire sans voir, depuis les patriarches qui ont dû espérer, jusqu'aux futurs membres de cette Eglise chrétienne qui ne pouvait reposer que sur la foi. — Si quelque chose distiogue Thomas de saint Pierre, c'est plus de modestie, moins de confiance en lui-même ; il a moins promis, et sa chute n'a été que celle des autres disciples; â cela près on trouve en lui la même droiture et la même chaleur.
Il assista à la réintégration de saint Pierre, Jean 24, 2., et aux assemblées qui suivirent l'Ascension, Act. 4, 43.; dès lors on perd ses traces, et l'on en est réduit aux traditions qui le font, les unes évangéliser les Parlhes et mourir à Edesse, les autres passer aux Indes et y mourir martyr. L'existence des chrétiens de Saint-Thomas, sur la côte de Malabar, a donné à cette dernière opinion quelque probabilité, et elle est presque généralement admise. En revanche son Evangile et ses Actes, mentionnés par les Pères et déjà condamnés par Gèlase, sont rejetés comme apocryphes.
THRACE. On suppose que cette contrée, à peu près la Turquie actuelle, anciennement si fertile, si populeuse et si riche, est désignée par le mot Thiras ou Tiras, q. v., Gen. 4 0, 2. Il n'en est, du reste, parlé nulle autre part dans l'Ecriture, et aucune de ses nombreuses villes n'y est mentionnée, r. 2 Macc. 42, 35. THUMMIM. r. Urira.
THYATIRE (encens broyé?), Act. 46, 44.
A poc. 4, 44. 2, 48. Ville de la province de Lydie, plus anciennement nommée Pélopia, et Evippia, située sur le Lycus, à 33 milles nord de Sardes, a une journée de Pergame, et à la même distance de la mer. C'était une colonie macédonienne (Strabon XIII, p. 928), assez importante sous le double point de vue militaire et commercial. Ses habitants s'occupaient surtout de fabriquer des étoffes de pourpre. Il se trouvait dans cette ville une petite communauté chrétienne à laquelle saint Jean reproche de s'être laissé envahir par les moeurs païennes. — C'est maintenant un bourg nommé Akhissar (château blanc), où l'on trouve encore quelques vieilles ruines, et des monuments grecs.
TIBÈRE, Luc 3, 4 ., fils adoplif de l'empereur Auguste, et second empereur de Rome. D'abord juste et modéré, comme le sont presque toujours les monarques au début de leur règne, il ne tarda pas à donner essor à son caractère sombre, égoïste, défiant et cruel. Il supprima les assemblées du peuple romain, et réduisit le
TIG
sénat au rôle d'exécuteur servile de ses volontés. Toute plainte était un crime que la mort devait expier. La délation était encouragée par la protection et les récompenses du tyran. Il fil empoisonner Germanicusson neveu, jeune guerrier qui s'était signalé par de nombreuses et brillantes victoires en Germanie; la jalousie lui dicta cet arrêt, qui enveloppa la famille presque entière de celte noble victime. L'infâme Séjan était son favori el le docile exécuteur des hautes œuvres : après avoir versé des flots de sang, Séjan eut soif du sang de son maître, porta ses vues jusqu'au trône et fut mis à mort. Tibère, devenu vieux, quitta le monde, et se retira dans l'île de Caprée, d'où chaque jour il envoyait au sénat la liste des victimes qui devaient lui être immolées. Saint Luc fixe à la quinzième année de son règne le commencement du ministère de Jean-Baptiste. Ce fut également sous son règne que le Christ souffrit. C'est de lui qu'il est parlé, Matin. 22, 17. Marc 42, 44. Luc 20, 22. 23, 2. Jean 49, 12. 11 mourut âgé de soixante-dix huit ans, le 16 mars de l'an 37; Néron seul a pu briguer l'honneur de l'égaler en cruautés. — Tertullien raconte que Tibère ayant entendu parler des miracles de Jésus, aurait conçu l'idée de le faire admettre au nombre des dieux; ce fait, qui n'est du reste pas prouvé, serait en opposition avec ce que rapporte Tacite, que Tibère fit chasser de Rome 4,000 Juifs, et proscrivit les cultes venus d'Egypte et de Judée. Il est vrai que Tibère n'était pas homme à reculer devant une contradiction.
T1BÉRIADE. Il a été parlé du lac de ce nom a l'article Génésareth. Quant a la ville de Tibériade, elle était bâtie sur la rive occidentale du lac, vers le midi, resserrée entre l'eau et la montagne : elle possédait un palais el un stade assez remarquables. Hérode Antipas, son fondateur, l'avait nommée Tibériade en l'honneur de l'empereur Tibère; elle fut la capitale de la Galilée avant Diocésarée. Si c'est la même que Kinnéreth, Jos. 19, 35. (Robinson le conteste}, elle avait appartenu primitivement à la l ribu de Neptithali, mais c'est peu probable, le lot de cette tribu commençant à Capernaûm, Mattb. 4, 43. Jos. 49, 34. La contrée environnante, qu'entourent de hautes montagnes, est très chaude et très fertile, mais malsaine et fiévreuse; il y existe plusieurs sources thermales qui contiennent du soufre, du sel et du fer, et forment un déjiôt tantôt blanc, tantôt jaune. Jésus-Christ n'esl jamais entré dans celle ville, dans la demeure du renard, Luc 43, 32., du meurtrier de Jean-Baptiste. La pêche, et le service du lac, formaient la principale occupation de cette population, presque tout entière grecque et païenne. Néron donna Tibériade à Hérode Agrippa II, el pendant la dernière guerre des Juifs, elle joua un
rôle important; sa défense fut longue et désespérée; Vespasien, pour la punir, fit abattre une partie de ses murailles. Dès lors elle devint, et pour assez longtemps, une ville de savants: ce fut là que se rassemblèrent, après la ruine de Jérusalem, quelques Juifs et quelques-uns de leurs préires les plus distingués; ils y jetèren' les fondements d'une académie, qui devint célèbre par la composition de la Mishua (l 90 ap. C), la fixation des points-voyelles, el la réputation des docteurs qui y professèrent. Maïmonides y a son tombeau. Elle passait avec Saphet, Hébron et Jérusalem, pour l'une des quatre villes oh d'à- * près les traditions talmudiquesje Messie devait séjourner et régner. Elle porte le nom de Claudia Tiberias sur plusieurs médailles ; sur d'autres qui datent du règne de Trajan, elle représente, à cause de ses sources, la déesse de la santé, ceinte d'un serpent, el assise sur une montagne d'où sort une grande abondance d'eaux; sur d'autres enfin une barque lui sert d'exergue. Après avoir été le siège d'un évêcbé, elle est tombée depuis 4247 sous la domination musulmane. Tabarié n'est plus aujourd'hui qu'un gros bourg de 4,000 habitants, dont un quart de Juifs; il parait ne pas occuper tout à fait la même place que la Tibériade historique, dont on trouve encore des ruines assez considérables près de là. Tabarié fut presque détruite par un tremblement de terre le 1er janvier 4837, et deux mille âmes périrent; les murailles et une partie de l'ancienne ville résistèrent seules à cette catastrophe; les habitants survivants se sont en hâte rebâti des maisons ou des huttes de. bois, qui n'ont qu'un rez-de-chaussée. Les sources sont à irente-cin'imiuutesdelà, et à vingt pas du lac.
T1BNI (foin, paille), 4 R. 16,21., fllsdcGuinalh, convoita le trône d'Israël que la mort d'Ela rendait vacant ; il le disputa trois ans à Uomri avec un succès partage, mais il finit par être vaincu, et sa mort, en laissant les siens sans chef, assura le succès de son rival.
T1DHAL, Gen. 14, 1., l'un des rois alliés de Kédor-Lahomcrqui furent défaits par Abraham ; il est appelé roi de Gojim (des nations), soit que ce fût le nom de sa peuplade et de sa ville, soit que, par suite de victoires, il se fût mis à la tête de quelques peuplades, dont la réunion lui aurait assuré une certaine prépondérance.
TIGLATH-PILÉSER, ou Tillegalh-Pilnéeser dans les Chroniques, 2 R. 16, 7. 15, 29. 1 Cbr. 5, 26. 2 Cbr. 28, 20., vers 747 av. Chr., roi d'Assyrie, fit alliance avec Achaz, roi de Juda, lui prit son or et son argent, jusqu'à dépouiller le temple, s'en servit pour envahir la Syrie et le royaume d'Israël, mit à mort Retsin après avoir pris Damas, et conduisit en Assyrie les dix tribus vaincues, accomplissant sans le savoir les oracles d'Esaïe, 7, 17. 8, 4. Il se mon-
Ira diplomate habile ; sons le nom de protecteur, il lit payer à Juda les frais de ses campagnes, et s'enrichit avec l'argent d'autrui, se délivrant de ses ennemis et peuplant ses Etats de sujets industrieux. On croit qu'il est désigné Os. 5, 43. 40, 6. sous lepithèle de Jareb. On ignore sous quel nom il est connu dans l'histoire profane, mais il parait que c'esta peu près à l'époque du démembrement de l'ancien royaume assyrien, sous Sardanapale, qu'il faut placer ces événements, alors que des ruines de l'empire surgissaient les trois monarchies nouvelles des Assyriens, des Babyloniens et des Mèries.
TIGRE. 4» Fleuve, le Hiddekel du paradis, q. v. Gen. 2, 4 4. Dan. 4 0, 4. — 2° Animal qui n'est pas mentionné dans l'A. T., quoique quelques versions aient cru le trouver dans l'hébreu laïsh, Job 4, 4 4 ., qui signifie lion, q. v.
TILLEGATH-PILNÉESER (celui qui délivre les captifs), v. Tiglalh-Piléser.
TILLEUL. Luther a cru que le élon de Es. 6, 43., et le libneh de Os. 4, 43., signifiaient le tilleul, mais r. Chêne et Stacte.
T1MÉE (honorable), père du célèbre aveugle de Jérico, Marc 4 0, 46., est inconnu.
TIMNA (défendu), ville de Juda, située à la frontière septentrionale, mais conquise sous Achaz,par les Philistins, Jos. 45, 40. 2 Chr.28, 4 8. On la dislingue à tort deTimnatha,Gen.38, 42., qui estindiquée Jos. 49,43. comme appartenant à la tribu de Dan ; plusieurs villes qui avaient été d abord données à Juda, passèrent, dans une seconde répartition à la tribu voisine, Timna est connue surtout par les exploits de Samson, Jug. 4 4,4., et l'on voit qu'àcettcépoque déjà les Philistins s'en étalent emparés. Eusèbe mentionne un bourg de ce nom,Tamna, qui existait encore de son temps entre Jérusalem et Diospolis; il parait n'avoir pas été sans importance sous les Romains, 4 Macc. 9, 50., Jos., G. des Juifs, 3, 3, 6., Plin., 5, 45. — Il y avait en Juda une autre Timna, mais dans la montagne, Jos. 45, 57.
TIMNATH-HÉRÈS, et Timnaih-Sèrah, ville des montagnes d'Ephraïm, où demeurait et où fut enseveli Josué, 49, 50. 24, 30. Jug. 2, 9. Éli Smith pense en avoir retrouvé les ruines dans la Tibneh actuelle, située en face d'une montagne qui renferme des cavernes sépulcrales dont les portiques sont d'une magnificence qui égale presque celle des tombeaux des rois à Jérusalem.
TIMON (honorable), Act. 6, 5., un des sept premiers diacres de l'Eglise de Jérusalem, inconnu. Les uns le font évéque de Bostra en Arabie, les autres de Bérée, ou de Tyr et Sidon.
TIMOTHÉE (craignant Dieu), évangéliste, et 1 un des plus fidèles compagnons de Paul,
2 Tim. 4, 5., était probablement Lycionien ,
natif de Derbe, fils d'une femme juive, Eunice, et d'un père païen. Act. 46, 4. 3. 20,4. 2 Tim. 4 , 5. Sa mère, et son aïeule Lois, furent probablement converties lors du second séjour de Paul en Lycaonie, et peut-être que lui-même, quoique fort jeune, reçut à celle époque des impressions sérieuses que les soins pieux de sa famille n'eurent pas de peine à développer, 2 Tim. 4, 5. 3, 45. Les passages 4 Tim. 4,2. 2 Tim. 4, 2. 4 Cor. 4, 47. n'indiquent pas nécessairement que Paul ait élé l'instrument de la conversion de son jeune ami ; elles peuvent se rapportera l'influence qu'il exerça sur lui en le formant à l'évangélisalion. Timolbée justifiait, par une bonne réputation, sans doute aussi par des dons naturels, les prophéties positives qui avaient été faites à son sujet, 4 Tim. 4, 48. 4, 4 4., et il se recommanda ainsi à l'attention de l'Apôtre qui n'hésita pas à se l'attacher. Après l'avoir circoncis et lui avoir donné l'imposition des mains (l'an 52), Paul le prit avec lui pourse rendre par Troas en Macédoine, Act. 46, 4. 3. 4 Tim. 4, 4 4. 6, 4 2. 2 Tim. 4, 6. Il le laissa d'abord à Bérée, l'envoya peu de temps après à Athènes, puis à Thessalonique pour avoir des nouvelles de cette Eglise, au sujet de laquelle il était inquiet, Acl. 47, 4 4. 45. 4 Thess. 3, 2. Timothée, apportant des nouvelles de Thessalonique, rejoint Paul à Corinthe (52 ou 53), et signe, avec lui, ses deux lettres aux Thessaloniciens, 4 Thess. 4,4.3, 6., cf. Act. 48, 5. 2 Thess. 4,4. Ici nous perdons de vue Timothée ; la narration des Actes est interrompue quant à ce qui le concerne, et ce n'est qu'après un certain temps que nous le retrouvons ; il est a Ephèse, Act. 49, 22. Paul l'envoie de là en Macédoine et à Corinthe, Act. 49, 22. 4 Cor. 4, 47. 46, 40. (l'an 56 ou 57); cependant, en écrivant sa première lettre aux Corinthiens (46, 40.), Paul ne sait encore rien de l'arrivée de Timolhée au milieu d'eux; les résultats de ce voyage, comme en général plusieurs points de la vie de Timolhée, restent obscurs, et l'on a de la peine à découvrir comment cadrent ensemble les récits des Actes et des Epîtres, la vie de Paul et celle de Timolhée. Nous trouvons de nouveau ce dernier en Macédoine, auprès de Pau), lors de l'envoi de la seconde aux Corinthiens, 4, 4., et l'on suppose que, retenu par diverses occupations, Timolhée n'a pu aller jusqu'à Corinthe, ce qui expliquerait le silence que garde l'Apôire, 2 Cor., sur la présence et l'activité de Timolhée dans cette ville. Mais lorsque, plus tard, Paul écrit de Corinthe aux chrétiens de Rome (58), Timothée parait être auprès de lui, Rom. 46, 2t. Paul, revenant par la Macédoine, envoie Timothée à Troas, Acl. 20, 4., et nous le perdons de vue encore une fois.
TIM
Pais vient la captivité de Paul à Rome, et dès lors il devient toujours plus difficile de raconter la vie de Tiraolbéc; des faits sont indiqués çà et là, mais aucune date ne les lie ; peut-être est-il à Rome avec son maître. Ceux qui admettent une seconde captivité, supposent que Paul, passant à Ephèse ou près de là, y laisse Timothée muni de quelques instructions qui cependant ne sont point suffisantes, 4 Tim. 1 , 3.; qu'il poursuit son voyage par Philippes, jusqu'à Troas, 2 Tim. 4, 43.; qu'il revient de la Macédoine dans l'Asie Mineure pour y voir Timothée, ainsi qu'il le lui avait promis dans sa première épltre; qu'il lui fait des adieux solennels, 2 Tim. 4, 4., comme s'il allait entreprendre un voyage long et dangereux ; que dans ce voyage il laisse Trophime malade à Milet, et Eraste à Corinthe, î Tim. 4, 20.; qu'il pousse peut-être Jusqu'en Espagne, et qu'enfin il arrive à Rome, soit libre, soit prisonnier ; qu'il envoie de là quelques-uns de ses compagnons comme missionnaires, 2 Tim. 4, 40.; qu'il fait peut-être prévenir verbalement Timothée de venir le joindre (supposition nécessaire pour expliquer sa seconde Epltre, où il s'adresse à Timotbée comme si celui-ci connaissait déjà son emprisonnement) ; qu'ayant été entendu par le juge, et n'espérant plus recouvrer sa liberté, Paul presse Timothée de venir le voir avant l'hiver, et d'amener Marc avec lui, 2 Tim. 4, 44. 84. La seconde Epitre à Timothée aurait donc été écrite de Rome vers 67, et adressée au disciple* Ephèse. Quant à la première, elle se placerait pendant le voyage que fit Paul en Macédoine après qu'il eut établi Timothée à Ephèse. Enfin l'EpItre à Tite aurait été écrite à la même époque. Cependant toutes ces suppositions sont forcées, et l'explication de M. Reuss que nous avons rappelée à l'art. Paul, a quelque chose de plus simple et de plus naturel, qui la recommande malgré le nombre et l'importance desaulorités contraires. La tradition ajoute à ces données du récit biblique, que Timothée fut évèqne d'Rphèse, et qu'il souffrit le martyre sous Domitien (84-96 ap. C). On suppose que le Timotbée de Hébr. 4 3, est le même que le disciple de Paul, mais on ne sait à quel événement de sa vie l'Apôtre fait allusion en parlant de sa mise en liberté, si toutefois cette traduction doit être admise, ce qui est contesté par plusieurs commentateurs. — Le caractère de Timothée est assez relevé par la confiance et l'amitié de saint Paul ; on peut dire qu'il est sans tache ; pur, égal, aimant et doux pour les autres, il ne se ménageait pas assez lui-même, et l'Apôtre ne lui reproche que trop de sobriété, un ascétisme trop rigoureux et trop austère, 1 Tim. 5, 23. Heureux les pasteurs qui ne méritent pas d'autre censure ! Le ministère si fé-
cond de Timotbée n'est connu que par les lettres qu'il a reçues d'un apôtre ; sa carrière si importante serait entièrement oubliée sans cette circonstance, et l'on peut se faire une idée, par ce seul exemple, de ce que doit avoir été l'activité des premiers apôtres et missionnaires, sur la vie desquels nous n'avons aucun détail. Il semble aussi qu'on doive se réjouir de ce qu'au milieu de toutes les peines de sa vie, Paul ait eu la douceur de rencontrer un ami comme Timothée, qui pouvait si bien le comprendre et sympathiser avec lui, 2 Tim. 3, 40. De pareilles amitiés ne peuvent s'établir qu'entre chrétiens ; elles sont durables et parfaites, parce qu'elles unissent la connaissance et le sentiment, la vérité et la charité ; cf. î Jean 2.
Epures pastorales. On désigne sous ce nom les deux Eplircs à Timothée, et l'Epllre à Tite. Elles se distinguent de toutes les lettres de Paul qui nous sont parvenues, en ce qu'elles sont les seules qu'il ail adressées à des compagnons de service ; elles se distinguent aussi par là de l' Epltre à Philémon, qui n'est qu'une simple lettre de particulier, et qui ne traite que d'un seul objet de la plus grande simplicité, d'une demande pour laquelle une exposition longue et variée était moins nécessaire qu'une manière persuasive de la présenter. Dans les épîtres pastorales, au contraire, Paul est convaincu d'avance que son lecteur est disposé à recevoir les préceptes qu'il lui donne. Ce sont des lettres d'amitié, mais ce sont aussi des lettres d'affaires; elles ont ce double caractère, et il est évident qu'elles étaient destinées à recevoir une certaine publicité. Ce qui a été dit plus haut peut servir à fixer les dates de ces lettres, les lieux d'où elles furent écrites et leurs circonstances : il faudrait un livre spécial pour résoudre les doutes et prouver les assertions.
Il n'est aucune épltre dont l'authenticité ait éprouvé de plus rudes attaques que la première Epltre à Timothée; c'est Schleiermachcr qui lui a porté les premiers coups, s'appuya ni de la logique, de la philologie et de l'histoire. On lui prouva (Planck) que la plupart de ses arguments s'appliquaient avec la même force aux deux autres épîtres pastorales, et Eichhorn, profitant de la leçon, ne tarda pas à attaquer les trois épîtres ensemble ; d'autres ont suivi leurs traces, mais ils ont été réfutés à plusieurs reprises par Bœhm, Heidenreich, Schneckenburger, etc. La violence des attaques a fait faire des recherches consciencieuses qui ne sont pas restées sans résultat.
Pour nier l'authenticité de ces épîtres, on a fait valoir d'une manière générale la différence du style qui ne rappel é pas celui de sainl Paul, et le grand nombre de St»Ç Xev^svat que l'on y rencontre (mots qui ne se trouvent qu'une fols
TIM
TIM
dans le N. T.); mais il a élé répondu à cette objection, d'abord : que la différence des sujets traités pouvait expliquer la différence du style, et les mots nouveaux que l'écrivain avait dû employer; puis, qu'il se trouve bcaucoupde fa:a% Xc^jxeva dans toutes les épitres, même dans celles qui sont incontestées, 57 dans lesGalates, 54 dans les Pbilippiens, etc.
Contre la 1 r« épllre on a fait valoir spécialement a) l'inexpérience qu'elle suppose cbez Tiraotbée, tandis que ses précédentes missions, à Corintbe et à Tbessalonique , nous le représentent déjà comme un homme d'un certain poids, 4 Cor. 4, 47. 4 Thess. 4, 4 3. Celte objection n'en est une que si l'on exagère d'une part l'importance de ces missions de Timolhée, de l'autre la jeunesse et l'inexpérience que suppose l'épitre qui lui est adressée. — 6) Le séjour de trois ans que Paul avait fait à Ephèse et pendant lequel il avait dû prendre des mesures qui rendaient au moins inutiles les directions qu'il est censé donner à Timotbée. Mais rien ne dit que ces conseils soient tous donnés au jeune disciple en vue de l'Eglise d'Ephése. — c) L'absence de toute allusion aux circonstances personnelles de Timotbée. Mais v. 1 , 18. 4, 44. 5, 53. 6, 42. - d) Alexandre n'étant pas même chrétien, 2 Tim. 4, 4 4., Paul u'aurait pas Tailla bévue de le mettre sur le même rang qu'Hyménée, parmi ceux qui ont fait naufrage quant a la foi, 4 Tim. 4, 20. Mais est-il prouvé que dans les deux passages il s'agisse de la même personne P Le contraire est plus probable. — e) La mention d'Hyménée 1 Tim. 4, 20. est en contradiction avec 2 Tim. 2, 47. Mais s'agit-il du même individu P Si c'est le même, est-il dit positivement qu'il fût de nouveau membre de l'Eglise? Enfin, même dans ce cas, ne peut-on pas admettre qu'après sa cbute il se soit relevé, et qu'il ail élé réintégré dans la communion des frères ? — f) 1 Tim. 6, 4 3. La confession de Jésus devant Pilale semble être une allusion à l'Evangile de Jean qui la rapporte; or cet Evangile n'a été éciit que beaucoup plus tard. Mais Paul ne pouvait il pas connaître le fait par la tradition? C'est évident. — g) La doctrine de celte épttre au sujet de la loi n'est pas la même que celle de Paul. Mais cf. Rom. 7, 7-12. 42; Epb. 5 et 6; Gai. 3, 2t. sq. — h) D'après De Welte, 4 Tim. 3, 16. semblerait être une citalion d'un symbole ecclésiastique; or aux jours de Paul il n'en existait point encore. Mais c'est une supposition que rien ne justifie. — i) L'auteur cite 5, 18. un passage de Luc 10,7., comme se trouvant dans l'Ecriture ; or Luc n'était pas encore écrit. On répond que dans le passage indiqué Paul cite d'abord Deut. 25, 4.; c'est là sa citation de l'Ecriture ; puis il ajoute les paroles qui se trouvent aussi dans Luc, mais qui
peuvent être, soit un proverbe populaire, soit une réflexion, soit l'écho d'une de ces nombreuses paroles de Jésus, que la tradition avait conservées. — k) De Welte enfin prétend que la recommandation 5, 23. est au-dessous de la dignité apostolique. Mais y a-t-il quelque chose de plus touchant que les soins paternels d'un fidèle serviteur de Christ, pour un jeune disciple qui ne ménage pas assez les forces que Dieu lui a confiées pour son service P (v. les belles réflexions de Gaussen sur ce verset, dans se Théopueustie).
Nous avons cru devoir résumer brièvement cette controverse qui a fait tant de bruit, afin de réduire à leur valeur des objections plus spécieuses que solides.
Il est difficile de donner une analyse de ces épitres, surtout de la première à Timolhée, où il y a plus d'abondance que d'ordre, où toute disposition oratoire est négligée, plus encore que dans les autres épitres de Paul, et où l'Apôtre semble avoir jeté, au fur et à mesure qu'ils se présentaient à lui, les préceptes, les sentences, les souvenirs, l'expression de ses sentiments personnels, des directions générales, des détails intimes, les recommandations de l'Apôtre et les conseils de l'ami. Les docteurs et les doctrines que Paul s'attache à combattre, ou qu'il signale à l'attention du pasteur d'Ephèse, sont les mêmes tendances qu'on a vues combattues dans les Epitres aux Epbésiens et aux Colossiens; il lui recommande de les combattre surtout en proclamant l'Evangile, en opposant aux erreurs les vérités contraires, l'autorité de son ministère au charlatanisme des faux docleurs. Celte épttre a élé écrite par Paul au moment de quitter Corintbe, et peut-être déjà arrivé à Nicopolis ; v. Paul.
La seconde à Timolhée, écrite de Rome, parle également des faux docteurs, mais d'une manière plus vague, moios circonstanciée, 3, 4-5. 4, 3.; c'est, en quelque sorte, un supplément d'instructions; elle est, du reste, plus personnelle, plus intime, et, comme on l'a dit, elle reflète les dispositions de l'àme de l'Apotre, qui s'attendait à un prochain délogement, et qui fait son testament avant de mourir, instituant, en quelque sorte, Timotbée pour son héritier et exécuteur testamentaire.
VEjAtreà TUe, écrite de Corinthe, ne traile, pour ainsi dire qu'un seul sujet, la nécessité de nommer des anciens dans les villes de Pile de Crète ; il ne s'agit pas, comme dans les précédentes, de redresser ou de compléter un ordre de choses déjà existant, mais en partie affaibli ou corrompu ; il ne s'agit, par conséquent, pas de combattre : aussi les préceptes donnés par Paul sont-ils tout à fait simples. Le reste de l'épitre traite de la doctrine et de l'enseigne-
Tin