TIS
L'Evangile avait pénétré en Crète d'assez bonne heure, mais d'une manière en quelque sorte privée ; on y voyait des croyants, on n'y trouvait pas d'Eglise, et Tite le premier fut chargé d'organiser ces troupeaux. L'absence de conducteurs spirituels et le contact dès idées juives avaient pu favoriser l'action du principe judalsant, et l'antique mauvaise renommée des Cretois, justiflée par leur immoralité, continua de subsister même après l'établissement partiel du christianisme dans cette lie.
Chacune des trois épltres pastorales a donc son caractère, chacune forme un ensemble dont les différentes parties se lient, d'une manière conforme au but particulier de l'Apôtre, et aux circonstances dans lesquelles elle a été composée. — Comment. Heidenreich (4826), Flatt (1834), Baur (1h35 et 43), Baumgarlen (4837), Mathies (1840), Hutber (4850), Reuss, Hist. de la Thôol. aposl., et les Etudes critiques de M. Amand Saintes sur les éptlres pastorales (485*).
T1PHSAH, 4 R. 4, 24., ville frontière du royaume de Salomon, vers le nord-est. Son nom signifie passage, et elle était, en effet, la clef militaire et commerciale de l'Euphrate. C'est le Thapsacus des anciens, grande et populeuse cité, bâtie sur la rive occidentale de l'Euphrate, à une forte journée à l'est de Palmyre. Elle reçut, depuis Séleucus Nieator, le nom d' A m phipolis, et s'appelle maintenant El-Déir. — Il ne faut pas la confondre avec la ville nommée 2 R. 45, 46.; car, à cette époque, la frontière du désert n'appartenait plus aux successeurs de Salomon, et, vu sa signification, le même nom a pu être donné a bien des villes différentes.
TIRAS, Gen. 40, 2. Depuis les Targumistes, tous les interprètes croient retrouver les descendants de Tiras dans les Tb races, les habitants actuels de l'Albanie. Tyras était l'ancien nom du Dniester, et l'affinité de nom devient plus frappante encore quand on se rappelle que le Ç des Grecs (Turax) se trouve dans l'alphabet a la place de l's des Hébreux, v. Thrace. — il y avait aussi une ville de Thyrèe dans le Péloponèse, et, comme Tiras était frère de Javan, celte parenté pourrait établir le voisinage de leurs descendants. Scbrœder, enfin, pense aux Tyrrhénlcns (Tyrséniens est probablement une faute d'impression), qui étaient unis ou identiques aux Pélasges, et célèbres comme navigateurs et comme pirates. Les noms de Toersha (Tiras), et de Maslioach (Mésec), se retrouvent a côté l'un de l'autre sur diverses inscriptions égyptiennes, comme les noms de peuples ou peuplades qui ont été en guerre avec l'Egypte.
T1RUACA, le Taracus de Manélhon, le Téarcon de Strabon, le troisième roi de la 25e dynastie égyptienne (l'éthiopienne), dont le nom est
confirmé par les monuments et les inscriptions de l'Egypte, qui l'appellent Tlrk, n'est connu que par l'alarme qu'il jeta dans le camp de Sanehérib, et l'heureuse diversion qu'elle fit en faveur d'Ezéchias, 2 R. 49, 9. Es. 37, 9. (742 ou 74 4 av. C). On ignore si ce fut une panique imaginaire, ou si Tirhaca porta réellement ses armes en Assyrie. D'après Strabon, ce prince, plus fort que ses prédécesseurs, aurait, dans ses expéditions, poussé jusqu'aux colonnes d'Hercule. Successeur de Sabacon II, il doit avoir régné dix-huit ans, de 744-696. C'est peut-être lui qui est désigné Es. 30, 2., si ces oracles se rapportent à Ezéthias, et l'on croit que Es. 49, annonce les événements qui suivirent sa mort, et l'avènement d'une dynastie nouvelle.
TIKTSA (grâce, beauté), ville cananéenne et résidence royale, Jos. 4 2, 24., devint, par la suite, la capitale du royaume d'Israël, depuis Jéroboam jusqu'à Homri. 4 R. 44, 47. 45, 24. 33. 46, 8. Son palais fut brûlé dans une des dernières guerres de succession, 4 R. 46, 45. 47. 23., et Homri choisit Samarie pour sa résidence. Tirtsa est célébrée a cause de la beauté de ses euvirons, Cant. 6, 4., mais on ne connaît plus au juste son emplacement ; on croit qu'elle était située au nord-est de Sichem, sur le plateau d'une belle montagne. Quelques voyageurs du treizième et du quinzième siècle (Brocard) pensent en ajoir trouvé les ruines sous le nom de Tersa, à 3 lieues est de Samarie. D'après Robinson, ce serait Toiûsa, à 8 kilom. nord de Naplouse; le rabbin Schwarlz l'appelle Tarza.
T1SBÉ, ville de la tribu de Nephthali , en Galilée, Tobie 4, 2.; d'autres, a cause de 4 R. 47, 4., croient que Tisbé était en Galaad. Elle n'*sl connue que comme patrie d'Elie; mais il suffit de cette mention pour réfuter l'assertion des pharisiens, Jean 7, 62., car il n'est pas de ville aussi petite qui puisse revendiquer l'honneur d'avoir donné le jour à un prophète plus grand qu'Elic le Tisbite.
TISSERAND. L'art de faire des tissus est fort ancien. On peut croire qu'il fut l'une des premières découvertes de l'esprit humain (une tradition en fait honneur a Nafaama, v. Caïn), car il était pour l'homme une nécessité, et s'il est compliqué dans son exécution, il est du moins tellement simple dans son idée première, que cette idée, fécondée par le besoin, ne dut pas tarder à porter ses fruits et à donner aux hommes, avec un art nouveau, des
ressources nouvelles. Hérodote déjà les Egyptiens travaillant le lin elle coton; la Bible, confirmant les assertions de l'histoire profane, parle de magnifiques tissus blancs de fin lin travaillés en Egypte, Gen. 41 , 42. Es. 19, 9., et plus lard de tapis de tin lin moirés de dessins, doul l'Egypte faisait le