‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 377 sur 398 · TRE · texte numérisé non relu

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qu'avaient fait les guerres précédentes, et i'u- sent bien définies. Le nom même de Tracbdsurpation d'Abimélec, Jug. 40, 4. Il mourut à Samir, lieu de sa résidence.

TOMBEAUX, v. Sépulcres.

TOPAZE, hébr. pitdah, Ex. 28, 47. Ez. 43, 38. Job 28, 49. Les traducteurs sont en général d'accord sur la traduction du mot, mais ils ne s'entendent plus sur la couleur de la topaze; les Grecs disent qu elle est d'un jaune d'or, Pline la Tait verte, ce qui a porté les modernes à penser que l'ancienne topaze est la chrysolitbe d'à présent; la mention de Job est, du reste, d'accord avec celle de Pline; Job cherche la belle topaze en Ethiopie, Pline la trouve dans une Ile de la mer Bouge. Ce qu'on appelle aujourd'hui topaze, est une pierre transparente, vitreuse, presque toujours cristallisée, d'un jaune citron, ou tirant sur la couleur du vin; on en connaît aussi de blanches, de rosaires et de bleuâtres. Elle se compose de silice, de fluor et d'aluminium.

TOPHETH (horreur), entrée de la partie inférieure de la vallée de Hinnom, près de Jérusalem, v. Hacel-Dama et llinnom.

TORRENTS, v. Ruisseaux.

TOURNOIEMENT, v. Lever.

TOURTERELLE, v. Colombe. La tourterelle proprement dite, Jér. 8, 7. (Septante tpirf&v), est un oiseau de passage qui apparaît en Palestine avec le printemps, Cant. 2, 42., et qui devait être offert par les pauvres en holocauste et dans les sacrifices d'actions de grâces, Lév. 4, 4 4. 5, 7. Il était offert aussi comme sacrifice de purification, Lév. 42, 6. 8., cf. Luc 2, 24., et par le nazarien après une violation de son vœu, Nomb. 6, 40. D'après Sonnini, il y a en Egypte une espèce de tourterelle qui y habite toute l'année, dont l'espèce est très nombreuse, et qui peut être celle dont parle Moïse dans ses préceptes de purification ; cf. encore Lév. 4 4, 22. 45, 44. 29. I*a tourterelle, columba turlur de Linnée, est un peu plus petite que le pigeon, le dos gris, le poitrail rosechair, des taches noires avec des raies blanches au cou, et pareillement à la queue, dont les extrémités sont blanches. Cet anima), au dire de Buckingham, est encore très commun en Palestine. Dans le second temple il y avait toujours une grande provision de tourterelles, que chacun pouvait acheter pour les sacrifices; «Iles étaient confiées aux soins d'un praefectus lurliirum; Mishna Shckal. 7, 7.

TRACBONITE, Luc 3, 4., district qui, après avoir appartenu d'abord à Hérode le Grand, passa à la tétrarcbie de Philippe son fils, puis à Hérode Agrippa. Elle était située entre l'Anti- Liban et les montagnes de l'Arabie, a l'est de la Balanée et un peu au sud de Damas, entre la Décapote et Bostra, sans que ses limites fus-

nile, qui est grec, exprime l'âpreté d'un pays montagneux, rocheux, accidenté, tourmenté par les volcans; il y avait deux Trachon»»s, qui portent aujourd'hui le nom arabe de Wa'r, celui de Safa, et celui de Lega; ce dernier, a l'ouest, quoique le plus petit, était le plus important par sa population. La Trachonite était habitée, du moins en grande partie, par les Trachones, excellents tireurs adonnés au brigandage, qui se retiraient dans des cavernes profondes où ils passaient leur vie comme des bétes. L'entrée en était si étroite qu'il n'y pouvait passer qu'une personne i la fois. Ils se volaient entre eux, lorsqu'ils ne trouvaient pas à piller les étrangers; v. Jos., Ant., 45, 40, 4. Strab., 46, 2. Welzstein, ûber Hauran, etc.

TRAINEAU, v. Char.

TREMBLEMENTS de terre. La Palestine, comme presque tous les pays de montagnes bordés par la mer, était exposée à des tremblements de terre. Il en est mentionné deux dans l'Ancien Testament, l'un qui arriva sons Acbab (908-886 av. C.) 4 R. 49, 4t., l'autre sous Hozias (808 757), Ain. 4,4. Zach. 4 4, 5. Josèphe fait de ce dernier une description effrayante et sans doute exagérée, lorsqu'il dit que la moitié de la montagne qui était i l'occident de Jérusalem se détacha, roula l'espace de 4 stades, 500 pas, et ne fut arrêtée que par la muraille qui est à l'orient de Jérusalem, qu'elle combla le chemin et couvrit les jardins du roi. La destruction de Sodome et Gomorrhe, Gen. 49, 24. sq., fut probablement aussi accompagnée de phénomènes de ce genre.

Des tremblements de terre, au reste, sont souvent annoncés lorsqu'il est parlé de la venue du Seigneur, et il semble qu'ils fassent partie intégrante de toutes les théophanies, Ps. 48, 7. 404, 32. Hab. 3, 6., cf. Nab. 4, 5. Es. 5, 25. 6, 4. La destruction du globe par le feu, 2 Pierre 3,7. sq., peut fort bien, lorsqu'on a quelque idée de la constitution actuelle de la terre, être regardée comme devant être produite par des causes naturelles, surtout si l'on se rappelle que des tremblements de terre isolés, mais nombreux, préluderont à cette dernière catastrophe, Matth. 24, 7. 8. 11 est évident que dans tous les cas, la mention de ce phénomène a pour but de faire d'autant mieux sentir la grandeur, la puissance et la majesté de celui qui tient dans sa main les forces les plus redoutables de la terre, et si ces expressions ne sont quelquefois qu'une image, cette image est belle parce qu'elle est simple et naturelle.

Plusieurs interprètes ont inutilement multiplié les tremblements de terre, et c'est par des

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phénomènes de ce genre qu'Us essayent d'expliquer un grand nombre de miracles, les scènes de Sinaï, la traversée de la mer Rouge, la prise de Jérico, etc., cf. aussi 4 R. 20, 30. Le seul tremblement de terre qui soit indiqué dans le N. T., est celui qui arriva à la morl de Jésus, Mattb. 27, 51. Il Tut accompagné d'épaisses ténèbres, comme cela arrive souvent lors des éruptions volcaniques, sans que l'on puisse dire cependant que ces deux faits aient été nécessairement liés l'un à l'autre. Josèpbe raconte encore un autre tremblement de terre qui ravagea la Judée a l'époque de la bataille d'Actium; des accidents semblables ont continué jusqu'à nos jours de désoler de siècle en siècle un pays du reste si favorisé; Jérusalem doit à sa position physique d'avoir presque toujours été épargnée.

TRIBUS. C'est le nom sous lequel on désigne ordinairement les familles descendues de Jacob par ses douze fils, et, dans ce sens, on compte douze tribus, savoir : celles de Juda, Ruben, Gad, Aser, Nephthali, Dan, Siméon, Lévi, Issacar, Zabulon, Joseph, et Benjamin. Cette division est, en quelque sorte, la division de famille, une liste généalogique et historique; on la trouve indiquée Gen. 49. Cette division était naturelle, conforme aux usages de tous les anciens peuples nomades : des Edomites, Gen. 36; des Ismaélites, Gen. 25, 42., cf. 47, 20.; des Perses, cf. Hérodote t, 425. On la retrouve encore cbez les Bédouins arabes de nos jours, et les voyageurs modernes en font foi. Elle ne fut cependant pas acceptée au point de vue tbéocratique, ou, pour mieux dire, elle fut modifiée et restreinte, comme si l'esprit de Dieu eût voulu maintenir et constater, dès les temps les plus anciens, sa liberté d'action, et rappeler, au sein de la postérité d'Abraham, que les dons de Dieu ne sont pas des accidents de la naissance, mais des bienfaits de sa grâce. Dans la natioo constituée, une tribu fut mise a part, l'aînée perdit son droit de primogénilure, une des plus jeunes obtint deux portions, la sixième partie de l'héritage général. Lévi fut supprimé dans la répartition du territoire conquis en Canaan, et Joseph fut chef de deux tribus, celles de ses deux fils, Ephraïm et Manassé, qui furent elles-mêmes des plus considérables (Gen. 48). La division territoriale, au moyen de cette double modification , conserva encore le chiffre de douze tribus; on trouve dans le livre de Josué les détails de la répartition, et les limites des territoires. En refusant à la tribu sacerdotale une part dans le pays, Dieu rappelait même , sous cette économie visible et charnelle, que ceux qui s'occupent des choses de son règne ne doivent pas être tentés d'y mêler des préoccupations politiques et

temporelles; il repoussait, en principe, les Etals de l'Eglise ; d'un autre côté, en assurant aux Lévites des villes, des villages, des habitations sur le territoire de leurs frères, il pourvoyait aux besoins légitimes des uns et des autres, aux besoins temporels de ceux qui travaillaient pour l'autel, aux besoins spirituels des tribus, et de tous les Israélites qui devaient avoir à leur portée l'instruction et les secours religieux nécessaires, Jos 2t. Il résulte de ces changements opérés que les noms des douze tribus varient suivant le point de vue auquel on se place ; ils varient encore par le fréquent échange des noms de Joseph , d'Ephraïm et de Manassé, qui sont presque indistinctement mis à la place les uns des autres, et par suite de l'omission intentionnelle tantôt d'un nom, tantôt d'un autre. C'est ainsi que, sur les treize ou quatorze noms (les douze noms des fils de Jacob, et les deux des (ils de Joseph) qui sont employés pour désigner les tribus, il n'y en a que huit qui se trouvent régulièrement sur toutes les listes; ce sont les noms de Ruben, Juda, Gad, Aser, Issacar, Nephthali , Zabulon et Benjamin; Dau manque, Apoc.7, 5; Siméon, Deut. 33; Lévi,Nomb. 1, et 43, et, en général, partout où 1'énumération se fait, en quelque sorte, dans un point de vue temporel ; 4 Chr. 12, il y a treize noms, parce qu'il s'agit du pays réel, et non pas du pays territorial, et les Lévites sont nommés au milieu des autres sans avoir une place à part; ils sont portés comme hommes, tandis que Nomb. 26, où l'on trouve également treize noms, ils sont relégués à la fin et comme en appendice; dans ce dénombrement des plaines de Moab, ils ne sont pas comptés avec les autres tribus comme hommes d'armes, mais leur chiffre est indiqué comme faisant partie du peuple, ou comme prêtres; de même Ez. 48, les sacrificateurs et les lévites sont nommés au milieu des douze tribus, non comme tribu, mais comme prêtres, v. 40 et 14. Ephraïm est appelé Joseph, Apoc. 7, 8., tandis que c'est au contraire Manassé qui porte le nom de son père, Nomb. 43, 42. Les deux frères sont nommés, Nomb. 4, comme chefs de deux tribus , et Joseph n'est rappelé que pour mémoire; mais Gen. 49, Joseph seul est nommé; il remplace ses deux fils ; de même Ez. 48, 32. Quant aux détails, on les trouvera à chaque article.

La famille araméenne de l'illustre Abraham se constitua donc en tribus à la quatrième génération, et ces tribus parentes restèrent distinctes, et formèrent comme des corporations les unes a côté des autres. Chaque tribu se divisa en outre elle-même en groupes moins nombreux, qui sont appelés familles et maisons (des pères), comme on dit cbez nous aussi une

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maison pour désigner une branche d'une race, la maison de Lorraine, la maison de Bourgogne; Nomb. 1, 2. 18. Jos. 7, 4 4. 4 Sara. 40, 49. 21. , cf. Tobie 5, 42. (47). La maison des pères comprenait toutes les familles fondées par les fils du cbef de la tribu; les familles elles-mêmes étaient une subdivision des maisons, et présentaient une idée moins éteudue; elles ne comprenaient, en quelque sorte, que les parents à un degré reconnaissable, cf. Nomb. 4, 2. Jos. 7, 4 4. 4 Chr. 6, 4. 24, 4., et le registre généalogique de 4 Cbr. 8. Au reste, ces deux subdivisions sont quelquefois prises l'une pour l'autre ; parfois elles sont identiques, Ex. 6, 4 4.; ailleurs la famille est plus graude que la maison. Le mot de millier quelquefois employé, Micb. 5, 2., l'est, en général , comme synonyme de familles, Jug. 6, 45. 4 Sam. 40, 49., cf. v. 24. A la tête de chaque tribu était son chef naturel , le cbef de la maison de ses pères, et au-dessous de lui, sur chaque millier, le chef de ce millier, Nomb. 4, 4. 46. 44. 2, 3. 40, 4. 4 Chr. 27, 46. Esd. 4, 8., cf. Ex. 6, 44. 4 Chr. 5, 45. 24. 2 Chr. 5, 2. Les tribus étaient représentées tantôt par leurs douze chefs, Nomb. 4, 44. 7, 2., tantôt par les chefs des milliers, Jos. 22, 24. 30., tantôt par les chefs des maisons des pères, Jos. 44, 4 . 2 Chr. 4 , 2. 4 H. 8, 4., tantôt eniln par la réunion des anciens, q. v., librement élus par le peuple; ce dernier mode représenterait une chambre des députés par opposition aux trois premiers systèmes qui, reposant sur l'hérédité, rappelleraient nos anciennes chambres des pairs ou la chambre des lords. Cette organisation de la nation juive, que Diodore de Sicile attribue a tort à Moïse, existait déjà en Egypte; elle était simple et naturelle : Moïse n'eut qu'à l'accepter et à la mettre en harmonie avec la constitution qu'il donna au peuple. Pendant la période des juges, le lien qui unissait les tribus, la religion de leurs pères, s'étant excessivement relâché, les tribus cessèrent, en quelque sorte, de former une confédération, et non-seulement elles pourvurent isolément à leur sûreté personnelle, mais encore elles en vinrent à des hostilités ouvertes, dans lesquelles la jalousie politique des grandes tribus se déploya sans réserve, Jug. 8, 4. i. 42, 4. 20, 44. L'établissement de la monarchie semblait devoir fondre tous les intérêts en un seul ; mais la constitution ancienne ne se laissa pas absorber par la nouvelle forme du gouvernement : les représentants des tribus continuèrent de se réunir comme les Etats de la nation, et intervinrent parfois avec une grande énergie dans les affaires du pays, I Sam. 40, 20. 2 Sam. 3, 47. 5, 4. 4 H. 42, 2 Chr. 24, 47. Il paraîtrait même, d'après 4 Chr. 5, 49. 20., que, pendant le

règne de Saùl, une tribu fit, tout à fait isolée, et pour son propre compte, la guerre à un Etat voisin ; de même pendant le règne d'Ezéchias, 4 Chr. 4, 4t. L'influence de l'esprit de tribu était surtout évidente dans les élections des rois, et cet esprit surexcité à la mort de Salomon, sans que rien le retint, perdit à la fois le royaume et les tribus; il n'y eut plus un royaume, il n'y eut plus douze tribus, il y eut deux royaumes , représentant chacun le principal fragment dont ils étaient composés, Ephraïm et Judu; c'est à ce dernier que se réunirent les Lévites; ils suivirent la légitimité, et dans une théocratie, ils eurent raison, 2 Chr. 44, 43., cf. 4 R. 42, 34.

La séparation des tribus paraît être demeurée entière pendant l'exil, et les Israélites pieux semblent avoir désiré ne contracter d'alliances qu'avec des membres de leurs tribus, Tobie 4, 9. 4, 43. 6, 42. 7, 41.; cependant cf. 3, 45. En l'absence d'un territoire qui garantissait l'existence et l'intégrité de la tribu, la pureté des mariages pouvait suppléer à cette lacune et amener uu résultat semblable. L'attachement à celle antique séparation était si profond en Israël, que dans les premières années de l'exil, un prophète annonçant la restauration du pays et le rétablissement de sa nationalité, pose la division du nouveau territoire en douze portions comme un des faits fondamentaux de ce nouvel ordre de choses, Ez. 47 et 48. Mais lorsque le décret royal eut été promulgué, il n'y eut guère , outre les Lévites, que des hommes de Juda et de Benjamin qui en profitèrent, Néh. 44, 4. : ce fureot eux qui restèrent chargés du poids de la nationalité tout entière, et comme ils ne représentaient pas les douze tribus, l'idée même de la tribu commença à déchoir, d'autant plus que depuis longtemps les Beujamites avaient dû s'habituer à n'être traités que comme une fraction de la tribu de Juda; c'est de la que vint, pour désigner le peuple entier, le nom de Judéen ou de Juif; peut-être aussi les ressortissants des diverses tribus acceptèrent-ils d'autant plus volontiers d'être confondus sous le nom commun de Judéens, que plusieurs décrets favorables a la nation tout entière , semblaient ne se rapporter directement qu'aux seuls hommes de Juda. Dès lors aussi, les familles et non plus la tribu, devinrent la base des généalogies, Esd. 8, Néh. 7, et les chefs de ces familles furent nécessairement considérés comme des représentants du peuple, Néh. 40. Cependant les familles conservèrent encore, soit par leurs anciennes tables généalogiques, soit par la tradition, le souvenir des tribus dont elles étaient originaires , cf. Luc 2, 36. Act. 43, 24. Rom. 44,4. Phil. 3, 5., et les espérances d'Israël se rattachent encore comme à une base

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tribus,

nécessaire, au tvpe primitif dei

Apoc. 5, 5. 9. 7, 4.

Les registres généalogiques avaient pour les tribus juives une plus haute importance que pour tous les autres peuples de l'Orient; ce n'était pas seulement un souvenir historique, une flliation qu'ils étaient destinés à maintenir, c'était l'intégrité des territoires, à cause du droit d'héritage qui, chez eux, se rattachait essentiellement à la propriété foncière. Les terres restaient, ou devaient rester, dans les familles; celui qui prouvait sa fdiation était par cela même propriétaire. En vertu de la constitution du pays, les tribus furent également intéressées à tenir en ordre des registres qui leur assuraient des hommes et des terres, et à ne se laisser entamer d'aucun côté. Il y eut donc des généalogies de familles et des généalogies de tribus faites en suite de dénombrements authentiques. Aux unes et aux autres on ajoutait quelquefois, comme commentaire historique, le récit de certains faits remarquables, cf. Gen. 4, 17. 20. 1 Cbr. 2, 3. 7. 4, 9. 16. 1 4. 38., et peu à peu, ces additions devenant plus considérables ou plus détaillées changèrent les registres en de véritables chroniques. L'auteur de 1 Chroniques, suivant l'usage de son temps, fait précéder son histoire proprement dite d'un coup d'œil généalogique ou d'un extrait du registre des familles (4-8). Dans le Pentateuque, les généalogies forment les jalons de l'histoire, et comme des espèces de sommaires, Gen. 4, 17. 5, 3. 9, 18., etc. Ex. 6, 14. Nomb. 3, 17., et outre tous ces tableaux de détail relatifs à la famille juive et aux branches collatérales descendues d'Abraham, l'auteur sacré présente en raccourci le registre généalogique de tous les peuples issus de Noé et répandus autour de lui dans le monde. Pour les Juifs, en tant que nation, les tableaux les plus importants étaient naturellement ceux qui concernaient les sacrificateurs et la famille royale; les premiers même furent rapportés de l'exil, Esd. 2, 62. Néh. 7, 64., soigneusement conservés et continués, car les Lévites qui désiraient devenir prêtres devaient, avant tout, prouver leur llliation, Esd. 2, 61. Néh. 7, 64. Quant aux listes royales, nous en trouvons deux fragments, Ruth 4, 17. Malth. 1, Luc 3, qui ont pour but d'établir la généalogie de Jésus, comme issu de la famille de David.

L'exil de Babylone a dû jeter bien de la perturbation dans l'état civil des Hébreux, et comme on l'a dit, il n'y eut que les familles vraiment attachées a la foi de leurs pères, qui se donnèrent de la peine pour maintenir intacts et complets leurs arbres généalogiques, la pureté de leur race et de leur tribu.

On n'insérait en général, sur ces registres,

que les noms des descendants mâles, de ceux qui perpétuaient le nom et le souvenir de la famille {mAle et souvenir s'expriment en hébreu par le même mot, zacar); il n'y avait, à celte règle, d'exception que pour les héritières, quand il n'y avait pas d'héritiers , ou pour les femmes qu'un fait spécial signalait à l'attention de la postérité, Malth. 1, 3. Les premières tables n'étant point écrites, mais confiées à la mémoire des fils et transmises de bouche en bouche, il put arriver dans plusieurs familles, que plusieurs chaînons intermédiaires furent oubliés, et que lors de la première confection de listes édiles, on dut se contenter des ancêtres dont les noms vivaient encore, en unissant par les rapports de père et de dis des hommes séparés par une ou deux générations ; d'autres fois, comme chez les Arabes, on condamna expressément à l'oubli des noms malfamés, et ils furent rayés des registres ; d'autres fois encore, dans l'intérêt d 'une mémoration facile, ou pour procurer une régularité factice, on omit quelques noms moins célèbres, comme Malth. 1, où la généalogie de Jésus est réduite en trois périodes de quatorze membres chacune. D'autres noms ont été omis sans qu'on en sache le motif ; par exemple, Zorobabel,fils deSalaibiel, d'après Agg. 4, 1. Esd. 6, 2., n'était que son petit-fils, d'après la liste plus détaillée de 1 Chr. 3, 17. 19.; cf. aussi 1 Cbr. 7, 4 4. avec Nomb. 26, 29. 30. Enfin, certaines familles remontant par deux branches à une source primitive, pouvaient, suivant les cas, se rattacher à l'une ou à l'autre de ces branches, ou confirmer péremptoirement par cette double généalogie une filiation importante ou contestée. Plusieurs de ces explications jetteront du jour sur les deux listes de Mattb. 1 , et Luc 3 ; v. aussi les différents articles.

Les généalogies, à la recherche desquelles s'adonnaient les Juifs d'Ephèse et de Crète, 1 Tim. 1, 4. Tite 3, 9., sont : ou bien une filiation que, dans un orgueil de judaîsants, les Juifs convertis cherchaient encore à établir entre eux et Abraham pour bien démontrer qu'ils étaient Juifs pur sang, par opposition aux païens, recherche que Paul condamne comme impossible ou comme oiseuse, même en cas de réussite; — ou bien, plus probablement, il est question dans ces passages de la doctrine gnostique des émanations, des Eons, des vertus célestes qui s'engendrent les unes les autres (Irènée, Tertullien), recherche absurde et fastidieuse, comme le savent tous ceux qui s'en sont occupés, et de laquelle Paul pouvait bien dire qu'elle était de nature à produire des disputes plutôt que l'édification de Dieu.

Les douze tribus d'Israël doivent être un jour rétablies de Dieu dans le pays qui fut pro-

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mis à leur père Abraham. Cette doctrine a été professée de tout temps dans l'Eglise chrétienne; elle fut celle de tous les Pères, soit grecs, soit latins. Elle est de la plus haute importance pour l'Eglise des gentils, comme pour celle des Juifs ; car elle se lie d'une manière intime et nécessaire à toutes les espérances des enfants de Dieu sur le règne de Jésus- Christ, sur la résurrection des saints, sur l'avènement du Sauveur; en un mot, elle se rattache à toutes les gloires futures du peuple de Dieu. S'il fallait en venir à des témoignages pour la justifier, nous aurions bientôt cité : dans l'A. T., le 30* ebap. du Deutéronome; le 44 e, le 43« et 49e d'Esaïe-, le 23", le 3t», le 33» de Jéréoiie ; le 4«" et le 3« d'Osée ; le 4 V de Daniel ; les déclarations d'Esaïe dans son î8« chap. et dans les onze suivants ; et dans le N. T., le 23e de Matthieu, le 1er des Actes, le 44e des Romains. Cependant toute la force de l'argument qu'on lire de ces nombreux passages en faveur d'un retour, encore à venir, des Israélites au pays de leurs pères, est dans le double fait que voici : « Les dix tribus d'Israël ne furent jamais rétablies, et elles existent encore quelque part. >*

11 faut donc établir : 4° Que le retour des Juifs à Jérusalem, après les soixante-dix ans de captivité à Babylone, ne les a point concernées ; et 2° qu'elles vivent encore en quelque contrée du globe sous des conditions telles qu'on puisse y reconnaître un jour leur identité nationale.

Le fait de la restauration future de toute la maison a" Israël (y compris Ephraïm, aussi bien que Juda), est attesté par les prophéties les plus claires (t>. plus particulièrement Jér. 3, 48. 23. Ez. 39, 25. 40. Os. 4, 44.). Et ce qui prouve incontestablement que cette prédiction n'eut point son accomplissement alors que les Juifs des deux tribus revinrent de Babylone, c'est 4° que le prophète Zacbarie, qui n'écrivit qu'après ce retour des Juifs à Jérusalem, prédit lui-même une restauration de la maison de Joteph (père d'Ephraïm) avec celle de Juda (ch. 40).

2° C'est qu'Ezécbiel a soin de mentionner ce petit nombre d'Israélites des dix tribus, qui se joignirent aux Juifs de Babylone, et de nous dire qu'il s'agira de bien autre chose dans la restauration dernière. Il prend un bâton, et il écrit dessus : « Pourra, et pour les enfants d'Israël, ses compagnons. » Voila pour le premier. Mais il reçoit l'ordre aussi d'en prendre un autre, et d'écrire dessus : Pour Joseph le bâton d'Epbraim, et pour toute la maison d Israël, ses compagnons. » Voilà donc les deux nations qui, dans l'avenir, doivent ne former qu'un seul et même peuple ; c'est, d'un côté,

Juda, avec le petit nombre des Ephraîmites qui

se joignirent à lui; c'est, de l'autre, Ephraïm, avec tout le reste des dix tribus. — « Ils ne seront plus deux nations; ils ne se souilleront plus par leurs infamies; je les retirerai de toutes les demeures dans lesquelles ils ont péché» (v. ti), dit l'Eternel. Ez. 37, 46.

30 Enlin, c'est que les Israélites rétablis n'auront alors qu'un seul et même roi de la maison de David (Ez. 37, 22. 24. Jér. 30, 3. 9. Ez. 34. Os. 3, 4. 5. Zacb. 42, 40.). Ce fait n'a jamais eu lieu depuis le temps de Cyrus jusqu'à celui de Titus : il est donc encore à venir.

Mais, si les dix tribus doivent être rétablies dans les derniers temps, et si leur identité nationale doit être alors reconnue, où sont-elles aujourd'hui P Voilà la grande question.

Nous croyons que le livre de Grant vient y donner une réponse satisfaisante, et c'est une des principales considérations qui ont inspiré le désir de le faire connaître aux Eglises de notre langue.

Jérôme (qui mourut vers 420) disait les dix tribus encore établies de son temps aux régions où le roi d'Assyrie Les avait transportées.

Nous apprenons aussi par divers témoignages qu'elles y étaient nombreuses encore au moyen âge, au onzième siècle, au douzième et même au quatorzième.

Où sont-elles aujourd'hui?

On avait répondu jusqu'ici par des conjectures de deux espèces. Les premières désignaient, comme originairement descendues des dix tribus, des nations ou des races d'hommes qui ne s'en doutaient plus, les Américains, les Mexicains, tes Welcbes ou Bretons, et les Irlandais; les autres alléguaient des peuples dont certaines traditions, et peut-être des tables généalogiques, paraisseut attester une origine éphraïmite, les Juifs blancs de Cochin, les Afghans surtout. (0. sir H. Jones, Asialic Researcbes, vol. I, p. 330.)

D'autres contrées, telles que le Cachemire et l'intérieur de l'Afrique, avaient été désignées comme le séjour actuel des dix tribus. Les découvertes de Granl vont enfln jeter un grand jour sur cette intéressante question.

Cependant , il importe encore de faire observer que l'obscurité répandue depuis plusieurs siècles sur l'existence de ce peuple prophétique ne doit nullement ébranler notre fo sur l'accomplissement littéral des prédictions qui le concernent. 11 faut plutôt y voir, au contraire, une confirmation de leur vérité. Les Ecritures elles-mêmes nous parient de la nuit où seront cachées ces populations miraculeuses jusqu'au jour de leur restauration. C'est une observation de M. Brooks, dans ses • Eléments d'interprétation prophétique » (p. 267-277),

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(v. Esaîe, cbap. 44, qui a soin de distinguer les rejetés d'Israël d'arec les dispersés de Juda, v. Es. 49, 21. 22. 46, 3. 4. v. enfln les observations de Keith sur Daniel 41, 41).

Le livre du docteur Granl (les Nestoriens, ou les Tribus perdues), à la préface duquel nous avons emprunté les lignes qui précèdent, établit l'identité des dix Tribus et des Nestoriens par des preuves plutôt morales et traditionnelles que positives et écrites. Cependant, elles ne manquent pas d'une certaine force, surtout si l'on réfléchit que cbez ces pauvres Nestoriens l'instruction est nulle; que, par conséquent, des documents écrits ne sauraient avoir pour eux une grande valeur, et si l'on se rappelle ensuite qu'ils sont d'autant moins intéressés à revendiquer une communauté d'origine avec les Juifs, qu'ils ne sont pas, en général, en très bons termes les uns avec les autres. Les Juifs qui sont au milieu d'eux ne nient point le fait de leur parenté avec les Nestoriens ; mais ils sont profondément humiliés de voir une pareille apostasie au sein de leur nation, et ils évitent, le plus qu'ils peuvent, d'avoir à se prononcer sur ce point.

Voici comment Grant (p. 402 et suiv.) établit 1'identilé, depuis longtemps soupçonnée, de ces deux peuples si distincts maintenant.

4° Je remarque d'abord, dit-il, que cette tradition est généralement répandue et reçue parmi les Nestoriens de l'Assyrie et de la Médie. Ils en parlent volontiers en tout lieu et en toute occasion. Smith et Dwhigt, dans leur courte visite aux Nestoriens, furent frappés de les entendre aflîi mer qu'ils étaient les descendants des dix tribus. Us reconnaissent ce fait dans leurs conversations entre eux, aussi bien que vis-â-vis des étrangers. Un de leurs prêtres reprochait a son peuple les fautes et la responsabilité qui se trouvaient accumulées sur eux à cause de leur étroite relation avec ceux « à qui appartiennent l'alliance et les promesses, » et son langage était celui de la réprimande, bien plus que celui de la flatterie. Souvent j'ai entendu leurs ecclésiastiques faire la remarque qu'ils étaient un peuple de col roide, comme leurs pères de l'Ancien Testament. Ces allusions accidentelles a leurs ancêtres hébreux prouvent d'une manière victorieuse que leur tradition est généralement reçue comme une vérité. Quoique cela tourne à leur confusion, pas un d'entre eux ne nie qu'il ne soit enfant d'Israël. Le savant et l'ignorant, le jeune homme et le vieillard, tous reconnaissent celle relation.

2° La baine qui existe entre les Nestoriens et les Juifs écarte toute idée d'une tradition fabriquée. Quel motif pourrait les conduire a vouloir s'affilier a leurs plus implacables ennemis? Est-il croyable qu'une tradition, dénuée de fon-

dement, et prétendant les lier à un peuple avec lequel ils ne veulent pas môme manger, eût été universellement adoptée parmi les diverses tribus des Nestoriens? Par qui, et à quelle époque de leur histoire, leur aurait-elle été imposée P Comment aucune réclamation ne se seraitelle élevée au milieu d'une nation si nombreuse? La, comme partout ailleurs, les Juifs sont les plus méprises et les plus persécutés de tous les peuples : la haine est donc attachée à tout ce qui s'allie à eux. Par crainte de celte haine, j'ai vu des Nestoriens hésiter à répondre quand on les interrogeait sur leurs ancêtres, et cependant ils finissaient tous par convenir de leur origine juive.

3° Leur ignorance des prophéties ne permet pas non plus de supposer que cette tradition ail pris sa source chez les conducteurs religieux, en vue des grandes bénédictions temporelles promises aux Juifs. Ils n'ont aucune idée de bénédictions de ce genre pour les Israélites en particulier; ils croient au triomphe final du christianisme dans le monde, mais ne réclament pour eux-mêmes aucune prééminence sur les autres chrétiens. Ils lisent peu les prophètes, et les comprennent encore moins; leur interprétation des écrits prophétiques est, en général, mystique et confuse.

4° La situation écartée du grand corps de l'Eglise neslorienne s'oppose presque entièrement à ce que l'idée de leur origine juive leur ait pu être suggérée par les nations voisines. Ils habitent principalement des montagnes presque inaccessibles, dans lesquelles ils sont tenus à l'abri de toute influence du dehors. Les étrangers n'ont que bien rarement pénétré jusqu'à eux, et je ne connais aucun peuple qui entretienne aussi peu de rapports avec ceux qui l'entourent; bien plus, si leurs voisins les avaient assimilés aux Juifs, n'auraient-ils pas repoussé jusqu'à la pensée d'une semblable connexion P Est-il croyable qu'ils l'eussent reçue comme base d'une tradition générale? et, quand il serait probable qu'une pareille falsification se fût introduite en quelque localité, comment aurail-on pu induire la nation tout entière à admettre une imposture contre laquelle se révoltaient tous leurs sentiments naturels?

Plus loin, au chapitre 42, page 410 et suiv., Grant s'atlache à prouver que les lieux habités aujourd'hui par les Nestoriens, sont précisément ceux dans lesquels les dix tribus furent transportées, et c'est une chose assez remarquable que, quoique emmenées captives par différents conquérants, et à quatre-vingtdix ans d'intervalle, toutes les tribus furent établies dans la même contrée; rien ne prouve ou ne fait même supposer qu'elles aieut été

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déplacées ; au cinquième siècle, dans tous les cas, elles habitaient encore la terre de la captivité.

TRIBUT, tributaires, v. Impôts. Le tribut, qui implique la reconnaissance d'une souveraineté, se dit ordinairement de l'impôt payé a une puissance étrangère; cependant le root s'emploie quelquefois aussi des impôts payés au maiire légitime. Dieu étant le vrai souverain d'Israël, avait la première part dans les tributs prélevés sur le pays; les rois eurent la seconde, et ils se la firent large , au point que les murmures du peuple , après le règne de Salomon, finirent par provoquer la scission du royaume. On fait souvent une révolution pour obtenir une réduction dans les impôts, et l'on est souvent trompé. Les dix tribus en firent l'expérience. Quant aux tributs étrangers, les Israélites tour à tour les imposèrent et durent les payer. Sous Salomon, les Cananéens furent rendus tributaires, 4 R. 9, 21-23. 2Cbr. 8,8.; sous d'autres princes, et surtout vers les temps qui précédèrent l'exil, ce furent au contraire les Israélites qui, tantôt à la suite d'une conquête , tantôt en vue d'une alliance à obtenir, payèrent des tributs aux rois étrangers, d'Egypte, de Syrie ou d'Assyrie. Les Romains furent les derniers auxquels ils furent tributaires, et l'on trouve, Luc 2, 4.2., la mention d'un dénombrement qui eut lieu sous Auguste par Cyrénîus (Quirinius), dans le but de baser le tribut sur un nouveau recensement des personnes et une nouvelle estimation des biens. Les passages Mâlih. 22, 47. 47, 24-27., renferment les déclarations les plus positives de notre Seigneur sur le payement du tribut : les gens de ce siècle le doivent a ceux qu'ils reconnaissent pour légitimes souverains ; les enfants de Dieu, les fils du vrai roi de la terre, ne le doivent pas à des rois qui, pour eux, ne sont que des égaux, souvent indignes du nom de rois, mais ils sont tenus de le payer, pour ne pas scandaliser un monde qui pourrait les accuser de cupidité ou de rébellion, ne comprenant pas leurs véritables motifs; v. encore Jean 8, 33. Rom. 43, 4-8. 4 Pierre 2, 43.

TRO AS, ville de Phrygie ou de Mysle, sur l'Hellespont, à 6 lieues sud-ouest de l'ancienne Troie et à 7 lieues nord-ouest d'Assos, entre les promontoires de Rbœtée, où fut enterré Ajax, et de Sigée, le tombeau d'Achille. Antigone l'avait surnommée de son nom ; Lysimaque lui donna plus tard le nom d'Alexandrie , en l'honneur d'Alexandre le Grand; Auguste lui accorda le titre de colonie de droit italien (juris italici). Saint Paul y passa au moins deux fois, et c'est là qu'il eut sa vision d'un homme macédonien (l'ange de la Macédoine, d'après Calmet), Act. 46, 8. 44. 20, 5., cf. 2 Cor. 2,42.

Dans un de ses voyages, il y laissa, chez Carpe, son manteau, ses livres et ses parchemins, 2 Tim. 4, 4 3. Elle s'appelle maintenant E&kt Stamboul , et ses ruines , que l'on regarde a tort comme celles de Troie, sont assez considérables pour établir l'ancienne importance de cette colonie italienne.

TROENE. C'est ainsi que nos versions traduisent à tort l'hébreu kopher, Qant. 4,43. 4, 43. Luther, dans le premier passage, a conservé le mot hébreu; dans le second, il l'a rendu par cypre, la fleur de Chypre, Cyperblume, et la plupart des commentateurs, depuis les Septante, sont d'accord à le traduire ainsi; c'est le Henné, l'alhenna des Arabes. Cet arbrisseau est fort abondant en Chypre ; on prétend même que c'est la plante qui a donné le nom a l'île. On en trouve cependant aussi en Arabie, en Egypte et en Palestine, particulièrement aux environs d'Askélon et d'Hen-Guédi. Il atteint, quand on ne le coupe pas, une hauteur de 3 ou 4 mètres ; ses feuilles sont lancéolées, courtes, lisses, semblables à celles du myrte ou de l'olivier, réunies en touffes autour des rameaux. Les fleurs, très odoriférantes et réunies en panicules ou grappes, Cant. 4,43., s'ouvrent en mai et durent jusqu'au mois d'août; elles sont d'un blanc jaunâtre et d'une forme très gracieuse. Les femmes égyptiennes en font des bouquets et les portent sur leur coeur. Délayées dans de l'eau, les feuilles de cet arbre sécbées et réduites en poudre , font une espèce de teinture jaune-orange très persistante, dont le goût oriental , du Gange à la Méditerranée, se sert pour orner les ongles, les pieds, les lèvres et les cheveux de ses beautés; avec une décoction de séné, cette teinture est d'un brun foncé; l'on s'en sert pour se noircir les cheveux et la barbe. Les fruits sont renfermés dans des capsules d'abord vertes, puis rougeatres, à quatre loges; les grains sont bruns, durs et triangulaires. Calmet appelle cet arbuste souchet. C'est la lawsonia spinosa inerrais de Linnée.

TROGYLE, Act. 20, 45., ville et promontoire de l'Ionie, située entre Ephèse et l'embouchure du Méandre, au pied du mont Mycale.

TROIS-BOUTIQUES. v. Forum d'Appiiis.

TROMPETTES, v. Musique. - Les sept trompettes de l'Apocalypse ont naturellement préoccupé les interprètes et les fidèles de tous les temps : elles sont le développement du septième sceau, et le précurseur des sept fioles. L'explication qu'on peut en donner dépend naturellement des principes que l'on adopte pour l'interprétation des prophéties en général et de l'Apocalypse en particulier. Dans les quatre premières trompettes, Apoc. 8, 4-43., on a cru voir les invasions successives des Barbares du

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Nord, celle d'Àlarie en Italie, celle de Genséric en Afrique, celle d'Attila sur le Rhin et le Danube, et celle d'Odoacre qui mit fin à l'empire d'Occident; d'autres y ont vu les guerres de Trajan, les arbres seraient les principaux d'entre les Juifs; dans l'absinthe de la troisième trompette, Grotius a cru reconnaître le séditieux égyptien de Act. 21, 38.; Herder y voit un zélote du nom d'Eléazar; Bède y voit divers hérétiques, Pélasge, d'après Nicolas de Lyre ; Arius, suivant Bengel et Vilringa, etc. On a le sentiment que ces essais ont quelque chose de forcé : d'un autre côté, l'incohérence même des images empêche qu'on ne s'attache au sens purement littéral. Geymonat y voit d'une manière générale divers traits de la décadence de l'empire d'Orient. — La cinquième trompette, 9, t. nous montre les sauterelles q. v.; elles ont pour roi Appollyon ; une étoile tombe do ciel sur la terre, c'est Valens suivant les uns, Eléazar selon Grotius; Apollyon représente les Golhs d'après Vilringa, le pape d'après Bullinger, Luther et Calvin d'après Bellarmin, Napoléon 1er d'après quelques-uns, l'islamisme enfin, et Mahomet d'après Elliolt, dont l'opinion semble prévaloir généralement. — La sixième trompette, 9, 43. sq. se rapporte suivant Grotius à la ruine de Jérusalem; d'autres y ont vu l'hérésie; Hengstenberg y voit d'une manière générale une sauvage ardeur de destruction ; la plupart des modernes y voient l'islamisme, soit dans sa doctrine, le Coran (Calov), soit dans ses plus illustres champions, les Turcs (Elliotl, etc.). Geymonat voit dans cette trompette le réveil du mahométisme et la recrudescence gigantesque de ce principe fatal, dont les instruments furent les Turcs gagnés à l'islamisme vers le douzième siècle. — Enfin la septième trompette, 44, 45. sq., longuement préparée par les sept tonnerres, le petit livre, la mensuration du temple et les deux témoins, c'est le malheur du monde, mais le triomphe et le bonheur des élus; elle annonce l'avénemcnt du Seigneur, quoiqu'on y ait vu tour à tour la destruction de Jérusalem par Titus (Eichhorn), la victoire du christianisme sur le judaïsme, la défaite du papisme, ou (Nicolas de Lyre) la victoire de Narsès sur les Goths et les autres Ariens.

Suivant Guers (Hist. abrégée de l'Eglise de J. C), la première lrompelle,ce sont les Goths, sous Alaric; la seconde, ou trompette hunienne, ce sont les Huns, sous Attila; la troisième, les Vandales et Genséric; la quatrième, les Hérules, sous Odoacre; la cinquième, première trompette de malheur, ce sont Mahomet et les Sarrasins; la sixième, les Turcs prenant Constantinople en 1 453, et portant le dernier coup à l'antiqne puissance Impériale do

Rome; la septième, enfin, comprend tout l'espace de temps qui s'écoulera entre la fin du règne de l'antlchrist et le règne glorieux de Jésus- Christ.

La simple énumérallon de ces opinions divergentes montre que l'élude des trompettes appartient aux commentaires et non à un travail du genre de celui-ci. Parmi les ouvrages à consulter, outre ceux qui ont été indiqués a l'art. Apocalypse, v. encore Geymonat, Essai sur l'Apoc. (Florence, 1S6I); Bleek, Vorles. ûber die Apokalypse (Berlin 1862), dont l'introduction surtout est très intéressante ; Dusterdiek, Commentar, etc.

TRONE, le siège officiel sur lequel, revêtus de vêtements magnifiques, s'asseyaient les rois, soit à leur avènement, soit dans des audiences solennelles, ou lorsqu'ils rendaient la justice, t R.2, 19.22, 10. 2 R. 11, 19. Est. 5, t.Prov. 20, 8. C'était un grand fauteuil avec un marchepied, parfois aussi avec plusieurs degrés, Es. 6, 4. Le trône de Salomon est célébré dan; 1'Ecrilure comme une merveille, 1 R. 40, 48., et les rois de l'Orient en général ont toujours attaché une grande importance à la beauté et au luxe des ornements de ce siège; le trône des Hérodes était d'or ou doré, Josèphe, G. des Juifs, 2, 4, 4.; v. aussi Odyss., 4, 430. 4, 436. la description que fait Homère des trônes de ses princes. Le trône était l'un des signes dislinciifs du pouvoir royal, Gen. 44, 40.; les expressions : être assis sur le trône, ou s'asseoir sur le trône de quelqu'un, sont souvent prises dans un sens figuré, pour régner ou succéder a un roi, Deut. 47, 48. 4 R. 4, 13. 46, 44. 2 R. 40, 30. L'Ecriture contient un grand nombre d'images empruntées à cet emblème de la royauté : les cieux sont le trône de l'Eternel, et la terre est le marchepied de ses pieds, Es. 66, 4.; cf. Ps. 89,44.440, 4. Luc 22,69. Act. 7,49. Jésns lui-même et les vieillards de l'Apocalypse sont assis sur des trônes pour juger le monde, Apoc. 3, 21. 4, 4.

TROPHIME (nourrisson), disciple d'Ephèse, païen de naissance, qui accompagna Paul dans son troisième voyage missionnaire, d'abord de Troas en Macédoine, puis à Jérusalem où il fut l'occasion des persécutions qu'éprouva l'Apôtre et qui le conduisirent à Rome, Act. 20, 4. 21 , 29. On ne le retrouve plus dès lors que malade & Milet, 2 Tim. 4, 20., et quand on n'admet pas deux captivités de Paul à Rome, on a quelque peine à s'expliquer ce détail : la manière la plus simple est aussi la meilleure; Paul, dans la seconde à Tiraolhée, ne raconte pas son itinéraire, mais il décrit son isolement; il ne sait, depuis Césarée, ce que sont devenus ses amis ; il se rappelle qu'à son départ Tropbime était malade à Milet. La tradition porte que ce disci-

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