‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 380 sur 398 · TSU · texte numérisé non relu

TSU

TSINNA, ville de Juda, située probablement au midi, Nomb. 34, 4. Jos. 43, 3.

TSOBA (armée, guerre), ou plus complètement Aram Tsoba, la Syrie de Tsoba, S Sam. 40, 6. Ps. 60, petite monarchie syrienne dont les rois, sous Satil d'abord, puis sous David, s'unirent fréquemment avec des puissances voisines, lesAraméens, les Hammonites, pour faire la guerre à Israël, mais furent défaits par David en deux rencontres, 4 Sam. 4 4, 47. 2 Sam. 8 et 4 o. D'après le nombre de leurs troupes, el la richesse du bulin qu'ils laissèrent entre les mains des Israélites, on peut conclure qu'ils étaient assez puissants, et le pays parait leur avoir offert assez de ressources pour que bientôt après une défaite importante ils aient pu de nouveau se remettre en campagne, 2 Sam. 8, 3. 40, 6. Peut-être avaient-ils au-dessous d'eux des rois vassaux, 2 R. 40, 6. Le nom d'Hadadhéser, q. v., était commun, probablement héréditaire chez les rois de Tsoba. Malgré l'espèce d'importance de ce petit pays, on ne sailau juste où il était situé; d'après 4 Sam. 44, 47., il aurait été proche voisin de la Palestine, tandis que 2 Sam. 8,3. 40, 6.1e renvoie aux rives de l'Euphrate, et que 2 Sam. 8, 5. 9. le place dans le voisinage de Hamalh et de Damas : les deux noms Bétab et Bérothaï, 2 Sam. 8, 8., sont trop peu connus pour fournir une indication, et l'on peut supposer que David n'aura pas poussé beaucoup plus loin que les villes frontières. Le plus probable, c'est que la Syrie de Tsoba s'étendait au nord-est de Damas, entre l'Oroole et l'Euphrate, peut-être jusqu'à ce dernier fleuve. Les rabbins pensent à la contrée d'Alep, d'autres à Accad, Gen. 40, 40., d'autres au pays de Nisibis, Bochart enfin à la partie de l'Arabie la plus voisine de Damas vers le sud.

TSOH AN (mouvement), ville d'Egypte, Nomb.

43, 23., de la basse Egypte, Ps. 78, 42. 43., qui parait être devenue une des capitales de ce pays aux jours d'Esaîe, 49, 44. 43. 30, 4. et d'Ezéchiel 30, 14. Elle porte dans les Septante et dans les historiens profanes le nom de Tanis, el parait avoir été, avant Pfammëtique, le siège d'une dynastie royale. Elle était située au milieu du lac Manzalé ou Tanis, formé par trois bouches du Nil, el l'on en trouve encore sous le nom de Zon ou Tsôo des ruines assez considérables sur le bord oriental do bras lanitique de ce fleuve, â quelques lieues de Manzalé (Diospolis).

TSOHAH (petit), d'abord nommée Bélah.Gen.

14, lM cf. 49, 22., ville située à l'extrémité sud-est de la mer Morte, Gen. 43, 40., cf. Deut. 34, 3. Es. 45, 5. Jér. 48, 34., dans une plaine fertile et très large. Elle était gouvernée par ses rois propres au tempe d'Abraham, Gen.

44, 2., et fui épargnée lors de la catastrophe

qui abîma les autres villes de la plaine, Gen. 49, 22. Elle n'appartint jamais aux Israélites; les Moabites la possédèrent, Jér. 48, 34. Après l'exil, et sous Arétas, ce furent les Arabes qui s'en emparèrent, et ce sont encore eux qui la possèdent aujourd'hui; elle est habitée par 300 pauvres familles de paysans , qui montrent aux voyageurs, pour de l'argent, les prétendus restes de la statue de la femme de Lot. D'après Eusèbe et Jérôme, les Romains y avaient une garnison, et la contrée environnante produisait des dattes et du baume.

TSOPHAR (matineux), Job 2, 44., Nahamathite, soit que ce nom désigne sa famille ou sa patrie, est le plus obscur des trois amis de Job ; il est a la fois le plus violent et le plus faible; il parle dans un langage affecté, et, i la fin de son discours , après avoir répété Bildad en l'exagérant, il ne sait plus que se répéter lui-même. Ses reproches roulent surtout sur la prétention de Job d'être innocent. Son second discours vaut mieux que le premier, mais en ne parlant que deux fols, il se rend justice, Job 44, 4. 20, 4 . 11 assiste au sacrifice qui termine le livre, Job 42, 9., et, selon le système de quelques commentateurs, il est lui-même la victime expiatoire.

TSORHA (lèpre), ville située dans les plaines de Juda, dans la partie septentrionale de Sephéla, Jos 45, 33., mais appartenant à la tribu de Dan, Jos. 49, 44. Voisine d'Eslaol, elle est eélèbre comme lieu de naissance, et comme séjour habituel de Samson, Jug. 43, 25., cf. 48, 2. 8. 44. Dans la suite, elle devint forteresse frontière du royaume de Juda, 2 Chr. 44, 40., et fut, après l'exil, encore habitée par des Juifs, Néb. 44,29.

TSUR (pierre, rocher), l'un des cinq rois de Madian, sans doute le chef d'une des cinq branches de cette famille (Gen. 25, 4.), Nomb. 34 , 8. Père de l'Impudique Cozbi, il périt dans la guerre qui suivit tes désordres de sa fille, Nomb. 25, 45. 34, 8.

TUBAL ou Thoubal (la terre, le monde), l'un des descendants de Japbel, nommé Gen. 10, 2. entre Javan et Mésec; el il est encore nommé avec ces deux peuplades Ez. 27, 4 3., avec Mésec seulement, Ez. 32, 26. 38, 2. 3. 39, 4., avec Javan seul, Es. 66, 49. La peuplade a laquelle il donna son nom était représentée dans ces passages comme une race belliqueuse, soumise à Gog, et qui amenait sur le marché de Tyr du cuivre el des esclaves, Ez. 27, 43. On a vu i l'art. Mésec que ce sont probablement les Tibaréniens qui représentent l'ancienne race de Tubal; c'est l'opinion de Bocbart et de Michaêlis, et elle s'accorde parfaitement avec ce que l'Ecriture nous dit des produits de Tubal, car on sait que dès les plus

temps les montagnes de l'Arménie et du Caucase ont été riches en métaux, surtout en cuivre, et que, de nos jours encore, les esclaves de la Mingréiie et de la Géorgie sont très recherchés. Us Tibaréniens et les Méséchiens étaient adminislrativement et militairement unis au temps des Perses.

TUBAL-CAIN, fils de Lémec et de Tsilla, inventa l'art de travailler les métaux, Gen. 4, 22., comme semble même l'indiquer, d'après l'élyroologie perse et arabe, son nom, dont la forme hébraïque primitive est Twalkan ou Twalkin. C'est le dernier rejeton de la famille de Caïn doni la Bible fasse mention, et elle s'arrête sur son nom, comme s'il devait essentiellement caractériser la famille entière. Son nom, qui, d'après les uns, signifie possession terrestre, et, d'après les autres, forgeron, ouvrier en métaux, doit rappeler, d'après Schrœder, une sorte de réhabilitation de Caïn, et l'éloge du premier fratricide. Quoi qu'il en soit du sens, ce nom a été conservé, avec peu de modifications, dans presque toutes les traditions profanes: Vulcain, Telchines, chez les Grecs, Dvalinn dans la mythologie du Nord, passent pour les premiers forgerons, et des armes sortirent de leurs ateliers en même temps que les instruments pacifiques de l'agriculture. L'art de forger les métaux est si précieux, qu'il n'est pas étonnant que le nom du premier inventeur ail échappé à l'oubli, et que la plupart des peuples païens l'aient divinisé. ». Caïn.

TUNIQUE, o. Vêtements.

TURBAN. C'était la coiffure ordinaire des anciens Hébreux des deux sexes ; mais on ne saurait en déterminer la forme qui, d'ailleurs, devait varier beaucoup suivant les goûts des individus. Quatre noms différents 6ont employés dans l'Ecriture : 4° Tsaniph paraît avoir désigné la coiffure en général, celle des hommes, Job 29, 44., des femmes, Es. 3, 23., et du souverain sacrificateur, Zach. 3, 5. Nos versions l'ont traduit par tiare, un peu au hasard. 2° Mitsnépheth, également traduit par tiare, était la coiffure du souverain sacrificateur, Ex. 28, 4. 37. 39. 29, 6. Lév. 46, 4. Il n'est employé que Ex. 24, 34. en parlant d'une loiffure royale. 3° Le migbahah (calottes), la coiffure des simples prêtres, Ex. 28, 40. 29,9. Lév. 8, 43. 4° Le peér, traduit par magnificence, Es. 64, 40., par bonnet, Ex. 24, 47., etl par atours, Es. 3, 20., était une coiffure de luxe pour les hommes (les époux) et les femmes; selon Schrœder, un turban dressé sur la tête comme une petite tour, et qui servait de décoration. — Ces deux derniers noms sont employés Ex. 39, 28., en parlant des prêtres (i«s ornements des calottes), cf. Ez. 44, 48.

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Le Uephira de Es. 28, 5. signifiant une couronne, n'appartient pas ici.

Les Arabes et les Persans de nos jours portent des turbans souvent magnifiques, ordinairement entourés d'une large pièce de mousseline; mais il ne parait pas que ces turbans modernes aient été connus des anciens; on ne voit sur les ruines de Persépolis que des espèces de bonnets plats ou pointus, et des turbans formés de bandelettes entrelacées, qui se terminent en pointe. C'est probablement cette dernière coiffure qui faisait l'ornement des riches Israélites. Quant aux pauvres, ils se bornaient à rattacher leurs cheveux avec un ruban, ou même une ficelle, pendant leur travail, on bien ils les retenaient avec un linge, un mouchoir quelconque, noué sur la tète. — On croit trouver les turbans des Caldéens mentionnés Ez. 23, 45., et ceux des Perses, Est. 8, 45. Dan 3, 24 .; d'autres pensent qu'il s'agit là de manteaux.

TYCHIQUE (fortuné), chrétien de l'Asie Mineure, et l'un de ses disciples à qui saint Paul témoigna le plus de confiance; il accompagna l'Apôtre dans son cinquième voyage, de Troas à Jérusalem, en passant par la Macédoine, Act. 20, 4., le rejoignit ou l'accompagna à Césarée, où Paul le chargea de porter a Epbèse, a Laodicée et aux Eglises des environs, PEpttre aux Ephésiens, Eph. 6, 21., pendant qu'Onésime en portait une autre à peu près semblable aux fidèles de Colosses, Col 4, 7. Tycbùjue n'arriva dans celte dernière ville qu'après Onésime. Puis II rejoignit Paul, qui l'envoya d'abord en Crète remplacer Tite qu'il rappelait, Tite 3, 42.; puis à Ephèse, 2 Tira. 4, 42. Sa vie, si bien remplie, fut, jusqu'à la fin , honorée de la conliance de l'ApOtre. La tradition fait de Tychique un êvèque de Chalcédoine en Bythynie.

TYPE. Ce root grec, -c6îtoç, dérivé du verbe TÛxTto qui signifie frapper, est employé dans divers sens par les auteurs du N. T. 11 désigne : 4° L'effigie, l'empreinte, l'impression que fait une chose dure sur une autre qui l'est moins, par exemple l'empreinte d'un cachet sur la cire; Jean 20, 25., les marques des clous sur les pieds et sur les mains du Sauveur.

2° Toute ressemblance entre deux objets, modèle, image, simulacre, plan, PMI. 3, 47. 4 Thess. 4, 7. 4 Cor. 40, 41. Act. 7, 43., contenu exact (d'une lettre), Act. 23, 15.

3° Un modèle s suivre, un exemple dont nous devons tirer des leçons, 2 Thess. 3, 9. Tite î, 7. sq.

4° Ce mot désigne encore dans l'Ecriture certaines choses qui appartenaient à l'économie de l'A. T., lesquelles en figuraient d'autres qui devaient se réaliser dans le Nouveau. C'est

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en ce sens qu'il est dit, par exemple, qu'Adam était le type de celui qui devait venir, savoir de Jésus-Cbrist. Rom. 5, 44. (Les mots ombre et figure, «nttdt, 6xd5erjT«t, sont quelquefois synonymes du mot type. Col. S, 17. Hébr. 10, t., et l'accomplissement du type, sa réalisation, est appelée autitype, ou corps, zb ivrfwrov,

C'est ce dernier sens que la théologie dog-

type, et ce sens étant convenu, il reste encore a s'accorder sur ce qu'il signifie; car, bien que l'on soit d'accord d'une manière générale, on ne l'est plus quand on en vient aux détails. La doctrine, la théorie, et à certaines époques la manie des types a pris des développements si considérables, qu'on a fini par tomber, d'un coté dans les jeux d'esprit, de l'autre dans la négation même des types, et dans leur rejet absolu.

Il est extrêmement difficile, si même c'est possible, de donner une définition exacte des types, de manière a les distinguer nettement des symboles, des allégories, et même des rapports accidentels. Où commencer? où s'arrêter P Quel sera le Juste-milieu entre ceux qui, avec quelques théologiens modernes, ne voient de types que dans les sacrifices, l'agneau pascal, et la grande fête des expiations, et ceux qui prétendent, avec Philon, que laverie ventre de la victime signifiait se nettoyer de toute souillure, que laver les pieds des victimes c'était se détacher de la terre et tendre vers les deux, et avec Augustin, que le serpent d'airain a été fait, non de pierre ou de bois, mais de métal travaillé au feu, parce que Jésus- Christ n'a pas été, comme les autres hommes, le fruit d'une union conjugale, mais a dû la naissance an feu du Saint-Esprit. Les définitions les plus simples1 comme les plus compliquées, laissent à l'arbitraire une marge con-

On peut se borner à dire avec II. Guers que « nul type ne doit être reçu que sur l'autorité de la Parole de Dieu; tout symbole qu'elle ne saoctionne pas doit être rejeté; tout symbole qu'elle admet doit être reçu avec une entière soumission de foi; ainsi, par exemple, celui du tabernacle. »

On peut avec G. des Bergeries, réduire à quatre les marques d'un véritable type. La première, si l'Ecriture prononce quelque part que telle chose charnelle est le type, le signe ou l'ombre d'une chose spirituelle. La seconde, si le nom ou la description d'une chose décrite, prédite ou instituée sous l'A. T., est appropriée à une chose spirituelle sous le N. T. La troisième, si l'on ne peut apercevoir aucune pour laquelle une chose est instituée,

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si ce n'est en avant recours à quelqne mystère de type. La quatrième, si la chose instituée dans l'A. T. a une belle et naturelle analogie avec une autre chose spirituelle qui appartienne a l'Evangile. •

On peut encore dire avec le ministre Reymond, éditeur du livre de Bergeries : « Sans être de ceux qui voient des types partout, qui poussent la manie des types jusqu'à la licence,

devons chercher un sens mystique et figuratif dans bien des faits, dans bien des récits et dans maintes circonstances où nous ne soupçonnons pas de sens caché. Qui aurait vu et trouvé, avant l'apôtre Paul, une institution typique dans la défense d'emmuseler le bœof qui foule le grain ? Il en est de même de l'allégorie qu'il lire d'Agar et de Sara : le plus spirituel des chrétiens n'aurait osé voir dans ces deux femmes l'alliance di s œuvres, et l'alliance de grâce. Nous ne nous serions pas avisés davantage de chercher des types dans ce qui arriva aux enfants d'Israël au désert, et cependant le même apôtre nous apprend que « ces choses leur arrivaient en figures, et qu'elles sont écrites pour notre instruction » (4 Cor. 10,). Les types de Jonas, de Jérusalem et de son temple, ne se seraient pas d'abord présentés a notre esprit, et cependant le M. T. ne laisse pas la moindre incertitude a cet égard. »

Toutes ces assertions, car oo ne saurait les appeler autrement, ne font pas avancer la question, et ces définitions, singulièrement vagues malgré leur apparence de précision, ne définissent rien.

On peut, comme on le fait habituellement, distinguer les types en personnels, sacramentels, rituels, lévitiques, dogmatiques, locaux, etc., ou bien admettre avec Bickersteth des personnes typiques (Adam, Melcbisédec), des choses typiques (l'arche de Noé, la manne), des institutions (la circoncision), des lieux (les villes de refuge), des instruments (le chandelier d'or), des offrandes et sacrifices (presque tous), des époques (la Pàque, la Pentecôte), et enfin des purifications typiques (la purification de la lèpre); l'admission ou le rejet de tous ces types dépendra évidemment de la définition même qu'on donnera du root pour commencer. Car tout est là.

Ce sont les Pères de l'Eglise qui, les premiers, et par une fausse spiritualité dont Us ont donné d'autres preuves encore, ont ouvert celte abondante carrière de types; c'était dans leur caractère et dans la nature de leur foi. Leur maxime était que « les paroles des livres saints signifient tout ce qu'elles peuvent signifier, » et Augustin ne s'est pas rappelé autre maxime si sage,

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mulée : « En pressant le raisin, on obtient du vin, mais en le pressant trop, on obtient une piquette arrière. » Ils ont voulu aller au delà de ce qu'avaient fait les apôtres, et pour les imiter et perfectionner leur ouvrage, ils ont cherché et trouvé partout des sens typiques et allégoriques.

Ainsi le pressoir où Gédéon battait son blé, le blé qu'il battait, l'ange qui lui apparaît, l'arbre sous lequel se lit celte apparition, tout enfin, dans l'A. T., est devenu pour eux des types. Justin et Clément d'Alexandrie ont frayé cette voie dans laquelle se sont jetés plus ou moins Cbrysostoroe, Bernard, Ambroise, Grégoire, Jérôme même, et par-dessus tous Augustin et Origène. « Le Fils de Dieu, dit Augustin, est appelé la vigne, car c'est lui qui était figuré par la grappe de raisin que les deux espions rapportèrent de Canaan, suspendue à un bâton, pour marquer le Sauveur suspendu à la croix. Les deux hommes qui portaient la grappe représentaient les Juifs et les païens; celui qui allait le premier tournant le dos au raisin, est l'emblème des Juifs qui ont précédé Jésus-Christ, et lui ont tourné le dos et non le visage, comme Dieu s'en plaint, Jér. 2, 27.; les païens, au contraire, qui ont embrassé le christianisme, sont figurés par celui qui marchait le second en regardant la grappe. » Il serait aisé de citer un grand nombre d'exemples de ce genre, les écrits de ce Père en fourmillent. Pour Origène, se fondant sur ce que le culte lévitique était une figure du christianisme, il a voulu voir des types jusque dans les moindres ustensiles employés au service du temple.

Après les Pères sont venus les scholastiques qui, appliquant celte méthode aux sentences de Moïse et des prophètes, ont ainsi taché de justifier des cérémonies et des dogmes qui n'avaient point de fondement dans la Bible; c'est ainsi qu'ils ont fondé le pouvoir temporel et spirituel du pape sur les deux épées que Pierre présente au Sauveur : les sandales et souliers que l'on voit aux pieds des prélats chantant la messe, n'y sont que parce qu'il est écrit au Ps. 60 : « Je jetterai mes souliers contre Edoro »; leurs gants viennent de ce qu'il est écrit : < Que votre main droite ne sache pas ce que fait votre main gauche » (Matth. 6, 3.); et ces gants sont de peau, et non pas de soie ou de filoselle, parce que Jacob avait les mains couvertes de peaux quand il surprit la bénédiction d'Isaac (Innocent III, liv. I des Myst., ebap. 44 et 57).

De pareilles aberrations font naturellement réfléchir. On aurait tort sans doute de conclure de l'abus contre l'usage, mais on est conduit à examiner les litres mêmes de l'usage,

et la question se pose encore ici : que faut-il enlendre par un typeP

Lorsque nous examinons nos saints livres, nous trouvons un assez grand nombre de comparaisons que Jésus-Christ et les apôtres ont établies entre certains faits ou objets des deux alliances, qui paraissent renfermer des figures de Christ et de ses bienfaits. C'est ainsi que par rapport à la personne de Jésus-Christ, on voit expliqués typiquement : Jonas (Mattb. 42, 39.), — le serpent d'airain (Jean 3, 44.), Adam Rom. 5, 44.), Melcbisédec (Hébr. 7,) auquel plusieurs veulent qu'on ajoute Salomon (Mail h. 42, 42. Bëbr. 4, 8. 9), — David (Rom. 4,4. Hébr. 4, 5.), ainsi que les rois, les sacrificateurs et les prophètes. Par rapport aux bienfaits du Messie, on trouve l'agneau pascal (4 Cor. 6, 7. Jean 49, 36.), — tout l'appareil des sacrifices, et, en particulier, la fête des Expiations (Hébr. 9, et 40,), — l'arche de Noé (4 Pierre 3, 20.), — la lerre de Canaan (Hébr. 4,), — Sara et Agar (Gai. 4, 22.), — Jacob et Esaû (Rom. 9, 40.), — l'union d'Adam et d'Eve (Epb. 5, 34.).

Tous ces objets sont liés avec leurs analogues par des rapports plus ou moins étroits. 1-e.s uns, tels que l'agneau pascal, la fête des Expiations, nous offrent des analogies si belles et si frappantes avec la doctrine chrétienne, leur qualité typique rend si bien raison de leur institution, que nous ne pouvons nous empêcher d'y voir l'empreinte de l'intervention divine, et qu'il ne nous paraîtrait point étrange qu'on classât ces objets parmi les types, fussent-ils dépourvus de tout témoignage biblique. Les autres, au contraire, malgré ces témoignages, n'inspirent que des doutes sur leur nature emblématique. Ils offrent, avec les objets chrétiens, des ressemblances tellement accidentelles, qu'ils donnent naissance â une forte objection, non-seulement contre leur qualité de types, mais encore contre celle des objets de la première classe, par la difficulté apparente d'établir entre eux une ligne de démarcation.

Si l'on savait mieux distinguer entre types et comparaisons , on limiterait rapidement le nombre des premiers, et l'on serait plus libre de donner, en bonne conscience, carrière à son imagination pour ce qui concerne les autres. Le N. T. lui-même, qu'on invoque, serait interprété d'une manière plus judicieuse et plus simple, et l'on ne se heurterait plus conlre certaines comparaisons que les plus intrépides défenseurs des types reconnaissent qu'ils n'auraient eux-mêmes pas eu le courage de considérer comme tels; ainsi Gui. 4, v. plus haut.

La Bible ne donne pas des directions très précises sur le sujet des types, qui est bien loin l de jouer chez elle le même rôle que daus quel-

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ques-uns des ouvrages de notre littérature religieuse, ancienne et moderne. L'A. T. garde sur ce point un silence complet (sauf peut-être Deut. 10, 46. Jér. 4, 4., qui donnent nn sens figuré a la circoncision, et Ps. HO, où le sacerdoce de Jésus- Christ est comparé avec celni de Melcbisédec). Quant au N. T., il renferme quelques passages peu nombreux qu'on a l'habitude d'invoquer, et qui méritent d'être examinés sous ce point de vue.

Le passage classique, fondamental, est 4 Cor. 40, 6. : « Ces choses ont été des exemples (pree, types) pour nous. » Il s'agit des Corinthiens, dont la vie n'était pas en harmonie avec la doctrine chrétienne, et qui pensaient qu'après avoir reçu le baptême et la sainte cène. Ils étalent enfants de Dieu, indépendamment de la réalité de leur foi. Saint Paul leur rappelle des faits analogues de TA. T., la traversée de la mer Rouge, le séjour sous la nuée, la manne du désert, l'eau du rocher, et il conclut : « Malgré ces grâces signalées, nos pères n'en ont pas moins péri à cause de leurs péchés... Ces choses sont pour nous des exemples (types), afin que nous ne nous abandonnions pas a nos mauvais désirs, comme ils firent. » Lidée d'exemple domine évidemment : les types regardent l'avenir et l'annoncent. Paul, ici du moins, ne considère pas les faits sous ce rapport ; il voit dans le passé des souvenirs qui doivent être utilisés dans le présent. Le mot type importe peu.

Col. t, 47. La loi est appelée par l'Apotre l'ombre, la figure des choses a venir. De même encore Hébr. 40, 4. (<mà tûv ixeXXévnov). Mais la simple lecture de ces deux passages prouve que, si l'idée de ressemblance entre pour quelque chose dans la pensée de l'Apôtre, cependant c'est l'idée d'infériorité surtout à laquelle il s'attache. La circoncision, la distinction des mets, différents Jours de fêtes Institués par Moïse , sont les faibles et pauvres rudiments de Gai. 4, 9., une ombre en comparaison du corps, de la réalité qui est Christ; cf. encore Tit. 3, 9. Bébr. 7. 48. 8, 6. Paul rabaisse évidemment la loi de Moise pour relever celle de Christ.

Hébr. 8, 5. 9, 33. Le tabernacle et les objets du culte sont appelés une image et une ombre des choses du ciel. La fin du premier de ces deux versets (le second n'est qu'un parallèle du premier) explique le sens de l'image : le tabernacle n'est pas appelé l'ombre de quelque chose à venir, mais la simple et grossière copie du modèle que Moïse avait vu, l'imparfaite imitation de quelque chose de plus relevé : c'est donc moins un type qu'une copie, un souvenir, et < es passages ne sauraient suffire a fonder doctrine.

Nous ne prétendons pas que l'économie juive n'ait aucun rapport avec le christianisme, car presque partout leurs rapports généraux sont indiqués d'une manière générale; mais ces rapports, selon nous, tiennent plus à la nature des choses qu'a une institution , ou intention proprement dite, et sont tels qu'on doit les attendre de deux révélations données par le même Dieu, et qui ne diffèrent qu'en ce que l'une est plus étendue et pins parfaite que l'autre. Il y a d'ailleurs une similitude générale dans toutes les opérations de la Providence, et une analogie des choses, dans le monde moral aussi bien que dans l'ordre naturel , d'où il aisé d'argumenter par forme de parité, et il est même très commun de le faire. Ainsi la chenille, tour a tour ver, chrysalide et papillon, peut très bien représenter la vie, la mort , et la résurrection de l'homme, sans qu'on veuille affirmer, pour cela, que les chenilles ont été créées spécialement pour préfigurer notre destinée. De même encore les livres saints comparent la fragilité de la vie et de la gloire de l'homme aux (leurs qui se fanent, sans qu'on imagine de voir li autre chose qu'une comparaison pure et simple.

Les deux révélations, qui ont la même origine et qui tendent vers un même but, ne sauraient autrement que d'avoir de nombreux points communs; mais vouloir que chaque détail de l'une soit l'annonce d'un détail analogue dans l'autre, c'est à la fois puéril et dangereux.

Les types, comme on l'a dit plus haut, ne peuvent exister pour nous que s'ils existaient déjà pour ceux à qui ils étaient nécessaires. A nous, ils ne nous importent, non plus que les prophéties, que comme les détails de ce vaste ensemble préparatoire qu'on appelle le mosalsme ; les types ne nous annoncent rien, les prophéties déjà accomplies ne nous annoncent rien. Pour les Juifs au contraire, les types, comme les prophéties, devaient être une révélation de l'avenir dans on sens spécial ; c'était là leur but; ils n'avaient par conséquent pas le droit de se cacher : c'était une des conditions de leur existence. M. Robert Oaldane, dans un de ses meilleurs ouvrages (Evid. de la div. Rév., p. 2x7. sq.), a pressenti, sans la formuler, une règle qu'il n'a pas suivie lui-même, et qui renferme le germe de la doctrine sur ce point : « Le plan préparatoire de la venue du Messie, dit-il, était amené à sa fin... par une série de phénomènes typiques et paraboliques qui frappaient les sens, par lesquels l'œuvre de la rédemption était figurée et restait sous les yeux des hommes. » C'est en effet l'idée de la rédemption que nous devons surtout rechercher dans les types; mais il ne faut pas ou-

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blier, et cela ressort de ce que dit M. Haldane, que c'est en nous plaçant au point de vue des Juifs que nous devons faire cette recherche. Ce qui peut être frappant pour nous ne l'était pas nécessairement pour eux ; ce que nous découvrons, ils ne pouvaient pas toujours le comprendre; et il est impossible qu'il ne se soit pas trouvé entre le Fils de l'homme et les hommes pieux qui ont été avant lui, une foule de rapports de vie, de position, de naissance, de caractère, de souffrance, etc., qui peuvent parler à noire esprit, mais qui ne disaient rien A l'esprit des Juifs. Après l'accomplissement, on remarque toujours des coïncidences que l'on ne pouvait pas soupçonner auparavant, et qui doivent prendre alors le nom de rapports, de ressemblances, d'analogies, et non celui de types, de présages, de prédictions.

A moins qu'on ne veuille dire que rien n'arrive sans la volonté de Dieu, ce qui est vrai, et conclure que tout ce qui ressemble, de près ou de loin, a l'un des traits de la vie de Jésus, fût destiné à l'annoncer, ce qui serait faux, et d'ailleurs prouverait trop.

Deux grands caractères doivent donc être réunis pour qu'il y ait type : il faut 4° que le symbole annonce Jésus-Christ, et 2° qu'il l'annonce assez clairement pour que les Juifs aient pu le comprendre. C'est presque dire : il faut que les types aient été utiles. Avec cette définition sur la rédaction de laquelle nous ne voulons pas insister, mais qui nous parait tout comprendre, on n'acceptera guère comme types véritables que a) les sacrifices en général, 6) l'agneau pascal, c) la grande fête des Expiations, et peut-être d) la vache rousse, e) le sabbat, /) le tabernacle dans son sens le plus général. (M. Guers qui, dans son ouvrage Le Camp et le Tabernacle, parait avoir eu pour but de combattre les exagérations des frères de PI y mou ib, a lui-même encore poussé le figurisme un peu loin; par exemple, dans ses réflexions sur « la position du propitiatoire entre le coffre de l'arche et la gloire de Dieu, » p. 286 sq. Et nous-mêmes, daos le cours de ce long ouvrage, nous avons fait bien des concessions à l'habitude, mais on verra plus bas dans quel sens.)

On objectera peut-être, la Bible à la main, les longues énumérations de types indiqués dans le N. T.; v. G. des Bergeries, qui en énumère environ quatre-vingts sans les détails, et Haldane, Evid., etc. A ces catalogues, nous répondrons : a) qu'il faut en retrancher d'abord un certain nombre d'individus, tels que Abel, Enoch, Noé, Joseph, Samson, etc., qui ne sont nulle part cités comme types; b) quant aux autres (auxquels nous ajouterions Daniel, si nous acceptions ce point de vue), que ce

sont des comparaisons frappantes de justesse, mais qui n'ont pu avoir de signification typique au moment où les événements se passaient. Pour les mariniers qui jetèrent Jonas a l'eau, pas plus que pour Jonas lui-même, cet événement ne pouvait annoncer la mort et la sépulture du Seigneur; et Jësus-Cbrist, en s'adressant aux pharisiens, se borne à les comparer aux Ninivites, en annonçant que le seul miracle qu'il fera pour eux sera celui de Jonas le prophète : « Car, dit-il, comme Jonas fut dans le ventre de la baleine trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. » De même l'histoire de Sara et d'Agar, d'Isaac et d'ismaël, n'était point une action destinée a en figurer une autre, et saint Paul appelle allégorique, Gai. 4, 24., l'application qu'il en fait à l'ancienne et à la nouvelle alliance. Qu'est-ce que l'Ecriture nous dit de Melcbisédec, Gen. 14, 48. sq.? Qu'il était roi de Salem, en même temps que souverain pontife, suivant la cou-' tume de ce temps; il va au-devant d'Abraham victorieux, suivant la même coutume, et donne quelque nourriture à ses troupes, en reconnaissance de quoi le patriarche lui offre la dime du butin, et reçoit la bénédiction de ce vieillard, adorateur du Très-Haut. Rien de plus simple, rien de plus concis; la famille même de .Melcbisédec est passée sous silence, parce qu'il n'appartenait pas a la race élue. Dans l'Epttre aux Hébreux, au contraire (ch. 7), tout revêt une autre couleur, tout devient emblème et mystère : le sacerdoce lévilique, qui n'existait point encore, est béni cependant en la personne d'Abraham, parce qu'il était en germe dans les reins du patriarche; Melcbisédec est sans père, sans mère, sans commencement de jours et sans fin de vie, etc. Les contemporains de Melcbisédec n'ont évidemment pas pu voir en lui un type du Sauveur; pour eux il avait père et mère, pour eux il est né et il est mort : pour eux aussi Abraham ne pouvait supposer Lévi; mais l'étrange et pieuse sacrificature du roi de Salem avait quelque chose d'assez frappant, elle était assez hors ligne pour que le souvenir s'en fût conservé parmi les descendants d'Abraham, et pour que David, voulant caractériser une sacrificature

nouvelle, d'un ordre nouveau, non lévilique, lui donnât le nom du premier prince et pontife de Salem, Ps. 410. — c) Quant aux instruments, ustensiles, vases, couleurs, etc., nulle part l'A. T. ne fait la plus petite allusion à une signification, même symbolique, de ces objets; bien moins encore les présente-t-elle comme des types ou institutions; et c'est à peine si, sur quelques points, le N. T. laisse apercevoir quelques rapports éloignes eotre

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quelques objets du culte mosaïque, et quelques faits du christianisme. — d) La comparaison rend aussi bien compte que le type de la pensée du Sauveur et des apôtres, dans tous les passages indiqués.

Nous ne voudrions pas froisser le sentiment chrétien par tout ce qui précède; nous ne voudrions pas surtout paraître innover, car nous n'avons aucune vocation pour cela; mais il nous a paru que, sur plusieurs points, l'esprit humain avait cherché à se mettre a la place de l'Esprit de Dieu parmi les pères du dernier réveil religieux, aussi bien que parmi les Pères de l'Eglise; que le figurisme a quelque chose de faux, qui devient quelquefois bizarre et même ridicule, et qu'il a donné lieu à bien des accusations contre le christianisme; bien des gens, en effet, ne jugeant que sur les apparences, ont été Jusqu'à dire que le christianisme n'avait d'autre fondement qu'une explication allégorique et mystique des prophéties; les incrédules du siècle dernier sont partis de celte doctrine pour soutenir que les miracles de Jésus-Christ n'étaient pas réels, mais de simples emblèmes des effets spirituels que l'Evangile produit dans les âmes ; Strauss lui-même n'est parvenu a d'étranges conséquences que par la rigoureuse application du système des types, système qui aboutit bien vite aux mythes, et qui peut sublimer tout ce qui est forme, élhériser tout ce qut est matière, vaporiser, en quelque sorte, toute une existence, et ne laisser après lui que de l'air. Napoléon a été annoncé longtemps à l'avance par le soleil, qui en est, dans l'histoire, le type le plus exact et le plus circonstancié.

Rappelons encore que les théologiens réformés, Calvin, Leclerc, etc., ont attaqué avec vigueur cette manière d'interpréter l'Ecriture, et qu'ils ont posé celte maxime : Ultra scripturam sapere non licel : « Ne pensez pas, dit Calvin, dans son Corn m. sur 4 Cor. 9, 0., où il s'agil de l'allégorie du bœuf qui foule le grain, ne pensez pas que sainl Paul dise que ce passage du Deutéronome soit un précepte allégorique, quemadmodum nonnulii vertiginoslspiritus occasionem hinc arripittntomnia ad ailegorias trans/srendi; ces esprits voient des allégories partout; pour eux, des chiens sont des hommes ; ils changent les arbres en anges, et ils pervertissent toute l'Ecriture avec leurs jeux. » Ailleurs ses expressions sont plus fortes encore : ad 4 Cor. 40, 44. «Pu/are, dit-il, quicquid Deus promisit vel prxstitil Israeiitis, tantum prx figuras se guod rêvera post adventum Chrisli impleridebebat, pestiientissimum est delirium. ■ — El Saurin : « Ceux qui ont fait attention à l'origine des hérésies dans la théologie el la morale,

naîtront sans peine que ce même esprit, qui i porté a établir la religion sur de faux arguments, fournit des armes pour la combattre, et que l'erreur reprend insensiblement sur la vérité par cette façon de raisonner, plus que la vérité n'avait pris sur l'erreur. »

Mais si l'on doit rejeter, comme n'étant pas d'institution divine, la plupart des rapprochements auxquels on a donné le nom de types dans le sens qu'on attache d'ordinaire à ce mot, on n'en a pas moins le droit de faire, pour son usage personnel, des rapprochements et des comparaisons qui, souvent, peuvent être utiles à la foi et développer la piété, pourvu que la encore on évite l'exagération. Il est évident que l'A. T., qui était une économie charnelle, renferme bien des choses, des faits, des récits, des exemples , qui étaient de nature à élever l'esprit des Juifs vers un ordre d'idées plus spirituel. A cet égard, nous accepterions volontiers une théorie qui, en classifiant les tyjx's d'après leur degré, ferait ressortir ce qu'il y avait de caché, de symbolique, dans l'ensemble de la législation et de l'histoire des Hébreux. Aux types sacramentels qui, outre les deux caractères indiqués plus haut, emportaient encore l'idée d'obligation, de devoir, tels que le sabbat, les sacritices, nous joindrions, comme formant une secoode catégorie, les types spirituels destinés a élever l'âme au-dessus de la loi vers l'idée de la foi; le serpent d'airain serait au premier rang de cette classe ; peut-être aussi la manne, le tabernacle, le nazaréat; et les types libres, ou accidentels, dont la signification, peut-être nulle dans le moment, a été mise en évidence après que Jésus fut venu tout résumer en sa personne. Les premiers représenteraient la morale, les œuvres; les seconds la foi, la doctrine; les derniers l'histoire, le témoignage.

C'est ainsi, mais de cette manière seulement, que nous pouvons comprendre l'extension donnée au système des types; c'est dans ce sens que nous y avons adhéré en plusieurs endroits, et que nous pouvons accorder à la typologie une certaine influence sur la vie religieuse. L'élude en est intéressante, et, puisque l'histoire juive a été écrite pour nous, atin qu'elle nous fournit des exemples (la seule histoire, sans doute, qui ait été écrite dans ce bul), nous ne pouvons pas irop l'étudier sous ce rapport. Le N. T., d'ailleurs, nous y convie; ce qui était le premier n'était pas ce qui est spirituel, 4 Cor. 45, 46. Le développement successif de la même vérité sous diverses formes, les résultats divers des divers états de développement, les nombreuses comparaisons de l'A. T. avec le N. T., tout nous montre dVbord un but immédiat d'instruction, puis l'achcmi-

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