‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 381 sur 398 · TYR · texte numérisé non relu

TYR

nement gradue) à un ordre de choses supérieur, I el enfin un plan unique, profondément médité, et parfaitement d'accord avec lui-même. L'histoire, les hommes, les institutions du judaïsme, sollicitent notre attention autant que les prophéties, et prouvent que ce qui a fini par être, Jésus-Chri»t, n'était que la grande consommation de ce qui avait été longtemps préfiguré d'avance, le corps de l'ombre, l'accomplissement parfait de pressentiments imparfaits, la concentration de tant de rayons épars, la clef de tant d'énigmes, l'explication et la réalisation de laits isolés, qui n'eussent, sans ce grand fait, jamais été compris, jamais élé dignes de l'être.

TYR, la plus méridionale, la plus grande, la plus puissante des villes phéniciennes, déjà nommée Jos. 49, 29., cf. 2 Sam. 24, 7. 4 R. 9, 42. Es. 23, 4 . Os. 9, 43. Les déclarations de l'Ecriture à son égard sont remarquables : que lques-unes de ses prophéties sont obscures, et le rôle de celte célèbre cité a été assez important pour que Hengstenberg ail consacré a son histoire un ouvrage spécial.

Il y avait, a proprement parler, deux villes de ce nom : Tyr ou Turza, Turos, en hébreu Tsor (rocher. Sarranus, dans Virgile, désigne un Tyrien, Géorg. 2, 506., le changement de l'a en t étant facile el fréquent chez les Arméniens). L'ancienne Tyr, ou Palseo-Tyrus, était à une lieue environ de la nouvelle. Elle fut bâtie par les Sidoniens, ce que rappelle Esaïe 23, 42. en l'appelant fille de Sidon; mais elle devait éclipser sa mère. Construite sur le continent, an sommet d'un rocher de 45 à 20 mètres de hauteur et dans une position très forte, elle était la première ville de commerce et la plus grande ville maritime de l'ancien monde. Ses marchands avaient iuveoté la monnaie, et divisé l'unité monétaire en fractions. Elle s'enrichissait par le négoce et par ses fabriques, dont les principales étaient celles de verre, de fin lin et d'étoffes teintes en pourpre ; elle était puissante par ses nombreuses colonies; elle était le marché des productions d'Israël. Ses ouvriers étaient habiles dans l'art de tailler les pierres, de travailler le bois, et de mettre en œuvre les métaux. L'argent de Tarsis était à la fois la source et la représentation de sa forlune et de sa puissance; die puisait a pleines mains en Espagne le métal précieux avec lequel elle payait ses marchandises de toute espèce qu'on lui apportait de tous les points de l'Asie, non moins que d'Egypte et de Grèce, et a l'échange desquelles elle n'aurait pu suffire avec les produits d'un sol très restreint, ni même avec ceux de son industrie, d'ailleurs si active : ainsi s'explique comment Tarsis est en quelque sorte V aller ego de Tyr, Es. 23, et comment

les navires de Tarsis sont les représentants de loul son commerce, cf. Ez. 27, 2. 25. David et Salomon eurent des rapports d'amitié avec Hiram, roi de Tyr, qui contribua directement à la construction du palais royal et du temple de Jérusalem, ainsi qu'à l'extension de la marine juive, 2 Sam. 5, 44 . 4 R. 9, 44. 27. 40, 22. 2 Chr. 2, 3. 4 4 . Cinquante ans plus tard, Acbab roi d'Israël épousa uoe princesse tyrienne, Jésabel, qui est appelée sidonienne, 4 R. 46, 34., parce que EthbabaJ, son père, régnait à la fois sur Tyr el sur Sidon (Ménandre). Après plusieurs siècles de prospérité, la cupidité tyrienne, ne connaissant plus de bornes, s'imposa d'une manière intolérable aux Israélites euxmêmes : Tyr se mit à acheter et à revendre des prisonniers Israélites faits par d'autres peuples, et s'attira par là la colère du Dieu d'Abraham, qui lui fit adresser de sévères avertissements, Am. 4, 9. Joël 3, 4-8., et finit par la frapper; Nébucadnetsar marcha contre elle et l'assiégea; le siège dura treize ans, et l'ancienne Tyr fut détruite. Mais ses habitants, avant d'être réduits à la dernière extrémité, s'étaient retirés dans une Ue voisine de la côte : le manque d'espace les obligea de donner aux habitations une hauteur considérable ; ce fut Tyr la nouvelle; l'ancienne, rasée jusqu'aux fondements, ne présenta plus qu'un village. La jeune vilie qui s'élevait du milieu des flots, roide el fière, riche et populeuse, avait atteint au même degré de puissance et de gloire que la première ville, quand Alexandre le Grand vint, à son tour, en faire le siège. Désespérant de l'atteindre par mer, il résolut de la réunir à la terre, et se servit des matériaux de l'ancienne Tyr pour construire un môle ou une chaussée, qui donuàt passage à ses troupes. Au bout de sept mois la ville fut prise. Cependant elle redevint encore florissante, et fut pendant longtemps une ville chrétienne. Mais les oracles de Dieu sont accomplis : la domiualiou destructive des Turcs a exécuté les jugements annoncés par les prophètes, Es. 23, Jér. 25 et 27, Ez. 26-28.

On a suivi dans ce qui précède l'opinion la plus répandue el la plus généralement reçue; mais il y a des contradicteurs importants sur presque tous les points de cette grande existence si mystérieusement délruile. Sans les discuter, nous indiquerons, en termiuaot, les opinions divergentes. Hengstenberg, Hsevernick, el d'autres , soutiennent que l'ancienne Tyr fut bâtie dans l'Ile; son nom, quelques détails, l'antiquité du temple d'Hercule qui s'y trouvait, une correspondance de. Hiram el de Salomon, quelques passages de Josèpbe, de Ménandre et de Dias, sont les autorités dont ils s'appuient : l'ancienne Tyr, ou Paléotyr, le

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