‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 382 sur 398 · IÎ · texte numérisé non relu

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Tsor de Jos. 49, 99. qui marque la frontière septentrionale d'Israël, remonterait également à des temps fort reculés, soit comme ville indépendante, soit comme annexe ou banlieue de la ville insulaire : leurs destinées auraient été différentes; l'Ile aurait été vainement assiégée pendant cinq ans par Salmanéser, qui, en définitive, aurait été obligé de se contenter de Paléolyr. Les difficultés de cette opinion ont amené Hitzig, et presque Havernick, a reconnaître que Paléolyr est plus ancienne, mais qu'une ville ayant ensuite été bâtie sur l'île , et ayant reçu de cette île le nom de Tsor, rocher, Paléolyr aurait pris le même nom ; d'où il résulterait que Paléotyr serait la vieille ville, mais que la ville insulaire aurait eu la première et le plus anciennement le nom de Tyr.

Une seconde divergence porto sur la formation de la digue; les uns pensant, comme Hengstcnberg, que ce sont les Tyriens euxmêmes qui l'ont formée pour se mettre en rapport direct avec la terre ferme, les autres estimant avec les plus anciennes données historiques que cette digue fut une œuvre ennemie; d'autres enfin pensant — ou que l'œuvre ennemie d'Alexandre étant pour les Tyriens un fait irréparable, ils n'avaient qu'à en tirer le meilleur parti possible, soit pour leurs relations avec le continent, soit au point de vue militaire, — ou enfin qu'une digue naturelle ayant été formée avec le temps par les flots de la mer, Alexandre n'eut qu'à profiter de cette facilité inattendue pour achever un travail si bien commencé.

Une troisième divergence se rapporte à l'accomplissement des prophéties. Nous avons vu l'ancienne Tyr frappée par Nébucadnetsar à la suite des oracles de Joël et d'Amos, et la nouvelle par Alexandre et par les siècles à la suite des prophéties d'Esaïe, de Jérémie et d'Ezéchiel. D'autres pensent que Salmanéser accomplit les premières prophéties (Grotius et Gesenius), et Nébucadnetsar les secondes. Ces deux opinions sont également erronées : les oracles sont accomplis aujourd'hui, mais ils ne le furent à aucune de ces deux ou trois époques. Le siège de Salmanéser, qui dura cinq ans, ne fut pas couronné de succès ; ce fut un blocus qui n'eut d'autre résultat que d'entraver quelque temps le commerce tyrien, comme le blocus général de Napoléon géna le commerce de l'Angleterre. Le siège de Nébucadnetsar dura treize ans, mais le résultat ne parait pas en avoir été fort satisfaisant, Ez. 29, 48. Tyr ne fut pas détruite; car après la mort du roi llbabal, qui mourut la dernière année du siège, l'histoire énumère encore des rois et des juges de Tyr. Sans doute Nébucadnetsar n'était pas à se retirer après des efforts de treize

années, n'emportant que la bonté de son expédition; sans doute il obtint quelque satisfaction ; sans doute il avait gravement compromis la prospérité tyrienne : mais enfin Tyr était encore là, debout, et elle sut si bien reconquérir tout ce qu'elle avait perdu, qu'à l'approche d'Alexandre le Grand elle osa résister seule au conquérant de l'Asie, et ne fut prise qu'après un siège de sept mois, en 332. Alors encore elle ne fut pas détruite ; elle ne perdit son importance commerciale que peu à peu, surtout par suite de la concurrence d'Alexandrie en Egypte ; elle n'entassa plus de trésors, elle ne fonda plus de colonies; elle déclina lentement, pour mourir de vieillesse.

On volt par Act. 24 , 3. qu'il s'y forma de bonne heure une Eglise chrétienne. Guillaume, archevêque de Tyr vers 4480, auteur d'un ouvrage historique sur les Croisades, dépeint Tyr comme une ville encore riche et florissante. Ce ne fut qu'après la défaite des chrétiens dans l'Orient qu'elle tomba entre les mains des mabométans et qu'elle fut définitivement détruite. Cette histoire peut se lire presque entière, verset par verset, Esaîe 23. Ce n'est plus aujourd'hui, sous le nom de Sour, qu'un misérable village de 4,500 habitants, vivant de la pèche et du cabotage; et encore à peine est-on sûr qu'il soit bien situé sur l'emplacement de l'ancienne reine des mers.

TYRANNUS, Act. 49,9., Epbésien qui, pendant deux ans, prêta ou loua à Paul une salle d'école dans laquelle celui-ci continua ses instructions après s'être retiré de la synagogue. On ne sait rien de sa personne. Quelques-uns ont même cru que ce n'était pas un nom propre, mais un vrai tyran (prince) ou seigneur qui avait de l'attachement pour Paul ou pour sa doctrine : c'est peu probable; le nom de Tyrannus n'est pas rare comme nom propre; c'est en particulier celui d'un rhéteur ou sophiste qui a écrit un ouvrage de rhétorique et de logique en dix livres (date inconnue). On ne sait s'il était païen, juif (rabbin), ou disciple, et si l'hospitalité qu'il accorda à l'Apôtre fut le fruit de son indépendance d'esprit , de son indifférence, ou de son attachement à l'Evangile; ce dernier cas est le plus probable, car la tolérance du monde pour Christ ne dure guère deux ans ; elle se change en amour si elle ne devient pas de la haine.

UCAL (puissance), v. Itbiel.

ULAI (force), fleuve près duquel était située ville de Suae, en Babylonie. Dan. 8, 2. C'est , qui se jette dans le golfe Persique : il

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est appelé Choaspes, Hérodot. 5, 49., et aujourd'hui Kérah.

ULCÈRES, v. Maladies.

UPHAZ, conlrée nommée Jér. 40, 9. Dan.

10, 5. comme fournissant du fin or, mais sans autre indication sur sa situation. On pense que c'est le même endroit qu'Ophir, ou une place dans le pays d'Ophir, ou l'île de Taprobane (Ceylan), qui, d'après Ptolémée, renfermait un fleuve et un port du nom de Phasis.

UR (l'eu) des Caldéens, patrie et première demeure de Taré et d'Abraham, Gen. 41, 28. 31. 15, 7., cl. Néh. 9, 7. Bochart et Mlchaelis pensent en retrouver le souvenir dans le château d'Ur de la Mésopotamie septentrionale, à deux journées de Nisibis, au pied des monts Gordiens, conlrée propice aux nomades, mais qui ne pouvait pas tarder à devenir insuffisante pour une riche et nombreuse famille, ce qui contribua sans doute a faciliter l'émigration de Taré. D'après de Rougemont, les restes d'Ur se trouveraient dans les importantes ruines de Warka; v. Noachides.

URBAIN, Rom. 16, 9., disciple et compagnon de Paul, probablement un Romain; du reste, inconnu. L'un des soixante-dix disciples, selon les Grecs, il serait devenu évéque de Macédoine selon les Latins.

URIE (lumière de l'Eternel). 1° Guerrier de David, le dernier nommé dans la première liste, le malheureux époux de Bathsébab, était Hétbien d'origine, 2 Sam. 11,3. 12, 9. 23, 39. 4 Chr. 44, 41. 4 R. 45, 5. Matth. 4, 6. Il est aussi connu par sa fidélité militaire que par son malheur; la première fut récompensée, le second fut effacé par sa mort. Il poria lui-même à Joab son arrêt dans une lettre, la première dont l'histoire fasse mention.

2« Souverain sacrificateur sous Achaz, 2 R. 46, 40., reçut de ce jeune prince, alors à Damas, le modèle d'un auiel idolâtre, et poussa jusqu'à l'empressement la lâcheté d'obéir, en en faisant élever un semblable dans le temple de l'Eternel ; il offrit même sur cet autel nouveau les sacrifices mosaïques, mais sa mémoire fut flétrie pour cet acte coupable, et son nom n'est pas rappelé 4 Chr. 6, 42. Esaïe, qui le choisit comme témoin de ses oracles, avant ou après cette chute (Es. 8, 2.), ne le choisit pas comme un prêtre fidèle, mais comme un bomme agréable au roi, et dont le témoignage ne pouvait manquer d'être reçu avec confiance. Urie, c'est le prêtre du gouvernement; ce n'est pas seulement un impie, c'est un valet.

3° Urie, fils de Sémahia, de Kirialb-Jéharim, prononça contre Jérusalem et contre Juda des oracles semblables à ceux de Jérémie. Poursuivi pour ce fait, il s'enfuit en Egypte, mais sa

mandée, et Néco l'abandonna entre les mains de ses ennemis, qui le tirent périr par l'épée, Jér. 26, 20. 2 R. 24, 4. Cet exemple, el celui de Michée, sont invoqués par les anciens du pays qui demandaient la mort de Jérémie, contrairement aux principaux et au peuple, qui, croyant que Jérémie avait parlé au nom de Dieu, ne voulaient pas qu'il fût mis à mort. L'exemple, heureusement, ne servit de rien.

URIM et Thummim, proprement, lumière et intégrité (Vulg. doctrina et veritas); une fois on trouve Thummim et Urim, Dent. 33, ou par abréviation seulement Urim, Nomb. 27, 21. 4 Sam. 28, 6. C'était, pour les Juifs, le saint oracle qui. placé sur la poitrine du souverain sacrificateur, Ex. 28, 30. Lév. 8, 8., cf. 1 Sam. 23, 9., révélait à celui qui l'interrogeait la volonté du Dieu fort, Nomb. 27, 21. 1 Sam. 28,6., cf. Esd. 2, 63. Néh. 7, 65. C'est à l'Urim qu'on avait recours toutes les fois qu'il est parlé de consulter l'Etemel, 1 Sam. 22, 40. 2 Sam. 2, 1. Voilà tout ce que l'on connaît de précis relativement à celte pièce importante du pectoral, et ce que l'on peul ajouter ne repose que sur des traditions contraires, et sur des hypothèses. Deux écrivains juifs de la race sacerdotale, mais qui paraissent n'avoir pas vu ce dont ils parlent, diffèrent beaucoup dans les détails de leur exposition. D'après Josèphe, l'Urim elle Thummim n'était autre chose que les douze pierres précieuses du pectoral, qui, par leur éclat extraordinaire, rendaient une réponse affirmative. D'autres pensent que ITrimetle Thummim était quelque chose d'ajouté au pectoral, soit dessus, soit à côté, dans une bourse très riche, soit dedans; Philon croit que c'étaient deux figures brodées sur le pectoral, représentant l'une la vérité, l'autre l'intégrité; Cyrille pense que ces deux mots étaient simplement gravés sur deux pierres précieuses, ou sur une lame d'or, ou brodés sur le pectoral entre les rangs des pierres précieuses : quelques rabbins pensent que c'était le vrai, mais indéchiffrable nom de Jéhovah, le saint tétragrammaton, qui était écrit sur une lame d'or, ou un collier de pierreries descendant sur la poitrine du grand prêtre, ou trois pierres précieuses, l'une portant le mot oui, l'autre non, et la troisième sans inscription (Michaélis). Il y a plus de divergence encore sur la manière d'interroger cet oracle, et sur les circonstances dans lesquelles il était permis de le consulter. Quelques rabbins enfin, suivis par Speucer, mais contredits par Josèphe et Philon, pensent que l'usage de consulter l'Urim, en Israël, ne subsista que sous le tabernacle, et qu'il cessa avec la construction du temple et l 'avènement de la royauté, l'Urim appartenant à la théocratie, ou gouvernement direct de Dieu,

retraite fut découverte, son extradition fut de- qui prit fin lorsque la royauté héréditaire eut

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été établie en Israël : ce qui confirmerait ce sentiment, c'est que I on ne trouve dans l'histoire sainte aucune trace de l'Urim depuis Salomon jusqu'à la destruction du temple.

Au milieu de toutes ces incertitudes, voici ce que Ton peut reconnaître comme prouvé, ou comme probable : — 4* L'Urim était différent du pectoral, mais intimement lié avec lui, Es. 28, 30., cf. Lév. 8, 8. Le leste ue décide pus s'il élait dessus ou dedans. — 2° Il était différent des pienvs précieuses elles-mêmes, puisque dans ce même cbapitre, Ex 18, 47., Moïse a déjà ordonné qu'elles fussent placées sur le pectoral. On peut supposer aussi qu'il était caché dans la doublure du pectoral, car on ne comprendrait pas qu'un saint mystère eût été exposé a la vue de tous, et que dans ce cas on n eût pas des renseignements plus clairs et plus précis sur 6a nature. — 3° Le sort était quelquefois employé en même temps que l'Urim était consulté, t Sam. 40, 20. 14, 36. 42., ce qui n'implique point que l'Urim lui-même fût employé pour le tirage au sort. — 4° Ca serait conclure sans prémisses suffisantes que de conclure de 4 Sam. 18, 6. que l'Urim était une espèce de voix intérieure, comparable aux songes ou à l'inspiration des prophètes. La même observation s'applique à la conclusion qu'où a voulu tirer du silence de l'oracle, 4 Sam. 44, 37. 18, C; car il y a bien d autres oracles, témoin la baguette divinatoire, qui ne répondent pas toujours quand on les interroge. Il faudrait savoir au juste ce que c'était que l'Urim, avant de pouvoir se prononcer sur le sens réel de ces passages.

USUKE. p. Prêt.

VZ AL (errant), 01s de Joktan, et souche d'une peuplade arabe, Gen. 10, 27. Depuis Bochart, et sur le témoignage d'un astronome juif portugais du dix-septième siècle, Abraham Zacliuth, on croit que c'est l'ancien nom de la capitale actuelle de l'Arabie Heureuse, Sanaa, autrefois résidence des rois de l'Yémen, et qui a maintenant pour gouverneurs des imans,donl l'un fil, en 4807, et par cupidité, empoisonner le célèbre Seetzen. Le village d'Oezar, près de Sanaa, conserverait peut-être la racine de l'ancien nom. — Le Mosel de Ez. 27, 49., ou plutôt Méouzal (d'Uzal), signiflerail, avec une meilleure traduction, que d'Uzal on Taisait le commerce avec Tyrpar des Javaniens. (v. Javau.)

VACHE, v. Bœuf. Elles sont le symbole des femmes riches, délicates, voluptueuses qui fout de leur plaisir leur dieu, Os. 4, 46. Am. 4, 4 .

Le sacriûce de la vacbe rousse était l'un des plus remarquables sacrifices expiatoires, Nomb.

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