‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 48 sur 398 · AUG · texte numérisé non relu

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peuple ne furent plus qu'une machine dont il tenait tous les fils, et qu'il conduisait comme il voulait. Il conserva au gouvernement les anciens noms et les anciennes formes, sachant bien que ces hochets (puisque hochets il y a), ont plus d'empire sur l'esprit des peuples, que les constitutions elles-mêmes; il laissa au peuple le droit d'élire les principaux magistrats, et au sénat la nomination des gouverneurs des provinces, a l'exception de celles qui étaient exposées aux attaques de l'ennemi, et dans lesquelles par conséquent les légions se trouvaient réunies : c'était se faire la part du lion. Son plus grand soin était de rendre sa domination insensible, afin de ne pas irriter un peuple qui avait répandu son sang pour la république ; il séduisit les Romains pas ses manières et par sa politique, et les laissa croire à la liberté lorsque déjà son gouvernement n'était plus qu'une complète tyrannie.

Son siècle fut l'époque des plus beaux génies, soit dans le domaine des lettres, soit dans I art de l'administration et de la guerre : les noms des Tite-Live, des Virgile, des Horace et des Mécène daus la littérature, des Agrippa, des Drusus, des Tibère dans la science des batailles, répandent un éclat immortel sur ce règne despotique.

Auguste eut encore l'honneur et le bonheur de faire, pour la troisième fois depuis la fondation de Rome, fermer le temple de Janus, qui restait ouvert en temps de guerre; mais cette paix ne fut pas obtenue sans de violents combats: il fallut en livrer en Afrique, en Asie, dans les Gaules et en Espagne, où les légions eurent bien de la peine à soumettre les Cantabres. Ses armes soumirent encore l'Aquitaine, la Pannonie, la Dalmatie, l'illyrie, et continrent les Daces, les Numides, les Ethiopiens. 11 fit une alliance avec les Farines, qui cédèrent l'Arménie, et rendirent les drapeaux enlevés à Crassus et à Antoine dont les armées avaient été taillées en pièces. Cet hommage rendu à Auguste par les barbares, fut imputé à celui-ci par les Romains comme un véritable triomphe. Il eut à combattre aussi les Germains sur lesquels il remporta divers avantages, mais qui lui firent éprouver un échec terrible par le massacre de l'armée commandée par Varus. Ce revers causa la plus vive douleur a l'empereur, qui s'écria plus d'une fois : « Varus, Varus, rends moi mes légions! » Tibère effaça par ses triomphes la défaite de ce général qu'il vengea cruellement.

Les jours de l'empereur furent deux fois menacés par le fer des conspirateurs : la première fois, au commencement de son règne, la deuxième vers la fin. Cinna, qu'Auguste avait comblé de ses bienfaits, était a la tête de celle

dernière conjuration. Auguste informé de la chose, fit venir auprès de lui le coupable, lui pardonna généreusement en loi témoignant beaucoup d'affection, et le fit même consul pour l'année suivante. Ce noble procédé désarma tous les complices, et porta au plus haut degré l'amour et l'admiration du peuple romain pour son chef. Dès lors il n'eut plus d'ennemis, ni au dedans, ni au dehors ; sa douceur, sa clémence, son amour pour la justice lui avaient gagné tous les cœurs. Nous avons vu sa conduite à l'égard d'Archelaûs, q. v.; ce fut encore lui qui fit donner à Hérode, par le sénat romain, la couronne de la Judée, et il y ajouta plus tard la tétrarcbie de Zénodonus : il voulut faire lui-même l'éducation d'Alexandre et d'Aristobule, fils d'Hérode, et leur donna des appartements dans son propre palais. On comprend, d'après cela, combien Auguste dut être affligé lorsque, dans la suite, Hérode versa le sang de ces deux jeunes princes. « Il vaut mieux être le porc d'Hérode que son fils! » s'écria-t-ll dans son indignation.

Quand la paix fut rétablie dans son empire, il fit faire un recensement général de tous ses sujets ; il en ordonna môme trois presque consécutivement, et c'est pendant le second qui commença sept ans environ avant Christ, et qui durait encore à cette époque, que Joseph et .Marie vinrent se faire enregistrer dans le lieu de leur bourgeoisie, Bethléem, Luc 3, 4-6. (Il faut ajouter cependant, que l'impôt qui fut établi par l'empereur en suite de ce recensement, ne fut prélevé que quelques années plus lard.) Ce fut dans la vingt-sixième année d'Auguste que naquit le Sauveur du monde; et le même règne qui vit fermer les portes du temple de Janus, vit naître aussi le prince de la paix, mais d'une paix meilleure et plus durable, de celle dont l'Eternel a dit : « C'est moi qui la donne. » A côté du fondateur de la monarchie impériale de Rome, s'élevait celui qui venait fonder le nouveau royaume d'Israël, un empire universel, éternel, qui devait, quelque cbetifs que fussent ses commencements, envabir le monde entier, et dominer les ruines du l'empire romain.

Auguste mourut à Noie en Campanie, l'an U ap. CM au retour d'un voyage qu'il avait entrepris pour sa santé. Il avait atteint sa soixantetreizième année (selon d'autres sa soixante-dixseplième), et avait régné quarante ans. Après sa mort, comme pendant sa vie, il fqt regardé comme un uieu par le peuple romain qui lui éleva des temples, et lui rendit un culte particulier. — Son nom devint un titre pour les empereurs spivants, et nous voyons, Act. 2JJ, 2t., Néion désigné sous le poui d'Auguste.

| AUMONE. C'est ce que la charité donno aux

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pauvres, Matth. 6, 4. 4. En hébreu, l'on exprimait cette idée par le mot de justice, parce que l'aumône est une dette que Ton acquitte non pas envers le pauvre, mais envers le Seigneur, cf. Ps. 4 42, 9. 2 Cor. 9, 9. 40. En grec, les mots qu'on a rendus par aumône, signifient miséricorde et grâce, parce que c'est le véritable amour, la véritable compassion qui doit en être le principe; c'est un acte de bon vouloir et de fraternité religieuse envers le nécessiteux. Act. 10,2. 4.24,47. 2 Cor. 8, 7.

La loi de Moïse prescrivait l'aumône proprement dite, et semblait sanctionner ainsi cette charité légale, si redoutée de nos économistes. Mais si Ton doit reconnaître qu'en effet chez nous les lois en faveur des pauvres font les pauvres; si ce fait a atteint, en Angleterre surtout, un degré effrayant de vérité, Ton peut croire aussi que la défectuosité dans les résultats tient à un vice dans l'exécution, vice inhérent à l'état actuel de la société, dont on ne saurait faire un reproche à cette société, mais qui ne se trouvait pas le même dans l'organisation fraternelle, tbéocratique et agricole de la société mosaïque. Aussi ne voyons-nous nulle part jusqu'à l'avènement des rois et au luxe de la monarchie, mentionner des mendiants dans l'histoire juive. La charité légale, au lieu de propager la misère, l'adoucissait ; et ce résultat, que partout l'on voudrait obtenir maintenant, on doit lui assigner pour causes, directes ou indirectes: d'abord l'esprit patriarcal et l'honneur de famille, plus forts alors que l'intérêt des temps modernes; puis la fixité des héritages, les lois sur l'esclavage, le nombre restreint et la qualité bien déterminée de ceux qui avaient le droit d'être assistés; enfin la nature même des richesses et des occupations des Hébreux. L'aumône ne consistait pas dans de petites pièces d'argent, négligente, commode et dédaigneuse offrande jetée par le riche dans l'humble chapeau du pauvre : c'étaient des prêts sans intérêt pour celui qui voulait travailler, des denrées au moment de la récolte, un coin de champ à moissonner, quelques raisins à grappiller; puis, au bout de sept ans, les fruits spontanés de l'année sabbatique; autant d'aumônes qui obligeaient au travail, à l'ordre et à l'économie, ceux qui voulaient y avoir part. Cette charité légale ne dispensait donc pas du travail, elle n'encourageait pas l'oisiveté : elle faisait vivre les vrais pauvres, sans offrir à d'autres la tentation de négliger leurs devoirs pour venir se classer au nombre des assistés. Chacun, d'ailleurs, ne pouvait pas indifféremment recourir à l'aumône publique, mais seulement la veuve, l'étranger, le lévite et l'orphelin, qui n'ayant ni les uns ni les autres aucun fonds de terre, aucun antécédent qu'ils eussent pu

économiser, aucunes avances faites, étaient véritablement, par leur infortune, dignes de la compassion des Hébreux. Le vieillard même n'avait aucun droit à la charité, car il devait avoir des fils travaillant pour lui, et, s'il avait vécu avec économie, il pouvait avoir amassé de quoi se faire aider par des serviteurs (v. Cellérier, Espr. de la législ. mos., II, 408. sq.).

Quant à la somme qui pouvait être exigée des Israélites pour survenir aux besoins des pauvres et du culte, quant aux charités qui leur étaient prescrites et qu'ils devaient faire chaque année, voici comment Saurin les résume dans son beau sermon sur l'Aumône, a calcul, dit-il, qui peut nous convaincre de cette triste vérité, que si la religion chrétienne l'emporte sur les autres, c'est dans les évangiles, mais non dans la conduite de ceux qui la professent. »

4° Les Juifs devaient s'abstenir de tous les fruits qui croissaient les trois premières années, depuis qu'un arbre fruitier avait été planté. Ces premiers fruits s'appelaient le prépuce : c'était un crime de se les approprier, Lév. 49, 23.

2° Les fruits de la quatrième année devaient être voués au Seigneur : c'était une chose sainte à l'Eternel, Lév. 49, 24. Il fallait les envoyer à Jérusalem, du moins il fallait en faire l'estimation et les racheter, en donnant au sacrificateur une somme équivalente : en sorte que le peuple ne commençait à recueillir ses revenus que dans la cinquième année.

3° Ils étaient obligés d'offrir à Dieu, chaque année, les prémices de tous les revenus de la terre, Deut. 26, 2.; les prémices, c'étaient les premiers fruits que la terre produisait. Quand le père de famille se promenait dans son jardin, et qu'il apercevait un arbre qui portait quelque fruit, il le marquait avec un fil, afin de pouvoir le reconnaître lorsqu'il serait parveuu a une maturité parfaite. Le père de famille mettait ce fruit dans une corbeille ; on assemblait ensuite tous ceux qui avaient été recueillis dans une ville; celte ville envoyait des députés à Jérusalem : un bœuf couronné de fleurs était chargé de celte offrande, et ceux qui avaient la permission de le convoyer allaient en pompe à Jérusalem, en chantant ces paroles du Ps. 422, 4 . : « Je me suis réjoui à cause de ceux qui m'ont dit : Nous monterons & la montagne de l'Eternel.» Quand ils étaient arrivés à la ville, ils chantaient ces autres paroles : « Nos pieds se sont arrêtés dans tes portes, ô Jérusalem! » (v. 2.) Ensuite ils allaient au temple, chacun ayant son offrande sur ses épaules, le roi même n'en étant pas excepté, et ils chantaient encore : «Portes, élever vos linteaux; huis éternels, haussez-vous. » Ps. 24.

4° Il fallait qu'ils laissassent ce qui croissait

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