‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 51 sur 398 · AVE · texte numérisé non relu

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diens et les Romains regardaient la viande de l'autruche comme un mets délicat, bien qu'elle soit dure, sèche et difficile à cuire : serait-ce peut-être sa rareté qui lui méritait cet honneur ? ou si l'on n'en mangeait que certaines parties naturellement plus fines, la langue, le foie ou les ailes? — il est dit, Es. 43, 24. 34, 43. 43, 20. Jér. 50, 39. Lam. 4, 3., qu'elle habite en des lieux abandonnés, au milieu des chardons et dans les déserts, détails qui vont encore à l'autruche, dont nous savons qu'elle se tient de préférence au milieu des sables, vivant par troupes et se nourrissant surtout de dattes; quelques naturalistes arabes prétendent qu'elle ne boit jamais. — Cet animal est représenté, Lam. 4, 3.. comme cruel envers ses petits, et tous les voyageurs racontent de l'autruche qu'elle abandonne au soleil et dans le sable ses œufs après les avoir pondus, semblant ne pas s'inquiéter de ce qui en adviendra : ce jugement ne doit cependant pas être accepté dans son sens le plus défavorable, et s'il est vrai qu'elle ne couve pas «es œufs comme les autres oiseaux, c'est que son poids immense les écraserait, tandis qu'elle peut très bien se borner à les surveiller, en les faisant éc|ore dans la chaleur du sable. — Enfin, Job 30, 29. et Miellée 4 , 8. lui attribuent un cri plaintif et lamentable, que le voyageur Shaw (Voyages, p. 390) a de même mentionné en parlant de l'autruche; il raconte que souvent, au milieu de la nuit, elle pousse une espèce de gémissement lugubre (v. Bocbarl, fliéroz., 11, 844 sq.)

Il est encore parlé, Job 39, 46., d'un oiseau nommé en hébreu Benanim, et que l'on pense également devoir être l'autruche, bien que quelques auteurs (Luther entre autres) le traduisent par paon. La traduction de nos Bibles •< As-tu donné aux paons ce plumage qui est si brillant, ou à l'aui ruche les ailes et les plumes?» doit être remplacée par celle-ci : « L'aile de l'autruche ne s'agite -t-elle pas (dans sa course)? N' 'est-elle pas comme l'aile et comme les grosses plumes de la cigogne? » Les versets suivants sont mieux rendus, et leur ensemble montre évidemment que dans ce passage il s'agit de l'autruche; le v. 20, qui accuse cet animal de manquer d intelligence, rappelle le proverbe arabe : « Plus béte qu'une autruche; » et le v. 21 peut se rapporter, soit à la rapidité de sa course, soit à la grandeur de sa taille : « Parfois même, lorsqu'elle se dresse (pour courir), elle se rit du cheval et de celui qui le monte; »» elle les devance, ou bien: elle est plus haute que l'un et l'autre à la fois : ces deux sens sont également vrais et jusliliés par les faits; v. Pline, 11. N., 40, 4.

AVEN. 1° E*. 30, 47., ou Belhsémès, ou encore Héliopolis, entre la mer Rouge et le Nil,

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en Egypte ; elle était située a une journée de la capitale de ce royaume. C'est la même ville que On, aupays deGoscen;p. On.— l°Amos 1,5., vallée de la 8yrle damascénienne, peut être la vallée du Liban, Jos. 44, 17. (Blkhalh signifie vallée.)

AVEUGLES, aveuglement; v. Cécité.

AVOCAT, nom donné à Jésus-Christ, 1 Jean î, 4. Il intercède et plaide pour les pécheurs, et nous pouvons nous faire une idée de cette interc ession par sa prière sacerdotale, Jean 47. « J'ai prié pour toi, dit-il aussi à Pierre, afin que ta foi ne défaille point. » Cependant ce mot ne rend ni exactement, ni complètement la force du mot grec Paraclet, que la plupart de nos versions traduisent, Jean 44, 46., par Consolateur. Le verbe dont il est dérivé signifiant appeler a son secours, invoquer, puis encore exhorter, exciter, persuader, consoler, adoucir, encourager, défendre, on comprend que Paraclet lui-même ait des significations très variées. Origène lui donne tour à tour les sens de consolateur et de défenseur; de même Erasme, Luther et nos versions. Théodore de Mopsuesle le traduit par jnattre, docteur, mais cela ne donne pas un sens convenable dans les différents passages. Enfin le sens d'avocat, aide, défenseur, inlercesseur, se Justifie par l'emploi do mot dans Démosthène et dans Philon, par son étymologie, par Rom. 8, 16., et par le contexte des doux passages où il se trouve ; Jésus n'a pas été précisément un consolateur pour ses disciples, parce que ceux-ci n'avaient pas besoin d'être consolés, aussi longtemps que l'époux était avec eux, Matth. 9, 15. : il a été plutôt un aide, un secours pour eux, un défenseur, et il reste leur avocat auprès du Père, plaidant leur cause, et pouvant la plaider parce qu'il est juste, et parce qu'il a été la victime de propitiation. C'est le sens admis par Calvin, Lampe, Bengel, Kuinœl, Tholuck, Reuss, etc. Le nom de Paraclet est donné à Jésus et au Saint-Esprit, Jean 44, 46.

A «OR, nommé dans la généalogie de Jésus- Christ, Matin. 4, 43., est Inconnu.

AZOTE, Act.8, 40., ». Asdod.

BABEL [confusion), Gen. 4 1 . Quelques siècles après le déluge, au temps de Pèleg, les hommes qui composaient la famille humaine s'étant insensiblement éloignés du mont Ararat, arrivèrent dans les plaines de Sinhar. Plusieurs des descendants de Cam voulant, a ce qu'il parait, échapper aux menaces divines dirigées surtout contre Canaan, cherchèrent à se procurer un ascendant sur les autres membres de la famille.

Abandonnant, en conséquence, la droite voie, et refusant de se conformer aux pieux conseils de leur aîeul, qui leur avait recommandé un attachement sincère au vrai Dieu, ils entreprirent de construire une ville avec une tour énorme. Leur vrai motif était l'orgueil, l'ambition, le désir de régner; le moyen par lequel ils espéraient parvenir à ce résultat était la concentration de l'humanité en un même système.politique et hiérarchique, moyen infaillible pour éteindre à jamais la lumière divine, et pour étouffer tout développement de l'Eglise du Seigneur. En général on peut dire qoe c'est dans la famille de Cam que le gouvernement patriarcal a le premier et le plus anciennement été remplacé par une organisation politique sociale et monarchique; voyez les Egyptiens, tes Indous, les Chinois.

On suppose que c'est Nimrod qui conçut le premier l'idée de cette entreprise. Comme ils ne connaissaient pas de carrières dans le sol fertile où ils s'étaient établis, ils cuisirent des briques, et se servirent de bitume en guise de mortier. La traditiou porte que, pendant trois ans, ils ne firent autre chose que préparer leurs matériaux ; et déjà, depuis vingt-deux ans, ils s'occupaient de l'œuvre de leur construction, lorsque l'Eternel, qui ne voulait pas celte agglomération du genre humain sur un seul point de la terre, et qui voyait les sentiments d'orgueil, d'impiété, de stupidité qui présidaient à l'érection de cette tour gigantesque, interrompit brusquement les travaux, et, par sa toute-puissance, fit échouer le premier essai d'une monarchie universelle, qui ne réussira jamais que sous l'économie spirituelle du Sauveur du monde. La dispersion des peuples et la confusion des langues furent le moyen dont Dieu se servit pour dissiper le conseil des méchants. On peut se demander si cette confusion des langues fut la conséquence naturelle de la dispersion des chefs, ou si, miraculeuse et subite, ce fut elle qui obligeâtes travailleurs à se séparer. La plupart des savants et des théologiens, même orthodoxes, ont admis la première hypothèse, bien que le texte biblique semble favoriser davantage la seconde. Quoi qu'il en soit, il parait que ceux dont l'esprit et la langue étaient le plus troublés s'éloignèrent davantage de la Mésopotamie, et l'on peut croire que ceux qui demeurèrent sur l'emplacement après la confusion sont aussi ceux dont la langue a conservé le plus de rapports avec la langue primitive. La famille de Sem n'ayant pas pris part au pêche des Garnîtes, n'aura pas non plus partagé leur châtiment; et c'est chez eux, dans les langues sémitiques, et surtout dans celle du pieux Héber (l'hébreu), que nous trouverons la langue qui se rapproche peut-être le plus de

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se sont servis les hommes depuis la création jusqu'à Babel.

Le même Dieu qui, dans cette occasion, multiplia les langues pour séparer les pécheurs et les empêcher de s'entendre est venu plus tard, aux jours de la Pentecôte, rendre toutes les langues communes à ceux qui avaient reçu le Saint-Esprit, afin de recueillir le peuple de ses fidèles.

BABYLONE. L'origine de Babylone se perd dans la nuit des temps. — La Genèse nous apprend que le fondateur de Babylone fut Nimrod, qui commença à être puissant sur la terre, c'està-dire qui éleva le premier empire dans les plaines voisines de l'Eupbrate.

La Genèse nous apprend aussi que Nimrod était Cusite ; il venait donc du midi de l'Arabie, le principal domaine des Cusites (Fresnel); la monarchie babylonienne appartient ainsi, comme celle des Pharaons d'Egypte, à la race camite. — Voilà tout ce que la tradition hébraïque nous révèle sur l'origine de Babylone; elle se tait sur le développement de ce peuple qui s'établit sur les rives de l'Eupbrate. Les investigations de la science moderne et les découvertes récentes faites soit à Babylone, soit dans l'Arabie méridionale, ont confirmé l'assertion de Moïse quant à l'origine cusite des fondateurs des anciennes villes de la Caidée. Mais cette race énergique finit par disparaître sous les efforts des Sémites et des Ariens. — Les Assyriens de race sémitique, qui avaient vécu des siècles sous leur joug, embrassèrent le système religieux du peuple qu'ils avaient vaincu. A l'exception de la famille d'Abraham, les Sémites abandonnèrent le culte du Dieu unique pour adopter le culte de Bahal. Les Cusites à leur tour finirent par perdre leur idiome et adoptèrent celui de leurs maîtres. La population de Babylone admettait donc un élément cusite et un élément sémitique : plus tard nous rencontrons un troisième élément, l'élément caldéen. Dans le texte hébreu ce mot prend la forme de Kasdim; les Caldéens venaient des monts Gordyens, ou Carduques des auteurs classiques, c'étaient des Kurdes (v. Caldéens) : leur position intermédiaire en faisait une race mixte; le fond était sémitique, la partie noble était de race arienne. Us devinrent à Babylone la caste dominante et donnèrent leur nom au pays.

Il y avait donc à Babylone un premier fond de population analogue à celle de PEgypie, c'est le fond cusite; puis, une couche sémitique ; enfin, à partir du VIII* siècle av. J.-C., une classe politique et guerrière et d'origine arienne : ce sont les Caldéens. 11 résultait de ce grand mélange de races diverses, que dans l'intérieur de la ville il se parlait des langues

différentes qui n'étaient pas comprises d'un quartier à l'autre. Babylone a toujours été la ville de la confusion des langues.

Après la tradition hébraïque nous avons les traditions grecques qui nous fournissent tout ce que nous savons sur la race royale d'Assyrie; mais les historiens grecs ne sont pour la plupart que des compilateurs récents. Leurs récils sont vagues, invraisemblables. Ces premiers souverains d'Assyrie, leurs actes, leurs édifices, n'apparaissent qu'à travers les nuages d'une antiquité impénétrable. — Presque toute l'histoire d'Assyrie se trouve dans la compilation de Diodore puisée dans celle de Ctésias. — Et toute cette histoire n'est qu'un récit détaillé senlement des premiers ancêtres de la race de Ninus, de Sémiramis et du dernier de cette dynastie, de Sardanapale.

Et qu'est-ce qui suit dans Diodore ces récits des campagnes, ces descriptions des grandes constructions de Ninus et de Sardanapale? Comment ces annales si splendidement commencées sont-elles continuées? Par un vide de trente générations. Des 4 ,360 ans assignés a cette monarchie, plus de mille furent, nous diton, entièrement stériles d'événements dignes d'être rapportés. Il est évident que les siècles postérieurs ne surent rien de cette époque. L'ignorance de Ctésias, quant aux événements de tout règne antérieur à Sardanapale, ébranle notre foi quant à la période de 4 ,360 ans qui va de Ninus à Sardanapale. On se demande même si Ninus est un mythe ou un personnage réel. Sémiramis a un caractère plus historique, quoique amplifié par les images de la légende. Aussi la critique moderne s'est vue contrainte de les rejeter parmi les personnages à demi fabuleux, tout en admettant qu'ils ont existé et influé sur leur époque. Du temps de Ctésias on rapportait à Sémiramis tous les monuments grandioses de l'empire assyrien. Aussi n'bésite-l-il pas à lui attribuer la fondation de Babylone. Selon d'antres, Bélus en fut le fondateur ; un autre fait construire les murs par Sémiramis, et le palais et la citadelle par Bélus; la confusion règne partout.

Telles sont les informations que nous fournissent les Grecs sur les commencements du fameux empire d'Assyrie ; ils ne nous apprennent rien sur les époques antérieures à Ninus, c'est-à-dire à la dynastie dite assyrienne qui dura 526 ans et qui se termina, en 747 av. J.-C, lors du démembrement de l'empire et de la prise de Ninive par Arbaccs.

Il y avait une autre tradition indigène, celle de Babylone même; elle fut consignée par le prêtre babylonien Bèrose dans l'histoire de sa nation, qu'il écrivit en grec Î57 ans av. J.-C. Cet ouvrage est malheureusement perdu ; il ne

nous en est parvenu que quelques fragments dans les compilations des chronographes chrétiens.

Ces traditions parlent d'abord d'une période fabuleuse d'une durée de 432,000 ans. Dix rois ont régné sur ces contrées durant cette immense période qui s'arrête à un cataclysme. La période qui suit le déluge babylonien est remplie de légendes. Bérose attribue à celle période une durée de 4 4,080 ans. Ensuite viennent les temps historiques; Bérose y compte cinq dynasties, qui ont duré ensemble 4 ,504 années. — La première est une dynastie Mède ; elle dure 224 ans; suit une période de 48 ans, occupée par onze rois. Une nouvelle dynastie caldéenne dure 458 ans sous 49 rois. Puis vient une dynastie arabe sous neuf rois; elle dure 245 ans. Enûn une cinquième dynastie est qualifiée de Ninivite ou assyrienne; elle occupe une période de 526 ans.

Celte dynastie assyrienne est celle dont Bélus, selon les Grecs, fat le chef. C'est là qu'il faudrait placer les Ninus et les Sémiramis de la tradition , ainsi que ces trente-trois rois fainéants dont l'histoire n'a conservé aucune trace.

Babylone, qui avait jusque-là dominé sur toute la basse Caldée, s'absorbe à son tour dans le vaste empire d'Assyrie dont Ninive devint la capitale. Dans le cours du VU" siècle av. J. C l'empire du Nord est envahi par des hordes uomades et se partage en plusieurs royaumes. Enfin en 625 Ninive est détruite entièrement; Babylone se relève; Nabopolassar en devient le maître absolu et commence de vastes travaux dans sa capitale.

Son (ils et successeur Nébucadnetzar continue son œuvre ; il transforme Babylone et porte l'empire au comble de la puissance. — D'après les historiens grecs ce serait Sémiramis, femme «ie Ninus, qui aurait fait tous les grands travaux de Babylone, des murailles de 85 kilom., des quais, des ponts, un tunnel de briques et de bitume sous l'Eupbrate, un immense réservoir pour la décharge du fleuve, des jardins suspendus, etc. Mais l'historien Bérose s'inscrit en faux contre ces prétentions des Grecs ; il affirme, dans un passage que nous a conservé Josèphe, que ce fut Nébucadnetzar qui restaura la ville et qui en construisit une autre auprès d'elle. Ce fut lui qui, pour plaire à sa femme Nitocris, née dans la Ùédie et qui aimait les paysages montagneux, fit faire des voûtes audessus de son palais, les fit couvrir de terre et planter d'une si grande quantité d'arbres, que ce jardin, suspendu en l'air, a passé pour l'une des merveilles du monde. L'Ecriture appelle Babylone la cité d'or, la gloire et la reine des royaumes, la beauté de l'excellence des Caldéeos, le marteau de toute la terre, la hache de

bataille qui brise en pièces les nations. Es. 1 3, 19. 44, 4. Jér. 50, 23, etc. Les historiens profanes ne sont pas moins positifs dans ce qu'ils racontent de cette ville; si Hérodote, Xénopbon, Slrabon, Pline, Diodore de Sicile, Quinte- Curce, ne sont pas entièrement d'accord sur les détails , c'est que leurs discussions se rapportent à des époques différentes; mais ils s'accordent tous sur sa fabuleuse magnificence. Le témoignage d'Hérodote en particulier est d'autant plus précieux, malgré son exagération ei son amour du merveilleux, qu'il visita luimême Babylone un siècle a peu près après la mort de Belsatsar, et qu'il ne rapporte que ce qu'il a vu de ses yeux et bien examiné.

Située dans une vaste plaine, Babylone formait un carré parfait dont chaque côté avait une étendue de 40 kilom.; d'autres disent 25. Le mur dont elle était entourée avait environ 426 m. d'élévation sur 32 d'épaisseur; il était surmonté de 250 tours (d'autres disent 346), construites, aussi bien que la muraille, en grandes briques cimentées avec du bitume. Entre le mur et la ville était un large fossé plein d'eau , dont les berges étaient également revêtues de briques ; c'est de là qu'on avait extrait la terre qu'on avait dù cuire pour la construction des murailles, en sorte que ce canal devait être assez large et assez profond. Entre les maisons et la muraille, il y avait un espace de 80 m. environ. Cent portes d'airain massif, vingt-cinq de chaque coté, s'ouvraient sur la campagne; du nord au sud vingt-cinq rues, d'orient en occident vingt-cinq rues, larges de 54 m. et longues de 8 kilom., traversaient la ville dans toutes les directions, et la partageaient en 629 espèces d'Iles carrées, dont l'intérieur était destiné aux jardins et dépendances. L'Euphrate, qui traversait la ville du nord au sud, était également resserrée entre des murailles aussi hautes que celles mêmes de la ville; d'immenses escaliers, fermés par des portes d'airain, permettaient de descendre jusqu'au fleuve. Les quais étaient magnifiques.

Les découvertes modernes faites sur le sol de Babylone ont confirmé le passage de Bérose relativement au vrai fondateur de celte ville immense : aujourd'hui toutes les briques retirées des ruines de Babylone portent le nom de Nébucadnetzar; on y lit ces mots :.« Nébucadnetzar, roi de Babylone, reconslructeur des temples et des palais, fils ainéde Nabopolassar, roi de Babylone ; moi ! » Outre les briques on a trouvé des cylindres et des tablettes d'argile qui nous donnent de précieux renseignements sur les travaux de Nébucadnetzar.

Cependant Babylone approchait de sa fin ; les prophètes annoncent la ruine de la superbe ville, les monuments des successeurs de Nébu-

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cadoelzar deviennent Ue moins en moins nombreux.

Puis Cyrus vint, et Babylone fut prise, 538 ans av. C. Plus tard Xercès pilla le temple et le détruisit. Alexandre le Grand, qui voulut le rétablir, 323 ans av. C, employa dix mille soldats à en déblayer les ruines ; mais il mourut au milieu de ses débauches sans avoir achevé ses travaux. Enfin, Séleucus, uu de ses successeurs, voulant s'illustrer, fonda, près de Babylone, une ville qui devait Rappeler Séleucie d'après son nom ; pour la peupler, il força cinq cent mille Babyloniens a se transporter dans sa nouvelle capitale. C'est alors que fui consommée la ruine déOnitive de cette cité. p. Es. 43, 49- 32. Jèrémie,51, etc.

Nous parlerons, h l'art. Caldée, de la religion des habitants de la contrée dont Babylone était la capitale.

Le roi de Sésac dont il est parjé Jér. 25, 46., ne saurait être autre que celui de Babel ou Babylone, cf. 54, 44.; mais l'explication étymologique de ce mot a longtemps embarrassé les interprètes. L'opinion la plus probable est celle de saint Jérôme qui pense que, de peur d'offenser lesCaldéens, le prophète aura formé ce nom mystérieux du nom même de la ville de Babel, en comptant les lettres depuis la tin de l'alphabet au lieu de les prendre depuis le commencement (les voyelles ne comptent pas); ainsi les deux B de Babel auront été remplacés par l'avant-dernière lettre S, cl la onzième depuis le commencement, L, aura été remplacée par la onzième depuis la fin, K; Bbl aura fait Ssk, Sésak. Pour d'autres explications, v. Dahler, Comment, sur Jér.

Jetons maintenant un coup d'œil sur la plaine fameuse où s'élevait jadis la grande Babylone. Il est inutile de s'arrêter sur l'aspect de désolation qui frappe aujourd'hui le voyageur dés qu'il met le pied sur cette terre maudite. L'anéantissement est complet ; de tant de splendeurs rien n'est resté; |es prophéties ont été accomplies à la lettre.

Bien des voyageurs avaient déjà cherché soigneusement les célèbres murailles, mais en vain. La dernière expédition française reprit ces recherches et ne fut pas plus heureuse.

Trois groupes principaux sur la rive gaucb de l'Euphrate attirent l'attention : le plus septentrional est connu sous le nom de Mudjélibeh, littéralement la Bouleversée. Ce n'est qu'un énorme amas de décombres; les gens du pays l'appellent plus habituellement du nom de Ba bel, mais ce nom ne se rapporte pas, comme plusieurs voyageurs l'ont cru à tort, a Bélus et à son temple, ni à la tour de Babel, aujourd'hui le Birs-Nimroud; c'est le nom même de Babylone. C'est une butte carrée de 46 à 47 m. de

hauteur. C'était, d'après une inscription, le Bilr Saggatu, le temple par excellence. Les rois d'A»1syrie en parlent souvent dans leurs inscriptions ; il fut détruit par Xercès, et plus tard Alexandre en lit un fort.

Après Babel vient le Kasr, en arabe le château : ce sont les restes du palais de Nébucadnetsar. On y a trouvé de nombreux morceaux de briques émaillées, couverts de fragments d'images de montagnes, de forêts, d'eau , de murailles, d'hommes et d'animaux. Ces fragments prouvent l'identité de Kasr et du palais de Nébueadnetsar, décoré, suivant Diodore et Ctésias, de grandes mosaïques eu briques émaillées représentant des sujets de chasse. Ce fut dans ce palais que mourut Alexandre le Grand. Il domine toute la plaine de Babylone; c'est la peut-être que Nébueadnetsar en promenant ses regards sur les magnificences qui l'entouraient, a prononcé cette parole que la Bible nous a conservée : « N'est-ce pas là cette grande Babylone dont j'ai fait le siège de mon royaume, que j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans l'éclat de mon nom ' » — Les parties restées adhérentes ressemblent à d'énormes rochers et menacent la vie des ouvriers et des extracteurs de briques. Toutes les briques timbrées du Kasr portent le nom de Nebokadresar ou Nebokodresar. Il n'y a pas d'autre nom.

Au-dessous du Kasr en suivant l'Euphrate, on rencontre une troisième ruine. C'est la plus méridionale de ce côté du fleuve. Elle est appelée Amran-Ibn-Ali. Cette vaste ruine, plus grande que le Kasr, a 650 pas de longueur et 40 m. de hauteur. M. Fresnel y voit la nécropole de Babylone, M. Oppert la regarde comme les débris des fameux jardius suspendus. On y a trouvé plusieurs sarcophages et des tombes renfermant d'innombrables petits objets, déposés aujourd'hui au Al usée du Louvre à Paris.

La plus importante des ruines de Babylone se trouve sur la rive droite à 40 kilom. du fleuve et à 42 ou 15 de Hillah au sud-ouest de cette ville. Les Arabes l'appellent le Birs-Nimroud. D'après les recherches de l'expédition française (1852), cette ruine représente le monument pyramidal si célèbre des la plus haute antiquité, sous le nom de tour de Bélus, et iM. Fresnel n'hésite pas à voir dans son soubassement, les assises inférieures de la colossale tour de Babel. La plate-forme de celle ruine domine la plaine d'une hauteur de 70 m. Sa niasse énorme a la forme d'un pain de sucre, et s'élargit sur une base de plus de 730 m. de pourtour. Celle tour de Bélus avait un stade, environ 490 m., de hauteur (la tour dt: Strasbourg a 4 45 m.; la pyramide de Chéops, 450); elle offrait huit tours rectangulaires en reirait l'une sur l'autre avec

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tournant à oiel ouvert (mais non en spirale), avec un reposoir à chaque étage. On voit encore les restes des terrasses : ce sont des p»ns de murs de so pas d'épaisseur ; ils représentent les trois ou quatre terrasses inférieures, tandis que les supérieures se sont écroulées et ont écrasé dans leur chute les terrasses intérieures. Au sommet on voit un puissant pan de mur de 42 m. de hauteur; c'est un des plus bpaux morceaux de l'architecture antique; il offre des vitriticatioos de diverses couleurs, résultat de la fusion ; ces fragments sonnent comme du verre, et pour que la brique ait pu devenir sonore à un degré pareil, il faut qu'elle ait été exposée à une chaleur égale à celle de la plus ardente fournaise. Le feu du ciel a pu produire ce résultat, et Ton pourrait voir dans le passage Gen. 41,5. (l'Eternel descendit), l'intervention sublime d'un Dieu qui s'avance entouré des éléments, des flammes de feu, ses ministres, qui doivent le venger. L'historien Josèpbe nous a conservé à cet égard une vieille tradition qui dit positivement que la disposition des hommes et la confusion des langues a été accompagnée d'orages effrayants et de grands bouleversements dans la nature. En effleurant le sol on retrouve des briques qui portent encore le nom de Nébucadnetsar. Sir H. Rawlinson a découvert l'inscription que la restauration de ce monument avait cachée dans ses fondations; elle est gravée sur des barils en terre cuite et contient 60 lignes d'écriture cunéiforme. Elle a été traduite plusieurs fois. Si M. i. Oppert ne se trompe pas dans l'interprétation d'un chiffre qu'il prend pour des âges d'homme, la date de la première construction du monument que Nébucadnetsar reconstruisait remonterait en effet à l'époque où fut bâtie la tour de Babel. Ou comprend toute l'importance de ce curieux document. La tour de Béius était uo observatoire, ce n'était pas le temple de Bélus ; celui-ci se trouvait tout à côté. Au pied de la tour, on remarque au nord-est du cane gigantesque du Birs un monticule élevé de 48 à 20 m.; ce sont les restes du temple et des dépendances consacrées aux desservants du culte.

Telles sont les principales ruines qui marquent l'emplacement de l'ancienne capitale de l'Assyrie. Babylone est depuis des siècles une carrière de briques. Séleucie, Ctésiphon des Parthes, Al Maîdan des Perses, Kufa des califes, et jusqu'à Bagdad y ont puisé leurs matériaux; aujourd'hui encore les extracteurs de briques sont à l'œuvre. C'est dire qu'il est impossible de se faire une idée exacte du plan des anciens édifices, pillés et bouleversés depuis laotde siècles. Un autre ennemi de ces grandes ruines, et plus redoutable encore, c'est VEu-

phrate qui ronge incessamment leur rive gauche et qui envahit peu à peu la Babylone de Nébucadnetsar (non celle de Sémiramis, qui est déjà détruite, et qui se trouvait sur la rive droite actuelle), et qui un jour finira par la faire disparaître. Seul, le Birs-Nimroud, placé sur la rive droite à l'ouest du fleuve, se voit à l'abri de ce danger ; il restera sur son antique base pour dire aux siècles futurs que là était la plus grande ville du monde ancien, et que l'Eternel l'a maudite et effacée de dessus la surface de la terre. (». Botta; Oppert, Expédil. en Mésopotamie, 4860-4863. Lettres de Fresnel dans le Journal Asiatique; Rawlinson; La yard, Discoveries in theRuins ofNioiveand Babylon; Keitb, Accompl. des proplh, etc.). [A. Matthey.]

— Sur la Babylone de 4 Pierre », 43. v. Pierre A.

— Quant à la Babylone de l'Apocalypse , on y a mis beaucoup plus de mysticisme qu'il n'y en a : les uns y ont vu le monde entier, d'autres l'image de la raison, d'autres la chrétienté déchue, d'autres telle Eglise particulière, lique, luthérienne, anglicane; d'autres, le d'autres, les rapports de l'Eglise avec l'Etat, etc. Mais l'Apocalypse indiquant elle-même ce qu'elle entend sous le nom de Babylone, il n'est pas nécessaire d'aller si loin : elle répète par sept fois aux ebap. 44, 47, et 48, que la Babylone dont elle parle est une ville ; elle la montre assise sur sept collines, et elle en fait la maîtresse du monde, la femme ivre du sang des saints. Rome seule répond à ce signalement, et la grande majorité des commentateurs sont d'accord â le reconnaître, p. Rome.

BABYLON1E, province d'Asie, bien connue, dont Babylone était la capitale, mais qui ne doit pas être confondue avec la terre des Caldéens. Jér. 24, 5. 35, 41. Ezéch. 42, 43. (Cette dernière, d'après Ptolémée 6, 20., ne comprenait que la partie méridionale de la Babylonie, tandis que la province entière portait le nom de Sinbar.) Elle était bornée au nord par la Mésopotamie, à l'orient par le Tigre, au midi par le golfe Persique, à l'ouest par le désert de l'Arabie. Son territoire, situé sous un ciel pur et sa- I ubre, n'était parcouru par aucune montagne un peu haute. La fertilité du sol était fabuleuse et dépassait tous les prodiges de l'Egypte et du Nil; Pline, Hérodote et Strabon en racontent des merveilles; Hérodote même commence par dire qu'il n'ose en parler parce qu'on ne le croira pas, et qu'il faut avoir vu les phénomènes de cette terre pour y croire ; il ajoute qu'elle ne rapporte jamais moins de 200 pour 4 ; et Strabon assure que la récolte atteint souvent le chiffre de 300 pour 4, sans parler de la grosseur extraordinaire des grains. C'était surtout en blé et en palmiers, que la Babylonie était

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