‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 53 sur 398 · I BAI · texte numérisé non relu

I BAI

mêmes bains avec les gentils. Les femmes se servaient quelquefois de son en guise de savon. Parmi les bains naturels que l'on trouvait en Palestine, et qui étaient considérés comme ayant une influence favorable sur les maladies, il faut remarquer ceux de Tibèriade, de Gadara et de Béihesda, q. v. Josèphe mentionne encore ceux de Kalirrhoon. Les Arabes de nos jours, n'ayant pas toujours a leur portée des sources ou des rivières pour accomplir les lustrations qui leur sont prescrites par le Coran, remplacent parfois l'eau par du sable ou de la terre dont ils se frottent le corps au lieu de se baigner; quelques interprètes ont cru voir une allusion à cet usage dans le passage 2 R. 5, 17., où Naaman demande la permission d'emporter de la terre sacrée la charge de deux mulets.

BAISER. Outre le baiser d'amour, dont quelques rabbins ont voulu faire abstraction complète, la Bible nous montre encore le baiser,

1° Comme marque d'amitié : au moment de l'arrivée, Luc 7, 45. 15, 20.; au moment du départ, Ruth 4,14. Act. 20, 37., ou dans une rencontre, ÎVIatth. 26, 48. 2 Sam. 20, 9. On baisait le visage, Gen. 29, 13. 33, 4. Ex. 4. 27. 18, 7. 1 Sam. 20, 41., etc., ou bien la barbe, qu'on prenait avec la main droite, 2 Sam. 20, 9. Dans l'Eglise primitive le baiser fraternel était considéré comme signe de l'union sainte qui liait les frères les uns aux autres, Rom. 16, 16. 4 Cor. 46, 20. 2 Cor. 43, 42. 4 Thess. 5, 26. Les frères se le donnaient dans les assemblées publiques, comme cela se praiique encore dans quelquesunes des Eglises de nos jours qui aiment â conserver, avec l'ancien amour, les anciennes formes par lesquelles il se manifestait. Ce baiser était aussi le signe de la réconciliation entre des personnes ennemies jusqu'alors, Gen. 33, 4.

2° C'était une marque de vénération, d'hommage et de respect rendu d'abord — a. à la Divinité, au Dieu d'Israël et des chrétiens, Ps. 2, 42. (baisez le Fils de peur qu'il ne s'irrite) et aux divinités étrangères par leurs adhérents, 4 R. 49, 18. Os. 13, 2. (qu'on baise les veaux) ; ces derniers baisaient les statues de leurs dieux quand ils le pouvaient, et leur envoyaient des baisers quand le dieu élût trop loin, comme par exemple le soleil levant, v. Pline i'6, 5., cf. Job 31 , 27.; — 6. puis aux princes que l'on voulait honorer et se rendre favorables. Samuel baisa Saùl en l'oignant roi sur Israël, 1 Sam. 10, 1. Dans l'Orient moderne on baise les mains, les genoux ou les pieds des roi* (comme du pape); tous ne sont pas même admis à cet honneur insigne; cf. Es. 49, 23. Mit h. 7, 17. Ps. 72, 9. Nous voyons encore Ester {5, 2.J baiser le bout du sceptre que lui tend son royal époux.

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BAJITH. Es. 15, 2. C'était, oit bien un simple temple, ou bien une ville du pays de Moab, dans laquelle se trouvait un temple. C'est là que le roi de Moab se rendit pour adresser à son idole de vaines supplications contre les Assyriens. Il serait possible que ce Bajitta ne fût autre que Banal -Méhon.

BALAAM, Nomb. 22-24, fils de Béhor ou Bosor, fameux prophète ou devin de la ville de Pétbor sur l'Euphrate, espèce d'astrologue ou de mage, parfois même prophèle; car, quoique livré à toutes les bassesses de l'avarice et à toutes les souillures du paganisme, Balaam n'ignore pas les traditions des ancêtres, des patriarches et du Dieu de Noé. U appelle encore Jéhovah son Dieu, sans doute parce qu'il appartenait à la postérité de Sem, dans la famille duquel la connaissance et le culte du vrai Dieu s'étaient conservés avec le plus de pureté. U paraît même, d'après le conseil abominable que Balaam donna à Balac, qu'il se formait une juste idée delà sainteté de l'Eternel. Le roi moabite, espérant de vaincre Israël , avait essayé de le faire maudire par le Dieu même qui protégeait ce peuple. Séduit par de riches présents, Balaam part malgré les avertissements d'une voix intérieure, et malgré le sentiment qu'il a de l'œuvre inique dont il se charge. Il selle son ànesse, il se met en route; mais déjà il doit s'arrêter, la bête qui le porte refuse d'avancer; elle voit un ange que le regard obscurci du cupide prophèle n'aperçoit pas, et Balaam, sourd à la voix de la conscience, doit entendre la voix d'une bête de somme qui l'humilie, celle d'un messager céleste qui l'effraye. Ces graves reproches le font rentrer en lui-même; mais sa repenlance est hypocrite comme l'ont été ses prières et sa désobéissance. Toutefois l'ange ne lui ordonne pas de retourner en arrière; il lui annonce, au contraire, des prophéties du ciel : Tu ne diras que ce qui te sera inspiré. Dieu va se créer un prophèle dans la personne de Balaam, comme il a fait de l'ànesse une prophétesse, et le peuple de Dieu se voit béni par la bouche de celui-là même qui, séduit par l'or, venait pour le maudire. Balaam ne prononce que des bénédictions; il annonce l'étoile qui doit venir, et ses paroles mystérieuses touchant le Messie sont recueillies avec empressement par les païens avides d'un Sauveur. Il annonce encore le bonheur et la prospérité dont jouiront les enfants d'Israël dans la terre promise, comment ils se soumettront toutes les nations environnantes, et celle même du roi que le faux prophète voudrait servir; il dit aussi que les Juifs seront toujours un peuple à part, qui ne se confondra pas avec les autres peuples. Puis dans le sentiment de son péché, mais sans repentance, le malheureux s'écrie : Que je meure de la mort

des justes, et que ma fin soit semblable à la leur, Nomb. 22, 10. Ce désir ne fui pas exaucé, parce que Balaam demandait mal ; et quand les douze mille d'Israël se furent avancés contre Moab et contre les Madianiies, cinq rois furent tués et Balaam avec eux, Nomb. 31, 8. Le nom de ce faux prophète est rappelé Néb. 13, î. 2 Pierre 2, 15. Jude 11. Apoc. 2, 14.; Michée parle encore (6, 5.) d'un conseil que Balac avait pris contre Israël, et d'une réponse remarquable que lui fil Balaam.

Cette histoire présente plusieurs difficultés dont quelques-unes sont heureusement résolues par M. GrandPierre (Essai sur le Pentaleuque) et par Oengstenberg dans son ouvrage sur Balaam. Comme on trouve dans les paroles et la conduite du faux prophète un mélange d'erreur et de vérité, il esl probable qu'il y avait aussi dans son origine quelque chose de louche; il est à la fois juif et païen. Nous sommes plutôt disposé à croire qu'il était Hébreu de naissance, et que, poussé par la cupidité et l'ambition, il a préféré mettre ses dons et ses lumières au service du plus offrant. La Caldée était pour lui un meilleur terrain que le désert du voyage, et il ne risquait pas d'y rencontrer un Moïse. Comme les prophètes, il était quelquefois maître de son inspiration; il ne le fut pas toujours: il dut obéir quand Dieu ordonna. Le discours de l'ànesse n'est pas un fait plus extraordinaire que bien d'autres pour ceux qui admettent la possibilité des miracles, et il n'est pas davantage susceptible d'explications.

BALAC, lils de Zippor, roi des Moabiles, Nomb. 22, 2. 4. Effrayé de voir sur ses fronlières ces Israélites dont la réputation belliqueuse et conquérante était parvenue à sa connaissance parla défaite de Sinon et deHog, il sentit la nécessité de s'appuyer sur un secours puissant et eut recours à Balaam. C'est par des malédictions qu'il voulait préluder à cette guerre; mais le refus de Balaam, et la prophétie solennelle qu'il prononça sous l'impulsion du Saint-Esprit détournèrent Balac de son premier dessein. Les Moabites cependant, comme les Hammoniles, n'avaient rien à craindre de l'approche d'Israël, Deut. 2, 9.; mais la terreurde ces peuples n'en était pas moins légitime, puisqu'ils ne connaissaient rien, ni des plans de Dieu, ni des desseins des Israélites. U semble ressortir de Jug. 11, 25., que Balak, se rappelant la promesse de Nomb. 24, 9., s'abstint dès lors de toute démarche hostile contre les Israélites, cf. Mich. 6, 5. Apoc. 2, 14.

BALADAN, 2 R. 20, 12. Es. 39, 1., père de Mérodae-Baladan, q. v.

BALANCE. Les anciens paraissent avoir connu cet instrument, et même en avoir asseï perfectionné là construction pour pouvoir s'en

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