‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 54 sur 398 · BAN · texte numérisé non relu

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servir pour peser l'or et les matières précieuses, cf. Ecd. 28, 29. Il est souvent fait allusion dans la Bible aux faux poids et aux fausses balances, Lév. 19, 36. Deut. 25, 43. Prov. 44 , 4. 46, 44. 20, 23. Mich. 6, 41. On ne connaît pas exactement la forme des balances juives, mais comme il est parlé de deux plateaux, ou bassins, on peut supposer qu'elles ne s'éloignaient pas sensiblement de la la forme des nôtres. Une balance plus simple et plus expéditive semble indiquée Prov. 46, 4 4. Es. 40, 42., cf. 46, 6. — Os. 42, 8. doit se traduire littéralement : • Cananéen, dans sa main des balances de tromperie, » c'est-à-dire : Ephraïm est devenu comme un Cananéen, tant il aime à tromper; cf. Am. 8, 5.

BALATH-BÉER, Jos, 49, 8. 4 Sam. 30, 27., ou Bahal, 1 Chr. 4, 33., ville des Siméonites, située probablement vers les frontières sudouest du territoire appartenant à cette tribu. Elle est encore appelée Rama du Midi; peutêtre n'est-elle autre que celte Ramoth à laquelle David envoya une partie des dépouilles enlevées sur les Hamalécites.

BALEINE. Le nom de cet animal se trouve dans nos traductions, Gen. 1, 24. Job 7, 42. Ps. 74, 43. Matth. 42, 40. La version anglaise l'a encore Ez. 32, 2.; la Bible de Luther l'a comme la version française. Le mot hébreu est Tan ou Tbannin; les Sepiante l'ont traduit par Ktjtoç, qui signifie effectivement baleine, et notre traduction de Matth. 42, 40. est exacte; maisl'bébreu doit-il en effel se rendre par Kêtos ? signifie-t-il une baleine P C'est extrêmement peu probable. On ne saurait croire que les écrivains sacrés aient eu connaissance de cet animal, qui n'a jamais paru ni sur les côtes de la Palestine, ni sur celles de l'Egypte, soit du côté de la Méditerranée, soit du côté de la mer Rouge, et les rapports des voyageurs à celte époque n'avaient pas encore atteint le Groenland, le Spitzberg, ou les mers qui sont le séjour des baleines. Mais si l'on est d'accord à penser qu'il ne s'agit pas de ce gros célacé dans les passages cités, ni dans l'histoire de Jonas, les opinions varient beaucoup lorsqu'il s'agit de déterminer d'une manière positive quel était ce poissoo ; il parait que le même mot doit se traduire diversement dans les différents passages. On pense qu'il s'agit du crocodile dans le verset de la Genèse (Harris, Nalural Hist. of the Bible. Hurdis, Critical Dissert, on the word whale in Gen. 4, 24., etc.) : selon d'autres, et c'est plus probable, il s'agirait des monstres marins *i divers et si nombreux qui parurent au cinquième jour, et dont plusieurs espèces n'existent plus qu'à l'état de fossiles. Quant au grand poisson de Jonas, les uns ont prétendu que c'était Vorca de Pline, espèce de dauphin (Hase, etc.);

d'autres (Calmet, Bochart, Linnée, Winer) pensent, et c'est l'opinion la plus probable, que c'est le cbien marin (canis carcbarias, ou squamus carcharias, de Linnée), le requin dont la mâchoire est armée de quatre cenls dents aiguës, rangées sur six rangs, et dont la gueule est si vaste qu'elle peut, fort à son aise, engloutir un homme tout entier. Il n'est pas rare de voir ce monstre avaler des hommes et môme des chevaux, et Ton a trouvé jusqu'à dix thons dans l'estomac d'un requin dont le poids s'élevait à peine à quatre cenls livres. On dit que lorsqu'un de ces poissons tiendrait la gueule ouverte un moment, un chien pourrait descendre jusqu'au fond de son estomac pour y chercher la nourriture qui s'y trouve.

BALTHASAR, v. Belsatsar.

BAMOTH, Nomb. 21 , 19. Ville située au delà du Jourdain, sur les frontières du pays de Moab; d'après Eusèbe. elle aurait été située sur l'A mon : c'est la même que Bamoth-Bahal, Jos. 43, 47.

BANNISSEMENT. Le N. T. nous présente dans l'interdiction, ou expulsion de la synagogue, une espèce de peine ecclésiastique, et comme une excommunication juive ; elle était prononcée, en général, dans les cas d'hérésie, Luc 6, 22. Jean 9, 22. 42, 42. 16, 2. On faisait couvrir de pierres, par jugement, le corps de celui qui mourait interdit. Pendant tout le temps que durait la peine, le condamné ne pouvait se raser, ni se couper les cheveux, et il ne pouvait entrer dans le temple que par une porte faite exprès. La Guemara, du reste, et les rabbins parlent de deux espèces d'excommunications différentes, la petite et la grande. Cette dernière, accompagnée de malédictions, pouvait être plus ou moins longue ; elle empêchait toute espèce de rapports et de communications avec le dehors, et ne pouvait être prononcée par moins de dix membres de la synagogue. L'autre, moins sévère, pouvait être prononcée par un seul homme, le rabbin, par exemple; sa durée ne pouvait excéder trente jours, et celui qui était ainsi exclu de la synagogue continuait de vivre avec sa famille sans en être empêché ; même il pouvait traiter ou converser avec d'autres, moyennant qu'il y eût entre eux et lui la dislance de quatre coudées, un peu plus de deux mètres.

C'est de cette excommunication que fut puni l'aveugle-né dont Jésus avait opéré la guérison, Jean 9, 34.

Quelques rabbins parlent encore d'une troisième espèce d'excommunication plus sévère que les deux autres, et qui aurait consisté à livrer un homme à tous les maux, à le livrer à Satan, cf. 4 Cor. 5, 5. 4 Tim. 4, 20. On pourrait y joindre encore celte exécration de la part de Christ, dont il est parlé Rom. 9, 3. Mais

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tout en admettant comme un fait très naturel qu'il y ait eu divers degrés d'excommunication, il n'est rien moins que prouvé que les expressions susmentionnées renferment des allusions à quelques usages juifs, et l'on ne peut rien préciser au delà de ce que nous avons dit sur la grande et la petite excommunication.

Quant au bannissement comme peine politique, nous en trouvons une trace dans le passage Esd. 10, 8.

BAPTÊME. Ce mot indique primitivement l'acte de plonger, de tremper, puis de laver et de nettoyer. Dans l'original du passage Marc 7, 8., il y a : « le baptême des pots et des coupes. » — Pris dans le sens religieux, ce mot n'inplique pas nécessairement, quoique certaines eongrégaiions le prétendent, l'idée d'une immersion totale. Tous les passages allégués en faveur de «telle assenion peuvent admetire une inlerprétaiion moins liitérale, ei indiquer seulement que celui qui devait recevoir le baptême, et celui qui devait l'administrer, entraient l'un et l'attire les pieds dans l'eau à une hauteur indéterminée, et que ce dernier rêpandaïi peutêtre avec la main de l'eau sur la léie du néophyle, v. Act. H, 38. Le mot de l'Evangile, que Jean baptisait à Enon « parce qu'il y avait (à beaucoup d'eau,» Jean 3. 23., ne prouve pas davantage celle immersion absolue. Dans ces pays brûlants, les torrents, et jusqu'à un certain point les rivières, sont sujets à se dessécher presque entièrement dans certaines saisons de l'ani.ée; on vit un roi, Achab, et l'un de ses principaux officiers, se mettre personnellement en chemin pour aller chercher des endroits un peu arrosés, 4 R. 18, 5. 6. v. encore 2 R. 3, 9., etc. Dans le passage de l'Evangile qu'on vient de citer le mot beaucoup pourrait donc parfaitement signilier ce qu'ici, dans la zone tempérée, nous appellerions un peu, d'autant plus que le mol eaux est dans le' grec au pluriel ; ce qui semblerait indiquer, presque avec certitude, non pas une eau profonde, mais une grande ramîlicalion du torrent, qui permettait peut-êire à Jean-Baptiste de faire baptiser simultanément en plusieurs endroits. La raison la plus puissante peul-éire pour repouser l'idée des baplémes par immersion totale, c'est l'obligation absolue où aurait été la multitude qui venait se faire baptiser par Jean au désert, Marc 4,5., d'apporter des vêtements de rechange et de se déshabiller ainsi complètement, hommes ei femmes. La chose semble inadmissible et impraticable. A combien plus forte raison dans nos climats, et dans les profondeurs du Nord ! On allègue que le baptême chrétien devant être l'image d'un ensevelissement, et de la mort à une vie précédente, à laquelle succède une résurrection, l'immersion totale représente mieux

la chose. Mais l'Evangile n'est pas si matériel qu'il s'asservisse à représenter à ce point-là les idées qu'il veut figurer. 11 donne quelques signes, et celui qui a de l'intelligence comprend.

Nous venons de dire quel est le sens du baptême, du moins du baptême chrétien; et pour nous borner à ce qui regarde l'Ecriture sainte, il nous semble que c'était même la signification de toutes les espèces de baptcmes religieux dorit parle la Bible; car elle en indique plusieurs » différentes époques delà vie théocralique , et différents peut-être dans les cérémonies qni en accompagnaient l'application. Jacob et sa famille se lavèrent avant de s'approcher de Dieu à B< thel, Gen. 35, 2. Les Hébreux en tirent autant avant d'entrer dans l'alliance de l'Eternel en Sinaï, Ex. 49, 44. 4 Cor. 40, 2. Aaronetses (ils se lavèrent également lorsqu'ils furent initiés à la sacriticalure, Ex, 29, 4. Enfin, sous te ministère de saint Jean, même avant le baptême chrétien proprement dit, le baptême devint le sceau de la nouvelle alliance, ayant alors déjà la même signification qu'il eut plus lard, bien qu'il n'annonçât pas aussi clairement la doctrine du l'ère, du Fils et du Saint-Esprit, Act. 19, 3. Dans ces différents cas, et quel que soit le sens spécial que pouvaient donner à la chose ceux qui étaient lavés, le baptême était toujours un rite d'initiation. Le baptême de Jean, en particulier, qui est spécialement appelé un baptême de repentance, semblerait avoir été offert à tous, païens et juifs, sans distinction d'origine, Matlh. 3, 8. 9. Luc 3, 7. 8. Ce n'était déjà plus la forme, c'était le changement iniérieur qui devait mettre les hommes à l'abri de la colère à venir. Mais cen'élait pas encore la grâce et la doctrine positive de la foi en Christ; saint Jean le déclare lui même, Matin. 3, 44. Jean 4, 25. Aussi les apôtres jugeaientils bon de rebaptiser ceux qui avaient déjà reçu le baptême de Jean, quand ceux-ci déclaraient vouloir entrer dans l'Eglise de Christ, Act. 19, 4-5.

Quant au baptême chrétien, la belle signifi calion dont nous venons de parler est positivement indiquée par saint Paul, Rom. 6, 3-H.; elle est pleine de grandeur et correspond exactement aux idées que se faisaient déjà les esséniens, et que se sont faites, après eux, les moines catholiques-romains, du renoncemfnt au nrônde qui doit caractériser loute âme vraiment pieuse. Seulement les deux écoles religieuses que nous indiquons ici bornaient et' renoncement à quelques individus dont elles faisaient une sorte d'élite, tandis que Jésus et >on Evangile imposent celte sainte ei douce obligation à tout Adèle. Dans ce sens-là, le baptême d'un homme qui embrasse la foi cor-

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respond presque en tout point 4 ee qu'est la prise du voile chez une religieuse, l'endossement de l'uniforme chez un militaire, la robe virile cbez tes Romains. Ce n'est qu'un type, un symbole, mais un symbole parlant. Et c'esl par ces considérations qu'on doit expliquer ce qui est dit dans l'endroit de l'épitre aux Romains, indiqué plus haut, « que nous sommes ensevelis avec Christ par le baptême : » c'esl évidemment par la foi en Christ, et par le don que nous lui faisons de nous-mêmes, que nous sommes ensevelis avec lui, et non par la cérémonie même. Mais comme le symbole se liait étroitement, pour ceux a qui Paul écrivait, à la foi dont il s'agit, l'Apôtre argumente de l'un comme de l'autre. Cela se fait tous les jours : i! n'est pas un militaire à qui l'on ne puisse dire : Tes épaulettes, ta cocarde, ton uniforme t'ont frit renoncer a ion père et à la mère, au foyer de la famille, et à ses douceurs; tu es mort a la vie civile, tu ne vis plus que pour défendre la patrie et pour obéir à tes nouveaux supérieurs.

Sans doute cette signification symbolique du baptême s'applique bien plus naturellement et plus réellement à ceux qui ont reçu le baptême après avoir embrassé l'Evangile par conviction, qu'a ceux qui l'ont reçu enfants. Mais, dans les deux cas, elle reste pourtant. El peut-être, re qu'on peut dire de plus sage en faveur du baptême des enfants (la Bible laissant cette question pour le moins indécise), c'est que la foi étant un devoir aussi bien que le moyen du salut, l'enfant du chrétien peut être consacré au Seigneur, même avant son consentement, comme oo voit un enfant né dans la troupe, porter dès ses plus jeunes années le costume de soldat, quille à lui de refuser plus lard, ou même de déserter.

Un passage assez obscur, relatif à ce sujet, et qui est, selon nous, généralement mal traduit, est celui où saint Pierre dit que le baptême qui nous sauve n'est pas celui par lequel sont nettoyées les impuretés de la chair, 4 Pierre 3, 34. On ajoute ensuite : « Mais c'est la promesse laite a Dieu d'une conscience pure » (ou quelque autre version semblable). Il faut traduire : « Mais c'est la recherche que fait de Dieu une conscience pure, » ou, avec Rilliet : « Mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu. »

Le baptême n'est qu'un symbole, mais ce serait se tromper grandement que d'en conclure qu'il peut être négligé ou aboli, comme chez les quakers, par exemple. Les symboles sont une des choses qui ont les racines les plus profondes dans la nature humaine : le peuple est plein de celte idée. Des barbares font un pacte, et ils élèvent une pierre sur le lieu de la trans

action, « afin qu'elle soit témoin de leurs promesses. » Un juge prononce une sentence de mort, il brise un bâton en la prononçant; tous les assistants frémissent. Un manœuvre revêt l'uniforme, c'est un homme nouveau. Un prêtre romain élève son idole, et chacun peut apercevoir le frémissement qui parcourt l'église au moment où la foule adore, sans s'en douter, le Numen... Satan, qui s'est mis sous le symbole à la place de Dieu !

Les symboles , la représentation des choses spirituelles par des objets ou ries actes matériels, se retrouvent dans l'Ecrilure, comme ils se trouvent dans la nature. Us sont un besoin, et souvent un moyen , un secours, une obligation; ils sont aussi une profession, un acte public, et c'est dans ce sens, mais dans ce sens seulement, que Jésus parlant h Micodème, Jean 3, 3., met le baptême d'eau sur la même ligne que le baptême d'esprit.

La controverse relative au baptême des adultes, toujours fort vive en Angleterre, aux Etats- Unis et aux Indes orientales, n'a jeté qu'une lueur fugitive sur le continent, où des questions malheureusement bien plus graves, ont dû fortement accaparer et absorber l'attention des chrétiens. C'est à Genève, vers 4 825, que cette question a été le plus chaudement discutée (la Famille baptiste, la Famille baptisée, etc.); dès lors les baptistes suisses, tout en conservant leurs principes, se sont fondus dans les troupeaux déjà existants ; la plupart des Eglises pédobaplistes ont môme pris des mesures spéciales, destinées i faciliter aux baptistes leur admission sans gêner leur conscience. Parmi les rares ouvrages publiés en France en faveur du baptême exclusif ries adultes, nous citerons, comme complet et curieux, le Catéchisme du Baptême d'après les saintes Ecritures et un grand nombre d'auteurs pêdobaplistes (Douai 4843), et différents écrits de M. Crétin : v. aussi à un autre point de vue, Clément, Ph. Wolf, etc.

Au reste, la question de fond ne peut sérieusement souffrir de difficultés; le baptême des petits enfants est la conséquence logique du système des Eglises nationales ; le baptême des adultes, des adhérents, des professants, est la conséquence logique du système des Eglises de professants, quelque nom qu'on leur donne d'ailleurs, Eglises indépendantes, libres, dissidentes ou autres. L'Eglise primitive baptisait ceux qui croyaient, parce qu'alors l'accession à I Eglise était un fait individuel et volontaire; si l'on fait de l'Eglise, en en dénaturant la notion, un élablissement d'évangélisation et d'appel, point de vue qui peut se soutenir par des raisons spirituelles el morales plutôt que scripturaires et ecclésiastiques, le baptême des enfants est justifié; les baptisés sont les appelés -,

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mais si l'Eglise ne comprend que les adhérents ou les élus, le baptême n'appartient plus qu'aux adultes. L'hon. Baptiste Noël, en quittant l'Eglise anglicane, s'est fait rebaptiser; il a été plus logique dans sa conduite que ceux qui l'ont précédé ou suivi en Suisse, en Ecosse et en France ; il n'a pas quitté un nationalisme pour un autre.

Les baptistes ont longtemps compromis leur cause par l'étroitesse et l'cxclusisme avec lequel ils s'attachaient, non-seulement à leur point de vue quant au baptême des adultes, mais encore au baptême par immersion. Une forme n'est pas un dogme fondamental. A cet égard, ils ont subi aussi l'influence de l'Alliance évangélique.

BAPTISTE, i7. Jean, et Baptême.

BARAC, fils d'Akinoam, de Kédès, dans la tribu de Nephthali, général israélite, fut chargé par Débora de lever une armée de 10,000 hommes dans les tribus de ZabuloH et de Nephthali, et d'attaquer Sisera, Jug. 4, 6. sq. Il témoigna d'abord quelque hésitation, craignant que les tribus ne refusassent de le suivre si rien n'appuyait son appel aux armes. Débora consentit ù l'accompagner, mais le punit de son manque de foi en lui annonçant que le général ennemi tomberait sous les coups d'une femme. Barac n'hésite plus, il part, et campe sa petite armée sur les hauteurs du mont Tabor, inaccessibles aux chariots et à la cavalerie du roi de Hatsor. L'Eternel combattit des cieux , Israël remporta la victoire; mais lorsque Barac arriva, cherchant son ennemi pour le mettre a

mort, la prophétie de Débora était accomplie une femme lui avait ravi la dernière gloire du combat; Jahel courut à sa rencontre et lui dit : Viens, et je te montrerai l'homme que tu cherches.

Saint Paul loue la foi de Barac, Héb. 11, 32., et Débora le chante aussi dans son sublime cantique; d'ailleurs l'ensemble de la vie de ce général (dont il ne faut pas faire un juge comme quelques-uns le font à tort), nous montre en lui un véritable Israélite, soumis à la volonté de son Dieu. Il eut cependant , comme Aaron, comme Moïse, comme David, comme Pierre, ses doutes et son incrédulité ; les incrédules seuls, qui ne savent pas ce que c'est que la foi, peuvent prétendre qu'il n'y eut chez lui ni lâcheté ni défiance, et que sa désobéissance fut très légère. Il refusa de croire à la prophétesse : ce péché ne paraît pas grand à ceux qui refusent de croire aux prophètes, mais Dieu châtia Barac par où il avait péché, et lui enleva l'honneur qu'il avait d'abord voulu lui accorder. — v. Bedan.

BARACHIE (que l'Eternel bénit). « Afin que vienne sur vous, dit Jésus en parlant aux scri-

bes et aux pharisiens, tout le sang juste qui a été répandu sur la terre, depuis le sangd'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel, » Matth. 33, 25. Quel est ce Barachie? c'est une question qui est toujours restée pendante depuis Origène et les Pères, et qui l'est encore maintenant. Quelques-uns ont pensé à Jébérecja, père de Zacharie, Es. 8, 2., d'autres à Barachie, père du prophète Zacharie, Zach.

1., d'autres au père de Zacharie, père de Jean-Baptiste ; mais ce sont de pures hypothèses qui ne reposent que sur une ressemblance de nom, sans que l'histoire fournisse aucune preuve que ces différents Barachie soient morts de mort violente. Il reste enfin deux suppositions qui, l'une et l'autre, se rapportent au passage 2 Chr. 24, 20-23. Là nous lisons que Zacharie, fils de Jèhojadah, ayant reproché au peuple leurs transgressions, fut assommé de pierres par l'ordre du roi, au parvis de la maison de l'Eternel. Selon les uns, Barachie serait un second nom de Jéhojadab, et c'est un moyen souvent employé et souvent justifié de concilier d'apparentes contradictions ; il n'était pas rare, en effet, qu'un homme portât des noms différents. Selon d'autres, Jéhojadab serait le père de Barachie, et l'aîeul de Zacharie; il y aurait donc une génération omise dans le récit des Chroniques, comme il arrivait assez fréquemment dans la généalogie d'un homme de ne compter que ceux de ses ancêtres qui étaient le plus connus. Cette dernière manière de voir parait plus vraisemblable, et peut s'appuyer encore sur le fait de la longue vie de Jéhodajah qui atteignit l'âge de 130 ans, 2 Chr. 24, 15. Jésus, en choisissant cet exemple au milieu de tant d'autres, aurait voulu faire sentir aux pharisiens que l'Ecriture sainte tout entière, d'un bout à C autre, rend témoignage à leur endurcissement; car l'exemple d'Abel est tiré de la Genèse, et celui de Zacharie serait tiré du second livre des Chroniques qui, dans le texte hébreu, est placé à la fin du volume sacré.

BARBARE. On sait que les Grecs donnaient ce nom aux hommes de toutes nations qui ne parlaient pas leur langue, les regardant par cela même comme ignorants et peu civilises. Avec le temps cette expression devint donc synonyme du mot étranger, et perdit tout ce que d'abord elle pouvait avoir d'offensant : être barbare pour quelqu'un ne signifiait plus que lui être étranger, parler une langue différente rte la sienne, et qu'il ne comprend pas. Les Juil* traitaient de la même manière ceux qui n appartenaient pas a leur nation, et c'est dans ce sens que les apôtres ont pu se servir de ce mot, Act. 28, 2, 4. Rom. 4, 44. ^ Cor. 14, 44. toi. 3,41.

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BARBE. Les Hébreux se la laissaient croître, 1 conduire. Son châtiment ne devait être que

comme faisaient et comme font encore presque tous les Orientaux (à l'exception cependant des Egyptiens; car Joseph fut rasé pour être rendu digne de paraître en la présence de Pharaon, Gen. 44 , 4 4.). Parfois ils l'érourtaient, ou même la rasaient entièrement en certaines places, suivant des formes régulières. Mais les coins de la barbe (Lév. 49, 27., probablement les favoris) que ies Arabes rasent habituellement, ne devaient jamais tomber. Quelques-uns des Juifs modernes, par principe, conservent encore un léger filet de barbe depuis l'oreille, et au menton la barbe entière. Les Hébreux soignaient particulièrement cette partie de la figure qu'ils regardaient eomme leur plus bel ornement, et ils l'oignaient d'huiles odoriférantes, Ps. 433, 2. Dan. 40, 3. Raser quelqu'un malgré lui, c'était lui faire un affront sanglant, et 2 Sam. 40, 4. nous montre une guerre contre Hanun, résultant d'un traitement de ce genre fait aux envoyés du roi David. Niebuhr et Tavernier rap portent des faits semblables; cf. Es. 7, 20. 50, 6., etc. Moïse prescrit une tonsure complète comme mesure de santé, Lév. 4 4, 9. ; mais, à l'exception de ce seul cas, ce n'était jamais que dans un deuil profond que les Israélites se rasaient ou s'arrachaient la barbe, Es. 45, 2. Jér. 44, 5. 48, 37. Esd. 9, 3., ou négligeaient d'en prendre soin, 2 Sam. 19, 24. Néhémie, dans sa fureur contre ceux des Juifs qui avaient contracté des alliances étrangères, en battit quelques-uns et leur arracha les cheveux, Néh. 43, 25. Les esclaves n'avaient pas le droit de se laisser croître la barbe, que les Orientaux considéraient et considèrent encore comme l'apanage exclusif de l'homme libre et fort. On baisait la barbe de celui qu'on voulait honorer ou se rendre favorable, 2 Sam. 20, 9. Enfin cette excroissance capillaire était si considérée, elle jonail un tel rôle, qu'on mettait à part tous les poils qui tombaient sous le peigne, et qu'on les conservait avec beaucoup de soin.

BAR -JESUS. Bar signifie fils. C'était un homme, Juif d'origine, qui s'adonnait à la magie, et qui avait pris un nom arabe en rapport avec ses occupations ordinaires, le nom d'Elymas qui veut dire enchanteur. Il était placé dans l'Ile de Chypre, à Paphos, auprès du proconsul Serge Paul, qui lui accordait une grande eonfiance. Les apôtres Paul et Barnabas ayant été appelés auprès de Serge qui désirait d'ouïr la parole de Dieu, Bar-Jésus qui craignait de perdre son crédit si les deux étrangers réussissaient auprès du proconsul, leur résistait ouvertement, cherchant à détourner Serge de la foi. Mais Paul le frappa d'aveuglement, tellement qu'il ne put pas même voir le soleil, et Bar-Jésus sortit, cherchant quelqu'un pour le

pour un temps, mais nous ignorons quand et comment il recouvra la vue, Act. 43, 6. sq. — v. Ananias.

BAR-JONA, fils de Jona ou de Jonas, surnom syriaque de l'apôtre Pierre dont le père s'appelait effectivement Jonas, t>. Matth. 46, 47. Jean 4, 42. 24, 45-47. Comme Jona signifie une Colombe, quelques-uns ont cru voir une allusion à ce sens dans les paroles de notre Sauveur, Jean 4 , 42. : « Tu es Simon, fils d'une colombe, tu seras appelé un rocher. » Mais s'il y a dans le surnom donné à Pierre une allusion effective, elle ne se rapporte point au caractère de Pierre lors de sa vocation, puisqu'il était plutôt bouillant que ferme (et son reniement a bien montré qu'il n'était pas un rocher), mais à son caractère futur, à ce qu'il devait être un jour. Du reste il n'est pas nécessaire de voir une allusion dans le mot de Bar-Jona, puisqu'il désigne déjà par lui seul un titre réel de Pierre, sa naissance, et que les anciens et les Orientaux, lorsqu'ils font un appel solennel à quelqu'un, ont coutume de le nommer par tous ses titres, de lui donner tous ses noms, et de l'adjurer spécialement au nom de son père. Les contes arabes fourmillent d'exemples de ce genre.

BARNABAS. Ses ancêtres, de la tribu de Lévi, s'étaient retirés dans l'île de Chypre, peut-être lors de l'invasion de la Judée par les Syriens, ou par les Romains. C'est dans cette lie qu'il naquit ; il y reçut le nom de Joses, mais après sa conversion à la foi chrétienne, on l'appela Barnabas, ce qui peut se traduire, ou fils de prophétie, à cause des dons èminents qu'il avait reçus du Saint-Esprit, ou fils de consolation, à cause de l'assistance qu'il prêta à l'Eglise par ses grands biens et par son ministère. On sait qu'il vendit le premier une possession dont il déposa le prix aux pieds des apôtres; et, selon toute probabilité, ce fut la considération qui en rejaillit sur lui qui engagea Ananias et Saphira au mensonge. Il demeurait à Jérusalem, quand il fut amené à l'Evangile, Act. 4, 36. 37. Lorsque saint Paul converti vint à Jérusalem après trois ans de séjour en Arabie, Barnabas fut le premier à le reconnaître comme un frère, et il le présenta comme tel aux fidèles de Jérusalem qui accueillaient avec méliance leur ancien ennemi.

Vers l'an 44 de noire Seigneur, Barnabas fut député par les frères de Jérusalem vers ceux d'Antiocne : il partit de là pour Tarse, d'où il ramena Paul avec lequel il prêcha l'Evangile à Antioche, durant toute une année ; puis, avec ce même apôtre, il porta aux lidèles de Judée le produit de la collecte qu'on avait faite pour eux. Barnabas et Paul étant retournés à Antioche,

furent envoyés par les cbrétims de cette ville pour prêcher l'Evangile aux gentils. Us s'embarquèrent donc, séjournèrent dans l'Ile de Chypre, lieu d'origine de Barnabas, y rencontrèrent le magicien Bar-Jésus, et convertirent le proconsul romain Serge Paul. De la ils 6e rendirent à Antioche de Pisidie où ils essuyèrent une persécution qui les contraignit de se rendre à Iconie, puis à Lystre, où les païens prirent les deux apôtres pour deux de leurs dieux revêtus d'une forme humaine, appelant Barnabas Jupiter, et Paul Mercure. Un moment après, les apâlrcs faillirent être lapidés, et durent s'enfuir à Derbe ; ils revinrent en Pisidie, allèrent en Pamphylie, et se retrouvèrent entin à Antioche, après une absence d'environ quatre ans. C'est alors que s'éleva la grande question qui divisait l'Eglise chrétienne naissante, à savoir si les païens qui venaient à se convertir devaient être circoncis, et en général astreints aux observances mosaïques. Barnabas, par faiblesse peut-être, inclinait pour l'affirmative, tandis que Paul , plus avancé dans la foi à la nouvelle alliance, était prononcé pour l'opinion contraire. Il fut résolu qu'ils iraient l'un et l'autre en conférer avec l'Eglise de Jérusalem. Après que cette affaire eut été terminée, ces deux serviteurs de Dieu reprirent le chemin d'Antioche où ils rendirent compte aux frères de ce qui avait été dit et décidé. Ils résolurent ensuite d'aller visiter et encourager les Eglises qu'ils avaient réunies dans leur précédent voyage missionnaire; Barnabas aurait voulu que Jean surnommé Marc, et selon toute apparence son neveu, les accompagnât dans celte tournée; mais Paul qui se rappelait qu'une précédente fois déjà Marc, après s'être mis en route avec eux, les avait abandonnés pour retourner chez lui, refusa de le prendre, et les deux apôtres se séparèrent aigris l'un contre l'autre : Paul partit avec Silas, et Barnabas prit une autre direction dans la compagnie de Marc. Ils se rendirent en Chypre, et dés lors nous ne connais» sons plus rien, du moin* par la Bible, de la vie et des travaux de cet homme auquel le Saint- Esprit a accordé le titre d'apôtre. Cependant, environ huit ans après cette séparation, saint Paul, écrivant aux Corinthiens, leur parle de son ancien collègue dans l'apostolat, comme on parle d'un homme qui est encore vivant et dont on connaît bien la situation. ». Act. 44, 22. 45, 37. Gai. 2, 4. 9. 43. Col. 4, 40. 4 Cor. 9, 6., et les art. Paul et Marc. — u. encore Cypre.

L'antiquité nous a conservé une lettre qui porte le nom de Barnabas; l'auteur y expose que le culte lévitique n'est pas essentiel pour les chrétiens. Cetie cpltre tient le milieu entre le christianisme judaïque et les vues philosophiques de l'école d'Alexandrie. Il faut, d'après

Fauteur, qu'une gnôtis découvre le sens de l'Ancien Testament et convainque les Juifs de leur erreur; il faut que les Juifs apprennent que les cérémonies ne sont que des symboles. U tendance gnostiqne de cette lettre i'a fait attribuer à un docteur d'Alexandrie; d'un autre côté, il s'y trouve beaucoup de traits chrétiens qui montrent un homme qui a habité avec les apôtres. Néander la refuse à Barnabas, mais la plupart des anciens Pères la lui attribuent, et les arguments semblent, en effet, pencher de ce côté. Le manuscrit du Sinaï la renferme.

BARRABAS, Matlh. 27, 46. sq. Jean 18, 40., brigand fameux qui était avec ses complices en prison à Jérusalem, pour sédition accompagnée de meurtre, lorsque notre Seigneur y fut jugé et condamné au supplice de la croix. Le peuple, invité à choisir entre Jésus et Bnrrabas, a l'un desquels Pilate offrait de faire grâce suivant uo usage qui avait prévalu, demanda, à l'instigation des principaux sacrificateurs, que Barrabas fût relâché et Jésus-Christ crucifié.

Cette histoire, si effroyable dans sa simplicité, se présente comme une muette condamnation de l'humanité prononcée par elle-même contre elle-même. Barrabas portait, lui aussi, le nom de Jésus, et ce n'est que par un sentiment de convenance charnelle qu'on l'a fait disparaître du texte sacré. Son nom même de Barrabas (Bar- A bba) signifie le Fils du Père, et c'est entre ces deux Jésus, entre ces deux Fils du Père, que ie peuple ayant eu à se prononcer, a condamné le juste et relâché le meurtrier. Le professeur Tholuck a tiré un grand parti de ce rapprochement, et s'est attaché, dans un de ses sermons académiques, à montrer combien il y a d'hommes, de nos jours encore, qui, au lieu de s'attacher au Jésus Dieu , lui préfèrent uo Jésus homme et pécheur comme nous. Quant à la personne même de Barrabas, il ne faut pas oublier qu'au siècle apostolique on donnait souvent le nom de brigands aux patriotes qui recouraient à l'émeute pour secouer le joug abhorré des Romains. Barrabas a élé probablement moins un assassin qu'un rebelle pris les armes à la main, et les acclamations du peuple, en montrant combien il était populaire, ne permettent pas de voir en lui un vulgaire criminel.

BARSABAS. 1° Joseph Barsabas, surnommé le Juste, fut un des premiers disciples de Jésus- Christ, et probablement un des soixante et dix qu'il envoya devant lui, Act. 4, 21-23. Ce fut entre lui et Matthias que les apôtres jetèrent le sort pour remplacer Judas le traître, mais le sort ne le favorisa pas; toutefois, le fait seul de sa présentation montre de quelle estime II jouissait dans l'Eglise. Nous ne connaissons d'ailleurs rien de particulier sur ta vie. La tradition porte

qu'il raourui en Judée, après avoir beaucoup souffert pour l'Evangile.

2* Judas Barsabas, que l'Eglise de Jérusalem députa avec Paul, Barnabaset Silas, auprès des autres Eglises, pour leur faire connaître les résolutions qui venaient d'être prises par le coneile de la métropole judéo -chrétienne, sur la conduite à tenir à l'égard des païens convertis. Art. 45, 22. sq. Il était peul-éire parent du précédent, de Joseph Barsabas; en tout cas l'Eglise de Jérusalem le comptait au nombre de ses membres les plus distingués, et il portait, avt c Silas, Agabus et d'autres, le titre de prophète, v. 32.

BARTHELEMI, un des douze apôtres, Matth. 40, 3. Jean, dans son évangile, ne fait Jamais mention de Barihélemi ; en revanche il compte Natlianaél au nombre des douze, tandis que les autres évangélistes ne parlent pas de INathanaêl, mais bien de Bartbélemi. De plus, Jean parle de Philippe et de Nathanaël dans l'ordre où les trois autres placent Philippe et Bartbélemi. Nathanaël figure d'ailleurs au nombre des apôtres qui se rendirent vers la mer de Tibériade, auprès du Sauveur ressuscité4, et qui virent la réintégration de saint Pierre. Enfin le nom même de Bartbélemi n'est qu'un surnom signifiant fils de Tbalmaî (selon d'autres, fils de Plolémée), comme Bar-Jonas signifie fils de Jonas. 11 résulte de ces considérations que, selon toute apparence, Bartbélemi l'apôtre est le même que Naihanaèï, q. v. — D'après la tradition, Bartbélemi aurait prêché l'Evangile aux Indes (peutêtre sur les côtes occidentales de l'Arabie) ; puis il sentit retourné dans les contrées occidentales et septentrionales de l'Asie, où il aurait travaillé quelque temps avec Philippe. Il doit être mort en Arménie, a Albanople, du supplice de la croix, en recommandant aux païens, jusqu'à son dernier soupir, l'Evangile qu'il leur avait prêché.

BARTIMÉE. Simple et touchante histoire d'un aveugle devenu voyant! Il se tenait assis aux portes de Jérico, demandant l'aumône. Son nom signifie fils de Timée; et comme on ne prenait guère le nom de son père que lorsque celui-ci avait occupé un certain rang dans le monde, il paraîtrait que ce malheureux était né dans une position différente de celle où 11 se trouvait alors j c'est peut-être à cause de cela que Marc ne fait mention que de lui, bien qu'il y eût là deux aveugles en même temps.

Celle histoire nous est racontée par trois évangélistes, Matth. 20, 29. Marc 40, 46. Luc 48, 35. sq., et par chacun avec quelques détails différents. Quelques auteurs appellent ces divergences des contradictions inconciliables, et Us sont heureux d'y voir une preuve de l'authenticité des livres saints, une preuve que les

évangélistes ne sont pas des faussaires qui se soient concertés. Ce raisonnement, s'il était juste, ne serait certainement pas sans valeur au point de vue apologétique. Quant à nous, pour la première fois que cette question se rencontre sur notre chemin, nous le dirons franchement : à supposer qu'il y ait dans les livres saints quelques erreurs de dates, d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle, ou autre de ce genre , cela ne nous touche nullement , parce que ce que nous cherchons dans la Parole de Dieu, c'est une parole de salut, et l'annonce d'une économie de grâce : nous n'y cht rebons pas autre chose. Dieu même, en nous donnant son livre, n'a voulu que nous éclairer sur les grandes questions qui se rattachent à notre âme, à notre Sauveur, a l'éternité. Toutefois, et quoiqu'il importe fort peu, dans ce sens, qu'il y ail ou non des erreurs matérielles dans la Bible, il faut reconnaître qu'il en est un bien petit nombre qui soient positivement constatées. On trouve sans doute ici et là quelqnes faits racontés sous des points de vue différents, et avec d'autres détails: on trouve bien encore des expressions employées dans un sens large et étendu : mais des contradictions, et des contradictions inconciliables, non. Puisqu'on en signale de telles dans l'histoire de Bartimée, examinons-les. Marc et Luc ne parlent que d'un aveugle, tandis que Matthieu en mentionne deux. Marc et Matthieu placent le miracle au moment où Jésus sortait, tandis que Luc semble le mettre au moment où il s'approchait de Jérico. La difficulté n'est pas très grande quant au nombre des aveugles; l'apôtre Matthieu, qui a été témoin de la guérison, n'a pn se tromper; Marcel Luc, qui n'y ont pas assisté, parlent de celui dont il a été le plus question, qui parait avoir porté la parole, et qui a le plus frappé; c'est Bartimée. Quant à la seconde difficulté, elle est plus grande ; mais rien n'empêche d'admettre que Luc a réuni en une seule narration deux phases, ou circonstances différentes, du même fait ; il est en effet le seul qui fasse mention de la premièro question de l'aveugle, « il demanda ce que c'était. » Celte question, Bartimée la fit avant l'entrée dans Jérico; ce qui arriva ensuite dans cette ville, l'histoire de Zachée, etc., excita la confiance de cet aveugle en Jésus : un autre aveugle s'étant joint à lui, ils s'adressèrent ensemble au Maître , comme celui-ci quittait de nouveau la ville. Contre cette explication, qui concilie tout, il n'y a pas de raison bien forte à faire valoir.

BARUCH (le béni). 4» prince ou grand seigneur juif, fils de Nérija, frère de Séraja, l'un des courtisans de Sédécias, Jèr. 32, 12. 84, 59. sq. Ami, et peut-être parent de Jérémie, il fut pendant quelque temps son secrétaire ou

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