‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 66 sur 398 · BOE · texte numérisé non relu

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des temples naturels, où l'on est plus près du ' ciel, et d'où Ton domine davantage la terre, partageaient avec les bocages l'honneur d'être choisis pour la résidence de toutes les espèces de divinités imaginées et créées p;ir l'esprit de l'homme. Quoi qu'il puisse y avoir de naturel et même de vrai dans le recueillement qu'on éprouve en ces lieux de retraite, ce n'est point là le véritable culte de l'Eternel, c'est une reli giosité de païens, une religiosité panthéiste, et l'histoire prouve combien les peuples les plus dépravés, les plus impies, ont pourtant su, eux aussi, avoir celte religion qui dispense de toute autre. Moïse, afin de préserver son peuple des contagions p siennes, lui ordonna de détruire tous les autels qu'il trouverait sur 1 s hauteurs, ou dans les bocages île Canaan, Nomb. 33, 52. Dent. 7, 5. 42, 2. 3. Mais l'attrait d'une re igion naturelle et commode, la passion du fruit défendu, l'exemp'e des Cananéens, entraînèrent les Israélites vers le culte des bocages, et les prophètes rattachèrent souvent à la violation de cette portion de la loi, les menaees qu'ils annoncèrent de la part de Dieu, comme devant tomber sur Israël et sur Juda, l R. 14, 23. Os. 4, 43. Jér. 2, 20. 3, 43., elc. Es. 1, 29. 65, 3., etc.

BOEUF. Le mot hébreu Bacar désigne le gros bétail en général, comprenant les mâles et les femelles, les jeunes et les vieux, Lév. 3, 1. l)n seul individu de cette espèce est appelé Sbor (cald. Tbor, arabe thaur, d'où peut-être le latin taurus, et le français taureau) ou Elepb, ou Alouph. Un veau, mâle ou femelle, est appelé Eguèl ou Eglah; ce dernier mot est employé, Gen. 45, 9. Es. 4 5, 5.. pour designer une génisse de trois ans, et Os. 4 0, 41., pour une jeune varhe employée à traîner la ( liai rue ou â fouler le blé. Phar désigne le taureau, surtout lorsqu'il est encore jeune, Jug. 6, 2o., et Paraît, la jeune vache, I Sam. C, 7. Job 21, 4 0., qui donne deja du lait, ou qui a eu des petits, Os. 4, 16., et qui poite le joug. Abhir, qui signifie fort et vigoureux, n'est proprement qu'une épi tbète donnée dans les livres poétiques, Ps. 22, 13. Es. 34,7., au tauieau qui a atteint toute sa force. La langue hébraïque n'a pas d'expression pour ce que nous appelons proprement bœuf dans le sens restreint, parce qu'il était détendu aux Hébreux de mutiler aucun animal, ce qui, sans doute, n'était pas non plus nécessaire chez eux; les Maures et les Arabes de nos jours labourent encore leurs terres avec des taureaux. Ces animaux sont en général plus petits et plus maigres en Orient que chez nous. En Arabie, Ils ont de petites cornes, et sur l'épaule une sorte de bosse de graisse plus ou moins grande, selon que l'animal est plus ou moins bien nourri.

Le district de Basan et la plaine de Saron,

sur la côte de la Méditerranée, entre Joppe et Lyddr, sont souvent mentionnés dans la Bible comme possédant les meilleurs pâturages et les (lus beaux troupeaux de bœufs. Lors de la conquête de Canaan par les Israélites, les tribus de Cad et de Ruben reçurent en partage, à cause de leurs nombreux troupeaux, Basan et d'autres districts à l'est du Jourdain, propres à l'élève des bestiaux, Nomb. 32, i. Les taureaux et les béliers de cette contrée, célèbres par leur vigueur et leur beauté, Deut. 32, 44., servent souvent â désigner des ennemis puissants, Ps. 22, 13., et le prophète Amos (4, 1 .) compare les femmes voluptueuses de la Samarie à des génisses de Basan. Il paraîtrait que les troupeaux de la maison royale étaient entretenus dans ces fertiles pacages, car il est dit que David avait un Inspecteur de bestiaux dans la plaine de Saron, 1 Cbr. 27, 29.

Pour les Hébreux, le bœuf était le premier et le plus utile des animaux domestiques, et une de leurs principales richesses; aussi Job, dans la description qu'il fait du bien être qui est ordinairement le partage du méchant, dit que ses troupeaux de bœufs augmentent toujours, et que ses vaches sont fécondes, 21, 10.; le Psalmisle voit dans celle abondance une bénédiction de l'Eternel, 444, 13. 14.; et partout où il est parlé d un accroissement de bonbeur, l'augmentation des troupeaux de bœuls fait partie des promesses, Deut. 7, 43. 28, 4. 18, 31.

Les Israélites se servaient des bœufs pour labourer la terre, et pour battre, ou plutôt p«ur fou'er le grain. Il est souvent parlé dans la Bible du labour des bœufs, 1 R. 19, 19. Job 1, 14. Ain. 6, 12. Prov. 14. 4. Les bœufs servaient de I lus pour le liait, Nomb. 7, 3 7. 8. 1 Sam. 6, 7., et même pour le transport, comme on le voit par 1 Cbr. 42, 40., où il est dit qu'on apporta a David des provisions sur des bœufs et sur d'autres bêtes de somme. De nos jours encore, il n'est pas rare de voir les l œufs de l'Asie et de l'Afrique être utilisés de celte manière.

La chair de bœuf a servi de tout temps à la nourriiure de l'homme, et faisait un des principaux aliments des Israélites. La cour et la maison royale de Salomon consommait journellement dix bœufs engraissés, et vingt bœufs des pâturages, 1 R. 4, 23., et Néhémie, qui tenait table ouverte pour 130 d'entre les principaux des Juifs, avait obtenu â cet effet un bœuf gras chaque jour, Néh. », 48. Cette viande se trouvait principalement sur la table des riches, Prov. 45, 47.; le veau était regardé comme une friandise que l'on servait seulement aux personnes eiaux convives que l'on voulait honorer d'une façon

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toute particulière, Gen. 18, 7. * Sam. 28, 24. Am. 6,4. Luc 15, 21.

Il élail nalur» I qu'un peuple riche en troupeau*, comme les Israélites, se nounlt «le laitage et qu'il en fît diverses sortes de préparations. Deux espèces de lait sont mentionnées dans l'Ancien Testament, le Halub on lait doux, t le Dbémah, sorte de crème ou de lait caillé, Gen. 18, 8. Jug. 5, 25. Job 29, 6. 20, 17. (où les ruisseaux de miel et de crème sont pris pour image de l'abondance). Pour faire le Hhémah, les Orientaux mettent encore aujourd'hui du lail ou de la crème, selon qu'ils veulent faire du fromage ou du beurre, dans un sac ou vessie que l'on presse en le ballottant; à mesure que l'eau s'en échappe par les pores ou par l'évaporation, on y remet du lait nouveau jusqu'à et qu'on ait la quantité voulue de beurre ou de lait caillé. Ce dernier, dissous dans de l'eau, donne un breuvage rafraîchissant; on peut aussi le manger avec du pain, sans mélange d'eau, Prov. 30, 33. Les Orientaux, en général, aiment beaucoup le beurre, doul ils font un grand usage. — Les anciens Israélites s'entendaient aussi à préparer du fromage proprement dit. 2 Sam. 17. 29., appelé Iran, lies de lail 1 Sam. 17, 18., parce qu'on coupait la mus^c coagulée, appelée Gin binab, Job 10, 10., pour la laisser sécher et durcir. Il y avait à Jérusalem une vallée des faiseurs de fromage, qui devait son nom à l'exercice de cette industrie.

Les cornes de bœufs servaient à la confection de coupes, de flacons, 1 Sam. 16, 1. 13. 1 R. 1, 39., d'instruments de musique, etc., Ps. 98, 6. Jos. 6, 5. 1 Chr. 15. 28. Elles étaient l'emblème de la force et du courage; v. Corne.

Esaïe, 15. 5. compare 1< s Moabites à une génisse de trois ans; Jérémie, 46, 20. appelle l'Egypte une belle vache, et (50, 11) Babylone une vache qui bat le blé. Osée, 10, 11. appelle Juda une vache rebelle, cf. Jér. 31, 18., probablement parce que !a vache ayant atteint a l'âge de trois ans sa force complète, élail alors soumise au joug et attelée.

Le bœuf, comme toute la race bovine, appartenait à la classe des animaux purs, et servait aux sacrifices; de là l'expression de veau des lèvres, Os. 14, 2., signifiant le sacrifice des lèvres, ou le> louanges.

Dans l'hiéroglyphique des anciens, le taureau était le symbole des forces générait ices de la • nature; comme tel il entrait dans la composition des chérubins et comptait parmi les ornements du temple, Ez. 1, 10. 1 Rois 7, 29. La vache était le symbole d • la fécondité et de l'agriculture, Gen. 41,2. 26. 29. De là l'adoration de ces animaux, si commune dans les religions, primitivement toutes symboliques, des anciens temps : de là aussi la tendance constante des

Israélites à substituer ;iu culte du Dieu invisible, celui du veau, le veau d'or d'Aaron. et les veaux de Jéroboam, non point qu'ils adorassent réellement ces ligures, mais elleséiaient pour eux la représentation de Dieu, en tant qu'il se manifeste dans et par la nature, v. encore Vache, Accouplements, etc.

BOIIAN, descendant deRuhen. Il n'est connu que par un monument qui lui lut érijjé, Jos. 15, G., l'on ne sait pourquoi, à la frontière nord de la tribu de Juda, sur les confins de Benjamin.

BOIS, v. Bocages, et Plantes. — L'Orient, si riche sous tant de rapports, a toujours été pauvre en bois dur proprement dit. bois de construction, ou même bois à brûW; et l'on se servait ordinairement, pour alimenier le feu, •l'herbe séchee, Matth. 6. 30. Luc 12, 2R., de plantes, feuilles cl liges; de foin, de paille bridée, Mailh. 3, 12., el au besoin de fienle animale, Ei. 4, 12. 15.; en B .hylonie on employait même la résine. La Palestine cependant fait exception à celte règle générale, et il parait que si l'on se servait quelquefois d'autres combustibles que le bois, c'était moins par nécessité <| ne par fantaisie; il parait eu particulier que dans certains districts riches en forêts, chacun pouvait en libellé couper le bois nécessaire a son usage, du moin> dans la première période de l'établissement en Canaan, Lam. 5, 4. Nous voyons le bois mis en œuvre, et servant aux travaux delà menuiserie. Ex. 35, 33. 25, 10. et <lu charronnage, Jos. 11,6. 1 Sam. 6, 7. I R. 7, 33. 10, 29. Nah. i, 13., etc.: l'on en faisait aussi des corbeilles, Nomb. 6, 15. Deul. 26. 2. 4. Jug. 6, 19., et des dieux, Es. 44, 15. v. Idolàirie. On ne trouve du reste aucune trace de tonneaux faits de bois, pas u.ème Jér. 48, 12-, ci l'on se servait presque exclusivement pour cet usage d'outrés ou de cornes d'animaux.

BOISSONS. Les boissons principales des Hébreux, étaient l'eau, le vin, la eervoise et le vinaigre, p. ces diflérents articles. On se servait, pour boire, de coupes et de gobelets, quelquefois garnis d'un couvercle, dans lesquels on versait les liqueurs contenues, ou dans des crin lies, ou dans des urnes el amphores, ou tlans des coupes plus grandes, ou encore dans des cornes d'animaux travaillées.

BOKIM (deuil, pleurs). Lieu où les Hébreux s'as emb'.èrenl quelque temps après la mort de Jo^ué, et où l'ange de I Klernel. après leur aNOir reproché leurs ii fidélités multipliées, leur annonça en même temps «pie ces infidélités seraient punies. Ces menaces émurent ics enfants d'Israël qui pleurèrent en ce lien, et rappelèrent Bokim en souvenir de leurs larmes. Quelquesuns pensent que Bokim était près de Silo, où ils se réunissaient pour leurs fêtes solennelles,

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