‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 73 sur 398 · CAD 437 CAD · texte numérisé non relu

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auxquels était convié tout le public, à l'honneur du défunt. — Les guerriers étaient ensevelis avec leurs armes, Ez. 32, 27., cf. Mnëid., 6, 233. — ». encore Sépullure et Tombeau.

Nous avons dit un mot de la souillure légale qu'entraîn.iit le contact des cadavres d'hommes, Nomb. 19, ou d'animaux, Lèv. 11, 24. Quel but le législateur a-t-il eu en vue en promulguant cette disposition? D'accord avec l'ensemble de son œuvre législative, il a voulu préserver les Hébreux de maux matériels, et leur donner des idées saines; les préserver des maux matériels, en les engageant à ensevelir le plus tôt possible ces cadavres d'animaux que les mœurs orientales jettent volontiers à la voirie, les exposant â la voracité des chiens et dt-s vautours, aux intempéries de l'air, et à la putréfaction, coutume dont les conséquences ordinaires sont des exhalaisons empoisonnées, des maladies contagieuses et la peste. Ainsi, par une loi dont il ne comprenait pas toujours la portée, chacun se trouvait intéressé à faire disparaître, en les cachant sous le sol, des corps sans vie, dont le contact, même involontaire, eût entraîné pour lui toutes les obligations gênantes d'une souillure légale. Ces considérations qui se rapportent surtout aux cadavres des animaux, sont les mômes encore pour ce qui regardait les corps des suppliciés, qui longtemps, même chez des peuples plus civilisés que les Orientaux, ont menacé la santé publique. Par lù encore, et par l'horreur que devait inspirer le contact des cadavres, cette loi servait à prévenir la contagion de certaines maladies, et chacun sait combien le corps de l'homme, son sang et ses os, renferment de germes destrucleurs lorsque la vie, celte force mystérieuse, n'est plus là pour en contre-balancer et en anéantir les effets pernicieux. — Puis, sous le rapport moral, le législateur avait su prémunir son peuple, soit contre la profanation des débris humains, soit contre une folle adoration, contre un culte insensé qu'heureusement on n'avait pas encore imaginé de leur rendre, mais que l'homme animal est peut-être tenté de rendre au corps animal, oubliant que ce qui est né de la chair est chair, et doit retourner en la poudre de laquelle il a été tiré. — Quant à la question spéciale du cadavre de Moïse, Jude 9., r. Moise.

CADRAN SOLAIRE. Qu'est-ce que le cadran d'Acbaz dont il est parlé Es. 38, 8., et sur les degrés duquel le prophète fil reculer l'ombre du soleil? Les Septante el Josèphe le prennent simplement pour un escalier quelconque le long duquel l'ombre descendait par hasard ; d'autres y voient aussi un escalier, mais qui aurail été construit exprès dans le but de servir de cadran solaire. Les interprètes juifs, cependant, sont

en général d'accord à voir dans ces degrés un véritable cadran solaire, un lapis korarum d'après le Targum, un horologium d'après Symmachus et Jérôme. II est probable, en effet, que les Juifs connaissaient les cadrans; car nous savons qu'Achaz, amateur de nouveautés et d'inventions, 2 R. 16, 10. sq. était en relation avec les Assyriens, el c'esl des Babyloniens, d'après Hérodote, 2, 109., que les Grecs eux-mêmes avaient appris l'art des cadrans et la division du jour en douze parties.

Quant à la forme de ces cadrans, il y en avait de deux espèces ; les uns, selon le rabbin Elia Chômer, consistaient en une demi -sphère creuse, au milieu de laquelle était une boule dont l'ombre indiquait les heures, en tombant sur les lignes gravées dans l'intérieur de la sphère au nombre de 28 ; cette espèce de cadran fut invenlèe, selon Vitruve, par le Caldêen Bérosus, et était connue des Grecs sous le nom de cyjtçtç (vaisseau), ou d'hémisphère ; les autres, et c'étaient les plus connus de l'antiquité, consistaient en des obélisques placés au centre d'une plaine circulaire plus ou moins grande, dont la circonférence était divisée en parties égales ; c'est ce que les Grecs nommaient un gnomon indicateur.

Les interprètes, el surtout les rationalistes, ont cherché une explication physique du miracle rapporté dans l'histoire d Ezéi hias ; le philosophe juif Spinosa voulait l'expliquer par un parbélie : c'était se donner une peine inutile et compliquer le miracle en pure perte; d'aulres n'y ont vu qu'une illusion d'optique opérée par la réfraction des rayons solaires dont les vapeurs de l'atmosphère auraient été la cause : pour cela, ils reproduisent l'anecdote qui s'est passée à Metz, en Lorraine, le 27 mars 1703, où le prieur du couvent, le père Romuald, observa un changement, une rétrogradation de plus d une heure el demie dans l'ombre du soleil. Geseniusdit que celte anecdote ne prouve rien, et Winer convient que si l'on veut ajouter foi au récit du prophète, il faut se contenter de la phrase banale des orthodoxes, que « Dieu peut à sa volonté, el selon son bon plaisir, modifier ou suspendre les lois de la nature. » Nous n'essayerons pas d'expliquer le miracle, mais voici comment nous croyons que le texte expose qu'il s'est passé. Il ne parail pas qu'il y ait eu sur le corps même du soleil aucune espèce d'altération; il ne parait pas non plus que le miracle se soit fait sentir sur une étendue quelconque du globe, ni même ailleurs que sur le cadran d'Arhaz ; de sorle qu'à cet égard on peut s'abstenir de parler, comme on le faii quelquefois, d'un grand dérangement qui serait arrivé dans toute la nalure pour satisfaire à la simple et vaine curiosité d'un prince. Les choses ont suivi

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leur cours naturel, et pour donner un signe à Ezéchlas, Dieu a fait dévier d'une manière extraordinaire l'ombre du cadran, sans que rien ail été changé d'ailleurs.

Parmi tous les autres signes que le prophète aurait pu donner au roi, il a choisi celui-ci, peut-être parce que les signes donnés dans le ciel étaient regardés comme plus frappants et moins exposés à Terreur ou à l'influence des démons inférieurs; c'est pour la même raison que les pharisiens demandaient au Seigneur un signe dans le ciel, Malin. 16, 4.; la bêle de l'Apocalypse, au milieu de ses épouvantables miracles, va jusqu'à faire tomber le feu du ciel, Ap. 43, 43.

Il est probable que le cadran d'Achaz était placé de telle sorte que le roi malade pût aisément de son lit y fixer ses regards.

CAILLES. Ce nom ne se rencontre que Ex. 46, 43. Nomh. 11,31. et Ps. 105. 40., et quoi que les caractères indiqués dans ces passages ne soient pas très significatifs, il ressort de la comparaison avec l'arabe, que c'est bien par cailles que doit se traduire le mot hébreu S av. Les voyageurs et les auteurs anciens parlent tous de l'abondance de cai les que l'on trouve dans les déserts de l'Arabie Pétrée et dans les contrées qui avoisinent l'Egypte. Comme le vol de ces oiseaux est fort peu élevé, les habitants peuvent les saisir a la main, ou les tuent en frappant au hasard l'air avec leurs bâtons; ils en font, au dire d'Hérodote, un mets très recherché. Cependant il paraît, d'après les observations qui ont été faites, que les cailles qui furent envoyées dans le camp des Israélites ne sont point la caille commune (tetrao colurnix). mais une espèce particulière que les Arabes distinguent sous le nom de Kata,etqui a passé dans le système de Linnée sous celui de tetrao Alchata (Israelitartim). Cette caille vil dans l'Arabie Pétrée, en Judée, dans l'ancienne Idumée, en Moab, en Syrie, et jusqu'à Alep; elle est de la grosseur d'une tourterelle; elle a le bec court, jaune, recourbé, et marqué au bout d'une lâche blanche, le cou et la tête gris-cendré, le ventre elle dos gris-rouge tirant sur la souris, la queue en forme de coin et les jambes garnies de plumes par devant ; par tous ces caractères elle appartient à la famille des perdrix. Quoique ferme et sèche, sa chair offre aux indigènes une nourriture agréable, d'autant plus précieuse qu'elle n'est point rare, car cet oiseau va par troupes nombreuses et se laisse facilement attraper.

Quant à la mort soudaine dont furent frappés un grand nombre de ceux qui, dégoûié> de la manne, avaient demandé avec violence une nourriture plus ordinaire et plus forte, Nomb. 11, 33., elle fut sans doute dans la pensée di-

vine, mais il n'est pas nécessaire d'invoquer ici l'intervention d'un miracle; les anciens prétendent que les cailles se nourrissent quelquefois d'ellébore et d'autres plantes vénéneuses, ce qui ne laisse pas de rendre leur viande un aliment dangereux: en tout cas elle est Indigeste, et l'excès de cette nourriture, l'usage immodéré qu'en firent sans doute les plu* impatients des Israélites, aura chargé leurs estomacs désaccoutumés depuis longtemps de viandes et d'autres aliments solides; le brûlant climat du désert d'Arabie aura rendu leur indigestion plus dangereuse, et l'on sait que dans ces zones ardentes un excès dans le manger el le boire se trahit vile par des symptômes dangereux, qui souvent mènent à la mort. Les Israélites furent punis pour avoir obtenu de Dieu ce que Dieu avait déclaré ne pas vouloir leur accorder ; souvent Dieu cède à d'injustes prières, mais c'est dans sa colère; il donna SaOI aux Juifs pour les punir.

Quelques auteurs pensent qu'au li-u de caiîies il faut lire saulerel'es. mais ils ne s'appuient que sur le simple fail qu'on Ht sécher ces animaux au soleil, Nomb. 41. 32., comme si l'on n'avait pas pu faire sécher aussi les cailles.

CAIN [possession), le premier homme qui fut conçu el qui eut un père et une mère pécheurs. Lorsque Eve l'eut mis au monde, elle parut croire que c'était là l'homme de la promesse qui devait briser la tête du serpent : c'est du moins le sens que plusieurs personnes donnent aux paroles qu'elle prononça : J'ai acquis un homme de par l'Etemel, Gen. 4, 4.— Caïn étant devenu grand, se mit à cultiver la terre, tandis que s<«n frère Abel prenait soin des troupeaux; ils avaient d'ailleurs une grande quantité de frères el de sœurs, nés, comme eux, d'Adam el d'Eve.

Au bout de quelques années, 4, 3. (d'autres traduisent : à la fin des jours, c'est-à-dire le septième delà semaine; Wilson, Disc. sur l'autorité divine du jour du Seigneur; le passage I Sam. 2, 19. parle en faveur du sens que nous adoptons); au bout de quelques années, en un jour de fête, Caïn offrit à l'Eternel des fruits de la terre, el Abel des premiers-nés de son troupeau. Abel, nous dit le Saint-Esprit, Hebr. 11, était dans la foi, et ses œuvres étaient Justes; mais celles de Caïn étaient mauvaises, 4 Jean 3, 12. C'est pourquoi son offrande ne fut pas reçue comme le sacrifice d'Abel. Peut être s'en aperçut-il en voyant la paix que le S .«iiil-Kspril avait versée dans le cœur de son frère, lamlis que sa conscience à lui demeurait agitée; peutêtre aussi qu'alors, comme en d'autres occasions, Dieu lit tomber du ciel le feu sur les victimes d' Abel, tandis qu'aucune manifestation

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de ce genre n'eut lieu en faveur des oblations • de Caïn. Celui ci, inslruit par le Seigneur de | la raison pour laquelle son sacrifice n'avail point été agréé, s'en prit a son frère au lieu de se corriger, el l avant rencontré dans les champs, il le tua. Ainsi, devenu meurtrier par haine el par jalousie, Caïn étouffe par les insolences de l'impiété le cri de sa conscience, et repousse la voix du Seigneur qui voudrait l'amener à la confession de son < rime; la malédiction divine repose sur sa tète coupable; il part et fuit dans le pays de Nod avec sa femme, qui est en même temps la sœur de sa victime et la sienne propre; et soit qu'il en eût déjà des enfants, soit que, peut-être, ces scènes de meurtre se soient passées au commencement de son mariage, il nous est dit que c'est là, dans le lieu de son exd, qu'elle lui enfanta Hénoc, le père d'une postérité qui semble avoir marché sur les traces impies de son aïeul. Ainsi, dès l'entrée du péché dans le monde, nous voyons la famille humaine poussée par Satin aux plus grands crimes, el plongée dans la plus affreuse misère. Adam, le premier transgresseur de la loi divine, se voit frappé dans ses deux fils : le meilleur péril d'une mort violente, et l'autre doit s'enfuir loin des lieux qu'habitent les malheureux auteurs de ses jours, qui lui ont transmis le péché avec la vie!

Il est possible que Caïn n'ait pas voulu tuer son frère; il ne savait peut-être pas même bien ce que c'est que la mort. Il a voulu le frapper, le b esser, le faire souffrir, lui faire autant de mal que possible, mais sans penser que sa vie dût s ec ouier par ses blessures el par ses souffrances; la haine a causé la mort sans peul-éire même la soupçonner, et notre Sauveur l'a répète plus lard par la bouche d'un de ses apô 1res : celui qui hait son frère est un meurtrier, I Jean 3, 15.

Quant au signe que Dieu mit sur Caïn afin qu'on ne le tuât pa-, ce pouvait être simplement l'air farouche et bourrelé de son visage, a ta fois effrayé et effrayant; quelques-uns d'ailleurs, s'appuyant de l'analogie de la langue hébraïque, traduisent : « Dieu donna un signe â Caïn, » lui garantissant sa protection contre la vengeance des autres hommes. La crainte qu'éprouvait ce meurtrier nous est une révélation bien remarquable de ce que devient un homme lorsque sa conscience est troublée; il perd celte dignité qui est l'apanage du maître du monde, il craint tous les êtres créés, parce que Dieu lui a Ole l'assurance intime de sa protection; il craint jusqu'à sou ombre; il craint d'elle tué par ie premier qui le rencontrera, son pere, sa mère, ou ses sœurs, car la terre n'a pas encore d'autres habitants; son esprit égaré lui fait croire qu'il y a justice à punir le meurtre par le meur-

tre ; il invente le premier la peine de mort comme un acte légitime. Les promesses que Dieu fait au fugitif nous montrent la longue patience de Dieu, qui garantit même au pécheur son existence, et qui ne veut pas faire tomber tous ses jugements sur sa tête coupable, avant d'avoir épuisé les trésors de sa miséricorde. On peut dire enlin, avec Schrœder, que ces promesses de Dieu ne s'adressaient pas à Caïn luimême; elles avaient pour but d'empêcher le développement de l'esprit de vengeance humaine.

Notons pour mémoire que quelques auteurs font de Caïn le père des nègres-, le signe mis sur lui aurait été le changement de la couleur de la peau; sa race n'aurait pas élé détruite par le déluge qui n'aurait élé qu'une inondation partielle. L< s traditions chinoises et celles des lies Tonga appuient cette hypothèse qui, du reste, ne supporte pas la critique.

Après avoir raconté l'histoire de Cain. Moïse, qui voit en lui le chef d'une lace, donne sa généalogie et la fait suivre de celle de Selh, chef de l'autre famille, de la branche aînée; nous réunirons ici les observations que soulève la comparaison de ces deux races.

Culnites et Séthltes. — On remarque dans les deux généalogies certains rapports de noms, qui ont quelque chose de frappant; d'abord des noms complètement identiques, Enoch, el Lémec; puis des noms plus ou moins semblables, Caïn et Kénan, Hirad et Jéred, Mehujaêl et Mahalaléel, Methusaël el Méthusèlah. On peut en conclure que les deux races conservèrent des relations de famille el de voisinage, et qu'elles consacrèrent, en échange ant leurs noms, une intimité qui n'était pas dans les desseins de Dieu, el qui Unit par leur devenir fatale. Peut-être les Séihites crurent-ils satisfaire parfois leur conscience en modifiant un peu les noms qu'ils empruntaient, et en les accommodant aux exigences de leur culte et de leur Dieu. Quoique ces noms eussent tous une signification précise el déterminée, historique ou symbolique, de souvenir ou d'espérance, quoique foules les analogies de la Bible et de l'Oiient nous ramèmntàdes noms exprimant des laits ou des idées, on ne saurait toujours en déterminer exactement le sens, soit qu'ils n'appartiennent pas tous au même dialecte et à la même langue, soit que le procédé de leur composition nous échappe. Sans les explications de Moïse nous aurions peine a deviner d'après l'hebr< u ce que signifient certains noms, même ceux qui sont maintenant le mieux compris, tels que Adam, Eve. Caïn, Abcl, Moé, etc.; à bien plus forte raison, ceux que Moïse u'explique pas. Ou peut dire cependant que, dans la famille de Caïn, les noms rappel-

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lent, en général, la mondanité de cette race, tandis qu'ils portent dans la famille de Selh le caractère de la souffrance, de la faiblesse, ou d'une confiance en Dieu pleine de mélancolie. Voici la traduction des uns et des autres, avec la réserve de l'incertitude qu'il y a sur leur sens exact.

Caïn, l'acquisition;

Hénoc, le consacré, ou le consécrateur ;

Hirad, le citadin, l'homme des villes;

Méftujail, frappé de Dieu;

MéthusaM, le questionneur, l'homme aux recherches ;

Lémec, le fort (sa force était dans son épée); puis les trois fils et la fille de celui-ci :

Jabal, le torrent ;

Jubal, la jubilation;

Tubal-Caïn, tu seras offert à Caïn ;

Et Nahama, l'aimable, la gracieuse.

Des deux femmes de Lémec, l'une s'appelait H ad a, la belle; l'autre Tsilla, la brune, ou celle qu'ombrage une abondante chevelure.

Dans la famille de Selh nous trouvons :

Setr, le remplaçant ;

Enos, l'homme, mortel et misérable ;

Kénan, celui qui gémit et mène deuil ;

Mahalaléel, louange à Dieu ;

Jéred, celui qui descend, ou décline, ou encore : le débonnaire ;

Hénoc, le consacré;

Méthusélah, l'homme aux rejetons, ou : à sa mort il sera envoyé ;

Lémec, le fort (sa force était en Dieu) ;

Noé, le repos ou la consolation.

D'Adam à Lémec le Cainite, il y a donc sept générations, dix hommes si l'on compte les trois fils de Lémec. D'Adam à Noé il y a dix générations, treize chefs de famille, si l'on compte les fils de Noé. Pourquoi Moïse n'a-l-il pas poussé plus loin sa généalogie des Caïnites? A-l-il omis des intermédiaires? S'est-il arrèlé au moment où la race de Caïn a atteint le point culminant de la prospérité P C'est ce que I on ignore. Il ne donne pas les âges des membres de cette famille, et n'ajoute pas même la formule solennelle par laquelle ii termine la courte notice des patriarches sélhites : « Puis il mourut. » Luther fait à ce sujet une observation pleine de profondeur : « Quand Moïse a dit : Caïn engendra Hénoc son fils, et bâtit une ville qu'il appela de son nom, il brise là aussitôt, ne fait plus mention d'eux, et ensevelit Caïn par ces paroles : il ne s'inquiète donc ni de sa vie, ni de sa mort, mais il rappelle uniquement les bénédictions temporelles qu'il a reçut s. » Quant aux Séthites, au contraire, il compte avec soin leurs années, et dit tout ce que le Seigneur a fait pour eux. S'il insiste sur le fait que tous sont morts, à l'exception d'Enoch,

c'est pour rappeler, comme le dit Calvin, « que la mort n'a pas été en vain dénoncée aux hommes. » Les justes eux-mêmes doivent mourir; quant aux autres cela va sans dire, et Moïse ne le dit pas. Toutefois sur ce fond où règne la mort , la vie se détache avec d'autant plus de netteté; aucun de ces hommes ne meurt qu'après avoir propagé la vie, en sorte que, suivant l'expression de Baumgartner, au milieu de la mort des individus, la vie de la race se conserve, et avec elle, l'espérance en la semence qui doit triompher de l'auteur de la mort. Et pour que l'idée de l'immortalité personnelle ne soit pas détruite par l'idée de lïmmortalité de la race, l'image d'Enoch apparaît, sainte, rayonnante et prophétique, pour rappeler aux hommes pieux la vie nouvelle qui doit suivre la vie présente.

Considérée dans ces brèves et rapides généalogies, l'humanité primitive est encore pleine et riche de cette grandeur première qui était le partage et le patrimoine de l'homme fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. La décadence morale a commencé, mais la décadence intellectuelle ne se fait pas encore sentir en la même mesure. Il y a déjà deux branches de l'humanité, dont les directions morales sont différentes, mais chez l'une et l'autre on peut reconnaître encore la puissance et la majesté de l'homme, chef-d'œuvre de la création. Seth conserve la prédominance morale, l'alliance et le culte du vrai Dieu, le domaine de la religion. Mais Caïn, déshérité du ciel, a pour domaine la terre et ses grandeurs, cette terre qu'il n'est plus même capable de labourer, parce qu'elle a bu le sang d'Abel, mais qu'il exploitera dans tout ce qu'elle est encore susceptible de lui donner. Poursuivi j:ar les remords et par la crainte que son crime ne soit vengé, Caïn le premier s'enferme lui et sa famille dans une enceinte murée qui les abrite pendant la nuit, enceinte qui ne larde pas à prendre le titre un peu prétentieux de ville, que cependant elle finira par mériter. L'histoire de ses descendants est pleine d'obscurités; il semble que l'époque de Méhujaél ait été une époque de troubles, de calamités, de fléaux (M. de Rougemont en fait une époque de désolantes sécheresses); mais les noms toujours significatifs de quelques-uns de ses petitsfils ne permettent pas de douter qu'au milieu de ses souffrances, celle race n'ait produit des hommes de science et de génie, — Hirad le citadin, ou peut-èire l'architecte, Mélhusaël le philosophe ou le savant, — jusqu'au moment où elle s'épanouit dans l'arrogante et prodigieuse personnalité de Lémec le bigame, le poète, le spadassin. Le premier polygame connu, il peut déjà revendiquer les douleurs et les turpitudes

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que cette institution contre nature a introduites dans la société : il rappelle encore le caractère farouche des anciens Titans, il ne craint pas de se placer au-dessus de Dieu ; son bras, armé d'une épèe, est plus long que celui de l'Eternel; Caïn aurait été vengé sept fois si quelqu'un Pavait touché, et c'est Dieu qui se serait chargé de la vengeance, mais Lémec se vengera lui-même, il n'a pas besoin de Dieu pour cela, et il se vengera soixante-dix-sept fois. A regarder sa famille, on dirait que la riche civilisation de l'ancien monde se rattache tout entière a ces hommes de génie; Jabal est le père de la vie nomade, il épuise la terre, il va de lieu en lieu, posant sa (ente partout où il trouve de la pâture, vagabond et dévastateur comme un torrent, s'habiilant de la peau des troupeaux, et probablement se nourrissant déjà de leur chair. Jubal son frère invente les instruments de musique, instruments à vent et instruments à cordes, pour ajouter aux joies sensuelles et terrestres d'une race qui ne vivait que pour la terre. A supposer qne cette musique des premiers siècles fût encore imparfaite, on n'en doit pas moins constater que ce n'était déjà plus le chaut seulement, mais la musique instrumentale, et que les deux grandes classes d'instruments aujourd'hui connues sont antérieures au déluge et remontent à l'humanité la plus ancienne. Tubal-Caïn, fils de Lé* mec et de Tsilla, forgea toute sorte d'instruments d'airain et de fer, nous dit Moïse : l'industrie fut son déparlement, la métallurgie, des fabrications de tous genres, armes et boucliers, ustensiles, outils, instruments de musique, d'agriculture, de construction. Enlin la tradition attribue à sa sœur Nahama (la gracieuse), l'invention de l'art de filer et de tisser, ainsi que la première poésie et le chant. Il n'en fallait pas davantage pour surexciter l'orgueil naturel d'un père, et Lémec tenant en main l'ëpée forgée par son fils, pouvait, devant ses femmes, faire étalage de sa force et de sa brutalité, braver tout péril, et chanter sa noble épée; son hymne de mort couronne dignement la généalogie d'une race qui a commencé par un meurtre, et qui parmi toutes ses gloires ne renferme rien qui soit un hommage à une puissance supérieure et invisible.

I/époque de Caïn fut donc une époque de progrès et de développement; les arts, les sciences, l'industrie brilli rent d'un vif éclat, et si l'on se rappelle tout ce que la métallurgie à elle seule suppose de forces mises en œuvre, et de conuais>ances théoriques et pratiques, on reconnaîtra sans peine que, même en supposant le moins, les Caïuites représentent une civilisation très avancée à tous égards, bien différente de cette barbarie traditionnelle et de

cette rudesse de mœurs que l'on se figure d'ordinaire avoir caractérisé les siècles des patriarches.

Moïse n'hésite pas à faire a la race de Caïn l'honneur de ces découvertes et de ces progrès. Quand il raconte ensuite la généalogie des Sélhites, son style devient moins pompeux, les épisodes, les notices intercalées deviennent plus rares et plus modestes : il indique les générations, les années et la mort ; les femmes ne sont pas nommées ; il ne s'interrompt que deux fois, d'abord pour nous dire que ce fut au temps d'Enos que l'on commença «d'appeler du nom de l'Eternel,» c'est-à-dire de rendre un culte public à Jéhovah, et peut-être de donner aux fidèles le nom d'enfants de Dieu; puis pour raconter l'enlèvement d'Enoch : la notice généalogique se termine par le grand cataclysme du déluge. Tout est simple et sans prétentions dans ce récit ; Moïse ne revendique en effet pour les enfants de Seth d'autre gloire que l'honneur d'avoir conservé le bon dépôt, la foi en Dieu, la vie morale, en opposition à la vie sensuelle, mondaine et luxueuse des Caïnites.

Le contraste est frappant; il semble que l'écrivain sacré s'attache à le faire ressortir ; aux uns la terre, aux autres le ciel. Doit-on en conclure qu'il y ait incompatibilité entre la piété d'une part, les arts et les sciences de l'autre? La vie mondaine, irréligieuse, est-elle plus favorable que la vie morale aux progrès et aux .développements de la civilisation?

Malgré la répugnance qu'on éprouve à le reconnaître, c'est bien là, sous quelques rapports, ce que Moïse a dit et voulu dire; et l'on peut ajouter que par leur caractère même, par ce qu'ils renferment de sensualisme subtil, par leur appropriation merveilleuse aux choses terrestres, par leur puissance d'entraînement, par leur mode d'action, les arts ne sauraient renier leur origine charnelle, et le point de départ qui leur est assigné; ils ne viennent ni du ciel, ni du paradis, ils viennent de la maison de Lémec, et ils appartiennent au domaine des choses de ce monde ; ils sont mondains par leur nature et leur essence comme par leur origine. On peut admettre cela, sans qu'il en résulte cependant que, dans les conditions actuelles, ils soient mauvais, répréuensibles, condamnables. Ils sont à la fois la représentation et l'émanation d'un état de choses tout terrestre; doivent-ils être pour cela repoussés et condamnés d'une manière absolue?

On a gâté bien des causes par l'exagération, cl il est trop facile, non-seulement d'exagérer, mais encore de dénaturer le sens des paroles de Moïse. Pour que les questions se résolvent, il faut avant tout qu'elles soient bien posées, et

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que le sens exact des mots ne soit pas remplacé par un à peu près. L'écrivain ne dit pas que les arts et les sciences furent el rcstèn ni le monopole d'une brandie particulière de la famille humaine; il dit seulement que dans la famille de Gain le développement humanitaire, social, artistique, passait avant tout le reste, et que par conséquent c'est là qu'il fit ses progrès les plus remarquables et les plus rapides; tandis que dans la famille de Seth, Dieu, et le développement moral demeurèrent au premier plan. Ce qui frappe avant tout chez les uns, c'est leur grandeur matériele; ce qui frappe chez les autres, c'est le sérieux de leur vie et de leurs aspirations : ils cherchaient premièrement le royaume des cieux et sa justice, on n'a pas le droit de supposer que le reste ne leur ait pas été donné par-dessus. De ce que les Caînites sont arrivés les premiers vers ce but qu'ils poursuivaient seul et d'une manière exclusive, on n'a pas le droit de conclure que les enfants de Dieu n'y seraient pas arrivés, en leur temps, parce qu'ils en poursuivaient d'abord un plus noble et plus élevé.

Mais à ce premier motif qui nous paraît ressortir du texte même, a cette première eonsl dération, nous devons en ajouter une seconde qui donnera leur juste valeur aux inductions qu'on pourrait tirer de l'origine caïnite des ans et des sciences. Nous l'avons reconnu, c'est une origine terrestre, et naturellement mauvaise, mais c'est l'origine de tout ce qui s'est fait, de tout ce qui a pu se faire, de tout ce qui se fera dans ce monde depuis la chute ; c'est la seule origine possible de toute chose nouvelle; rien ne peut naître sans être frappé a sa naissance de ce vice originel, cl nous sommes placés dans cette alternatif de tout rejeier, parce que tout est vicié, ou de tout accepter, quoiqu'il y ail à tout un mauvais coté. L'Ecriture sainte nous montre clairement ce que nous avons a faire; elle ne veul pas que nous sortions du monde, niais que nous nous conservions purs des souillures du monde.

Rien ne nous dit que déjà la race de Seth, contemporaine des Caînites, ne leur ait pas em| ruiné leurs découvertes, et qu'elle n'ait pas suivi leurs traces. Trop de choses au contraire se réunissent pour élab ir que les Séthiles, séduits par le luxe el la gloire matérielle de l'autre branche, emboîtèrent docilement le pas. et acceptèrent les exemples qui leur étaient donnés. Mais indépendamment de ce fait qui par lui même ne prouverait rien ni dans un sens ni dans l'autre, l'Ecriture s'attache à mon trer que « toutes choses sont pures pour celui qui esl pur, * el que le chrétien doit s'approprier, mais en les sanctifiant, les grandeurs et les beautés dont le inonde se fait une auréole,

et dont trop souvent il semble revendiquer le monopole exclusif. A la première v ile fondée par Gain, les livres sacrés opposent la ville sainte et la Cité de Dieu ; a la longue et meurtrière épée de Lémec, ils opposent l'épée de l'Eternel et de Gé éon, tout en rappelant iju'uo jour les armes de la guerre seront changées en instruments d'agriculture; s'il y a le chant de Lémec, il y a aussi les doux cantiques d'Israël; la musique profane de Tubal-Caïn sera sanctifiée aux jours de David, et les notes harmonieuses qui célébraient la haine, la guerre ou la volupté, s'élèveront dans le sanctuaire des rois pour psalmodier au Dieu Très-Haut. La beauté même, celte beauté si remarquable des femmes caînites, ne sera pas le privilège de leur race seule, et le peuple d'Israël léguera au monde le souvenir de ces matrones vénérées dont la beauté pure et grave sera respectée de tous, parce qu'elle-même se sera respectée.

Sans doute ce qui parle aux sens n'est pas religieux en soi, mais tels que nous sommes, nous avons des sens dont il faut tenir compte, et dont Dieu lui-même lient compte. A lous égards il est vrai que l'homme ne vivra pas d« pain seulement; il faut antre chose à son esprit, à son ame, à son intelligence, à son génie. Quelle que doive être la vie éternel e, l'Ecriture se plaçant a notre point de vue, nous la montre comme embellie de toul ce qui peut la charmer; elle a des beautés pour les yeux, et la musique semble devoir y présider à toutes les joies, à toutes les adorations. Si c'est une manière de parler, une figure, cette figure au moins sanctifie el consacre les droits de l'art, et ne permet plus de lui reprocher une origine dont il n'esl pas responsable, el dont le baptême de l'Esprit-Saint le purifie.

Remarquons encore la haute antiquité que la Bible donne a la civilisation, et en particulier l'emploi des métaux a une époque antérieure à ce que l'histoire et l'archéologie désignent sous le nom d'âge de la pierre, par opposition aux Ages plus modernes du bronze et du fer. Ce n'est donc pas la barbarie, c'est la civilisation quia été l'étal primitif et naturel de noire race; les premiers âges étaient encore animés du génie qui esl le souffle de Dieu. Plus tard, après le déluge, à mesure que l'humaniié s'éloignait de sa source, a mesure que diminuait la durée de la vie de l'homme, la barbarie a commencé a prendre le dessus, les hommes ont oublié ce que savaient leurs ancêtres, el le spectacle que présentent aujourd'hui les descendants des Grecs, «les Perses el des Egyptii ns, s'est produit en grand dans le monde comme un f;«it presque universel. Il y a eu une décadence de l'humanité, comme il y a eu une décadence des peuples. Mais le génie de

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l'homme n'était pas mort, et ce que l'instinct spontané du monde primitif avait su faire, l'homme a entrepris de le reconquérir au moyen des calculs de sou intelligence et de sa raison ; il a r« com i encé l'ouvre gigantesque de la civili-aiioii; il a lente de se relever de sa chute, et s'il ne peut s'en relever seul au point de vue moral, il a réussi sur plusieurs poims du globe, à recouvrer à force de travail et de génie, les limites de son domaine; il a su conquérir ù nouveau cet héritage terrestre qui avait été l'apanage et la grandeur de sa race aux premiers jours de son existence.

CAINAN ou Kenan, tils d'Enos, naquit l'an du monde 625; à l'âge de 70 ans il eut Mahalaléel. ce qui ne veui pas dire que ce fût là son fils ainé, car l'Ecriture ne nomme que les patriarches desquels descendit Noé. Caïnan eut encore beaucoup d'autres enfants, Gen. 5, 13., puis il mourut, à l'âge de 910 ans, Gen. 5, 9-14. Il est nommé dans la généalogie de Marie, Luc 3, 37. — Dans la même généalogie, au v. 36e, on retrouve un autre Caïnan, évidemment distinct du premier: fi s U'Arphaxad, est-il dit, et père de Sala, le père d'Hêber; mais dans toutes les généalogies de l'A. T., Arpacsad est nommé, sans intermédiaire, père de Sélah (ou Sida,1, Gen. 10, 24. 11, 12. 1 Chr. 4, 24., sans que ce Caïnan soit même indiqué dans les anciennes versions, samaritaine, chaldaïque, syriaque, ni dans Pbilon, ni dans Josèphe, ni dans Jérôme. On pourrait expliquer ce fait en supposant, ce qui est possible aussi, que les anciennes généalogies ont omis le nom de ce Caïnan comme elles omettaient fréquemment des générations peu importantes ; mais alors on devrait se demander pourquoi Luc l'a donné, et surtout comment il se l'est procuré. L'explication la plus simple et la plus viaisemblable, c'est qu'bellé nisie lui-même, et écrivant son évangile pour des Grecs, saint Luc aura suivi la version grecque des Septante, qui seule ajoute le nom de Caïnan dans la généalogie de Sem, Gen. 10, 22. 11, 13. On ne sait, du reste, pas comment ce nom a pu se glisser ou s'introduire dans celte dernière traduction.

CAll'liE, successeur de Simon fils de Camitb, exerça la souveraine sacrtficature dès l'an 25 de l'ère chrétienne , pendant les dernières années de notre Sauveur, et dans la première période de l'âge apostolique; Luc 3, 2. Il était redevable de la noble charge qu'il exerçait, à un fonctionnaire païen, le procurateur romain Valerius Graïus, et l'on peut dire qu'il l'exerça en païen, dévoué au pouvoir qui l'avait élevé. Il était sadduceen, Acl. 5, 47., et avait épousé la Mile de l'ancien sacrificateur Anne, q. v. Il lut l'un «les plus ardents ennemis du christianisme, et lorsque les sacrificateurs et les pharisiens, effrayés

de l'effet que produisait la résurrection de Lazare, consultèrent entre eux pour faire mourir Jésus, Caïphe prononça ce mot bieu connu, qui n'était dans son esprit que le truil de sa politique toute romaine, mais qui, dans la pensée de Jean , était une prophétie : Il est de notre intérêl qu'un seul homme meure pour le peuple, Jean 11, 49. 50. Deux jours avant Pâque, nous le retrouvons réunissant le sanhédrin dans sa maison, pour délibérer sur la manière de se saisir de Jésus par finesse . car ils craignaient le peuple, Matth. 26, 5. Marc. 14, 4. Luc 22, 2. Puis, le malin de la nuit où notre Sauveur fut arrêté, le même Caïphe , attendant peut-être la convocation du sanhédrin, commence un interrogatoire privé de Jésus, et permet à ses valets de le frapper; mais il ne peut rien trouver chez le roi de paix qui trahisse un révolutionnaire, prêt à s'insurger contre Rome pour se faire couronner roi de Juda, Matth. 26, 57. Marc 14, 53. Luc 22, 54. Jean 18, 15. Le sanhédrin se rassemble, Jésus comparaît, on remplace l'illégalité par des formes légales; faute de témoins, l'on en suborne; à défaut de bons, l'on en prend de mauvais; on transforme en blasphème contre le temple de Dieu quelques paioles que Jésus a dites touchant le temple de son corps ; et quand notre Seigneur dédaigue de répondre à des questions inutiles, on s'irrite, on menace. Enfin, interrogé sur sa divinité, notre Sauveur la proclame; et trop heureux d'une réponse qui lui fournil un si spécieux prétexte, le vil Caïphe affecte de déchirer ses vêtements, a l'ouïe de ce qu'il estime être un blasphème, et la sentence de mort coule sans peine de son cœur plein de tiel et d'envie, Matth. 27, 2. Jean 18, 28.

Mais, comme le sang irrite encore la soif du tigre au lieu de le dé altérer, Caïphe de même, non content de la mort du Juste, insensible aux miracls qui l'accomjiagiieni, insensible a sa résurrection, peu soucieux de croire aux gloires Je l'Ascension et de la Pentecôte, recommence à persécuter les disciples, auxquels le Maître a communiqué ses vertus; Pierre et Jean doivent comparaître devant lui pour la guérison d'un impotent, Act. 3; 4, 6. Relâches avec menaces, les apôtres continuent à dire les merveilles de la croix, et ils doivent derechef se présenter devant l'assemblée des iniques, 5, 47.; ils sont jetés en prison, puis délivrés par un ange, 5, 18. 19.; saisis de nouveau, ils se justifient devant le sanhédrin; Caïphe et les siens, grinçant les dents, consultent pour les faire mourir, 5, 33.; mais l'avis de l'honorable Gamaliel prévaut, Ls apôtres sont sauvés, et Caïphe n'a pour toute consolation que la ressource de les faire fouetter avant de les relâcher.

C'est ici que s'arrêtent pour nous les données de l'Ecriture sainte sur la vie de Caïphe; peu

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après l'éloignement de Pilate, Caïphe fut également déposé par le proconsul Vitellius, 36 ap. C, et remplacé par Jonathan, tils d'Ananus. Quelques membres de l'ancienne Eglise le confondent avec Josèphe l'historien; d'autres ont cru, mais à tort, qu'il s'était converii au christianisme.

Il est peu de figures dans la Bible qui présentent à un si haut degré la haine pour la vérité, la bassesse, la violence et la ruse; Caïphe persécuta l'Evangile et resta sourd et aveugle en présence de tous les faits qui pouvaient le rendre attentif à la divinité de celui qu'il persécutait.

CAIUS, 3 JeaiH., v. Gaïus.

CALAD, ancienne ville d'Assyrie, fondée peu après le déluge par Assur, Gen. 40, M. 12., ou, comme d'autres le pensent, par Nimrod. On ne sait rien de sa situation exacte; quelquesuns comparent Chalach, q.v.

CALCÉDOINE, v. Chalcédoine.

CALCOL, 1 R. 4, 3t. 4 Chr. 2, 6., v. Ethan.

CALDËE. Caldékns. On appelait Caldéens les habitants de la Babylonie, et du royaume de Babylone, q. v. Dan. 9, 1. 2 R. 25, 4. Es. 13, 19. 23, 13. 48, t4. Jér. 21, 4. 32, i. Ez. 23, 14. Hab. 1, 6. cf. Gen. 41, 28. Job 4, 17. Ils n'étaient cependant point originaires de cette contrée, et ne doivent pas être confondus avec ses anciens habitants; la langue des Babyloniens était une sœur de celle des Hébreux, tandis que celle des Caldéens en différait complètement, comme on le voit par les noms propres Nabopolassar, Nébucadnelzar, Belsatsar, etc., qui n'ont aucun rapport avec la langue hébraïque, et que l'on a essayé avec succès d'expliquer en les comparant avec les restes de l'ancien persan. Les Caldéens paraissent avoir eu pour berceau les monts Carduchiens, qui séparent l'Arménie de l'Assyrie ; Xénophon (Cyrop. III, et dans plusieurs endroits de son Anabasis) parle d'eux comme d'un peuple pauvre et barbare, courageux et jaloux de sa liberté, vivant de rapines, et fournissant quelquefois des troupes mercenaires aux rois de la Médie et des Indes : c'est ainsi que nous en rencontrons dans l'armée des Assyriens, Es. 23, 13. On peut supposer qu'un roi d'Assyrie avait accordé une portion de territoire, dans la Babylonie, à une troupe de Ca déens qu'il avait à sa solde, et que ceux-ci, peut-être sous la conduite de Nabopolassar leur chef, se sont rendus maîtres de la province et maintenus indépendants. Depuis ce temps, la province de Babylonie, qui anciennement s'appelait Sinhar, a reçu le nom de Caldée : mais une partie des Caldéens proprement dits, resté rent dans leur montagneuse patrie, où ils furent visités par Xénophon ; d'autres encore ont pu

cupé la Babylonie y ont adopté la culture et les mœurs des habitants, et ayant été amollis par le luxe, ils ont succombé sous les Perses.

Le nom de Caldéens n'a pas seulement été étendu aux Babyloniens leurs sujets, mais il a encore élé employé dans une acception tout à fait particulière, pour désigner les savants de Babylone, et plus tard ceux-là seulement qui s'adonnaient a l'astrologie, à la magie et aux sciences occultes, Dan. i, 2. 10. 4, 4. 5, 7. 4t. Quint. Curt., 5, 1. 22. Hérodot., 1, 181., et ailleurs, v. plus bas.

Après Nimrod, Gen. 10, 9. 10., et Amrapbel, roi de Sinhar, dont il est parlé en passant, Gen. 44. 1., le premier roi des Caldéens que nous trouvons dans la Bible, est Mèrodac-Baladan, 2 R. 20, 12. Es. 39, 1.: il eut avec Ezechias des rapports de bienveillance mutuelle, et vécut vers l'an 720 av. C. Cent ans plus tard environ, Nabopolassar occupe le trône pendant vingt et un ans (626-604); les prophètes (Jérémie, Habacuc) annoncent l'approche d une armée envahissante, et l'on voit apparaître Nébucadnetzar, que le livre d'Esdras appelle plus particulièrement le Caldéen, S, 12. 2 R. 24. cf. Jér. 39, 5. 8. Son fils Evilmérodac lui succède, î H.

i, 27. Jér. 52, 31. Il est tué par son beaufrère Nériglissar qui, après quatre ans, perd la vie dans une bataille contre Cyrus, en 556. Laboroso-Archod, mauvais roi et cruel tyran, ne règne que neuf mois; il est assassiné, et a |K>ur successeur Nabonedus qu'Hérodote appelle Labynetus, 1, 188., et dont l'Ecriture sainte nous fait connaître le fils sous le nom de Belsatsar; il clôt la série des rois caldéens qui régnèrent sur Babylone; l'empire fut ensuite donné aux Perses, Dan. 5. — (Oppert a trouvé des briques avec, le nom de Nergel-Sarassar, qui est évidemment Nériglissar.)

Disons maintenant quelques mots de la religion des Caldéens. Comme l'origine de ce peuple semble se perdre dans une antiquité voilée â nos regards, il en est à peu près de même de son système religieux : on a cependant des raisons de croire que les connaissances religieuses des Caldéens, dans le principe, n'étaient pas dépourvues de toute vérité ; car dans la prophétie remarquable de Daniel, 2, où les quatre monarchies du monde sont placées selon leur valeur morale et religieuse, la puissance des Assyriens, des Caldéens et des Babyloniens, est représentée sous l'image de la tète d'or, tandis que les Perses ne sont que la poitrine d'argent, les Grecs et les Romains, les hanches et les jambes d'airain et de 1er.

Dans les temps postérieurs, la religion des Caldéens, sous l'influence du sabéisme venu de l'Arabie, se porta vers le culte des astres, au-

s'établlr dans d'autres pays. Ceux qui ont oc- tant du moins que nous en pouvons juger; leur

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théologie était devenue astrologie : au lieu du Dieu des deux, ils adoraient les cieux, comme d'autres plus tard ont rendu leur culte aux hommes sanctifiés, plutôt qu'à Celui qui les a sanctifiés. L'observation des astres avait toujours été l'une de leurs principales occupations, et ils y avaient fait des progrès remarquables. Callisthène , philosophe et savant grec , trouva àBabylonc, lorsque la ville fut prise par Alexandre, un grand nombre de calculs astronomiques, dont il donna connaissance à Aristote, calculs qui embrassaient une période de 4933 ans, remontant jusqu'en 2233 av. C, c'est-àdire jusqu'à 800 ans seulement après le déluge (3102), à peu près à l'époque de la confusion des langues. En se perfectionnant. Tastrolàlrie en est venue à accorder une attention spéciale aux sept corps suivants, le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, à ces cinq derniers surtout, dont on regardait deux comme bienfaisants et favorables, Jupiter et Vénus, et deux comme sinistres, d'une influence pernicieuse. Mars et Saturne : quant à Mercure, il était considéré comme neutre , ou plutôt il pouvait être bon ou mauvais, suivant les circonstances.

La planète de Jupiter était appelée Bel dans les livres saints des Sabéens, et selon quelques auteurs (Gesenius) elle était adorée en Phénicie sous le nom de Bahal, à Babylone sous celui de Bel : les classiques latins et grecs rapportent aussi que le dieu des Babyloniens a porté ce nom ; on connaît le Jupiter Belus, Pline, Hist. Nat., 37, lO.Cicér., De Nat.Deor., 3,16. Hérodot., 4, 181., etc. C'est aussi d'après quelques interprètes le dieu Gad mentionné Es. 65, 41. dans le texte hébreu, et que nos traductions ont rendu par « l'armée des cieux. » v. Gad 3°.

I ênus semble avoir été dans tout l'Orient l'objet du même culte voluptueux ; elle portait aussi le nom de Bahal l comme la déesse, l'épouse, le complément féminin du Bahal : c'est elle probablement qu'il faut chercher dans la Hastoreth ou Astarlé des Sidouiens, 1 R. 41, 5. 33. Ce dernier nom, qui fait de Vénus la reine des étoiles, renferme sous le rapport étymologique les consonnes qui, dans la plupart des langues connues, servent à désigner ces joyaux du firmament. Dans AstarU se trouvent le grec ««fer, le latin sidera et astrum, le français atfre, l'anglais star, l'allemand stem, l'italien iMla, etc. Et l'un des Targummins, dans la paraphrase de Est. 2, 7., dit que Ester signitie de même étoile du matin. — Les Arabes appelaient Vénus fortuna minor, comme ils appelaient Jupiter fortuna major.

Mercure s'appelait Nebou chez les Sabéens ; c'était la planète divine, la messagère des dieux ; elle n'est pas sans rapport avec le Hermès des

Grecs et le Mercure des Romains : son nom même de Nebou ressemble au Nabî des Hébreux, qui signifie prophète. Beaucoup de noms propres assyriens et babyloniens sont composés de ce mol Vé&Mcadnetsrir, Sanparné&o, ■Saboncd, A'aôopolassar; le mont Nébo sur lequel Moïse est mort prenait son nom de cette même idole, d'après Jérôme qui dit dans son commentaire sur Jér. 48, 7. : « Sur le mont Nabo se trouvait Kémos, idole consacrée qui est encore connue sous le nom de Belphégor, ou Bahal- Péhor, » Nomb. 25, 3. 5. ». Kémos.

La planète de Saturne passait pour exercer une mauvaise influence ; les Arabes l'appelaient magnum in/ortunium, et les classiques latins aussi bien que les Orientaux nous ont conservé comme tradition la mauvaise renommée qu'elle avait, Propcrt., 4, 1. 84. Lucain, 4, 650. Pline, Hist. !\at., 2, 8. Les Sabéens l'appelaient Kivan, et les Arabes Kivén, deux noms qui correspondent tout à fait en hébreu, àcelui de Kijun, divinité qu'adorèrent, selon Amos 5, 25. 26., les Israélites dans le désert. Les Septante l'ont expliqué par Remphan, cf. Act. 7, 43., mot qui encore aujourd'hui dans la langue copte, sert à désigner la planète Saturne. Le caldéen Kivan signifie ferme, droit, juste; et l'on sait que les classiques représentent l'âge de Saturne comme l'âge d'or, et qu'ils font l'éloge de la justice qui régnait alors. Le nom de. Saturne, qui dérive de l'hébreu, signifie l'éternité, car Saturne est l'éternité personnifiée, en grec chronos, le temps infini. — Le Moloch auquel on sacrifiait des enfants, en les faisant passer par le feu, était encore le même, Amos 5, 26. Diod. Sic, 20, 4 4. Les anciens Arabes célébraient son culte le samedi dans un temple sexangulaire noir, et habillés de noir ; l'anti quité lui a consacré le septième jour de la semaine, et le samedi porte encore son nom chez les Latins, saturni dies, et chez les Anglais sa lurday. Les rabbins, pour désigner celle planète, l'appellent la sabbatique, shabtai.

Mars avait reçu des Arabes le nom A'infariunium minus; il était moins pernicieux que Saturne, quoique cependant malfaisant. Son temple était rouge, ses vêlements étaient rouges, et ceux qui lui offraient des sacrifices arrosaient leurs habits de sang. Comme il est appelé Nirig dans la langue araméeune, Gesenius l'a comparé :i Xeryal, l'idole des Cuthéens, 2 R. 47, 30., qui entre aussi dans la composition de plusieurs noms propres assyriens, AYWplissor dont parle Josq he, Xergal- Saréetser, Jér. 39, 3., etc. Mirrick est une autre forme de Niiïg; Mirrick se prononçait aussi quelquefois Mirdick, et de là est venu le nom de Mérodac, Jér. 50, 2. Es. 39, 4 ., qui désigne le dieu Mars avec tout son entourage mi-

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iilaire et meurtrier; c'est encore le même nom qui a passé dans les langues occidentales cl modernes, avec la finale de moins; en latin Mars , iJ/ar/is ; mors , wor/is ; en allemand Mord; en français mort, meurtre, etc. Et comme les noms de Bel et de Nébo entraient souvent dans la composition des noms propres, celui du dieu JJérodac fait partie du nom de Evil-Méroijac, 2 R. 25, 27. et de Mérodac-Baladan q. v., Es. 39, 4.

Cette vénération des planètes chez les anciens Caldécns, marchait de pair avec l'astronomie et l'astrologie. Quant à la première de ces sciences, elle avait fait des progrès considérables. Ptolémée nous a conservé des calculs décjipses de lune qui ont eu lieu le 19 mars 721 av. C, dans la nuit du 8 au 9 mai 720, le 22 avril 621, etc., et les calculs de nos savants ne diffèrent que de quelques minutes de ces anciennes données. Le temple de pel, qui servait d'observatoire, avait ses quatre côtés tournés vers les points cardinaux. •

Leur astrologie se fondait sur U croyance que les forces des astres et des planètes, dans leurs conjonctions, influaient essentiellement sur les destinées des hommes ; toutes leurs connaissances astrologiques furent transmises de génération en génération, par tradition, au sein des familles et des castes. Les membres de ces dernières portaient Je titre de Caldéens par excellence. |ls croyaient le monde composé d'atomes impérissables, et tout ce qui arrivait dans la voûte céleste était, selon eux, l'effet d'une résolution immuable de la destinée. Selon Diodore, ils ont prédit a Alexandre qu'il mourrait à Babylone, et a Antigone qu'il succomberait dans la guerre contre Séleucus-Nicator. — Les astres dont les combinaisons étaient essentielles pour faire un horoscope, étaient les planètes avec leurs différentes qualités, et les douze signes du zodiaqne qui exerçaient aussi, à ce que l'on croyait, une grande influence, selon la manière dont ils se combinaient avec les planètes. Jusqu'à nos jours encore, on trouve dans l'opinion vulgaire quelques restes de ces superstitions.

Plusieurs erreurs astrologiques cl superstitions de ce genre s'étaient glissées chez les Hébreux, et nous en trouvons des traces dans la sainte Ecriture. Il est parlé 2 R. 23, 4 1 . de chevaux consacrés au soleil à Jérusalem: d'encensements aux signes du zodiaque, 2 K. 23, 5. (en français astres) ; d'un culte astronomique à une reine des cieux, Jér. 7, 18. (celte der nière idolâtrie, ainsi que l'adoration du soleil, est encore indiquée Job 31, 26. 27.) El le Seigneur lui-même prend le nom de l'Eternel des armées (des cieux) pour indiquer qu'il est audessus de toutes les autres divinités : il s'ap-

pelle aussi celui qui habile au-dessus des chérubins, 2 Sam. 6, 2., pour indiquer sa puissance.

CALER, 4° fils de Jéphunné, frère de Kénaz, et descendant de Juda, l'un des douze Israélites envoyés pour l'exploration du pays de Canaan, fut le seul avec Josué, qui, au retour, loin d'ef frayer le peuple, chercha a lui inspirer vhw confiance en l'Eternel n'ont il élajt inspiré laimême. Caleb, dont le nom signifie plein dt cœur, les encouragea fortement à ne pas craindre, et à croire aux paroles de Celui qui ne leur avait jamais manqué, Nomb. 14. Mais les Israélites crièrent, versèrent des larmes, voulurent se choisir un guide pour retourner en Egypte, et furent sur le point de lapider ceux qui parlaient de courage et de conquête. L'Eternel jura alors que tous ces hommes (Je col roide périraient au désert, et Caleb seul, avec Josué, reçurent la promesse qu'ils entreraient en Çanaan. Dus fard, il fut désigné pour faire le partage du pays, Nomb. 34, 19.; il est probable que ce partage se fit au fur el à mesure que le peuple avançait. Ca)eb obtint pour sa part la possession de Kirialh-Sepher ou Hcbron, que Dieu lui avait promise quarante-cinq ans auparavant; plein, de reconnaissance, il rendit grâces à l'éternel pour toutes ses faveurs, en particulier pour cette vigueur de corps et d'âme qu'il lui avait conservée, quoiqu'il eût alors quatre-vingt cinq ans. Il ne tarda pas a montrer, par le fait , que ces forces n'avaient en rien diminué, car il repoussa les Hanakins qui s'étaieni emparés de la montagne de Uehron, elles déposséda. Son neveu Hothniel, lîls d<* son frère cadet Kénaz, |c seconda puissamment dans celle entreprise , et mérita par sa valeur la main de sa fille IJaesa, Jug. 1, 12-, qu'il avait promise au héros qui se distinguerait le plus; ce héros devint plus lard le premier des Juges d'Israël, v. Nomb. 26, 63. 32, 12 34, 19. peut. 4, 36. Jos. 1i, 6. 45, 13. 21, M- 1 Chr. 6, 56.

2° Caleb, 1 Chr. 2, 9. 18., épousa Ephral, qui lui enfanta Mur; il était (ils de Hetsron, el portail encore le nom de Cclubaï. ». 9.

3» Caleb, 4 Chr. 2, 50. tils de Hur, et petilfils du précédeut; il fui père de Sobal, de Ha repli, et de Salma père de Bethléem.

4° Ville ou district de la tribu de Juda, 4 Sam. 30, 14. C'est dans ses environs que se trouvait Uébron; mais l'on ne sait pas si c'est du fils de Jéphunné ou du fils de Hetsron qu'elle avait pris son nom.

CALENDRIER, ». Année, el Mois.

CÂLINÉ, ville bâtie par Nimrod, au pays de Sinbar, Gen. 40, 4 0. Amos 6, 2.; Cajno, E>- 10, 9., peul-étre aussi Canneh, Ez. 2". 23. : selou les ïargums el saiul Jérôme, ce serait

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Ctésiphon sur la rive orientale du Tigre, vis-àvis de Séleucie; les anciens appelaient Chalonitis le pays qui environnait celle ville; la contrée avaii conservé l'ancien pom.

CALVAIRE ou Golgothà, place du crâne, ainsi nommée ou de sa ressemblance avec le haut de la tète d'un homme, ou (le ce que c'était là qu'on exécutait {es malfaiteurs, ou enfin à cause de la tradition qqi veut que le crâne du premier homme ait été enterré dans cet endroit. Setn. dit-on, aurait reçu ce cr0ne de Noé, et, «loué d'un esprit prophétique, l'aurait enseveli à l'endroit même où il savqit que Je sang du second Adam coulerait poqr le salut de l'humanité.

C'était une petite colline ou une hauteur à l'ouest de Jérusalem, et hors des murs, selon la loi de Moïse, 3laltb. 27, 33. Jean 10, 47.; cf. Héb. 13, 42. C'est probablement dans la vallée de Guihon qu'il faut la chercher, mais on n'en connaft pas la place exacte; les orientalistes, amateurs et poètes, se contentent de la tradition qui met le Calvaire dans l'enceinte même de Jérusalem ; c'est plus commode pour les pèlerins sans doute, mais c'est contraire aux données bibliques ; et quoi que M. de Lamartine puisse nous dire de ce grand dôme blanc, noyé dans un dédale de rues et d'édifices qui l'environnent, nous trouvons, comme lui, « qu'il est difficile de se rendre compte ainsi de remplacemont du Calvaire, d On peut dire, il est vrai, que la ville, rétrécie du côté de Sion, se sera agrandie du côté du nord, pour embrasser dans son enceinte un site aussi grand de souvenirs ; mais a lous égards cette supposition est inaeceprable ; si le dôme qu'on montre aujourd'hui pour le Calvaire l'était effectivement, le lieu d'exécution n'aurait été éloigné du temple que d'un demi-kilomètre, ce qui est peu probable ; en outre cette colline de Golgolha se serait trouvée dominer du dehors les retranchements de Jérusalem, et les dominer de fort près, puisqu'ils devaient passer entre le temple et le Calvaire; ce n'eût guère été habile, sous le poini de vue stratégique, c'eût été donner aux assiégeants une position militaire trop précieuse, et le génie des Hébreux n'autorise pas la supposition d'une faute semblable. Le Golgotba que I on montre n'est donc pas le véritable ; il faut le chercher hors des murs do la ville, du côté du oord-ouest.

CALVITIE, v. chauve.

CAM (chaleur, pays chaud), l'un des trois de Noé, et probablement le plus jeune, échappa au déluge avec son père f mais ne fut tfuvè des flots que pour tomber d'une autre raanita sous la pesante malédiction du péché : '"état d'ivresse du patriarche était pour ses fils «'» spectacle nouveau ; pour Cam ce fut un sujet

de plaisanterie ; U découvrit la honte paternelle et voulut associer ses frères a ses railleries. Il fut maudit, Gen. 9, 25.

Quelques-uns ont trouvé le jugement trop sévère ; et il le serait peut-être si l'on ne considérait ce crime que comme un acte de légèreté ; mais il parait que, dans cette occasion, se manifesta un esprit d'impiété et d'impureté qui méritait complètement la punition que Noé annonçait au nom de Dieu.

On se demande encore comment, au lieu de tomber sur Cam ou sur tous ses fils, cette malédiction ne parait avoir été adressée qu'au seul Canaan. Mais il est permis de croire, d'abord que Canaan a pris part au péché de son père, qu'il a peut-être exprimé une joie maligne, une satisfaction perverse du spectacle qui lui était offert, et que le mauvais trait du caractère de son père se reproduisait en lui dans toute sa force. — De plus, comme ces premières pages de nos saints livres ont été écrites de manière à faire ressortir les traits qui concernent plus particulièrement Israël et son histoire, il était important, pour le peuple d'Israël, de connaître à l'avance le jugement de son Dieu contre les Cananéens qu'il devait plus tard exterminer, tandis que c'était plutôt une affaire de curiosité, et par conséquent moins utile, de connaître les oracles de Dieu relativement aux habitants de l'intérieur de l'Afrique; il est donc possible que l'historien sacré se soit borné à mentionner Canaan, sans insister sur la malédiction également prononcée contre les autres. Il faut, du reste, ajouter que, selon toute apparence, quelques-uns des lils de Cam n'ont pas été atteints de la même malédiction; car les descendants de Cus et de Mitsraïm (les Ethiopiens et les Egyptiens) ont formé des nations puissantes et florissantes, tandis que les fils de Canaan ont été exterminés, el que l'autre branche, celle de Put (les Nègres), gémit sous le poids de sa condamnation depuis plus de. 4,uoo ans. — On a dit qu'il était indigne de Dieu de faire peser son courroux sur des nations entières pendant une longue suite de siècles, sans autre motif qu'un crime commis par un de leurs ancêtres. A cette objection, il n'y a qu'une réponse à faire ; elle ressort de l'objection ellemême. Le fait existe. L'histoire entière rend témoignage de ce fait que les nègres ont été un objet de commerce pour tous les pays qui les entouraient; ils se sont trouvés sur les marchés de l'ancienne Asie, de l'austère Sparte, de la légère et voluptueuse Athènes, comme ils se trouvaient naguère dans les plantations des Etats du sud de l'Amérique. Et si ce fait existe encore après quarante siècles, la Parole de Dieu qui l'annonce, car c'est bien à elle qu'on en veut, n'en est plus responsable ;

CAM

I is

elle reste un livre de prophètes, un livre inspiré : Dieu seul est en cause, lui qui a créé le fait. Le reproche qu'on essayait de diriger conlre la Parole a forcément dévié et viendrait frapper Celui qui sait réduire au silence les plus obstinés et les plus audacieux. Quant à la Parole, elle reste debout, intacte; ses funestes prophéties se montrent toujours vraies après un grand nombre de siècles; sa solidité n'est pas ébranlée par les assauts de ses adversaires : le passé est un témoignage pour l'avenir.

Voici, d'après Gen. 10, 6. sq., le tableau de la postérité de Cam :

CAM

l«Cui

2«Mif»raïm 3- Put

*• Canaan

1 Seba

1 Ludim

1 Sidouiens

•J Havila

2 Hanamim

3 Héthier*

3 Sablah

3 Tehabim

3 Jébutieaa

4 Hahraa

4 Naphtuhitn

4 Amorrhéen»

a Seba

5 Pathrusitn

S Guirguiens

b Dedan

6 Chaaluhim

6 Hc»ien»

S S«bteca

a Philistin*

7 Harkient

b Caphtorim

8 Siniens

0 Nimrod

9 Arvsdiens

10 Tsémarieiis

11 Haroalhiens

Cam a plusieurs fois donné son nom à la terre de son fils Mitsraîm, à l'Egypte, Ps. 78, 51. 105, 23. 106, 22.; selon Plutarque, le nom même de Cham, ou Cbemi, signifierait noir, ou noirâtre, et se rapporterait aux eaux sombres et bourbeuses du Nil.

D'après un auteur arabe, Cam, l'inventeur de la magie et le fauteur des superstitions et de l'idolâtrie, ne serait rien moins que Zoroastre, ou Adris le prophète.

CAMÉLÉON, v. Lézard 6°.

CAMELÉOPARD. t». Chameaupard.

CAMP, Campements. Les tentes des Israélites dans le désert étaient organisées comme le serait le camp d'une grande armée, Nomb. 2. La lente de Jéhovah, ou le Tabernacle, en occupait le centre, ayant à l'est, et tout près, celles de Moïse, d'Aaron et de leurs familles ; au sud les Kéhalhites, à l'ouest les Guersonites, au nord les Mérariles ; de sorte que le tabernacle, vrai quartier général , était entouré de tous côtés des lévites qui devaient en faire le service. Devant le tabernacle, vers l'orient, se trouvaient les 186,400 guerriers de Juda, Issachar < t Zabulon; au sud, la division de Rtiben, Gad et Siméon, 151,400 hommes; àl'ouesi, près du lieu très saint, les enfants de Rachel, 108,100 hommes, propres à la guerre; au nord, Dan, Aser, Nephthali, 157,600 hommes. On peut voir le tableau de ce camp dans mes Voyages desEnf. d'Isr., p. 96. — Les camps des Grecs, et surtout ceux des Romains, ressemblaient beaucoup, dans leur ordonnance, au camp du

désert : c'est du reste le seul sur lequel la Bible donne quelques indications. D'après 1 Sam. 26, 5., il paraîtrait que les camps des Hébreux étaient formés en rond, comme ceux des Arabes, des Bédouins et des anciens Grecs ; ils étaient gardés par des avant-postes, Jug.7, 19.; et pendant la bataille, une garde restait auprès des bagages, 1 Sam. 30, 24. — Certaines prescriptions hygiéniques avaient tout à la fois pour but de préserver de maladies l'immense multitude ainsi rassemblée, et de rappeler le respect dû à la sainteté de la présence de Dieu; les morts devaient être enterrés hors du camp, les lépreux et les personnes atteintes de diverses maladies devaient se tenir à une distinct déterminée, les prisonniers étrangers devaient faire une espèce de quarantaine avant d'être introduits; les entrailles, cornes, ongles, peaux des bétes sacrifiées, devaient être entièrement consumées; l'exécution des criminels avait lieu hors du camp, etc. Nomb. 5, 3. 12, 14. Lé»- 10, 4.13, 46.8,17. 4, 12. Deut. 23, 10-14., etc.; cf. Hébr. 13, 12. Jean 19, 17, 20.

Quant aux stations, ou campements des Israélites dans le désert, elles sont énumèrées au nombre de quarante-deux, Nomb. 33, 2-49. Mais : 1° cette liste n'est pas complète; il \ manque déjà six noms indiqués Nomb. 21, savoir le torrent de Zéred , une halte en drça d'Arnon, Béer, Mattana, Nahaliel. et Bamotb.

— 2° Les stations ne représentent pas toute* des journées de voyage; ainsi de Rahmésèsan bord de la mer Rouge il n'est indiqué que si* campements, Ex. 12, 37. 13, 20. 14, 2. 15,23, 27., et cependant le voyage avait duré un mois. 16, 1., cf. 12, 6. De même il y a trois jours entre Sinaï et Kibroth-Taava, Nomb. 10, 33. quoiqu'un seul campement soit mentionné 33, 16

— 3° Il ressort de Nomb. 14, 25. (Deut. 1,19 comparé avec Nomb. 20, 22., que les Israélite ont touché deux fois la station de Kadès-Barne une première fois la seconde année du voyage, lorsqu'ils envoyèrent des espions en Canaao une seconde fois la quarantième année de leur pèlerinage, lorsque Moïse fit prier le roi d'Edo* de lui accorder le passage sur son territoire: cependant cette station n'est nommée qu'une fois, la trente-troisième, Nomb. 33, 36. On a cherché à expliquer ce fait de diverses manières: les uns ont supposé que les Israélites sont restés en ce même endroit, ou du moins Moïse ei le tabernacle, pendant les 38 ans de la falale sentence, mais c'est contredit par le texte sar" Nomb. 14, 25.; les autres, et c'est le plus probable, admettent que Kadès portait d'abord le nom de Bené-Jahacan, et qu'elle est désigne sous son premier nom 13, 31., et sous le second au v. 36. Ce double nom se présente en effet pour une autre station, celle où mourut

CAN

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Aaron ; elle est appelée montagne de Hor, Nomb. 33, 38., et Moséra, Deut. 40, 6.; or daire l'un et l'autre de ces passages racontant le même fait, les Israélites arrivent directement, de Kadès d'après les Nombres, de Bené-Jahakan d'après le Deutéronome; on est donc autorisé à conclure a l'identité de ces deux noms; celui de Kadès n'ayant été donné à cette station que lors du dernier séjour, parce que l'Eternel se sanctifia en eux, Nomb. 20, 4 3., il n'y aurait en effet rien d'étrange à ce qu'elle fût désignée sous son premier nom dans la mention du premier campement. Dans ce cas, en prenant Nomb. 33, comme base, on aurait, v. 46-31. le voyage à la frontière de Canaan, jusqu'à Kadès; v. 32-35. le retour au désert, et les migrations des 38 années ; v. 36. le retour du sud au nord, de Halsjon-Guéber à Kadès, l'écrivain ne répétant pas les noms connus des stations parcourues une première fois; et v. 37-41. la suite du voyage et sa reprise définitive.

De ces quarante à cinquante campements, sept seulement peuvent être déterminés avec quelque certitude, savoir : Mara, Elim, la station au bord de la mer Rouge, Sinaï, Moséroth ou la montagne de Hor, Hetsjon-Guéber, et les montagnes de Moab ; sept autres sont contestées, quoique la plupart des voyageurs soient à peu près d'accord sur leur position, savoir : Rabmscs, Répbidim, Kibroth-Taava, Hatsérotb, Bené-Jaliacan ou Kadès, Dibon-Gad. Pour un certain nombre, on peut fixer d'une manière générale la direction ou la contrée où elles devaient être; enfin dix-huit sont complètement inconnues : posées sur le sable, un coup de vent a dû en faire disparaître les traces du jour au lendemain, là où aucun signe particulier, source ou montagne n'en consacrait le souvenir.

CANA ou Kana (émulation, roseaux). 4° Ville de la tribu d'Aser, non loin de Sidon, Jos. 49, i8. — îft Ville ou bourgade, a 2 lieues nordest de Nazareth, tribu de Zabulon, où J.-C. fil son premier miracle, Jean 2, 4., et où, à son retour de la Judée et de la Saimirie, il guérit le (Ils d'un employé royal qui habitait Capernaûm, Jean 4, 46. Le village actuel, Kefer Kenna, est assis sur une pente douce, dans une petite vallée qui débouche sur la haute plaine de Zabulon ; il compte 300 habitants, est entouré de vergers et de plantations d'oliviers, et possède une source abondante où a été probablement puisée l'eau que Jésus changea en vin. In voyageur moderne, M. De Lahorde, a trouvé parmi les ruines de ce lieu de grandes auges en pimes, creusées dans le sol des habitations. — 3" Cana, ou Kana, le principal ruisseau des plaines de Saron ; il descend des montagnes de Samarie et formait la limite entre Epbraïm et

la demi-tribu de Manassé, Jos. 46,8. 47,9. Son nom hébreu signifie les roseaux; les Romains le nommaient la rivière des Crocodiles, et l'on assure qu'il existe en effet des crocodiles dans le lac ou marais qu'il forme près de son embouchure.

CANAAN, le plus jeune des fils de Cam, petitfils de Noé. Nous avons dit à l'article de Cam, quelques mots sur la malédiction divine qui frappa Canaan pour la faute de son père. Rien n'est plus hors de contestation que la parfaite justice de Dieu, comme rien n'est plus évident que la punition des pères sur les enfants. L'histoire des Cananéens vient à l'appui de cette double vérité, et, en l'étudiant, nous ne pouvons pas oublier que Dieu est juste quand il punit.

Il est probable que Canaan (dont le nom signifie pays d'en bas, par opposition à Aram, pays d'en haut), descendu des hauteurs de l'Ararat, vécut et mourut dans le pays qui porta son nom, et qui devait écheoir à l'une des branches de la postérité de Sem. Ses descendants furent en grand nombre. Les Sidoniens, les Tyriens, les Héihiens, les Jébusiens, les Amorrhéens, les Guirgasiens, les Héviens, les Harkiens, lesSiniens, les Arvadiens, lesTsémariens, les Hamathiens, les Phérésiens et les Cananéens proprement dits, furent tout autant de tribus issues d'une même souche, Gen. 40, 15. 4 Chr. 4, 45. Sept d'entre elles peuplèrent dans l'origine la terre promise; les autres occupèrent la Phénieie et une portion de la Syrie. De là le nom de Cananéens donné aux Phéniciens, Es. 23, 44 ., cf. Marc 7, 26. Selon la coutume d'alors, elles formèrent une multitude de petits royaumes, chaque ville ayant son monarque. Moïse en subjugua deux, Josué trente et un, et Adonibézek soixante et dix; d'où il résulte que les Cananéens étaient divisés en plus de cent royaumes. C'était une race impie et dépravée; les habitants de Sodome, de Gomorrhe, d'Adama, de Tséboïm et de Tsohar en faisaient partie, et l'on sait à quel degré d'immoralité ils en étaient venus. Kédor-Lahomer, roi d'Hélaro, se les rendit tributaires vers l'an 2078 av. C. Après douze années d'asservissement, ils se révoltèrent, furent repoussés de nouveau par le roi d'Hélam cl se virent à deux doigts de leur ruine. Abraham les délivra en fondant sur les rois alliés qui avaient emmené prisonnier son neveu Lot. Mais seize années s'étaient à peine écoulées, que l'Eternel les frappa, eux et toute leur contrée, d'une entière destruction : Tsohar seule fut épargnée, en considération de Lot. Gen. 9, 40, 44,48, 49. Ez. 46, 49. 50.

Envirou l'an 4654, les Cananéens des frontières du sud, assistés par les Hamalér.iles, firent dans le déserl éprouver aux Hébreux, rô-

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voltès contre l'Eternel, une terrible défaite en Hormah. Trente-huit ans après, les royaumes florissants de Hog et de Sinon, sur la rive orientale du Jourdain, ayant refusé le passage aux Israélites, furent complètement défaits par Moïse, Nomb. 21, 21. 31. A l'ouest du Jourdain, Josué en détruisit plus tard trente et un, sans compter les Gabaonites, qui se soumirent; on peut voir leurs noms Jos. 42, 9-24. Tout ce territoire fut alors partagé entre les tribus d'Israël. Après la mort de Josué, les tribus de Juda et de Siméon achevèrent d'expulser ou de réduire les Cananéens demeurés de reste dans leurs cantons; celles d'Ephraïm et de Manassé en tirent à peu près autant; mais dans la plupart des autres tribus, les Cananéens restèrent on possession de plusieurs villes considérables, d'où ils purent souvent diriger des attaques contre les Israélites, en même temps que, par leur mélange avec eux, Us leur donnaient l'exemple de l'idolâtrie et de l'immoralité. Après de pénibles luttes, la plupart des tribus finirent cependant par se les assujettir tout à fait; mais dans la partie septentrionale de la terre promise, un résidu de ces malheureux Cananéens parvinrent à former un royaume puissant, celui de Hatsor, et vers l'an 4 406, leur roi Jabin sut tenir pendant vingt années les Hébreux dans la sujétion. Débora et Barac délivrèrent leur patrie et portèrent à ce royaume cananéen un tel coup, que l'on n'en entendit plus parler dans la suite, et que le nom même de Cananéens disparut presque entièrement.

IMus tard, près de trois cents ans après, David acheva presque la conquête du pays, et prit Jébus ou Jérusalem, une des plus Tort es places qui fussent demeurées entre les mains des Cananéens. Pharaon roi d'Egypte, réduisit Guëzer, et la donna à Salomon son gendre. Salomon employa plus de 450,000 Cananéens à la construction du Temple, et frappa de lourds impùis tous ceux qui restaient de cette race. Jamais, d'ailleurs, ce peuple ne jouit d'aucune liberté parmi les Israélites, au milieu desquels il en subsista toujours un très grand nombre, même après la captivité ; Canaan était le serviteur de Sem.

Les Guirgasiens et peut-être encore quelques autres tribus cananéennes, fuyant devant lépée de Josué, se retirèrent dans le nord de l'Afrique, et furent suivis par un grand nombre d'autres qui émigrèrenl de Tyr. Là, sous le nom de Carthaginois, ils jetèrent autour d'eux un certain éclat, mais qui dura peu ; dès lors, et pendant près de deux mille ans, ce pays a été le théâtre des plus tristes événements, successivement réduit en servitude et dévasté par les Romains, les Vandales, les Sarrasins et les Turcs. Lés Cananéens de Tyr, de Sidon, et

autres lieux de la Phénicie, qui s'établirent sur les rivages de la Méditerranée, n'ont paseti an meilleur sort ; ils s'adonnèrent au commerce, et souvent avec si peu de scrupule que le nom de Cananéen, après avoir été synonyme de marchand, finit même par se prendre dans une acception défavorable, Gen. 43, 7. Job 40, 25. Prov. 31, 24. Os. 42, 8. — Ceux enfin qui échappèrent aux armes du roi David, les Héviens, etc., s'enfuirent dans la Béotie au sud de l'Europe, où ils ne purent échapper non plus a la terrible malédiction qui pesait sur leurs tCtes; ils devinrent les serviteurs de Japhet.

Cependant Canaan, cet enfant maudit, a donné son nom à la portion la plus bénie de l'ancien monde. Canaan qui réveille dans le cœur la pensée delà désolation, réveille aussi celle delà promesse ; sur le même nom se rencontrent la paix et l'extermination; d'abord l'idolâtrie H les turpitudes du péché, puis le régné du Messie avec l'alliance de grâce. Il fallait que la prophétie de Noé fût accomplie en tout point, que Canaan fût le serviteur de ses frères, qu'après avoir baigné de ses sueurs une terre fertile, il la livrât ainsi travaillée, à la postérité bénie de Sem, et qu'après l'avoir défrichée comme un homme libré, il l'abandonnât comme un esclave ; il fallait que le nom du premier possesseur demeurât à cette terre, afin que ses nouveaux habitants comprissent et se rappelassent toujours qu'elle avait appartenu d'abord à une race maudite, et que celte malédiction seule, venant de l'Eternel, lus en avait rendus les maîtres.

C'était le pays dont la possession avait élé promise aux Hébreux, et dont il leur avait été ordonné de s'emparer, Nomb. 34, 4-12. Jos. 41, 43-21. Jug. 1; mais il faut y ajouter les contrées sur lesquelles ils pouvaient dominer, qu'ils pouvaient avoir l'espérance de conquérir un jour, celles dont la possession leur était permise plutôt qu'ordonnée, depuis l'Euphrate au nord-est jusqu'au Nil vers le sud-est, Gen. 13, 18 21. Ex. 23, 31. Deut. 41, 24. Jos. 1, 3. I. Et, en effet, les tribus transjourdaincs chassent devant elles les peuplades arabes, et poussent Jilsqu'à l'Euphrate, 1 Chr. .5,9. 18-23. David, plus tard, soumet la Syrie, Damas, Hamnion, Moab, l'idumée, 2 Sam. 8, 2. 6. 12. 13. 10; 12. 26. sq. 4 Clir. 48, 6-13. 19, 20. Salomon fait bâtir Tadmor bien à l'orient de Damas, construit une flotte à Helsjon Guéber sur la mer Rouge, possède Thlphsak sur l'Euphrate, et Hamatli sur le versant septentrional du Liban, 1 R. i, 2* 9, 18. 26. 2 Chr. 8, 3. 4. 17.

Tout le territoire de Canaan proprement dit, est actuellement soUs la malédiction à cause de l'incrédulité de l'Israël moderne; il est presque abandonné, sans culture, en sorte qu'on ne pourrait juger de ce qu'il fut jadis, pâr ce qu il

CAN

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est maintenant. II n'en est pas moins vrai qu i) n'y eut point anciennement de contrée plus riante et plus fertile. Le Jourdain, coulant du1 nord au sud, forme sUr son chemin les lacs d< Mérom et de Génézareth; une multitude de fuis seaux et de torrents viennent s'y jeter, tra versant lè p.iys dans tous les sens. Des vallées et de charmants coteaux, moins heureux aujourd'hui, embellissaient Jadis et variaient le paysage. Des pfiturages nombreux et féconds produisaient en abondance de l'herbe pour les trobpeaux, des fleurs pour les abeilles ; le lait le miel y coulaient et répondaient aux vœux de l'avide habitant des campagnes. D'après le té moignage d'Hécalée, la terre labourable formait le tiers du territoire, et donnait sur les coteaux de magnifiques moissons, des figues, des grenades, la vigne avec ses raisins, l'Olivier avec son huile. Au sommet du Liban, des cèdres gnlfiques; dans le sein des montagnes, des

mines considérables de fer et de cuivre. On conçoit que lorsque l'Eternel y ènvoyait des pluies et les saisons fertiles, ce pays cultivé par des mains laborieuses, ait pU nourrir les millions d'habitants qui le peuplaient autrefois, Deut. 11, 11. 6, 10. 8, 7. 8. 9. — Pour les détails géographiques, ». Palestine:

CANDACE , Act. 8, 27., était, non point le rtdhl propre seulement de la reine dont il est parlé dans le Nouveau Testament, mais un nom1 c6mmun à toutes les reines d'Ethiopie ; ce noiri signifie chef dés esclaves, èt rappelle celui dé sertorum princeps que les" marchands orientaux donnent encore au* rois d'Abyssinié. On dit que cette reine fut amenée a la foi chrétienne par celui de sès serviteurs que Mnlippe l'évangéliste avait baptisé sur lé chemin de Gaza (Irénée, Eusèbe); quant a ce serviteur lui-frième, la tradition raconte qu'il prêcha l'Evangile, et qu'il souffrit le martyre dans l'île dè Ceylan.

CANNE, 1* odoriférante, Cant. 4, 14., ». ftoseau aromatiquè; — 2°, ». Mesures.

CANîSEH, Ez. 27, 23., ». Calhé.

CANNELLE, ». Cinnattiorrte.

CANON, v. Bible.

CANTIQUES. 11 est dans la nature de l'homme de chanter les impressions qu'il éprouve, ses jôies et ses douleurs, et de célébrer par des hymnes vifs ou funèbres les moments importants de sa vie. Les Hébreux n'ont pas fait exception à la règle générale de l'humanité; noùs voyons déjà, dans les temps lës plus reculés, Jloïsè et Marie la prophétesse, consacrer pat* iiti saiht cantique les merveilles du passage de la mer Rouge, Ex. 15, 1. 20. Moïse eu indique d'âulres encore qu'il marque par le predller vers, parce que le peuple en savait la lin, Nomb. 21, U. 47. 48. 27., etc.; èt, près de mourir, il célèbre les bontés et lès merveilles

de bleu, Deut. 32. A lâ mort de SaW et de Jonathan, David compose un cantique funèbre, 2 Sam. 1, 17.; il en consacre un autre a la mémoire d'Abner, 2 Sam. 3, 33., et l'on peut croire que la douleur qu'il éprouva à la mort d'Absalon se manifesta aussi par des chants plaintifs, 18, 33. Barac et Débora nous offrent un hymne de victoire, Jug. 5, f . sq.; Anne, 1,1 mère de Samuel, un chant d actiolis de grâces, 1 Sam. 2, 1. sq. Le Psaume 45 et le cantique de Salomon sont peut-être des épithalames prophétiques- Salomon avait fait mille et cinq cantiques, 1 R. 4, 32. Les lamentations de Jérémie sont un hymne funèbre sur la ruine de Jérusalem. L'Ecriture mentionne encore du même auteur un cantique sur la mort de Josias, roi de Juda, 2 Chr. 35, 25. ; un cantique d'actions de grâces du roi Ézécbias, 2 Chr. 30, 48.; enfin des chants de Marie fa mère de Jésus, de Zacmtriô père de Jean-Baptiste, et du vieux Siméon, Luc 1, 46. 68. 2, 29.

Quèl est le cantique dont il est dit que Jésus et les siens le chantèrènt après la cène et avant de se rendre à la montagne dès Oliviers, Mallh1. 26, 30. Marc 44, 26. P Le texte original porté simplement ayant chanté; le plus probable c'est qu'ils chantèrent les Psatmtes dont les Juifs faisaient la lecture ordinaire à la fin du repas de Pâques, et qui étaient connus sous le nom commùn du grand rJalfél (Alléluia); c'étaient /es Psaumes 1(3, 414, 115-448, 120-137. u. PâqUès.

— Cantique des cantiques. C'èst le nOm que es Hébreux ont donné (shir hashirim) à un céèbre cantique qu'ils regardaient conimè le plus excellent de tous. Bien que le litre hébreu rte désigne pas nécessairement l'àutenr, et que certains indices, notammeut la mention de Thirtsa opposée a Jérusalem 6, 4., semblent indiquer une origine plus récente q*ue Salomon (970 a 920 av. C, l'époque comprise entre Jéroboam1 t riomri, d'après Herder, Ewald, de Wette, Hirzel, Hitzig, Renan), la tradition ancienne est )res(|ue unanime à attribuer cet ouvrage au Ois de David. Quelques auteurs disent que Salomon e composa a l'occasion de son mariage; suivant es uns, ce serait a l'occasion de son premier mariage; suivant les autres, plus lard, lors de son mariage avec là tille d'Egypte, en gUlse d'épithalame (Calmet). On regarde souvent le Cantique comme le premier des trois ouvrages qui nous1 restent de Salomon, un ouvrage de eunesse, presque une chanson d'amour: les Proverbes seraieut alors l'ouvrage de l'âge mùr, et l'Ecclésiaste celui du vieillard dégoûté des vanités de la vie. Il parait cependant, et une eclure attentive de ce cautique sublime confirme celle manière de voir, que lorsque Salomou le composa, il savait déjà surabondamment

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ce que c'est que l'amour. L'opinion peu connue de Heidegger (Enchiridion Bibl.) est à la fois pleine d'intérêt et de vérité : « L'on trouve, dit-il, dans ce cantique un cœur de vieillard usé, cassé, blasé sur les agitations, les troubles intérieurs et autres passions de l'âme ; et c'est probablement après s'être lassé de l'amour peu chaste des femmes qui l'avaient fasciné, que son esprit s'est tourné vers la méditation plus pieuse de l'amour spirituel du Christ et de ceux qui lui appartiennent. »

Comme on s'est beaucoup occupé de ce livre en diverses manières, on l'a aussi diversement divisé en petits chants, couplets ou chapitres. Calmet y trouve sept nuits ou sept jours marqués assez distinctement, parce qu'on célébrait les noces pendant sept jours chez les Hébreux (p. Gen. 29, 27.). Selon Jabn, Simon, Eichhorn, Pareau, et plusieurs autres, le cantique serait simplement un recueil de chants d'amour, indépendants les uns des autres; mais celte opinion est contredite par l'enchaînement même des pensées, et par la reproduction régulière et presque identique de certains refrains. Nos Bibles, et Heidegger, ont divisé le Cantique en huit parties; enfin le docteur John Mason i'a partagé en douze couplets ou idylles, à l'imitation de quelques poêles arabes. Voici quels seraient ces morceaux: 1° 1, t-8.; 2° 1, 9.-2, 7.; 3° 2, 8-17.; 4° 3, 4-5.; 5° 3, 6.-4. 7.; 6° 4, 8.- 5, 4.; 7° 5, 2.-6, 10.; 8» 6, 11-13.; 9° 7, 4-9.; 40° 7, 40.-8, 4.; 41° 8, 5-7.; 12° 8, 8-14.— M. £. Renan voit dans le Cantique seize parties distinctes; il le divise en cinq actes, â la manière moderne, et y trouve un drame pastoral complet. Une jeune villageoise est enlevée à sou amant par les hommes de Salomon , mais elle finit par échapper au sérail de ce prince et par épouser celui qu'elle aime. Si celte donnée est vraie, Salomon jouerait ici, même dans les détails, un rôle ridicule et sacrifié, et dans ce cas il est bien évident qu'il ne serait pas l'auteur du livre. Mais pour arriver à ce résultat, il a fallu forcer sur plusieurs points le sens de l'original de manière à le rendre parfois méconnaissable; il a fallu aussi ajouter et créer quelques scènes muettes supplémentaires et multiplier les syncopes et les évanouissements. Le travail de M. Renan est un vrai tour de force comme interprétation; il renferme d'intéressants aperçus, mais il dénature complètement le sens et le plan général du poème, v. Etude sur le Cantique, par M. le past. Paul (Genève, 4862). M. Réville, qui, sur plusieurs points, émet des vues analogues à celles de M. Renan, les présente sous une forme plus naturelle, et son drame, tel qu'il l'expose, exige moins de suppositions forcées : sa traduction est également préférable.

« Ce poëme, dit Ch. Nodier (Bibl. sacr.), est le modèle et le désespoir à la fois de tous ceux qui seraient tentés de s'exercer dans le même genre, si de pareilles inspirations pouvaient jamais se reproduire. »

Saint Jérôme nous apprend que les Hébreux avaient interdit la lecture du Cantique aux hommes âgés de moins de trente ans ; ils craignaient les abus d'une interprétation particulière peu intelligente ; cependant l'estime qu'ils avaient pour ce livre était telle qu'ils en faisaient une lecture publique à la féle de Pâques, et qu'ils le comprenaient, avec Rulb, Ester, l'Ecclésiaste et les Lamentations, dans le recueil d'hagiographes appelé les cinq volumes, dénomination empruntée des cinq livres de Moïse. Le R. Abika dit dans le Talmud : « Le monde entier ne vaut pas le jour où le Cantique fut donné â Israël. Tous les écrits du Canon sont saints, mais le Cantique est le Saint des saints. >» De même que la synagogue, l'Eglise chrétienne a toujours reçu ce livre dans le Canon ; Théodore de Mopsuesle seul dans l'antiquité, Castalion, à Genève (4544), puis quelques auteurs modernes, en ont nié la canooicité. Les raisons qu'on allègue pour le faire rejeter, sont d'abord que le nom de Dieu ne s'y trouve pas, puis, que ce livre n'est jamais cité par les auteurs sacrés du N. T. A ce double égard, nous répondrons que le Cantique étant une allégorie, il n'était pas nécessaire, il eût même été singulier de nommer par son nom celui qui était représenté sous la figure d'un époux aimable et aimant, dans tout le cours de ce petit poëme ; et s'il est vrai que les écrivains du N. T. ne l'aient pas cité, il y a bien d'autres livres aussi qu'ils n'ont pas nommés expressément, et qui n'en sont pas moins reconnus comme inspirés; il y est fait d'ailleurs plusieurs allusions qui, si elles ne sont pas directes, montrent au moins que l'allégorie du Cantique a été reconnue et sanctionnée par le Sauveur et par ses apôtres; on peut voir Maltb. 9, 45. i2, i. 25, 4-44 . Jean 3, 29. 2 Cor. 44, 2. Epb. 5, 23. 27. Apoc. 49, 7. 9. 24, 2.9. 22, 47., et ailleurs, cf. encore Es. 5, 4-7. 52, 7. Jér. 7, 34. 25, 40.

Il est impossible qu'un homme irrégénéré puisse lire ce livre et en comprendre le sens spirituel; ceux-là seuls peuvent le lire avec fruit qui disent de tout leur cœur de Jé&us- Christ ce que l'épouse dit de son fiancé : C'est ici mon bien-aime; c'est ici mon ami, 5, 16. Le Cantique est écrit de telle sorte qu'il offre une espèce de sens à chacun : c'est comme une glace polie qui réfléchit à chacun sou image; à celui dont le coeur est impur, elle apparaît impure aussi : elle est basse pour celui qui est bas, eile s'élève â mesure que l'homme s'élève, et celui

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qui a compris le Christ, son amour et son sacrifice, saura voir dans l'épouse une âme fidèle qui rend amour pour amour, dévouement pour dévouement, et reconnaissance pour sacrifice.

Le Ps. 45 est le vrai commentaire du Cantique, et si quelques-uns n'ont voulu y voir qu'un ctaanl d'amour, si d'auires y ont vu la consécration du mariage, si d'autres enfin y voient le triomphe de la passion vraie sur l'ambition et la cupidité, comme on a le droit d'avoir toutes ces choses, il n'en reste pas moins constant que le sens allégorique est justifié par l'analogie des Ecritures et par les traditions juives et chrétiennes.

Les commentaires sur le Cantique ont été de tout temps fort nombreux : indépendamment des travaux juifs d'Aben - Esra et de Maïmonides, et des Pères de l'Eglise, parmi lesquels il faut citer Origène, qui fonda l'interprétation traditionnelle; Alhanase, qui vit dans le Cantique une prophétie annonçant l'incarnation; Tbéodorel, défenseur énergique de l'interprétation allégorique, nous nommerons, parmi les travaux plus récents, Umbreit (1820), Ewald (4 826), Hirzel (mo), Hengstenberg, Hitzig, Hoektlra (4855), quatre gros volumes de Home (1856), Empeytaz, enfin les écrits de MM. Renan et Paul, et deux articles de M. Réville (Revue de Théol. 4857). Rappelons aussi un commentaire que les théologiens ne sauraient dédaigner malgré sa forme, et qui a paru à Halle, de 4845 à 4847, sous le litre : Das Hohelied, in Liedern, von G. Jahn. Il est divisé en trois parties, répondant a trois manifestations de la grâce divine : l'œuvre dans la foi, Cant. 4,4.- 2, 7.; le travail dans l'amour, 2, 8.-3, 41.; la conservation dans la grâce, 4, 4.-8, 4. L'épilogue, le oui de l'époux et l'amen de l'épouse, 8, 5-1 4., répond au prologue qui dédie ces poésies à l'Allemagne souffrante, comme la lumière véritable qui doit faire ressortir les ténèbres des lumières faussement ainsi nommées. Ce volume renferme soixante-quatre poésies, qui sont autant de développements spirituels des versets qui en forment le thème; il est difficile de préférer l'une â l'autre, et plus difficile encore de les traduire en français.

« L'amour est le sujet du Cantique des cantiques, que la tradition attribue â Salomon, et qui suppose chez son auteur une âme éminemment mystique, ou du moins susceptible des affections terrestres les plus vives et les plus délicates. On peut y voir, soit une allégorie orientale et une peinture figurée de l'amour de l'Eglise ou de l'âme individuelle pour son Dieu , soit un tableau de l'amour de l'homme pour la femme, qui était alors généralement traitée comme un être subalterne, et que cette affection profonde remettait à sa vraie place en

lui rendant sa dignité morale et sa liberté. Mais, en tout cas, on ne peut nier que ces chants ne correspondent exactement â ce que nous savons, soit de Salomon aimant l'Eternel, soit de Salomon aimant la fille de Pharaon. Ils sont d'ailleurs un ouvrage de sa jeunesse, et des juges impartiaux les ont déclarés le chef-d'œuvre de la poésie lyrique orientale. » (Rougemont.)

CAPERNAUM (ville agréable, ou beau village), ou Capharnaûm d'après la Vulgate et les meilleurs mss.; une des principales villes de la Galilée, qui, selon toute apparence, ne fut bâtie qu'après la captivité de Babylone. Elle était située â 5 kilomètres environ de l'embouchure du Jourdain, sur la rive occidentale de la mer de Tibériade, aux confins de Zabulon et de Nephthali. La plaine basse qui s'étend vers le sud, sur une longueur de dix kilomètres, et une largeur de cinq, est d'une ravissante beauté; c'est la partie la plus fertile de tout ce magnifique bassin, et elle portait le nom de Gennésar, jardins de la richesse. Aujourd'hui encore sa fécondité est proverbiale chez les peuples voisins. Josèpbe parle d'une source nommée Capernaum, célèbre par son extraordinaire abondance. Riche des produits du sol, Capernaùm l'était encore par la pêche et par le commerce ; elle était sur la grande route, via maris, qui unit Damas à la Phénicie, et dans un défilé entre le lac et les montagnes; aussi les Romains y avaient-ils établi un bureau de douanes et placé une garnison, Matth. 9, 9-4 4. Luc o, 27-30. — Ce fut lâ que Jésus descendit et qu'il passa quelques jours, après avoir quitté Nazareth et ses arides montagnes; il en fit longtemps son principal séjour, demeurant chez la belle-mère de Pierre, et c'est de là qu'il partit pour son premier voyage à Jérusalem, Matth. 4, 43. 9, 4. 8, 44. 41; 17; Marc 4, 2. Luc 4, 10. Jean 2, 4. 6. Il reste de celte florissante cité quelques ruines nommées Tell Hûm. Robinson s'est fourvoyé en identifiant cette ville avec Khan Minlyehje Kepharnome où Josèphe blessé fut transporté (Vila Jos., 3, 52. sq. 68 à 73), et qui était dans le pays même de Génésareih, tandis que Capernaùm en était seulement près.

CAPHTOR, Jér. 47, 4. v. l art. suiv.

CAPHTOR1M, Gen. 40, 44., les descendants de Capblor, un des fils de Mitsraïm. Selon les anciennes versions, suivies par Bocharl, le pays auquel ils donnèrent leur nom serait la Cappadoce; mais Jér. 47, 4. indique assez clairement que Caphtor doit être une île, ou tout au moins un pays maritime; Michaelis et Daliler ont, en conséquence, proposé d'y voir l'île de Chypre, opinion qui avait déjà été émise, puis plus tard réfutée par Calmet; Gesenius et Haevernick, d'accord avec les dernières dissertations de ce

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