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d'autres enfin (Steiger), que c'étaient des papiers importants dont l'Apôtre avait besoin pour son procès.
CARQUOIS, v. Flèches.
CARTES de géographie. La première trace que l'on trouve, soit dans l'histoire profane, soit dans l'histoire sacrée, des cartes géographiques, est dans ces mots de Jos. 18, 8. 9. : « Ces hommes donc s'en allèrent, et passèrent par le pays, et en firent une figure dans un livre (ou rouleau) selon les villes, en sept parties. »
CASIPBIA, Esd. 8, 17., ville ou contrée du royaume de Perse , dans laquelle se trouvaient un assez grand nombre de lévites, d'autres exilés juifs, et de Nélhiniens. 11 faut la chercher près des montagnes caspiennes, au nord- est de la Médie.
CASSE. La casse mentionnée, Ex. 30, 24. Ps. 45, 8. Ez. 27, 49., porte en hébreu différents noms. C'est l'écorce d'une plante aromatique que Moïse fait entrer dans la composition de l'huile sainte, et qui devait servir à la consécration des vases du tabernacle. On en compte trois espèces , qui croissent toutes en Orient sans culture , et qui ont quelques rapports avec la cannelle , quoique plus foncées, moins odorantes, et d'un goût moins agréable. Longtemps les naturalistes ont cru qu'il fallait chercher la vraie casse dans le Laurus cassia de Linnée, qui croit aux Iodes et au Malabar, mais des travaux plus modernes ont démontré que cette espèce de Laurus cassia n'était autre que l'espèce ou primitive, ou dégénérée, du Cinnamomum zeylanicum ; d'où il résulterait que la casse ne serait autre chose en effet qu'une espèce de cannelle. Les anciens en faisaient grand usage; Pline, Hérodote, Théophraste, Virgile , Perse , Diodore de Sicile , et d'autres auteurs en parlent comme d'un parfum des Indes très estimé des Romains et des Grecs.
CASTOR ET POLLUX, ou les Dioscures, (ils mythologiques, de Jupiter et de Léda, s'étaient, dit la Fable, rendus si recommandâmes par leur valeur, et surtout par la guerre d'extermination qu'ils tirent aux écumeurs de mer et aux pirates, qu'ils méritèrent les honneurs divins, et furent choisis par les navigateurs comme leurs patrons et les protecteurs des vaisseaux. Ils eurent une place dans les Gémeaux du firmament, et des autels sur les rivages des mers ; v. Théocr., 22, 47. Ilor., Od. I. 3, 2. IV, 87, 3t. Ovide, etc. Les feux errants que les matelots apercevaient parfois pendant la tempête, leur étaient comme des messagers de Castor et Pollux, et le présage d'une prochaine délivrance, et jusqu'à nos jours la même superstition s'est encore propagée, même jusque sur les vaisseaux chrétiens ou turcs de la Méditer-
ranée. Le vaisseau que saint Paul prit a Malte pour se rendre en Italie, avait pour enseigne les Dioscures, soit que ces figures fussent peintes ou gravées sur la proue, soit pour d'autres motifs à nous inconnus.
CATHOLIQUE. Ce nom, qui signifie universel, général, a été donné auxéptlres de Jacques, Pierre, Jean et Jude, parce qu'elles étaient adressées, non point à une certaine congrégation particulière, mais à un grand nombre de congrégations, ayant des besoins généraux; v. les différents articles. De la signification du mol catholique, il faut conclure que toute congrégation spécialement désignée ne mérite pas cette èpithète; Pépilre aux Romains, par exemple, n'est pas catholique, par le fait même qu'elle est particulière, et l'Eglise de cette ville n'eût pu prendre le nom de catholique sans commettre la méprise la plus bizarre ; aussi ne l'a-t-elle pas fait. Une portion considérable de la chrétienté a pris le nom de catholique-romaine, ce qui étant traduit signifie église universelle-particulière : si c'est la moins grave et la plus innocente de ses contradictions, c'est bien loin d'être la seule.
CAVERNES. Les rochers des montagnes calcaires ou crayeuses de la Palestine, principalement ceux du mont Carmel q. v., de la Trachonite, de la Galilée, de la Batauée, et des contrées voisines de l'Idumée, renfermaient un nombre considérable de cavernes, grandes, sèches et commodes, qui pouvaient servir soit de retraite à l'ermite solitaire , soit de refuge à des populations de brigands ou d'opprimés ; cf. Jug. 20, 47. Tavernier en a vu une qui pouvait coolenir jusqu'à 3,000 chevaux, et Pococke, 11, 61., une autre dans laquelle 30,000 hommes ont pu s'abriter; t?. Hadullam. Elles furent peut-être les premières habitations des hommes ; on y voit les Troglodytes renfermés par peuplades, et l'A. T. parle des floriens comme habitant les cavernes ; cf. Job 30, 6. Quant aux Hanakins et aux Répbaïms, on présume que c'était aussi là leur demeure, mais l'on n'a rien de positif à ce sujet; v. ces articles. A l'époque de la conquête, et plus tard, les cavernes sont signalées comme des espèces d'abris ou de forteresses, Jos. 40, 16. Jug. 6, 2. 45, 8. 20, 47. 4 Sam. 13, 6. 22, 4. Ez. 33, 27. Es. 42, 22., comme ermitages pour les anachorètes, comme auberges pour les voyageurs, comme repaires pour les brigands, comme étables pour les agriculteurs et pour les bergers des montagnes (c'est ce qui explique pourquoi la tradition a voulu faire une caverne de l'élable dans laquelle naquit notre Sauveur, Luc 2, 7.). Elles servaient enfin de tombeaux ;v. Sépulcres. Bien qu'elles lussent assez spacieuses, on avait l'habitude d'en régulariser la forme afin de les rendre plus com-
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modes, lorsqu'on se proposait de s'y établir pour un certain temps; et plusieurs de ces grottes que l'on trouve encore maintenant, oni évidemment été travaillées par la main de l'homme, taillées dans le roc, agrandies et embellies pour son usage.
CÉCITÉ, maladie beaucoup plus commune dans l'Orient que chez nous. Elle est produite soit par un sable très fln que l'ardente chaleur du soleil pulvérise d'une manière extraordinaire, et que le vent chasse dans les yeux, soit surtout par le contraste habituel et journalier de la température brûlante du jour, avec le froid glacé des nuits, de la forte évaporation de la journée, et de la rosée qui tombe au soir et vers le matin, sur ceux qui viennent imprudemment, pour jouir d'un peu d'air, se reposer la nuit sur les toits de leurs habitations; v. Voy. de Volney 4, 486. Ce voyageur assure que l'on peut compter 20 aveugles sur 400 hommes; un autre a calculé qu'il se trouve au Caire plus de 4,000 aveugles. Ces cas sont plus rares en Syrie, à l'exception des côtes, et cependant l'Ecriture parle fréquemment d'hommes affligés de cette infirmité, soit dans les évangiles, Matth. 9, 27. 42, 22. 20, 30. 24, 44. Jean 5, 3., où nous les voyons presque toujours dans une position extérieure bien malheureuse, soit dans la loi mosaïque, Lév. 49, 4 4. Deut. 27, 48., où Dieu, dans les préceptes qu'il donne à leur égard, se montre comme toujours, le Dieu de l'infortune, la providence du malheur.
La cécité se développe le plus souvent à la suite de maladies peu graves, mais qui ont été négligées dans le principe; ce n'est d'abord qu'un mal, un picotement des yeux, que de simples applications d'eau fraîche, commencées a temps, pourraient le plus souvent faire disparaître; mais grâces à l'idée mahométane d'un fatalisme auquel rien ne peut échapper, ces populations méprisent les précautions, et ne font rien pour détourner les fâcheuses conséquences dont est menacée leur incurie; l'aveu élément de l'esprit produit celui du corps, et la folle erreur se punit elle-même.
Cette maladie est souvent aussi l'effet nature) de la vieillesse, 4 Sam. 4, 45.; cf. 3, 2. 4 R. 44, i. Gen. 27, 4 .
L'aveuglement soudain dont furent frappés les Sodomiles cherchant la porte de Lot pour en faire sortir les deux étrangers, Gen. 49, 44 ., peut s'entendre d'un simple éblouisseuient, de celte confusion dans l'organe de la vue qui est bien souvent la suite el la peine du péché. Les Syriens qui assiégeaient Samarie, et qui étaient descendus auprès d'Elisée, furent également frappés d'éblouissement par le prophète, et conduits ainsi jusque dans le camp d'Israël, 2R. 6, 48-22.; dans le même chapitre il est
parlé de cet aveuglement naturel à l'homme pécheur, et qui l'empêche de voir autour de lui l'armée de l'Eternel, 6, 47. Le N. T. mentionne encore la cécité momentanée de saint Paul, Act. 9, 9., et celle du mage Bar-Jésus, 43, 6. On ne peut dire avec certitude de quelle manière se manifesta cet aveuglement; un miracle en fut certainement la cause, mais il est possible que l'effet ait été naturel, et que cette cécité ait eu du rapport avec des cas plus ordinaires, qui tiennent tantôt à l'obcurcissemenl de la cornée transparente, tantôt à la paralysie de la rétine, tantôt encore à l'épaississement du cristallin. On peut comparer aussi l'histoire de Tobie, 44, 40., qui ayant perdu la vue par un épaississement de la cornée transparente, fut guéri par une application de foie de poisson.
Les anciens attribuaient en effet au foie de poisson, et surtout au foie du callionymus et du silurug, la propriété de guérir les maladies des yeux, et même la cécité; maintenant encore, en quelques pays on se sert du même remède comme d'une pommade excellente pour ce genre de maux. Notre Seigneur s'est toujours borné à toucher de ses mains les yeux des aveugles qu'on lui présentait; une seule fois il les a mouillés de sa salive mêlée de boue, Marc 8, 25. Jean 9, 4. Maltb. 9, 29. 20, 34. v. Salive.
Il est parlé dans l'Ecriture d'une autre espèce d'aveuglement plus dangereux encore que celui du corps, celui du cœur. L'endurcissement des Juifs leur est plus d'une fois reproché sous cette figure, et le prophète Esaïe avait même annoncé qu'en suite de son aveuglement volontaire et prolongé, ce peuple malheureux deviendrait tellement la victime de ses péchés, qu'alors même qu'il voudrait enfin ouvrir les yeux pour voir, il ne le pourrait plus. Es. 6, 40. et ailleurs. C'est dans le même sens que les prophètes prédisent aussi la guérison des aveugles, comme un des caractères principaux et bénis qui accompagneront la venue du Christ sur la terre, Es. 29, 48. 35, 5. 42, 46.; cf. Matth. 44,5. C'est qu'en effet la lumière de la nouvelle alliance, plus brillante que celle des prophètes, a pu ouvrir les yeux de ceux qui ne comprenaient pas encore la splendeur divine de l'ancienne économie ; les nations et les gentils ont cru à salut.
CÈDRE, le plus célèbre des arbres mentionnés dans l'Ecriture sainte, l'emblème de la beauté, de la force et de l'immortalité, Jug. 9, 45. 4 R. 5, 6. 2 R. 44, 9. Esd. 3, 7. Ps. 4 04, 46 Es. 4 4, 8. Ez. 27, 5. Zach. 44, 4., etc. Elégant dans ses grandioses proportions, il est svelle elforl élevé, 4 R. 4, 33. Job 40, 42. Es. 2, 43. Jér. 22, 23. Ez. 47, 2*. Ain. 2, 9. Ps. 92, 43. Le Liban était sa patrie (cedrus Liban i), mais il
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paraîtrait, d'après Pline, que l'on en trouvait aussi sur les monts du Taurus et de PÀmanus. Le cèdre appartient à la famille des conifères, i| porte de petites feuilles de 4 à 5 cent, de longueur, roides, dures, persistantes, et vertes encore au milieu de l'hiver; elles sortent par vingtaines environ, de petites gaines en faisceaux, et contribuent ainsi à donner au cèdre beaucoup de ressemblance avec le mélèze (larix) de la même famille : les élamincs forment des espèces de chatons jaunes, de la grosseur du petit doigt, et allongés; les fleurs femelles, réunies en chatons ovoïdes, d'abord rouge pourpre, deviennent ensuite rouge pâle, puis d'un vert sale, et enfin d'un jaune cjair. Les pommes, assez semblables a celles du pin. sont cependant plus délicates, plus unies et moins ouvertes; longues de 45 cent., et larges de 12, elles sont solidement attachées à l'écorce; leur couleur est un gris brun très brillant. Les branches dp cèdre lancées d'espace en espace, et presque perpendiculaires au tronc, sont grandes et éjoignées les unes des autres; elles diminuent toujours jusqu'au haut, et forment comme une espèce de roue qui s'élève en pyramide. On en trouve au Jardin des plantes de Paris un bel échantillon, qui pourrait être le roi des végétaux connus en Europe, mais qui d3ns son ancienne et patriarcale famille, n'est qu'un jeune et petit sujet, digne à peine de trois siècles. Le cèdre croit lentement, et préfère les terrains gras, les lieux froids et les montagnes ; on ne le trouvait ni dans le désert, qi même en Egypte, ce qui fait supposer que l'arbre désigné Lév. 14, 4. pour la purification du lépreux, doit être autre que le cèdre, peut-être le genévrier. Le cèdre ne porte guère de fruit avant l'âge de quarante-cinq ou cinquante ans. Son bois est incorruptible, sauf à l'humidité; il est beau, solide, sans nœuds, d'un brun rayé de roui:e, et odoriférant comme toutes les portions de l'arbre, Cant. 4, H. Os. 44, G. ; cf. Virg., .'En., 7, 13. Par ces divers avantages, il était extrêmement recherché comme bois de construction, 2 Sam. 7, 2. Jér. 22, 14.; on en faisait les Jmlcons sur les terrasses, et toutes les charpentes un peu délicates, 1 R. 6, 10. 7, 2. Soph. 2, 14. Cant. 4, 16. 3, 9., de même que les lambris du temple, 4 R. 6, 9. 18. 7, 7., ou des palais de Jérusalem, 1 1t. 7; Esd. 3, 7., etc. C'est à cause de ses matériaux que le temple est appelé Liban, Zach. 41, 1., et le palais de Salomon maison du parc du Liban, 1 B. 7, i. Nous voyons encore de faux dieux et des mâts de vaisseaux faits de ce bois précieux, Es. 44, I i. Li. 27, 5.
Les cèdres tendent à diminuer de jour en jour sur le mont Liban, et bien qu'il en reste encore au-dessus du village d'Eden, un bou-
quet de quelques centaines, 360 environ d'après une correspondance du Morgenland, ou 300 d'après le professeur Schubert, il n'en est qu'un fort petit nombre que leur grosseur puisse permettre de croire contemporains du roi Salomon. 24 d'après Rauwolf, 14 d'après Maundrell, 4i> d'après Pococke, 42 d'après lord Lindsay, 9 d'après le voyageur suisse Mayer, 7 d'après Lamartine, enfin 5 d'après Schubert; on conçoit qu'un pareil calcul ne soit pas facile à faire. Leurs vieux troncs sont souvent déchirés en trois ou quatre divisions bien marquées, dont chacune est égale à la circonférence de nos chênes les plus vénérables. Ils sopt en outre lacérés par les innombrables inscriptions des voyageurs, qui se plaisent à graver leurs noms en grosses majuscules sur l'écorce et même jusqu'à l'aubier, et qui ne résistent pas au désir d'en emporter des fragments comme souvenir. Ibrahim Pacha , pour remédier à un abus si fâcheux, avait donné mission aux Maronites inspecteurs de ces montagnes, de veiller à l'intègre conservation de la petite forêt qui subsiste encore, mais il ne parait pas que les soins de ce ministre aient grande chance de succès, et l'un des gardes forestiers a détaché lui-même pour l'ofîrir à M. Schubert, un rameau de ces jeunes cèdres.
Chaque année, au mois de juin, les populations de Beschieraï, d'Eden, de kanobin, et de tous les villages des vallées voisines, montent aux cèdres, et font célébrer une messe à leurs pieds (Lamartine, Schubert, Van de Velde, etc.).
CÉDRQN , torrent dont le nom Jiébreu rappelle ces « torrents qui coulent noirs sans glace, » Job 6, 16. Quelque rapport qu'il ail avec le mot français cèdre, et quoiqu'on ait voulu faire dériver son nom d'une certaine quantité de cèdres qui auraient été plantés jadis sur son rivage, le rapport n'est qu'accidentel, et le fait n'est pas prouvé. Le Cedron (auj. Wady-Kidron) coule à l'est de Jérusalem, entre la vii le et le mont des Oliviers : son lit peo large, mais profond, est creusé dans une vallée du même nom; après un cours tortueux de 30 à 40 kilom., il se jette dans la mer Moi te. C'est en hiver et par les temps d'orage que le Cédron coule avec le plus d'impétuosité; ses vagues vont alors jusqu'à déborder ; mais dans la saison sèche , il n'est pas rare de voir ses eaux presque entièrement taries, et son lit servir de roule aux voyageurs. Le roi David et notre Sauveur l'ont traversé, tous les deux affligés, tous les deux éprouvés, l'un fuyant la révolte de son tils, l'autre sous la colère et la malédiction paternelle, l'un et l'autre injustement accusés, l'un et l'autre accompagnés d'un petit nombre d'amis fidèles, et refusant de se défendre ou de se venger, quoiqu'ils eussent pu
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d'un mol se créer des lésions, l'un de soldats, l'autre d'auges, 2 Sam. 45, 23. Jean 18, 4. — La vallée du Cédron était, surtout dans sa parlie méridionale, comme la voirie de Jérusalem; on y jetait les entrailles des victimes égorgées dans le temple; et les rois Àsa, Ezécbias et Josias y ont brûlé les abominations et les idoles qui avaient servi au culte des Juifs prévaricateurs, 1 R. 15, 13. 2 B. 23, 4. 6. 12. 2Chr.29, 16. Les égouts de la ville s'y déchargèrent dans les temps postérieurs.
CEINTT'RE , l'une des parties du vêtement à laquelle les Hébreux, et en général les Orientaux, attachaient la plus grande importance, soit comme ornement, soit aussi pour son utilité. Jamais ils n'en portaient dans leurs maisons, et ils ne s'en servaient, lorsqu'ils sortaient , que pour travailler ou pour faire une course un peu longue, afin de retenir les pans de leur tunique flottante, et de n'être point entravés dans leurs mouvements par les replis mobiles de celte robe entr'ouverte : c'est ainsi que voulant laver les pieds de ses disciples, notre Sauveur se ceignit d'un linge, Jean 13, 4. 5. Les soldats aussi se ceignaient pour la bataille, et David s'écrje, Ps. 18, 39. : «Tu m'as ceint de force pour le combat », cf. Prov. 31, 17. — En suUe de leur valeur, les ceintures étaient fréquemment offertes en présents, 2 Sam. 18, 11., et jouaient un certain rôle dans le commerce des objets de luxe et de toilette, Prov. 34, 24. Elles étaient communes aux hommes et aux femmes, un peu plus fines pour ces dernières, mais variaient beaucoup dans leur forme et dans leur tissu, suivant la richesse et ia condition des personnes : pour les pauvres elles étaient simplement de cuir, et fort larges, de 42 à 15 centim., 2 R. 1, 8. Mallli. 3, 4. Marc 1,0.; pour les riches, elles étaient de fin lin, Jér. 43, 1., de coton. Ezéch. 10, 10., et quelquefois de soie, larges seulement de quatre doigts, et précieusement ornées d'or et de pierreries, Dan. 10,5., surtout les ceintures de femmes, qui sont comptées au nombre des plus beaux objets de la toilette féminine, Es. 3, 20. 24. Les hommes portaient ordinairement la ceinture à la hauteur des reins, 1 R. i, 5. 18, 46. Jér. 43, 11. Apoc. 1, 4 3. 15, 6.; les piètres la portaient volontiers plus haut, sur la poitrine, et les femmes un peu plus bas et moins serrée, sur les hanches, comme cela se voit encore en Orient. La ceinture des prêtres avait un nom particulier, et s'allaehail pardevant de manière que ses deux extrémités tombaient presque à terre.
C'est à la ceinture que les anciens attachaient, comme on le fait encore de nos jours, leurépée, Jug. 3, 46. 2 Sam. 20, 8., etc., en sorte qu'une ceinture ferme et solide pouvait
être regardée comme faisant partie de l'équipement militajre, Es. 5, 27. On y portait aussi les matériaux nécessaires pour écrire, Ez. 9, 2., et de l'argent, Matth. 40, 9. Marc 6, 8.; cf. 2 Sam. 18, 41. Remettre à quelqu'un sa ceinture était à la fois une marque de confiance et «l'amitié, 1 Sam. 48, 4.; c'était eucore le symbole de l'entrée en charge d'un fonctionnaire militaire ou civil, Es. 22, 21. ($ebna remplacé par Eliakim).
Nos versions françaises, dans plusieurs des passages que nous avons cités, ont traduit le mol hébreu par baudrier au lieu de ceinture, se conformant h l'usage de notre langue, et au sens de la phrase, qui indiquait en effet un baudrier militaire; il faut observer seulement que ce baudrier n'était autre chose qu'une ceinture, et qu'il s'attachait autour des reins au lieu de pendre à lïmaijle.
CENCHREE, port de Corinthe, assez éloigné de cette ville, dont il était comme un faubourg. C'est là que Paul, avant de s'embarquer pour Jérusalem, se fit couper les cheveux à cause d'un vœu qu'il avait fait, Act. 18, 18. La diaconesse Phu.'bé qui figure en tète des personnes que l'Apôtre fait saluer à Rome, appartenait à l'Eglise de celte petite ville, Rom. 16, 1.
CENDRES. « Je ne suis que poussière et que cendres, » dit Abraham, Gen. |8, 27., pour exprimer )e sentiment qu'il a de son néant; cf. Job 34, 15. S'asseoir sur la cendre était une marque de deuil et de repentance, Jon. 3, 6. 2 Sam. 13, 19. Ps. 102, 9. Lam. 3, 16. Dieu menace de faire tomber des cendres au lieu de pluie sur les terres d'Israël, si son peuple est infidèle aux lois qu'il lui a données, Deul. 28, 24. A côté de ces diverses significations qui toutes ont un caractère de douleur et d'affliction, la cendre avait encore une signification symbolique tirée des propriétés purifiantes dont elle jouit; on composait une espèce d'eau lustrale avec les cendres de la vache rousse qu'on immolail dans le grand jour des expiations, Nomb. 19, 17. cf. Déb. 9, 13. v. Deuil et Purifications.
CÈNE. Repas institué par notre Sauveur, en souvenir de sa mort; simple institution de Jésus, qui est devenue l'acte principal d'un culte redescendu jusqu'à la plus flagrante des idolâtries î Pour revenir à son établissement primitif, il faut recourir à l'évangile de saint Jean, 13, 1. sq. et à 1 Cor. 11, 23. Le sujel a depuis trop longtemps perdu sa fraîcheur, et avec elle sa simplicité, pour que nous puissions facilement invoquer ici l'impression d'une première lecture. Et cependant c'est ce qu'il faudrait avanl tout. Il serait même convenable d'user, ici comme eu tant d'autres questions, des termes les plus simples que comporte le sujet et de
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quitter des expressions tirées des langues étrangères, pour nous servir des termes plus clairs de notre langue habituelle. Cène signifie souper, repas : lisez l'institution elle-même, et vous y retrouverez un souper, un repas, celui que tous les Juifs faisaient et avaient fait depuis des siècles pour célébrer la Pâque , — tandis que le mot de cène, et bien plus encore celui d'eucharistie réveillent des idées, ou vagues ou fausses, qui peuvent êlre venues après coup, et qui permettent de parler de « mystères, » et de « terribles mystères, » puis d'une sainteté extraordinaire des prêtres qui doivent les célébrer, et de cent autres superstitions semblables.
Notre Sauveur, en instituant cette cérémonie qui n'est nulle part, non plus que le baptême, appelée un sacrement, semble avoir usé de cette largeur divine, de cette absence de précision, qui ne diffère de la négligence qu'en ce qu'elle a été volontaire, et qu'elle parait avoir eu pour but de laisser, dans certaines bornes, les esprits divers envisager l'institution sous diverses faces. C'est le caractère constant du langage et de l'action de Dieu dans les choses de ce genre. Cependant il doit y avoir dans cette institution une vérité fondamentale, et selon nous la voici : Comme un apôtre nous dit plus tard que, soit que nous mangions, soit que nous buvions, nous devons tout faire à la gloire du Seigneur, 4 Cor. 40, 34., ainsi, depuis la mort expiatoire de Jésus, ses disciples ne devaient plus perdre de vue ce grand sacrifice : tout devait le leur rappeler; et toutes les fois en particulier qu'ils prendraient leur repas, qu'ils rompraient le pain, ou qu'ils boiraient à la coupe comme ils le faisaient en ce jnoment, ils devaient se souvenir de la mort que le Rédempteur avait subie, et l'annoncer jusqu'à ce qu'il revint, Luc 2Î, 49. Sans doute la Cène prit, dès les premiers inomenls de la pralique, une forme un peu différente, mais ce fait n'est point en contradiction avec l' institution telle que nous venons de la détinir. Les développements ou les modifications que les apôtres ont pu apporter à une institution du Christ ont, d'après les propres paroles du Seigneur, autant d'autorité que les siennes mêmes. N'at-on pas vu déjà, sous l'ancienne alliance, une foule de lois données par l'Eternel, subir au bout d'un temps plus ou moins long, des modifications, quelques-unes assez importantes, sans doute provoquées par l'Esprit même de Dieu, mais qui ne se présentent que comme des faits, ou comme les idées du peuple, d'un roi, ou d'un prophète, auxquelles Dieu donne après coup son approbation et le sceau d'une institution divine ? Il y aurait une foule d'exemples à citer ici; nous n'alléguerons que les modifications considérables que subirent
nécessairement, soit le culte depuis l'érection d'un temple, soit plusieurs lois civiles depuis l'établissement de la royauté. Disons encore le fait singulier que, sous Moïse et en la présence de Moïse, le peuple entier des Israélites reste 38 ans sans donner à ses enfants cette circoncision qui lui était si positivement commandé*, Jos. 5, 5.
Or ne serait-il pas permis de penser que Jésus ayant donné la règle générale et fondamentale, les apôtres chargés de l'application, et les fidèles qui voulaient y participer, se sentirent pressés, dans le cas dont il s'agit, de se réunir entre eux seuls, pour prendre en paix et sans obstacles ce repas commémoratoire, et pour pouvoir célébrer sans trouble le bienfait de leur rédemption? Le pouvaient-ils toujours dans leur repas ordinaire? Un mari chrétien avec une femme païenne, ou l'inverse -, des enfants ou des parents, les uns convertis, les autres non, n'auraient-ils pas été mille fois empêchés de prendre leur repas de la manière que Jésus avait indiqué, c'est-à-dire de prendre le repas du Seigneur? Us se réunirent donc à cet effet; et différents endroits du livre des Actes le prouvent jusqu'à l'évidence. Les apôtres allaient de maison en maison rompant le pain, totis Us jours, 2, 46. Les Corinthiens de même faisaient un repas commun, et saint Paul ne blâme point chei eux ce fait, mais uniquement la manière dont il se passait, en leur disant que s'ils se réunissaient uniquement pour manger, ils pouvaient le faire chez eux, tandis qu'ici c'était le repas du Seigneur, — mais un repas, 4 Cor. 41, îO-sî. De là les agapes ou repas de charité. Peut-être aussi la modification apostolique eut-elle pour motif notre légèreté naturelle et ce besoin que l'homme, même le plus pieux, éprouve d'être rappelé au sérieux par une cérémonie rare et imposante.
Sans doute, la Cène modifiée de bonne heure par des raisons du genre de celles qu'on vient d'indiquer n'est plus qu'un semblant de repas: mais cela suffit, l'idée est conservée. Seulement il faut que cette idée primitive ne soit jamai» perdue de vue, afin qu'on ne tombe pas dans les diverses superstitions, parfois bien grossières, qu'a enfantées une interprétation littérale, matérielle de l'institution du Sauveur. Ce principe est le seul qui unisse, et qui sépare dûment le symbole et son objet. On a vu, à l'article Baptême, combien les symboles étaient naturels et parlants; on a vu en même temps qu'il ne fallait pas les confondre avec l'objet même qu'ils représentent. La Cène n'a par elle-même aucune vertu intrinsèque : elle a une profonde réalité à cause de la foi qu'elle nourrit et qu'elle ranime; par contre, elle peut aussi très bien produire des effets factices et trompeurs, à cause des idées