‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 77 sur 398 · CÉS · texte numérisé non relu

CÉS

CHA

cnne, et définit en général la eervoise (sieera) toute boisson enivrante. Le passage Es. 5, 22. doit se traduire : « Malheur à ceux qui sont... vaillants à mêler h eervoise! » La question est de savoir si le prophète a voulu dire mettre de l'eau dans la eervoise, ou l'assaisonner d'épiees fortes et savoureuses, de myrrhe, etc. ; le nexe de la phrase favoriserait cette dernière explication (Winer, Gesenius); mais on sait aussi que les Orientaux avaient coutume de mêler d'eau leurs boissons fortes pour les rendre plus douces, plus agréables, et plus appropriées à leurs besoins.

CÉSAR, nom commun aux empereurs de Rome, et un de leurs titres depuis Jules César jusqu'à la ruine de l'empire romain; c'est probablement le même mot que le Czar des Russes, et le Kaiser des Allemands. C'est encore le Sar des Babyloniens, qui terminait en général les noms de leurs rois, Belsalsar, Nabopolassar, etc. Les empereurs sous le règne desquels s'accomplissent les événements rapportés dans les Evangiles et les Actes, sont Auguste, Tibère, Caligula, Claude et Néron. Quoique l'Ecriture sainte les mentionne quelquefois sous leur propre nom, elle les appelle plutôt et généralement Césars, parce que ce qu'elle en dit se rapporte aux empereurs comme tels, plutôt qu'aux individus : ainsi Matlh. 22, 21. : « Rendez a César ce qui est à César, » il s'agit de Tibère ; Acl. 25, 4 4., lorsque Paul en appela à César, il s'agit de Néron ; les ordonnances de César, Art. 47, 7., se rapportent à Claude. Ce dernier empereur est nommé de son nom Act. 11, 28; Auguste, Luc, 2, 1. et Tibère, Luc. 3, 4. Néron n'est jamais désigné par son nom. — v. ces différents articles.

CÉSARÉE. Il y avait deux villes de ce nom, 1° La première, qu'on appelait simplement Césarée, ou aussi Césarée de Palestine, était située au bord de la Méditerranée, non loin du promontoire du mont Carmel. Primitivement connue sous le nom de Tour de Straton, elle fut nommée Césarée par liérode le Grand, qui l'étendil considérablement en Ibonneur d'Auguste, l'embellit, lui donna à grands frais un port sûr, et la tortilla pour se protéger contre les Juifs qu'il gouvernail. Un certain nombre de Juifs s'y étaient établis, qui vivaient en dissensions continuelles avec les Grecs et les Syriens qui s'y trouvaient. Les Romains en tirent, avant la destruction de Jérusalem, la résidence du gouverneur de la Palestine, qui montait a Jérusalem lors des fôles solennelles (ainsi qu'on le voit parla vie de Pilale); c'était aussi le point central de leurs forces militaires dans ce pays, et le siéite principal de l'administration et de la justice. Celle ville n'esl plus maintenant, sous le nom de Kaisarié, qu'un grand amas de ruines

inhabitées; ses murailles, relevées par saint Louis, sont néanmoins intactes et bien conservées ; des sangliers et des chacals seuls en font leur repaire; une source abondante qui se trouve au milieu de la ville , y attire encore quelquefois les troupeaux voisins, qui viennent s'y abreuver d'une distance de près de dix kilom.

Un des chefs de la garnison de Césarée, Corneille, fut le premier des païens qui fut amené a la connaissance de l'Evangile, Act. 4 0 et 14. Ce fut aussi dans cette ville qu'Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode \eT, se rendit, après avoir fait mourir les gardes de la prison d'où Pierre était sorti miraculeusement, et qu'il fut frappé de l'ange du Seigneur, pour avoir souffert que les ambassadeurs des Tyriens et d<-s Sidoniens l'appelassent un dieu, 42, 49-23. Paul aussi vint plusieurs fois à Césarée: poursuivi, peu de temps après sa conversion, par les Juifs hellénistes, il fut conduit par les frères à Césarée, d'où ils l'envoyèrent à Tarse , 9, 29. 30. Au retour de son second voyage de mission, il débarqua & Césarée, se rendant à Jérusalem pour la féle, 18, 22. Enfin il y aborda encore au retour de son dernier voyage; à Jérusalem, il n'échappa a la fureur des Juifs que par la protection divine, et fut conduit par le tribun romain à Antipatris, puis à Césarée où il resta deux ans, 23, 33. 24, 27. 27, 4. Philippe, l'un des sept diacres, était de Césarée où il était établi, 21. 8.

2° Césarée de Philippe, Matlh. 46, 43. Marc 8, 27., ville au pied du Liban , près de l'Hermon, non loin des sources du Jourdain, à une journée de Sidon, et à une journée et demie de Damas. Située près de la montagne du Panius, consacrée au dieu Pan , elle portail anciennement le nom de Panéade, et reçut du létrarque Philippe, en l'honneur de l'empereur, le nom de Césarée, auquel on ajouta celui de Philippe pour la distinguer de l'autre Césarée; elle ne tarda pas a reprendre son ancien nom après la mort de celui qu'elle devait célébrer, et l'on voit dans celte circonstance une preuve de plus que les écrivains sacrés étaient contemporains de l'époque dont ils parlent : un auteur posterieur eût ignoré ou oublié ce changement de nom. C'est là que le Seigneur, après avoir admiré la foi de la Cananéenne , eut aussi la joie d'entendre Pierre lui répondre ce que l'Esprit seul avait pu lui révéler : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, » Matlh. 16. Marc 8. Luc 9. C'est peut-être encore sur une des sommités de l'Ilermon, et dans le voisinage de cette ville, qu'eut lieu la transfiguration.

CHABOR, 2 R. 17, 6. 48, 44. I Chr, y, îô. Contrée ou, d'après une autre construction, lleuve du pays de Goian. Dans le premier cas, ce seraient peut-être les alentours des monts

i;ha

Chaboras, placés par Ptolémée (6, 4.) entre la Miiie et l'Assyrie; dans l'autre cas, plus probable, c'est le fleuve Chaboras qui descend de ces inonls el se jette dans le Tigre. C'est un fait remarquable qu'une rivière , sortant des montagnes centrales de l'Assyrie, ait retenu invariablement ce même nom jusqu'à nos jours, (iesenius traduit ainsi le passage de 2 K. 47, 6. : « II les fit habiter en Chalites (Ualab), et sur le C.habor (Habor) une rivière de Gozan, et dans les cités des Mèdes. » La version anglaise admet le même sens, si l'on retranche seulement la particule by (by a river or Gozan) laquelle e«t imprimée en italiques pour montrer qu'elle n'existe pas dans l'original. Habor, comme nous le voyons, est une rivière de Gozan. Le Zàb en est une aussi; et se trouvant la plus considérable, elle peut bien être appelée par excellence la rivière de Gozan, q. v. — Selon d'autres, il faut l'identifier avec le Kebar de Ez. I, 3., qui se jette dans l'Euphrale; v. Kébar.

CHACAL, nom turc et persan d'un animal qui tient une espèce de milieu entre le renard et le loup; c'est le lupus aureus des Latins, et le loup doré des Allemands. On le trouve en Perse, eu Arménie, en Arabie, eu Syrie, en Palestine et jusqu'en Algérie; sa longueur, la queue comprise, est de 4m 25; il ressemble par sa forme et par son poil, au renard, avec lequel on le confondrait aisément au premier coupd'œil : sa tête cependant, fauve comme celle du loup, se rapproche davantage de la tête du chien de berger ; elle est allongée, et compte de 40 à 42 c. La queue est ronde, roide, très fournie , et noire à son extrémité. Les yeux sont grands. Le jour cet animal se tient tranquille dans sa caverne, ou dans son bois ; mais la nuit on le voit courir au pillage, et souvent par bandes d'environ 200, jusque dans te voisinage des villes. Il se nourrit de volaille, de cadavres déterrés, et attaque les enfants qui sont sans défense. On prétend que son hurlement nocturne a beaucoup de rapport avec les cris d'un enfant.

Au milieu de toute l'obscurité qui règne sur l'histoire naturelle des Hébreux, et sur la manière dont on doit traduire les noms hébreux désignant des animaux sauvages et peu connus, les naturalistes el les théologiens oui cru devoir entendre le chacal par (e mot Yim des passages Es. 13, 22. 34, 14. Jér. 50, 39. que nos versions traduisent par « les bêles sauvages des îles ou des déserts. •< L'animal appelé Th;innin> ou Thannin, Job 30, 29. Midi. t. S. Es. 43, 30., el qui se traduit par dragons dans nos Bibles, est peut être aussi le ebacal, mais c'est très incertain; quelques-uns le rendent par chien sauvage, d'autres par loup, et l'analogie de l'arabe favoriserait celte dernière iraductton. Il

y a cependant en Orient une autre espèce de chien-loup appelé le chien de Syrie . qui ressemble encore plus au rpnard que le chacal, mais avec le museau moins allongé, les pieds plus courts; la peau brune, blanchâtre sur le cou ; les oreilles courtes , presque blanches en dedans; sa tète tient de celle du loup; son cri féroce et plaintif exprime la joie et la volupté plus que la faim. Il serait possible que ce fût la l'animal dont parlent les auteurs sacrés sous le nom de Tbannim ; c'est l'opinion d'un savant allemand, Ehrenberg, devant laquelle Winer reste sans oser se décider.

CHAIR. Le mot chair se prend dans l'Ecriture sainte dans différentes acceptions. H signifie l'homme, les hommes, l'humanité, Jér. 25, 34. Gen. 6, 15.; — les êtres vivants et les animaux, Gen. 7. 15. 16.; — des relations de parenté, Gen. 29, 1 4. 37, 27. 3 Sam. 5, 1. 1 Chr. Il, 1. La chair est souvent opposée à l'esprit, Gai. 5, 16. 17. 19. 34. Dans ces passages elle est représentée comme ayant des appétits à elle, ses passions, ses voluptés; ses ceovres, ses fruits sont les impuretés, l'orgueil et la haine. Ces questions de psychologie semblent résolues par la Bible dans un sens presque matérialiste Sans entrer a cet égard dans un examen épineux, qui appartient d'ailleurs à la dogmatique plus qu'à notre travail, nous nous bornerons à faire remarquer le passage Eph. 2, 3., où saint Paul dislingue entre les désirs de la chair et ceux de l'esprit. Il semble qu'il y ait, Job 49,22. 31, 31., cf. Ps. 27, 2. Jér. 19, 9. Lam. 2, 20. 4, 10. Ez. 5, 10., une allusion à l'ancien cannibalisme, coutume barbare dont le pieux affligé craint d'être la victime, et dont les prophètes annoncent que les habitants de Jérusalem assiégés par leurs ennemis le renouvelleront, au point de dévorer la chair de leurs propres enfants. — La chair des impudiques est comparée à celle des ânes, elle est dure comme celle des chevaux, Ez. 23, 20. Dans Prov. 5, 1 1 . , ce mot a peut-être une signification plus particulière ; en parlant des hommes qui commettent le péché d'impureté, le Sage dit que leur chair est consumée par les ma ladies.

Quant à la chair des animaux, la loi de Moïse avait, sans doute au double point de vue hygiénique el moral, déclaré certaines viandes impures, et d'aulies pures et propres à être mangées, cf. Lév. 14. Les Hébreux se nourrissaient volontiers de. brebis, Es. 53, 7. A m. 6, 4.; de veaux, 4 Sam. 28, 24. Gen. 4», 7. Am. 6, 4. Luc 15, 23.; de bœufs, Es. 22, 13. Prov. 45, 17. t R. 4, 23. Matin. 22. 4.; de jeunes chèvres, I Sara. 4(>, 20.; de gibier el de volaille, 4 R. 4, 23 (le mot hébreu barburim, employé dans ce dernier passage, signifie selon

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