CLA
un médiocre sujet de satisfaction intérieure.
De nos jours encore on trouve bon nombre de puils ou citernes dans les plaines et dans les villes à moitié désertes de l'ancienne Canaan; c'est là qu'à la tête de leurs troupeaux, et montés sur quelqu'une de leurs bêles, on voit s'avancer vers le soir les bergers, les chevriers, les àniers ou les chameliers, qui seuls entre eux, ou avec leurs bergères, font, pendant que leurs bestiaux s'abreuvent, bourdonner les airs d'un murmure de conversations vives, piquantes, animées, relatives sans doute* aux anecdotes qu'ils ont pu recueillir pendant le jour, ou aux besoins des animaux dont la garde leur est confiée ; c'est alors une ville bruyante et gaie ; puis au bout de deux heures, lorsque le bruit des sonnettes s'est éteint peu à peu, ce n'est plus qu'un désert, c'est un cimetière-, on y vit au milieu des morts, et les souvenirs d'un passé, bien passé, animent seuls pour le voyageur la citerne, les palmiers et les blocs de marbre qui se trouvent sur ce théâtre abandonné. Alors on se transporte à l'époque des patriarches, et l'on voit, dans ces jours où les pasteurs jouissaient d'une estime si générale, la scène d'Elihéser et de Rébecca, Gen. 24, 1t. 13., celle de la première rencontre de Jacob et de Rachel, et leurs pleurs au bord de la citerne, 29, 3-41., et la scène, moins naïve mais plus sérieuse, du premier roi d'Israël qui, la veille de son sacre, prie les jeunes filles rassemblées autour de la fontaine de vouloir bien lui indiquer la demeure du prophète, 1 Sam. 9, 11.
C'est volontiers auprès des sources que les guerriers et les voyageurs aimaient à s'établir pour y passer la nuit, 1 Sam. 29, 4.2 Sam. 2, 13. ; et la preuve qu'un grand nombre de villes s'établissaient dans le voisinage des sources, se trouverait au besoin dans le fait même de la composition de leurs noms. v. toutes celles qui commencent par Béer, etc. ; cf. les noms allemands Geisselbronn, ISiedcrbronn, Heilbronn,Brunnen, Lauterbrunnen ; et en français, Aubonne, Bordeaux, Fontainebleau, etc.
Il y avait d'autres puits qui n'étaient point de simples citernes ou réservoirs, mais qui, élevés sur des sources d'eaux vives, avaient une eau toujours nouvelle , fraîche et pure : ils étaient plus recherchés, mais aussi bien plus rares, Lév. 14, 5. 15, 13. ISomb. 19, 17. Plusieurs puits sont désignés d'une manière spéciale; ainsi le puits du « Vivant qui me voit » (Lahaî RoïjGen. 16, 14. 24, 62. 25, 11., etc., On n'en peut naturellement plus déterminer la place.
CITRONNIER. Plusieurs savants, et notamment Kitto, pensent que le thapouach de Joël 4, 12. Cant. 2, 3. 8, 5. 7, 8., traduit dans nos versions par pommier, doit s'entendre plutôt
du citronnier (citrus medica), si remarquable par son parfum et par la beauté de ses fleurs et de ses fruits. C'est le seul arbre de la famille des aurantiacèes qui fût connu dans l'antiquité, et il était fort estimé en Palestine. Il répondrait mieux à l'idée que le Cantique en donne, et il justifierait davantage la qualification de pomme d'or, de Prov. 25, 1 1 . Quelquesuns pensent enfin que c'est aussi le citronnier qui est indiqué sous le nom de bel arbre, Lév. 23, 40., et Josèpbe constate qu'en effet on se servit de citrons lors de la fête des tabernacles qui eut lieu sous Alexandre Jannéc. Cependant ces raisons ne paraissent pas suffisantes pour faire abandonner entièrement la traduction traditionnelle. ». Pommier.
CLAUDE. 4° César, Act. 11, 28. 17,7. 48,1, le quatrième empereur de Rome, et le premier que les gardes placèrent sur le trône : il ne demandait pas la puissance; caché derrière une porte pendant le tumulte qui suivit l'assassinat de Caïus, il y fut découvert par un solilatel proclamé empereur. Claude consterné, dit Chateaubriand, ne demandait que la vie, on y ajoutait l'empire, et il pleurait du présent. S'il fut resté dans une condition privée, il eût été peutêtre un honnête citoyen, car il était généreux par nature, et savait ce que c'est que la justice; mais empereur, il se laissa entraîner à beaucoup de crimes, par ses femmes et ses favoris. Le principal fait militaire de son rè^ne fut une descente victorieuse en Bretagne, qui lui valut les honneurs d'un triomphe et le surnom de Britannicus, qu'il légua i son fils. Ayant fait assassiner sa femme Messaline, qui le couvrait de honte par sa conduite scandaleuse, il épousa sa nièce Agrippine : celle-ci exerça sur lui la plus funeste influence, et en particulier lui fit adopter le jeune Domilius (Néron), qu'elle avait eu d'un premier mariage, et qui fut ainsi préféré à Britannicus, le propre fils de l'empereur. Cette méchante impératrice finit par faire empoisonner son mari, pour éviter elle même le sort de Messaline. Claude mourut le 13 octobre 54 ap. C, Agé de soixante-quatre ans, après en avoir régné près de quatorze. De même que tous les empereurs romains, il fui après sa mort mis au nombre des dieux. Parmi les travaux considérables qu'il fit exécuter pendant sa vie, il faut remarquer l'agrandissement de la circonférence de Rome, la construction d'un port à l'embouchure du Tibre, et l'achèvement d'un magnifique aqueduc commencé par son prédécesseur Caligula. La Judée fut réduite par lui en province romaine. C'est sous lui qu'eurent lieu la famine annoncée par le prophète juif Agabus, la persécution dont l'apôtre saint Paul faillit être victime à Thessalonique, et l'expulsion des juifs de la ville de Rome.