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C'est encore sous son règne que Chateaubriand et d'autres poêles placent la fiction de saint Pierre arrivant à Rome en 42, « le bâton pastoral à la main; prince d'une nouvelle espèce, dont les successeurs sont destinés à monter un jour sur le trône des Césars. » — 2° Claude Lysias. v. Lysias. — 3° Surnom que Josèphe donne à Félix, gouverneur de la Judée, Act. 23, 26. t. Félix. — 4° Clauda, Act. 27, 46., très petite ile près de la pointe sud-ouest de la Crète, mainienanl appelée Gozzo, et habitée seulement par une trentaine de familles.
CLAUDIA, 2 Tim. 4, 21., chrétienne de Rome, apparemment convertie par saint Paul, mais du reste inconnue. On a voulu la faire, à cause d'une èpigramme de Martial qui réunit ces deux noms, la femme de Pudens, dont le nom précède le sien ; mais outre que la preuve n'est pas forte, le nom de Linus, intercalé par saint Paul entre ceux de Pudens et de Claudia, n'appuierait pas cette conjecture. D'autres ont voulu la faire Anglaise de nation ; d'autres enfin Gauloise, et veuve chrétienne de Pilale. Toutes ces suppositions reposent sur le désir de deviner des énigmes. Claudia est inconnue.
CLÉMENT, Phil. 4, 3., compagnon d'oeuvre de saint Paul à Philippes, queGrotius et Sieiger supposent avoir été l'un des anciens de cette ville ; quoiqu'il soit inconnu , et que l'on ne puisse rien affirmer de positif sur son compte, l'ancienne Eglise parait avoir regardé ce Clément comme identique avec le Clément de Rome, connu par ses deux lettres aux Corinthiens, et par la tradition qui en fait le troisième pape, successeur supposé de Linus et de Pierre, évêques supposés d'une ville qui n'était rien dans le monde religieux d'alors. On peut accepter cette identité, tout en se rappelant qu'il est arrivé bien des fois que l'on a attribué à un personnage connu, divers faits et gestes qui appartenaient à un personnage plus obscur, mais du même nom.
CLÉOPAS, t° (toute gloire) ou Clopas, Jean 49, 25., époux de Marie sœur de la mère de Jésus; cette Marie dans le passage parallèle Marc 15, 40., est appelée mère de Jacques le Mineur, lequel Jacques est ainsi nommé pour le distinguer du fils de Zébédée. Ce Jacques le Mineur est donc fils d'Alphée, et comme il est aussi fils de Marie, femme de Cléopas, il en résulte qu'Alphée et Cléopas ne sont qu'un seul et même nom, comme le prouve d'ailleurs leur presque identité de forme et de signification dans les langues originales (Alpbée slgnitie instruit, chef)- v. Kuinœl, sur Jean 19, 25. — 2° Cléopas est encore le nom de l'un des deux disciples que notre Sauveur rencontra sur la route d'Eiumaus, Luc 24, 18.; est-ce le même que l'époux de Marie? rien ne le prouve; et
comme il y a dans les deux noms une légère différence (le premier est proprement Clopas), il est possible qu'il faille les distinguer; celte différence d'une lettre est d'ailleurs plus importante qu'il ne le semble d'abord, et, t omme Winer le fait observer, Cléopas est d'avantage un nom grec et la contraction de Clèopatros, de même que Antipas est la contraction d'Antipatros, tandis que Clôpas est plutôt le nom d'AIphée passé à la forme grecque. Toutefois Tholuk et Olshausen ne voient dans ces deux passages qu'un même individu.
CLIMAT, v. Température.
CLOCHETTE, v. Sonnette.
CLOUS. Outre le clou de Jahel, Jug. 4, 21. et le passage prophétique Ps. 22, 47., il n'est guère parlé de clous dans l'histoire sainte que lors de la crucifixion de notre Sauveur, Luc 24, 39. Jean 20, 25. On se demande si les deux pieds ont été percés du même clou comme le disent les Latins, ou si chaque pied a été percé à part comme le veulent les Grecs et Grégoire de Tours; on n'en sait rien, et cela ne fait rien non plus. — Quant a l'histoire de ces trois ou quatre clous, voici ce qu'on en dit : l'un fut mis à la couronne de Constantin, deux autres servirent à faire le mors de son cheval, un quatrième fut jeté par l'impératrice Hélène dans la mer Adriatique pour en calmer les agitations. On en montre maintenant quatorze autres, tous avec des certificats d'origine; deux à Rome, un à Milan, autant à Carpeulras, à Sienne, à Venise, à Cologne, à Trêves, deux à Paris, un à Saint-Denis, à Bourges, à Draguignan, etc. COCHON, v. Porc.
COEUR. De même qu'au sens matériel cet organe est comme le centre de la vie, de même, dans le sens spirituel, il est regardé comme le point de départ de toutes les affections, passions, sentiments, volontés, impressions, etc. C'est de lui que procèdent les sources de la vie, Prov. 4, 23., et c'est à cause de cela aussi que Dieu réclame, avant tout, notre cœur, 23, 26. Il est naturellement froid, dur, ennemi de Dieu ; il doit être transformé; Ëz. 36, 26. 18, 34. Matlh. 5, 8. 45, 49. Act. 45, 9. v. Ame. COLLINES, t\ Gabaon, et Montagnes.
COLLIER, v. Boucles.
COLLYRE, Apoc. 3, 48., préparation médicamenteuse pour les yeux ; il y en a d'astringents, d'émollients, d'excitants, de narcotiques, etc. Les femmes de l'Orient s'en servaient aussi, non-seulement comme remède, mais comme ornement. Comme parallèles, pour le sens, au passage cité, cf. Ps. 49, 8. 4 Jean 2, 20.
COLOMBE, oiseau trop connu pour qu'il soit nécessaire de le décrire ; nous nous bornerons aux observations que nous fournissent sur cet animal les données bibliques. — La
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colombe qui est répandue dans fout l'Orient, où elle niche dans de vieux murs, sur des rochers ou dans le creux des arbres, s'appelle en hébreu, Iona, nom qui ne dérive point, ainsi que le veut Bochart, de l'Ionic, mais d'un mot arabe qui indique la douceur, la grâce. C'est à l'aube du nouveau monde et sur les flots du déluge, qu'elle apparaît pour la première fois dans l'Ecriture, Gen. 8, 8-42., comme si cet animal, dont l'apparition précéda celle de l'arcen-ciel, devait déjà nous annoncer par avance que la terre serait gouvernée par des lojs plus douces, et sauvée par la bonté du Créateur, malgré les péchés des hommes; la branche d'olivier qu'elle rapporte semble renfermer la même pensée et dire aux hommes que « Dieu ne frappera plus toute chose vivante comme il l'a fait, » 8, 21., et qu'il attendra le jugement final avant d'accabler de son juste courroux les pécheurs impénitents.
Elle joue le même rôle encore dans la loi mosaïque où, déclarée animal pur, elle se trouve mêlée à tous les sacrifices, et sert à remplacer, pour jes pauvres, les victimes plus considérables exigées en holocaustes pour le péché, Luc 2, 24., cf. Lév. 4, U. 5V 8. 12, 8. Nomb. 6, 10. A cause de la grande consommation de colombes qui devait se faire pour le service du temple, et comme il n'était pas toujours facile à ceux qui devaient en offrir, de se les procurer et surtout de les apporter a Jérusalem s'ils en étaient éloignés, les prêtres avaient permis qu'on vendît de ces oiseaux dans les parvis du temple ; c'est à cause des abus et des illégalités de ce trafic que notre Sauveur chassa un jour ceux qui faisaient ce commerce d'une manière indigne, ne voulant pas qu'on fit de la maison de son père une caverne de voleurs, Mallh. 24, 42. Le nom de la fille aînée fie Job, 42, 4 4. Jemima, vient probablement d'un mot arabe qui signifie colombe. En Orient, on donne ce nom aux femmes de la plus grande beauté. Sémiramis fut appelée Sémir Jemamah, la colombe brune, ou, selon Hésycbius, la colombe de la montagne, et les Babyloniens portaient une colombe sur leurs enseignes en l'honneur de cette princesse.
Quant aux retraites choisies par ces oiseaux, v. Ez. 7, 46. Jér. 48,28. Canl. 2, 44. Ps. 4 4, 4 .
Le vol de la colombe est quelquefois considéré par les poètes comme l'image de la, rapidité, Ps. 55, 7. Os. 14, 44. Es. 60, 8. (cf. Sophocle, Œdipe à Colon., 1081); la colombe, en effet, dépasse au vol tous les animaux de sa taille et de sa grandeur, et c'est ainsi que, sans dérense, elle peut échapper fort souvent à ses persécuteurs. Salomon, dans le Cantique, 4 , 1 4. 4, 4. 5, 42., compare à des colombes les yeux innocents et tendres de celle qu'il aime : « ils
sont çomme des colombes sur les ruisseaux d'eaux, baignées dans du lait, se reposant au milieu de la plénitude de la beauté. » Chacun sent tout ce qu'il y a de gracieux dans cette image, qui s'attache cependant de si près à la réalité, en nous montrant les prunelles nageant dans le blanc de l'œil comme dans des flots de lait, et si fraîchement entourées d'un cadre de visage au milieu duquel elles reposent comme dans le sein de la beauté. Nos versions ont mal ^ propos, dans ces trois passages, mis : « te* yeux sont comme ceux des colombes; * ceux n'est pas dans le texte, et ne fait que nuire J l'idée.
Le roucoulement de la colombe est dans presque toutes les langues appelé un gémissement (en latin, gemere, en grec,, ctévsiv, etc.), cl les prophètes hébreux ont exprimé la même pensée, Es. 38, 44. 59, 44. Nab. 2, 7. cf. Ez. 7, 46. On se rappelle le vers de Virgile, Ëglog.. 4 , 59 :
Nec gemere séria ccmhit turtur ab ulmo.
Cet animal est le symbole de la candeur et de la simplicité, Matlb. 40, 16., quelquefois aussi du peu d'intelligence, Os. 7, 4 4. 4.2.
Il reste encore quajre passages qui ont besoin d'une explication particulière, et qui, ordinairement mal traduits, plqs souvent encore mal compris par certains interprètes, ont donné lieu à diverses méprises.
— Ps. 68, 44. — Martin : Quand vous auriez couché entre les chenets arrangés, vous seriez comme les ailes d'un pigeon couvert d'argent, et dont les ailes sont comme la couleur jaune du fin or. — Luther : Quand vous êtes aux champs, cela resplendit comme les ailes des pigeons qui brillent comme l'argent et l'or. - Anglais : Quoique vous ayez été au milieu des pots (en Egypte, cf. Ps. 84, 6.), cependant vous serez comme les ailes des colombes, recouvertes d'argent, etc. — Enfin Calvin ; Quaud bien vous seriez entre les pots aux cendres, si (cependant) serez-vous comme les ailes de la colombe couverte d'argent, et laquelle par derrière est com»ie le fin or bien jaune.
Quelque différentes que puissent paraître ces traductions, elles se réduisent pourtant, une fois qu'on peut les comprendre, à une méou signification générale que voici : « Quand vous seriez couchés entre q>s chenets (marmi les, objets qui onl senti la suie), vous n'en sortirez pas moins blancs comme les plumes argentées d'une colombe, comme leurs ailes dorées.' Quelles que soient vos afflictions, quelles que soient les ténèbres dans lesquelles vous giseï, vous ne cesserez jamais de reluire, de briller, d'être heureux : la délivrance dissipera toujours les taches que vous aurez contractées «Japs l'atj-
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versité. Celui qui gouverne l'Eglise la tirera de tous les dangers auxquels elle sera exposée. On peut citer comme parallèle à ce passage. Es. 4, 48. :« Quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige. »
— 2 R. 6, 25. Il est dit que lors de la famine de Samarie, le quart d'un cab de fiente de pigeon se vendait cinq pièces d'argent. Le savant Boehart, qui a consacré dix-sept pages a l'examen de celte question, pense qu'il faut entendre par les mots tiente de pigeon une espèce de légume, de pois chiches, qui porte encore un nom semblable en arabe; mais il paraît que Bocbart a fait une confusion de mots, et que ses conclusions d'analogie doivent être abandonnées. D'autres, surtout des interprètes anglais, ont essayé de paraphraser, en disant que l'on vendait pour cinq pièces d'argent un cab de balayures, de rebuts, d'ordures, de débris réservés aux pigeons, etc.; mais c'est forcé. La version ordinaire est appuyée par toutes les traditions juives, et parle fait bien connu, qu'en maint et maint cas de siège, les habitants au désespoir ont été réduits à se nourrir de fiente d'animaux : mais on se demande comment il se ferait que les assiégés, dans l'intolérable position où ils se trouvaient, eussent conservé leurs pigeons, et en quantité assez considérable pour que leur flente devînt un article de commerce, quand on aurait pu manger avec avantage et les pigeons eux-mêmes, et les substances dont on devait les nourrir P
— Jér. 26, 38. 46, 16. 50, 46. On lit dans le premier de ces passages, en parlant des ravages que Nébucadnelsar fera dans la Judée, que la terre sera dévastée « à cause de l'ardeur de la fourrageuse; » les deux autres versets indiqués finissent par « l'épée de l'oppresseur. « Dans ces trois passages, on peut traduire par colombe les mots marqués en italiques : c'est ainsi qu'a fait la Vulgate, et ceux qui adoptent cette manière de voir, l'expliquent en rappelant que les Assyriens et les Babyloniens avaient sur leurs drapeaux une colombe en souvenir de Sémiramis, et qu'ils sont fréquemment désignés sous l'emblème de cet animal. On peut comparer encore les passages du N. T. qui parlent de la colère de l'agneau, et penser que le prophète annonce aux Hébreux que le Seigneur, doux comme une colombe, finira par s' embraser dans sa colère contre eux. Cependant, quoiqu'à la rigueur cette traduction et ces interprétations soient possibles, elles ne sont pas probables, et les auteurs catholiques eux-mêmes traduisent par oppresseur, ravageur, ou fourrageur, laissant au masculin ce dernier nom que Martin a mis au féminin sans trop de raison. On comprend comment l'épithète de ravageur pouvait
bien se rapporter à l'ennemi de la Judée, Nébucadnetsar.
— Matlh. 3, 46. Marc 4, 10. Jean 4, 32. Au baptême de Jésus-Christ il est dit que le Saint- Esprit descendit sur lui comme une colombe, et Luc 3, 22. dit plus positivement encore : « Le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme celle d'une colombe. » On peut admettre que le Saint-Esprit qui, dans d'autres occasions, se présentait sous d'autres formes, cf. Act. 2, 3., ait, cette fois peut-être, pris en effet la forme matérielle d'une colombe; et les rabbins, dans leurs explications de Gen. 4, 2. Cant. 2, 42., onttoujours représenté l'Esprit de Dieu sous cette image : le symbolique Orient devait représenter le Saint-Esprit sous la figure d'un oiseau, comme descendant du ciel, et la colombe devait être choisie naturellement à cause de son innocence et de sa pureté. Cependant la plupart des interprètes modernes, surtout les protestants , repoussent cette idée comme trop matérialiste, et ne considèrent dans l'image que l'image seule, c'està-dire la vitesse, la douceur et la grâce. Pour pouvoir obtenir un résultat quelconque, une solution quelconque aux questions que soulève cette descente du Saint-Esprit, il faut remarquer que non-seulement Jésus, mais Jean-Baptiste lui-même (au moins lui), a vu descendre le Saint-Esprit, que, par conséquent, le Saint- Esprit a dû revêtir une forme : on ne saurait admettre une vision, une vue, sans que l'objet vu ait des contours, un dessin : quelque vague qu'on veuille se le représenter, quelque nuageux, quelque vaporeux qu'on veuille supposer le Saint-Esprit dans cette occasion, encore fautil qu'il ait eu une forme; et l'on doit se demander maintenant s'il a une forme ordinaire, habituelle, constante, ou si, son essence étant invisible, il prend quelquefois, pour se manifester, des apparences terrestres : la première hypothèse est plus matérialiste que la seconde, et nous croyons beaucoup plus naturel, comme aussi plus d'accord avec le texte sacré, d'admettre que le Saint-Esprit, impalpable sans doute, mais visible, a revêtu ostensiblement l'apparence de la colombe.
COLONIE. Act. 46, 4 2. v. Philippes 5°. COLONNE. Il est souvent parlé, Ex. 4 3, 24. 4i,2i. Nomb. 44, 44. Néh. 9, 42. 49.. de la colonne de nuée et de la colonne de feu qui accompagnaient les Israélites dans le désert, leur montrant la route et leur servant de guide, l'une les éclairant la nuit, l'autre leur donnant de l'ombre pendant le jour et servant de retraite à l'Eternel qui y habitait. Quoiqu'il ne soit pas dit en quel endroit elle commença, et en quel endroit elle cessa d'accompagner les Israélites, on peut croire que le passage de la mer Rouge
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elle passage du Jourdain furent les termes extrêmes de son voyage. Elle se tenait ordinairement à la tête du peuple ; une seule fois elle vint se placer entre eux et les Egyptiens qui les poursuivaient, Ex. 14, 19. 20. de manièreàlcs séparer pendant toute la nuit. C'est du sein de la même nuée que le Seigneur apparut aux Hébreux en Sinaï, quand il leur donna sa loi. — 3lais qu'était- ce matériellement que cette nuée miraculeuse? C'est ce que nous ne savons pas. Quelques rationalistes extrêmes ont imaginé que c'était un tas de bois que l'on faisait briller à l'entrée du camp par manière de signal; on en voyait la fumée le jour, et la flamme la nuit ; mais il faut avouer : 4° que, pendant quarante ans, cela aura fait une consommation de bois prodigieuse; 2° que dans le désert on aurait eu de la peine à s'en procurer autant, et 3° que ce devait être bien mal commode de charrier, devant soi, jour et nuit, ce foyer ambulant. — D'autres ont imaginé que c'étaient deux immenses drapeaux, sur l'un desquels était peint un nuage, et sur l'autre une flamme. Il n'est pas nécessaire de réfuter de pareilles divagations aussi impies que ridicules. Cf. Ps. 78, 14. 105,
— Les colonnes de la terre. Job 9, 6., les piliers du pays, Ps. 75, 3., et les colonnes des cieux, Job 26, 1t., sont des expressions métaphoriques qni représentent le ciel et la terre comme des édifices bâtis par la main de l'Eternel, comme des temples du Dieu vivant, taillés à la ressemblance des ouvrages de l'homme, et soutenus comme ces derniers par des colonnes, cf. Job 38, 4-6. Il est évident qu'on ne doit pas chercher un système astronomique ou cosmogonique dans ies paroles du prophète. — L'Eternel, en envoyant Jérémie prêcher aux Gentils, lui annonce qu'il lui a donné les forces et la consistance d'une colonne de fer, Jér. 1,18.; dans le N. T., Jacques, Céphas et Jean sont appelés les colonnes de l'Eglise, Gai. 2, 9.; et Apoc. 3, 42., l'Esprit dit encore : « Celui qui vaincra, je le ferai être une colonne dans le temple de mon Dieu. » Le sens est le même dans ces trois passages; la colonne désigne des hommes forts, qui sont les termes soutiens de l'œuvre du Christ, la force et l'ornement de la maison de Dieu. Enfin l'Eglise elle-même est nommée de ce nom par saint Paul, 4 Tira. 3, 45., parce qu'elle est le gardien extérieur des vérités divines et des oracles de Dieu.
Quant aux colonnes du temple, v. Temple.
COLOQUINTE. 2 R. 4, 39. Elisée étant venu à Guilgal a l'époque d'une grande famine, voulut faire préparer un repas pour ies prophètes de l'endroit, mais ils furent presque empoisonnés avec un plat de coloquintes sauvages que quelqu'un avait cueillies et mises dans la
chaudière sans savoir ce que c'était. L homme de Dieu prit un peu de farine, la jeta dans le potage et le rendit mangeable et sain. — La coloquinte est une espèce de courge ou de concombre sauvage, dont la tige rampante jette autour d'elle de nombreux sarments et des feuilles semblables à celles des concombres de nos jardins, ou à celles de la vigne : le fruit, dont l'enveloppe charnue est d'un jaune-vert, est de la grosseur d'une orange, mais allongé comme le concombre, et si amer qu'on l'a surnommé le fiel de la terre; lorsqu'il est mûr, il éclate à la moindre pression. La ressemblance de la coloquinte (cucurals colocynthis) avec le concombre a facilement pu faire cueillir l'une pour l'autre, d'autant plus qu'en temps de famine on n'y regarde pas toujours de très près. Quant au moyen employé par le prophète pour assainir ce mets affreux, on n'y peut voir qu'un miracle ; cependant on sait que certains légumes, d'un goût amer, perdent celte amertume quand on y mêle de la farine.
COLOSSES. Située sur le Lycus, à 8 parasanges (environ 50 kilom.) du Méandre, et à 35 kilom. de Laodicée, cette ville était une des plus considérables de la Phrygie au temps d'Hérodote. Xénophon encore l'appelle une cité peuplée, prospère et grande. Au temps de Slrabon ce n'était plus qu'une ville médiocre, un bourg, quoique Pline ait pu la classer encore au nombre des villes célèbres de l'Asie Mineure. Elle fut renversée par un tremblement de terre la septième année de Néron, 60-64, mais reconstruite immédiatement. Au onzième siècle, et déjà du temps de Théophylaete. on rappelait Chonai (fentes, fissures), peut-être à cause de la nature de son sol limoneux, qui sèche en été et se crevasse au point que, près de Colosses, le Lycus disparaît sous terre comme englouti. Au douzième siècle elle avait recouvré quelques traces de sa première grandeur. Elle fut longtemps une résidence épiscopale. Maintenant ce n'est plus qu'un gros village qui porie encore le nom de Chonus, avec un château-fort dans le voisinage. On a varié sur l'orthographe de ce nom, les uns voulant l'écrire Colasses; mais les meilleurs manuscrits, de même qu'un grand nombre de médailles, l'écrivent comme nous faisons, et leur autorité l'emporte. Pour la géographie de celte contrée, il faut consulter surtout le commentaire de Steiger sur l'épUre aux Col., p. 13 et 368.
Il ne parait pas, ni d'après les Actes des apôtres, ni d'après l'épître aux Colossiens, que Paul ait lui-même visité ces contrées, ou qu'il y ait fondé des Eglises; mais pendant le séjour prolongé de Paul à Ephèsc, et à cause des communications faciles du Méandre et du Lycus,
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