‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 91 sur 398 · COM · texte numérisé non relu

COM

on peut croire que des disciples de cet apôtre, ou d'autres tldèles portèrenl l'Evangile dans l'intérieur du pays, et y établirent quelques assemblées chrétiennes. On croit même, d'après l'épitre à Philémon, et par plusieurs passages de celle aux Colossiens 4, 7. 40. 14. 45. 47., que Paul connaissait diverses personnes de celte contrée, et que ces Eglises connaissaient plusieurs des compagnons de Paul. Du reste, la plupart des noms d'origine grecque, Nympbas. Archippe, Philémon, Appia, Epaphras, Onésime, etc., rendent probable l'opinion que les troupeaux de celte vallée étaient composés en très grande partie, sinon exclusivement, de païens convertis, et non de judéo-chrétiens.

Quant à ÏEpitre aux Colossiens, il est évident non-seulement qu'elle a été écrite en vue de certains faux docteurs, mais encore que ces docteurs avaient une doctrine d'un caractère particulier et même systématique : les uns ont voulu y voir des pharisiens, d'autres des philosophes platoniciens, ou même pythagoriciens, d'autres des disciples de Jean-Baptiste. Avant tout il faut remarquer, d'abord, que ces faux docteurs étaient des Juifs d'origine, des docteurs de la loi, recommandant les cérémonies, les sabbats, les jeûnes, etc.; ensuite que ce n'étaient pas des Juifs ordinaires, se bornant à conserver la loi et a la répandre au sein des Eglises, mais des Juifs qui philosophaient d'une manière ou de l'autre sur les objets de la loi. Ces deux caractères sont si frappants que quelques commentateurs ont pensé que Paul s'adressait alternativement, dans cette épltre, à deux classes de docteurs ; mais Calvin et d'autres ont établi qu'il ne s'agissait ici que d'une seule classe joignant à l'attachement à la loi l'amour d'une certaine philosophie. On peut supposer, ou que ces docteurs juifs avaient fait profession de christianisme, ou qu'ils ne l'avaient pas fait; mais celte dernière supposition est peu vraisemblable : on admettra difficilement que des Juifs non baptisés aient trouvé accès auprès des membres d'une Eglise surtout composée en majorité de chrétiens d'entre les gentils, et que saint Paul ne les ail pas combattus d'une manière franche et directe. L'opinion la plus probable est donc celle du critique anglais Hammond qui, avec sa malheureuse habitude de voir partout des gnostiques, s'est trouvé cette fois avoir rencontré juste. Ce n'étaient point les écoles gnostiques qui furent fondées plus tard, mais c'était la même direction d'esprit, la même philosophie presque traditionnelle, la philosophie orientale appliquée par les Juifs a leur croyance paternelle, puis au christianisme, lorsqu'ils se faisaient baptiser. Leur philosophie, ou plutôt leur théosophie, leur théurgie s'était humanisée, pour ainsi dire, en se fondant avec les

idées grecques, et surtout en empruntant à l'esprit grec une certaine volubilité des idées, et l'apparence d'une philosophie didactique. Ces théosophes, également attirés par le christianisme, étaient assez impartiaux pour reconnaître que l'intelligence des choses célestes était supérieure à leurs propres idées; désirant d'y prendre part, ils entrèrent dans l'Eglise, mais n'ayant pas été convertis de cœur, l'amour de la sagesse charnelle prévalut bientôt; ils donnèrent au christianisme et à Christ une place dans leur système, mais n'abandonnèrent pas leurs erreurs. D'autres hommes qui s'étaient faits chrétiens, entraînés par un besoin du cœur plutôt que par curiosité, retournant plus tard à des idées de propre justice, s'efforcèrent d'accorder le christianisme qu'ils aimaient, avec la loi qu'ils aimaient également, et pour les cimenter ils se servirent de l'ancienne philosophie. On peut consulter avec fruil sur ce sujet les commentaires de Sleiger et de Huilier sur les Colossiens, ainsi que ceux de B»hr(1833) et de Mèlanchthon (1577). Le peu que nous avons dit suffira peut-être pour faciliter l'intelligence de l'épitre si difficile dont nous parlons. «Après avoir réfuté ces fausses doctrines, ajoute Calmet, l'apôtre débite aux Colossiens la plus belle et la plus sublime morale. » — On se demande si celte épltre a été écrite pendant la captivité de Rome, ou pendant celle de Césarée : il est probable qu'elle fut datée de celle dernière ville, et écrite peu de temps avant celle aux Ephésiens avec laquelle elle a beaucoup de rapports, et dont elle semble même n'être guère qu'un extrait destiné spécialement à l'Eglise de Colosses, tandis que l'épitre aux Epbésiens serait une circulaire pour toutes les Eglises environnantes ; elles s'expliquent l une l'autre, et peuvent avec avantage être lues ensemble.

COMMERCE. On comprend que le commerce soit une chose aussi vieille que le monde, et que les échanges aient commencé dès les premiers temps entre les bergers, les laboureurs, et les fabricants. Aux jours des patriarches ce mode d'échange subsistait encore ; mais il avait déjà pris un caractère plus mercantile que lorsque l'humanité ne formait qu'une famille, dont les divers membres travaillaient les uns pour les autres, se communiquant mutuellement, sans les mesurer, les produits de leur travail ou de leur industrie; il y a déjà des marchands proprement dits ; mais comme l'argent monnayé n'existe pas, on donne des denrées pour d'autres denrées, chacune ayant une valeur déterminée ; les caravanes ismaélites traversent Canaan pour se rendre en Egypte, leurs chameaux portent des drogues, du baume, de la myrrhe; elles achètent un homme esclave,

Page 1