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el le paient vingt pièces d'argent, Oeil. 37, 25. 28., car l'argent aussi était une marchandise qui se pesait, et que l'on estimait selon son plus ou moins grand degré de pureté. Ce sont probablement encore des caravanes marchandes que nous trouvons Job 6, 19.
Puis, pendant la servitude d'Egypte, les Hébreux, quoique simples ouvriers esclaves, se trouvèrent plus ou moins mêlés au commerce actif de cette riche contrée; mais ce goût qui n'eut pas de peine à se développer clic* eux fût comprimé par la législation mosaïque , soit directement, soit indirectement par la nature peu maritime, quoique littorale, du pays qui leur avait été donné, par l'obligation qui leur était imposée de diverses manières de cultiver le sol aOn d'en consacrer les produits à l'Eternel, par les avantages mêmes qu'ils retiraient de la culture de ce sol, enfln, par les barrières que la loi établissait entré le peuple saint et les peuples environnants. Il parait toutefois que les habitants du nord du pays ne laissèrent pas que de faire un petit commerce avec les Phéniciens leurs voisins, Gen. 49, 4 3. Deut. 33, 48. Sous les rois, le commerce s'agrandit et devient royal. Salomon lui-même est a la téle des plus grandes entreprises ; il fait le commerce des chevaux entre ! Egypte el la Syrie, 4 R. 10,26. 2 Chr. 1, 16. 17.; il s'associe au roi de Tyr pour l'exploitation des mers, 1 R. 9, 26. Après lui, les expéditions maritimes cessent de faire partie des revenus royaux, el même, sauf quelques essais tentés par Josaphal, 22, 49., le commerce par mer est interrompu, les ports d'Elalh et de Hetsjon - Guéber conquis par David étant tombés de rechef entre les mains des Edomites. Mais le commerce par terre avec Tyr continue de fleurir. Ez. 27, 47. Néh. 43, 16. Les Hébreux achètent aux Phéniciens de magnifiques bois de construction, 4 Chr. 44, 4. 4 R. 5, 40., du poisson, Néh. 43, 46. (cf. Ez. 26, 5. 4 4.), divers objets de luxe, des étoffes brodées de diverses couleurs, des parfums, de l'encens, de la pourpre, et d'autres marchandises tirées pour la plupart de l'Arabie, de la Babylonie, ou des Indes ; ils fournissent en échange du blé, de l'huile (cf. 1 R. 5, 11. Act. 12, 20.), du miel, des dattes, du baume. Os. 12, 2., des objets de toilette brodés par les mains de leurs laborieuses épouses, Prov. 31, 24., enfin quelques espèces de fines pâtisseries.
On he voit nulle part que, malgré les guerres jombreUses qu'eurent à soutenir les deux royaumes, les revenus de l'Etat en aient souffert d'une manière notable : on trouve même au milieu de leurs revers des périodes. Es. 2, 7., ou des tribus, Os. 4 2,9., qui se font remarquer par leurs richesses et l'abondance de toutes sortes de biens.
L'exil étendit naturellement beaucoup la sphère du commerce hébreu ; les exilés ne voulant se fixer nulle part, et restant partout étrangers, n'avalent de ressource que dans le commerce, mais ils surent en profiter; ils se dlspersèrènt dans les différentes villes de la Babylonie, puis ailleurs, dans les provinces de l'Asie Mineure, en Egypte et jusqu'en Europe. Cependant toujours un peu gênés par leur loi, les Juifs de la Palestine hésitèrent à se vouer au commerce, et laissèrent occuper par des étrangers les ports de Joppe et de Césarèe que leurs rois leur avaient donnés; puis, sous la domination romaine, plusieurs objets de commercé ou d'Industrie, passèrent à l'état de régie, et furent enlevés a l'activité individuelle.
Quand au petit commerce, pour lequel on trouve des préceptes particuliers, Lév. 4 9, 36. Deut. 25, 43., cf. Os. 42, 8., les grandes fêtes lui étalent surtout favorables; les marchands étalaient alors leurs marchandises sur les places près des portes, et les Ty riens même savaient encore dresser leurs bancs sur les marchés de Jérusalem, cf. Néh. 43, 46. On trouvait en outre dans les parvis du temple des changeurs et des vendeurs d'animaux pour les sacrifices. C'étaient des objets de première nécessité; les Juifs étant forcés d'acheter, le commerce des vendeurs tourna au vol : ils justifièrent les doubles attributions que le paganisme donnait à Mercure, et ils furent chassés par notre Sauveur, Jean 2, 4 4. Matth. 21, 12.
COMPLAINTES, v. Poésie b).
CONCOMBRES (cuctimis salivus), seulement Nomb. 14 , 5. (cf. Es. 1,8., un champ de concombres.), plante et fruit bien connu dans nos jardins et sur nos marchés. Tourneforl en compte six espèces, dont la blanche et la verte sont les plus estimées. C'est en Orient, et surtout en Egypte, qu'ils acquièrent leur plus grande beauté. On assure que le concombre, dans ces pays méridionaux, forme avec le melon et l'oignon une des nourritures les plus délicates du peuple, et qu'il est à la fols plus agréable au goM et hioins indigeste que le concombre européen.
CONCUBINES. Il y avait chez les Hébreux divers ordres d'épouses, toutes considérées comme telles, mais occupant une place plus ou moins élevée dans la famille, et jouissant de privilèges plus ou moins grands. Mlchaélis (Mos. Recht) en compte trois degrés : d'abord les femmes libres et légitimes, épousées et non achetées, comme Sara femme d'Abraham; ensuite les épouses légitimes, mais achetées, comme Léa et Raeh< I.Gen. 29, 18. 27.; enfin les concubines, femmes esclaves, qui, sans être légitimes, étaient cependant unies 9 l'époux d'une manièfe légale et régularisée, sans
que leur étal lès avilît, et sans qu'elles fussent | comme une espèce de divorce. 5lals comme il coupables de mauvaise conduite. A côté d'une, arrivait fréquemment qu'une esclave n'était pas
et même de plusieurs femmes légitimes, un homme pouvait avoir plusieurs concubines, surtout s'il n'avait point d'enfants de sa première épouse, Geh. 16, 3. 30, 3. C'était ordinairement parmi ses esclaves, ou parmi celles de sa femme et du consentement de celle-ci, qu'il choisissait celle qui voulait élever à ce rang secondaire, qui était plutôt Un privilège qu'une honte.
Dans cette coutume si contraire fi l'institution primitive du mariage, il faut reconnaître une déviation dë la droite voie, moins coupable peut-être chez des hommes qui avaient à la fois beaucoup de besoins et peu de lumières, mais coupable cependant, et qui ne fut jamais en bénédiction à ceux qui s y livrèrent. Le grand Abraham, polygame, fut obligé dd la part de Dieu â répudier la femme qu'il avait prise pour en avoir des en Tant s en dehors de la promesse; Jacob fut malheureux dans l'intérieur de sa famille, il vit ses quatre femmes se quereller, et l'une d'elles se livrer A Ruben, l'alné de ses fils ; David s'en trouva mal, et Salomon s'égara loin de Dieu au milieu des voluptés de son sérail.
Ouol qu'il en soit, ce fut une coutume qui commença de bonne heure fi se répandre, que les hommes les plus fidèles acceptèrent, qui passa presque à l'état de règle, et qui semble sanctionnée par un détail de la loi mosaïque, Ex. 21, 8., cf. Gen. 22, 24. 36, 12. Jug. 8, 31. 2 Sam. 3,7.1 Chr. 1, 32. Les enfants issus de pareilles unions n'étaient point considérés comme fils légitimes; et quoiqu'ils pussent habiter avec leurs frères légitimés, Ils n'avaient aucun droit â l'héritage du père de famille; celui-ci pourvoyait par des dons volontaires et de son vivant à leur assurer une condition avantageuse, Gert. 25, 6. 21, 10. 24, 36.
Une esclave, par le fait de son alliance avec Son maître, né pouvait plus disposer d'ellemême pour appartenir à un autre, Jug. 19, 2. 2 Sam. 3, 7.; elle était sa femme, quoique moins honorée, et ses infidélités devenaient adultères, mais passibles des peines ecclésiastiques seulement, pt non point des peines criminelles, Lêv. 19, 20. Moïse présente le servage et les rapports de maître fi esclave-femme sous un point de vue assez particulier, lorsque, Ex. 21, 7-11., il maintient la servitude de la jeune esclave dans l'année sabbatique, contrairement aux dispositions qui rendaient cette année la liberté à ceux qui l'avaieht perdue d'une manière ou de l'autre. Il part de là supposition qu'une esclave n'est jamais achetée qu'a titre de concubine; il la considère donc comme telle, èt regarderait son affranchissement
concubine, elle était alors en droit ou d'être rachetée, ou d'être affranchie, ou de passer à un autre maître, afin de n'être pas vouée a un triste et honteux célibat par l'indifférence de son maître. Quelquefois un père achetait une Jeune Qlle pour la donner à son fils, jugeant convenable de prévenir ainsi de plus grands désordres ; et quand Ce lils venait fi prendre une épouse légitime, l'esclave était eh droit d'exiger de son jeune maitre les mêmes traitements qu'avant son mariage.
Ce régime de relâchement répugne fi tout ce que nous pouvons avoir d'idées sévères, et sur la sainteté du mariage, et sur la sainteté de l'individu, et sur la dignité de la femme, et sur la grandeur et la pureté des exigences mosaïques. Il faut admettre que Dieu a voulu faire des concessions â l'endurcissement du cœur, aux passions qui l'agitent et fi la violence de ses désirs : ne voulant pas exterminer son peuple, et sachant que lès peines les plus sévères n'empêcheraient point des transgressions constantes, il a mieux aimé régulariser le cours des passions, les limiter par aes lois, leur accorder quelque chose, et punir d'autant plus sévèrement les infractions aux lois subsistantes, que ces lois elles-mêmes avaient été adoucies, autant qu'il était possible de le faire. Et si l'idée de ces concessions est rejetée de quelques théologiens, si l'on y voit le germe ou l'indice d'une morale relâchée, nous répondrons en citant ces paroles de notre Sauveur, Matin. 19, 8., qui prouvent évidemment un système de concessions dahs la législation de Moïse : « C'est fi cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais au commencement il n'en était pas ainsi. » Nous demanderons encore si le fait même de ces lois sur les esclaves concubines n'était pas une concession ; s'il y aurait une autre manière de l'expliquer-, ce que l'on aurait pu substituer fi ces lois : nous demanderons si même maintenant Dieu n'accorde rien fi la faiblesse de notre nature, si le mariage lui-même ne nous sera peut-être pas dans l'éternité représenté comme une condescendance divine, cf. 1 Cor* 7, 2.; et enûn si, le mariage Uhé fois admis, Diëu ne peut pas, lorsqu'il le juge convenable, permettre à un homme deux femmes aussi bien qu'une ? Il est évident que nous n'avons point à résoudre ici ces questions, ni fi examiner les raisons d'économie morale, civile ou politique, qui appuient en général l'établissement de la monogamie primitive.
Ajoutons encore que la polygamie prit un développement effrayant sous quelques-uns des fols de Juda : David avait sept femmes et dix
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concubines, 2 Sam. 3, 2-5. 20, 3. Salomon eut jusqu'à sept cents femmes ayant train de reines, et trois cents concubines, 4 R. 4 4, 3. (elles tirent égarer son cœur, ajoute l'historien sacré); et Roboam, son fils, dix-huit femmes et soixante concubines, 2 Chr. 41, 24.
La venue du Christ a ramené le mariage à sa première institution, et a condamné l'usage des concubines, « quoique, ajoute Calmet, ON y ait toléré assez longtemps les mariages clandestins, dans lesquels on appelait souvent la femme du nom de concubine; » phrase mystérieuse dont nous laissons a chacun de débrouiller le sens.
CONJURER LES MORTS, v. Python.
CONSEIL DES ANCIENS, v. Sanhédrin.
COOS, Act. il, 1., petite île de la mer Egée, à 46 kilom. des côtes de l'Asie Mineure, près de. Gnide et d'Halicarnasse. Ses vignes sont célébrées dans Pline, 45, 48., et ses tissus magnifiques le sont par Horace, Od. 4, 43, 7., et par Tibulle. Le chef-lieu de l'île, du même nom, avait un temple d'Esculape très fameux, et un autre de Vénus. Hippocrate et Apelles y étaient nés. — Son nom actuel est Stanchio.
COQ, v. Poule.
CORAIL, coraux. Production marine, animale, calcaire, dure, solide, et s'élevant du fond de la mer comme un arbre aux gracieux rameaux. On trouve du corail noir, du blanc, et du rouge. Cette dernière sorte est celle qui porte par excellence le nom de corail, à cause de sa plus grande valeur et de l'usage qu'on en fait pour la parure des dames, soit en l'incrustant dans des métaux, soit en en formant des colliers. Quoique ce ne soit pas une pierre précieuse, l'auteur du livre de Job, 28, 18., le nomme à côté de l'onyx et du saphir. Il faisait partie des objets du commerce syrien, Ez. 27, 46. Cette substance est connue depuis les temps les plus anciens. Pline nous apprend qu'elle était très estimée, d'abord à cause de sa beauté, puis à cause des idées superstitieuses qu'on y rattachait : on croyait que celui qui portait un morceau de corail sur lui ne pouvait jamais courir aucun danger. Naguère encore, dans la même contrée, un collier de corail rouge se vendait aussi cher qu'un collier de perles. Le nom hébreu que l'on traduit par corail est Ramoth. D'autres ont voulu voir le corail dans l'Almughim, q. v. On se demande enfin si le mot Penioim, Prov. 3, 15. 8, 44. 20, 45. 34, 40. Job 28, 4 8. Lam. 4, 7., ne désigne pas la même substance; nos versions portent quelquefois pierres précieuses, quelquefois perles, ce qui est peu probable, soit à cause du passage des Lamentations qui donne au Peninim la couleur rouge ou vermeille, soit à cause de l'analogie de l'arabe. Il est bien possible qu'un objet de luxe aussi recherché ail eu chez les Hébreux
deux noms différents; mais Ton ne peut rien décider.
CORBAN, Marc 7, 44. (cf. Malth. 45, 5). Ce mot hébreu signifie, ainsi que cela est indiqué dans le texte même, un don, une offrande ; il est employé dans l'A. T., Lév. 2, 4. 4, 4 2. 10, 47., et ailleurs, pour désigner de simples offrandes, celles pour le péché. Les Juifs juraient quelquefois par ces dons offerts sur l'autel, Matth. 23, 48. — Dans le passage de Marc, notre Sauveur reproche aux préires leur fausseté intéressée, aux Juifs leur dureté envers leurs parents. Pour accroître le trésor du temple, et par là leurs richesses particulières, les prêtres disaient aux enfants d'Israël que tout don (ou corban) fait au temple, les dispensait de soutenir leurs parents et les personnes de leur famille (cf. 4 Tim. 5, 4.). Il paraît que cet abus impie était devenu assez général à l'époque où parlait notre Sauveur, et qu'un grand nombre de Juifs se croyaient déliés de leurs devoirs domestiques au moyen des offrandes qu'ils avaient faites pour le service du sanctuaire. Cependant, pour comprendre une pareille aberration de l'esprit filial, il faut supposer que l'intérêt se joignait chez les enfants à l'adoption de celte maxime cléricale, et que les prêtres, ou bien ex:geaient pour le temple une portion moins forte que celle qui aurait dû revenir aux parents, ou bien qu'ils séduisaieut les Juifs par certaines promesses illusoires, en leur représentant les offrandes faites au temple comme plus méritoires, et comme entraînant des bénédictions et des avantages particuliers.
CORBEAU. Oiseau appelé en hébreu horeb, et en syriaque croac; de même croak dans le vieux anglais. Il était déclaré impur par la loi de Moïse, Lév. 44, 45. Deut. 44, 14. Il habite les lieux solitaires, sauvages cl désolés, Es. 34, 44. Salomon, dans le Cantique, 5,11., compare les boucles noires de l'épouse au plumage brillant et noir de cet oiseau.
Le corbeau apparaît pour la première foi» dans l'Ecriture, Gen. 8, 7. Les eaux du déluge commençant à baisser, et le sommet des montagnes à sortir de l'Océan, l'homme de l'ancien et du nouveau monde envoie sur la terre, ou plutôt sur les flots, cet oiseau dont il risque la vie pour un essai d'exploration, et qui prend ainsi le premier possesion de la terre sauvée; mais l'animal va et vient ne trouvant pas â se poser, puis il quitte l'arche pour n'y plus revenir, et va sans doute sur les montagnes se nourrir des victimes dont le déluge avait par* semé l'univers. C'est après le départ détioiui de l'aventureux oiseau que Noé laisse éi napper une colombe ; mais plus timide, elle rentre dans l'arche d'abord, puis ressort huit jours après et rentre une dernière fois, apportant dans son
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bec l'emblème de la paix et du salut, une branche d'olivier. — Nos versions portent, conformément au texte bèbreu, au caldéen, à l'arabe et au samaritain, que «le corbeau sortit allant et revenant, jusqu'à ce que les eaux se fussent desséchées sur la terre, » tandis que les Septante, le syriaque et la Vulgate. ainsi que bon nombre de Pères et de commentateurs, portent que « le corbeau sortit et ne revint point. * De fortes raisons parlent sans doute en faveur de celte dernière leçon : on se demande pourquoi, si le corbeau était rentré, Noé ne l'aurait pas lâché de nouveau, ainsi qu'il lit plus tard avec le pigeon, et pourquoi il crut nécessaire de lâcher le pigeon lorsque l'absence prolongée du corbeau devait lui indiquer suffisamment que cet animal avait su trouver un abri et de la nourriture sur la terre. Mais d'un autre coté l'hébreu a un sens clair et naturel, et il est bien difficile d'accepter une variante, et de s'éloigner ici du texte original.
Le corbeau joue encore un rôle dans l'histoire d'Elie. Ce prophète s'èlant retiré par l'ordre de Dieu sur les bords du Kèrilh, \ R. 17, 3-5., il y fut nourri par des corbeaux « qui lui apportaient du pain et de la chair le matin, du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent. » Mais toutes sortes d'explications, toutes plus singulières les unes que les autres, et plus singulières que le fait même qu'elles voulaient expliquer, ont été mises en avant pour ôter a celle histoire ce qu'elle a de merveilleux. Quelques-uns, comparant le rocher de Horeb, Jug. 7, 25. Es. 40, 26., qui se trouvait dans la contrée de Belbsan, à l'ouest du Jourdain, et non loin du Kérith, ont supposé que les corbeaux (Horebim) d'Elie, n'étaient autres que les habitants d'une ville de Horeb qui aurait existé prés du rocher de ce nom, et que c'était à ces habitants que Dieu aurait donné l'ordre de nourrir son prophète. D'autres, lisant Arabim au lieu de Horebim, pensent que ce sont des Arabes du voisinage, qui, ignorant les persécutions d'Achab, ou les bravant, auraient apporté deux fois par jour au prophète, la nourriture dont il avait besoin. D'autres encore traduisent Horebim ■ des marchands, » des passants, des étrangers, qui irrégulièrement, et à mesure qu'ils arrivaient, auraient fourni quelques vivres au vénérable et pieux solitaire. Toutes ces explications sont réfutées par ce seul fait, qui semble mentionné tout exprès, que le prophète n'avait pour se désaltérer que l'eau du torrent, et que lorsque le torrent fut à sec, le prophète dut se rendre ailleurs, chez une pauvre veuve païenne, pour s'y mettre à la fois à l'abri des persécutions et à l'abri de la soif; si c'eussent été des hommes qui eussent fourni à Elie le pain et
la viande, ils auraient pu tout aussi bien, et sans plus de peine, lui apporter de l'eau; des corbeaux ne le pouvaient pas. On en doit donc rester à la traduction toute simple et tout ordinaire de nos versions, el Ton peut de deux manières comprendre que des corbeaux aient été en effet les pourvoyeurs de l'homme de Dieu. Supposons que l'asile du prophète fût un lieu de rochers, de montagnes et de solitudes : c'est la que les oiseaux de proie font leurs nids, et qu'ils élèvent leur couvée, qu'ils nourrissent leurs petits; le prophète aura pu sans peine s'emparer pendant leur absence, des provisions qu'ils apportaient deux fois par jour à leur nichée, et Dieu aura employé un moyen naturel pour fournir à Elie une nourriture abondante et régulière. L'histoire profane présente des exemples du môme genre ; v. Tite-Live, 1, 4. Diod. de Sicile, 2, 4. Justin, 4, 4., et ailleurs. Mais si l'on se rappelle que le Dieu du ciel est aussi le Dieu de la terre, de la nature, de l'homme et de tous les êtres vivants, qu'il fait des vents ses anges et des flammes de feu ses ministres, qu'il tient dans sa main les instincts et les volontés de tous les animaux, qu'il les dirige comme il le veut, et les fait agir en maître, qu'il les conduisit dans l'arche, qu'il envoya un bélier pour remplacer Isaac, un lion pour déchirer le vieux prophète, des ours pour venger Elisée, une baleine pour sauver Jonas, un poisson pour payer le tribut, un âne pour l'entrée dans Jérusalem, on ne pourra méconnaître que l'approvisionnement miraculeux d'Elie n'appartienne à celte classe de miracles.
Nous lisons, Job 39, 3. : «Qui est-ce qui apprête la nourriture au corbeau, quand ses petits crient au Dieu fort, et qu'ils vont errants, parce qu'ils nont point de quoi manger?» et Ps. 447, 9. : « Dieu donne la pâture au bétail, et aux petits du corbeau qui crient vers lui. » Quelques auteurs ont pensé que ces deux passages étaient une allusion .1 ce que l'on dit que le corbeau, lorsqu'il voit ses petits nouvellement éclos, el couverts d'un poil blanc, les prend en dégoût, les abandonne, et ne retourne à eux que lorsque ce premier duvet étant tombé, ils commencent a se revêtir d'un plumage noir. La mue et le changement de couleur sont un fait, mais quant à cette aversion c'est une fable. « Dans les premiers jours, dil Buffon, la mère semble un peu négliger ses petits ; elle ne leur donne a manger que lorsqu'ils commencent à avoir des plumes; et l'on n'a pas manqué de dire qu'elle ne commençait que de ce moment à les reconnaître à leur plumage naissant, et à les traiter véritablement comme siens. Pour moi, je ne vois dans celle diète des premiers jours que ce que l'on voit plus ou moins dans presque tous les animaux, et dans l'homme lui
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même : tous ont besoiti d'un peu de temps bour s'habituer à un nouvel élément, à une nouvelle existence, etc. Les deux passages dohtnous parlons ont fait nattre beaucoup d'auires conjectures : on a supposé que les corbeaux abandonnaient quelquefois leùrs betits, ne pouvant suffire à leur extrême voracité; on a dit que quelquefois ils les oubliaient, sans y mettre de malveillance; d'autres encore, s'appuyant de l'autorité d'Aristote, de Pline, etc., ont avancé que les corbeaux chassent leurs petits de très bonne heure, et les obligent ainsi de chercher fort jeunes leur pâture; c'est ainsi q'ue Ton a voulu s'expliquer l'intervention directe de Dieu que Job et le prophète paraissent admettre dans l'alimentation des petits corbeaux. Mais la paraphrase la plus vraie de cés deux passages nous parait être dans ces beaux vers de Racine :
Aux petit» dei oiieaux il donne le pâture. Et u bonté s'étend sur toute la nature.
C'est ce que dit Calmel, en d'autres termes : « H y en a qui, sans y chercher plus de finesse, tiennent que la Providence s'étend sur les aniihaux à quatre pieds, et sur les oiseaux, qui crient à lui a leur manière, et que les corbeaux sont mis dans les endroits que noiis avons cités, au Heu des oiseaux en général.» Jésus rappelle la même chose lorsqu'il dit : Considérez les corbeaux, ils ne sèment, ni he moissonnent, et cependant Dieu les nourrit, Luc 13, Î4. Dahs le passage parallèle, Matth. 6, 26., Il y a l'idée générale, au lied de l'exemple particulier : Considérez les oiseaux du ciel.
Agur, Prov. 30, 17., dit que les corbeaux du torrent crèveront les yeux du mauvais lits qui sè moque de son père et qui méprise l'enseighement de sa mère, voulant annoncer peutêtre qu'il sera privé de sépulture, jeté aux champs, et livré À la voracité des corbeaux qui, dit-on , commencent toujours par crever les yeux des cadavres qu'ils dévorent.
Les Septante et la Vulgate, dans Soph. 2, 14., au lieu de désolation, lisent: « Le corbeau sera au seuil, » par où les Uns entendent qu'on nourrissait des corbeaux dahs la maison, et d'autres, avec plus de raison, que Ninive sera tellement désolée qué ses ruirtes serviront dé retraites aux corbeaux ; niais cette traduction ne peut être admise.
CORE, v. Homer.
CORÉ. 1° (Jn des descendants d'Esau, Geh. 36, 16., nommé Korah dahs nos versions, (juoitjue son nom s'écrive dans le tertte hébreu de M même manière que celui de Coré le lévite.
2° Coré, lils de Jilshar, fils de Kéath, fils de Lévl, Ex. 6, 21., cousin de Moïse, dont le père, Hamram. était frère de Jitsbar, v. 18., nous est connu par son ambition , ses intrigues , su ré-
volte et sa mort. Lévite, et jaloux d'Aaron le souverain pontife, et de Moïse le chef du peuple, il se joignit à d'autres, Dathan, Abirâm et On, de la tribu de Rubci», qui voyaient avec peine (pie le gouvernement d'Israël ne fût pas en entier dans lés hiaihs de la postérité du premier-né de Jacob. À celte jalousie de tribu se joignait l'ambition personnelle, et nul doute qU'ils n'aspirassent, l'un à la souveraine sacriflcatUre, les autres au poUVoir civil et militaire.
Ils firent donc une entreprise, est-il dit, Nomb. 16, 1. sq., et s'élevèrent contre leurs chefs, leur reprochant d'accaparer le gouvernement du peuple. Moïse s'étant prosterné devant l'Eternel, le visage contre terre, se releva, fit observer â Coré que chacun avait sa tâche et ses droits ; que lui, Coré, avait reçu de l'Eternel une charge honorable, puisqu'il était employé au service de l'Eternel, Quoiqu'il n'exerçât pas la sacrificature ; que si, cependant, il voulait une nouvelle manifestation de I Eternel, il n'avait qu'a apporter le lendemain, lui et ses deux cent cinquante complices, des encensoirs et de l'encens pour l'offrir sur l'autel, qu'Aaron d<son côté ferait la même chose, et que celui que l'Eternel choisirait serait le saint. In temps leur était offert pour la repentance ; ils en profitèrent pour chercher a soulever le peuple. Le lendemain , les rebelles se rendirent à l'entrée du tabernacle d'assignation, suivis d'une portion du peuple qui les soutenait. Mais la gloire d<> l'Eternel apparut et fut sur le point de les consumer tous. Les deux frères intercédèrent, pensant que cette première et menaçante manifestation suffirait; ils se rendirent auprès de la foule assemblée, et Cherchèrent à l'éloigner de ce lieu qui bientôt devait n'être plus qu'on gouffre dévorant : plusieurs crurent et obéirent; les plus mutins, quelques familles rubénites. Dathan , Âbiram et les leurs persistèrent : ils restèrent debout à l'entrée de leurs tentes, comme pour continuer de braver l'Eternel: mais la menace s'accomplit, la terre ouvrit sa bouche sur eux, les engloutit corps et biens, et se referma sur cés cadavres vivants. Eti raétuo temps le feu du ciel descendit sur les lévites rebelles rjui offraient le sacrifice de Caïn, et les dévora, tandis qu'Aaron, qui se trouvait atec eux, fut conservé comme le. saint qui devait seul apporter l'encens a l'autel.
Quoique nous n'ayons ni date, ni indication précise sur le lieu où se passa cet événement. Il paraît qu'on doit le placer à Kadès-Barné on a Rithma, peu après la rentrée des Israélites dans le désert.
Les familles rubénltes périrent avec leurs chefs; celle de Coré ne périt point, et l'on trouve parmi les descendants de cet ambitieux, des employés au set-vice du temple, Chargés de
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garder les vaisseaux du tabernacle, 4 Chr.9, 19., des portiers, 26, 1. , et des chantres, 2 Chr. 20, <9, Ps. 88, 4 . Les Psaumes 42. 44, 43, 46, 47, 48, 49, 84, 85 et 87, sont indiqués comme ayant été composés par quelques-uns de ces Corltes ; cependant l'on n'est pas d'accord sur ce point, et plusieurs auteurs pensent que, composés par David ou par d'autres prophètes, ils ont été simplement remis aux chantres de la maison de Coré pour être chantés pat* eux ; v. Psaumes.
La punition de ces chefs, rappelée Ps. 106, 17. et Jud. 14., trbuvedes parallèles dans l'histoire de Nadab et Abibu, Nomb. 3, 4., dans celle des capitaines d'Achazla qui sommaient Elle de destendre du Carmel, 2 R. 1, 9. 44., et dans celle d'Anaïiias et de Saphira, Art. 5, 1. On petit rappeler ici l'idée ancienne, que lorsqu'un homme de bien prononçait une malédiction, elle ne manquait pas d'avoir sort accomplissement, cf. Luc 9, 54.
CORIANDRE. Graine d'une plante annuelle ombelliferefcoriandrum sativum)que l'on trouve abondamment en Egypte; tige cylindrique et élancée : feuilles à large pédicule, dont les inférieures sont dentées et ne présentent qu'une seule division, tandis que les supérieures, dentées également et plus petites, offrent deux divisions. Les fleurs sont blanches, en ombelles, et donnent une graine jaunâtre, creuse et très odorante, dont on se sert comme assaisonnement. On la distille, et quelquefois on la fait Infuser dans du vin. C'est à cette graine qu'est comparée la manne pour sa forme. Ex. 16, 34. Nomb. 41,7.
CORIKTBË (Ephyra chez les poètes, Ovide, Met., 2, 240. Virg., Géorg.,2, 464). Une des villes le> plus peuplées, les plus commerçantes et les plus riches de l'ahcienne Grèce, et capitale de PAchaïe propre sous la domination romaine. Elle était située entre la mer d'ionie et la mer Egée (de là le surnom de bimaris,Hor., Od., 1, 7, 2.) et au pied d'un rocher qui portait la citadelle d'Acro-Corintlle. Elle avait 40 siades '8 à 9 kilom.) de tour, et trois ports; celui de LechaMjh sur la mer d'ionie. à 12 stades (2 ou 3 kilom.) de la ville; celui de Cenehrée sur la mer Egée, et celui de Sch*nos : non loin de là se trouvait le bols de Cranion. La position de Corinthe, entre les deux Grèces comme entre les deux mers, lui procurait des avantages commerciaux dont elle sut profiler, et qui ne contribuèrent pas peu à l'enrichir. Les arts et les sciences y fleurirent également, et Corinthe jouit ainsi d'une double réputation dans le monde intellectuel et dans le monde commercial. Mais avec lés richesses le luxe se développa, et avec lui les plus grands débordements et la plus hideuse corruption, au point que les païens eux-mêmes en étalent frappés, et que
l'un d'eux inventa le verbe corihthiser, commé syhonyme de vivre dans la débauche. Après que Mummiùs s'en fut ethparé, 147 av. C, et qu'il l'eut dévastée, Jules César la rétablit, 43 av. C; elle ne larda pas à recouvrer son importance et sa grandeur première, tellement qu'à l'époque de saint Paul, bous la retrouvons de nouvead résidence du proconsul romain en Achaîe, Art. 18, 12. Sâint Paul y passa dix-huit mois, environ Tan 52. La philosophie et l'impureté furent les grands ennemis que l'apôtre eut à combattre; l'Impureté surtout y était tellement honorée, et presque consacrée par le culte de Vénus et par les prostitutions publiques des IHfântes prétresses dé cette divinité, que l'inceste même y était toléré, et qu'un chrétien fut trouvé entretenant avec la femme de son père un commerce criminel.
Saint Paul logeait chez les époux Aquilas et Priscille, Art. 18, 1. sq., faiseurs de tentes, au travail desquels il s'associa pour n'être à charge à personne; il prêchait tous les Jours de sabbat dans la synagogue; Il lit d'abord quelques prosélytes parmi les Juifs; mais bientôt voyant que la plupart d'entre eux, au lieu de recevoir ses instructions, se détournaient de lui avec des paroles de blasphème, il secoua contre eux ses vêtements, et leur dit î « Que votre sang soit sur votre tête, j'en suis net !» et il se tourna vers les gentils. Il alla loger chez un païen converti, Juste, surnommé Tlte, et un grand nombre de païens crurent à sa parole et embrassèrent la foi. C'est de celte ville que Pauï, rejoint par Silas et par Timotbée, écrivit successivement les deux lettres aux Tbessaloniciens.
Après une longue mission, l'Apôtre quitta CoHnlhe; mais il y revint plus tard, Acl . 20, 2. 4 Cor. 16, 3., et écrivit de là à d'autres Eglises, à Rome, etc. Apollos le remplaça, Acl. 49, 4. 1 Cor. 1, 2.; Aquilas et Sosthènes, fidèles et puissants ministres de la Parole, y annoncèrent aussi l'Evangile, Act. 18. 1 Cor. 4, 1. 46, 19.
Epitres aux Corinthiens. Paul écrivit trois lettres à cette Eglise : la première, mentionnée 4 Cor. 5, 9. 41., est perdue, et semble avoir été dirigée principalement contre les habitude» d'impurèlé auxquelles plusieurs membres de l'Eglise se livraient. La seconde est la première de celles que nous possédons. L'apôtre était à Ephèse, \ Cor. 16, 8., vers l'an 66; c'est là qu'avant appris par les gens de la maison dé Chloé les querelles de partis qui divisaient l'Eglise, il écrivit aux Corinthiens pour essayer de ramener la paix parmi eux, eu les réunissant autouj du seul chef qui a été crucifié pour les siens, et au nom duquel ils avaient été baptisés, 1 Cor. 1, 13. Il cherche ensuite à les mettre en garde contré ces philosophes à pompeuse parole, qui veulent tout embrouiller pour tout
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éclairer, et qui veulent faire dépendre la foi de la sagesse des hommes; puis il se plaint des désordres qui existent dans leurs repas de charité, de leur tolérance pour le vice et le péché. Dans les chapitres 7 à 15, il répond à diverses questions que les Corinthiens lui avaient faites sur le mariage, sur les choses consacrées aux idoles, sur la cène, sur la vraie charité, sur la résurrection de la chair, sur les dons spirituels. Il parait, en effet, que peu d'Eglises avaient été favorisées autant que celle de Corinthe, par des dons miraculeux ; mais ces dons même étant devenus une occasion d'orgueil et de chute, celte Eglise se corrompit plus que toutes les autres. Apprenons de là, dit Bickersleth, la différence qu'il y a entre les dons et la grâce, et ne soyons pas abattus si les premiers nous manquent, pourvu que nous ayons celle-ci, qui est infiniment plus nécessaire et plus précieuse. L'Apôtre, ch. 46, leur rappelle les collectes qui se font pour les saints, leur annonce sa prochaine visite, et termine par des salutations. — Cette lettre eut tout le succès que l'Apôtre en pouvait désirer; elle produisit une tristesse salutaire, une plus grande crainte de Dieu et une sainte vigilance contre les désordres qu'il avait signalés.
Seconde épltre. Peu de temps après le départ de la première lettre survint l'émeute de Démétrius, qui obligea Paul à quitter Ephèse. Il se rendit en Macédoine, Act. 49, 20., espérant apprendre là quels étaient les résultats que sa lettre avait obtenus à Corinthe; il avait envoyé Timothée dans cette ville, 1 Cor. 4, 47.; mais soit que Timothée fût déjà parti à l'arrivée de la lettre, soit autre motif, il n'apprit rien par ce disciple, et envoya Tite, pendant que luimême s'occupait encore à évangéliser autour île lui en Macédoine. C'est après le retour de ce dernier qu'il rédigea sa seconde lettre (qui est la troisième), pour les féliciter du succès de sa première, et pour les mettre toujours plus dans la disposition d'esprit dans laquelle il désirait les trouver lorsqu'il arriverait, 2 Cor. 7, 7. — Tite et deux frères qui ne sont point nommés, 8, 46. 48. 22., furent chargés de porter celte lettre; il est probable que Luc était l'un des deux, v. 48 et 49, soit parce que ce qui en est dit se rapporte parfaitement à lui, soit parce qu'il est nommé dans une apostille à cette epitre, addition inauthenlique sans doute, mais fort ancienne; soit enfin parce que saint Luc qui, dans les Actes a jusque-là parlé à la première personne, se met subitement à parler de saint Paul à. la troisième, Act. 20, 4., comme n'étant plus lui-même compagnon de voyage de l'Apôtre : et comme c'est ;« cet endroit des Actes que l'on doit placer la deuxième aux Corinthiens, on peut supposer que Luc fut un de ceux qui la
portèrent à sa destination. Elle fut écrite un an environ après la première, et, à ce que l'on croit, de Philippes.
L'Apôtre commence par remercier les Corinthiens de la consolation que leurs prières lui ont fait éprouver dans ses maux; puis satisfait de leur conduite sévère à l'égard de l'incestueux, il les engage à le recevoir de nouveau et à le consoler. Passant à ses rapports personnels avec les Corinthiens, il est amené à parler de la différence du ministère dans les deux économies, et à glorifier l'alliance nouvelle du christianisme. Ce sont les trois premiers chapitres.— Dans la seconde partie (ch. 4-9), appelé à défendre son caractère et sa mission, il se montre comme ambassadeur de la réconciliation, comme affligé souvent, mais se consolant par la certitude qu'il a de la résurrection de la chair; il engage les Corinthiens à se fortilier par la même foi pour renoncer au monde et à ses convoitises ; il leur rappelle de nouveau les collectes qui se font pour les saints, et se réjouit de la libéralité qu'ils ont toujours montrée à cet égard. Il termine en se tournant derechef contre les faux docteurs, et en particulier contre ceux qui veulent accaparer seuls le titre de chrétiens, et nuire à l'autorité de saint Paul ; il se défend contre eux et prouve qu'il a plus qu'eux tous des titres à la confiance générale, par sa naissance, par sa conversion, par ses travaux, par ses souffrances, par les révélations qu'il a obtenues ; il ajoute cependant que s'il a de quoi se glorifier, il se glorifiera plutôt dans sa faiblesse et dans son infirmité. Ses dernières paroles sont des exhortations à la repen tance, à la paix et à l'amour fraternel.
— Commentaires de Heidenreich (1825-28;, Polt (4826), Flatt (4827), Billroth (1833), et Olshausen; en français les Paraphrases de Monneron.
Il existe encore aujourd'hui deux lettres, l'une des Corinthiens à saint Paul, l'autre de saint Paul aux Corinthiens, toutes deux en langue arménienne; mais leur authenticité ne saurait être prouvée , bien qu'on ail voulu les faire passer pour ces lettres perdues dont on a parlé plus haut. Celle que l'on attribue à saint Paul a paru pour la première fois en français dans l'Histoire critique de la république des lettres, Amsterd., t. X, puis en arménien, à Venise, en 4819.
CORMORAN. C'est ainsi que nus versions traduisent l'hébreu Kaath, Lév. 41, 48. Dent. 44, 47. Fs. 402, 6. Es. 34, 41. Soph. 2, 4 4.; mais les Septante et la Vulg;ite lisent pélican, et celte version doit être préférée, si l'on peut préférer quelque chose dans ce dédale d'animaux inconnus dont le nom revient si rarement, et chaque fois avec des caractères si généraux.
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qu'ils peuvent s'appliquer à un grand nombre d'espèces différentes. Le pélican, déclaré impur par la loi de Moïse, habile les contrées chaudes et maritimes; c'est un oiseau de la grosseur du cygne, assez lourd dans sa forme et dans sa démarche, mais remarquablement léger quand il étend ses grandes ailes pour prendre son vol ; sa couleur est d'un blanc grisâtre parsemé de petites plumes rose tendre; la queue et les grosses plumes des ailes sont noires. Ce qui le dislingue surtout, c'est la grande poche qu'il porte sous le bec, et dont il se sert pour pécher et pour faire des provisions; elle peut contenir, dit-on, une douzaine de litres (Adanson dit 22 pintes, Voy. au Sénégal, p. 136); son nom hébreu vient du verbe kô, qui signifie vomir, et se rapporte sans doute à l'habitude qu'a cet oiseau soit de rejeter devant ses petits pour les nourrir, le revenu de sa pèche, soit de rejeter pour son propre compte les moules et les huîtres qu'il a avalées et réchauffées dans son estomac, atin d'en manger la chair lorsqu'ils se sont entr'ouverts. Il pèsejusqu'à 42 el45kilog.; sa voix rappelle, dit-on (Buffon), le cri de l'âne, selon d'autres le cri d'un homme dans l'angoisse et la douleur, cf. Ps. 102, 6. Le nid du pélican se trouve communément au bord des eaux , à plate terre et plutôt dans des endroits déserts et isolés, Es. 34, 14. Soph. 2, 4 4.
Quant au cormoran proprement dit, s'il en est parlé dans la Bible, c'est sous le nom de Sbalak, Lév. 44, 47. Deut. 4 4, 47., que nos versions ont traduit par plongeon. (Au ch. 44 du Lévîtique, au lieu de, 47. : « La chouette, le plongeon, le hibou, » 48. : « le cygne, le cormoran, le pélican ; » nous traduirions conformément aux travaux modernes, 17. : « La chouette, le plongeon, le butor (P), » 1 8. : « le cygne, le pélican, le vautour (percnoptêre?).») — Le nom du cormoran ne se trouverait donc pas dans la Bible, à moins que l'on ne veuille entendre par plongeon le cormoran lui-même, et notamment cette espèce qui est connue en grec par le nom de calaraclès qui désignerait (comme fait aussi le nom hébreu) l'impétuosité avec laquelle cet animal fond sur sa proie : on peut d'autant mieux adopter celte manière de voir que le plongeon appartient plutôt aux régions tempérées ou froides, tandis que le cormoran habite les pays plus chauds et plus méridionaux; et les traducteurs n'ont guère pensé au nom de plongeon que parce qu'il leur était présenté par le sens étymologique du nom hébreu sbalak. Le cormoran a, comme le pélican, les quatre doigts assujettis par une membrane d'une seule pièce; il a de même le bec garni en dessous d'une peau d'une belle couleur orangée, qui s'étend sous la gorge de quelques lignes, et s'enfle à volonté, mais sans acquérir la capacité
de celle du pélican. Le cormoran, quoique bon plongeur et bon nageur, reste moins dans l'eau que plusieurs autres oiseaux aquatiques; il prend fréquemment son essor et se perche sur les arbres ou sur des rochers, d'où il guette sa proie et s'élance avec la rapidité de l'éclair aussitôt qu'il l'aperçoit : il est d'une telle adresse et d'une telle voracité, que lorsqu'il se jette sur un étang, il y fait seul plus de dégât dit Buffon, qu'une troupe entière d'autres oiseaux pêcheurs.
CORNE. On se servait de cornes, principale ment de cornes de bœuf, comme de verres pour boire, ou plus fréquemment encore, comme de vases pour conserver les liquides, le fard, l'huile, etc., 4 Sam. 46, 4. 4 3. 4 R. 4, 39. Une des filles de Job est appelée Kéren-Happouk, corne d'antimoine 42, 44. On les employait aussi, dans l'antiquité, comme instruments à vent, ainsi que font encore les bergers des Alpes, quoique les instruments de cuivre, ou d'autre métal, fussent aussi déjà fort anciennement connus, Jos. 6,5. Jug. 7, 46.; cf. Gen. 4,24.
L'autel des holocaustes avait à ses quatre coins des cornes de bois recouvertes d'airain, Ex. 27, 2. L'autel des parfums avait aussi quatre cornes, mais recouvertes d'or, Ex. 30,2.; cf. Jér. 47, 4. Am. 3, 44. Dans le second temple elles étaient de pierre, et avaient une coudée de longueur. On n'en connaît pas exactement la destination; peut-être, d'après Ps. 448, 27., servaient -elles;'! retenir les victimes. Le souverain pontife les arrosait du sang des sacrifices, Ex. 29,42. Lév. 4,7-48.; cf. 8, 45. 9,9. 46, 48. Ez. 43, 20. Chez les Juifs, comme chez les païens, les criminels se réfugiaient auprès des autels dont ils empoignaient les cornes, et qu'ils regardaient comme des asiles sacrés, 4 R. 4, 50. 2, 28.
La corne est souvent prise pour le symbole de la force, en allusion à la force du taureau qui réside dans son front; Deut. 33, 47. Ps. 132. 47. Mich. 4. 43. Les rayons du soleil, à cause de l'intensité de leur ardeur, sont appelés en hébreu les cornes du soleil. Dans l'original de Jér. 48, 25., on lit : la corne de Moab a été rompue; de même, Lam. 2, 3. : la corne d'Israël. Tu élèveras ma corne comme celle d'une licorne, dit le Psalmiste, 92, 40. Et la corne du juste sera élevée en gloire, 442, 9. L'Eternel fera germer la corne de la maison d'Israël, Ez. 29, 24 . — Quoique les dignitaires de l'Orient aient encore aujourd'hui l'habitude d'orner leur coiffure d'une espèce de corne avancée, ce serait aller trop loin que d'y chercher l'origine de cette manière de parler ; le rapprochement indiqué plus haut est à la fois plus clair et plus simple. Les Grecs et les Romains se servaient de la même image; les premiers disaient d'un
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homme vaillant qu'il avait des cornes (Prov. de Diogénien, VU, 89); et Horace dit du vin qu'il donne des cornes (du courage) au pauvre, Od., 3, 21 (45), 18. : Et addis cornua pauperi; cf. encore Ovjde, Art d'aimer, 4, 438. : Tune sumU eornua pauper. Les Arabes appelaient Alexandre le Cornu, pour indiquer sa puissance; et une superstition chrétienne s'est plu à donner de lumineuses cornes à Moïse (on les montre encore à Gènes). David appelle Dieu la corne de son salut, Ps. 18, ï. Enfin les puissances des Perses, des Grecs, de la Syrie et de l'Egypte, sont représentées dans le livre de Daniel (7 et 8) comme autant de cornes; Daniel et Alexandre sont un bouc et un bélier qui se heurtent violemment de leurs cornes, l*Anlichrisl est la petite corne.
CORNEILLE (Act. 40, 4. sq.), centenier d'une cohorte de la légion appelée italique, habitait à Césarée sur les bords de la Méditerranée. C'était un homme dévot et craignant Dieu, ainsi que toute sa famille, faisant beaucoup d'aumônes, et priant Dieu continuellement; mais il était païen de naissance, et jusqu'alors il ne paraît pas qu'il eût eu connaissance de la vérité. Quelques-uns veulent qu'il ait été prosélyte de la porte, mais dans ce cas saint Pierre ne l'eut pas regardé comme un étranger impur (40, 38), et les frères de la Judée n'eussent pas été non plus scandalisés que Pierre fût entré chez cet incirconcis (44, ;j.). Çorneîlle était donc bien disposé pour le royaume des cieux, mais il n'était que cela, quand un jour, vers les neuf heures, à l'heure du culte lévitique, il vit clairement un ange de Dieu qui vint à lui et qui l'appela par son nom. Effrayé de la vision céleste, le pauvre centenier tenait les yeux arrêtés sur l'ange, et il s'écria : Qu'y a-l-il, Seigneur? Des paroles de paix lui furent annoncées : • Tes prières et tes aumônes sont montées en mémoire devant Dieu ; « et après lui avoir ordonné de faire venir l'apôtre Pierre dont il lui indiqua la demeure, l'ange se relira d'auprès de lui. Corneille aussitôt appelle deux de ses serviteurs, et un soldat craignant Dieu, qu'il charge d'aller trouver saint Pierre à Joppe, chez Simon le corroyeur. Ce que durent être, pendant deux jours d'attente, les sentiments intérieurs du pieux mais ignorant capitaine, on ne saurait le dire : mais l'apparition de 1 ange semblait lui indiquer que la visite de Pierre serait aussi quelque chose de surnaturel, de divin ; il attendait cet homme miraculeux qui devait lui indiquer le chemin du salut, et il l'attendait avec une sorte de vénération, bien légitime à quelques égards, puisque lui, païen, n'était que ténèbres en comparaison du messager de lumière, mais vénération qui devait se rapporter à la lumière elle-même et pojnt à l'humble et timide porteur du flambeau sacré.
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Aussi lorsque arriva l'apôtre que Dieu lui-même, par une vision correspondante, avait préparé à descendre sans hésiter chez le centenier de Cé sarée, il trouva la salle remplie des parents et des amis de Corneille, et celui-ci venant audevant de pierre, se jeta à ses pieds et l'adora. L'apôtre, dont les soi-disant successeurs exigent pour eux-mêmes l'adoration des fidèles (voir l'ouvrage catholique de M. tyagnin, sur la papauté, p. 434, 435.), releva Corneille eu lui disant : Lève-toi, et moi aussi je suis homme. Puis s'élant informé du motif pour lequel ils l'avaient fait venir, saint Pierre ayant confessé ses répugnances particulières, la crainte qu'il avait eue de mal faire en descendant auprès d'eux, et la manifestation divine qui l'y avait décidé, leur raconta en peu de mots l'histoire pour eux inconnue du Christ qui était venu sur la terre, naître, vivre, souffrir et mourir pour réconcilier avec Dieu son père les pécheurs condamnés, pour les sauver par son sang, et pour être au dernier jour le juge des vivants et des morts. Pendant que l'apôtre parlait, les païens qui ('écoutaient reçurent la foi; ils crurent aux merveilles de la miséricorde divine, ils acceptèrent le salut gratuit que Jésus leur avait mérité sur la croix; le Saint-Esprit descendit alors sur eux ; ils parlèrent diverses langues et glorifièrent Dieu. Les chrétiens d'entre les Juifs qui avaient accompagné Pierre à Césarée furent étonnés de voir les grâces divines être accordées à ces étrangers en la même mesure qu'elles l'étaient aux chrétiens de l'ancien peuple; mais Pierre comprit que la paroi mitoyenne était rompue, que dès ce moment la circoncision ou l'incirconeision n'était plus rien; il ne se fil donc aucun scrupule de les baptiser, et de demeurer avec eux plusieurs jours. Ce fut la première Eglise d'entre les païens, le premier pas du christianisme en dehors du cercle judaïque, en dehors des limites du peuple extérieur dont Dieu, pendant quelques siècles, avait fait le dépositaire de ses oracles, et l'objet visible de ses soins et de son amour; ce fut un moment solennel que celui où le vase de l'ancienne sacri fiiature déborda pour la première fois, pour se répandre en torrents de bénédictions sur les peuples qui n'étaient point appelés du nom de l'Eternel; et certes les anges du ciel s'en réjouirent.
Quant à Corneille lui-même, l'histoire sainte n'en reparle plus; les traditions qui le fotuévê que, les unes de Césarée, les autres dïlion, les autres de Scepsis, ne nous apprennent rien, non plus que celles qui le font martyr.
CORROYEUR, Ad. 9, 43. 40, 6. 32. Le travail du cuir était un métier généralement peu estimé des Juifs, en grande partie à cause de l'odeur qu'exhale la matière travaillée; ceux qui
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