‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 128 sur 200 · MAN · texte numérisé non relu

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Valin, des épis de faîtage ou étocs , mais il est impossible de leur assigner un caractère spécial qui les distingue de ceux qui étaient faits dans d’autres localités de la Normandie, à Armentières, à Infreville, à Châtella-Lune, etc. Jacquemart signale à Malicorne un atelier d’où seraient sorties, vers 1700, des terres vernissées presque toujours d’un brun jaspé fondu.

MANERBE (Calvados). Il existait dès le xvie siècle, à Manerbe, une fabrique de poteries vernissées dont les produits étaient assez renommés pour qu’un auteur du xvne siècle les ait mentionnés en ces termes : « La vaisselle de terre de Manerbe, près Lisieux, se rapporte à celle de Venise par son artifice et sa beauté. » Nous ne connaissons aucune de ces vaisselles de terre , mais c’est surtout à Manerbe que l’on s’accorde généralement à attribuer ces épis de faîtage, qui devaient être d’un si bel effet décoratif sur les toits et les pignons des anciens manoirs normands : on en fabriquait également à Malicorne (Sarthe), à Infreville et à Armentières, en Normandie.

MANISÈS (Espagne). Manisès, petit village des environs de Valence, possédait des fabriques de faïences « si bien dorées et peintes avec tant d’art, dit un vieil auteur *, qu’elles ont séduit le monde entier : à tel point que le pape, les cardinaux et les princes envoient ici leurs commandes, admirant qu’avec de simple terre on puisse faire quelque chose de si exquis». C’est à Manisès que paraît avoir commencé la fabrication des carreaux peints ou à reliefs désignés sous le nom de A^ulejos (voir ce mot); le Musée de Cluny possède une enseigne d’une fabrique du commencement du xvme siècle, située à Manisès, dont les lettres sont formées par des personnages peints chacun sur deux carreaux, dans des attitudes variées, et composant, par rapprochement, les mots : Fabrica de Azulejos; ces figures sont peintes en camaïeu bleu sur fond blanc.

La fabrication des faïences à reflets auréo-cuivreux n’a jamais cessé à Manisès. En 1780, un voyageur anglais, Talbot Dillon, rapporte1 2 que « à deux lieues de Valence est un joli village qu’on appelle Manisès, composé de quatre rues et dont les habitants, potiers pour la plupart, fabriquent une belle faïence de couleur de cuivre orné avec de la dorure que le peuple du pays emploie tout à la fois pour l’ornementation et les usages domestiques ». En 1801, un voyageur allemand, Fisher, mentionne encore les « plats ornés de figures dorées » que l’on y faisait, et

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