SA
SAI
çaise; c’est une application ingénieuse au point de vue artistique et non une découverte.
La fabrication de Saint-Porchaire peut être divisée en trois catégories. Dans la première, les formes sont simples et les ornements, employés d’une façon relativement sobre, sont généralement d’un seul ton, brun noirâtre, rehaussé parfois de quelques notes d’un beau rouge d’œillet ou d’un brun plus clair; elles portent presque toutes des armoiries ou des emblèmes héraldiques et conservent, avec une exécution parfaite et un grand caractère artistique, une harmonie remarquable.
La seconde période de la fabrication montre les progrès techniques réalisés par les habiles artistes de Saint-Porchaire, après une pratique de quelques années. Les ornements, plus compliqués et plus savamment disposés, s’enrichissent de couleurs variées; l’ocre jaune, le vert et le bleu apparaissent. Les ornements en relief : mascarons, consoles, figurines, pilastres aux chapiteaux délicatement fouillés, sont plus fréquemment employés et, quelquefois, moins heureusement disposés. C’est l’époque des flambeaux de style monumental, ornés de figures en relief, et, surtout, des salières, dont les formes et l’ornementation rappellent celles des œuvres les plus charmantes de la Renaissance française. Mais dans cette surcharge d’ornements on sent trop parfois l’absence d’un esprit modérateur. Parfaitement maîtres des procédés de fabrication, les artistes de Saint-Porchaire ont créé des merveilles d’ingéniosité et d’adresse, ont fait de véritables tours de force et de patience; mais ils n’ont pas su assez résister au désir de montrer leur habileté qui amène quelquefois une certaine lourdeur dans les formes et un peu de confusion dans l’ensemble de la décoration.
La troisième période ne conserve plus rien de la perfection d’autrefois; les formes, qui, dans certaines pièces imitent celles des aiguières italiennes, sont couvertes d’ornements poinçonnés un peu au hasard, sans aucun souci de la surface à décorer, et, la plupart du temps, sans que les motifs se combinent et se raccordent ensemble ; les reliefs, exécutés assez grossièrement, ne sont presque jamais retouchés et n’offrent aucune finesse dans les détails; ils sont appliqués sans soin et, bien souvent, ne sont pas collés à leur place. Le voisinage de Palissy se fait sentir; les colorations jaspées apparaissent, mais ternes et sans vigueur, et, sur certaines pièces, se montrent quelques « petites bestioles », lézards et grenouilles peints au naturel , qui sont comme une première et mauvaise imitation des rustiques figulines du potier de Saintes, dont les œuvres commençaient à être connues. C’est tout à fait l’époque de la décadence, et les faïences de cette troisième période sont, en réalité, et malgré leur extrême rareté, d'un art tout à fait inférieur et
SAI
SAI
qui marque la tin de la fabrication, que l’on peut placer vers l’année 1 570.
On connaît à peine cent pièces que l’on puisse, avec certitude, attribuer à la fabrication de Saint-Porchaire ; sur ce nombre, cinquante-trois seulement appartiennent aux belles époques de la fabrication et méritent d’être classées. Les plus remarquables se trouvent au Louvre et au Musée de Cluny, chez MM. les barons Alphonse et Gustave de Rothschild et dans la collection Dutuit, de Rouen ; la collection Spitzer en comptait sept pièces dont une très belle coupe de la première période de la fabrication, cinq salières et une aiguière. En Angleterre, le South Kensington Muséum , sir Anthony de Rothschild et M. Alfred de Rothschild en possèdent de très beaux spécimens.
Les faïences de Saint-Porchaire ne portent aucune marque. - — Voir Oyron .
Cf. Delange (C. et F.), Recueil de toutes les pièces connues jusqu'à ce joui' de la faïence française dite de Henri II et de Diane de Poitiers, in-f°, Paris, 1861. — Fillon (Benj.), Les Faïences d' Oyron. Lettre à M. Riocreux, in-8°, Fontenay, 1862; id., L'Art de terre cheq les Poitevins, in-40, Niort, 1804. — Bonmaffé (Edmond), Faïences de Saint-Porchaire, in-8°, Paris, 1889.
SAINT-SERAIN (Nièvre). Deux écritoires en grès, à émail bleu, portent les inscriptions suivantes gravées à la pointe :
faict le premier Jour de A oust 1641 A S 1 Serain par Edme Br ion
faict le 5e may
par Edme Briou demeu 1 à St Serait 1
On ne connaît aucune pièce de ce Briou ou Br ion.
SAINTES (Charente -Inférieure) . Cette petite ville, illustrée par les travaux de Bernard Palissy, a continué pendant longtemps la fabrication des poteries vernissées ; elle possédait également, à la fin du xvne siècle, une fabrique de faïences blanches, ainsi que le prouve une gourde de chasse, décorée sur le pourtour de roses et de tulipes, citée par Benj. Fillon, et qui porte, avec le nom Alexandre Beschet , l’inscription :
à Limage N. D.
à Saintes
Gournay signale, en 1788, quatre fabriques en activité.